ENYO GALLICA, sp. nov
Clotho longipes Walck (non Savigny), Apt 1 1, p. 640.
Long, o* 5 mm . $ 4 J ram .
à* Le céphalothorax a plus de ressemblance avec celui de VEnyo Algérien , c’est-à-dire que la tète est plus rétrécie, cependant le thorax est moins large; il est entièrement d’un brun rouge assez clair; la strie médiane et les stries rayonnantes sont presque nulles.
Les yeux de la ligne antérieure se touchent presque, ils sont médiocrement inégaux; ceux de la seconde ligne, aussi gros que les latéraux, en sont très-rapprochés; ceux de la troisième, un peu plus séparés, le sont cependant moins que chez l’espèce précédente, ils sont très-petits, triangulaires et droits.
L’abdomen est en dessus d’un noir mat avec une fine pubescence; le ventre et les filières sont d’un blanc testacé qui s’étend sur les parties latérales sous la forme de larges taches arrondies, qui n’atteignent pas le sommet du dos.
Le plastron et les hanches des pattes sont d’un jaune brillant; les fémurs sont tous d'un brun rougeâtre clair; les autres articles sont d’un jaune plus terne.
La patte-mâchoire est brune; le tibia est plus court que la patella, son armature est une simple petite pointe, droite et aiguë, qui n’a que le cinquième de la longueur du tarse; celui-ci est ovale et terminé en pointe fine.
Ç Les yeux de la troisième ligne paraissent un peu plus gros et moins reculés; le corselet et l’abdomen sont comme chez le mâlé; au-dessus des filières se voit un petit espace éclairci qui indique la place de la tachette blanche qui caractérise la plupart des Enyo.
Le bord supérieur de l’épigyne présente un rebord rouge un peu relevé dans le milieu comme un accent circonflexe .
Le fémur de la patte-mâchoire est noir, les autres articles sont d’un jaune rouge.
Les pattes sont presque unicolores; les fémurs des deux premières paires sont seuls un peu rembrunis.
Cette Enyo est extrêmement voisine de VEnyo Italica, elle se distingue cependant par sa taille constamment supérieure, son plastron un peu convexe et la patte-mâchoire du mâle relativement plus courte et plus épaisse.
J’ai pris cette Enyo au mois d’avril dans un jardin de Paris. Walckenaer en a trouvé une femelle dans le bois de Boulogne, mais il a cru y reconnaître VEnyo longipes de Savigny et il s’est contenté de transcrire la diagnose d’Andouin. M. H. Lucas rn’a depuis communiqué plusieurs exemplaires venant de Bretagne.
Le grand nombre d’espèces dont le genre Enyo s’est enrichi dans ces derniers temps nécessite un tableau synoptique résumant nos connaissances sur ce genre curieux et difficile.
Mon but étant surtout de faciliter les déterminations, j’ai choisi les caractères extérieurs les plus visibles sans tenir compte de leur importance relative au point de vue anatomique.
Ainsi la caloration, qui, dans beaucoup d’autres genres (Epeira, par exemple), est très-variable, est constante chez les Enyo et peut fournir des indications certaines (*).
( Partie céphalique noire ou brune; partie thoracique blanche ou jaune. 2.
( Céphalothorax unicolore : brun ou noir 4.
i Abdomen noir ou brun en dessus, sans taches ou avec un simple point blanc au-dessus des filières 3.
Abdomen orné en dessus d’une série de taches blanches .... Elegans.
! Ventre blanc avec taches latérales blanches Algerica .
(o*) Ventre noir comme le dos , ($) blanchâtre sans taches latérales. Nigriceps.
( Abdomen orné en dessus d’une série de taches blanches .... Dlaculata.
( Abdomen unicolor en dessus : brun ou noir S.
: Bord postérieur du thorax un peu échancré Emarginata.
\ Bord postérieur du thorax arrondi ou un peu tronqué 6.
(*) Il est bien entendu que je ne m’occupe que des espèces occidentales du midi de l’Europe; en Grèce, en Syrie, en Égypte ce genre a de nombreux représentants dont plusieurs me sont, ineonnus; aux Enyo graeca Ch. Koch, nilida et longipes Savigny, M. O.-P. Cambridge a ajouté dernièrement plusieurs espèces nouvelles de Syrie et de Palestine: E. luctuosa 7 latipeSj atriceps. (Voy. Proceeding of the Z oui. Soc. of London, feb. 20, 4872).
( fie )
! Ventre d’une teinte blanchâtre fondue sur les côtés 7.
Ventre blanc, fauve ou noir, les parties latérales ornées de bandes blanches recourbées en avant 44.
^ | (o*) Pointe tibiale épaisse et bifurquéc lsabcllina.
\ (b*) Pointe tibiale courte, simple, aiguë 8.
j Front étroit et incliné, bandeau et cliélicères visibles en dessus . . Soror. { Front arrondi cachant en dessus le bandeau et la base des chélicèrcs. 9.
g | (cf) -Pointe tibiale courte et accolée au tarse Italica.
t (d*) Pointe tibiale, un peu divergente 10.
t Pointe tibiale un peu renflée â la base Gerrnanica.
( Pointe tibiale un peu courbée à l’extrémité Modesta.
| Yeux et pattes normaux, ventre fauve ou blanc. 42.
( Yeux plus espacés, pattes plus longues, un peu latérales, ventre noir. Alacris.
£ (o*) Pointe tibiale courte 43.
( (q*) Pointe tibiale très-longue et grêle 44.
^ [ Pointe tibiale simple et aiguë Gallica.
( Pointe tibiale terminée par une petite dilatation Fusca.
( (o*) Tarse de la patte-mâchoire assez renflé à la base Affinis.
v (d*) Tarse étroit et long (céphalothorax moins large) Stylifera.
Genus LACHESE ( Lachesis ) Savigny (1827).
Lachesis Walekenaer.
LACHESE Thorell, On.Europ. Spid ., p.. 47.
(?) Corinna Ch. Koch., Arach.) t. IX.
(?) Agelena Hentz., Bost. journ., 4847 [ad part).
M. Thorell a changé l'orthographe du mot Lachesis, celui-ci ayant été employé par Daudin, pour un genre de reptile, longtemps avant la publication de Savigny.
Ce genre et les deux suivants s'éloignent fortement des Enyo par leurs faciès qui rappelle celui des Drassidae, particuliérement des Pythonissa; leurs membres sont robustes, assez courts, garnis de fortes épines; ainsi la diagnose que M. Thorell a publiée de la famille des Eayûidae ne leur convient pas.
Chez les véritables Lachese le corselet est ovale, coupé d’une strie médiane thoracique et de stries rayonnantes bien marquées ; la
tète est obtuse, un peu convexe, nullement inclinée en avant; les yeux ressemblent a ceux des Agelena, ils sont peu inégaux et forment deux lignes également courbées en arrière; ils sont séparés de la base des chélicères par un bandeau très-étroit; les crochets des chélicères , qui ont été bien figurés par Savigny, sont extrêmement remarquables; ils sont tellement courts qu'ils n'occupent pas toute la largeur de la troncature de la tige; ils sont assez robustes à la base et recourbés en avant à l'extrémité, de sorte que, lorsqu'ils sont déployés, leurs pointes sont divergentes et dirigées en dehors; je crois que cette disposition n'existe que chez le male, car un jeune Lachese femelle , que je rapporte avec doute à la Rufiventris , a les crochets de forme normale.
Les deux griffes tarsales supérieures sont très-longues, trèsaiguës et faciles a observer à la simple loupe; leurs denticulations, de la base à l'extrémité, sont très-longues et bien séparées entre elles, la plus longue est la troisième en partant de la base; chez Lachese rufiventris la griffe interne a treize dents et l’externe dix.
Les filières inférieures sont grêles, cylindriques et longues; elles dépassent l’extrémité de l’abdomen.
Toutes les pattes sont garnies de longues et fortes épines.
Le genre Cydippe crée récemment par M. O.-P. Cambridge pour un Aranéide de Port-Natal (*) ne diffère des Lachese que par ses yeux qui sont placés sur trois rangs : les deux premiers de deux yeux chacun et le troisième de quatre, à peu près comme chez les C tenus Walck.