AllGYBODES GIBBOSUS Lucas
Linyphia argyrodes Walck., Apt. t. II. (1837).
— gibbosa Lucas, Expi. Alg., p. 234, pl. 13, fig. 9 (1842).
(?) — argyrodes Vinson, Aran. des îles de la Reun., etc. (1864).
Argyrodes epeirae E. Simon, Ann. Soc. Ent.Fr. (1866).
La description de Walckenaer convient parfaitement à notre espèce, et il est probable que son type venait d’Algérie, comme il le suppose, et non de la Guadeloupe.
M. Vinson a rapporté à la Linyphia argyrodes une espèce de l’ile de la Réunion, qui, d’après les planches de son ouvrage, me parait différente; de plus, le cocon de la L. argyrodes se distingue de celui de la Linyphia zonata, et M. Vinson n’aurait pas manqué d’indiquer cette différence.
L’habitat de cet Aranéide est très-étendu.
D’après M. Thorell, Y Argyrodes gibbosus se trouve aussi dans l’Amérique du Nord; il n’a cependant pas été décrit par le
D r Hentz qui a si bien étudié la faune des États-Unis l’espèce
signalée parce naturaliste sous le nom de Theridium trigonum,
diffère de la nôtre par sa coloration qui est jaunâtre et non argentée, par les avances frontales du male et aussi par ses mœurs, car elle n’est pas parasite; elle construit dans les herbes une toile de Linyphia, au milieu de laquelle elle suspend un petit cocon pédicule , en tout point semblable à celui de l'Ârgyrodes gibbosus.
M. H. Lucas n’a pris qu’un seul exemplaire en fauchant les herbes, et n’a pas observé les mœurs bizarres de cet Aranéide; la figure qu’il a publiée (voy. Expl. Alg. pl. 15) est très-bonne, mais elle représente l’une des variétés les moins répandues.
L 'Argyrodes est très-commun en Corse, où il se trouve nonseulement sur la toile de YEpeira opuntiae , mais aussi sur celle de YEpeira adianta , de Y Argiope lobata , du Pholcus rivulatus, quoique plus rarement sur cette dernière; son petit cocon, suspendu par un fin pédicule sur l’un des fils de la toile de YEpeira y est globuleux, mais brusquement rétréci à l’extrémité où il se termine par un appendice tronqué; ce cocon ressemble à une petite bouteille renversée.
Genus ARIAMNES Thorell (4869).
Ariadne Doleschall (1857).
Theridium Hentz, Boston , Jour. nat. hist. (1850) (ad partem).
M. Thorell propose de remplacer le nom d' Ariadne, déjà employé par Savigny pour un genre de Dysderidae , en celui d 'Ariamnes.
Ce genre, fondépar Doleschall pour un Aranéide d’Amboine( 1 ), a été retrouvé depuis en Australie (L. Koch.), à l’île Sainte- Hélène (Ar. Melissii Camb.), en Syri e(Ar. longicaudata . Camb.) ( 2 ) par M. O.-P. Cambridge, et en Corse par moi.
(') Ariadne flagellum Dolesch.
(*) L’Ariamncs longicaudata O.-P. Cambridge se distingue de suite des espèces de Corse par l'extrémité du tubercule abdominal qui est pourvue de petites épines latérales et qui paraît tronquée en dessus.
Les espèces européennes forcent de modifier la diagnosegénérique :
Le céphalothorax est allongé, ses côtés sont parallèles, sa surface est dépourvue de stries rayonnantes, mais coupée dans le milieu d’une profonde strie transverse. Les yeux sont placés sur un mamelon, bas chez la femelle, mais plus élevé chez le male où il est quelquefois surmonté de tubercules ( A . nasicci).
Le bandeau, aussi long que l’aire oculaire, est oblique, quelquefois il est plus long et tout à fait horizontal (4. rostrata ). Les yeux sont très-inégaux et forment un large groupe : quatre gros yeux médians figurent un carré presque régulier, les deux antérieurs sont noirs , les supérieurs blancs et brillants ; sur les côtés de ce carré sont accolés deux petits yeux blancs, connivents, qui relient la paire antérieure à la paire supéricurè; quelquefois cependant le second de ces yeux latéraux est plus gros et presque semblable au médian supérieur.
L’abdomen, étroit et cylindrique, est prolongé par un tubercule horizontal ou oblique.
La pièce antérieure du sternum est soudée, la pièce principale est étroite et allongée entre les hanches des pattes.
Les pattes-mâchoires sont courtes et épaisses chez la femelle; quelquefois le tibia est dilaté en dessous; chez le mâle elles sont aussi longues que le céphalothorax et très-fines : la jambe est aussi longue que le fémur, ses deux articles sont presque égaux et inermes ; le tarse est au moins deux fois plus court que la jambe et ovale.
Les chélicères, plus épaisses que les fémurs des pattes antérieures, sont presque aussi longues que le bandeau et dirigées obliquement en avant.
Les pattes sont fines et toujours plus longues que le corps, les deux paires antérieures dépassent de beaucoup les autres , celles de la troisième sont les plus courtes.
Ces pattes, toujours dépourvues d’épines, sont remarquables par la petitesse de la patella.
Le Theridium fidilium deHentz est certainement un Ariamnes; par son faciès il ressemble même beaucoup à nos espèces de Corse.