‹ Arcanes célestes de l'Écriture sainte ou parole du Seigneur, dévoilés ainsi que les merveilles qui ont été vues dans le monde des esprits et dans le ciel des anges ouvrage d'Emmanuel Swédenborg ... Genèse, chapitres 22.26 (volume 2)Chapitre 22 sur 22 · Et il monta de là à Béerschébah · texte numérisé non relu

Et il monta de là à Béerschébah

24. Et Jéhovah lui apparut dans cette nuit, et il dit : (je suis,) Moi, le Dieu d'Abraham ton père; ne crains point, car avec loi (je suis). Moi, et je te bénirai, et je ferai multiplier ta semence à cause d'Abraham mon serviteur.

25. Et il bâtit là un autel, et il invoqua le Nom de Jéhovah, et il y tendit sa tente; et les serviteurs de lischak y creusèrent un puits.

26. Et Abimélech alla vers lui de Gérar, et Achuzath son compagnon, et Phicol chef de son armée.

27. Et lischak leur dit : Pourquoi étes-w>us venus vers moi? Et \ons m'avez haï, el >ous m'avez innové d'avec vous

28. Et Us dirent : En voyant nous avons vu que Jéhovah a été avec toi, et nous avons dit : Qu'il y ait, s'il te plaît, un serment entre nous, entre nous et toi ; et traitons alliance avec toi.

29. Si tu fais envers nous du mal ! comme nous ne t'avons pas touché, et comme nous n'avons fait envers toi que du bien, et nous t'avons renvoyé en paix; toi, maintenant, (tues) béni de Jéhovah.

30. Et il leur fit un festin, et ils mangèrent et ils burent.

SI. Et ils se levèrent matin au matin, et ils jurèrent l'homme à son frère ; et Iischak les renvoya, et ils s'en allèrent d'avec lui eu paix.

32. Et il arriva qu'en ce jour-là, et les serviteurs de Iischak vinrent, et ils lui annoncèrent au sujet du puits qu'ils avaient creusé, et ils lui dirent : Nous avons trouvé des eaux.

33. Et il l'appela Schibba ; c'est pourquoi le nom de la ville (a été) Béerschébah jusqu'à ce jour.

, 34. Et Esatt était fils (âgé) de quarante ans; et il prit pour femme Jéhudith fille de Béeri le Chittéen, et Basemath fille d'Elon le Chittéen.

35. Et elles furent une amertume d'esprit pour Iischak et pour Rébecca.

CONTENU

3357. Dans ce Chapitre, dans le sens interne, il s'agit des apparences du Vrai des trois degrés ; de la manière dont ces apparences ont été adjointes au Vrai Divin, afin que les vrais et leurs doctrinaux fussent reçus, et afin que l'Église existât.

3358. Il s'agit des apparences du Vrai du degré supérieur, qui sont dans le sens interne de la Parole, apparences dans lesquelles

sont les Anges et dans lesquelles il y a le Divin Vrai et le Divin Bien, — Vers. 1, 2, 3, 4, 5, 6. — que le Divin Bien et le Divin Vrai ne peuvent être saisis, ni par conséquent être reçus, à moins qu'ils ne soient dans les apparences, — Vers. 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13.

3359. Ensuite il s'agit des apparences du Vrai du .degré inférieur, qui sont dans le sens intérieur de la Parole, et dans lesquelles peuvent être les hommes qui sont de l'Église Interne. — Vers, là, 15, 16, 17.

3360. Enfin, il s'agit des apparences du Vrai du degré encore plus inférieur, qui appartiennent au sens littéral de la Parole, et dans lesquelles peuvent être les hommes qui sont de l'Église Externe. — Vers. 18, 19, 20, 21, 22, 23, 2A, 25; — et par elles néanmoins la conjonction avec le Seigneur peut exister, — Vers. 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33.

3361. Des Vrais scientifiques adjoints au bien là. (Vers. 34, 35.)

SENS INTERNE

3362. Dans le Chapitre XXI , il a été question d'Abimélech, en ce qu'il traita alliance avec Abraham, et qu'alors Abraham lui fit des reproches au sujet d'un puits d'eaux, dont ses serviteurs s'étaient emparés ; ici, il se passe entre Abimélech et Iischak des événements presque semblables, même en ce que Iischak dit que son épouse est sa sœur, comme l'avait dit aussi Abraham; d'après cela il est évident qu'il y a là un arcane Divin par la raison que ces faits arrivent une seconde fois et sont relatés une seconde fois, et aussi parce que dans Tune et l'autre circonstance il est parlé de puits; aurait-il été si important d'en savoir quelque chose, si le Divin n'y eût pas été renfermé ; mais le sens interne enseigne ce qu'il y a de renfermé, et montre qu'il s'agit de la conjonction du Seigneur avec ceux qui sont dans son Royaume dans les cieux et sur les terres par les vrais, et même par les apparences du vrai d'un degré supérieur avec les

Anges, et par les apparences du vrai d'un degré inférieur avec tes hommes, conséquemmenl par la Parole, dont les sens interne et ex terne renferment ces apparences; en effet, les vrais Divins mènes sont tels, que jamais ils ne peuvent être saisis par aucuu Ange, ni h plus forte raison par aucun homme; ils sont au-dessus de toute faculté de leur entendement; toutefois pour qu'il y ait conjonction du Seigneur avec les Anges et avec les hommes, les Vrais Divins influent chez eux dans les apparences; et quand ces vrais sont dans les apparences, ils peuvent non-seulement être reçus, mais aussi être reconnus; cela se fait d'une manière adéquate à la compréhension de chacun ; c'est pour cela que les apparences, c'est-a-dire les vrais angéliques et humains, sont de trois .degrés : tels sont les arcanes Divins qui sont renfermés dans le sens interne des faits et récits concernant Abimélech et Abraham, et dans le sens interne des faits et récits concernant Abimélech et Iischak.

3363. Vers. 1. Et il y eut une famine (Ums ta terre, outre tu famine précédente qu'il y eut dans h s jours d'Abraham ; et lisc/uih alla vers Abimélech, roi des Philistins, à (ièrar. — Il y eut un, famine dans ta terre, outre la famine précédente qu'il y eut dan» les jours d'Abraham, signifie le manque des connaissances de la foi : et Iischak alla vers Abimélech, roi des Philistins, à Gérar, signifie les doctrinaux de la foi ; Abimélech est la doctrine de la foi regardant les rationnels; roi des Philistins, ce sont les doctrinaux; Gérar, c'est la foi.

3364. Il y eut une famine dans ta terre, outre ta famine précédente qu'il y eut dans les jours d'Abraham, signifie te manque d<s connaissances de la foi: on le voit par la signification de la famine. en ce que c'est le manque de connaissances, N° 1460 ; que ce soit le manque des connaissances de la foi, cela est évident d'après ce qui suit immédiatement, savoir, d'après la représentation d'Abitm tech et d'après la signification de Gérar, en ce que ce sont les choses qui appartiennent à la foi ; la famine dans les jours d'Abraham, qui est mentionnée Chap. XII. 10. et dont il est parlé N° 1460, était le manque des connaissances qui appartiennent à l'homme Naturel : niais la famine, dont il est ici question, est le manque des connaissances qui appartiennent à l'homme Rationnel. c'est pour cela qu'il est dit, il y eut une famine dans la terre outre fa famine précédent!

GENÈSE. CttAP. VINGT-SIXIÈME. 445

qu'U y eut dans les jours d'Abraham. Ici, dans le sens interne, il

s'agit du Seigneur, en eeqne tous les doctrinaux de la foi procèdent de son Divin; il n'y a, en effet, aucun doctrinal, ni même la plus petite chose d'un doctrinal, qui ne vienne du Seigneur, car le Seigneur est la doctrine elle-même; c'est de là que le Seigneur est appelé la Parole, parce que la Parole est la Doctrine : mais comme tout ce qui est dans le Seigneur est Divin, et que le Divin ne peut être saisi par aucun Être créé, il en résulte que les doctrinaux qui viennent du Seigneur, en tant qu'ils se montrent devant des êtres créés, sont non des Vrais purement Divins, mais des apparences du Vrai ; cependant toujours est-il que dans les apparences il y a les

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sont aussi appelées Vrais: il va maintenant en être question (Lins ce Chapitre.

8365. Et Iischak alla vers Abîme" lech roi des Philistins, à Gérar, signifie tes doctrinaux de la foi: on le voit par la représentation de Iischak, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Rationnel. N°* 1893, 2066, 2072, 2083, 2630 ; — Iischak est le Divin Rationnel du Seigneur quant au Divin Bien, V" 3012, 3194, 3210, et aussi quant au Divin Vrai, ce qui est représenté par le mariage de Iischak avec Rébecca, N°* 3012, 3013, 3077, ainsi Iischak représente ici le Seigneur quant au Divin Vrai conjoint au Divin Bien du Rationnel, car Rébecca était avec Iischak et était appelée sa sœur ; — par la représentation é'Abimélech, en ce qu'il est la doctrine de la*foi regardant les rationnels, N°* 2504, 2500, 2510, 2530 ; par la signification du roi des Philistins, en ce que ce sont les doctrinaux, que le roi dans le sens interne soit le vrai qui appartient au doctrinal, on le voit N" 1672, 2015, 2069, et que les Philistins soient la science des connaissances, qui appartient aussi aux doctrinaux, on le voit N 1197, 1198; et par la signification de Gérar, en ce que c'est la foi, NM 1209, 2504 ; de la on voit clairement ce qui est signifié par lisehak allant vers Abiméleeh roi des Philistins à Gérar, c'est-à-dire que du Seigneur procède la Doctrine de la foi regardant les rationnels, ou ce qui est la même chose, les doctrinaux de la foi. On appelle Doctrinaux toutes les choses qui appartiennent à la doctrine, lesquelles sont dites regarder les rationnels, en tant qu'elles peuvent être reçues et reconnues dans le ciel par les Anges et sut

la terre par les hommes, car c^est le rationnel qui les reçoit et les reconnaît ; mais le Rationnel est tel , qu'il ne peut jamais saisir les Divins, car il est fini, et le fini ne peut saisir ce qui appartient à l'infini, c'est pour cela que les Vrais Divins qui procèdent du Seigneur sont présentés devant le rationnel par des apparences; de là vient que les doctrinaux ne sont que les apparences du Vrai Divin, ou ne sont que des vases célestes et spirituels dans lesquels est le Divin ; et comme le Divin, c'est-à-dire, le Seigneur, est en eux, voilà pourquoi ils affectent, de là la conjonction du Seigneur avec les Anges et les hommes.

3366. Vers. 2, 3. Et Jé/iovah lui apparut et il dit . Ne descends point en Egypte, réside dam la terre que je te dis. Voyage dans cette terre, et je serai avec toi, et je te bénirai, car à toi et à ta sentence je donnerai toutes ces terres, et je ratifierai le serment que j'ai juré à Abraham ton père. — Jéhovah lui apparut et il dit, signifie la pensée d'après le Divin : ne descends point en Egypte, réside dans ta terre que je te dis, signifie non vers les scientifiques, mais vers les rationnels qui , illustrés par le Divin , sont les apparences du vrai : voyage dans cette terre, signifie l'instruction : et je serai avec toi, signifie le Divin : et je te bénirai, signifie ainsi l'accroissement : car à toi, signifie le bien : et à ta semence, signifie le vrai : je donnerai toutes ces terres, signifie les spirituels : et je ratifierai le serment que j'ai juré à Abraham ton père, signifie ainsi la confirmation.

3367. Jéhovah lui apparut, et il dit, signifie la pensée d'après te Divin : cela est évident par la signification à' apparaître, quand cela se dit du Seigneur qui est Jéhovah, en ce que c'est alors le Divin Même qui est dans le Seigneur : que Jéhovah soit dans le Seigneur, et que le Seigneur Lui-Méme soit Jéhovah, c'est ce qui a déjà été montré dans un grand nombre de passages, Voir N" 1 343, 1725, 1729, 1733, 1736, 1791, 1816, 1819, 1822, 1902, 1921, 1999, 2004, 2005, 2018, 2025, 2156, 2329, 2447, 2921, 3023, 3035, 3061 ; et que le Seigneur, en proportion qu'il avait uni l'Essence Humaine à l'Essence Divine, parlait avec Jéhovah comme avec Lui-Même, on le voitN0* 1745, 1999 ; ainsi quand il est dit que Jéhovah lui apparaît, cela dans le sens interne signifie d'après le Divin ; que ce soit la pensée, c'est évident d'après la signification de

dire, en ce que c'est percevoir, et aussi penser, comme il a été montré très-souvent.

3368. Ne descends point en Egypte, réside dans la terre que je

te dis, signifie non vers tes scientifiques, tuais i%crs (ci rationne/s, qui illustrés par le Divin, sont les apparences du vrai: on le voit par la signification de Y Egypte, en ce que ce sont les scientifiques, N°* 1164, 1165, 1A62, 1186; et par la signification de la terre* en ce qu'ici ce sont les rationnels qui, illustrés par le Divin, sont les apparences du vrai; car la terre, qui est ici entendue, est Gérar où habitait Abimélcch roi des Philistins, et par Gérar est signifiée la foi. par Abimélcch la doctrine de la foi regardant les rationnels, et par roi des Philistins sont signifiés les doctrinaux, Voir N°* 3363, 3365 ; la terre, c'est-à-dire, Gérar où habitait Abimélcch, ne signifie donc pas autre chose dans le sens interne ; en effet, la terre a diverses significations, Voir N°* 620, 636, 1067, et elle signifie la qualité de la nation dont il est parlé, \ 1262, mais dans le sens propre elle signifie l'Eglise, \ 3355, et puisqu'elle signifie l'Eglise, elle signifie aussi ce qui appartient à l'Eglise, c'est-à-dire, ce qui chez l'homme fait l'Eglise, par conséquent les doctrinaux de la charité et de la foi, et en conséquence aussi les rationnels qui, illustrés par le Divin, sont les apparences du vrai, car ces apparences sont les vrais de l'Eglise, ainsi ses doctrinaux, comme on le voit ci-dessus Y" 3364, 3365 ; soit qu'on dise les rationnels illustrés par le Divin, soit qu'on dise les apparences du vrai, soit qu'on dise les vrais célestes et spirituels tels qu'ils sont dans le Royaume du Seigneur dans les cieux ou dans le ciel, et tels qu'ils sont dans le Royaume du Seigneur sur les terres ou dans l'Église, c'est la même chose; les mêmes sont aussi appelés doctrinaux, mais cela à cause des vrais qui sont en eux ; le Rationnel angélique et humain est le Rationnel et est appelé le Rationnel d'après les apparences du vrai illustrées parle Divin, sans elles il n'est point le Rationnel; ainsi les Rationnels sont ces apparences. S'il est dit ici de ne point descendre en Égyple, c'est-àdire, de ne pas s'occuper des scientifiques, c'est parce qu'il a été précédemment question des scientifiques, car le voyage d'Abraham en Égypte représentait l'instruction du Seigneur dans les scientifiques dans le second âge de l'enfance, Voir N" 1502: quant à l'arcane de ne pas descendre en Égypte mais de voyager dans la terre

fitlX ARCANES CÉLESTES.

de Cérar, c'est-à-dire, de regarder uou vers les scientifiques, mais vers les rationnels, voici ce qu'il en est: Toutes les apparences du vrai, dans lesquelles est le Divin, appartiennent au Rationnel, au point que les vrais rationnels et les apparences du vrai sont la même chose, et les scientifiques appartiennent au Naturel, au point que les naturels et les vrais scientifiques sont la même chose; les vrais rationnels ou les apparences du vrai ne peuvent jamais être ni exister que d'après l'influx du Divin dans le Rationnel, et par les rationnels dans les scientifiques qui appartiennent au naturel ; les choses qui se font alors dans le Rationnel se présentent dans le naturel delà mêmemanièrequerimagedeplusieurs personnes paraît en même temps dans une glace; et elles se présentent ainsi devant l'homme, et aussi devant l'Ange ; devant l'Ange, non avec autant d'évidence dans le naturel, mais chez ceux qui sont dans le monde des esprits et dans le spirituel-naturel ; de là pour ceux-ci les représentatifs du vrai ; il en est de même chez chaque homme ; car, ainsi qu'il a déjà été dit, celui qui est dans le bien est un petit ciel, ou, ce qui est la même chose, l'image du très-grand ciel; et parce que le Divin Vrai ne pent influer immédiatement dans les scientifiques qui appartiennent à son homme naturel, mais qu'il inllue par les rationnels, ainsi qu'il a été montré, c'est pour cela qu'il est dit ici de ne pas descendre en Égyptc, mais de résider dans la terre de Gérar : toutefois, on ne peut avoir d'idée claire sur ce sujet, à moins qu'on pe sache quel est l'influx, et aussi quelles sont les idées, c'est pourquoi il en sera traité, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, à la fin des Chapitres, où sont les expériences.

3369. Voyage dans cette terre* signifie ('instruction; oa le voit par la signification de voyager, eu ce que c'est s'instruire, N0' 1463, 2025; et par la signification de la terre ici, eu ce que ce sont les rationnels qui, illustrés par le Divin, sont les apparences du vrai, ainsi qu'il vient d'être dit, iV 3368; ainsi, voyager dans cette terre signifie l'instruction dans ces apparences du vrai.

3370. Et je serai avec toi, signifie te Divin : on peut le voir en ce que c'est Jéuovau qui parle, ainsi le Div in Mêj»e, et quand il est dit par le Divin, je aérai avec toi, cela signitie, <lans la série, qu'ainsi le Divin est dans ces apparences.

3371. Et jt te Mniraij signifie ainsi l'accroissement : on le voit

par la signification de bénir, en ce que c'est fructifier dans les biens et multiplier dans les vrais, N0i 1731, 981, 1420, 1422, 2846, 3140; ainsi l'accroissement.

3372. Car à toi, signifie te bien : on peut le voir en ce que à toi c'est à Iischak, par lequel est représente* le Seigneur quant au Divin Rationnel, ainsi qu'il a été très-souvent montré ; et le Divin Rationnel du Seigneur n'est que le Bien; le Vrai y est aussi le Bien parce qu'il est divin.

3373. Et à ta semence, signifie le vrai: on le voit par la signification de la tenante i en ce que c'est le vrai, N0< 29, 265, 1025, 1447, 1610, 1940, 2848, 3310; ainsi c'est le Vrai procédant du Divin du Seigneur, qui est ta Semence. Ceux qui saisissent la Parole seulement selon le sens de la lettre, ne peuvent savoir autre chose sinon que la semence est la postérité, par conséquent ici la postérité de Iischak par Esaii et Jacob, surtout par Jacob, parce que dans cette nation il y a eu la Parole, et que la Parole renferme tant d'historiques qui concernent les descendants de Jacob ; mais dans le sens interne par la semence il est entendu non une postérité de Iischak, mais tous ceux qui sont les fils du Seigneur, ainsi les fils de son Royaume, ou, ce qui est la même chose, .ceux qui sont dans le bien et dans le vrai qui procèdent du Seigneur ; et puisque ceux-là sont la semence, il s'en suit que le bien même et le vrai même qui procèdent du Seigneur sont la semence , car c'est par ce bien et par ce vrai qu'ils sont les fils, aussi est-ce pour cela que les vrais mêmes qui procèdent du Seigneur sont appelés les fils du Royaume, dans Matthieu : « Celui qui sème ta bonne semence est le Fils de • l'homme ; le champ est le monde ; ta semence, ce sont les fils du » Royaume. » — XIII. 37, 38 ; — de là aussi en général les fils signifient les vrais, 489, 491, 533, 1147, 2623 : quiconque pense un peu plus profondément ou plus intérieurement peut savoir que la semence d'Abraham, de Iischak et de Jacob, si souvent nommée, et dont il est dit taut de fois qu'elle serait bénie, et cela de préférence a toutes les nations et à tous les peuples du globe , ne peut pas dans la Divine Parole signifier leur postérité; en effet, parmi toutes les nations, ceux-ci furent le moins de tous dans le bien de l'amour pour le Seigneur et de la charité enfers le prochain, et même aussi le moins de tous dans le vrai de la foi ; car ils ne savaient

450 AUCANES CÉLESTES.

nullement ce que c'est que le Seigneur, ce que c'eslque son Koyauuie« par conséquent ce que c'est que le ciel , et ce que c'est <jue la vie après la mort, tant parce qu'ils ne voulaient pas le savoir, que parce que s'ils en avaient su quelque chose, ils l'auraient absolument nié dans leur. cœur, et auraient ainsi profané les biens et les vrais intérieurs, comme ils profanèrent les extérieurs en ce qu'ils devinrent tant de fois ouvertement idolâtres, ce qui est cause qu'il paraît si rarement quelques vrais intérieurs dans le sens littéral de la Parole de l'Ancien Testament ; comme ils étaient tels, c'est pour cela qu'en parlant d'eux, d'après Ésaïc, le Seigneur a dit : « Il a aveuglé leurs ■ yeux, et il a endurci leur cœur, de peur qu'ils ne voient des yeux, » et ne comprennent du cœur, et qu'ils ne se convertissent, et que » je ne les guérisse. » — Jean, XII, 40 ; — c'est aussi le motif de la réponse qu'il leur fit, quand ils prétendirent être la Semence d'Abraham : « Ils dirent : Nous sommes la semence d'Abraham ; » notre Père, c'est Abraham. Jésus leur dit: Si vous étiez fils d' \- • braham, vous feriez les œuvres d'Abraham : vous, vous avez pour « père le diable, et vous voulez faire les désirs de votre père. » — Jean , Mil. 33, 39, 4ô ; — ici par Abraham est entendu aussi le Seigneur, comme partout dans la Parole; qu'ils aient été la semence ou les fils du diable et non du Seigneur, cela est dit ouvertement : de là il est bien évident que par la semence d'Abraham, de Iischak et de Jacob, ce ne sont en aucune manière les Juifs qui sont entendus dans la Parole tant historique que prophétique . car la Parole est partout Divine, mais ce sont tous ceux qui sont la semence du Seigneur, c'est-à-dire, tous ceux qui sont dans le bien et le vrai de la foi en Lui : que ce soit du Soigneur seul que procède la semence céleste, c'est-à-dire, tout bien et tout vrai, on le voit, N°* 1438, 1614, 2016, 2803, 2882, 2883. 2891, 2892, 2904, 3195.

3374. Je donnerai toutes ees terres, signifie tes spirituels: on le voit par la signification des tenus, en ce qu'ici ce sont les rationnels qui, illustrés par le Divin, sont les apparences du vrai, ainsi qu'il a été dit ci-dessus IN 3368; apparences qui sont des vrais, comme il a été aussi montré ci-dessus N°* 3364, 3365, par conséquent des spirituels, car les spirituels ne sont autre chose que les vrais qui procèdent du Divin, comme on peut le voir d'après tout ce qui a été dit bien des fois sur la signification des spirituels : par

f.RNfcSE, f.IIVP. VINGT-SIXIÈME, tftt

le Spirituel dans le sens rcelest entendue* la lumière même du vrai qui procède du Soigneur, comme par le céleste est entendue toute femme du bien qui procode du Seigneur, d'où il est évident que puisque cette lumière influe du Seigneur, tant dans le Rationnel que dans le Naturel de l'homme, le Spirituel se dit de l'un et de l'autre, et que c'est le Divin quant au vrai qui influe. D'après ce qui vient d'être dit on peut savoir ce qui est signifié par le Spirituel danslr sens réel, et que c'est le spirituel rationnel et le spirituel naturel.

3375. Ei je ratifierai le serment qjte j'ai jure" a Abraham ton père, signifie ta confirmation : on le voit par la Signification du germent ou de jurer, en coque c'est la confirmation, N° 2S42 ; ici il n'est pas dit, je ratifierai l'alliance que j'ai traitée avec Abraham, mais il est dit, je ratifierai le serment; et cela , parce que l'alliance se dit du céleste ou du bien, tandis que le serment se dit du spirituel ou des vrais , N" 3037, desquels il s'agit ici ; c'est aussi pour cola que dans la suite il n'est pas dit de ïischak qu'il traita alliance avec Abimélech , mais qu'il jura l'homme à son frère. Vers. 31 , tandis qu'il est dit d'Abraham, qu'Abimélcch et Abraham traitèrent alliance. — Gen. XXI. 32, Voir Ps. CV. 10. — Ici par la confirmation, qui est signifiée par le germent , est entendue la conjonction du Seigneur avec ceux qui sont dans son Royaume, car le serment est la continuation de l'alliance, et l'alliance signifie la conjonction. N**665, 666, 1023, 1038, 1804, 1996, 2003, 2021.

3376. Le sens interne de ces deux Versets est, que le Divin Vrai, quand il influe par les rationnels, présente les apparences du vrai.

m et ainsi se fructilie et se multiplie quant au bien et au vrai, par lesquels le Seigneur se conjoint avec les Anges et avec les hommes : (pie ce soit là le sens, on ne peut pas le voir par la première o\ position où les choses paraissent éparsos, c'est-à-dire, par ces paroles du N" 3366. que ta pensée fat d'après le Divin, non rers /es scientifiques, mais vers /es rationne/s qui, illustrés par le Divin , sont les apparences du vrai, et que de là il y eut l'instruction d'après le Divin, et l'accroissement, par conséquent le bien et le vrai, qui sont les spirituels . par lesquels existe la conjonction du Seigneur avec ceux qui sont dans son Royaume ; mais ces choses, qui ainsi paraissent éparses devant l'homme, sont néanmoins dans le sons interne conjointes dans le plus bel ordre; et, devant les Anges ou dans le

ciel , elles se présentent et sont perçues en une très-belle série, même avec des représentatifs Angéliques dans la forme céleste, et cela avec une variété inexprimable : telle est partout la Parole dans son sens interne.

3377. Vers, 4, 5. Et je ferai multiplier ta semence comme les Hoiles des deux, et je donnerai à ta semence toutes ces terres ; et seront bénies en ta semence toutes les nations de la terre. Parce qu'Abraham a écouté ma voix, et il a observé mes observances, mes commandements, mes statuts et mes lois. — Je ferai multiplier ta semence comme les étoiles des deux, signifie les vrais et les connaissances de la foi : et je donnerai à ta semence toutes ces terres, signifie de là les Eglises : et seront bénies en ta semence toutes (es nations de la terre, signilie tous ceux qui sont dans le bien tant audedans que hors de l'Église : parce qu'Abraham a écouté ma voir, signifie l'union de l'Essence Divine du Seigneur avec son Essence Humaine par les tentations : et il a observé mes observances , mes commandements, mes statuts et ?ncs lois, signifie par les continuelles révélations d'après Lui-Môme.

3378. Je ferai multiplier ta semence comme les étoiles des deux, signifie les vrais et les connaissances de la foi: on le voit par la signification de la semence, en ce que ce sont les vrais, N" 3373 ; et par la signification des étoiles, en ce que ce sont les connaissances de la foi, N0' 2495, 2849.

3379. Et je donnerai à ta semence toutes ces terres, signifie de là les Eglises : on le voit par la signification de la semence, en ce que ce sont les vrais, par conséquent ceux qui sont dans les vrais et que par suite on nomme fils du royaume, ainsi qu'il a été dit cidessus, N° 3373 ; et par la signification des terres, en ce que ce sont les rationnels qui, illustrés par le Divin, sont les apparences du vrai, ainsi qu'il a aussi été dit ci-dessus, N* 3368; par conséquent ceux qui sont dans les rationnels illustrés par le Divin, ou , ce qui est la même chose, dans la lumière céleste, et comme il n'y a dans cette lumière que ceux qui sont dans le Royaume du Seigneur dans les cieux, c'est-à-dire dans le Ciel, et ceux qui sont dans le Royaume du Seigneur sur la terre, c'est-à-dire dans les Eglises, il est évident que par ces terres sont signifiées les Eglises ; en effet , les Eglises existent, non parce qu'elles sont ainsi appelées, ni parce qu'elles

GENÈSE, CHAP. VINGTSIXIÊME. 453

professent le Nom du Seigneur , mais parce qu'elles sont dans le bien et dans le vrai de la foi ; le bien môme et le vrai même de la foi, voilà ce qui fait l'Eglise, et même ce qui est l'Eglise , car le Seigneur est dans le bien et dans le vrai de la foi, et là où est le Seigneur là est l'Eglise.

3380. Et seront bénies en ta semence toutes les nations de la terre, signifie tous ceux qui sont dans le bien tant au-dedans que hors de l'Eglise : on le voit par la signification d'être béni, en ce que c'est être fructifié dans le bien et être multiplié dans les vrais, N-981, 1422, 1731, 2846, 3140; par la signification de la semence, en ce que ce sont les biens et les vrais procédant du Seigneur, N* 3373 ; et par la signification des nations de la terre, en ce qu'elles sont tous ceux qui sont dans le bien ; que les nations soient les biens, ou, ce qui est la même chose , ceux qui sont dans les biens, on le voit NM 1269 , 1260 , 1416 , 1849 ; ainsi, en ta semence sont bénies toutes les nations de la terre, signifie que par le bien et le vrai procédant du Seigneur sont sauvés tous ceux qui vivent dans une mutuelle charité , soit au-dedans de l'Église , soit hors de l'Eglise ; que les Nations qui sont hors de l'Eglise et dans le bien soient également sauvées, on le voit N-593, 932, 1032, 1059, 1327, 1328, 2049, 2051 , 2284 , 2589 à 2604 , 2861 , 2986, 3263.

3381. Parce qu'Abraham a écouté ma voix, signifk l'union de l'Essence Divine du Seigneur avec son Essence Humaine par les tentations : on le voit par la représentation d'Abraham, en ce qu'il est le Seigneur aussi quant au Divin Humain, NM2833, 2836, 3251; et par la signification d'écouter ma voix, lorsque cela est dit du Seigneur, en ce que c'est unir l'Essence Divine à l'Essence Humaine par les tentations, car c'est en raison des tentations que l'expression obéissance est employée danslaParole en parlant du Seigneur; ceci concerne ce qui a été rapporté d'Abraham, au Chapitre XXII; savoir : lorsque Dieu le tenta, il lui dit de prendre son fils et de lui offrir en holocauste, Vers. 1, 2 ; et quand il eut obéi à la voix de Jéhovah, il est dit : « Maintenant j'ai connu que tu crains Dieu, toi; » et tu n'as pas défendu ton fils, ton unique contre Moi : par Moi j'ai » juré, parole de Jéhovah, que puisque tu as fait cette chose, et que » tu n'as pas défendu ton fils, ton unique, qu'en bénissant je te bé- » nirai, et en multipliant je multiplierai ta semence comme les

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» étoiles des deux, » — Vers. 12, 16, 17; — que par ne pas défendre ton fils, ton unique contre Moi, ce qui était écouter la voix, soit signifiée l'union de l'Humain avec le Divin par le dernier (degré) de la tentation, on le voit N" 2827, 2844 : que ce soit là ce qui est entendu par écouter la voix de Jéhovah ou du Père, c'est même ce qui est évident par les paroles du Seigneur dans Gethséraané, dans Matthieu : « Mon Père ! s'il est possible, qu'elle passe » arrière de Moi cette coupe! toutefois twn comme Je veux, mais » comme Toi (tu veux). A la seconde fois il dit encore : Mon Père! » si elle ne peut, cette coupe, passer arrière de Moi, à moins que » je ne la boive, que ta volonté soit faite.» — XXVI. 39, 42. Marc, XIV. 36. Luc, XXII. 42 : — mais puisque Jéhovah ou le Père était en Lui, ou puisque Lui-Même était dans le Père et le Père en Lui, — Jean, XIV. 10, 11, — par écouter la voix de Jéhovah il est entendu que le Seigneur a uni le Divin à l'Humain par la propre puissance au moyen des tentations, ce qui est encore évident par les paroles mêmes du Seigneur dans Jean : « Comme le Père Me cou - » naît. Moi aussi je connais le Père, et je dépose mon âme pour tes n brebis; à cause de ceci le Père M'aime, parce que Je dépose mon » âme, afin que de nouveau je la prenne; j'ai le pouvoir de la dé- » poser, et j'ai le pouvoir de la prendre de nouveau; j'ai pris ce » commandement de mon Père. » — X. 15, 17, 18. — Que le Seigneur ait uui son Essence Divine à son Essence Humaine par la propre puissance au moyen des tentations, on le voit N°' 1663, 1668, 1690, 1691 f. 1725, 1729, 1733, 1737, 1787, 1789, 1812, 1820, 2776, 3318 f.

3382. Et il a observé mes observances, mes commandements, mes statuts et mes lois, signifie par les continuelles révélations d'après Lui-MCmc, c'est-à-dire que par elles, de même que par les tentations, il a aussi uni l'Essence Divine à l'Essence Humaine : on peut le voir en ce que ces mots, observer les observances, les commandements, les statuts et les lois, renferment toutes les choses de la Parole, savoir : les Observances, toutes les choses de la Parole dans le commun ; les commandements, ses internes; les statuts, ses externes; et les lois, toutes les choses dans le particulier; cela étant dit du Seigneur, Qui a été de toute éternité la Parole, et par Qui existent toutes ces choses, il ne peut pas être signifié dans le sens

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interne que Lui-Mème les a observées, mais il est signifié qu'il les a révélées à Lui-Mème, quand il a élé dans l'état d'union de l'Humain avec le Divin : cette explication, il est vrai, semble au premier abord bien éloiguée du sens de la lettre, et môme du sens interne le pins proche, mais toujours est-il que c'est ce sens de ces paroles qui est dans le Ciel, quand elles sont lues par l'homme ; car, ainsi qu'il a déjà été dit quelquefois et ainsi qu'on peut le voir par les exemples donnés, N°" 1873, 1874, le sens de la lettre en montant vers le Ciel est dépouillé, et un autre sens qui est céleste le remplace, au poini qu'il n'est plus possible de connaître qu'il en provient; ceux, eu effet, qui sont dans le Ciel, sont dans l'idée que toutes les choses de . la Parole traitent du Seigneur daus le sens .interne, et aussi que toutes les choses de la Parole procèdent du Seigneur, et même que quand le Seigneur a été dans le monde, c'est d'après le Divin qu'il a pensé, par conséquent d'après Lui-Mème, et qu'il s'est acquis toute intelligence et toute sagesse par de continuelles révélations d'après le Divin, aussi ue perçoivent-ils pas autre chose par ces paroles; tn observer tes observances, (es commandements, tes statuts et lois, cela ne peut se dire du Seigneur, parce qu'il a été Lui-Mème la Parole, par conséquent il est Lui-Ménie Celui qui doit être observé, Lui-Mème le Commandement, Lui-Mème le Statut, et Lui- Même la Loi, car toutes ces choses Le concernent, comme le Premier ex (Juo (de Qui elles procèdent), et comme le dernier ml Queti (vers Qui elles tendent); ces paroles dans le sens suprême ne peuvent doue signifier que l'Union du Divin du Seigneur avec l'Humain par de continuelles révélations qui venaient de Lui-Méme : que le Seigneur ait pensé d'après le Divin ainsi d'après Lui-Mème, autrement que les autres hommes, on le voit N°* 1904, 1914, 1935; et qu'il se soit acquis l'intelligence et la sagesse par de continuelles révélations d'après le Divin, on le vort Noi 1016, 2500, 2523, 2G32. Qu'observer les observances, ce soit toutes les choses de la Parole dans le commun, et que les commandements soient les internes de la Parole, les statuts les externes de la Parole, et que les lois soient toutes les choses de la Parole dans le particulier, dans le sens réel, on peut le voir par un grand nombre de passages considérés dans le BeQS interne ; je puis en rapporter quelques-uns; par exemple, dans David : • Heureux les intègres de \oi<\ ceui qui marchent dans ///

* Loi de Jéhovah! heureux ceux qui gardent ses Témoignages! » Puissent mes voies être dirigées pour garder tes Statuts ! Je gar- ■■ derai tes Statuts; ne m'abandonne pas jusque-là : de tout mon » cœur je T'ai cherché, ne me fais pas égarer de tes Commande- » ments : dans mon cœur j'ai serré ta Parole, afin que je ne pèche » point contre Toi. Sois béni, Toi Jéhovah ; enseigne-moi tes Sta- » tuts. J'ai raconté de mes lèvres tous les Jugements de ta bouche. » Dans la voie de tes Témoignages je me suis réjoui ; sur tes Ordon- » nances je médite, et je considère tes Voies. Dans tes Statuts je » me délecte ; je n'oublie point ta Parole. Rétribue ton serviteur, » aûn que je vive, et que je garde ta Parole; dévoile mes yeux, afin » que je voie les merveilles de ta Loi. Ne me cache point tes Corn- » mandements, vivifie-moi selon ta Parole. Enseigne-moi tes Sta-

• tuts ; Fais-moi comprendre le chemin de tes Ordonnances. * — Ps. CXIX. 1 5 27. — Là, dans tout le Psaume, il s'agit de la Parole, et des choses qui appartiennent à la Parole ; que ces choses soient les commandements, les statuts, les jugements, les témoignages, les ordonnances, les voies, cela est évident, mais ce que signifie spécialement chacune de ces choses, on ne peut nullement le voir d'après le sens de la lettre ; dans ce sens il n'y a pour ainsi dire que des répétitions de la même chose ; mais on le voit, d'après le sens interne, dans lequel autre est la signification des commandements, autre celle des statuts, et autres celles des jugements, des témoignages, des ordonnances, des voies. C'est la même chose ailleurs, dans le Même : « La i/)i de Jéhovah (est) parfaite, restaurant l'âme; » le Témoignage de Jéhovah (est) assuré, rendant sage le simple. » Ij€s Ordonnances de Jéhovah (sont) droites, réjouissant le cœur: ■ le Commandement de Jéhovah (est) pur, éclairant les yeux. La » crainte de Jéhovah (est) pure, subsistant pour l'éternité. Les Ju- » gements de Jéhovah (sont) la vérité. « — Ps. XIX. 8, 0, 10. — Va dans le Livre des Rois : « David dit à Salomon : Tu observeras

i 'observance de ton Dieu pour marcher dans ses Voies, pour gar- » der ses Statuts, et ses Commandements, et ses Jugements, et ses •> Témoignages, selon ce qui est écrit dans la Loi de Moise. » — I Mois, H. 3; — observer l'observance (ce qui doit être observé), cYsi tout ce qui appartient à la Parole dans le commun, car c'est ce qui est nommé en premier lieu, ot ce qui suit ost considéré comme

moins commun ; en effet observer ce qui doit être observé est la même chose que garder ce qui doit être gardé. Dans Moïse : < Tu

aimeras Jéhovah ton Dieu, et tu observeras son observance, et ses Statuts, et ses Jugements, et ses Commandements, tous les jours. » — Deutér. XI. 1; — là observer ce qui doit être observé, ou garder ce qui doit être gardé, c'est pareillement tout ce qui appartient à la Parole dans le commun ; les statuts sont les externes de la Parole, tels que sont les rites et les choses qui sont représentatives et significatives du sens interne ; les commandements sont les internes de In Parole , telles que sont les choses qui appartiennent à la vie et à In doctrine, et surtout celles qui appartiennent au sens interne; mais d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, il sera parlé ailleurs de la signification des Commandements et des Statuts.

3383. Vers. 6, 7. Et lischak habitait en Gèrar. Et les hommes du lieu (I') interrogèrent sur sa femme; et il dit : Ma sœur, elle; parce qu'il craignit de dire : Ma femme : peut-être ils me tueraient les hommes du lieu à cause de Rêbecca, parce qu'(e\\e est) bonne d'aspect, elfe. — lischak habitait en Gèrar, signifie l'état du Seigneur quant aux choses qui appartiennent à la foi respectivement aux rationnels qui doivent être adjoints : et les hommes du lieu (Y) interrogèrent sur sa femme, signifie les recherches des hommes sur le Divin Vrai : et il dit : Ma sœur, elle; signifie le vrai rationnel : parce qu'il craignit de dire : Ma femme: peut-être ils me tueraient les hommes du lieu à cause de Rébecca, signifie qu'il ne put ouvrir les Divins Vrais mOmês, qu'ainsi le Divin Bien ne serait pas reçu : parce qu'(e\\e est) bonne d'aspect, elle, signifie qu'il pouvait facilement être reçu parce qu'il est appelé Divin.

3384. Iiscliak habitait en Gèrar, signifie l'état du Seigneur quant aux choses qui appartiennent à la foi respectivement au.i rationnels qui doivent être adjoints : on le voit par la signification ù'fiabiter en Gèrar , en ce que c'est être dans les choses qui appartiennent à la foi, ainsi l'état quant à ces choses ; car fuibiter signifie vivre, N° 1293, et Gèrar les choses qui appartiennent à la foi, N0i 1209 , 2504 , 3365 ; et par la représentation de lischak, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Rationnel, N°' 1893, 2066, 2072, 2083, 2630; que ces choses soient respectivement aux rationnels qui doivent être adjoints, on le voit par ce qui précède et

par ce qui suit, car dans tout ce Chapitre il s'agit des rationnels qui. illustrés par le Divin du Seigneur, sont les apparences du vrai. Qu'Habiter ce soit être et vivre, par conséquent l'état, cela est

évident par un grand nombre de passages dans la Parole ; par exemple, dans David : « J'Habiterai dans ta maison de Jéhovah n durant la longueur des jours, b — Ps. XXIII. 6. — « J'ai demandé » une seule chose à Jéhovah, je la chercherai ; [c'est) que j' Habite » dans la maison de Jéhovah tous les jours de ma vie. » — XX VU. h. — « // n'habitera point dans te mitieu de ma maison celui qui » fait la fourberie. » — CI. 7; — dans ces passages, habiter dans la maison de Jéhovah, c'est être et vivre dans le bien de l'amour, car c'est là la maison de Jéhovah. Dans Esaïe : « Ceux qui Habitent » dans la terre de l'ombre de la mort, une lumière a relui sur » eux. d — IX. i; — ceux qui habitent dans l'ombre de la mort, c'est l'état de ceux qui sont dans l'ignorance du bien et du vrai : dans le Môme : « Babel ne sera point habitée durant l'éternité. » — XIII. 20; — c'est l'état de damnation de ceux que représente Babel : dans le Même : «Jéhovah, Dieu d'Israël, qui habites les Chéru- » bins. i— XXXVII. 16. —Dans David : «Pasteur d'Israël, {Toi) » gui habites les Chérubins* brille ! » — Ps. LXXX. 2; — celui qui habite les chérubins, c'est le Seigneur quant à l'état de Providenee. afin que personne ne soit introduit dans les choses saintes de l'amour et de la foi, sans avoir été préparé par le Seigneur, N° 308 : dans David : « En paix tout à la fois je me couche et je dors , car » Toi seul, Jéhovah, tu me fais habiter en sécurité. » — Ps. IV. 9; — faire habiter en sécurité, c'est l'état de paix Dans Jérémie : « Toi qui habites sur beaucoup d'eaux, grande en trésors, elle n est veuue ta fin, la mesure de ton lucre. » — LI. 13 ; — il s'agit de Babel ; habiter sur beaucoup d'eaux c'est être dans les connaissances sur le vrai. Dans Daniel: «Dieu, Lui, révèle les choses

* profondes et cachées , il connaît ce qui est dans les ténèbres , et

• la lumière avec Lui habite. » — II. 22 ; — habiter, c'est être : dans le Même : « Sous cet arbre avait de l'ombre la béte du champ, et dans » ses branches habitaient ki oiseaux du ciel. • — IV. 0 ; — et dans Ezéchiel : « Sous ses branches avaient engendré toutes les Mies » du champ , et dans son ombre avait nt habité toutes nation* » grandes. . — XXXI. <> ; — habiter . c'est être et vivre. Dans Hos-

chée : • L'aire et le pressoir ne les repaîtront point, et le moût lui » mentira ; ils n' liabiteront point dans la terre de Jéhovah, et » Ephraïm retournera en Egypte, i — IX. 2, 3 ; — ne pas habiter

dans la terre de Jéhovah, c'est ne pas être dans l'état du bien de l'amour, par conséquent ne pas être dans le Royaume du Seigneur.

3385. Et les hommes du lieu l'interrogèrent sur sa femme, signifie les rcefierehes des hommes sur le Divin Vrai : on le voit par ia signification d'interroger, en ce que c'est rechercher; par la signification des hommes du lieu, savoir, de Gérar, en ce que ce sont les hommes qui sont dans les doctrinaux de la foi, Gérar désignant les choses qui appartiennent à la foi , N°* 1209, 2504 , ainsi les hommes du lieu sont les hommes d'un tel état ; et par la signification de la femme, qui est ici Rébecca, en ce qu'elle est le Divin \ rai du Divin Rationnel du Seigneur, N0' 3012, 3013, 3077. Dans ce qui précède il a été question des apparences du \ rai, en ce qu'elles existent par l'influx Divin procédant du Seigneur dans les rationnels de l'homme, ici il s'agit maintenant de la réception de ces apparences, et même d'abord par ceux qui sont dans les doctrinaux de la foi et qui sont désignés par les hommes du lieu ou de Gérar, et composent la première classe de ceux qui sont appelés Spirituels; ceux-ci, en eiïet, n'ayant pas la perception, comme les Célestes , et étant respectivement dans l'obscur , N" 1043 , 2088, 2669, 2708 c, 2715, 2718, 2831, 3235,3241, 3246, recherchent si telle chose est ainsi , puis si c'est un Divin Vrai ; et comme ils n'ont pas la perception si elle est, il leur est donné une chose qui parait comme le vrai, et cela selon leur rationnel, c'est-à-dire selon leur compréhension, car ainsi elle est reçue; il est permis à chacun de croire les vrais selon qu'il les saisit; si cela n'était pas , il n'y aurait point de réception , parce qu'il n'y aurait aucune reconnaissance : c'est de cela qu'il s'agit maintenant.

3386. Et il dit, Ma sœur, elle, signifie le vrai rationnel: on la voit par la signification de la sœur , en ce qu'elle est le vrai rationnel, N04 1495, 2508, 2524, 2556; par le vrai rationnel est entendu ce qui se présente comme vrai selon la compréhension ou devant le rationnel , comme il vient d'être dit. L'Arcane consistant en ce que lischak a dit que Rébecca était sa sœur, ainsi qu'Abraham précédemment en Egypte. Gen. XII. H , 12, 13. 19, et ensuite en

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Gérar, Gen. XX. 2, 5, 12, avait dit que Sarah était sa sœur, enveloppe la même chose, comme on peut le voir par l'explication donnée sur ces passages ; et puisque le même fait est arrivé trois fois et a été aussi mentionné chaque fois dans la Parole, il est évident que c'est un arcane de la plus grande importance, qui s'y trouve renfermé, et que personne ne peut le connaître que d'après le sens interne ; mais quel est-il, c'est ce qu'on verra dans ce qui suit.

3387. Parce qu'il craignit de dire : Ma femme : peut-Ctrc ils me tueraient les hommes du lieu à cause de Râbecca, signifie qu'il ne put ouvrir les Divins vrais mêmes, qu'ainsi le Divin Bien ne serait pas reçu : on le voit par la signification de craindre de dire, en ce que c'est ne pouvoir ouvrir; par la signification de la femme, qui est ici Rébecca, en ce qu'elle est le Divin Rationnel du Seigneur quant au Divin Vrai, N- 3012, 3013, 3077; par la signification de me tuer, en ce que c'est la non réception du bien, car lisebak, qui est ici Me, représente le Divin Rien du Rationnel du Seigneur. N°* 3012, 3194, 3210; en effet, le bien est dit être tué ou périr, alors qu'il n'est pas reçu, car il devient nul chez l'homme; et par la signification des hommes du lieu , en ce que ce sont ceux qui sont dans les doctrinaux de la foi , ainsi qu'il vient d'être dit N° 3385. A présent on voit par là quel est le sens interne de ces paroles, savoir, que si les Divins vrais mêmes étaient ouverts, ils ne seraient pas reçus par ceux qui ne sont pas dans les doctrinaux de la foi , parce qu'ils surpassent toute leur compréhension rationnelle , ainsi toute leur foi, et qu'en conséquence rien du bien ne pourrait influer du Seigneur, car le Bien qui procède du Seigneur, ou le Bien Divin, ne peut influer que dans les vrais , puisque les vrais sont les vases du bien, ainsi qu'il a été bien des fois montré; les vrais ou les apparences du vrai sont données à l'homme , afin que le Divin Bien puisse former son intellectuel, ainsi l'homme lui-même, car c'est afin que le bien puisse influer qu'il y a des vrais ; le bien , sans les vases ou les réceptacles, ne trouve point de place, parce qu'il ne trouve pas d'état qui lui corresponde; c'est pourquoi , là où il n'y a point de vrais, ou bien là où les vrais n'ont pas été reçus, il n'y a pas non plus de bien rationnel ou humain, par conséquent l'homme n'a aucune vie spirituelle ; afin donc que l'homme ait cependant des vrais et par suite une vie spirituelle, des apparences du vrai

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sont données, et même à chacun selon sa compréhension ; ces apparences sont reconnues pour des vrais , parce qu'elles son! telles, que les Divins peuvent être en elles. Pour qu'on sache ce que c'est que les apparences, et que ce sont elles qui servent de vrais Divins pour l'homme, soient des exemples pour illustration : si l'on disait que dans le ciel il n'y a aucune idée de lieu, par conséquent aucune idée de distance , mais que ces idées sont remplacées par des idées d'étal; l'homme ne pourrait saisir cela en aucune manière, car il croirait ainsi que rien ne serait distinct , mais que tout serait confus, c'est-à-dire que tous seraient en un ou ensemble, lorsque cependant toutes choses y sont tellement distinctes qu'il ne peut jamais y avoir rien de plus distinct; que les lieux, les distances et les espaces, qui sont dans la nature, soient des états dans le ciel , on le voit, V 3356; de là il est évident que toutes les choses qui, dans la Parole, sont cependant dites des lieux et des espaces, et d'après eux, et au moyen d'eux, sont des apparences du vrai, et si elles n'étaient pas dites au moyen de ces apparences, jamais elles ne seraient reçues, par conséquent à peine y aurait-il quelque chose de reçu, car l'idée de l'espace et du temps est dans presque toutes les choses et dans chacune des choses de la pensée chez l'homme, tant qu'il est dans le monde, c'est-à-dire dans l'espace et le temps. Que ce soitselonles apparences de l'espace qu'il a été parlé dans la Parole, on le voit dans presque tous les passages qu'elle renferme; par exemple, dans Matthieu : a Jésus dit : Comment donc David dit-il : » Le Seigneur a dit mon Seigneur assieds-toi à ma droite, jusqu'à » ce que j'aie mis tes ennemis pour escabeau de tes pieds. * — XXII. 44; — là, s'asseoir à la droite, c'est d'après l'idée de lieu, ainsi selon l'apparence, lorsque cependant c'est l'état de la puissance Divine du Seigneur, qui est ainsi décrit. Dans le Même : Jésus dit : Désormais vous verrez le Fils de l'homme assis à ta » droite de la puissance, et venant sur les nuées du cieL » — XXVI. 64 ; — pareillement ici s'asseoir à la droite, ainsi que venir sur les nuées du ciel, c'est d'après l'idée du lieu pour les hommes, mais c'est pour les Anges l'idée de la puissance du Seigneur. Dans Marc : « Les lils de Zébédéc dirent à Jésus : Accorde-nous que l'un à ta » droite et l'autre à ta gauche nous soyons assis dans ta gloire. » Jésus répondit : Être assis à ma droite et à mu gauche, ce n'est

» pas à moi île le donner , mais (c'est) pour ceux à qui cela est » préparé. ■ — \. 37. 40; — on voit par là quelle idée l^s discipl(*s ont eue du Royaume du Seigneur, savoir, en ce qu'ils croyaient que c'était d'Otre assis à sa droite et à sa gauche; et comme telle était leur idée, le Seigneur leur répondit selon leur compréhension, ainsi selon ce qu'il leur semblait. Dans David : «Celui-ci (est) » comme un époux sortant de sa chambre nuptiale , il se réjouit » comme un héros a courir le chemin; d'une extrémité des cirai » (a lieu) son départ , et son tour (s'achève) à leurs extrémité** » — Ps. XIX. G, 7; — la, il s'agit du Seigneur, dont l'étal de Divine puissance est décrit par des expressions qui concernent l'espace. Dans Esaïe : « Comment es-tu tombé du ciel, Lucifer, (ils de I' \u- » rore? Tu as dit dans ton cœur: Je monterai aux deux, nu- ■ dessus des étoiles du ciel j'élèverai mon trône, je monterai » pardessus tes hauts lieux de ta nuée. » — XIV. 12, 13, 14 ; — tomber du ciel , monter dans les cicux , élever son trône au-dessus des étoiles du ciel, monter par-dessus les hauts lieux de la nuée, sont toutes expressions d'après l'idée et l'apparence de l'espace ou du lieu, par lesquelles est décrit l'amour de soi profanant les choses saintes. Puisque les célestes et les spirituels se présentent devant l'homme par de semblables choses, qui sont des apparences, et conformément à ces apparences, c'est pour cela que le ciel est aussi décrit comme s'il était en haut, lorsque cependant il est non pas en haut, mais dans l'interne, N°* 450. 1380, 2148.

3388. Parce qu'elle est bonne d'aspect, elle, signifie qu'il pourait facilement être reçu parce qu'il est appelé Divin : on le voit par la signification de bon d'aspect , en ce que c'est ce qui platt par la forme, ainsi ce qui est facilement reçu. Il s'agit de ceux qui sont dans les doctrinaux de la foi , et n'ont aucune perception du vrai par le bien, mais seulement la conscience du vrai, d'après ce qui leur a été dit être vrai par leurs parents et leurs maîtres , ce sont ceux-là qui ont été appelés les hommes du lieu ou de Cérar, \°' 3380. 3387 ; pour eux le premier point de confirmation du vrai, c'est qu'il soit appelé Divin, car aussitôt se présente à eux l'idée d'une chose sainte, et cette idée donne une confirmation universelle pour tout ce qui leur est dit en général et en particulier, et cela quoiqu'ils ne le comprennent point ; mais néanmoins ce qui leur est dit doit

être adéquat à leur compréhension; car ce n'est pas assez que l'homme sache que telle chose est, mais il veut aussi savoir ce que c'est, et quelle elle est, afln que par là quelque confirmation arrive à la partie intéllectuelle, et que réciproquement il en sorte quelque confirmation ; s'il n'en est pas ainsi, la chose peut bien être introduite dans la mémoire, mais elle n'y demeure pas autrement qu'une chose morte comme une chose de son ; et a moins que quelques motifs confirmants ne l'y fixent, de quelque part qu'ils viennent, elle est dissipée comme la réminiscence d'une chose qui a seulement produit un son.

3389. Vers. 8, 9. Et il arriva que, comme se prolongeaient là pour lui les jours, et Abimélech roi des Philistins regarda à travers la fenêtre, et il vit, et voici, lischak riant avec Rèbecca sa femme. Et Abimélech appela lischak, et il dit : Certes, voici, (c'est) ta femme, elle; et comment as-tu dit : Ma sœur, elle? et lischak lui dit : Parce que j'ai dit: Peut-être mourrai-je à cause d'elle. — // arriva que, comme se prolongeaient là pour lui les jours, signifie l'état de*réceplion : et Abimélech roi des Philistins regarda à travers la fenêtre, et il vit, signifie la doctrine de la foi considérant les rationnels dans les connaissances: et voici, lischak riant avec Hébecca sa femme , signifie que le Divin Bien était présent dans le Divin Vrai : et Abimélech appela lischak, et il dit, signifie la perception du Seigneur d'après la doctrine: certes, voici, (c'est) ta femme, elle; et comment as-tu dit : Ma sœur, elle? signifie si c'est le Divin Vrai, ce n'était pas le vrai rationnel: et lischak lui dit : Parce que j'ai dit : Peut-être mourrai-je à cause d'elle, signifie qu'il n'était pas reçu.

3390. Il arriva que , comme se prolongeaient là pour lui les jours, signifie l'état de réception : on le voit par la signification de prolonger là pour lui, savoir, pour lischak, en ce que c'est que le vrai était reçu, après que le Divin Bien, qui est représenté par lischak, eut été là quelque temps, cardans le sens interne il s'agit de la réception du vrai par les spirituels ; et par la signification des jours, en ce que ce sont les états , Not 23, 487, 488, 493, 893,

3391. Et Abimélech roi des Philistins regarda à travers la fenêtre, et il rit, signifie la doctrine de la foi considérant les ration-

ut Is du us les connaissances : on le voit par la représen talion d'Aôi-

mêlech, en ce qu'il est la doctrine de la foi considérant les rationnels, N" 2504, 2509, 2510, 2533; par la signification de roi des Philistins, en ce que ce sont les doctrinaux, N" 3365; et par la signification de la fenêtre, en ce que c'est l'intellectuel, N01 655, 658, par conséquent la vue interne, car cette vue autrefois a été signifiée par les fenêtres ; aiusi regarder à travers (a fenêtre, c'est percevoir les choses qui se manifestent par la vue interne, ces choses sont en général les connaissances qui appartiennent à l'homme Externe ; les rationnels, ou, ce qui est la même chose, les appareuces du vrai, c'est-à-dire, les vrais spirituels, ne sont pas les connaissances, mais ils sont dans les connaissances; car ces vrais appartiennent à l'homme Rationnel, par conséquent à l'homme Interne, et c'est l'homme Interne qui considère les choses de l'homme Externe, par conséquent les vrais dans les connaissances; car les connaissances, appartenant à l'homme Naturel, sont les vases récipients des rationnels ; que les Vrais Divins influent dans le Rationnel, et par le Rationnel dans le Naturel, et se présentent dans le Naturel de la môme manière que l'image de plusieurs personnes dans une glace, on le voit N° 3368. Que les fenêtres soient les choses qui appartiennent à la Vue interne, c'est-à-dire, à l'entendement, lesquelles d'un seul mot sont appelées les intellectuels, on le voit par les passages de la Parole, cités N" 655, et encore par ceux-ci: Dans Ioël : t Dans la » ville ils se répandront, sur la muraille ils courront, dans les mai - » sons ils monteront, par tes fenêtres ils entreront comme un vo- » leur, i — II. 9 ; — là il s'agit des maux et des faux des derniers jours d'une Église ; monter dans les maisons , c'est détruire les biens qui appartiennent à la volonté; que les maisons soient les biens qui appartiennent à la volonté, on le voit N" 710, 2233, 2234; et entrer par les fenêtres, c'est détruire les vrais et les connaissances des vrais, qui appartiennent à l'entendement. Dans Séphanie: c Jéhovah étendra sa main sur le septentrion, el il perdra » Aschur; les troupeaux coucheront au milieu d'elle (Ninive), toute » bête féroce de cette nation, même le pélican et le canard passe- » ront la nuit dans ses portiques; le cri retentira à la fenêtre, In » sécheresse (sera) sur le seuil , parce qu'il a dépouillé le cèdre. » — II. 1A; — il s'agit de la destruction des vérités de la foi par

les raisonnements, qui sont Aschur, N°' 119, 1186; le cri retentira à la fenêtre, c'est la désolation du vrai, par conséquent de la faculté intellectuelle quant au vrai. Dans le Livre des Juges : « La mère de » Sisera regarda par la fenêtre et elle s'écria par les treillis : Pour- » quoi son char tarde-t-il à venir? » — V. 28 ; — c'est la Prophétie de Débora et de Barak sur la résurrection de l'Église spirituelle ; regarder par la fenêtre , c'est considérer par les raisonnements de ceux qui nient les vrais, et détruisent ainsi les choses qui appartiennent à l'Église, car ces raisonnements sont les intellectuels en sens opposé. Dans Jérémie : « Malheur à celui qui bâtit sa maison » sans justice, et ses appartements sans jugement; qui dit: Je me » bâtirai uue maison de (grandes) dimensions et des appartements • spacieux, et qui se taille des fenêtres, et des lambris de cèdre, et » (les) peint de vermillon. » — XXII. 13, 1A ; — bâtir une maison sans justice et des appartements sans jugement, c'est fonder un religiosité sur ce qui n'est pas le bien et sur ce qui n'est pas le vrai ; que la justice et le jugement soient le bien et le vrai, on le voit, N* 2235 ; se tailler des fenêtres et des lambris de cèdre et les peindre de vermillon, c'est falsifier les vrais intellectuels et spirituels. Les fenêtres du Temple de Jérusalem n'ont représenté que les choses qui appartiennent aux intellectuels, ainsi celles qui appartiennent aux spirituels ; pareille est la signification des fenêtres du Nouveau Temple, desquelles il est parlé dans Ezéchiel, — Chap. XL. 16, 22, 2ô, 33, 36. Chap. XL1. 16, 26; — car chacuu peut voir que le Nouveau Temple, la Nouvelle Jérusalem et la Nouvelle Terre, dans ce Prophète, ne sont autre chose que le Royaume du Seigneur, et qu'ainsi ce qui en est rapporté signifie des choses qui concernent ce Royaume. & 3392. Et voici, lise lia k riant avec Rébecca sa femme, signifie que le Divin Bien était présent dans le Divin Vrai, ou que le Divin Bien était adjoint au Divin Vrai : on le voit par la représentation de lisenak , en ce qu'il est le Divin Bien du Rationnel du Seigneur, N" 3012, 31QÔ, 3210 ; par la signification de rire, eu ce que c'est l'amour ou l'aflection du vrai, N" 2072, 2216 ; et par la représentation de Rébecca, en ce qu'elle est le Divin Vrai du Rationnel du Seigneur, N** 3012, 3013, 3077; de là il est évident que lischak tiant avec Rébecca sa femme signifie que le Divin Bien était présent

avec le Divin Vrai ; le sens de ces choses dans la série, c'est que le Vrai spirituel est reçu d'abord parce qu'il est appelé Divin, et ensuite parce qu'il y a en lui le Divin que découvrent ceux qui sont régénérés et deviennent hommes de l'Église spirituelle ; ce sont ceux-là qui sont entendus par Abimélech, c'est-à-dire, ceux qui sont dans la doctrine de la foi et considèrent les vrais dans les connaissances ; il vient d'en être parlé N° 3391.

3393. Et Abimélech appela lischak et il dit, signifie la perception du Seigneur d'après la doctrine : on le voit par la représentation d' Abimélech , en ce qu'il est la Doctrine considérant les rationnels, Noi 2504, 2509, 2510, 2533, 3391 ; par la représentation de lischak , en ce qu'il est le Divin Rationnel du Seigneur, ainsi qu'il a été expliqué ci-dessus ; et par la signification de dire, en ce que c'est percevoir, N°» 1898, 1919, 2080, 2862; et comme Abimélech signifie cette doctrine , dans laquelle maintenant le Divin a été perçu, N° 3392, Abimélech représente donc aussi le Seigneur quant à cette doctrine ; car toutes les choses en général et en particulier qui sont dans la Parole se réfèrent au Seigneur dans le sens suprême; et le Seigneur est la Doctrine elle-même, c'est-à-dire, la Parole, non-seulement quant au sens suprême qu'elle renferme, mais aussi quant au sens interne, et même quant au sens littéral, car le sens littéral est représentatif et significatif du sens interne, et celui-ci est représentatif et significatif du sens suprême ; et ce qui, dans la Parole, est représentatif et significatif, est dans son essence ce qui est représenté et signifié, ainsi c'est le Divin du Seigneur; car le représentatif n'est que l'image de ce qui est représenté, et dans l'image c'est le Seigneur Lui-Méme qui se montre ; on peut le voir clairement par le langage de l'homme ainsi que par son geste , ce langage et ce geste ne sont que les images des choses qui existent au-dedans de l'homme, dans sa pensée et dans sa volonté, de telle sorte que le langage et le geste sont la pensée et la volonté dans une forme ; en effet, si l'on en ôtait la pensée et la volonté , ce qui en resterait ne serait que quelque chose d'inanimé, ainsi ne serait rien d'humain. Par là on peut voir ce qu'il en est de la Parole, même dans la lettre, c'est-à-dire qu'elle est Divine.

3394. Certes, voici, c'est ta femme, elle; et comment as-tu dit : Ma sœur, elle? signifie si c'est le Divin Vrai, ce n'était pas Je vrai

rationnel: on le voit par la signification de la femme, qui est ici Rébecca, en ce qu'elle est le Divin Vrai du Divin Rationnel du Seigneur, N°* 3012, 3013, 3077 ; et par la signification de la sœur, en ce qu'elle est le vrai rationnel, N° 3386 ; ainsi ces expressions, voici, c'eut ta femme, elle ; et comment as-tu dit : Ma saur, elle? signifient que, puisque c'est le Divin Vrai, ce ne peut pas être le vrai rationnel. Voici ce qu'il en est de cet arcane : Les Spirituels n'ayant pas la perception, comme les Célestes, ne savent pas que le Divin Vrai devient vrai rationnel chez l'homme quand l'homme a été régénéré ; à la vérité , ils disent que tout bien et tout vrai procèdent du Seigneur, mais toujours est-il que quand le bien et le vrai existent dans leur rationnel, ils croient néanmoins que le bien et le vrai leur appartiennent et viennent par conséquent comme d'eux, car ils ne peuvent être séparés du propre qui veut cela, tandis que chez les célestes la chose se passe de manière qu'ils perçoivent le Divin Bien et le Divin Vrai dans le rationnel, c'est-à-dire, dans les rationnels qui, illustrés par le Divin du Seigneur, sont les apparences du vrai, N° 3368, et même dans le naturel, c'est-à-dire, dans les scientifiques et dans les sensuels, et parce que les célestes sont dans un tel état, ils peuvent reconnaître que tout bien et tout vrai influent du Seigneur, et aussi que c'est le perceptif du bien et du vrai qui leur est communiqué et approprié par le Seigneur, et fait leur plaisir, leur béatitude et leur félicité. C'était de là que les Très- Ancien s, qui furent des hommes célestes, ne percevaient que des célestes et des spirituels dans tous les objets qu'ils voyaient de leurs yeux, N" 1409 : comme il s'agit ici de l'homme Spirituel régénéré, qui a reçu du Seigneur par la régénération le Divin Bien dans une volonté nouvelle et le Divin Vrai dans un entendemeut nouveau, et que ces régénérés ne sout pas dans d'autre perception, sinon que si une chose était rationnelle, elle ne pourrait être Divine, ainsi qu'il vient d'être dit, que par conséquent si elle était Divine elle n'aurait rien de commun avec le rationnel, c'est pour cela qu'il est dit ici, si c'est le Divin Vrai, ce n'était pas le vrai rationnel : c'est aussi pour cela qu'ils veulent que les choses qui appartiennent à la foi soient crues avec simplicité sans aucune intuition par le rationnel, ne sachant pas que nul homme ne saisit jamais quelque chose de la foi, pas même ce qu'elle a de plus secret, sans quelque idée rationnelle

et même naturelle, mais par quelle idée, c'est ce qu'il ignore» N* 3310 f. ; par là, il est vrai, ils peuvent se garantir contre ceux qui raisonnent de tout en général et en particulier d'après le négatif pour savoir si c'est ainsi, N0i 2568, 2588; mais à l'égard de ceux qui sont dans l'affirmatif au sujet de la Parole, c'est-à-dire qu'il faut y croire, une telle position est dangereuse, car on peut ainsi enlever à chacun la liberté de penser, et lier même la conscience à ce qu'il y a de plus hérétique, en dominant ainsi sur les internes et sur les externes de l'homme ; voilà toutes les choses qui sont signifiées par ces expressions d'Abimélech à lischak : Voici, c'est ta femme, elle ; et comment as-tu dit : Ma sœur, elle ?

3395. Et liscliak lui dit : Parce que j'ai dit : Peut-être mourrai-je à cause d'elle, signifie qu'il n'était pas reçu : Cela est évident d'après ce qui a été dit ci-dessus, N° 3387, sur ces paroles :

Parce qu'il craignit de dire : Ma femme : ils me tueraient petil- « être les hommes du lieu à cause de Rébecca. » Que dire signifie percevoir et penser, ou le voit ici plus clairement qu'en tout autre endroit.

3396. Vers. 10, 11. Et Abimélech dit : Que nous as-tu fait là! encore un peu, quelqu'un du peuple aurait couché arec ta femme, et tu aurais attiré sur nous un délit. Et Abimélech commanda à tout le peuple, en disant : Celui qui touchera cet homme et sa femme, en mourant il mourra. — Abimélech dit : Que nous as-tu fait là, signifie l'indignation : Encore unpeu, quelqu'un du peuple aurait couché avec ta femme, et tu aurais attiré sur nous un délit, signifie qu'il aurait pu être adultéré et ainsi être profané : Et Abimélech commanda à tout le peuple, en disant, signifie le décret : Celui qui touchera cet homme et sa femme, en mourant il mourra, signifie que le Divin Vrai et le Divin Bien ne doivent poiut être ouverts, et que toutefois on ne doit pas en approcher par la foi , à cause du danger de la damnation éternelle, s'ils étaient profanés.

3397. Abimélech dit : Que nous as-tu fait là, signifie l'indignation : on peut le voir sans explication.

3398. Encore un peu, quelqu'un du peuple aurait couché arec ta femme, et tu aurais attiré sur nous un délit, signifie que le Divin Vrai aurait pu être adultéré et ainsi être profané : On le voit par la signification de coucher, en ce que c'est être perverti ou adultéré;

par la signification do quelqu'un du peuple, en ce que c'est quelqu'un de l'Église, savoir, de l'Église spirituelle, N° 2928 ; par la signification de la femme, ici de Rébecca, en ce qu'elle est le Divin Vrai; comme il a été dit ci-dessus; et par la signification du délit, en ce que c'est la faute de la profanation du vrai ; de là il est évident que ces mots : Encore un peu, quelqu'un du peuple aurait couciié avec ta femme, et tu aurais attiré sur nous un délit, signifie que le Divin Vrai aurait pu être facilement adultéré par quelqu'un dans l'Église, et introduire dans cette personne la faute de la profanation du vrai. Il a été dit ci-dessus, \ 338(3, qu'Abraham ayant dit deux fois que Sarah son épouse était sa sœur, d'abord en Egypte et ensuite en Gérar chez Abimélech, et que Iischak ayant dit pareillement aussi chez Abimélech que Rébecca sa femme était sa sœur, et que ces trois faits ayant été aussi mentionnés dans la Parole, il faut que la raison, pour laquelle il en a été ainsi, soit un très profond arcane ; l'arcane même qui y est renfermé se manifeste dans le sens interne, savoir, en ce que la sœur signifie le vrai rationnel, et la femme le Divin vrai, et qu'il a été dit que c'était le vrai rationnel, c'est-à-dire, la sœur, afin que le Divin Vrai qui est la femme, ici Rébecca, ne fût point adultéré, ni par conséquent profané. Voici ce qu'il en est de la Profanation du vrai : Le Divin Vrai ne peut être profané que par ceux qui précédemment l'ont reconnu , car ceux-là sont d'abord entrés parla reconnaissance et la foi dans le vrai, et ils y ont été initiés; lorsque ensuite ils s'en éloignent, son empreinte reste continuellement gravée en dedans, et est rappelée en même temps que le faux et le mal ; de là le vrai, parce qu'il est adhérent au faux et au mal, est profané; ceux donc, chez qui cela arrive, ont continuellement en eux-mêmes ce qui les damne, par conséquent leur enfer; en effet, quand les esprits infernaux approchent de la sphère où sont le bien et le vrai, ils sentent aussitôt leur enfer, car ils viennent dans ce qu'ils haïssent, conséquemment dans la torture: ceux qui ont profané le vrai habitent donc continuellement avec ce qui les tourmente, et cela selon le degré de la profanation : C'est parce qu'il en est ainsi, qu'il est pourvu avec le plus grand soin par le Seigneur à ce que le Divin Bien et le Divin Vrai ne soient point profanés ; et il est pourvu principalement eu cela, que l'homme, qui est tel. qu'il ne pourrait s'empêcher de profaner, esl tenu aussi

loin qu'il est possible de la reconnaissance et de la foi du vrai et du bien ; car, ainsi qu'il a été dit, nul ne peut profaner que celui qui a d'abord reconnu et cru : Voilà pourquoi les vrais internes n'ont pas été découverts aux descendants de Jacob, Israélites et Juifs; il ne leur a pas même été dit ouvertement qu'il y eût quelque interne dans l'homme, ni par conséquent qu'il y eût un culte interne, à peine leur a-t-il été dit quelque chose de la vie après la mort, et du Royaume Céleste du Seigneur, ou du Messie qu'ils ont attendu ; ce fut, parce qu'ils étaient tels, qu'il avait été prévu que si les vrais leur avaient été découverts, ils n'auraient pu faire autrement que de l s profaner, car ils n'ont jamais voulu que des choses terrestres; et comme cette génération a été et est toujours telle, il est permis même encore à présent qu'ils soient entièrement dans l'incrédulité; en effet, si une fois ils reconnaissaient, et qu'ensuite ils se retirassent, ils ne pourraient que s'introduire dans le plus terrible de tous les enfers. Ce fut aussi pour cela que le Seigneur ne vint dans le monde et ne révéla les internes de la Parole, que quand il n'y eut plus chez eux aucun reste de bien, même de bien naturel, car alors ils ne pouvaient plus recevoir quelque vrai jusqu'à une reconnaissance interne, puisque c'est le bien qui reçoit, ni par conséquent le profaner; tel était l'état qui est entendu par la plénitude des temps, et par la consommation du siècle, même par le dernier jour, dont il est bien souvent parlé dans les prophètes : C'est encore pour la même raison que sont révélés maintenant les arcanes du sens interne de la Parole, parce qu'aujourd'hui à peine y a-t-il quelque foi, parce qu'il n'y a aucune charité, ainsi parce que c'est la consommation du siècle, et que quand la consommation est arrivée, ces arcanes peuvent être révélés sans qu'il y ait danger de profanation, parce qu'ils ne sont pas reconnus intérieurement C'est à cause de cet arcane que dans la Parole il est rapporté, au sujet d'Abraham et de Iischak , que dans Cérar chez Abimélech ils ont appelé leurs épouses leurs sœurs. On peut voir en outre ce qui a déjà été dit et montré sur le même sujet, savoir, que ceux qui reconnaissent peuvent profaner, mais non ceux qui ne reconnaissent pas, et encore moins ceux qui ne savent pas. Not 593, 1008, 1010. 1059 ; quel danger résulte de la profanation des choses saintes, et de la Parole. N*' 571, 582; que ceux qui sont au-dedans de l'Église peuvent pro-

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faner les choses saintes, mais non ceux qui sont hors de l'Église. NB 2051 ; qu'il est pourvu par le Seigneur à ce que la profanation n'ait pas lieu, N" 1001, 2426; que le culte devient externe, afin que le culte interne ne soit pas profané. Y" 1327, 1328; que l'on est tenu dans l'ignorance, afin que les vrais de la foi ne soient pas profanés, N- 301, 302, 303.

3399. ^Que coucher avec une femme, ce soit, dans le sens interne, pervertir et adultérer le vrai, ici le Vrai Divin, parce que par la femme ou Rébecca est représenté le Divin Vrai , comme il a été montré ci-dessus, on peut le voir en ce que, dans la Parole , par les concubinages, les adultères et les prostitutions, il n'est signifié autre chose que les corruptions du bien et les falsifications du vrai, comme il a été montré N°* 2466,2729; et cela, par la raison que les adultères sont absolument contre l'amour conjugal, au point qu'ils en sont destructifs, et que l'amour conjugal procède du mariage du bien et du vrai, N- 2508, 2618, 2727 à 2759, 3132 ; c'est pourquoi les choses qui sont contre le bien et le vrai, ou qui les détruisent, sont nommées adultères dans la Parole. Mais il faut qu'on sache que ceux qui sont de l'Église spirituelle ne peuvent* adultérer le bien jusqu'au point de le profaner, parce qu'ils ne peuvent pas, comme les célestes, recevoir le bien jusqu'à en avoir la perception , mais qu'ils peuvent profaner le vrai, parce qu'ils peuvent le reconnaître : toutefois, dans le dernier temps de l'Église ils ne peuvent pas non plus reconnaître le vrai, parce qu'alors chez eux règne universellement l'incrédulité au sujet du Seigneur, de la vie après la mort et de l'homme interne ; et l'incrédulité, qui règne universellement, fait que les vrais de la foi ne pénètrent pas intérieurement; l'universel chez chacun pose des limites et empêche que de telles choses n'entrent plus profondément, sans même que l'homme en sache rien, et aussi lorsqu'il s'imagiue qu'il croit : mais ceux qui peuvent profaner le bien sont de l'Église céleste, car ceux-là peuvent le recevoir jusqu'à en avoir la perception, ainsi qu'il est arrivé aux Antédiluviens, qui ayant été, à cause de cela, séparés de tous, sont détenus dans un enfer séparé des enfers des autres, voir à leur sujet, N- 1265 à 1272; et il est signifié que la profanation du bien n'existait plus, en ce que Jéhovah, après avoir chassé l'homme, fit habiter du côté de l'orient vers le jardin d'Edcn les Chérubins, et la

flamme d'un glaive se tournant de côté et d'autre pour garder le chemin de l'arbre des vies, — Gen. III. 24, — Voir N#» 808. 310.

3400. Que le délit soit la faute ou l'imputation du péché et delà prévarication contre le bien et le vrai, on peul le voir par les passages dans In Parole où le délit (reatus) se trouve nommé et est aussi décrit ; par exemple, dans Esaïe : t Jéhovah a voulu L'épuiser « et il L'a fait faible; quand il aura déposé son âme pour le délit, « il verra (sa) semence, il prolongera (ses) jours, et la volonté de « Jéhovah par sa main prospérera. » — LUI. 10 ; — il s'agit du Seigneur ; déposer son âme pour le délit, c'est pour le péché à Lui imputé, par conséquent pour la faute par ceux qui L'ont haï, non pas qu'il ait détourné sur soi quelque chose du péché pour l'enlever. Dans Ezéchiel : o Par le sang que tu as répandu tu as eu « délit, et par tes idoles que tu as faites, tu t'es souillée. » — XXII. 4 ; — répandre le sang, c'est faire violence au bien, N°* 374, 376, 1005, de là le délit. Dans David : • Ceux qui haïssent le juste auront « délit; Jéhovah rachète l'âme de ses serviteurs; et ils n'auront « point de délit tous ceux qui se confient en Lui.» — Ps. XXXIV. 22, 23; — ainsi le délit, c'est tout péché lequel demeure; la séparation d'avec le délit par le bien procédant du Seigneur est la Rédemption, qui a aussi été représentée par l'Expiation faite par le Prêtre , quand on offrait le sacrifice du délit ; il en est parlé, Lévit. V. 1 à 26. VII. 1 à 10. XIX, 20, 21, 22 ; Nomb. V. 1 à 8, où sont aussi récapitulés les genres du Délit qui sont : d'avoir entendu la voix de la malédiction et de ne l'avoir pas déclaré; d'avoir touché une chose impure quelle qu'elle fût; d'avoir juré pour faire le mal ; d'avoir péché par erreur au sujet des choses saintes de Jéhovah ; d'avoir fait une des choses qu'il a été oommandé de ne pas faire; d'avoir nié au prochain son dépôt; d'avoir trouvé ce qui a été perdu, et d'avoir nié et juré faussement à ce sujet; d'avoir couché avec une femme servante sous la dépendance d'un homme et non rachetée ni affranchir; d'avoir commis tous péchés contre l'homme, en prévariqnant la prévarication contre Jéhovah.

3401. Et Abiméleeh commanda a tout le peuple en disant, signifie le décret : on le voit par la signification de commundi r, en W que c'est faire un décret; par la représentation d' Abiméleeh. en ce qu'il représente ceux qui sont dans la doclrine de la foi. N° 33P2,

et dans le sens suprême, le Seigneur, N* 3393; et par la signification do peuple, en ce que ce sont ceux qui sont de l'Eglise spirituelle, N* 3398; de là il est évident que ces mots: AbiméUch cornmanda à tout le peuple, signifient ce qui a été décrété par le Seigneur dans l'Eglise spirituelle ; le décret lui-même est ce qui suit, savoir, que le Divin Vrai et le Divin Bien ne doivent point être ouverts, et que cependant on ne doit pas en approcher par la foi, à cause du danger de la damnation éternelle s'ils sont profanés; c'est ce dont il va être parlé.

3402. Celui qui touchera cet homme et cette femme en mourant il mourra, signifie que le Divin Vrai et le Divin Bien ne doivent point être ouverts, et que cependant on ne doit pas en approcher par la foi, à cause du danger de la damnation éternelle s'ils sont profanés : on le voit par la signification de toucher cet homme et cette femme, en ce que c'est s'approcher du Divin Vrai et du Divin Bien, qui sont représentés par Iischak et Rébecca, — ici le vrai est nommé en premier lieu, et le bien en second lieu, parce qu'il s'agit de ceux qui sont dans l'Eglise spirituelle, lesquels peuvent adultérer et même profaner le vrai, mais non le bien, et comme il en est ainsi, il est dit l'homme et la femme, voir N°" 915, 2517 ; — et par la signification de mourir en mourant, en ce que c'est la damnation éternelle, qui est la mort spirituelle; ici, à cause de la profanation dont il s'agit Que ce soit d'après la Providence du Seigneur que personne n'est admis dans le bien et dans le vrai, c'est-à-dire dans la reconnaissance et dans l'affection de l'un et de l'autre, plus avant qu'il ne peut demeurer en eux, à cause du danger de la damnation éternelle, on le voit ci-dessus, N° 3398 : il arrive à l'égard du bien et du vrai, ainsi qu'il a déjà été quelquefois dit et expliqué, que chei l'homme ils se retirent en dedans en proportion que celui-ci est dans le mal et dans le faux, que par conséquent les anges qui du ciel sont chez lui se retirent autant, et que les esprits diaboliques qui de l'enfer sont chez lui s'approchent autant; de même viceversâ; l'éloignement du bien et du vrai, par conséquent des Anges, d'avec l'homme qui est dans le mal et dans le faux, ne se manifeste pas à lui, parce qu'alors il est dans la persuasion que le mal est le bien et que le faux est le vrai, et cela, à cause de l'affection qu'il a pour eux, et du plaisir qu'elle lui procure; et quand il est dans cet

/i7A AKCANES CÉLESTES.

étal, il ne peut nullement savoir que le bien et le vrai se sont éJoi-

gués de lui : le J>ien et le vrai, ou les anges, sont dits s'être éloignés de l'homme, quand l'homme n'en est plus aiïecté, c'est-à-dire, quand ils ne font plus ses délices, et quand au contraire il est affecté de ce qui appartient à l'amour de soi et à l'amour du monde, c'est-à-dire, quand c'est là seulement ce qui fait ses délices : savoir le bien et le vrai, ou les tenir par la mémoire et les avoir sur les lèvres, ce n'est point avoir le bien et le vrai, mais il faut en être aiïecté de cœur; ce n'est pas non plus avoir le bien et le vrai, que d'en être aiïecté quand c'est pour acquérir de la réputation et des richesses, alors c'est de l'honneur et du gain qu'on est aiïecté et non du bien et du vrai, et c'est faire de ceux-ci des moyens pour obtenir ceux-là; dans l'autre vie, chez ceux qui sont tels, les biens et les vrais qu'ils ont connus, qu'ils ont même prêchés, leur sont retirés, mais l'amour de soi et du inonde, dont leur vie se composait, leur reste. D'après ce qui vient d'être dit, on peut voir ce qui arrive au sujet du bien et du vrai, c'est-à-dire qu'il n'est permis à personne d'en approcher par l'aiïection et par la foi, à moins qu'on ne soit tel, qu'on puisse demeurer en eux jusqu'à la fin de sa vie; mais ceux qui profanent ne peuvent pas en être détournés.

3403. Vers. 12, 13, 1 A. Et Iischak sema dans cette terre, et il trouva dans cette année cent mesures, et Jèhovah le bénit. Et V homme s'accroissait, et il alla allant et s' accroissant, au point qu'il devint très-grand. Et fut à lui acquisition de menu bétail, et acquisition de gros bétail, et une servitude nombreuse ; et les Philistins le jalousaient. — Iischak sema dans cette terre, signifie les vrais intérieurs apparaissant au rationnel, lesquels procèdent du Seigneur : et il trouva dans cette année cent mesures, signifie l'abondance: et Jèhovah le bénit , signifie quant au bien de l'amour dans ces vrais: et l'homme s'accroissait, et il alla allant et s' accroissant, au point qu'il devint très-grand, signifie les accroissements: et fut à lui acquisition de menu bétail et acquisition de gros bétail, signifie quant au bien intérieur, et quant au bien extérieur : et une servitude nombreuse* signilie de là le vrai : cl les Philistins le jalousaient, signifie que ceux qui étaient dans la seule science des connaissances ne comprenaient point.

3A0A. lischak sema dans cette tenu , signifie les vrais intérieurs

apparaissant au rationnel , lesquels procèdent du Seigneur : on le voit par la signification de semer, en ce que c'est, dans le sens suprême, le Divin Vrai procédant du Seigneur, qui est le semeur, N" 3038, dans le sens interne, c'est chez l'homme le bien et le vrai qui procèdent de là, N° 3373 ; et par la signification de la terre, en ce que ce sont les rationnels qui, illustrés par le Seigneur, sont les apparences du vrai, N 3368, ou, ce qui est la même chose, les Vrais intérieurs apparaissant au rationnel, lesquels procèdent du Seigneur ; ces apparences ou ces vrais sont d'un degré supérieur, car jusqu'au Vers. 14 il en est question dans le sens interne ; c'est dans ces apparences du vrai que sont les Anges, et elles sont telles, qu'elles surpassent immensément l'entendement de l'homme , tant qu'il vit dans le monde. Alin qu'on puisse encore voir ce que c'est que les apparences du vrai , soit aussi cet exemple : Il est notoire que le Divin est Infini quant à l'Être, et Éternel quant à l'Exister, et que le fini n'est pas capable de comprendre l'Infini , ni même l'Éternel , car l'Éternel est l'Infini quant à l'Exister ; et puisque le Divin Même est Infini et Eternel, toutes les choses qui procèdent du Divin sont de même infinies et sont aussi éternelles, et comme elles sont infinies , elles ne peuvent jamais être saisies par les Anges, puisque les anges sont finis ; c'est pour cela que ce qui est infini et éternel se présente devant eux dans des Apparences, qui sont finies, mais telles cependant, qu'elles sont bien loin au-dessus de la sphère de compréhension de l'homme ; par exemple : l'homme ne peut jamais avoir quelque idée de l'éternel que d'après le temps, et parce qu'il ne le peut, il lui est impossible de comprendre ce que c'est que de toute éternité (ab œterno) ni par conséquent ce que c'est que le Divin avant le temps, ou avant que le monde fût créé ; et lant qu'il y a dans sa pensée quelque chose de l'idée du temps, il ne peut jamais faire autrement, s'il y pense, que de tomber dans des erreurs, dont il ne lui est pas possible de se tirer; mais les Anges, qui sont non dans l'idée du temps, mais dans l'idée de l'état, peuvent très-bien le percevoir, car pour eux l'éternel n'est pas l'éternel du temps, mais c'est l'étemel de l'état, sans l'idée du temps; par là, on voit clairement dans quelles apparences sont les Anges en comparaison de l'homme, et combien leurs apparences sont au-dessus (1rs apparences qui sont pour l'homme; l'homme, en effet, ne peut

pas même avoir une seule pensée, quelque petite qu'elle soit, sans quelque mobile provenant du temps et de l'espace , tandis que chez

les Anges rien ue provicut de là, mais tout provient de l'état quant à l'être et quant à l'exister. Par le peu qui vient d'être exposé, on peut voir qu'elles sout les apparences du vrai, dont il s'agit ici, et que ces apparences sont d'un degré supérieur: dans ce qui suit, il s'agit, par ordre, des apparences du vrai du degré inférieur, rendues même adéquates au genre humain.

3405. Et il trouva dans cette année cent mesure*, signifie l'abondance: on le voit par la signification de Y Année, en ce que c'est l'état euticr dont il s'agit, ainsi qu'il a été dit, N0' 487, 488, 493, 893 ; par la signification de cent, en ce que c'est beaucoup et le plein, Y 2636; et par la signification de la mesure, en ce que c'est l'état de la chose quant au vrai, Y 3104; tout cela réuni en un signifie l'abondance du vrai. Dans le sens Suprême ici, ainsi que partout ailleurs, il s'agit du Seigneur, c'est-à-dire qu'il a été aussi Lui- Même dans les apparences du Vrai, quand il était dans l'Humain maternel, mais que, selon qu'il a dépouillé cet humain, il a aussi dépouillé les apparences et a revêtu le Divin Même Infini et Eternel : mais dans le sens interne ou respectif, il s'agit des apparences du degré supérieur, qui sont chez les Anges, ainsi qu'il a été dit, et dont l'abondance est signifiée par ces mots il trouva dans cette année cent mesures; voici ce qu'il en est de ces apparences du vrai, ou de ces vrais qui procèdent du Divin, c'est que celles qui sont d'un degré supérieur surpassent immensément en abondance et en perfection celles qui sont dans un degré inférieur, car des myriades et même des myriades de myriades de choses, que perçoivent distinctement ceux qui sont dans un degré supérieur, se présentent seulement comme une seule chez ceux qui sont dans un degré inférieur ; car les inférieurs ne sont que des composés de supérieurs, comme on peut le conclure des mémoires chez l'homme, dont l'intérieure, parce qu'elle est dans uu degré supérieur, surpasse si immensément l'extérieure qui est dans uu degré inférieur , Voir N°* 2473, 2474. De là on peut voir dans quelle sagesse sont les Anges en comparaison de l'homme ; les Anges du troisième ciel sont dans le quatrième degré au-dessus de l'homme; c'est pour cela qu'en parlant de cette sagesse devant l'homme, il est impossible de

se faire comprendre, et même de trouver des termes pour l'exprimer.

3406. Et Jéhovah le bénit, signifie quant au bien de l'amour dans ces vrais : on le voit par la signification d'être béni, en ce que c'est être enrichi de tout bien céleste et spirituel , 981 , 1731, 2846; ainsi, être béni par Jéhovah, c'est être enrichi du bien céleste, qui est celui de l'amour, car Jéhovah est l'Être même de l'amour ou du bien, N° 1735 ; c'est pour cela que Jéhovah est nommé lorsqu'il s'agit du bien, et Dieu lorsqu'il s'agit du vrai , N- 2586,

3407. Et l'homme s'accroissait, et il alla allant et s'accroissant au point qu'il devint très-grand, signifie tes accroissements: on le voit par la signification de croître, d'aller allant, et de devenir trèsgrand, en ce que ce sont les accroissements du bien et du vrai dans leur ordre, savoir, du vrai vers le bien, et du bien vers le vrai.

3408. Et fut à lui acquisition de menu bétail et acquisition de gros bétail, signifie quant au bien intérieur et quant au bien extérieur, c'est-à-dire quant au bien rationnel et quant au bien naturel : on le voit par la signification du menu bétail, en ce qu'il est le bien intérieur ou rationnel, NM 343, 2566 ; et par la signification du gros bétail, en ce qu'il est le bien extérieur ou naturel, N° 2566. Le Bien naturel, qui est signifié par le gros bétail, n'est pas celui qui naît avec l'homme, mats c'est celui qui est acquis par les connaissances jointes à l'affection du bien ; en effet, le bien naturel qui naît avec l'homme n'est en soi que quelque chose d'animal, car il se trouve aussi chez les animaux ; mais le bien naturel qui est acquis, ou que le Seigneur donne à l'homme, a on soi le spirituel, de sorte qu'il est le bien spirituel dans le naturel ; ce bien est le bien même naturel humain, tandis que l'antre, savoir, celui qui naît avec l'homme, quoiqu'il se présente comme un bien, peut néanmoins ne pas être un bien, et même être un mal, car il peut recevoir aussi les faux et croire être un bien ce qui est un mal ; un tel bien naturel existe chez les nations d'une très-mauvaise vie et d'une foi

irt'a-iiiduvaise.

3409. Et une servitude nombreuse, signifie de là te vrai: on le voit par la signification d'une servitude, en ce que c'est tout ce quï est au-dessous, qui est subordonné et qui obéit, N" 1718. 2541,

3019, 3020 ; ainsi c'est le vrai , parce que le vrai provient du bien et est au service du bien ; ce sujet a déjà été traité dans plusieurs

endroits.

3410. Les Philistins le jalousaient, signifie que ceux qui étaient dans la science seule des connaissances ne comprenaient point : on le voit par la signification de jalouser, en ce qu'ici c'est ne point comprendre, ainsi qu'il est évident d'après ce qui suit; et par la signification de la Philistée, en ce que c'est la science des connaissances, et qu'ainsi les Philistins désignent ceux qui sont dans la science des connaissances, N" 1197, 1198.

3411. Vers. 15, 16, 17. Et tous les puits qu'avaient creusés tes serviteurs de son père, dans les jours d'Abraham son père, tes Phi" lis tins les bouchèrent, et ils les emplirent de poussière. Et Abimélech dit à lischak : Va-t'en d'avec nous, parce que tu es puissant plus que nous de beaucoup. Et lischak s'en alla de là, et il campa dans la vallée de Gérar, et il habitait là. — Tous les puits qu'avaient creusés tes serviteurs de son père, dans les jours d'Abraham son père, les Philistins les bouchèrent, signilie que ceux qui sont dans la science des connaissances voulaient ne pas savoir les vrais intérieurs qui procèdent du Divin ; ainsi, ils les oblitérèrent : et ils tes emplirent de poussière signifie par les terrestres : et Abimétech dit à lischak, signifie la perception du Seigneur sur cette doctrine : va-t'en d'avec nous, parce que tu es puissant plus que nous de beaucoup, signilie qu'ils ne pouvaient pas les supporter à cause du Divin qui était en eux : et lischak s'en alla de là, signifie que le Seigneur abandonnait les doctrinaux intérieurs : et il campa dans la vallée de Gérar, et il habitait là, signifie que c'était vers les rationnels inférieurs, ou des apparences intérieures vers les extérieures.

3412 Tous les puits qu'avaient creusés tes serviteurs de son père, dans les jours d'Abraham son père, les Philistins les bouchèrent, signifie que ceux qui sont dans ta science des connaissances voulaient ne pas savoir les vrais intérieurs qui procèdent du Divin ; ainsi, ils tes oblitérèrent : on le voit par la signification des puits, en ce que ce sont les vrais, N°' 2702, 3096, ici, les vrais intérieurs qui procèdent du Divin, parce que les puits, par lesquels les vrais sont signifiés, sont dits avoir été creusés par les serviteurs de son père dans tes jours a* Abraham son père , car Abraham représente

le Divin même du Seigneur, N°» 2011, 2833, 2836, 3251, 3305 f. ; par la signification de boucher, en ce que c'est vouloir ne pas savoir, et ainsi oblitérer ; et par la représentation des Philistins, en ce que ce sont ceux qui sont dans la seule science des connaissances, NM 1197, 1198. Il s'agit maintenant des apparences du vrai d'un degré inférieur, dans lesquelles peuvent être ceux qui sont dans la science des connaissances, et ici elles sont entendues par les Philistins. Voici ce qu'il en est des Vrais intérieurs qui procèdent du Divin et sont oblitérés par ceux qui sont appelés Philistins : dans l'église Ancienne et depuis on a appelé Philistins ceux qui se sont peu appliqués à la vie, mais beaucoup à la doctrine, et ont par la suite du temps rejeté aussi les choses qui appartiennent à la vie, et reconnu pour l'essentiel de l'Kglise celles qui appartiennent à la foi qu'ils ont séparée d'avec la vie ; par conséquent ceux qui ont regardé comme rien les doctrinaux de la charité, lesquels, dans l'Ancienne Église, étaient le tout de la doctrine, et ainsi les oblitéraient, tandis qu'ils ont vanté à leur place les doctrinaux de la foi et ont mis en eux toute la religion ; et parce qu'ils se sont ainsi retirés de la vie qui appartient à la charité, ou de la charité qui appartient à la vie, ils ont, de préférence aux autres, été appelés incirconcis ; car les incirconcié signifiaient tous ceux qui n'ont point été dans la charité, de quelque manière qu'ils eussent été dans les doctrinaux, N° 2049 f. : de tels hommes , qui se sont retirés de la charité , se sont éloignés aussi de la sagesse et de l'intelligence , car personne ne peut sentir ni comprendre ce que c'est que le vrai, à moins qu'il ne soit dans le bien, c'est-à-dire, dans la charité ; en effet, tout vrai vient du bien et regarde le bien ; ceux donc qui sont sans le bien ne peuvent comprendre le vrai et ne veulent pas même le savoir : chez de tels esprits, dans l'autre vie, quand ils sont loin du ciel, il apparaît parfois une lumière de neige, mais cette lumière est comme la lumière de l'hiver, qui étant privée de chaleur ne fait rien fructifier; c'est pourquoi aussi , lorsque de tels esprits s'approchent vers le ciel, leur lumière se changent en de pures ténèbres, et leur mental en des choses semblables, c'est-à-dire, en stupeur. D'après ce qui vient d'être dit on peut maintenant voir ce que c'est que : ceux qui sont dans la seule science des connaissances voulaient ne pas savoir les vrais intérieurs qui procèdent du Divin, et ainsi ils les oblitérèrent.

AHCANES CÉLESTES.

SAIS. Et ils les emplirent de poussière, signifie par les ténèbres,

c'est-à-dire, les amours de soi et du lucre: on le voit par la signification de la poussière, en ce que c'est quelque chose de tel, N° 249. Le sens est, que ceux qui sont appelés Philistins, c'est-à-dire, qui sont non dans la vie mais dans la doctrine, oblitèrent les vrais intérieurs par les amours terrestres qui sont l'amour de soi et l'amour du lucre, — c'est à cause de ces amours qu'ils ont été appelés incirconcis, NM 2039, 2044, 2056, 2632 ; — car ceux qui sont dans ces amours ne peuvent faire autrement que d'emplir de poussière les puits d'Abraham, c'est-à-dire, oblitérer les vrais intérieurs de la Parole par les choses terrestres; car d'après ces amours ils ne peuvent nullement voir les spirituels, c'est-à-dire, les choses qui appartiennent à la lumière du vrai procédant du Seigneur; en effet, ces amours introduisent les ténèbres, et celles-ci éteignent la lumière ; car, à l'approche de la lumière du vrai procédant du Seigneur, ainsi qu'il vient d'être dit N° 3412, ceux qui sont dans la doctrine seule et non daus la vie, tombent tout-à-fait dans l'aveuglement et dans la stupeur, et même ils deviennent tels, qu'ils se livrent à la la colère et essaient de toute manière à dissiper les vrais ; car tel est l'amour de soi et du lucre, qu'il ne souffre pas que quelque chose du vrai qui procède du Divin approche près de soi; mais toujours est-il qu'ils peuvent se glorilier et s'enorgueillir de ce qu'ils savent les vrais, et même de ce qu'ils les prêchent avec une sorte de Zèle, mais ce sont les feux de ces amours qui les enflamment et les excitent, et le zèle n'est que l'ardeur qui en résulte ; c'est ce qui est assez évident en ce qu'ils peuvent prêcher avec un semblable zèle ou une semblable ardeur contre la vie même qu'ils mènent. Ce sont là les terrestres qui obstruent la Parole elle-même, qui est la source de tout vrai.

3 A4 4. Et Abimélech dit à lischak, signifie la perception du Seigneur sur cette (doctrine : on le "voit par la signification de dire, en ce que c'est percevoir, ainsi qu'il a déjà été souvent montré ; par la représentation Abimèkch, ici roi des Philistins, en ce qu'il est cette doctrine, N" 3366, 3391 ; et par la représentation de lischak, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Rationnel.

3445. Va-t'en d'avec nous, parce que tu es puissant plus que nous de beaucoup, signifie qu'ils ne pouvaient pas les supporter à

came du Divin qui était en eux: on peut le voir par la signification de s'en aller d'avec nous, en ce que c'est ne pas supporter la présence ; et par la signification d'être plus puissant de beaucoup, en ce que c'est à cause de l'opulence; ici, à cause du Divin qui est dans les vrais intérieurs ; que ceux qui sont appelés Philistins ne puissent pas supporter la présence du bien, ni par conséquent la présence du Divin, on vient de le voir V 3413.

3416. Et lischak s'en alla de là , signifie que le Seigneur abandonnait les vrais intérieurs : on le voit par la signification de s'en aller de là, en ce que c'est abandonner ; ici , abandonner les vrais intérieurs, parce qu'il s'agit de ces vrais ; et par la représentation de lischak, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Rationnel. Le Seigneur abandonne les vftis intérieurs , cela signifie qu'il ne les leur ouvre point; en effet, il y a parttout, dans la Parole , des vrais internes, mais ceux qui sont dans la science des connaissances et non en même temps dans la vie , ne voient même pas ces vrais quand ils lisent la Parole; cela peut devenir évident, en ce que ceux qui placent dans la foi l'essentiel du salut , ne font pas môme attention aux choses que le Seigneur a tant de fois prononcées sur Tamour et la charité, Nos 1017, 2373 ; et ceux qui y font attention, les appellent les fruits de la loi, qu'ils distinguent ainsi et séparent même de la charité dont ils ignorent la qualité ; ainsi ils voient les postérieurs de la Parole et non les intérieurs , c'est-à-dire les extérieurs et non les intérieurs ; et voir les postérieurs ou les extérieurs sans les antérieurs ou les intérieurs, c'est ne rien voir du Divin : voilà ce qui est entendu quand il est dit que le Seigneur a abandonné les vrais intérieurs, ce qui est signifié par ces mots, lischak s'en alla de là, non pas que le Seigneur abandonne, mais ce sont eux qui abandonnent le Seigneur, parce qu'ils s'éloignent des choses qui appartiennent à la vie.

3417. El il campa dans la vallée de Gérar et il habitait là, signifie que c'était vers les rationne/s inférieurs , ou des apparences intérieures vers les extérieures : on le voit par la signification de camper, en ce que c'est disposer en ordre ; par la signification de la vallée de Gérar, en ce que ce sont les rationnels inférieurs ou les apparences extérieures du vrai, car la vallée signifie les inférieurs, ou, ce qui est la même chose, les extérieurs. N"1723, et Gérar, les

m • ARCANES CÉLESTES.

choses qui appartiennent à la foi , ainsi celles qui appartiennent an vrai, N0( 1209, 2504, 3365, 3384, 3385; et par la signification cl' habiter, en ce que c'est être et vivre, N" 3384 ; de là , il est évident que ces mots , i/ campa dans ta vallée de Gèrar et il habitait la, signifient que le Seigneur a disposé les vrais, afin qu'ils fussent aussi adéquats à la compréhension et au génie de ceux qui sont non dans la vie mais dans les doctrinaux de la foi , comme on peut le voir par la Parole , ou les vrais sont disposés ainsi. Soit un exemple: ceux qui sont dans les doctrinaux, et non de même dans la vie, ne savent autre chose sinon que le Royaume céleste est semblable aux royaumes de cette terre , en ce qu'on y devient grand en commandant aux autres; le plaisir de cette domination est le seul plaisir qu'ils connaissent et qu'ils préfèrent à tout autre plaisir; c'est pour cela que le Seigneur a parlé aussi dans la Parole selon cette apparence, comme on le voit dans Matthieu : a Celui qui fait » et enseigne , celui-là sera appelé Grand dans le Royaume des > cicux. » — V. 19; — et dans David: a J'ai dit: Vous (êtes) des » dieux, et les fils du Très-Haut, vous tous. » — Ps. LXXXIÏ. 6. Jean, X. 34, 35 ; — et parce que les Disciples eux-mêmes n'ont pas eu non plus dans le commencement d'autre opinion sur le Royaume $(K

Céleste, qu'une opinion de grandeur et de prééminence, la terre, ainsi qu'on le voit dans Matth. , XVIII. 1. Marc, IX. 34. Luc, IX. 46 ; et qu'ils avaient aussi l'idée d'être assis à la droite et à la gauche du Roi,— Matth., XX. 20, 21, 24. Marc, X. 37, — c'est aussi pour cela que, selon leur compréhension et leur caractère (animum) , le Seigneur répondit , en disant, lorsqu'il s'éleva entre eux une contestation sur celui qui serait le plus grand: « Vous » mangerez et vous boirez à ma table dans mon Royaume, et vous ». serez assis sur des trônes jugeant les douze tribus d'Israël. » — Luc, XXtt. 24 , 30. Matth. , XIX. 28; — car alors ils ne savaient pas que le plaisir céleste était non pas le plaisir de la grandeur et de la prééminence, mais lé plaisir de l'humiliation et de l'affection de servir les autres, par conséquent de vouloir non pas être le plus grand, mais le plus petit, comme le Seigneur l'enseigne dans Luc: « Celui qui parmi vous tous est le plus petit, celui-là sera grand, » — IX. 48. — Ainsi, ceux qui sont dans la science des connaissances et non dans la vie de la charité, ne peuvent savoir qu'il existe d'au-

tre plaisir que celui qui résulte de la prééminence, et comme ce plaisir occupe uniquement leurs mentais et fait le tout de leur vie, c'est pour cette raison qu'ils ignorent absolument le plaisir céleste qui résulte de l'humiliation et de l'affection de servir les autres, c'est-à-dire le plaisir de l'amour pour le Seigneur et de la charité envers le prochain , par conséquent la béatitude et la félicité qui en proviennent ; c'est pour cela que le Seigneur a parlé conformément à leur faiblesse, afin qu'ils pusseut ainsi être excités et amenés au bien, et à apprendre, à enseigner et à faire; mais toujours est-il qu'il enseigne ce que c'est que la grandeur et la prééminence dans le ciel, comme dans Matth., XIX. 30. XX. 16, 25, 26, 27, 28. Marc, X. 31, 42, 43, 44, 45. Luc, IX. 48, XIII. 30, XXII. 25, 2(5, 27, 28. — Ces choses et d'autres semblables sont des apparences du vrai d'un degré inférieur; en effet, on devient grand, on a respectivement prééminence, puissance, commandement , car un seul des Anges est plus puissant que des myriades d'esprits infernaux , mais ce n'est pas par lui-môme, c'est par le Seigneur; et il a d'autant plus de puissance par le Seigneur, qu'il croit ne pouvoir rien par lui-même, ainsi être le plus petit; et il peut d'autant mieux croire cela, qu'il est dans l'humiliation et dans l'affection de servir les autres, c'est-à-dire dans le bien de l'amour pour le Seigneur et de la charité envers le prochain.

3418. Vers. 18. Et lischak s'en retournait , et il recreuêù tes puits d'eaux qu'Us avaient creusés dans (es jours d'Abraham son père, et qu'avaient boue lié s les Philistins après la mort d'Abraham; et il les appela de noms, eomme les noms dont les avait appelés son père. — lischak s'en retournait, et il recreusa tes puits d'eaux qu'ils tiraient creusés dans li s jours d'Abraham son père , signifie que le Seigneur ouvrait ces vrais qui avaient été chez les anciens : et qu'avaient bouchés les Philistitis après ta mort d'Abraham, signilie que ceux qui étaient dans la science seule des connaissances les niaient : et il les appela de noms , signifie leur qualité : comme les noms dont les avait appelés son père , signifie les significatifs du vrai.

3419. lischak s'en retournait , et il recreusa les puits d'eaux qu'ils avaient creusés dans les jours d'Abra/iam son père , signifie que le Seigneur ouvrait ces vrais qui avaient été chez les Anciens:

IxSll ARCANES CÉLESTES.

on le voit par la représentation de Iisctiak, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Rationnel , ainsi qu'il a déjà été dit; par la signification de s'en retourner et de recreuser, en ce que c'est ouvrir de nouveau ; par la signification des puits (Veaux, en ce que ce sont les vrais des connaissances, les puits étant les vrais, N" 2702, 3096, et les eaux les connaissances , N°*28, 2702, 3058; et par la signification des jours d' Abraham son père, en ce que c'est le temps et l'état précédents quant aux vrais , qui sont signifiés par les puits qu'on creusa alors, ainsi qui étaient chez les Anciens ; que les jours soient le temps et l'état , on le voit N°' 23 , A87 , A88 , A03 , 803 ; quand ils sont l'état, par Abraham son père est représenté le Divin Même du Seigneur, avant qu'il ait adjoint l'Un main au Divin, N" 2833, 2836, 3251; quand ils sont le temps, par Abraham son père sont signifiés les biens et les vrais qui procédaient du Divin du Seigneur avant qu'il eût adjoint l'Humain , ainsi les biens et les vrais qui étaient chez les Anciens. Les Vrais qui furent chez les Anciens, sont aujourd'hui tout-à-fait oblitérés, au point qu'il est à peine quelqu'un qui sache qu'il y en a eu, et qu'ils ont pu être autres que ceux qu'on enseigne aussi aujourd'hui , mais ils étaient absolument autres; ils avaient les Représentatifs etlcs Significatifs des Célestes et des Spirituels du Royaume du Seigneur, ainsi du Seigneur Lui-Mêmc , et ceux qui les comprenaient étaient appelés Sages; et ils étaient sages aussi , car ils ont pu ainsi parler avec les esprits et les anges; en effet, quand le langage angélique, — qui est incompréhensible à l'homme parce que ce langage est spirituel et céleste — , descend vers l'homme, qui est dans la sphère naturelle, il tombe dans des Représentatifs et des Significatifs tels que ceux qui sont dans la Parole, de là résulte que la Parole est le Code saint; le Divin, en effet, ne peut se présenter autrement devant l'homme naturel, pour qu'il y ait correspondance complète. Et comme les Anciens étaient dans les Représentatifs et dans les Significatifs du Royaume du Seigneur, dans lequel il n'y a que l'amour céleste et spirituel, ils avaient aussi des Doctrinaux, qui traitaient seulement de V Amour pour Dieu et de la Charité envers le prochain, et c'est aussi en raison de cet amour et de cette charité qu'ils étaient appelés sages; d'après ces doctrinaux ils savaient que le Seigneur devait venir dans le Monde, que Jéhovah serait en Lui . qu'il rendrait Di-

GENÈSE, CHAP. VlNGT-SIYlftME. 485

mu eu Lui son Humain , et sauverait ainsi le Genre humain ; ils savaient aussi d'après ces doctrinaux ce que c'est que la Charité, c'est-à-dire que c'est l'affection de servir les autres sans aucuue lin de rétribution ; et ce que c'est que le prochain envers lequel la charité doit être pratiquée , c'est-à-dire que ce sont tous ceux qui existent dans l'univers, mais chacun d'eux néanmoins avec différence : ces Doctrinaux aujourd'hui sont entièrement perdus, et sont remplacés par les doctrinaux delà foi, dont les Anciens ne faisaient respectivement aucun cas : ces Doctrinaux, savoir, ceux de l'amour pour le Seigneur et de la charité envers le prochain, ont été rejetés aujourd'hui en partie par ceux qui , dans la Parole, sont appelés Babyloniens et Chaldéens , et en partie par ceux qui sont appelés Philistins et aussi Égyptiens , et ils ont été tellement détruits , qu'il en reste à peine un vestige ; en effet, qui est-ce qui connaît aujourd'hui ce que c'est que la Charité exercée sans aucune considération pour soi-même , et avec aversion pour tout ce qui a rapport à soi ? Et qui est-ce qui connaît ce que c'est que le prochain; qu'il se compose de tous les hommes avec différence selou la qualité et la quantité du bien qui est chez eux ; qu'ainsi il est le bien même , par conséquent, dans le sens suprême le Seigneur Lui-Méme, parce que le Seigneur est dans le bien et que le bien vient de Lui, et que le bien qui ne procède pas de Lui n'est pas un bien , de quelque manière qu'il le paraisse? Et comme on ue sait pas ce que c'est que la charité, ni ce que c'est que le prochain, on ne sait pas qui sont ceux que la Parole désigne par les Pauvres, les Misérables, les Indigents, les Malades, les Affamés et les Altérés, les Opprimés, les Veuves , les Orphelins, les Captifs, les Nuds, les Voyageurs, les Aveugles, les Sourds, les Boiteux, les Manchots, et autres semblables, lorsque cependant les doctrinaux des Anciens enseignaient qui étaient ceux là, et à quelle classe du Prochain, et par conséquent de la Charité , ils appartenaient; toute la Parole est, quant au sens de la lettre , selon ces Doctrinaux, c'est pourquoi celui qui ne les connaît pas ne peut jamais savoir aucun sens intérieur de la Parole; par exemple, dans Esaïe : « N'est-ce pas de rompre ton pain à Y Affamé, et » que tu introduises à la maison les Affligé* exilé* . que quand tu » vois un IV u, tu le couvres, et que tu ne te caches point de (a » chair? Alors éclatera comme l'aurore ta lumière, et ta santé aus-

» sitôt germera, et devant toi marchera ta justice, la gloire de » Jébovah te recueillera. »— LV1II. 7, 8 ;— celui qui presse le sens de la lettre croit que, si seulement il donne du pain à celui qui a faim, s'il reçoit dans sa maison les affligés exilés ou errants, et s'il donne des vêtements à celui qui est nu , il entrera pour cela dans la gloire de Jéhovah ou dans le ciel, lorsque cependant ces œuvres sont seulement externes , et que les impies peuvent les faire aussi de même pour mériter; mais les Affamés, les Affligés et les Nuds, signifient ceux qui sont tels spirituellement , ainsi différents états de la misère dans laquelle est l'homme qui est le prochain envers lequel la charité doit être exercée. Dans David : « Jéhovah qui fait le

> jugement aux Opprimés , qui donne le pain aux Affamés; Jého- » vah qui délie les Enchainés; Jéhovah qui ouvre (les yeux) des » Aveugles; Jéhovah qui redresse les Courbés; Jéhovah qui aime » les justes; Jéhovah qui garde les Voyageurs; il soutient YOrphei Un et la Veuve. »— Ps. CXLVI. 7, 8, 9;— là, parles Opprimés, les Affamés, les Enchaînés , les Aveugles, les Courbés, les Voyageurs, l'Orphelin et la Veuve, sont entendus non ceux qui sont appelés ainsi, mais ceux qui sont tels quant aux spirituels, ou quant à leurs âmes; les Doctrinaux des Anciens enseignaient qui étaient ceux-là, et dans quel état et quel degré ils étaient des Prochains, ainsi quelle charité devait être exercée envers eux : outre ces passages, partout ailleurs dans l'Ancien Testament il en est question, car lorsque le Divin descend dans le naturel chez l'homme, il tombe dans de telles choses, qui sont les œuvres de la charité, avec différence selon les genres et les espèces : le Seigneur s'est aussi exprimé pareillement, parce qu'il parlait d'après le Divin Même ; comme dans Matthieu : « Le Roi dira à ceux qui (seront ) à sa droite : Ve- » nez, vous, bénis de mon Père, possédez le Royaume préparé » pour vous ; car j'ai eu faim , et vous M'avez donné à manger ; » l'ai eu soif, et vous M'avez donné à boire ; j'ai été voyageur , et » vous M'avez recueilli ; j'ai été Nu, et vous m'avez vêtu ; j'ai été

> Malade, et vous M'avez visité ; j'ai été en prison, et vous êtes » venus vers Moi. » — XXV. 34, 35, 36; — les œuvres rapportées dans ce passage signifient les Genres universels de Charité , et dans quel degré se trouvent les biens ou les bons, qui sont les Prochains envers lesquels la charité doit être exercée, et que le Seigneur, dans

hî sens suprême, est le Prochain, car il dit : a En tant que vous avez » fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères , vous Me » les avez faites. » — Ibid. Vers. 40. D'après ce peu d'explications on peut voir ce qui est entendu par les Vrais chez les Anciens; mais que ces Vrais aient été entièrement détruits par ceux qui sont dans les Doctrinaux de la fdi et non dans- la vie de la charité, c'est-àdire par ceux qui, dans la Parole, sont appelés Philistins, c'est ce qui est signifié par les Philistins qui avaient bouché les puits après la mort d'Abraham , et dont il va être question maintenant.

3420. Qu'avaient bouchés les Philistins après la mort d'Abraham, signifie que ceux qui étaient dans la science seule des connaissances les niaient : on le voit par la signification de boncher, en ce que c'est vouloir ne pas savoir, ou, ce qui est la même chose, nier, ainsi oblitérer, N° 3412; et par la représentation des Philistins, en ce que ce sont ceux qui sçnt dans la science seule des connaissances, N°* 1197, 1198, 3412, 3413. Ceux qui sont dans les doctrinaux de la foi et veulent ne pas savoir les vrais des connaissances ou des doctrinaux, voilà ceux qui sont dans la science des connaissances ; les vrais des connaissances ou des doctrinaux

sont ceux qui appartiennent à la vie et concernent la charité envers ; le prochain et l'amour pour le Seigneur ; la doctrine à laquelle appartiennent les doctrinaux et lès connaissances les enseigne seulement : celui donc qui enseigne ce qu'il faut faire et ne fait pas, veut ne pas savoir les vrais, car ils sont opposés à sa propre vie, et ce qui «st opposé à sa vie, il le nie aussi : c'est de là que les doctrinaux de l'amour et de la charité», qui étaient le tout de la doctrine dans l'Ancienne Eglise, ont été oblitérés.

3421. Et il les appela de noms, signifie leur qudlité : on le voit : par la signification d'appeler de noms en ce que c'est la qualité,

N°* 144, 145, 1754, 1896, 2009, 2724, 3006, 3237; et comme appeler de noms ou appeler du nom signifie la qualité, voilà pourquoi Appeler, sans qu'il soit ajouté du nom, signifie, dans le sens interne de la Parole, être tel, comme dans Esaîe : « Ecoutez ceci, « maison d'Israël, ceux qui sont appelés du nom d'Israël, et qui « sont sortis des eaux de Juda ; parce qu'ils sont appelés d'après la « ville de sainteté, et qu'ils s'appuient sur le Dieu d'Israël : » — XLVIII. 1, 2 ; — là, être appelés d'après la ville de sainteté, signifie

488 AKCAîSES CÉLESTES.

être tels : et dans Luc : « Tu concevras dans l'utérus, et tu enfan- ■ teras un fils, et tu appelleras son nom Jésus; celui-ci sera grand. t et il sera appelé Fils du Très-Haut. » — I. 31, 32; — être appelé Fils du Très-Haut signifie l'Être.

3422. Comme tes noms dont les avait appetes son père, signifie tes significatifs du vrai : cela est évident en ce que les noms qui étaient donnés, dans les temps anciens, aux personnes, aux lieux, aux choses, étaient tous signifleatifs, voir N°* 340, 1946, 2643 ; ainsi, ceux qui étaieiit donnés aux fontaines et aux puits étaient significatifs des choses qui étaient autrefois entendues par les fontaines et les puits ; que ces choses appartenaient au vrai, cela a été montré N°* 2702, 3096; et parce que les noms étaient significatifs, le nom ou appeler du nom signifie aussi en général la qualité ou de la chose ou de l'état, ainsi qu'il vient d'être dit N° 3421 ; et parce qu'il en est ainsi, les noms, dans la Parole, ne signifient pas dans le sens iuterne quelque personne, ou quelque nation, ou quelque royaume, ou quelque ville, mais ils signifient partout une chose. Chacun peut conclure qu'ici par les puits il est signifié quelque chose de céleste; car, si cela n'était pas, il ne serait pas digne de la Parole Divine, d'entrer dans tant de détails sur des puits, parce qu'il ne serait d'aucune utilité de savoir que les Philistins bouchèrent les puits qu'avaient creusés les serviteurs d'Abraham; que lischak les recreusa et leur donna des noms comme leurs premiers noms; qu'ensuite les serviteurs de lischak creusèrent dans la vallée un puits pour lequel les bergers se querellèrent; qu'ils en creusèrent de nouveau un autre pour lequel ils se querellèrent encore; que plus tard ils en creusèrent un autre pour lequel il n'y eut point de querelle, et de nouveau un autre; et qu'enfin on lui donna des indications sur un nouveau puits, — Vers. 15, 18, 19, 20, 21, 22, 25, 32, 33 ; — mais le céleste, qui est signifié par ces puits, est maintenant mis en évidence par le sens interne.

3423. Vers. 19, 20, 21. Et tes serviteurs d' lischak creusèrent dans la vallée, et ils trouvèrent là un puits d'eaux vives. Et les bergers de Gérar se querellèrent avec.tes bergers de liscliak, en disant : à nous les eaux; et il appela te nom du puiu, Esek, parce qu'ils avaient contesté avec lui. Et Us creusèrent un autre puits, et ils se querellèrent aussi sur lui, et il appela son nom SithnaA. —

Les serviteurs de Hschak creusèrent dans ta vallée, et ils trouvèrent là un puits d'eaux vives, sigoific la Parole quant au sens littéral dans lequel est le sens interne : et les bergers de Gèrar se querellèrent avec les bergers de Jischak, signiBe que ceux qui enseignent n'y voyaient pas un tel sens, parce qu'il y a des choses qui paraissent opposées : en disant : à nous les eaux, signifie qu'ils sont dans le vrai : et il appela le mm du puits, Esek, parce qu'ils avaient contesté avec lui, signifie la négation pour ces choses et aussi pour d'autres, parce qu'elles sont contre eux, et pour plusieurs autres : et ils creusèrent un autre puits, et ils se querellèrent aussi sur lui, signifie le sens interne de la Parole, s'il existe : et il appela son nom, Sithnah, signifie leur qualité.

3û2â. Les serviteurs de I iscluik creusèrent dans la vallée, et ils trouvèrent là un puits d'eaux vives, signifie la Parole quant au seîis littéral dans lequel est le sens interne : on le voit par la signification de creuser dans la vallée, en ce que c'est chercher intérieurement, suivaut les vrais, où ils sont ; car creuser c'est chercher ; et la vallée, c'est l'inférieur, N" 1723, 3417; et par la signification du puits d'eaux vives, en ce que c'est la Parole dans laquelle sont les Vrais Divins, ainsi la Parole quant au sens littéral dans lequel est le sens interne ; que la Parole soit appelée Source, et même Source des eaux vives, cela est notoire ; si la Parole est aussi appelée puits, cela vient de ce que le sens de la lettre est respectivement tel, et de ce que la Parole respectivement aux Spirituels est un puits et non une source, voir N" 2702, 3096 ; puisque la Vallée est ce qui est inférieur, ou en d'autres termes, ce qui est extérieur, et que la • source a été trouvée dans la vallée, et puisque le sens littéral est le sens inférieur ou extérieur de la Parole, c'est donc le sens littéral qui est entendu ; mais comme dans ce sens il y a le seus interne, c'est-à-dire, le sens Céleste et Divin, c'est pour cela que les Eaux de ce puits sont appelées vives, ainsi que furent de même appelées les Eaux qui sortaient de dessous l'entrée de la Nouvelle Maison, dans Ezéchiel : « Et il arrivera que toute âme vivante qui rampe « partout où vient te torrent, vivra ; et le poisson sera très nom- « breux, parce que ces eaux viennent là, et elles sont rendues « saines, et tout vit là où vient te torrent. » — XLVII. 819 ; — là, le torrent est la Parole ; les eaux qui font que tout vit sont les Divins

Vrais qu'elle renferme; le poisson , ce sont les scientifiques. N°* 40, 991. Que la Parole du Seigneur soit telle, qu'elle donne la vie à celui qui a soif, c'est-à-dire, à celui qui désire la vie, et qu'elle soit une source dont les eaux sont vives, c'est aussi ce que le Seigneur enseigne dans Jean : « Jésus dit à la femme de Samarie auprès du « puits de Jacob : si lu connaissais le don de Dieu, et qui est celui « qui te dit : donne-Moi à boire, tu lui {en) demanderais, et il te « donnerait une eau vive. Celui qui boira de l'eau que Je lui don- « nerai n'aura point soif durant l'éternité, mais Veau que je lui « donnerai deviendra en lui une source d'eau jaillissante durant la « vie éternelle. » — IV. 10, 14 : — si la Parole est vivante et donne par conséquent la vie, cela vient de ce que, dans le sens suprême, il y est traité du Seigneur, et que dans le sens intime il s'agit de son Royaume, dans lequel le Seigneur est tout ; et parce qu'il en est ainsi, c'est la vie même qui est dans la Parole, et qui influe dans les mentais de ceux qui lisent avec sainteté la Parole; c'est de là que le Seigneur dit qu'il est, quant à la Parole qui procède de Lui, une source d'eau jaillissante durant la vie éternelle, voir aussi N° 2702. Que la Parole du Seigneur soit appelée aussi puits, de même qu'elle est appelée source, on le voit dans Moïse : « Israël chanta ce canti- « que : monte, puits! répondez-lui : le puits, les princes Vont foui, « les premiers du peuple l'ont creusé, sous le Législateur, avec « leurs bâtons. » — Nomb. XXI. 17, 18; — ces paroles ont été prononcées à l'endroit nommé Béer, c'est-à-dire à l'endroit du puits ; que dans ce passage le puits signifie la Parole de l'Ancienne Eglise, dont il a été parlé N* 2897, on le voit clairement par ce qui a été dit dans ce N*; les princes sont les vrais principaux dont se compose la Parole ; que les princes soient les vrais principaux, on le voit N- 1482, 2089; les premiers du peuple sont les vrais inférieurs, tels que sont ceux que contient le sens littéral, N01 1259, . 1200, 2928, 3295, que le Législateur soit le Seigneur, cela est évident; les bâtons sont les puissances renfermées dans les vrais inférieurs.

3425. Les bergers de Gèrar se querellèrent avec les bergers de Hschak, signifient que ceux qui enseignent n'y voyaient pas un tel sens, parce qu'il y a des c/toses qui paraissent opposées : cela est évident par la signification de se quereller, quand il s'agit du sens

interne de la Parole, en ce que c'est nier qu'il y ait un tel sens en disant par conséquent qu'on ne le voit pas ; par la signification des bergers, eu ce qu'ils sont ceux qui enseignent, Nw 343 ; et par la signification de Gérar , en ce que c'est la foi , N°* 1209, 2504, 3365, 3384 ; ainsi, les bergers de la vallée de Gérar sont ceux qui ne reconnaissent que le sens littéral de la Parole : s'ils ne voient pas un tel sens, savoir, quelque sens intérieur, c'est parce qu'il y 'a des choses qui paraissent opposées, savoir celles qui sont dans le sens interne et celles qui sont dans le sens littéral; mais de ce qu'il y a des choses qui paraissent opposées, il n'en résulte pas qu'elles soient opposées, mais elles correspondent tout-à-fait ; si elles paraissent opposées, (f est parce que ceux qui voient ainsi la Parole sont eux-mêmes dans l'opposé; il en est de cela comme de l'homme qui est en lui-même dans l'opposé, c'est-à-dire, dont l'homme Externe ou Naturel est tout-à-fait en dissidence avec son homme Interne ou Spirituel, il voit les choses qui appartiennent à son homme Interne ou Spirituel comme si elles lui étaient opposées, tandis que cependant c'est lui-même, quant à son homme Externe ou Naturel, qui est dans l'opposé, et s'il n'était pas dans l'opposé, mais que son homme Externe ou naturel fût subordonné à son homme Interne ou spirituel, ces deux hommes correspondraient tout-à-fait; par exemple : celui qui est dans l'opposé, croit qu'il faut renoncer aux richesses, et à toutes les voluptés du corps et du monde, ainsi aux plaisirs de la vie, pour recevoir la vie éternelle, car ces plaisirs sont regardés comme opposés à la vie spirituelle; néanmoins, en euxmêmes ils ne sont pas opposés, mais ils correspondent; car ils sont les moyens d'une fin, savoir, pour que l'homme Interne ou Spirituel puisse en jouir, afin d'exercer les biens de la charité, et en outre pour qu'il vive content dans un corps sain; ce sont les fins qui font uniquement que l'homme Interne et l'homme Externe sont ou opposés, ou en correspondance; ils sont opposés, quand les richesses, les voluptés et les plaisirs, dont il vient d'être parlé, deviennent les fins, car alors il méprise et dédaigne les spirituels et les célestes qui appartiennent à l'homme Interne, et même il les rejette; mais ils sont en correspondance, quand ces richesses, ces voluptés et ces plaisirs ne deviennent point des fins, mais sont des moyens pour des fins supérieures, savoir, pour des choses qui con-

m AftCANES CÉLESTES.

cernent la vie après la mort , ainsi le Royaume céleste , et le Seigneur Lui-Même ; alors les corporels et les mondains lui paraissent à peine quelque chose relativement, et quand il y pense, il les considère seulement comme des moyens pour les fins; de là, il est évident que ces choses qui paraissent opposées ne sont pas en ellesmimes opposées, mais qu'elles paraissent opposées, parce que les hommes sont dans l'opposé : ceux qui ne sont pas dans l'opposé agissent, parlent, recherchent les richesses et aussi les voluptés, de la môme manière que ceux qui sont dans l'opposé, au point même qu'on peut à peine les distinguer par la face externe ; cela vient de ce que ce sont les lins seules qui constituent la distinction, ou, ce qui est la même chose, ce sont les amours seuls, car les amours sont les fins; mais quoiqu'ils paraissent semblables par la forme externe ou quant au corps, cependant toujours est-il qu'ils sont absolument dissemblables par la forme interne ou quant à l'esprit; l'Esprit de celui qui est dans la correspondance, c'est-àdire, chez qui l'homme Externe correspond à l'homme Interne, est resplendissant et beau, tel qu'est l'amour céleste dans une forme; au contraire, l'Esprit de celui qui est dans l'opposé, c'est-à-dire, chez qui l'homme Externe est opposé à l'homme Interne, quelque ressemblable qu'il ait quant à l'externe avec l'autre, est noir et difforme, tel qu'est l'amour de soi et du monde, c'est-à-dire, tel qu'est le mépris pour les autres et telle qu'est la haine, dans une forme. Il en est de même d'un très grand nombre de choses qui sont contenues dans la Parole, savoir, en ce que celles qui sont dans le sens littéral paraissent opposées à celles qui sont dans le sens interne, tandis que cependant elles ne sont nullement opposées, mais correspondent parfaitement ; par exemple, il est dit très souvent, dans la Parole, que Jéhovah ou le Seigneur se met en colère, s'emporte, dévaste, jette daus l'enfer, tandis que cependant il ne se met nullement en colère, et à plus forte raison ne jette personne dans l'enfer; l'un appartient au sens de la lettre, l'autre appartient au sens interne ; les deux paraissent opposés, mais cela vient de ce que l'homme est dans l'opposé; il en est de cela comme de ce fait, que le Seigneur apparaît comme Soleil aux anges qui sont dans le ciel, et par suite comme une chaleur semblable à celle du printemps et comme une lumière semblable à celle de l'aurore, tandis qu'il apparaît aux

esprits infernaux comme quelque chose d'absolument opaque, et par

suite comme un froid semblable à celui de l'hiver et comme une obscurité semblable à celle de la nuit; il apparaît par conséquent aux Anges dans l'amour et la charité, et aux esprits infernaux dans la haine et dans l'iuimitié; ainsi, il semble a ceux-ci, selon le sens de la lettre, qu'il se met en colère, s'emporte, dévaste, jette dans l'enfer, tandis que ceux-là, selon le sens interne, reconnaissent qu'il ne se met nullement en colère ni ne s'emporte, et qu'à plus forte raison il ne dévaste ni ne jette dans l'enfer ; lors donc qu'il s'agit, dans la Parole, de choses qui sont contraires au Divin, elle ne peuvent se montrer ainsi que selon l'apparence; c'est même le Divin, que les méchants changent en diabolique, qui fait cette apparence; c'est aussi pour cela qu'autant les méchants s'approchent du Divin, autant ils se précipitent dans des tourments infernaux. Il en est de même de ces paroles du Seigneur dans l'Oraison qu'il a donnée : « Ne nous induis point en tentation, » le sens selon la lettre, c'esi que le Seigneur induit en tentation, mais le sens interne est qu'il n'induit personne en tentation, comme on le sait bien, l'oir N° 1875 ; il en est de même des autres choses qui appartiennent au sens littéral de la Parole.

3426. En disant: A nous les eaux, signifie qu'ils sont (tans h vrai, ou qu'ils possèdent les vrais : on le voit par la signification des eaux, en ce que ce sont les connaissances, et aussi les vrais, N°* 28, 680, 739, 2702, 3058.

3427 Et il appela le nom du puits, Esek , parée qu'ils avaient conteste" avec lui, signifie la négation pour ces choses et aussi pour d'autres, parce qu'elles sont contre eux, et pour plusieurs autres : cela est évident en ce que les noms, qu'on donnait anciennement, étaient significatifs de la chose ou de l'état, Nu 3422, de là on pouvait se rappeler plusieurs circonstances qui les concernaient et principalement les qualités qu'ils avaient ; ici, comme les bergers de Gérar s'étaient querellés avec les bergers de Iischak, on avait donné au puits un nom qui indiquait cette circonstance : que se quereller ou contester signilic aussi nier, on le voit \ 3425; de là le nom d'Esck, qui dans la langue originale signifie contestation ou querelle, et est tiré d'un mot avec lequel il a de l'affinité et qui signifie oppression et injure; et comme ici le Puits signifie la Parole, quant

m ARCANES CÉLESTES.

au sens littéral dans lequel est le sens interne, Esck ou la contesta-' tion signifie la négation du sens interne de la Parole ; les raisons pour lesquelles ils nient se trouvent aussi dans le même mot, que ce soit pour ces choses dont il vient d'être parlé N° 3425, savoir, parce qu'il y a des choses qui paraissent opposées, cela est évident; et il est clair aussi que c'est pour d'autres choses. Voici ce qui arrive au sujet du sens interne de la Parole : ceux qui sont dans la science seule des connaissances et sont appelés Philistins, et ceux qui sont dans les seuls doctrinaux de la foi et sont appelés bergers de la vallée de Gérar, sans être dans aucune charité envers le prochain , ne peuvent en aucune manière faire autrement que de nier qu'il y ait un sens interne de la Parole ; les raisons principales sont qu'ils ne reconnaissent pas le Seigneur dans le fond de leur cœur, quoiqu'ils Le confessent de bouche, et n'aiment pas non plus de cœur le prochain, quoiqu'ils expriment de l'amour envers lui; or celui qui ne reconnaît pas de cœur le Seigneur et n'aime pas de cœur le prochain ne peut en aucune manière faire autrement que de nier le sens interne de la. Parole, car la Parole dans le sens interne ne traite pas d'autre chose que de l'Amour pour le Seigneur et de l'amour envers le prochain ; c'est pourquoi le Seigneur dit que de ces deux commandements dépendent la Loi et les Prophètes, c'est-à-dire toute la Parole, — Matth. XXII. 35, 36, 37, 38: — il m'a même été donné de voir jusqu'à quel point, dans l'autre vie, de tels gens nient le sens interne de la Parole ; quand je rappelais seulement devant eux que la Parole contient un sens interne qui ne se montre pas dans son sens littéral, et qu'il traite de l'amour pour le Seigneur et envers le prochain, je percevais alors en eux non-seulement la négation, mais aussi le dégoût, et même ce dégoût qui cause des nausées : c'est là la raison la plus importante : la seconde, c'est qu'ils renversent entièrement la Parole , en plaçant en haut ce qui est en bas, ou ce qui est la même chose, en plaçant avant ce qui est après; car ils établissent que la Foi est l'Essentiel de l'Eglise, et que les choses qui appartiennent à l'amour pour le Seigneur et à l'amour envers le prochain sont les fruits de la foi ; et cependant voici ce qu'il en est : si l'amour pour le Seigneur est comparé à l'arbre de vie dans le jardin d'Eden , la Charité et ses œuvres en sont les fruits, mais la foi et tout ce qui appartient à la foi n'en

sont que les feuilles ; lors donc qu'ils renversent ainsi la Parole, au point de tirer les fruits non de l'arbre mais des feuilles, il n'est pas

étonnant qu'ils nient le sens interne de la Parole, et qu'ils ne reconnaisssent que son sens littéral , car d'après le sens littéral on peut, comme on le sait fort bien, confirmer un dogme quelconque, même le dogme le plus hérétique. En outre encore, ceux qui sont dans les seuls doctrinaux de la foi, et non dans le bien de la vie, ne peuvent être que dans une foi persuasive, c'est-à-dire, dans des principes arrêtés aussi bien faux que vrais, et par conséquent ne peuvent être que stupides eu égard aux autres, car autant quelqu'un est dans la foi persuasive, autant il est stupkle; mais autant quelqu'un est dans le bien de la vie, c'est-à-dire, dans l'amour pour le Seigneur et dans la charité envers le prochain, autant il est dans l'intelligence, c'est-à-dire, dans la foi par le Seigneur; c'est de là aussi que ceux-là ne peuvent être que dans le négatif sur le sens interne de la Parole, tandis que ceux-ci ne peuvent être que dans l'affirmatif ; car chez ceux qui sont dans les doctrinaux seuls et non dans le bien de la vie, les intérieurs sont fermés au point que la lumière du vrai qui procède du Seigneur ne peut influer ni leur faire apercevoir que cela est ainsi ; mais chez ceux qui sont dans l'amour pour le Seigneur, les intérieurs sont ouverts au point que la lumière du vrai qui procède du Seigneur peut influer, affecter leurs mentais et leur faire apercevoir que cela est ainsi. Il y a aussi cette raison, que les premiers n'ont, dans la lecture de la Parole, d'autre plaisir que d'acquérir par la Parole des honneurs et des richesses et la réputation qui en résulte, plaisir qui est le plaisir de l'amour de soi et du monde; et cela, à un tel point que s'ils n'en retirent ces avantages, ils rejettent entièrement la Parole : ceux qui sont tels nient dans leur cœur non-seulement le sens interne de la Parole, quand ils en entendent parler, mais encore son sens littéral lui-même, quoiqu'ils s'imaginent qu'ils y croient; celui, en effet, qui a pour fin le plaisir de l'amour de soi et du inonde, rejette entièrement de son cœur toutes les choses qui appartiennent à la vie éternelle, et ce n'est que d'après son homme naturel et corporel qu'il parle de ces choses, qu'il dit être vraies, non à cause du Seigneur et du Royaume du Seigneur, mais à cause de soi-même et des siens. Ces raisons et plusieurs autres font que ceux qui sont nommés

les bergers de la vallée de Gérar, et ceux qui sont appelés Philistins, nient le sens interne de la Parole.

3428. Et ils creusèrent un autre puits et ils se querellèrent aussi sur lui, signifie le sens interne de la Parole, s'il existe : on peut le voir d'après la signification à'un autre puits, et de se querelier, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, par conséquent d'après la série ; en effet, quand ceux qui nient quelque chose, comme ceux qui nient le sens interne de la Parole, se querellent ou contestent de nouveau, ce ne peut être pour autre chose que pour savoir si cela existe ou non. Il est notoire que la plupart des contestations aujourd'hui ne vont pas plus loin ; mais tant qu'on s'arrête à la controverse, si telle chose est et si elle est de telle manière, on ne peut jamais faire aucun progrès dans ce qui appartient à la sagesse ; en effet, dans la chose même sur laquelle on est en controverse, il y en a d'innombrables qu'on ne peut nullement voir, tant qu'on ne la reconnaît pas, car alors on les ignore toutes en même temps tant en général qu'en particulier ; l'érudition d'aujourd'hui va à peine au-delà de ces limites, c'est-à-dire, si telle chose est et si elle est de telle manière ; c'est pour cela aussi qu'on se tient en dehors de l'intelligence du vrai ; par exemple, celui qui discute seulement sur l'existence du sens interne de la Parole, ne peut nullement voir les choses innombrables et même indéfinies qui sont dans le sens interne : par exemple encore, celui qui met en contestation si la charité est quelque chose dans l'Église, et si tout ce qui appartient à la charité ne proviendrait pas de la foi, ne peut pas connaître les choses innombrables et même indéfinies qui sont dans la charité ; bien plus il reste même dans une complète ignorance sur ce que c'est que la charité : il en est de même de la vie après la mort, de la résurrection des morts, du jugement dernier, du ciel et de l'enfer, ceux qui se bornent à disputer sur l'existence de ces choses , sont, tant que dure leur dispute, hors des portes de la sagesse, et ils ressemblent à ceux qui frappent à la porte et ne peuvent pas même porter leurs regards dans les magnifiques palais de la sagesse ; et. ce qu'il y a de surprenant, ceux qui agissent ainsi se croient plus sages que les autres, et d'autant plus sages qu'ils peuvent mieux disserter si telle chose est ainsi, et confirmer davantage qu'elle n'est pas ainsi, tandis que cependant les simples qui sont dans le bien,

et qu'ils méprisent, peuvent, sans aucune discussion et à plus forte raison sans docte controverse , apercevoir sur-le-champ que cette chose est et quelle est sa qualité ; ceux-ci ont le sens commun de l'aperception du vrai, tandis que ceux-là ont étouffé ce sens, en voulant d'abord discuter si la chose est ou n'est pas ; le Seigneur parle des uns et des autres, quand il dit que ces choses ont été cachées aux sages et aux intelligents et révélées aux enfants, — Matth. XI. 25. Luc, X. 21.

3429. Et il appela son nom, Sithnah, signifie leur qualité : on le voit par la signification Rappeler le nom, en ce que c'est la qualité, N" 144, 145, 1754, 1896, 2009, 2724, 3006, 3421 ; et par la signification de Sithnah, en ce que, dans la langue originale, ce mot désigne l'aversion qui est un degré ultérieur de négation.

3430. Vers. 22, 23. Et il se transporta de là, et il ereusa un autre puits, et ils ne se querellèrent point sur lui, et il appela son nom Rêehoboth ; et il dit : parce que maintenant Jéhovah nous a fait élargir, et nous serons fructifiés dans la terre. Et il monta de là à Béer&chébah. — // se transporta de là, signifie vers les inférieurs encore : cl il creusa un autre puits, et ifs ne se querellèrent point sur lui, signifie le sens littéral de la Parole: et il appela son nom Réchoboth, signifie la qualité qui en provient quant au vrai : et il dit : parce que ?nain tenant Jéhovah nous a fait élargir, signifie les accroissements du vrai provenant de là : et nous serons fructifiés dans la terre, signifie les accroissements du bien provenant de là : et il monta de là à Béerschébah, signifie que de là procède la Doctrine Divine de la foi.

3431. // se transporta de là, signifie vers les inférieurs encore : on le voit par la signification de se transporter, en ce que c'est vers d'autres choses qui suivent en série, ici donc vers les vrais inférieurs ou extérieurs, parce que jusqu'ici il a été question en ordre des vrais supérieurs ou intérieurs ; les vrais inférieurs ou extérieurs sont ceux qui, dans le sens littéral de la Parole, se montrent adéquats à la compréhension de l'homme naturel; il s'agit maintenant de ces vrais.

3432. Et il creusa un autre puits et ils ne querellèrent point sur lui, signifie le sens littéral de la Parole : on le voit par la signification du puits, en ce que c'est la Parole, N" 3072, 3096, 3424 ; ici,

AKCANES CELESTES.

la Parole quant au sens littéral, car il est dit qu'il se transporta de là et creusa un puits, et qu'ils ne se querellèrent point sur lui, ce qui signifie ce sens de la Parole, qui est extérieur et qu'ils ne nient pas, ce sens est celui qui est appelé littéral. Le sens littéral de la Parole est triple, savoir, Historique, Prophétique et Doctrinal, chacun de ces sens est tel qu'il peut être saisi même par ceux qui sont dans les externes. Voici ce qu'il en est de la Parole : Dans le temps Très-Ancien, lorsque l'Église était Céleste, il n'y avait pas de Parole, car l'homme de cette Eglise avait la Parole inscrite dans son cœur; en effet, le Seigneur leur enseignait immédiatement par le Ciel ce que c'est que le bien et par suite ce que c'est que le vrai, et il leur donnait de percevoir l'un et l'autre d'après l'amour et la charité et de les savoir d'après la révélation ; le Seigneur était pour eux la Parole elle-même. A cette Église il en a succédé une autre qui fut non pas céleste, mais spirituelle; celle-ci, dans le commencement, n'a pas eu d'autre Parole que ce qui avait été rassemblé par les Très-Anciens, cette Parole était le Représentatif du Seigneur et le Significatif de sou Royaume ; ainsi le Sens Interne était pour eux la Parole même ; qu'ils aient eu aussi une Parole écrite, tant Historique que Prophétique, qui n'existe plus, et dans laquelle il y avait pareillement un sens interne qui se rapportait au Seigneur, on le voit N° 2686 ; de là la sagesse de ce temps consistait non-seulement à parler mais aussi à écrire par des représentatifs et des significatifs, au-dedans de l'Église sur les choses Divines, et hors de l'Église sur les autres choses, comme cela est évident par les écrits de ces anciens, que nous possédons : mais, par la suite des temps, cette sagesse a péri, au point qu'on ne savait plus enfin qu'il existât quelque sens interne, même dans les Livres de la Parole ; telle était la nation Juive et Israélite, elle regardait comme sainte la Parole prophétique, parce qu'en elle retentissait quelque chose d'antique, et qu'ils entendaient le nom de Jéhovah dans le sens de la lettre, ne croyant pas que quelque chose de plus profondément Divin y fût caché ; le Monde Chrétien ne pense pas non plus d'une manière plus sainte sur la Parole. D'après ce qui précède, on peut voir comment, par la suite des temps, la sagesse s'est retirée des intimes vers les extimes, et comment l'homme s'est éloigné du ciel et est enfin descendu jusqu'à la poussière de la terre, dans laquelle il place

la sagesse. Gomme il en a été ainsi de la Parole, savoir, en ce que son sens interne a été successivement oblitéré, et aujourd'hui, à un tel point qu'on ne sait pas qu'il existe, tandis que cependant il est la Parole même dans laquelle le Divin est le plus près, c'est pour cela que ses états successifs sont décrits dans ce Chapitre.

3433. Et il appela son nom, Réchoboth, signifie la qualité qui en provient quant au vrai : on le voit par la signification $ appeler le nom, en ce que c'est la qualité, N°» 144, 145, 1754, 1896, 2009, 2724, 3006, 3421 ; et par la signification de Réchoboth, en ce que ce sont les vrais, car Réchoboth* dans la langue originale, signifie les largeurs, et les largeurs dans le sens interne de la Parole sont les vrais, ainsi qu'il a été montré, N° 1613.

3434. Et il dit : Parce que maintenant Jéhovah nous a fait élargir, signifie les accroissements du vrai provenant de là : on le voit par la signification de la Largeur, en ce que c'est le vrai, ainsi qu'il vient d'être dit, N* 3433; de là s'élargir c'est recevoir les accroissements du vrai.

3435. Et nous serons fructifiés dans la terre, signifie les accroissements du bien provenant de là : cela est évident par la signification d'être fructifié, en ce que ce sont les accroissements du bien ; être fructifié se dit du bien, et être multiplié se dit du vrai, comme on le voit, N0' 43, 55, 913, 983, 284$, 2847 ; et par la signification de la terre, en ce que c'est l'Église, et tout ce qui concerne l'Église, N°*662, 1066, 1067, 1262, 1733, 1850, 2928, 3355.

3436. Et il monta de là à Béerschébah, signifie que de là procède la Doctrine Divine de la foi: on le voit par la signification de Béerschébah, en ce que c'est la Doctrine Divine de la foi, N0f 2723,

! 2858, 2859: la Docrine de la foi, qui est signifiée ici par Béerschébah, est le sens littéral même de la Parole, car la Parole est la Doctrine elle-même ; et quoique la Parole quant au sens littéral soit telle, qu'on puisse y puiser des vrais, elle est telle aussi, que de là peuvent être confirmées des choses qui ne sont pas des vrais, comme il est notoire d'après les hérésies : toutefois celui qui lit la Parole d'après la fin d'être sage, c'est-à-dire, de faire le bien et de comprendre le vrai, est instruit selon sa fin et selon son affection, car le Seigneur influe sans qu'il le sache, il illustre son mental, et là où il est arrêté, il lui donne l'entendement d'après d'autres passages ;

en outre, Celui qui est dans le bien simple, et qui croit avec simplicité à la Parole selon son sens littéral , est gratifié de la faculté de percevoir les vrais, quand il est instruit par les Anges dans l'autre vie; et en attendant, le petit nombre de vrais, qui sont chez lui, sont vivifiés par la charité et par l'innocence, et lorsque celles-ci sont en lui, les faux qui s'étaient aussi répandus dans l'ombre de son ignorance, ne nuisent point, car ils ne sont pas adjoints au bien, mais ils sont détournés de là pour ainsi dire sur les circonférences et peuvent ainsi être facilement repoussés : mais il en est autrement de ceux qui ne sont pas dans le bien de la vie ; chez eux, les faux qu'ils ont extraits de la Parole par une funeste interprétation, tiennent le milieu ou pour ainsi dire le centre, et les vrais occupent le circuit ou les circonférences, c'est pourquoi ce sont les faux qui sont adjoints au mal de leur vie, et les vrais sont dissipés.

3437. Vers. 24, 25. Et Jéhovah lui apparut dans cette nuit, et il dit: (je suis) Moi te Dieu d'Abraham ton père; ne crains point, car avec toi (je suis) Moi; et je te bénirai, et je fprai multiplier ta semence à cause d'Abraham mon serviteur. Et il bâtit là un autel, et il invoqua le Nom de Jéhovah, et il y tendit sa tente; et tes serviteurs de lischak y creusèrent un puits. — Et Jéhovah lui apparut dans cette nuit, et il dit, signifie la perception du Seigneur sur cet obscur: (je suis,) Moi, le Dieu d'Abraham ton père, ne crains point, car avec toi (je suis) Moi, signifie que le Divin aussi était là : et je te bénirai, et je ferai multiplier ta semence, signifie que de là il y aura accroissement du bien et du vrai : à cause d'Abraham mon serviteur, signifie d'après le Divin Humain du Seigneur: Et il bâtit là un autel, signifie le significatif et le représentatif du Seigneur: et il invogua le nom de Jéhovah, signifie le culte qui en provient: et il y tendit sa tente, signifie le saint là: et les serviteurs de lischak y creusèrent un puits, signifie la doctrine qui en provient.

3438. Jéhovah lui apparut dans cette nuit et il dit, signifie la perception du Seigneur sur cet obscur: cela est évident par la signification de Jéhovah apparaissant et disant, lorsque cela est dit du Seigneur, en ce que c'est percevoir d'après le Divin ; que Jéhovah lui apparaissant, ce soit d'après le Divin, on le voit N° 3367; et que dire, co soit percevoir, on le voit NM 2862, 3395 ; en effet,

GENÈSE, CHAP. VINGT-SIXIÈME. 50f

Jéhovah était en Lui, ainsi tant que l'Humain n'avait pas encore été gloritié, l'apparition de Jéhovah fut une perception Divine ou une perception d'après le Divin, Jéhovah lui apparut et dit signitie donc cette perception ; et par la signification de la nuit, en ce que c'est un état d'ombre ou l'obscur, N° 1712 ; par cet obscur est signifié le sens littéral de la Parole, car il en est de ce sens par rapport au sens iuterne, comme de l'ombre par rapport à la lumière : afin qu'on sache encore ce qu'il en est du sens littéral de la Parole, il en sera parlé en peu de mots : le sens interne est relativement au sens littéral, comme sont chez l'homme ses intérieurs, ou ses célestes et ses spirituels, relativement à ses extérieurs ou à ses naturels et à ses corporels ; ses intérieurs sont dans la lumière du ciel, mais ses extérieurs sont dans la lumière du monde ; quelle différence il y a entre la lumière du ciel et la lumière du monde, conséquemment entre les choses qui appartiennent à la lumière du ciel et celles qui appartiennent à la lumière du monde, on le voit N04 1521 à 1533, 1619 à 1632, 1783, 1880, 2776, 3138, 3167, 3100, 3195, 3222, 3223, 3225, 3337, 3339, 3341, 3413, c'est-à-dire qu'elle est telle que celle qui existe entre la lumière du jour et l'ombre de la nuit ; l'homme, parce qu'il est dans cette ombre, et ne veut pas savoir que la lumière est dans le vrai qui procède du Seigneur, ne peut faire autrement que de croire que son ombre est la lumière, et môme vice versâ que la lumière est l'ombre, car il est comme le hibou qui, lorsqu'il vole dans l'ombre de la nuit, croit être dans la lumière, et lorsqu'il est dans la lumière du jour, croit être dans l'ombre ; en effet, l'œil interne, c'est-à-dire, l'entendement par lequel l'homme voit intérieurement, n'est pas formé autrement chez l'homme dont il s'agit ; car il ne l'a pas formé autrement ; il l'ouvre, en effet, quand il regarde en bas, c'est-à-dire vers les mondains et les corporels, et il le ferme quand il regarde en haut, c'est-à-dire, vers les spirituels et les célestes; chez de tels hommes la Parole est de même ; ce qui se présente dans son sens littéral, ils croient que c'est la lumière, tandis que ce qui est dans le sens interne ils croient que c'est de l'ombre ; car la Parole se présente à chacun selon la qualité qu'il a, quoique cependant le sens interne de la Parole soit relativement à son sens littéral, comme la lumière du ciel est à la lumière du monde, Noi 3086, 3108, c'est-à-dire, comme la lumière du jour est à la lumière de la nuit : dans le sens interne sont les sin-

guliers, dont des myriades font ensemble un seul particulier qui se montre dans le sens littéral ; ou, ce qui est la même chose, dans le sens interne sont les particuliers, dont des myriades font ensemble un seul commun qui est dans le sens littéral ; c'est ce commun qui se montre à l'homme, mais non les particuliers qui sont dans le commun et qui le constituent ; cependant toujours est-il que l'ordre des particuliers dans le commun se montre à l'homme, mais selon la qualité de l'homme ; cet ordre est le saint qui affecte.

3439. Je suis, Moi, te Dieu d'Abraliam ton père, ne crains point, car avec toi je suis Moi, signifie que le Divin aussi était là, savoir, dans le sens littéral delà Parole : on le voit par la représentation d'Abraham , en ce qu'il est le Divin du Seigneur, NM 2833, 2836, 3251, 3305 f. ; de là Jéhovah Dieu d'Abraham signifie le Divin du Seigneur qu'Abraham représente ; et comme il s'agit de la Parole, qui est aussi le Seigneur , puisque toute la Parole procède de Lui, et que le tout de la Parole traite de Lui, voilà pourquoi par ces mots: Je suis, Moi, le Dieu d'Abraliam: ne crains point, parce qu'avec toi je suis Moi, il est signifié que le Divin aussi était là. Voici ce qu'il en est du Divin dans la Parole : le Divin Même est dans le sens suprême de la Parole, parce que là est le Seigneur ; le Divin est de même dans le sens interne, parce que là est le Royaume du Seigneur dans lescieux, de là ce sens est appelé sens céleste et spirituel ; le Divin est aussi dans le sens littéral delà Parole, parce que là est le Royaume du Seigneur sur les terres, de là ce sens est appelé sens externe ainsi que sens naturel , car il y a là des apparences grossières , plus éloignées du Divin, cependant toujours estil que tout en général et en particulier y est Divin. Il en est de ces trois sens comme il en a été du Tabernacle ; l'Intime du Tabernacle, ou ce qui était en dedans du Voile où était l'Arche qui renfermait le Témoignage, était le très-saint ou le saint des saints ; l'Interne , ou ce qui était immédiatement en dehors du voile où se trouvaient la table d'or et le chandelier, était le saint; mais l'Externe où se trouvait le parvis était aussi le saint, le peuple s'y assemblait, et de là il était nommé la tente de la convention.

3440. Et je te bénirai et je ferai multiplier ta semence, signifie que de là il y aura accroissement du bien et du vrai : cela est évident par la signification de te bénir, en ce que c'est l'accroissement du bien, N° 3406; et par la signification de multiplier ta semence,

en ce que c'est l'accroissement du vrai, N°* A3, 55, 913, 083, 2846, 2847; que la semence soit le vrai , et que multiplier se dise du vrai, on le voit N- 1025, 1447, 1610, 2848, 3038, 3373, 3380. Si d'après le sens littéral do la Parole , il y aussi accroissement du bien et du vrai chez l'homme , c'est parce que dans ce sens aussi tout en général et en particulier est Divin, comme il vient d'être dit N° 3439 , et parce que dans le sens littéral le sens interne a été ouvert en plusieurs passages : par exemple , dans l'Ancien Testament, chez les Prophètes, que le Seigneur, qui serait le salut pour le Genre humain, devait venir; que toute la loi et tous les prophètes consistent à aimer Dieu et à aimer le prochain; que haïr, c'est tuer, car celui qui hait tue à tout moment, cela est dans son vouloir et dans le plaisir de sa vie ; ce sont là des choses du sens interne dans le sens littéral; il y en a en outre plusieurs autres.

3441. A cause d'Abraham mon serviteur, signifie d'après te Divin Humain du Seigneur: on le voit parla représentation dMbraham, en ce qu'il est le Divin du Seigneur , môme le Divin Humain, N0' 2833, 2836, 3251 ; et par la signilication de mon serviteur, lorsque cela est dit du Seigneur, en ce que c'est le Divin Humain, non que le Divin soit Serviteur, puisqu'il est aussi Jéhovah, N" 1736, 2156, 2329, 2921, 3023 , 3035 , mais parce que le Seigneur a servi par lui le Genre Humain ; c'est, en effet, par le Divin Humain que l'homme est sauvé, car si le Seigneur n'eût pas uni l'Humain au Divin, afin que l'homme pût par son mental consisidérer et adorer l'Humain du Seigneur, et par conséquent s'approcher du Divin, il n'aurait jamais pu être sauvé; la Conjonction de l'homme avec le Divin Même, qui est appelé le Père, se fait par le Divin Humain, qui est appelé le Fils; ainsi par le Seigneur, par Lequel l'homme Spirituel entend l'Humain, et l'homme Céleste le Divin lui-même ; par là on voit pourquoi le Divin Humain est appelé serviteur, savoir, en ce qu'il sert au Divin, afin que l'homme ait accès vers lui, et en ce qu'il sert au genre humain pour le salut des hommes : c'est donc là ce qui est signifié par Abraham mon serviteur, comme aussi dans David : Rappelez-vous ses merveilles qu'il « a faites, ses prodiges et les jugements de sa bouche, semence « cT Abraham son Serviteur, fils de Jacob ses élus : il envoya Moïse

« son serviteur. A baron qu'il a élu : il s'est souvenu de la parole de « sa sainteté avec Abraham, son serviteur. » — Ps. CV. 6, 26, 42 ; — là, par Abraham son serviteur est entendu le Seigneur quant au Divin Humain : de même aussi dans le sens suprême le Seigneur est entendu quant au Divin Humain par Israël mon serviteur, par Jacob mon serviteur, par David mon serviteur : par Israël mon serviteur, dans Ésaïe : • Toi, Israël mon serviteur, Jaeob que j'ai élu, « semence d'Abraham mon ami, que j'ai pris des extrémités de la ■ terre, et de ses ailes je t'ai appelé, et je t'ai dit : tu (es) mon ser- « viteur, je t'ai élu. » — XLI. 8, 9 ; — là , Israël mon serviteur dans le sens suprême est le Seigneur relativement aux internes de l'Eglise Spirituelle, et Jacob est le Seigneur quant aux externes de cette Eglise : dans le même : « Il m'a dit : tu (es) mon Serviteur Israël, t en qui je serai rendu glorieux. C'est peu que tu Me sois un ser- « viteur pour rétablir les tribus de Jacob, et pour ramener les conf servés d'Israël; et je T'ai donné pour lumière des nations, afin « que tu sois mon salut jusqu'à l'extrémité de la terre, » — XLIX. 8. 6; — là, Israël en qui je serai rendu glorieux, c'est évidemmet le Divin Humain du Seigneur ; que cet humain soit appelé Serviteur en raison du service qu'il a rendu, cela est évident, car il est dit : c'est peu que tu Me sois un serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les conservés d'Israël. Que par Jacob mon serviteur, le Seigneur soit entendu quant au Divin Humain, on le voit dans Esaïe : « Je te donnerai les trésors des ténèbres et les rit chesses occultes des lieux secrets, à cause de mon Serviteur Ja- « col?, et d'Israël mon élu. » — XLV. 3, 4 ; — là, le serviteur Jacob et Israël l'élu signifient le Seigneur; le serviteur Jacob, relativement aux externes de l'Eglise, Israël l'élu, relativement aux internes de l'Eglise. Le Divin Humain du Seigneur est aussi entendu par David mon serviteur, dans Ézéchiel : « Je rassemblerai les fils d'Israël de « tous les alentours ; mon serviteur David (sera) Roi sur eux, et il « y aura un seul pasteur pour eux tous; ils habiteront sur la terre « que j'ai donnée à mon serviteur Jacob ; et ils habiteront sur elle, » eux et leurs fils et les fils de leurs fils jusque dans l'éternité, et « David mon serviteur (sera) leur prince éternellement. » — XXXVII. 24, 25; — le serviteur David est évidemment le Divin Humain du Seigneur. N° 1888, et cela, d'après le Divin Vrai qui est

signifié par le Roi, ici par David, N" 1728, 2015, 3009; que le Vrai même soit aussi relativement serviteur, ou le voit N* 3409 : et parce qu'il en est ainsi, le Seigneur s'appelle lui-même celui qui sert ou qui est le ministre, dans Marc : t Quiconque voudra être « grand parmi vous sera votre ministre ; et celui de vous qui voudra « être le premier sera le serviteur de tous; car même le Fils de » l'homme est venu non pour avoir des ministres 3 mais pour être t le ministre. » — X. 44, 45. Matth. XX. 26, 27, 28; — et dans Luc : t Qui est le plus grand ? celui qui est à table, ou celui qui est « le ministre? n'est-ce pas celui qui est à table? cependant Moi je « suis au milieu de vous comme celui qui est te ministre. » — XXII. 27.

3442. Et H bâtit là un autel, signifie le significatif et le représentatif du Seigneur : on le voit par la signification de Y Autel, en ce que c'est le principal représentatif du Seigneur, NM 921, 2777,

3443. Et il invogua le Nom de Jéhovah, signifie le culte qui en provient : on le voit par la signification d'invoquer le nom de Jéhovah, en ce que c'est le culte, N°* 440, 2724 ; et en ce que le Nom de Jèhovah est dans un seul complexe tout ce par quoi le Seigneur est adoré, NM 2628, 2724, 3006.

3444. Il y tendit sa tente, signifie le saint là : on le voit par la signification de la tente, en ce que c'est le saint du culte, N°* 414, 1102, 2145, 2152, 3312.

3445. Et les serviteurs de lischak y creusèrent un puits, signifie la doctrine qui en provient : on le voit par la signification du puits, en ce que c'est la Parole, N- 2702, 3424 ; et comme la Parole est la Doctrine elle-même, et qu'ainsi de la Parole est tirée toute doctrine qui appartient à l'Église, c'est de là que creuser un puits signifie la doctrine qui en provient, savoir, du sens littéral de la Parole, parce qu'il s'agit ici de ce sens : mais la doctrine même tirée du sens littéral de la Parole est unique, savoir, la Doctrine de la Charité et de l'Amour, de la charité envers le prochain et de l'amour pour le Seigneur, car cette doctrine, ainsi que la vie selon cette doctrine, est toute la Parole, comme le Seigneur l'enseigne dans Matthieu, — XXII. 35, 36, 37, 38.

3446. Vers. 26, 27. Et Abimélech alla vers lui de Gérar, et

Achit.su tU son compagnon, et Phicol chef de son armée. Et lischak leur dit: pourquoi êtes-vous venus vers moi? et vous m'avez haï, et mus m'avez renvoyé d'avec vous. — Et Abimélech alla vers lui de Gérar, signifie la doctrine de la foi considérant les rationnels : et Achusath son compagnon, et Phicol chef de son armée, signifie les points principaux de la doctrine de leur foi : et lischak leur dit : pourquoi êtes-vous venu vers moi, et vous m'avez haï, et vous m'avez renvoyé d'avec vous, signifie pourquoi ils voulaient le Divin, puisqu'ils le niaient et avaient en aversion ce qui est dans le sens^ interne de la Parole.

3A47. Abimélech alla vers lui de Gérar, signifie la doctrine de la foi considérant les rationnels : on le voit par la représentation d1 Abimélech, en ce qu'il est la doctrine de la foi considérant les rationnels, N°' 250A, 2509, 2510, 3391, 3393, 3397; et par la signification de Gérar, en ce que c'est la foi, N" 1209, 250A, 3365, 3384, 3385 ; ce que c'est que la doctrine considérant les rationnels, on le voit N" 3368. Il s'agit, ici et jusqu'au Vers. 33, de ceux qui sont dans le sens littéral de la Parole et par suite dans les doctrinaux de la foi, ainsi que de la concordance de ces Doctrinaux avec le sens interne, en tant qu'ils sont fondés sur le sens littéral ; Abimélech, Achusath son compagnon, et Phicol chef de son armée, les représentent : ce sont ceux qui font la foi l'essentiel, et qui, à la vérité, ne rejettent pas la charité, mais la placent en second, et préfèrent par conséquent la doctrine à la vie ; telles sont aujourd' hui presque toutes nos Eglises, excepté celle, qui est dans le gentil isme Chrétien, où il est permis d'adorer les saints et leurs idoles. De môme que dans toute Eglise du Seigneur il y a des hommes qui sont Internes et des hommes qui sont Externes, et que les Internes sont ceux qui sont dans l'affection du bien, et les Externes ceux qui sont dans l'affection du vrai, de même sont aussi ceux que représentent ici Abimélech, son compagnon et le chef de son armée ; les Internes sont ceux dont il a été question précédemment, ebap. XXI, vers. 22 à 33, où il est dit d'Abimélech et de Phicol chef de son armée, qu'ils vinrent vers Abraham et qu'ils traitèrent alliance avec lui dans Béerschébah, ainsi qu'on le voit, N°' 2719, 2720; mais les Externes sont ceux dont il s'agit ici.

3 M 8. Et Achusath son compagnon, et Phicol chef de son //r-

méey signifie les points principaux de la doctrine de leur foi : on le voit par la représentation d'Abimélech, en ce qu'il est la Doctrine de la foi considérant les rationnels ; de là son compagnon et le chef de son armée sont les choses, et même les principales, qui appartiennent à la doctrine ; car le chef, de même que le prince, signifie les choses principales, N" 1482, 2089, et Y armée elle-même signifie les Doctrinaux ; si l'Armée signifie les doctrinaux, qui appartiennent au Vrai, ou qui sont des vrais inférieurs, cela vient de ce que, dans la Parole, la Milice et la Guerre signifient les choses qui appartiennent à la Milice et à la Guerre spirituelle, N°* 1664, 1788, 2686, comme aussi les armes, savoir, les lances, les boucliers, les arcs, les flèches, les épées, et autres semblables, ainsi qu'il a été montré en bien des endroits ; et comme c'est par les Vrais ou par les Doctrinaux que se livrent les combats spirituels, c'est pour cela que les Armées signifient les vrais ou les doctrinaux, et aussi dans le sens opposé les faux ou les hérésies : que les Armées, dans la Parole, signifient les uns et les autres, on peut le voir par plusieurs passages ; par exemple, dans Daniel : « Une corne du bouc des « chèvres grandit beaucoup vers le midi, et vers le levant, et vers t la splendeur; et elle grandit jusqu'à Y Armée des deux, et elle « jeta à terre (une partie) de Y Armée et des étoiles; et elle les « foula ; même elle s'éleva jusqu'au Prince de l* Armée. Son armée « fut livrée sur le (sacrifice) perpétuel pour la prévarication, et « elle jeta la vérité à terre. J'entendis un saint qui parlait, et qui « dit : jusques à quand cette vision, le (sacrifice) perpétuel et la pré- « varication dévastatrice, pour livrer et le saint et l'Armée à être « foulés? »— VIII. 9, 10, 11, 12, 13;— la corne qui grandit vers le midi, le levant et la splendeur est la puissance du faux d'après le mal, N° 2832; l'armée des cieux, ce sont les vrais; le prince de l'armée est le Seigneur quant au Divin Vrai ; et comme l'armée dans le sens bon est le Vrai, il est dit que la corne jeta par terre une partie de l'armée, et ensuite qu'elle jeta la vérité par terre. Dans le Même : « Le Roi du Septentrion présentera une multitude plus grande que « la première, et sur la fin du temps des années, il viendra en ve- « nant avec une grande armée et avec beaucoup de richesses : en- « suite il excitera ses forces et son cœur contre le roi du midi avec « une grande Année; et le roi du midi se mêlera à la guerre avec

« une Année grande et très forte, niais il ne résistera pas; car « ceux qui mangent sa nourriture le briseront, et son Armée dé- « bordera , et beaucoup tomberont transpercés. » — XI. 13, 25, 26 ; — là, dans tout le Chapitre, il s'agit de la guerre entre le roi du septentrion et le roi du midi, et par le roi du septentrion sont entendus les faux, ainsi que par son Année, et par le roi du midi et sou armée, les vrais : c'est une prophétie sur la vastation de l'Égise. Dans Jean : « Je vis le ciel ouvert, et voici un cheval blanc, et celui ■ qui était monté dessus était appelé fidèle et véritable; il était re- « vêtu d'une robe teinte de sang, et ses Années dans le ciel Le sui- « vaient sur des chevaux blancs, vêtus de fin lin blanc et net Je « vis la bête et les rois de la terre, et leurs Années assemblées pour « faire la guerre contre celui qui était monté sur le cheval, et contre « son Année. » — Apoc. XIX. 11, 14, 19 ; — celui qui était monté sur le cheval blanc, c'est la Parole du Seigneur, ou le Seigneur quant à la Parole, N°* 27(50, 2761, 2762; ses Armées qui Le suivaient dans le ciel, sont les vrais qui en procèdent, ainsi ceux qui dans le ciel sont dans les vrais; la bête, ce sont les maux de l'amour de soi; les rois de la terre et leurs armées sont les faux; là sont décrits les combats des faux contre le vrai. Dans David : « Par la a parole de Jéhovah les cieux ont été faits, et par l'esprit de sa « bouche toute leur armée. « — Ps. XXXIII. 6; — leur armée ou l'armée des cieux, ce sont les vrais; parce que l'armée signifie les vrais, les fils du royaume et les anges sont appelés armées des cieux d'après les vrais dans lesquels ils sont; comme dans Luc : « Tout-à- « coup il y eut avec l'ange une multitude de l'Armée céleste, louant « Dieu. » — II. 13. — Dans David : a Bénissez Jéhovab, (vous) « toutes ses Années, ses ministres, qui faites sa volonté. » — Ps. CIII. 21. — Dans le Même :.t Louez Jéhovah, (vous) tous ses Anf ges; louez-Le, (vous) toutes ses Années. » — Ps. CXLYIII. 2.— Dans Ésaïe : « Élevez en haut vos yeux, et voyez : qui a créé ces « choses? (c'est) celui qui fait sortir en nombre leur Année; il les « appelle tous par leur nom, de la multitude des puissants et des t forts il ne manquera pas un homme. » — XL. 26. — Dans le Même : « Moi, j'ai fait la terre, et j'ai créé l'homme sur elle; Moi, • mes mains ont étendu les cieux, et j'ai commandé à toute leur « Armée» » XLV. J2; — l'armée des cieux signifie là les vrais,

ainsi les Anges, parce qu'ils sont dans les vrais, comme il a été dit. Dans le Premier Livre des Rois : « J'ai vu Jéhovah assis sur son ■ trône, et toute l'Armée des cieux qui se tenait près de lui, à sa « droite et à sa gauche. » — XXII. 19. — Dans Joël : a Jéhovah a « donné de sa voix devant son Armée, car très grand {est) son « camp , car nombreux (sont) ceux qui font sa parole. » — II. 11.

— Dans Zacharie : « Pour ma maison j'établirai te camp d'une « Armée, à cause de l'allant et du venant, afin que sur eux ne » passe plus l'exacteur; tressaille de joie, fille de Sion ; fais rc- « tentir tes cris, fille de Jérusalem, voici, ton Roi vient à toi. »

— IX. 8, 9; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur; son Armée, ce sont les vrais Divins; c'est de là, et parce que le Seigneur combat seul pour l'homme contre les enfers qui sont dans un continuel effort de s'en emparer, que le Seigneur dans la Parole est si souvent nommé Jéhovah Sébaoth, Dieu Sébaoth, Seigneur Sébaoth, c'est-àdire, des Armées ; par exemple, dans Esale : « La voix du tumulte « des royaumes des nations assemblées, Jéhovah Sébaoth conduit a l'Armée pour la guerre. » — XIII. 4; — les royaumes des nations sont les faux d'après les maux; conduire l'armée pour la guerre, c'est combattre pour l'homme. Comme les douze Tribus d'Israël représentaient le Royaume céleste du Seigneur, et que les Tribus ainsi que Douze signifiaient toutes les choses de la foi dans un seul complexe, c'est-à-dire, tous les vrais du Royaume, N°* 577, 2089, 2129, 2130, 3272 ; c'est pour cela aussi qu'elles étaient appelées les Armées de Jéhovah, comme dans l'Exode, VII. 4. XII. 17, 41, 51; et qu'il fut commandé qu'elles sortissent de l'Égypte selon les Armées, — Exod. VI. 26 ; — qu'elles campassent selon les Armées, — Nomb. I. 52; — et qu'elles fussent distribuées en . Armées, — Nomb. II. 1 à 34. — Que les Armées signifient les vrais, on le voit aussi dans Ézéchiel : « La Perse, et Lud, et Puth, ont été

« dans ton armée, tes hommes de guerre, ils ont suspendu chez « toi le bouclier et le casque, eux t'ont donné de l'honneur; les fils

— d'Arvad, et ton Armée (ont été) sur tes murailles tout autour, et « les Gamadiens ont été dans tes tours. » — XXVII. 10, 11 ; — là, il s'agit de Tyr, par laquelle sont signifiées les connaissances intérieures du bien et dû vrai, ainsi ceux qui sont dans ces connaissances, N° 1201; l'Armée, ce sont les vraiseux-mêmes; que Lud et

Puth soient aussi ceux qui sont dans les connaissances, on le voit, N°* 1163, 1164, 1166, 1195, 1231 ; le bouclier et le casque sont les choses qui appartiennent au combat ou à la guerre spirituelle. Que clans le sens opposé les Armées soient les faux, cela est» évident dans Esaïe : « En ce jour-là Jéhovah visitera Y Armée de la fiauteur dans « la hauteur, et les rois de la terre sur la terre. » — XXIV. 21 ; — là, 1* Armée de la hauteur, ce sont les faux d'après l'amour de soi. Dans Ézéchiel : « Je te réduirai, et je mettrai des hameçons dans tes « mâchoires, et je te mettrai dehors, toi et toute ton armée, che- « vaux et cavaliers, tous parfaitement équipés, grande assemblée « avec l'écu et le bouclier, tous maniant l'épée ; tu viendras de ton « lieu, des frontières du septentrion, toi et beaucoup de peuples a avec toi, montant tous sur des chevaux, grande assemblée et « grande Armée. » — XXXVIII. 4, 15 ; — là, il s'agit de Gog, par lequel est signifié le culte externe séparé d'avec l'interne, ainsi devenu idolâtre, N° 1151 ; son armée, ce sont les faux. Dans Jérémie : « J'enverrai contre Babel, qui vise, en bandant son arc et qui « s'exalte dans sa cuirasse ; n'épargnez pas ses jeunes gens, dévouez « à l'extermination toute son Armée. » — LI. 2, 3 ; — Babel est le culte dont les externes se montrent saints, mais dont les intérieurs sont profanes, N" 1182, 1283, 1295, 1304, 1306, 1307, 1308, 1321, 1322, 1826; son armée, ce sont les faux de ceux qui sont dans le culte ; il en est de même ailleurs de l'armée de Babel ; par exemple, dans Jérém. XXXIV. 1, 21. XXXII. 2. XXXIX. 1. — Dans Ézéchiel : « Pharaon les verra, et il se consolera sur toute « sa multitude; transpercés par l'épée (seront) Pharaon et toute « son Armée, parce que je répandrai la terreur de Moi-Môme dans « la terre des vivants. » — XXXII. 31, 32; — là, il s'agit de l'Égypte, par laquelle sont signifiés ceux qui pervertissent les vrais par des raisonnements d'après les scientifiques, N" 1164, 1165 ; son armée ou l'armée de Pharaon, ce sont les faux qui en proviennent; il en est aussi de même ailleurs de l'armée de Pharaon, comme dans Jérém. XXXVII. 5, 7, 11. XLVI. 2. Ézéch. XVII. 17. — Dans Luc : « Quand vous verrez Jérusalem environnée par les Armées, « sachez que sa dévastation est proche. » — XXI. 20 ; — là, il s'agit de la consommation du siècle, ou du dernier temps de l'Église, quand il n'y a plus aucune foi ; que Jérusalem signifie l'Église, on le

voit N° 2117; elle est environnée par les armées, quanti elle est assiégée par les faux. De là il est évident que les Armées des cieux, que les juifs et les idolâtres ont adorées, signifiaient, dans le sens interne, les faux ; il en est parlé dans le Second Livre des Rois : « Us abandonnèrent tous les commandements de leur Dieu, et ils « s'étaient fait en fonte deux veaux ; et ils firent un bocage, et ils se « prosternèrent devant l'Armée des cieux. » — XVII. 16; — là, il s'agit des Israélites; et ailleurs, où il est question de Menassé : « II bâtit des autels à toute l'Armée des cieux. » — XXI. 5 ; — et il est dit du roi Ioschias : « Qu'il lit tirer hors du Temple tous les ■ vases faits pour Baal, et pour le bocage, et pour toute l'Armée « des eieuœ. — XXIII. 4 ; — et dans Jérémie il est dit « qu'on ex- « poserait les os des princes, des prêtres et des prophètes au soleil, a à la lune et à toute l'Armée des cieux, qu'ils avaient aimés et « qu'ils avaient servis, et après lesquels ils avaient marché. » — \ III. 2; — et ailleurs : « Les maisons de Jérusalem et la maison du « roi de Juda seront, comme Topheth, impures, quant à toutes les « maisons sur les toits desquelles ils ont fait des parfums à toute « l'Armée des cieux, et des libations à d'autres dieux. » — XIX. 13 ; — et dans Séphanie : < J'étendrai ma main contre ceux qui « adorent sur les toits Y Armée des cieux, » — I. 6 ; — ce sont, en effet, les Étoiles qui principalement sont appelées l'Armée des cieux, mais on voit, N" 1128, 1808, que les Étoiles signifient les vrais, et dans le sens opposé, les faux.

3469. Et Iischak leur dit: Pourquoi êtes-vous venus vers moi? et vous m'avez haï , et vous m'avez renvoyé d'avec vous, signifie pourquoi Us voulaient le Divin, puisqu'ils le niaient, et avaient en aversion ce qui est dans le sens interne de la Parole: on peut le voir d'après ce qui a été dit ci-dessus, Vers. 15, 16, 19, 20, 21.

3450. Vers. 28, 29. Et ils dirent : En voyant nous avons vu que Jèhovah a été avec toi, et nous avons dit : qu'il y ait, s'il te plait, un serment entre nous, entre nous et toi; et traitons alliance avec toi. Si tu fais envers nous du mal, comme nous ne t'avons pas touché, et comme nous n'avons fait envers toi que du bien, et nous t'avons renvoyé en paix; toi, maintenant, (tu es) béni de Jéhovah. — Ils dirent : En voyant nous avons vu que Jéhovah a été avec toi, signifie qu'ils savaient que le Divin y était: et nous avons dit: qu'il

y ait, s'il te platt, un serment entre nous, entre nous et toi, et traitons aliiancc avec toi, signifie que les doctrinaux de leur foi, considérés en eux-mêmes, n'étaient pas niés : si tu fais envers nom du mat, comme nous ne t'avons pas touché, et comme nous n'avons fait envers toi que du bien, et nous t'avons renvoyé en paix, signifie qu'ils n'avaient pas violé le sens interne de la Parole et qu'ils ne le violeraient pas : toi, maintenant, (tu es) béni de Jéhovah, signifie parce qu'il procède du Divin.

3451. lis dirent: En voyant nom avons vu que Jéhovah a été avec toi, signifie qu'ils savaient que te Divin y était: cela est évident par la signification de voir en voyant, en ce que c'est apercevoir et ainsi savoir comme chose certaine ; et par la signification de Jéhovah a été avec toi, en ce que c'est que le Divin y était ; il s'agit ici, comme il a été dit ci-dessus, N° 3447, de la concordance du sens littéral de la Parole avec le sens interne, par conséquent de la concordance des doctrinaux de la foi, qui sont signifiés par Abimélech, Achusath et Phi col. en tant qu'ils résultent du sens littéral de la Parole, avec ce même sens, savoir, avec le sens interne; ainsi, de la conjonction du Royaume du Seigneur sur les terres avec le Royaume du Seigneur dans les cieux , par conséquent avec le Seigneur, par la Parole ; en effet, la Parole quant au sens suprême est le Seigneur Lui-Même, quant au sens interne elle est le Royaume même du Seigneur sur les cieux, et quant au sens littéral elle est le Royaume même du Seigneur dans les terres, comme il a aussi été dit précédemment : mais voici ce qu'il en est du Royaume du Seigneur sur les terres, c'est-à-dire, de son Église: comme l'Église tire ses doctrinaux du sens littéral de la Parole, il est impossible qu'elle ne soit pas variée et diverse quant à ces doctrinaux, c'està-dire qu'une société dit que telle chose est le vrai de la foi, parce que cette chose est dite dans la Parole, et qu'une autre société dit que telle autre chose est le vrai de la foi, parce qu'elle y est aussi dite, et ainsi du reste; en conséquence l'Église du Seigneur, tirant ses doctrinaux du sens littéral de la Parole, est partout différente ; et cela, non-seulement selon les Sociétés, mais aussi parfois selon chaque membre dans une société ; cependant le dissentiment sur les doctrinaux de la foi n'empêche pas que l'Eglise ne soit une, pourvu qu'il y ait unanimité quant à vouloir bien et à agir bien. Par exemple :

si quelqu'un reconnaît pour Doctrinal, que la charité vient de la foi, et qu'il vive dans la charité envers le prochain, alors, à la vérité, il n'est point dans le vrai quant à la doctrine, mais néanmoins il est dans le vrai quant à la vie, par conséquent l'Eglise ou le Royaume du Seigneur est en lui : ou bien encore, si quelqu'un dit qu'il doit faire de bonnes œuvres, pour en être récompensé dans le ciel, selon le sens littéral de la Parole, dans Matthieu, — Chap. X. 41, 42; XXV. 34 à 46, et ailleurs; — et si cependant quand il fait de bonnes œuvres, il ne pense pas au mérite, il est pareillement dans le Royaume du Seigneur, parce qu'il est dans le vrai quant à la vie ; et puisqu'il est tel quant à la vie, il n'est pas difficile de lui faire admettre que personne ne peut mériter le ciel, et que les œuvres dans lesquelles on place le mérite ne sont pas bonnes ; il en est de même pour les autres doctrinaux ; en effet, tel est le sens littéral, que dans plusieurs passages il paraît opposé à lui-même, mais cela vient de ce qu'il contient les apparences du vrai appropriées à ceux qui sont dans les externes, par conséquent à ceux qui sont même dans les amours mondains et aussi dans les amours corporels : ici donc par Abimélech il s'agit de ceux qui sont dans les doctrinaux de la foi, il a été dit ci-dessus que ce sont ceux qui font la foi l'essentiel du salut ; il s'agit aussi de la concordance de ces doctrinaux avec le sens interne, et il est évident que la conjonction a été faite même avec eux, mais seulement avec ceux qui sont dans le bien, c'est-à-dire, avec ceux qui, quoiqu'ils fassent la foi l'essentiel quant à la doctrine, font néanmoins la charité l'essentiel quant à la vie ; car lorsqu'il y a chez eux une confiance ou croyance au Seigneur, qu'ils appellent la foi même, ils sont dans l'affection de l'amour pour le Seigneur, et par conséquent dans le bien quant à la vie : mais sur ce sujet on peut voir ce qui a déjà été dit et montré ; savoir : que c'est la Charité, et non le Doctrinal, qui fait l'Eglise, N°* 809, 916, 1798, 1799, 1834, 1844; que les Doctrinaux ne sont rien, si l'on n'y conforme pas sa vie, N° 1515 ; que l'Eglise est variée quant aux vrais, mais une par la charité, N* 3267 ; qu'il y a un parallélisme entre le Seigneur et l'homme quant aux célestes qui appartiennent au bien, mais non quant aux spirituels qui appartiennent au vrai, N0' 1831, 1832; qu'il y a une Doctrine unique, savoir, celle de l'amour pour le Seigneur: et de la charité envers le V 33

* • Digitiz

prochain, N° 3445 ; que l'Eglise serait une, si tous étaient dans la charité, quand bien même ils différeraient quant aux cultes et quant aux doctrinaux, N" 809, 1285, 1316, 1798, 1799, 1834, 1844, 2982 ; que l'Eglise serait comme le Royaume du Seigneur dans les cieux, si tous étaient dans la charité, N° 2385 ; qu'il y a d'innombrables variétés du bien et du vrai dans le ciel, mais que par l'harmonie elles font néanmoins un, comme les organes et les membres du corps, N- 684, 690, 3241.

3452. Et nous avons dit : qu'il y ait, s'il te plait, un serment entre nous, entre nous et toi, et traitons alliance avec toi, signifie que les doctrinaux dé leur foi considérés en eux-mêmes n'étaient pas niés, savoir, en tant qu'ils sont tirés du sens littéral de la Parole : on le voit par la signification du serment entre nous, en ce que c'est la conformité des doctrinaux avec le sens littéral de la Parole-; et par la signification A' entre nous et toi, en ce que c'est la concordance avec le sens interne ; et par la signification de traitons alliance, en ce que c'est qu'ainsi il pouvait y avoir conjonction ; que Yalliance soit la conjonction, on le voit N°* 665, 666, 1023, 1038, 1864, 2003, 2021. Le sens qui résulte de là, c'est que, puisqu'il en était ainsi, les doctrinaux de leur foi considérés en eux-mêmes n'étaient pas niés ; car, ainsi qu'il a été dit, les doctrinaux quels qu'ils soient, pourvu qu'ils soient tirés de la Parole, ne sont pas niés; ils sont, en effet, acceptés par le Seigneur, pourvu que celui qui est dans ces doctrinaux soit dans la vie de la charité, car toutes les choses qui appartiennent à la Parole peuvent être conjointes à cette vie ; mais les intérieurs de la Parole peuvent l'être à la vie qui est dans le bien intérieur de la charité ; Voir ce qui a été dit et rapporté N° 3324.

3453. Si tu- fais envers nous du mal, comme nous ne f avons pas touché, et comme nous n'avons fait envers toi que du bien, et nous t'avons renvoyé en paix, signifie qu'ils n'avaient pas violé le sens interne de la Parole, et qu'ils ne le violeraient pas : on peut le voir par la série des choses dans le sens interne, et par ce qui a été dit ci-dessus, Vers. 11, 22, 23.

3454. Toi, maintenant, tu es béni de Jéhovah, signifie parce qu'il procède du Divin : on le voit par la signification de béni de Jùhovah, lorsque cela est dit du Seigneur, ou, ce qui est de même.

du seus interne de la Parole, car le Seigneur est la Parole, en ce que c'est le Divin Vrai, N° 314.0, par conséquent d'après le Divin ; ainsi, en ce qu'ils n'avaient pas violé et ne violeraient pas le sens interne, parce qu'il procède du Divin : mais violer le sens interne, c'est nier les choses qui sont les principales de ce sens, c'est-a-dire les choses saintes mômes de la Parole, qui sont, le Divin Humain du Seigneur, l'Amour pour Lui et l'amour envers le prochain ; ces trois sont les choses principales du sens interne et les choses saintes de la Parole ; et ce sont les internes et les choses saintes de tous les doctrinaux tirés de la Parole, ainsi que les internes et les choses saintes de tout culte, car le Royaume môme du Seigneur est dans ces choses principales : il y en a une quatrième, c'est que la Parole est Divine quant à tout ce qui la compose en général et en particulier, même quant à son plus petit accent, et que par conséquent le Seigneur est dans la Parole ; c'est aussi ce que confessent et reconnaissent tous ceux qui ont des doctrinaux d'après la Parole, mais toujours est-il que cela est nié de cœur par ceux qui ne reconnaissent dans la Parole d'autre chose sainte que ce qui se présente dans la lettre; ceux-là ne peuvent apercevoir rien de saint dans les historiques, sinon quelque léger externe, en ce qu'il est appelé saint, ni dans les prophétiques non plus, tandis que cependant l'intérieur doit être saint, si la Parole, quant au moindre accent, est Divine.

3455. Vers. 30, 31. Et il leur fit un festin, et ils mangèrent et ils burent. Et ils se levèrent matin au matin, et ils jurèrent l'homme à son frère : et Iischak les renvoyh, et ils s'en allèrent d'avec lui en paix. — // leur fit un festin, signifie la cohabitation : et ils mangèrent et ils burent, signifie la communication : Et ils se levèrent matin au malin, signifie l'état d'illustration : et ils jurèrent V homme à son frère, signifie la confirmation avec ceux qui sont dans le bien du vrai : et Iischak les renvoya, et ils s'en allèrent eCavec lui en paix, signifie qu'ils étaient contents.

2456. // leur fit un festin, signifie la cohabitation : on le voit par la signification du festin, en ce que c'est la cohabitation, N- 2341.

3457. Et ils mangèrent et ils burent, signifie la communication : on le voit par la signification de manger en ce que c'est être communiqué quant à ce qui appartient au bien, N°* 2187, 2343,

3168 ; et par la signification de boire, en ce que c'est être communiqué quant à ce qui appartient au vrai, N°* 3089, 3168.

3458. Et ils se levèrent matin OU matin , signifie l'état d'illustration : on le voit par la signification du matin et de se lever matin, en ce que c'est l'état d'illustration ; en effet, le matin et l'aurore, dans le sens suprême, c'est le Seigneur ; et, dans le sens interne, c'est le céleste de l'amour du Seigneur; de là aussi c'est l'état de la paix, voir N°' 2333 , 2405 , 2540 , 2780 ; et se lever, dans le sens interne, signifie une élévation, N" 2*01, 2785, 2912, 2927, 3171 ; il est donc manifeste que ils se levèrent matin au matin, signifie l'état d'illustration.

3459. Et ils jurèrent l'homme à son frère, signifie la confirmation avec ceux qui sont dans le bien du vrai: cela est évident par la signilication de jurer ou du serment, en ce que c'est une confirmation, N°* 2842, 3037, 3375 ; et par la signification de l'homme avec son frère en ce que c'est le bien du vrai, ou ce qui est la même chose, ceux qui sont dans ce bien ; que Y homme soit le vrai, on le voit N°* 265, 749, 1007, 3134, 3309; et que le frère soit le bien, on le voit N° 2360; quant au bien du vrai, on peut voir ce que c'est, N°* 3295, 3332 ; dans ce bien sont ceux que représente ici Abimélech, ou que représentent les Philistins dont Abimélech était le roi, savoir, ceux qui font la foi l'essentiel de l'Église et qui la mettent avant la charité ; ceux qui sont tels, ne sont pas dans un autre bien que dans le bien du vrai , car ils ne recherchent et ne puisent dans la Parole rien autre chose que ce qui concerne la foi, par conséquent ce qui concerne le vrai ; quant à ce qui concerne le bien et par conséquent la vie, ils le voient à peine ; ils se confirment donc dans les doctrinaux de la foi, et non dans quelques-uns de la charité ; quant ils font le bien, c'est d'après les doctrinaux de la foi ; c'est le bien provenant de là qui est nommé le bien du vrai : le Seigneur se conjoint avec ceux qui sont dans ce bien, maisnon de même qu'avec ceux qui sont dans le bien de la charité, car l'amour et la charité sont la conjonction spirituelle, mais la foi ne l'est pas, sinon par l'amour et la charité ; et parce qu'il en est ainsi, il n'est pas dit qu'ils ont traité alliance avec Iischak, mais il est dit qu'ils ont juré l'homme à son frère; car l'alliance se dit du bien qui appartient à l'amour et à la charité, tandis que le serment se dit du vrai qui

appartient à la foi, V 3375 ; la cohabitation, qui est signifiée par le festin, Y 3456, se dit aussi de ceux qui sont dans le bien du vrai. D'après ceux qui sont tels dans l'autre vie, il m'a été donné de savoir qu'ils ont été séparés d'avec ceux qui sont dans le bien de la charité; ceux-ci, en effet, ont été conjoints au Seigneur plus près que ceux-là, car le bien de ceux-là est, pour ainsi dire, dur, ne se laissant pas ployer, non communicatif, et par conséquent non dans le Ciel, mais dans l'entrée vers le ciel.

3460. El lischak les renvoya et ils s'en altèrent d'avec lui en paix, signifie qu'ils étaient contents : on peut le voir sans explication ; de là il est encore évident qu'avec eux il y a cohabitation et non conjonction, ainsi qu'il vient d'être dit, N° 3459.

3461. Vers. 32, 33. Et il arriva qu'en ce jour-là, et les serviteurs de lischak vinrent, et ils lui annoncèrent au sujet du puits qu'ils avaient creusé; et ils lui dirent: Nous avons trouvé des eaux. Et il l'appela Schibbah ; c'est pourquoi le nom de la ville (a été) Béerscltébah jusqu'à ce jour. — // arriva qu'en ce jour-là, signifie cet état : et les serviteurs de liscfiak vinrent, signifie les rationnels : et ils lui annoncèrent au sujet du puits qu'ils avaient creusé, et ils lui dirent : Nous avons trouvé des eaux, signifie les vrais intérieurs par eux: et il l'appela Schibbah, signifie la conjonction du vrai confirmé par eux : c'est pourquoi le nom de la ville (a été) Béerschêbah, signifie la qualité de la doctrine qui en provient: jusqu'à ce jour, signifie le perpétuel de l'état.

3462. // arriva qu'en ce jour-là, signifie l'état : on le voit par la signification du jour, en cé que c'est l'état, N°* 23, 487, 488, 493, 893, 2788 ; ici, l'état de la doctrine dont il s'agit.

3463. Et tes serviteurs de lischak vinrent, signifie les rationnels : on le voit par la signification des serviteurs, en ce que ce sont les rationnels, et aussi les scientifiques, N° 2567 ; et par la représentation de lischak, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Rationnel, N" 1893, 2066, 2072, 2083, 2630, 3012, 3194, 3210. D'après ce qui précède, on voit clairement ce qui est ici représenté du Seigneur par lischak, c'est-à-dire que c'est la Parole quant à son sens interne ; car Abimélech, Achusath et Phicol signifient les doctrinaux de la foi, qui résultent du sens littéral de la Parole, tels que sont les doctrinaux de ceux qui, dans un sens bon, sont appelés

Philistins, c'est-à-dire, ceux qui sont dans les seuls doctrinaux de la foi, et quant à la vie dans le bien, mais dans le bien du vrai , ces doctrinaux ayant quelque conjonction avec le sens interne, ainsi avec le Seigneur ; en effet, ceux qui sont dans les seuls doctrinaux de la foi et dans la vie conforme à ces doctrinaux, sont dans une sorte de conjonction, mais éloignée, par la raison qu'ils ne savent ni ce que c'est que la charité envers le prochain, ni ce que c'est que l'amour pour le Seigneur, d'après quelque affection, mais seulement d'après quelque idée de la foi, et par conséquent ne sont dans aucune perception du bien, mais dans une sorte de persuasion que telle chose est le vrai et ainsi le bien, que leurs doctrinaux enseignent, et quand ils ont été confirmés dans ces doctrinaux, ils peuvent être aussi bien dans le faux que dans le vrai, car rien autre chose que le bien ne confirme l'homme sur ce que c'est que le vrai ; à la vérité, le vrai enseigne ce que c'est que le bien, mais sans perception, tandis que le bien ensoigne ce que c'est que le vrai d'après la perception. Chacun peut savoir comment la chose se passe, quelle est la différence et en quoi elle consiste, seulement d'après ce précepte commun de la charité : « Toutes les choses que vous voulez » que les hommes vous fassent, de même vous aussi faites-les leur, > — Matth. VII. 12 ; — celui qui agit d'après le précepte, fait, il est vrai, le bien aux autres, mais parce qu'il lui a été ainsi commandé et non d'après l'affection du cœur, et toutes les fois qu'il agit, il commence par lui-même, et aussi en faisant le bien il pense au mérite ; tandis que celui qui agit non d'après le précepte mais d'après la charité, c'est-à-dire d'après l'affection, agit d'après son cœur, ainsi d'après la liberté, et toutes les fois qu'il agit il commence d'après le bien-vouloir même , ainsi d'après ce qui est pour lui un plaisir ; et comme il a dans le plaisir une récompense, il ne pense pas au mérite ; de là maintenant on peut voir quelle différence il y a entre faire le bien d'après la foi et le faire d'après la charité, et que ceux qui le font d'après la foi sont plus éloignés du bien même, qui est le Seigneur, que ceux qui le font d'après la charité ; ceux-là ne peuvent pas non plus être introduits facilement dans le bien de la charité jusqu'à la perception, parce qu'ils sont peu dans les vrais, car personne ne peut être introduit dans ce bien, à moins qu'auparavant n'aient été déracinées les choses qui ne sont pas des vrais.

ce qui ne peul se faire, lorsqu'elles ont été enracinées jusqu'à la persuasion.

3464. Et ils lui annoncèrent au sujet du puits qu'ils avaient creusé, et ils lui dirent, nous avons trouvé des eaux, signifie les vrais intérieurs par eux : on le voit par la signification du puits, en ce que c'est la Parole, N° 3424 ; et par la signification des eaux, en ce que ce sont les vrais, N° 2702, savoir, les vrais tirés de la Parole ; ainsi annoncer au sujet du puits qu'ils avaient creusé , signifie au sujet de la Parole dont proviennent les doctrinaux ; et ils dirent, nous avons trouvé des eaux, signifie qu'en eux, savoir, dans les doctrinaux, il y avait les vrais intérieurs; car il y a, comme il a déjà été dit, des vrais intérieurs dans tous les doctrinaux tirés du sens littéral de la Parole ; en effet, le sens littéral de la Parole est comme un puits dans lequel il y a de l'eau , car dans tout ce qui compose la Parole en général et en particulier, il y a un sens interne, qui est aussi dans les doctrinaux provenant de la Parole : voici ce qu'il en est des Doctrinaux qui proviennent du sens littéral de la Parole, c'est que quand l'homme est dans ces doctrinaux et en même temps dans la vie qui y est conforme, il a en lui la correspondance ; car les Anges qui sont chez lui' sont dans les vrais intérieurs, tandis qu'il est dans les vrais extérieurs; ainsi il a communication par les doctrinaux avec le ciel, mais selon le bien de sa vie ; par exemple, quand , dans la Sainte Cène , il pense avec simplicité au Seigneur, d'après ces paroles, « Ceci est mon Corps, et ceci est mon Sang, » alors les Anges chez lui sont dans l'idée de l'amour pour le Seigneur et de la charité envers le prochain, car au Corps du Seigneur et au Pain correspond l'amour pour le Seigneur, et au Sang et au Vin correspond la charité envers le prochain, N°* 1798, 2165, 2177, 2187 ; et parce que telle est la correspondance, il influe du ciel par les Anges dans cette sainteté, dans laquelle alors est l'homme, une . affection qu'il reçoit selon le bien de sa vie ; en effet, les Anges habitent chez chacun dans l'affection de sa vie, ainsi dans l'affection des doctrinaux selon lesquels il vit, et jamais dans l'affection de ceux dont sa vie diffère ; si sa vie en diffère, par exemple, s'il est dans l'affection d'acquérir des honneurs et des- richesses par les doctrinaux, alors les anges se retirent, et dans cette affection habitent les esprits infernaux, qui infusent dans l'homme leurs con-

hrmations en faveur de lui-même et du monde, par conséquent la foi persuasive, qui est telle, qu'il ne s'inquète nullement si c*est le vrai ou le faux, pourvu qu'ils flattent ses penchants ; ou bien ils enlèvent toute foi. et alors la doctrine de sa bouche est seulement un son excité et modifié par le feu de ces amours.

3465. Et il l'appela Schibbah, signifie la conjonction du vrai confirmé par eux : on le voit par la signification $ appeler, savoir, du nom, en ce que c'est la qualité, N°' 144, 145, 1754, 1896, 2009, 3421, ainsi en ce que les noms signifient la chose ou l'état, N°* 1946, 2643, 3422, ici par conséquent la conjonction du vrai confirmé par eux, savoir, par les doctrinaux : en effet, dans la langue originale, Schibbah est un sermeut, et le serment signifie la confirmation, N°* 2842, 3375: il est dit qu'il y a conjonction du vrai confirmé, quand les vrais intérieurs se conjoignent aux vrais extérieurs qui sont les doctrinaux tirés du sens littéral de la Parole : que chez de tels hommes il y ait conjonction par les vrais qui appartiennent à. la foi, et non par les biens qui appartiennent à la charité, c'est ce qui a été dit ci-dessus, N° 3463.

3466. C'est pourquoi le nom de la ville a été Béerschébah , signifiera qualité de la doctrine qui en provient : on le voit par la signification du nom , en ce que c'est la qualité , ainsi qu'il vient d'être dit Y 3465 ; par la signification de la ville, en ce que c'est la doctrine, N" 402, 2449, 2712, 2943, 3216; de là Béerschébah qui, dans la langue originale, signifie le puits du serment, ainsi la doctrine du vrai confirmé ; que Béerschébah soit la doctrine, on le voit, N* 2723, 2858, 2859. Il est dit ci-dessus, Chap. XXI, Vers. 30, 31 : « Parce que tu recevras les sept jeunes brebis de ma main, afin et que ce me soit eu témoignage que j'ai creusé ce puits ; c'est pour- » quoi il nomma ce lieu Béerschébah^ parce que là là jurèrent » tous deux; » là, Béerschébah signifiait l'état et la qualité de la doctrine,, en ce qu'elle procédait du Divin et que par elle il y avait coujonction ; et parce que là il s'agit des intérieurs de cette Église, il est dit que ce lieu a été nommé Béerschébah ; mais ici, comme il s'agit des extérieurs de cette Église, il est dit que la ville a été ainsi nommée ; en effet, l'état, qui est signifié par le lieu, se dit des intérieurs, N" 2620, 2837, 3356, 3387 ; mais la doctrine, qui est signi-

fiée par la ville, se dit des extérieurs, car toute doctrine a son état et sa qualité par ses intérieurs.

3467. Jusqu'à ce jour, signifie le perpétuel de l'état : on le voit par la signification de jusqu'à ce jour, en ce que c'est le perpétuel de l'état, N° 2838.

3408. Vers. 34, 35. Et Esaû était fils (âgé) de quarante ans, et il prit pour femme Jé/iudith, fille de Béeri le Chittéen, et Basemath fille d'Elon le Chittéen, et elles furent une amertume d'esprit pour Iischak et pour Bébecça. — Ésaû était fils (âgé) de quarante ans, signifie l'état de la tentation quant au bien naturel du vrai : et il prit pour femme Jéhudith fille de Béeri le Chittéen, et Basemath fille d'Elon le Chittéen, signifie l'adjonction du vrai naturel provenant d'autre part que du vrai réel même : et elles furent une amertume d'esprit pour Iischak et pourBébecca, signifie que de là vint d'abord une douleur.

3469. Esaû était fils (âgé) de quarante ans, signifie Vètat de la tentation quant au bien naturel du vrai : on le voit par la représentation à: Esaû, en ce qu'il est le bien naturel du vrai, NM 3300, 3302, 3322 ; par la signification de quarante ans, en ce que ce sont les états de la tentation ; que quarante signifie les tentations, on le voit N#t 730, 862, 2272 ; et que les aunées soient les états, on le voit NM 487, 488, 493, 893. Si ces choses qui concernent Ésatt sont immédiatement jointes à celles qui ont été rapportées sur Abimélech et Iischak, c'est parce qu'il a été question de ceux qui sont dans le bien du vrai, c'est-à-dire, de ceux qui sont dans la vie selon les doctrinaux du sens littéral de la Parole, car ceux-là ont été signifiés par Abimélech, Achusat etPhicol, comme il a déjà été dit çà et là; ceux donc qui sont dans le bien du vrai, ou dans la vie selon les Doctrinaux, ont été régénérés quant aux intérieurs qui sont leurs rationnels, mais non encore quant aux extérieurs qui sont leurs naturels; en effet, l'homme est régénéré quant au rationnel, avant de l'être quant au naturel, N0f 3286, 3288, car le Naturel est entièrement dans le monde, et c'est dans le naturel que sont fondées comme dans un plan la pensée et la volonté de l'homme ; c'est à cause de cela, que l'homme, quand il est régénéré, aperçoit un combat entre son rationnel ou son homme interne et son naturel ou son homme externe, et que son externe est régénéré bien plus tard et bien plus

difficilement que sou interne ; car ce qui est plus près du monde et plus près du corps ne peut pas être facilement amené à se soumettre à l'homme Interne, si ce n'est par de grands délais de temps et par plusieurs états nouveaux dans lesquels on doit être introduit, états qui sont ceux de reconnaissance de soi-même et de reconnaissance du Seigneur, savoir, de reconnaissance de sa misère et de la miséricorde du Seigneur, ainsi d'humiliation, par les combats des tentations ; c'est donc parce qu'il en est ainsi, que se trouve immédiatement joint ici le fait qui concerne Ésaû et ses deux épouses, fait qui signifie de telles choses dans le sens interne. Chacun connaît ce que c'est que le bien naturel, c'est-à-dire, que c'est le bien dans lequel naît l'homme; mais il en est peu, si même il en est quelquesuns, qui sachent ce que c'est que le bien naturel du vrai ; le bien naturel, ou né avec l'homme, est d'un quadruple genre, savoir, le bien naturel d'après l'amour du bien, le bien naturel d'après l'amour du vrai, puis le bien naturel d'après l'amour du mal, et le bien naturel d'après l'amour du faux ; en effet, le bien dans lequel l'homme natt, il le tient de ses parents, soit du père soit de la mère ; car tout ce dont les parents ont contracté l'usage fréquent et l'habitude, ou dont ils se sont imbus d'après la vie actuelle, au point qu'il leur est devenu si familier qu'il paraît comme naturel, passe dans les enfants et devient héréditaire; les parents qui ont vécu dans l'amour du bien et ont perçu leur plaisir et leur béatitude dans cette vie , s'ils sont dans cet état quand ils conçoivent un enfant, lui transmettent l'inclination à un semblable bien; les parents qui ont vécu dans le bien de l'amour du vrai, — Voir sur ce bien N°* 3459, 3463, — et ont perçu leur plaisir dans cette vie, s'ils sont dans cet état quand ils conçoivent un enfant, lui transmettent l'inclination à un semblable bien; il en est de même pour ceux qui reçoivent d'après l'héréditaire le bien de l'amour du mal et le bien de l'amour du faux, ces dernières inclinations sont appelées biens, parce que chez ceux qui les ont elles paraissent comme biens dans la forme externe, quoiqu'elles soient rien moins que des biens ; le plus grand nombre de ceux chez lesquels paraît le bien naturel, ont un tel bien ; ceux qui sont dans le bien naturel de l'amour du mal sont flexibles et enclins à des maux de tout genre, car ils se laissent facilement séduire, d'après ce bien ils sont complaisamment portés surtout à de

honteuses voluptés, à des adultères, et même à des cruautés ; et ceux qui sont dans le bien naturel du faux sont enclins à des faux de tout genre, d'après ce bien ils saisissent le persuasif, surtout de la part des hypocrites et des fourbes qui savent captiver les esprits, s'insinuer dans les affections et feindre l'innocence. C'est dans ces biens ainsi nommés, savoir, dans les biens de l'amour du mal et de l'amour du faux, que naissent aujourd'hui la plupart de ceux qui dans la Chrétienté sont dans le bien naturel ; et cela, parce que leurs parents, par la vie actuelle, ont contracté le plaisir du mal et le plaisir du faux, et les ont de la sorte implantés dans leurs enfants, et ainsi dans leurs descendants.

3470. Et il prit pour femme Jéàudith fille de Bieri le Ckittèen, et Basemath fille d'Elon le Chittéen, signifie l'adjonction du vrai naturel provenant d'autre part que du vrai réel même : on le voit par la signification delà femme, en ce que c'est le vrai adjointau bien, ainsi qu'il a été dit de Sarah et de Rébecca, N" 1468, 1901, 2063, 2065, 2172, 2173, 2198, 2507, 2904, 3012, 3013, 3077 ; ici, le vrai naturel adjoint au bien naturel, dont il est ici question ; et par la représentation de Jéhudith fille de Béerile Chittéen, et de Basemath fille d'Elon le Chittéen, en ce que c'est le vrai procédant d'autre part que du vrai réel même ; car les Chittéens étaient du nombre des nations probes de la terre de Canaan, chez qui habitait Abraham, et de qui il acheta pour sépulcre la caverne de Machpélah — Gen. XXIII. 3 à 20, — et qui représentent là l'Église spirituelle parmi les nations, voir NM 2913, 2986; et comme cette Église n'est pas dans le vrai tiré de la Parole, ces Chittéens signifient le Vrai qui ne provient pas du vrai réel même ; en effet, la nation qui représente l'Église, signifie aussi le vrai et le bien, tels que sont le vrai et le bien de l'Église , car c'est d'après le vrai et le bien que l'Église est l'Église, lors donc qu'il est dit l'Église il est entendu le vrai et le bien, et lorsqu'il est dit le vrai et le bien il est entendu l'Église. Voici sur ce point ce qu'il en est: le bien naturel du vrai, avant d'avoir été réformé, n'est pas un bien spirituel, c'est-à-dire qu'il n'est ni un bien de la foi ni un bien de la charité; le bien naturel vient des parents, comme il a été dit N° 3469, mais le bien spirituel procède du Seigueur; c'est pourquoi l'homme, pour recevoir le bien spirituel , doit être régénéré ; lorsque la régénération

524 AUCANES CÉLESTES.

s'opère, il lui est d'abord adjoint des vrais, tirés d'autre part que du vrai réel même, qui sont tels, qu'ils n'adhèrent point, mais servent seulement de moyens d'introduire les vrais réels, et quand ces vrais ont été introduits , les vrais non-réels sont séparés ; il en est de cela comme de ce qui se passe chez les enfants; ceux-ci apprennent d'abord un grand nombre de choses, et même des choses inutiles, comme les choses badines et autres semblables, non pour qu'elles les rendent sages, mais pour qu'elles préparent la voie pour recevoir les choses utiles qui appartiennent à la sagesse, et dès qu'elles ont été reçues les premières sont séparées et même rejetées; ou bien, il en est comme des fruits qui d'abord sont remplis d'un suc amer avant qu'ils puissent recevoir le suc doux ; ce suc amer, qui n'est pas le véritable, est un moyen d'introduire le doux, et quand celui-ci entre, l'autre est dissipé ; il en est aussi de môme du naturel de l'homme, quand ce naturel est régénéré ; en effet, le bien naturel est tel, que de lui-même il ne veut ni obéir au rationnel, ni le servir comme un serviteur doit faire à l'égard de son mattre, et qu'il veut, au contraire, commander; mais pour le réduire à l'obéissance et à la servitude, il est tourmenté par des états de vastation et de tentation, jusqu'à ce que ses concupiscences s'affaiblissent, et alors le Seigneur le modère par l'influx du bien de la foi et de la charité au moyen de l'homme Interne, jusqu'à ce que le bien reçu en héritage soit par degrés extirpé, et qu'un nouveau bien soit implanté à sa place ; alors dans ce nouveau bien sont insinués les vrais de la foi, qui sont comme de nouvelles fibres dans le cœur de l'homme, par lesquelles un nouveau suc est porté, jusqu'à ce que le nouveau cœur se soit successivement accru ; les vrais qui y sont d'abord portés ne peuvent pas être d'une source pure, parce qu'il y a des maux et des faux dans le bien précédent ou naturel, mais ce sont comme des vrais ou des apparences du vrai, qui ont une sorte d'affinité avec les vrais réels, et au moyen de ces vrais apparents les vrais réels trouvent peu à peu la faculté et l'occasion de s'insinuer. Le bien réel est comme le sang dans les vaisseaux ou comme le suc dans les fibres, il dirige et applique les vrais dans la forme ; le bien qui est ainsi formé dans l'homme naturel ou externe, est un bien commun, comme arrangé ou composé de particuliers et de singuliers du bien spirituel au moyen de l'homme rationnel ou

interne par le Seigneur, qui Seul forme et crée de nouveau ; c'est de là que le Seigneur, dans la Parole, est tant de fois nommé formateur et Créateur.

3471. Elles furent une amertume d'esprit pour lischak et pour Rêbecca, signifie que de là vint une douleur : on le voit par la signification d'amertume d'esprit, en ce que c'est une douleur ; et par la représentation de li&cliak et de Mébccca, en ce que c'est le Divin Rationnel du Seigneur quant au Divin Bien et au Divin Vrai ; en effet, dans le sens suprême il s'agit du Seigneur, mais dans le sens représentatif il s'agit de ceux qui sont les ressemblances ou les images du Seigneur, c'est-à-dire qu'il s'agit, dans le sens suprême, de la manière dont ie Seigneur a chez lui rendu Divin l'Humain, et dans le sens représentatif, de la manière dont le Seigneur régénère l'homme ou le rend céleste et spirituel; que la régénération de l'homme soit l'image de la glorilication du Seigneur, on le voit N" 3043, 3138, 3212, 3296. Si cela a d'abord été une douleur, c'est parce que les vrais, quand ils sont portés dans le bien naturel, produisent d'abord de la douleur, car ils surchargent la conscience et introduisent des anxiétés, parce qu'il y a des concupiscences contre lesquelles le vrai spirituel combat; mais cette première douleur diminue par degrés et enfin s'évanouit; c'est comme un corps affaibli et malade qui doit être rendu à la santé par des moyens douloureux; quand il est dans cet état, il ressent d'abord de la douleur/

Continuation sur les Correspondances et sur les Représentations, SURTOUT SUR CELLES QUI SONT DANS LA PAROLE.

3472. D'après ce qui a été montré jusqu'à présent, et ce qui, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, doit être encore montré, on peut voir que toutes les choses en général et en particulier que renferme le sens littéral de la Parole, sont les représentatifs des

spirituels et des célestes du Royaume du Seigneur dans les cieux, et dans le sens suprême les représentatifs du Seigneur Lui-Môme : mais comme l'homme s'est retiré si loin du ciel et s'est plongé dans ce que la nature a de plus bas et même dans ce qu'elle a de terrestre, il oppose une forte résistance quand on lui dit que la Parole renferme des choses plus élevées que celles qu'il saisit d'après la lettre, et une résistance plus forte quand on dit qu'elle contient des choses incompréhensibles, qui sont seulement à la portée de la sagesse des Anges, et une résistance encore plus forte quand on dit qu'elle contient les Divins mêmes qui surpassent infiniment l'entendement des Anges : à la vérité, le monde Chrétien reconnaît que la Parole est Divine, mais il nie, sinon de bouche, du moins de cœur, qu'elle le soit ainsi ; et cela n'est pas étonnant, puisque le terrestre, dans lequel est l'homme aujourd'hui, ne saisit point et ne veut point saisir ce qui est au-dessus de lui.

3473. Que la Parole dans la lettre renferme en soi de telles merveilles, c'est ce qui est très souvent présenté à la vue des esprits ou des âmes qui viennent dans l'autre vie; et lorsque cela est arrivé, il m'a été quelque fois donné d'y être présent, comme on peut le voir par les expériences mêmes qui ont été rapportées dans la Première Partie sous ce titre : De l'Ecriture Sainte ou de la Parole; qu'elle renferme des choses Divines qui se manifestent devant les bons Esprits et tes Anges, N°* 1767 à 1776,- et 1869 à 1879 ; je vais, pour confirmation, en rapporter de nouveau ce qui suit immédiatement.

3A74. Un esprit vint vers moi peu de temps après sa sortie du corps, ce que je pus conclure de ce qu'il ne savait pas encore qu'il était dans l'autre vie, croyant vivre dans le monde ; je perçus qu'il avait été adonné à des études, dont je m'entretins avec lui ; mais il fut alors enlevé subitement en haut, ce qui me surprit : je présumais qu'il était de ceux qui ont aspiré aux choses élevées, car ceuxlà sont ordinairenent portés en haut; ou qu'il avait placé le Ciel dans une région trè's élevée; ceux-ci ont pareillement coutume d'être enlevés en haut, afin que par là ils sachent que le Ciel est dans l'interne, et non pas dans le haut; mais je m'aperçus bientôt qu'il avait été enlevé vers les esprits angéliques qui sont en avant un peu vers la droite à la première entrée du ciel ; de là il s'entretint ensuite avec moi, me disant qu'il voyait des choses trop sublimes

pour qu'elles pussent jamais être saisies par des mentais humains; tandis que cela avait lieu, je lisais le Chapitre Premier du Deutéronome où il est dit, au sujet du peuple Juif, que des hommes furent envoyés pour explorer la terre de Canaan et ce qu'elle contenait; pendant que je lisais ce passage, il me dit qu'il n'apercevait rien du sens de la lettre, mais qu'il percevait les choses qui sont dans le sens spirituel, et que c'étaient des merveilles qu'il lui serait impossible de décrire ; cela se passait à la première entrée du ciel des Esprits Angéliques; que doit-ce donc être dans ce ciel même? et que doit-ce être dans le Ciel Angélique? Alors quelques esprits qui étaient chez moi et auparavant ne croyaient pas que la Parole du Seigneur fût telle, commencèrent à se repentir de n'avoir pas cru ; ils me disaient , dans cet état, qu'ils croyaient, parce qu'ils avaient entendu cet esprit dire qu'il entendait, voyait et percevait que cela était ainsi. Mais d'autres esprits persistaient encore dans leur incrédulité, et disaient que cela n'était pas ainsi, mais que c'étaient des phantaisies ; c'est pourquoi ils furent aussi tout-à-coup enlevés, et de là ils conversèrent avec moi et avouèrent que ce n'était rien moins qu'une phantaisie, parce qu'ils percevaient réellement que cela était ainsi, et que la perception était même plus exquise que jamais il n'est possible à aucun sens de l'avoir dans la vie du corps. Bientôt aussi d'autres esprits furent enlevés dans le même ciel, et l'un d'eux que j'avais connu dans la vie du corps attesta la même chose, ajoutant même, entre autres particularités, que, dans l'étonnement où il se trouvait, il lui était impossible de décrire la gloire de la Parole dans son sens interne ; alors s'exprimant avec un sentiment de commisération : qu'il est étonnant, disait-il, que les hommes ne sachent rien de ces merveilles ! Par deux fois ensuite j'en vis d'autres enlevés dans le second ciel parmi les Esprits Angéliques; et de là ils s'entretinrent avec moi, je lisais alors le Chapitre III du Deutéronome, depuis le commencement jusqu'à la fin, ils me dirent qu'ils étaient seulement dans le sens intérieur dê la Parole, assurant alors qu'il n'y avait pas même un accent dans lequel il n'y eût un sens spirituel s'unissant admirablement bien avec le reste, et que les Noms signifient des choses; ils furent aussi confirmés de cette manière, parce qu'auparavant ils n'avaient pas cru que tout en général et en particulier dans la Parole eût été inspiré

par le Seigneur ; ils voulaient même confirmer la chose par serment devant les autres, mais cela ne leur fut pas permis.

3A75. Que dans les cieux il y ait de continuels Représentatifs tels qu'ils sont dans la Parole, c'est ce qui a été quelquefois dit et montré précédemment ; ces Représentatifs sont tels, que les Esprits et les Anges les voient dans une lumière beaucoup plus claire que n'est la lumière du midi dans le monde ; ces représentatifs sont tels, qu'en les voyant dans la forme externe on perçoit ce qu'ils signifient dans la forme interne, et qu'en eux on perçoit des choses encore plus intérieures : en effet, il y a trois cieux; dans le Premier Ciel, les représentatifs apparaissent dans la forme externe avec la perception de ce qu'ils signifient dans la forme interne; dans le Second Ciel ils apparaissent tels qu'ils sont dans la forme interne avec la perception de ce qu'ils sont dans une forme encore plus intérieure; dans le Troisième Ciel ils apparaissent dans cette forme encore plus intérieure, qui est la forme intime : les représentatifs qui apparaissent dans le Premier Ciel sont les communs de ces choses qui apparaissent dans le Second , et les représentatifs du Second sont les communs des choses qui apparaissent dans le Troisième ; ainsi dans les représentatifs du Premier Ciel il y a intérieurement ceux du Second, et dans ceux du second il y a intérieurement ceux du Troisième ; et comme ils se présentent ainsi selon les degrés, on peut voir combien de perfection, de sagesse et en môme temps de félicité il y a dans ceux du Ciel interne, et qu'ils sont absolument ineffables, car il s'en présente des myriades de myriades dans un seul particulier d'un commun. Tous ces représentatifs, en général et en particulier, renferment les choses qui appartiennent au Royaume du Seigneur, et celles-ci renferment les choses qui appartiennent au Seigneur Même; ceux qui sont dans le Premier Ciel voient dans leurs Représentatifs les choses qui existent dans la sphère intérieure du Royaume, e't dans ces choses celles qui existent dans une sphère encore plus intérieure, et par conséquent les représentatifs du Seigneur, mais de loin ; ceux qui sont dans le Second Ciel voient dans leurs représentatifs les choses qui sont dans la sphère intime du Royaume, et dans ces choses les représentatifs du Seigneur, et de plus près; mais ceux qui sont dans le Troisième voient le Seigneur Même.

3476. D'après cela on peut voir ce qu'il en est de la Parole ; en effet, la Parole a été donnée par le Seigneur à l'homme, et aussi aux Anges, afin que par elle ils soient chez Lui ; car la Parole est le médium qui unit la terre avec le ciel et par le ciel avec le Seigneur: c'est son sens littéral qui unit l'homme avec le Premier Ciel ; et comme il y a dans le sens littéral un sens interne qui traite du Royaume du Seigneur, et dans ce sens un sens suprême qui traite du Seigneur, et que ces sens se contiennent en ordre, on voit clairement par là quelle union existe par la Parole avec le Seigneur.

3477. Il a été dît qu'il y a de continuels Représentatifs dans les cieux, et même des représentatifs qui renferment les arcanes les plus profonds de la sagesse; ceux qui sont exposés devant l'homme d'après le sens littéral de la Parole sont en si faible nombre, qu'on peut les comparer aux eaux d'un très petit lac relativement aux eaux de l'Océan : on peut juger de ce que sont les représentatifs dans les cienx par ceux que j'ai déjà parfois rapportés d'après ma propre expérience, et encore par ceux-ci : il fut représenté devant quelques esprits, — et je l'ai vu — ■ le chemin spacieux et le chemin étroit, dont il est parlé dans la Parole, le chemin spacieux conduisant à l'enfer, et le chemin étroit conduisant au ciel ; le chemin spacieux avait pour ornement des fleurs et autres objets de ce genre

étaient cachés des couleuvres et des serpents de différentes espèces qu'ils ne voyaient pas; le chemin étroit n'était pas, à la vue, ainsi décoré d'arbres et de fleurs , il parut au contraire triste et obscur . mais il y avait sur ce chemin des Anges enfants gracieusement décorés dans des jardins et des parterres de la plus grande beauté, que cependant ces esprits ne voyaient pas; il leur fut alors demandé dans quel chemin ils voudraient aller; ils répondirent, dans le chemin spacieux; mais tout-à-coup leurs yeux furent ouverts, et ils virent dans le chemin spacieux les serpents, et dans le chemin étroit les anges : alors il leur fut demandé de nouveau dans quel chemin ils voudraient aller ; ils hésitèrent sans dire mot; et selon que leur vue était ouverte, ils disaient qu'ils voulaient aller dans le chemin étroit, et selon que leur vue était fermée, ils disaient qu'ils voulaient aller dans le chemin spacieux.

3478. Le Tabernacle avec l'Arche était aussi représenté devant

AIICANES CÉLESTES.

quelques esprits; car ceux qui ont pris beaucoup de plaisir à la Parole, quand ils vivaient dans le monde, voient aussi de tels représentatifs se présenter devant eux ; ainsi ce fut alors avec tout son appareil que le Tabernacle apparut, savoir, avec les parvis, les tentures tout autour , les voiles au-dedans , l'autel d'or ou des parfums, la table pour les pains, le chandelier, le propitiatoire avec les chérubins; et alors il était en môme temps donné aux bons esprits de percevoir ce que chacun de ces objets signifiait; c'étaient les trois Cieux qui avaient été représentés par le Tabernacle, et le Seigneur Lui-Méme par le Témoignage renfermé dans l'Arche sur laquelle était le Propitiatoire ; et autant leur vue était ouverte , autant dans ces représentatifs ils voyaient des choses plus célestes et plus Divines , dont ils n'avaient eu aucune connaissance dans la vie du corps ; et chose merveilleuse , c'est qu'il n'y avait pas le plus petit objet qui ne fût un représentatif, jusqu'aux crochets et aux anneaux; et pour ne parler que du Pain qui était sur la table, dans ce pain comme objet représentatif et symbolique, ils percevaient cette nourriture dont vivent les Anges , ainsi l'amour céleste et l'amour spirituel avec leurs béatitudes et leurs félicités, et dans cette nourriture et ces amours le Seigneur Lui-Même, comme Pain ou Manne descendant du Ciel , outre plusieurs autres choses d'après la forme , la position, le nombre des pains, d'après l'or qui était autour, et d'après le chandelier qui en éclairant ces objets faisait qu'ils offraient encore des représentations de choses plus ineffables; et ainsi pour le reste. Par là j'ai pu voir aussi que les rites ou les représentatifs de l'Eglise Juive ont contenu en eux tous les arcanes de l'Église Chrétienne , et que ceux auxquels sont ouverts les représentatifs et les significatifs de la Parole de l'Ancien Testament , peuvent savoir et percevoir les Arcanes de l'Église du Seigneur sur les terres quand ils vivent dans le monde, et les arcanes des arcanes qui sont dans le Royaume du Seigneur dans les cieux, quand ils viennent dans l'autre vie.

3479. Les Juifs qui vivaient avant l'avènement du Seigneur, comme aussi ceux qui ont vécu depuis, n'ont eu des rites de leur Église que cette seule opinion , que le culte Divin consistait seulement dans les externes, ils ne s'inquiétaient nullement de ce qu'ils représentaient et signifiaient ; en effet, ils ne savaient pas et ne vou-

laient pas savoir qu'il y avait un interne du culte et de la Parole, qu'ainsi il y avait une vie après la mort, et par conséquent un ciel . car ils étaient entièrement sensuels et corporels; et comme ils étaient dans les externes séparés d'avec les internes, le culte relativement à eux n'a été qu'un culte idolâtre, aussi étaient-ils très-enclins à adorer des dieux quels qu'ils fussent, pourvu qu'ils fussent persuadés que ces dieux pouvaient les faire prospérer ; mais, parce que cette Nation était telle, que ceux qui la composaient avaient pu être dans le saint externe, et par conséquent considérer comme saints les rites par lesquels étaient représentés les célestes du Royaume du Seigneur, et avoir une sainte vénération pour Abraham, Iischak et Jacob, et aussi pour Moïse et Aliaron, et ensuite pour David , par lesquels était représenté le Seigneur , et surtout avoir de la sainteté pour la Parole, dans laquelle sont, en Général et en particulier, tous les représentatifs et tous les significatifs des choses Divines, c'est pour cela que l'Église représentative a été établie dans cette nation ; mais si cette nation eût connu les internes jusqu'à la reconnaissance, alors elle les aurait profanés, et alors elle aurait été dans le profane interne en même temps qu'elle était dans le saint externe , ainsi il n'y aurait pu avoir aucune communication des représentatifs avec le ciel par cette nation ; voilà pourquoi les intérieurs ne leur ont pas été découverts, et qu'ils n'ont pas même su que le Seignenr était dans ces intérieurs pour sauver leurs âmes. Comme la tribu de Juda plus que toutes les autres tribus a été telle, et qu'aujourd'hui , ainsi qu'autrefois, les Juifs regardent comme saints les rites qui peuvent être observés hors de Jérusalem , et ont aussi une sainte vénération pour leurs pères, et surtout de la sainteté pour la Parole de l'Ancien Testament , et qu'il avait été prévu que les Chrétiens rejetteraient presque cette Parole , et en souilleraient les internes par des choses profanes, c'est pour cela que cette nation a été conservée jusqu'à présent, selon les paroles du Seigneur dans Matthieu, Chapitre XXIV. 34 ; il en serait autrement si les Chrétiens, de môme qu'ils connaissent les internes, vivaient aussi en hommes Internes ; si cela était arrivé, cette Nation aurait, depuis plusieurs siècles, été détruite comme d'autres nations. Mais voici ce qu'il en est de cette Nation, c'est que leur saint externe ou le saint du culte ne peut affecter en rien leurs internes, car ces in-

ternes sont souillés par un sordide amour de soi et un sordide amour du monde , et aussi par l'idolâtrie, en ce qu'ils adorent les externes sans les internes; et ainsi ils vivent, parce qu'ils n'ont en eux aucune chose du ciel, et ne peuvent porter avec eux dans l'autre vie aucune chose du ciel , excepté un petit nombre d'entre eux qui sont dans l'amour mutuel et n'ont par conséquent point de mépris pour les autres en les comparant à eux-mêmes.

3480. Il m'a aussi été montré comment les choses impures chez cette Nation n'empêchaient pas que les intérieurs de la Parole ou ses spirituels et ses célestes ne se présentassent dans le ciel; en effet, les choses impures étaient écartées , comme non aperçues , et même les maux étaient tournés en bien , de manière que seulement le saint externe servait de plan ; ainsi se présentaient devant les anges les internes de la Parole sans les obstacles interposés ; par là, j'ai vu clairement comment ce peuple intérieurement idolâtre a pu représenter les choses saintes, et qui plus est, le Seigneur Lui- Même, et ainsi, comment le Seigneur a pu habiter au milieu de leurs impuretés, — Lévit. XVI. 16, — et y avoir par conséquent une ressemblance d'Église , car une Église qui n'est que représentative est une ressemblance d'Église et n'est pas une Église. Chez les Chrétiens cela ne peut pas se faire ainsi, parce qu'ils connaissent les intérieurs du culte, mais ils n'y croient pas ; ainsi ils ne peuvent pas être dans le saint externe séparé d'avec l'interne ; excepté chez ceux qui sont dans la vie de la foi, par lesbiens chez ceux-là il se fait une communication , les maux et les faux étant pendant ce temps-là écartés , et alors , ce qui est merveilleux , tout ce qui appartient en général et en particulier à la Parole qui est lue par eux se manifeste devant les anges, et cela aussi lors même que ceux qui lisent ne font pas attention à son sens, ce qui m'a été montré par plusieurs expériences, car chez eux l'interne, qui n'est pas ainsi perceptible, sert de plan.

3A81. Je me suis très-souvent entretenu avec des Juifs, qui, daus l'autre vie, apparaissent sur le devant dans la terre inférieure sous le plan du pied gauche, et une fois je leur ai aussi parlé de la Parole, de la Terre de Canaan et du Seigneur; quand je disais que la Parole renfermait de profouds arcanes qui ne se manifestaient pas devant les hommes, ils l'affirmaient ; puis, que tous les arcanes qui

y sont concernent le Messie et son Royaume, ils le voulaient aussi ; niais quand je disais que Messie en langue Hébraïque est la même

chose que Christ en langue Grecque , ils ne voulaient pas entendre; quand de nouveau je disais que le Messie est très-saint , que Jéhovah est en Lui, et qu'aucun autre n'est entendu par le Saint d'Israël et par le Dieu de Jacob, et qu'étant Très-Saint, il ne peut y avoir dans son Royaume que ceux qui sont saints, non par la forme externe, mais par la forme interne, qui par conséquent ne sont ni dans un amour sordide du monde, ni dans l'orgueil en se comparant aux autres nations , ni dans les haines entre eux , ils ne pouvaient pas entendre cela; quand ensuite je disais que le Royaume du Messie, selon les prophéties, sera éternel, et que ceux qui seront avec lui auront aussi pour l'éternité la terre en héritage; que si ce Royaume était de ce monde, et qu'ils fussent introduits dans la terre de Canaan, ce serait pour le peu d'années qui constituent la vie de l'homme, outre que tous ceux qui sont morts depuis l'expulsion des Juifs de la terre de Canaan ne jouiraient pas d'une telle béatitude ; et que par là ils auraient pu savoir que la terre de Canaan a représenté et signifié le Royaume céleste , et d'autant mieux qu'eux-mêmes savent maintenant qu'ils sont dans l'autre vie, et qu'ils vivront éternellement, qu'ainsi il est évident que le Messie a son Royaume dans cette autre vie ; et que s'il leur est donné de parler avec les anges, ils peuvent savoir que le Ciel Angélique tout entier est son Royaume ; qu'en outre par la Nouvelle Terre, la Nouvelle Jérusalem et le Nouveau Temple, dans Ézéchiel, il ne peut être signifié autre chose qu'un tel Royaume du Messie ; à cela ils ne pouvaient rien répondre ; seulement à l'idée que ceux qui devaient être introduits par le Messie dans la terre de Canaan mourraient après un si petit nombre d'années , et abandonneraient cette béatitude dont ils devaient y jouir, ils versaient des larmes amères.

3482. Quoique le langage, quivst dans la Parole, paraisse simple devant l'homme, et grossier dans quelques endroits, c'est le langage Angélique même, mais tombé dans le dernier (degré) ; en effet, lorsque le langage Angélique, qui est spirituel, tombe dans les mots humains, il ne peut pas tomber dans un langage autre que celni-là. car toutes les choses qui y sont contenues représentent et signifient; les Anciens, parce qu'ils avaient commerce avec les

esprits et les anges, n'ont pas eu d'autre langage ; leur langage était plein de représentatifs , et il y avait dans chaque représentatif un sens spirituel ; les livres des anciens ont aussi été écrits ainsi, car parler ainsi et écrire ainsi, c'était là l'étude de leur sagesse ; on peut aussi voir par là combien l'homme dans la suite s'est éloigné du ciel ; aujourd'hui il ne sait pas même que dans la Parole il y a autre chose que ce qui paratt dans la lettre, ni même qu'il y a en elle un sens spirituel ; tout ce qui est dit au-delà du sens littéral est appelé mystique, et pour cela seul rejeté ; de là vient aussi que la communication avec le ciel a été aujourd'hui interceptée à un tel point, qu'il est peu d'hommes qui croient qu'il y a un ciel ; et , ce qui est étonnant, c'est que le nombre de ceux qui y croient est bien plus petit parmi les savants et les érudits que parmi les hommes simples.

3483. Tout ce qui apparaît dans l'univers est représentatif du Royaume du Seigneur , au point qu'il n'existe rien dans l'univers atmosphérique et astral , dans la terre et ses trois règnes , qui ne représente à sa manière ; car toutes les choses , en général et en particulier, qui sont dans la nature, sont les dernières images; en effet, du Divin procèdent les célestes qui appartiennent au bien , des célestes procèdent les spirituels qui appartiennent au vrai, et des célestes et des spirituels procèdent les naturels; par là on peut voir combien est grossière, et même combien est terrestre, et aussi combien a été renversée l'intelligence humaine qui attribue toutes choses à la Nature séparée ou privée d'un influx antérieur à elle, ou d'une cause efficiente; ceux aussi qui pensent et qui parlent de la sorte se croient eux-mêmes plus sages que les autres, savoir, en attribuant tout à la nature ; tandis qu'au contraire l'intelligence consiste à ne rien attribuer à la nature , mais à attribuer tout, en général et en particulier, au Divin du Seigneur, par conséquent à la vie, et non à aucune chose morte ; les Érudits savent que la subsistance est une perpétuelle existence , mais néanmoins il est contre l'affection du faux, et par suite contre la renommée d'érudition, de dire que la Nature subsiste continuellement, de même qu'elle a existé , d'après le Divin du Seigneur : maintenant puisque toutes choses , en général et en particulier , subsistent par le Divin . c'està-dire existent continuellement , et que toutes choses , en général et

en particulier, qui proviennent de là, ne peuvent être que représentatives de celles par lesquelles elles ont existé, il s'en suit que l'univers visible n'est autre que le théâtre représentatif du Royaume du Seigneur, et que ce Royaume est le théâtre représentatif du Seigneur Lui-Même.

3A8A. J'ai été instruit par un grand nombre d'expériences qu'il n'y a qu'une vie unique, qui est la vie du Seigneur ; qu'elle influe et fait que l'homme vit, et fait même que tant les bons que les méchauts vivent; à cette vie correspondent des formes, lesquelles sont des substances, qui, par le continuel influx Divin, sont tellement vivifiées qu'il leur semble qu'elles vivent par elles-mêmes ; c'est là la correspondance des organes avec la vie , mais tels sont les organes récipients , telle est la vie ; les hommes qui sont dans l'amour et dans la charité sont dans la Correspondance , car la vie même est reçue par eux d'une manière adéquate; mais ceux qui sont dans les opposés de l'amour et de la charité , ne sont point dans la correspondance , parce que la vie même n'est point reçue d'une manière adéquate ; de là, tels ils sont, telle la vie existe ; cela peut être illustré par les formes naturelles dans lesquelles influe la lumière du soleil; telles sont les formes récipientes, telles y sont les modifications de la lumière : dans le monde spirituel , les modifications sont spirituelles, là, par conséquent, telles sont les formes récipientes, telle est pour elles l'intelligence, et telle est la sagesse : de là vient que les bons esprits et les Anges apparaissent comme les formes mêmes de la charité , et que les esprits mauvais et infernaux apparaissent comme des formes de la haine.

3485. Les Représentations qui existent dans l'autre vie sont des apparences, mais vivantes, parce qu'elles proviennent de la lumière de la vie; la Lumière de la vie est la Divine Sagesse qui procède du Seigneur Seul ; de là, toutes les choses qui existent par cette lumière sont réelles ; il n'en estpas de même de celles qui ex i s te n t par la lumière du monde ; c'est pourquoi ceux qui sont dans l'autre vie m'ont di t quelquefois que les choses qu'ils y voient sont réelles, et que les choses que l'homme voit ne sont pas respectivement réelles , parce que celles qu'ils voient vivent et ainsi affectent immédiatement leur vie , mais que celles que les hommes voient ne vivent point , et ainsi n'affectent point immédiatement leur vie, si ce n'est qu'autant et selon

5âC

que chez eux les choses qui appartiennent à la lumière du monde se conjoignent d'une manière adéquate et correspondante avec celles qui appartiennent à la lumière du ciel : par là on peut voir maintenant ce que c'est que les Représentations et ce que c'est que les Correspondances.

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