ACTE I, SCÈNE XIV IH
n'aime pas l'amour. J'en ai la frayeur instinctive... oui, et le dégoût!... Ah! je me fais une étrange violence pour m'avouer ainsi, devant vous. C'est très dur... Malgré tout, ma coquetterie de femme s'insurge et pleure... Tant pis!... Ce serait si bon do vous consoler un peu.
JAMES
Irène, vous n'avez jamais aimé votre mari ?
IRÈNE
D'amour?... non. Je l'aime autrement. Il a mon admiration et mon infinie gratitude. Sa confiance est si belle, qu'elle me garderait, s'il en était besoin... C'est un être très noble que Guillaume, très pur, très haut. Je lui ai dévoué ma vie.
JAMES
Ah!...
IRÈNE
James, mais je vous admire aussi! Oui!...
1 I 2 APRÈS .^roi
Vous êtes si différent de nous. Vous mettez sur toutes les choses, une grande couleur tragique et magnifique, que je ne leur ai jamais vue. Moi, je n'ai pas votre poésie... Oh! non... Je suis pauvre, James. Je suis une pauvre femme du monde, asservie à toutes les petitesses de son état... Je suis... Irène Bourgade. Et votre passion pour moi, vraiment, est un peu... oui, un peu ridicule. Ne commencez-vous pas à l'apercevoir?
JAMES, qui se lève.
Adieu, Irène.
IRÈNE
Non, James, il faut rester !... Ce serait stupide... Ce serait mal !.. .
JAMES
Adieu. Je partirai dès demain. J'en jure mon amour pour vous. Ainsi, toute résistance devient inutile.
IRÈNE
Oh!... C'est mal !...