ACTE m, SCÈNE I
J'écoute... Dans la ohambrp, on annonce des points, des enjeux : c'est, entre quelques hommes, une partie de baccara qui se poursuit... Au bout d'un instant, je frappe, je pénètre, et parmi les joueurs, voici non seulement Dalouset, mais encore Reggie et Langlas, dont chacun traversa mon soupçon. Et les uns et les autres cartonnent depuis onze heures et demie du soir!... Ainsi, de tout ce qui était présumable, rien n'existe... Mais, alors, qui?... (Un temps.) Vois-tu, je viens de passer des heures... effarantes... C'est le mot. Hagardes... Tout est démoli à l'entour... Toutes les choses de toujours ont pris un air sournois, effrayant... Je ne reconnais plus ma vie. Qui est-elle, cette Irène? Qui était-elle auprès de moi?... Elle me fait si peur, à présent... Et lui, l'homme, qui est-ce?
FRIKDIGKH.
Mon pauvre, pauvre Guillaume... (7i se.s< ra/)-
proché de son ami. — Un temps.) Tu n'aS paS eSSayé dc
revoir ta femme, enfin, de lui reparler?
GUILLAUME
Jamais de la vie! A quoi bon?... Tu sais, il y
a cinq heures à peine de tout cela ! Et dès avant mes brutalités, tu n'imagines pas son exécration subite pour moi.
FRIEDIGER.
C'est inconcevable !
D'ailleurs, laissons cette histoire! Je suis trop stupide de me torturer l'esprit. Que m'importe, après tout, le nom de son amant. Je n'ai pas besoin de ce viatique pour m'expédier? N'est-ce pas?
FRIEDIGER, un grand soupir de drcourugement.
Ha!
(Un silence.)
GUILLAUME
C'est à se casser la tôte contre le mur !... Qui"? Qui dans cette maison?,.. Etienne, une fois de plus, je recours à ton affection. Veux-tu... (On /»
frappé à la porte. -Irec impatience.) Ail !.. . Entrez !