ACTE II, SCÈNE IV
Irène ! (il lui saisit le hras. Elle a un geste qui demande grâce.) Toi?... fUn cri:) Oh!... (el, bien plus bas:) Oh!
(Il demeure sur place, assommé. — Un grand temps.) IRÈNE, farouche.
Voilà... C'était sûr!... Ça devait être ainsi : tout de suite, tout de suite!... (Un temps.) Ah! je m'en veux! Il fallait mentir!... Oui, mentir, mentir!... je voulais, j'ai essayé... mais vos questions, malgré leur douceur, me prenaient à la gorge... Et en écoutant mes réponses suffoquées, je découvrais avec désespoir ma vie nouvelle... tout un avenir de fourberie, quelque chose d'ignoble, d'impossible... C'est que je n'ai pas changé, Guillaume... je vous aime tendrement. Je le jure et je vous respecte... oui, Guillaume, de toute mon âme! (Elle pleure. — Un temps.)
Tout de même je ne devais pas avouer ! J'ai été lâche. Je vous demande pardon de n'avoir pas menti...
GUILLAUME, ;i voï.t aourde.
C'est effrayant...
Sûrement, c'esteffrayant. (Unepause.) Effrayant! . . .
(Une pause.) Mon ami, mon ami... Guillaume, faites de moi ce qu'il vous plaira !
(Ils sont tous deux assis. — Un silence écrasé.)
GUILLAUME, avec énergie.
Ah!... fil s'est redressé, secoué. Il marche par la pièce
en répétant.) « Faites de moi ce qu'il vous plaira ! ... » « Ce qu'il vous plaira... » C'est commode!... (il
lient se placer devant Irène.) Ainsi, de Ce Seuil et avant
de battre en retraite, vous n'avez rien vu?... Rien de rien?
IRÈNE
Comment?... je ne...
GUILLAUME
Enfin, vous n'avez remarqué que ma présence, — gênante?
IRÈNE
Je ne saisis pas, Guillaume...
GUILLAUME
Sachez donc que votre retour m'a interrompu