‹ Aranéides nouveaux ou peu connus du midi de l'EuropeChapitre 34 sur 73 · IIABUONESTES ISLAMITA, sp. nov · texte numérisé non relu

IIABUONESTES ISLAMITA, sp. nov

Long. 8 j m “.

Ç Voisine de l’espèce précédente, la tète est cependant un peu plus convexe, et sensiblement rétrécie en avant à partir de la première paire de pattes. Le thorax est ovale, arrondi en arrière, nullement tronqué; le tégument est très-noir et un peu chagriné quand on le regarde â la loupe.

Les yeux sont relativement plus gros, mais ils occupent la même position, cependant les deux paires médianes sont moins écartées entre elles et l’antérieure est presque aussi large que la supérieure; les yeux latéraux antérieurs, qui sont un peu plus gros que les médians, sont aussi moins séparés.

Le bandeau et les chélicères sont semblables; le plastron a la même forme, mais il est noir cl garni de poils blancs espacés.

L’abdomen ovale cl un peu élargi en arrière, est d’un noir mat, un peu velu, et ne présente aucun dessin.

Les'fjlières, qui sont d'un fauve rouge testacé, sont plus développées que chez l’espèce précédente; les deux inférieures, qui sont réunies à la base par une membrane blanche, ont leur extré-

mité conique; les deux supérieures sont de moitié plus courtes.

L’épigastre est d’une teinte fauve. L’épigyne est une grande plaque d’un rouge brillant, beaucoup plus large que haute et présentant dans le milieu deux stries longitudinales parallèles.

La patte-mâchoire est courte, robuste et d’un fauve obscur; l’article du tarse est au moins aussi long que la jambe et plus grêle, il est garni de poils serrés, tandis que les autres articles sont presque glabres.

Les pattes ont les fémurs assez robustes, mais les tibias et surtout les métatarses beaucoup plus grêles; celles de la quatrième paire dépassent de beaucoup en longueur les trois autres; les hanches sont d’un brun rouge, les fémurs sont noirs, les jambes et les tarses sont d’un beau rouge vif, qui fonce un peu vers les extrémités.

Cette espèce, plus grande que la précédente, a été prise par 31. Ch. de la Brûlerie en divers points de la Syrie assez éloignés les uns des autres: à Damas, à Tibériade, même dans le Liban.

Son abdomen toujours unicolore ne permet pas de la confondre avec Y H. Meacli.

Famille des THERIDIDAE.

Genus MIMETUS Hentz., 1850.

Ero. Keyserl., 1863 [ad part).

Ctenophorà Black, 1869.

Yeux huit : les antérieurs du carré un peu plus petits et beaucoup plus séparés entre eux que les supérieurs, placés sur une avance obtuse; les latéraux connivents, élevés sur de légères saillies et placés sur la même ligne que les médians supérieurs.

Bandeau étroit, beaucoup moins large que l’aire oculaire. Chclicères grêles, verticales, extrêmement longues dans les deux sexes, à crochets petits. Pattes garnies de longues soies spiniformes, disposées irrégulièrement, sauf aux tibias et aux métatarses des deux premières paires, où elles forment du côté interne une ligne serrée. Lèvre petite, terminée en pointe aiguë. Pattes-mâchoires à hanches maxilliformes étroites, allongées, très-inclinées sur la lèvre; chez le male le tibia très-long, le tarse beaucoup plus court et ne recouvrant qu’en partie le bulbe qui est complexe et rappelle celui des Epeiridae.

Il y a lieu de s’étonner que le D r Heniz, qui a réuni sous la dénomination commune de Theridium tant d’espèces hétérogènes, ait fondé le genre Mime lus, qui, au premier abord, diffère moins du type normal des Theridium que les Argyrodes (Th. trigonium), les Ariamnes (Fidilium), les Latrodec tus (Lineatuin, Verecundum) qu’il n’a pas séparés.

Mais on sait que cet auteur, qui a passé si légèrement sur les caractères les plus essentiels et les plus visibles, attachait une importance exclusive à ceux fournis par les chélicères; en effet les Mimetus diffèrent surtout des types voisins par leurs chélicères, tandis que les caractères des genres que je viens de citer sont tirés d’autres organes.

Le genre Mimetus fait le passage de Therididae aux Epeiridae et réunit si complètement les caractères de ces deux types que sa véritable place est encore douteuse : l’étroitesse de son bandeau, ses yeux médians antérieurs beaucoup plus séparés que les supérieurs, les spiculés de ses pattes, quelque chose du membre male, le rapprochent de la famille des Epeiridae, surtout du genre Meta; mais les caractères qui le rattachent aux Therididae me paraissent encore plus importants; de plus, il ne construit pas de toile orbiculaire , Dans la famille des Therididae , c’est avec le genre Ero Ch. Koch qu’il a le plus d’affinités.

Je n’ai pas observé les mœurs du Mimetus de Corse que j’ai toujours pris en secouant les buissons secs, mais elles doivent avoir beaucoup d’analogies avec celles du Mimetus interfector des Etats-Unis, vu la grande ressemblance des deux espèces.

« Les Mimetus, dit le D r Hentz, sont des Aranéidcs vagabonds, excepté à l’époque de la ponte; ils détruisent les autres araignées et s’emparent de leurs toiles; leur cocon est oblong et conique à ses deux extrémités.

Les habitudes parasites des araignées qui composent ce genre, rappellent au naturaliste celles de beaucoup d’IIyménoptères qui vivent aux dépens d’autres insectes; les Mimelus peuvent faire une toile comme celle des Theridium , mais ils préfèrent marauder la nuit, sur les toiles des Epeira et des Theridium après avoir tué et mangé leurs propriétaires légitimes. »

Plus loin l’auteur rapporte que le Mimelus inter fector se nourrit presque exclusivement des œufs du Theredium vulgare (Tepidoriarum?) et souvent aussi de celte araignée elle-même; tandis que le Mimelus syllepticus fait surtout la guerre à V Epeira labyrinthea . Le Mimetus européen doit vivre aux dépens de la Meta merianae dont il imite si bien les formes et les couleurs et qui est très-commune en Corse sur les buissons.

89 MIHIETUS LAEVIGATUS Keys.

Ero laevigata Keys., Verli. Znol. Bot. Wicn, -1863.

CTENOPUORA monticola Black., Ann. and Mag. nat. hist., Julie, 1870.

— — 0. P. Camb., Gen. list ofspid. of Pal. p. 287.

Très-commune en Corse pendant l’été sur les buissons.

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