‹ Aranéides nouveaux ou peu connus du midi de l'EuropeChapitre 19 sur 73 · SCYTODES DELICATE LA, sp. nov · texte numérisé non relu

SCYTODES DELICATE LA, sp. nov

Scytodes THORACICA Lucas, Expi. Alg pi. 2, fig. 3 (ad part.).

d* Le céphalothorax est un peu plus long que large, arrondi sur les côtés et en arrière, où il n’est pas tronqué; en avant, il ne se rétrécit que depuis la première paire de pattes; l’avance frontale est coupée carrément et moins inclinée que chez S. thoracica, de sorte que les yeux médians sont plus visibles en dessus; le dos est sensiblement convexe, quoique beaucoup moins gibbeux, surtout en arrière, que chez S. thoraciùa.

Le tégument est, comme celui de tous les appendices, d’un testacé rougeâtre très-clair; tout autour du thorax s’étend une ligne noire marginale extrêmement fine; en-dessus l’espace oculaire est noirâtre, de chacun des groupes d’yeux latéraux, partent deux lignes noires, rapprochées entre-elles et un peu ondulées, qui se réunissent et se terminent avant d’avoir atteint le bord

postérieur; les yeux médians sont assez gros et se louchent, ils sont situés sur un plan presque horizontal et séparés du front par une forte dépression ; les groupes latéraux sont un peu moins reculés et plus écartés entre eux que chez thoracica.

Les chélicères ont une tache grise sur leur face antérieure.

Le plastron et les pattes, qui sont dépourvues d anneaux, ne présentent pas d’autres différences notables.

La patte-mâchoire est, au contraire, très-bien caractérisée; le tarse est petit et globuleux, il se prolonge en avant en une pointe grêle, un peu ondulée (elle est très-droite chez thoracica ), et qui a trois fois la longueur du corps de l’article; la pointe qui prolonge le bulbe est, au contraire, moins longue que chez thoracica , et relativement plus épaisse, surtout à la base.

L’abdomen est globuleux, en dessous il est d’un blanc testacé, en dessus il est orné de bandes noires transverses (voy. Ç).

9 Le céphalothorax est plus gibbeux en arrière que chez le mâle, il diffère peu, sous ce rapport, de celui de l’espèce typique; la face est très-oblique, très-inclinée, en avant et encore plus obtuse; elle est plus large et moins verticale; les groupes d’yeux latéraux sont moins reculés et beaucoup plus séparés entre eux, cette disposition rappelle un peu le genre Loxosceles. La ligne marginale est beaucoup plus large que chez le mâle et continue; son bord interne est quelquefois denticulé sur les côtés; le front et l’espace oculaire sont noirs, les bandes doubles qui partent des groupes latéraux (elles ont été très-bien figurées par M. Lucas) dessinent à peu près la figure d’une lyre ; les bandes externes, très-larges, sont d’abord courbées en dehors, puis rapprochées; les bandes internes, beaucoup plus fines et moins longues, sont presque droites, elles sont souvent réunies en plusieurs points aux bandes latérales. Le plastron est ovale et relativement plus large, il est toujours dépourvu de bordure, mais les saillies qu’il présente sur les bords sont bien marquées.

Les pattes sont fines, le plus souvent elles sont entièrement testacées, quelquefois cependant les fémurs sont teintés de brun dans le haut et les tibias ont deux larges anneaux de cette couleur à la base et à l’extrémité.

La patte-mâchoire n'est jamais annelée.

Le fond de la couleur de l'abdomen est d’un blanc teslacé, la face dorsale efct ornée de figures noires assez variables. Chez la variété la plus fréquente, la portion antérieure est coupée transversalement par deux larges demi-cercles, courbés dans le même sens, et la portion postérieure est ornée de deux bandes longitudinales et parallèles, qui se rapprochent, sans se réunir, en arrière (voy. Lucas, fig. o). Quelquefois toutes les bandes se réunissent et l’abdomen paraît entièrement noir; dans ce cas il y a toujours au-dessus des filières une tachette blanche longitudinale qui simule le commencement d’une bande longitudinale. Le ventre est irrégulièrement ponctué de noir, quelquefois cependant, chez les variétés foncées, il est entièrement de cette couleur; on peut ajouter que les téguments sont garnis de poils blancs soyeux assez espacés.

Variété : le tégument du corselet est d’un brun rouge obscur; les bandes noires sont simples, très-larges, droites et se prolongent jusqu’au bord postérieur; la ligne médiane est fine, mais très-noire; l’abdomen est entièrement noir; le plastron, les pattes et toutes les parties qui sont teslacées chez le type, sont d’un brun très-foncé (de la Sierra-Morenà).

Cette jolie espèce, extrêmement distincte, a été confondue avec la Thoracica par M. Lucas, qui l’a figurée sous ce nom dans son Exploration de l’Algérie . Elle habite l’Espagne, la Barbarie, la Sicile et la Corse, où elle se trouve sous les pierres et dans les détritus secs de végétaux.

Famille des DYSDERIDAE.

Le genre Oonops s’éloigne du type normal des Dysderidae , par des caractères assez importants pour devenir le type d’une tribu ou subdivision de cette famille; chez les espèces que j'ai

étudiées, je n’ai pu découvrir la seconde paire de stigmates; si ces stigmates manquaient réellement, il serait bon de séparer tout à fait les Oonops des Dysderidae, mais je n’oserais l’affirmer ; la petitesse de ces araignées et la nature de leurs téguments, qui sont tout à fait incolores, rendent cette investigation trèsdifficile, même sous un fort grossissement.

Par leur nature et leur position les yeux diffèrent peu de ceux des Dysderidae ordinaires, mais ces yeux sont relativement beaucoup pi us* gros et ils occupent toute la largeur du front, ce qui ne se voit jamais dans les autres genres de la famille.

Les autres organes rappellent d’une manière frappante la famille des Scytodidae : les chélicères sont petites, verticales à crochets faibles; les mâchoires sont amincies et entourent la lèvre, le membre mâle tient un peu des deux types, cependant la longue pointe sétiforme qui prolonge le bulbe, montre plus d’analogies avec le type Scytodes.

A leur physionomie particulière, due surtout à la finesse de leurs pattes et à l’élévation de leur thorax, qui est presque gibbèux; à leur démarche même qui est vive et saccadée, un observateur un peu attentif reconnaît que ces Àranéides diffèrent profondément des Segestria et des Dysdera.

L 'Oonops ptilcher Templet. — Est commun en Corse, il se trouve dans les détritus d'inondation en compagnie d’une autre espèce du même groupe, beaucoup plus petite et qui a l’habitude de marcher par sauts; cette dernière diffère des Oonops véritables par le placement de ses yeux qui rappellent un peu ceux des Segestria et par le grand développement de l’article fémoral aux pattes de la quatrième paire; j’ai reconnu plus tard que ces caractères étaient ceux que M. Blackwall a assignés à son genre Schoenobates dont le type est malheureusement perdu... M. O.-P. Cambridge, auquel j’ai communiqué le Schoenobat.es de Corse, pense cependant que ses caractères n’ont pas une valeur générique.

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