Proevippa strandi n. sp
(Fig. 13.)
Ç: Céphalothorax (fig. 13 A) brun foncé, orné d’une bande médiane claire, renflée au niveau de la strie thoracique et, de chaque
1 M. le Rev. O. P. Cambridge avait bien voulu, il y a quelques années, me donner un cotype $ et $ de P. inopina d’Egypte. C’est l’épigyne de la$ que je figure ici.
côté, de quatre tachettes submarginales claires, indistinctes. Chélicères brun foncé. Pièces buccales, sternum jaunes, teintés de noirâtre. Pattes-mâchoires jaunes, annelées de noir. Hanches des pattes jaunes, fémurs jaunes, tachés de noir, patellas, tibias et protarses noirâtres, tarses jaunes. Abdomen noir, orné de dessins testacés; dans la moitié antérieure, une tache en fl; vers le milieu, deux taches submarginales largement écartées ; dans la moitié postérieure, trois taches transversales plus ou moins procurvées, dont l’antérieure la plus large. Région ventrale testacée.
La pubescence est formée de poils plumeux, sauf sur le sternum et la région ventrale où ces poils sont simples et épais 1 . Pubescence du céphalothorax et de l’abdomen blanche et fauve, celle du sternum, des pattes et de la région ventrale blanche. Quelques poils blancs plus longs, dirigés en avant, au-dessus des yeux de la 2 me ligne.
Front et face antérieure des chélicères garnis de longs crins noirs dirigés en avant.
Région thoracique du céphalothorax, vue de profil (fig. 13 C), convexe, divisée en deux parties par un sillon longitudinal parallèle à la strie thoracique. Région céphalique légèrement inclinée en avant, un peu surélevée et presque plane sur l’aire oculaire 2 . Labium plus large que long, n’atteignant pas le milieu des lames maxillaires.
Yeux antérieurs en ligne procurvée (une ligne tangente au bord supérieur des latéraux passerait par le centre des médians), les médians deux fois plus gros que les latéraux, plus écartés (d’1 /3) l’un de l’autre que des latéraux, séparés par un intervalle un peu plus petit (d’1 /4) que leur diamètre. Yeux de la 2 me ligne occupant un espace transversal plus large que la ligne des yeux antérieurs, séparés par un intervalle égal à leur diamètre. Yeux postérieurs à peine plus petits que les yeux de la 2 me ligne, séparés par un intervalle deux fois plus grand que leur diamètre, formant, avec les yeux de la 2 me ligne un trapèze à peine plus large en arrière qu’en avant et aussi long que large en avant.
Bandeau incliné en arrière, un peu plus long que le diamètre des yeux médians antérieurs.
1 Comme chez E. ajricana Strand.
2 Le genre Evippci Simon m’est inconnu en nature, mais à en juger par la figure de Cambridge (1870, pl. 50, fig. 3e) qui représente E. praelongipes , la partie céphalique est un peu plus convexe chez cette espèce que chez P. strandi.
R. DE LESSERT
Marge postérieure des chélicères armée de deux derds triangulaires subégales.
Tibias I des pattes pourvus de 6-6 épines inférieures inclinées, assez longues: protarses I munis de 4-1-4 épines en dessous. Tarses garnis en dessous de deux séries de spinules et coupés à l'extrémité d’une fausse articulation: les deux griffes supérieures présentent six dents.
Fig. 13.
Proevippa strandi n. sp. Ç.
A. Corps vu par dessus.
B. Epigyne (sous liquide).
G. Céphalothorax vu de profil.
Epigyne (sous liquide, fig. 13 B) en plaque fauve-rouge ovoïde à peine plus longue que large, creusée d'une dépression arrondie et lisse. La moitié postérieure de la plaque est munie de deux fossettes étroites, divergeant en avant, séparées par un septum mal défini, beaucoup plus large que les fossettes, un peu dilaté en arrière. Les fossettes sont tachées de brun-noir.
Longueur totale, 7 mm ,5; longueur du céphalothorax, 3 mm ,8.
Patella — tibia IV = 5 mm ,3 = protarse IV.
Habitat: Xgare na nyuki (9$, dont le type, XI).
P. strandi diffère de P. lightfooti Purcell 1903 de la Colonie du Cap x , seule espèce connue du genre, par sa coloration, le nombre des épines des pattes; il présente beaucoup d’affinités avec Evippa
1 Cf. Pircell 1903, p. 111, pl. 8, fig. 3.
africana , dont Strand 1 ne décrit pas la forme des poils qui recouvrent la région supérieure du corps et dont l’épigvne paraît assez différent.
Le genre Evippa Simon 1882 est représenté en Afrique par les espèces suivantes: E. africana Strand 1906 (Ethiopie), E. arenaria (Audouin) 1825 (N. de l’Afrique), E. brevipes Strand 1906 (Tunisie), E. cristata Simon 1910 (Petit Namaqualand), E. praelongipes (Cambridge) 1870 (Sinaï), E. squamulata Simon 1898 (Afr. austr.), E. ungulata (Cambridge) 1876 (Egypte, Yemen, Somalie).
On connaît deux genres voisins A'Evippa: Evipella Strand 1906 (type et seule espèce E. typica Strand) dont les tarses ne présentent pas de fausses articulations et Pseudevippa Simon 1910 (P. cana Simon 1910), qui diffère Evippa par la marge postérieure des chélicères munie de trois dents, les tibias antérieurs pourvus de 3-3 épines inférieures.
1 Strand 1907, p. 365, pl. 8, fig. 10.
R. DE LESSERT