‹ Aranéides nouveaux ou peu connus du midi de l'EuropeChapitre 61 sur 73 · ULOBORCJS PRODUCTUS, sp. nov · texte numérisé non relu

ULOBORCJS PRODUCTUS, sp. nov

Long. 4| mm .

2 Le céphalothorax est plus court que chez U . Walckenaerius et beaucoup plus large; il est presque arrondi sur les côtés; la tète, qui ne se rétrécit en avant qu’à partir de la première paire de pattes, est moins prolongée et plus obtuse.

Le bord postérieur du thorax est profondément échancré pour l’insertion du pédicule; son milieu présente une fossette transverse, courte et peu reculée; les côtés sont coupés de stries rayonnantes; la surface du dos se renfle légèrement au delà de la fossette; elle s’abaisse, au contraire, en avant. Le tégument, qui est d’un fauve brunâtre, est couvert d’une forte pubescence blanche.

Les yeux forment un groupe très-grand; la ligne supérieure est un peu moins courbée (pue chez Walckenaerius ; ses yeux médians sont séparés par un plus large intervalle, tandis que les latéraux le sont un peu moins; considérés en dessus, ces derniers sont moins éloignés des bords de la tète.

Les yeux médians antérieurs sont bien visibles en dessus, ce qui n’a pas lieu chez l’espèce type où ils sont cachés par une avance frontale; ces yeux sont aussi plus reculés et le bandeau (*)

(*) Famille des (Jloboridae.

est plus large; les latéraux sont au contraire très-avancés, placés très en dehors sur les angles de la face.

Les chélicères sont courtes et bombées à leur base; elles sont d’un brun fauve très-lisse.

Le plastron est ovale, mais rétréci et prolongé en arrière; il est noir et garni de poils blancs.

L’abdomen est très-volumineux, il diffère de celui de tous les Uïoborus connus et ne peut être comparé qu’à celui des Monastes (famille des Tliomisidae ); il est deux fois plus long que le corselet et aussi beaucoup plus large, il s’élargit et s’élève graduellement d’avant en arrière, où il est tronqué verticalement; son sommet, situé au-dessus des filières, se prolonge en un gros tubercule dirigé obliquement en arrière et tout à fait comparable à celui des Monastes Piochardi ; ce tubercule, qui est souvent un peu recourbé, se termine par une pointe obtuse plissée.

Le tégument est en dessus d’un blanc jaunâtre mat, orné dans le milieu d’une ligne foncée ramifiée et en arrière, au dessous du tubercule, d’une large bande noire verticale; de chaque côté de celui-ci se voient encore deux traits noirs obliques; les filières, l’épigastre et les côtés du ventre sont noirs; le milieu de ce dernier est blanchâtre comme le dos; le tout est revêtu de cette longue pubescence très-blanche particulièrement aux Uïoborus.

Pattes d’un brun rouge foncé, avec les fémurs antérieurs et l’extrémité des tibias obscurcis; métatarse de la quatrième paire beaucoup plus long que le tibia, pourvu d’un calamistrum dans presque toute sa longueur et présentant des épines courtes à l’extrémité; des épines semblables au tarse du côté interné.

La patte-mâchoire est courte et robuste; ses articles, du moins les trois derniers, sont presque égaux en longueur; le tarse se termine par une forte griffe.

J’ai découvert ce curieux Uïoborus en Corse, où il construit une toile ronde peu régulière sur les buissons secs; il se trouve aussi en Syrie, car M. Ch. de la Brûlerie m’en a rapporté plusieurs exemplaires.

Famille des PALPIMANIDAE.

150. PALPIMANUS GIBBULUS L. Duf. Ann. sc. pliys. IV, p. 364, pi. 69.

Plàtyscelum SAVIGNYI Aud. in S^v., Egypt. p. 176, pl. 6, fig. 6-7.

Chersis gibbulus Walckenaer, 1. 1, p. k 390.

— SAYIQNYI Walckenaer, p. 391.

(?) Palpimanus hoematinus Ch. Koch, Arach. III, p. 21 , fig. 178-179.

Un examen scrupuleux de Palpimanus provenant d’Espagne, de Barbarie, d’Égypte et de plusieurs points de la Syrie, m’a amené à réunir les deux espèces Gibbulus et Savignyi.

Les différences spécifiques signalées par Walckenaer paraissent reposer sur une erreur d’observation.

Les figures de Savigny ne sont pas les meilleures de son magnifique atlas, car les articles basilaires des pattes antérieures sont représentés beaucoup trop courts.

Les tarses de la première paire de pattes ne sont pas dépourvus de griffes comme L. Dufour le dit dans sa courte description, mais leurs griffes sont très-petites et dissimulées par une touffe de crins noirs; elles ont néanmoins dans leur milieu trois denticulations courtes et obtuses comme les griffes des autres pattes.

Genus CHEDIMA( 1 ). Gen. nov.

Au premier abord, l’Aranéide pour lequel je crée ce genre est extrêmement voisin du Palpimanus gibbulus ; l’aspect général du corps et la conformation des appendices, si remarquables chez le Palpimanus , sont semblables; cependant un caractère de première importance empêche de réunir ces deux espèces dans un même genre. Les yeux antérieurs, placés en dessus et non sur

(’) Nom Géog.

le plan vertical du front sont égaux et figurent une ligne plus large, courbée en arrière; les médians, plus rapprochés entre eux que des latéraux, sont cependant séparés par un espace plus large que leur diamètre; les latéraux sont plus reculés; les médians supérieurs sont un peu plus petits que les antérieurs et aussi plus rapprochés entre eux; je n’ai pu découvrir les yeux latéraux de la seconde ligne et je pense qu’ils font défaut; cependant je n’ose avancer comme certain ce fait singulier, car les granulations sont extrêmement fortes sur les parties latérales.

Le corselet est plus allongé que chez le Palpimanus , ses côtés sont parallèles, il ne se rétrécit qu a la partie postérieure où il est arrondi; sa surface est plane, nullement gibbeuse; la tète, du moins chez le mâle, est coupée carrément.

Chez la femelle les yeux de la première ligne sont plus gros, mais égaux, le front est aussi plus arrondi.

Les pattes de la première paire sont extrêmement renflées, leurs tarses sont conformés comme chez les Palpimanus .

Les pièces de la bouche et les pattes-mâchoires ne diffèrent pas.

Il n’y a que deux filières apparentes.

Les griffes larsales sont plus longues et plus détachées, elles n’ont chacune qu’une seule denticulation, presque rudimentaire vers le milieu de leur longueur, tandis que dans le genre précédent les denticulations sont au nombre de trois.

Les Chedima s’éloignent plus des Eresus que les Palpimanus eux-mèmes, elles ont quelques rapports avec les Enyoidae , principalement avec le genre Habronestes .

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