LA COMPLAISANCE DIVINE
Dame, une fois que je causais avec Marion, dans la venelle, lui mit sous le pied un caillou qui la fit choir dans le fossé, d'où elle ne se leva que lorsque son père, qui nous guettait, vit bien que le lit nuptial était le seul remède du fossé ! » A vrai dire, je demeurais fort perplexe. C'étaient d'étranges prodiges, oii des saintes comme est Marie ne doivent pas consentir sans hésitation. Par cette échelle de rythmes d'or que tous les poètes ont dans leur poche, je montai vers le paradis, et je dis à la divine vierge : « Instruisez-moi, de grâce ! Dans ce pays, où vous faites des miracles, on vous en attribue qui sont fort imprévus, et même un peu compromettants pour la personne auguste que vous êtes. On se trompe, j'en suis sûr, et, sans doute, vous ne les files pas, en effet. — Mais si, mais si, dit-elle, et bien d'autres. Car le devoir de la divinité, c'est l'illusion réalisée des hommes ! »