SENS INTERNE
9986. Vers. 1, 2, 3. Et voici la parole que tu leur feras pour les sanctifier, pour exercer le sacerdoce pour Moi : Prends un taureau fils du gros bétail, et deux béliers intacts. Et du pain d'azymes, et des gâteaux d'azymes mêlés a" huile, et des beignets d'azymes oints d'huile; de fleur de farine de froments tu les feras. Et tu les mettras sur une corbeille, et tu les feras approcher dans la corbeille; et le taureau et les deux béliers. — Et voici la parole que tu leur feras, siguilie la loi de l'ordre : pour les sanctifier, signifie la représentation du Seigneur quant au Divin Humain : pour exercer le sacerdoce pour Moi, signifie pour représenter toute œuvre de salvation par le Seigneur : prends un taureau fils du gros bétail, signifie la purification de l'homme naturel ou externe : et deux béliers intacts, signifie la purification de l'homme spirituel ou interne : et du pain d'azymes, signifie la purification du céleste dans l'intime de l'homme : et des gâteaux d'azymes mêlés d'huile, signifie la purification du céleste moyen : et des beignets d'azymes oints d'huile, signifie le céleste dans l'homme externe : de fleur de farine de froments tu les feras, signifie le vrai qui procède du Divin Bien : et tu les mettras sur une corbeille, signifie le sensuel dans lequel ils sont : et tu les feras approcher dans la corbeille, signifie ainsi la présence de tous : et le taureau et les. deux béliers, signifie le naturel ou l'externe de l'homme, et le spirituel ou l'interne de l'homme, qui doivent être purifiés.
9987. Et voici la parole que tu leur feras, signifie la loi de l'ordre : on le voit par la signification de la parole, en ce que c'est le Divin Vrai, et par suite la loi de l'ordre, ainsi qu'il va être montré : la parole dans le commun sens signifie l'énoncé de la bouche ou le discours ; et comme le discours est la pensée du mental énoncée par des mots, c'est pour cela que la parole signifie la chose qui est pensée ; de là tout ce qui existe réellement, et est quelque chose, est appelé parole dans la Langue originale; mais, dans un
sens élevé, la Parole est le Divin Vrai ; et cela, parce que tout ce qui existe réellement, et qui est quelque chose, procède du Divin Vrai ; c'est pour cela qu'il est dit dans David : « Par la parole de » Jéhovah lesmcieux ont été faits, et par l'esprit de sa bouche » toute leur armée. » — Ps. XXXIII, 6; — là, la parole de Jéhovah est le Divin Vrai procédant du Seigneur ; l'esprit de la bouche de Jéhovah est la vie qui en provient; les cieux qui en ont élé faits et toute leur armée, ce sont les anges, en tant qu'ils sont les réceptions du Divin Vrai; si les cieux sont les anges, c'est parce que les anges constituent le ciel ; et comme les anges sont les réceptions du Divin Vrai, c'est pour cela que dans le sens abstrait les anges signifient les Divins Vrais qui procèdent du Seigneur, voir N° 8192, et que les armées des cieux daus le même seus sont les Divins Vrais, N01 3448, 7236, 7988 : de là, on peut voir ce qui est signifié dans Jean par la Parole : « Au commencement était la » Parole, et la Parole était chez Dieu; et Dieu elle était, la » Parole l toutes choses par Elle ont été faites, et sans Elle » n'a été fait rien de ce qui a été fait : et la Parole Chair a » été faite, et elle a habité parmi nous, et nous avons vu sa » gloire. »— I. 1, 3, 14;— que dans ce passage, le Seigneur soit entendu par la Parole, cela est évident, car il est dit que la Parole Chair a été faite : si le Seigneur est la Parole, c'est parce que le Seigneur, pendant qu'il était dans le monde, a été le Divin Vrai Môme, et que, lorsqu'il est sorti du monde, le Divin Vrai a procédé de Lui, voir les passages cités, N°* 9109 f. , et 9315 f. Que la Parole dans le sens suprême soit le Seigneur quant au Divin Vrai, ou, ce qui est la môme chose, que la Parole soit le Divin Vrai procédant du Seigneur, on le voit par un grand nombre de passages ; par exemple, dans David : « Ils ont crié a Jéhovah, et il a envoyé » sa Parole, et il les a guéris. » — Ps. CVII. 20. — Dans Jean : « La Parole du Pére, vous ne l'avez point demeurant en vous, » parce qu'à Celui qu'il a envoyé, Lui, vous ne croyez point ; et » vous ne voulez point venir à Moi pour avoir la vie. » — V. 38, 40. — Dans le Même : « Moi, je leur ai donné ta parole, et le » monde les a haïs ; sanctifie-les dans ta vérité, ta parole est » vérité, » — XVII. 14, 17. — Et dans l'Apocalypse : « Celui qui » était monté sur le cheval blanc élait revôlu d'un vêtement teint
» de saug, el s'appelle son Nom la Parole de Dieu; et il avait » sur son vêtement et sur sa cuisse (ce) nom écrit : Roi des rois » et Seigneur des seigneurs. » —XIX. 13, 16;— d'après ces passages et plusieurs autres, on voit que le Divin Vrai procédant du Seigneur est la Parole, et dans le sens suprême le Seigneur quant au Divin Vrai, car il est dit que le Nom de Celui qui était montésur le cheval blanc est la Parole de Dieu, et qu'il est Roi des rois et Seigneur des seigneurs ; et puisque la Parole est le Divin Vrai, voilà pourquoi il est dit que le Seigneur était revêtu d'un vêtement teint de saug, car par le vêtement est signifié le vrai, N° 9952, et par le sang le vrai d'après le bien ; voir de plus amples explications, N0' 2700, 2761, 2762. C'est de là que tout vrai qui procède du Divin est appelé la Parole, comme dans Joël : « Jéhovah » a donné de sa voix devant son armée, très-grand (est) son camp, • » car innombrables (sont) ceux qui font sa parole. » — II. 11; — la voix dont Jéhovah donne est le vrai qui procède du Divin, N° 9926; le camp de Jéhovah est le ciel, N" 4236, 8193, 8196; de là, il est évident que ceux qui font sa parole sont ceux qui font le Divin Vrai. Dans Matthieu : « Quand quelqu'un entend la pa- » rote du royaume, et ne la comprend pas, le méchant vient et » ravit ce qui a été semé dans son cœur ; celui qui sur les endroits » pierreux a été semé, est celui qui entend la parole, et aussitôt » avec joie la reçoit, mais il n'a point de racine ; celui qui parmi » les épines a été semé, est celui qui entend la parole, mais le » souci du siècle et la tromperie des richesses étouffent la parole : » celui qui dans la bonne terre a été semé, est celui qui la parole » entend et comprend, et qui par là porte du fruit. » — XIII. 19 à 23; — que la parole dans ce passage soit le vrai Divin, cela est évident sans explication; il est dit la parole du royaume, parce que c'est le vrai du Ciel et de l'Église, car le royaume est le Ciel et l'Église. D'après cela, on peut voir que les paroles sont les Divins vrais qui procèdent du Seigneur ; par exemple, dans Jean : « Les » paroles que Moi je vous prononce sont esprit et sont vie. » — VI. 63 ;— c'est pour cela aussi que les préceptes du Décalogue sont appelés « les dix paroles, » — Exod. XXXIV. 28.— Que la Parole soit la loi de l'ordre, c'est parce que le Divin Vrai procédant du Seigneur fait Tordre dans les cieux, au point que ce vrai y est
l'ordre ; de là les lois de Tordre céleste sont les Divins vrais ; voir N0i 1728, 1919, 2447, 2258, 4839, 5703, 7995, 8513, 8700, 8988. La loi de l'ordre, qui est signifiée par la parole dans ce Chapitre, c'est comment le Seigneur a glorifié son Humain, c'està-dire, l'a fait Divin ; car il s'agit ici de ce sujet dans le sens inlernc; et par suite dans le sens respectif il s'agit de la régénération de l'homme, car la régénération de l'homme est l'image de la glorification du Seigneur, N°* 3138, 3212, 3296, 4402, 5688, 3245, 3246 ; que cela soit principalement la loi de l'ordre, c'est parce que le Seigneur quant au Divin Humain est l'Ordre dans les cieux, et parce que quiconque est régénéré est ramené vers cet ordre ; c'est pourquoi ceux qui sont dans cet ordre sont dans le Seigneur.
9988. Pour les sanctifier, signifie pour représenter le Seigneur quant au Divin Humain : on le voit par la signification de Sanctifier, en ce que c'est représenter le Seigneur quant au Divin Humain, N° 9956; que ce soit là sanctifier, c'est parce que le Seigneur seul est Saint; et parce que tout saint procède de Lui, et que toute sanctification le représente, N" 9479, 9680, 9820.
9989. Pour exercer le sacerdoce pour Moi, signifie toute œuvre de salvation par le Seigneur : on le voit par la signification du sacerdoce, en ce que c'est le représentatif du Seigneur quant à l'œuvre de la salvation, N° 9809.
9990. Prends un taureau fils du gros bétail, signifie la purification de l'homme naturel ou externe : on le voit par la signification du taureau, en ce qu'il est le bien de l'innocence et de la charité dans l'homme naturel ou externe, N° 9391 ; et comme il est dit fils du gros bétail, il est signifié aussi le vrai de ce bien, car le fils est le vrai, et le gros bétail est le naturel, on peut voir que le fils est le vrai, N" 489, 491, 533, 2623, 3373, 9807; et que le gros bétail est le naturel, Nûi 2566, 5913, 8937. Si le taureau fils du gros bétail signifie ici la purification de l'homme naturel ou externe, c'est parce que ce taureau était sacrifié, et que les sacrifices signifiaient la purification des maux et des faux, ou l'expiation, ici la purification des maux et des faux qui sont dans l'homme naturel ou externe; mais la purification dans l'homme spirituel ou interne est signifiée par l'holocauste du bélier. Pour savoir ce que représentait chacun des holocaustes et des sacrifices, il faut
qu'on sache qu'il y a dans l'homme un externe et un interne, et que dans l'externe et dans l'interne il y a ce qui se réfère au vrai et ce qui se réfère au bien; lors donc que l'homme doit être régénéré, il doit l'être quant à l'externe et quant à l'interne, et dans l'un et l'autre quant au vrai et quant au bien; mais avant que l'homme puisse être régénéré, il doit être purifié des maux et des faux, car ils font obstacle; les purifications de l'homme externe étaient représentées par les holocaustes et par les sacrifices de bœufs, de taureaux et de boucs ; les purifications de l'homme interne par les holocaustes et par les sacrifices de béliers, de chevreaux et de chèvres; et les purifications de l'interne même, qui est l'intime, par les holocaustes et les sacrifices d'agneaux : c'est pourquoi, par les animaux mêmes qui étaient sacrifiés, on peut voir quelle purification ou quelle expiation était représentée. Il est dit quelle purification ou quelle expiation était représentée, parce que les holocaustes et les sacrifices ne purifiaient pas ou n'expiaient pas l'homme, mais représentaient seulement la purification ou l'expiation ; en effet, qui ne peut savoir que de telles cérémonies n'enlèvent rien du mal et du faux chez l'homme, voir les passages de la Parole, .V 2180 ; qu'elles n'aient rien enlevé, mais qu'elles aient seulement représenté, c'est parce que chez la nation Israélite et Juive il avait été institué un représentatif d'Église, par lequel se faisait la conjonction avec les cieux, et par les cieux avec le Seigneur ; voir sur ce sujet ce qui a été montré dans les passages cités, N° 9320 f. , et N° 0380. Quant à ce que représentaient spécialement les holocaustes et les sacrifices de taureaux, de béliers et d'agneaux, on le verra dans la suite de ce Chapitre, car là il en est question.
0991. Et deux béliers intacts, signifie la purification de l'homme spirituel ou interne : on le voit par la signification du bélier, en ce qu'il est l'interne de l'homme, ainsi le spirituel de l'homme, N° 2830; car chez l'homme l'interne est appelé spirituel, et l'externe est appelé naturel. £i la purification est signifiée, c'est parce que des holocaustes étaient faits avec ces béliers, et que par les holocaustes et par les sacrifices étaient en général représentées les purifications des maux et des faux ou les expiations, et par les holocaustes et les sacrifices de béliers les purifications ou expiations de l'homme interne ou spirituel; il en sera question dans la suite de ce Chapitre, où il est parlé de ces holocaustes et de ces sacrifices.
9992. Et du pain d'azymes, signifie la purification du céleste dans l'intime de l'homme : on le voit par la signification du pain, en ce que c'est le céleste, N°* 2165, 2177, 3478, 9545 ; et par la signification de V azyme, en ce que c'est le purifié, ainsi qu'il va être montré ; que ce soit l'intime de l'homme c'est parce que le céleste est le bien de l'amour, et que le bien de l'amour est l'intime : il y a chez l'homme trois choses qui se suivent en ordre successif; ces trois sont appelés le céleste, le spirituel et le naturel; le céleste est le bien de l'amour envers le Seigneur, le spirituel est le bien de la charité à l'égard du prochain, et le naturel, qui en provient, est le bien de la foi; ce naturel, parce qu'il provient du spirituel, est appelé spirituel-naturel : en effet, il en est chez l'homme de môme que dans les cieux; dans le ciel intime, qui est aussi appelé troisième ciel, il y a le céleste ; dans le second ou moyen ciel, le spirituel; et dans le premier ou dernier ciel, le naturel qui en provient ou le spirituel-naturel : s'il en est chez l'homme de même que dans les cieux, c'est parce que l'homme qui est dans le bien est un ciel dans une très-petite forme; voir les articles cités, N° 9279. Dans ce qui suit, lorsqu'il sera question des gâteaux et des beignets de fleur de farine de froments, il sera aussi parlé de la division du ciel ou du Royaume céleste en trois. Que l'azyme signifie le purifié, c'est parce que le levain signifie le faux d'après le mal, N" 2342, 7906; de là l'azyme ou le non-ferment <j signifie le pur ou ce qui est sans ce faux ; si le levain signifie le faux d'après le mal, c'est parce que ce faux souille le bien et aussi le vrai, et parce qu'il excite le combat, car lorsque ce faux s'approche du bien il y a fermentation, et lorsqu'il s'approche du vrai il y a collision ; c'est de là que la minchah, faite de pain azyme, a été employée dans les holocaustes et dans les sacrifices ; c'est pourquoi il fut statué, que « toute minchah, qu'on apporterait à Jéhovah, » ne serait point faite avec du levain. » — Lévit. II. 11 : — « qu'on ne sacrifierait point sur du fermenté le sang du sa- » orifice. » — Exod. XXIII. 18 : — et que « dans la fêle de la » pâque, on ne mangerait point du fermenté, et que celui qui » en mangerait serait retranché d'Israël. » — Exod. XII. 15, 48, 19, 20; — si celui qui, dans la fête de la Pâque, mangeait du fermenté, devait être retranché d'Israël, c'est parce que la fête de
la Pâque signifiait la délivrance de la damnation, et spécialement la délivrance des faux d'après le mal chez ceux qui se laissent régénérer par le Seigneur, voir N°* 7093, 9286 à 9292 ; de là aussi cette fête était appelée la fôte des azymes.
9993. Et des gâteaux d'azymes mêtts d'huile, signifie la purification du céleste moyen : on le voit par la signification des gâteaux, en ce qu'ils sont le céleste moyen, ainsi qu'il va être montré; et par la signification de Y huile, en ce que c'est le bien de l'amour, N" 886, 4582, A638 ; delà il est évident que les gâteaux mêlés d'huile signifient le céleste qui provient de l'intime, car l'huile est le bien de l'amour, qui est l'intime. Voici à cet égard ce qui a lieu : Les cieux ont été distingués en deux Royaumes, dont l'un est appelé spirituel et l'autre céleste ; au Royaume spirituel dans les cieux correspond l'Intellectuel chez l'homme, et au Royaume céleste correspond le Volontaire, N° 9835 : dans l'un et l'autre Royaume il y a un Interne et un Externe , de même que chez l'homme pour l'Intellectuel et pour le Volontaire, car chez l'homme il y a un Intellectuel interne et un Intellectuel externe, et il y a un Volontaire interne et un Volontaire externe; l'Intellectuel interne fait la vie spirituelle de l'homme Interne, et l'Intellectuel externe fait la vie spirituelle de l'homme externe; le Volontaire interne fait la vie céleste de l'homme interne, et le Volontaire externe fait la vie céleste de l'homme externe : que chez l'homme il y ait un Interne et un Externe, quiconque réfléchit peut le voir, surtout d'après les hypocrites, les fourbes, les astucieux et les malicieux, en ce que ceux-là intérieurement en eux-mêmes pensent contre les vrais de la foi, et veulent contre les biens de l'amour céleste , mais extérieurement ils pensent et veulent conformément à ces vrais et à ces biens, par suite aussi ils parlent et agissent, afin qu'ils apparaissent devant le monde : en outre, il faut qu'on sache que l'un et l'autre Royaume, le Spirituel et le Céleste, est dans les cieux divisé en trois parties ; il y a son intime, son moyen et son externe, voir N° 9873 ; l'intime du Royaume céleste est le bien de l'amour euvers le Seigneur, le moyen est le bien de l'amour mutuel, qui est le bien procédant du bien de l'amour envers le Seigneur, et l'externe est le plaisir procédant de ce bien ; les deux premiers sont dans l'homme interne chez ceux qui sont dans le Royaume céleste
du Seigneur, mais le troisième est dans l'homme externe chez les mômes ; ces trois ont été représentés par le pain d'azymes, par les gâteaux d'azymes mêlés d'huile, et par les beignets d'azymes oints d'huile, et leur purification est représentée par Poblation de ces trois choses sur l'autel avec l'holocauste ou le sacrilice. Que ce soit là ce qui est signifié en ordre, on peut le voir par cela seul que ces trois choses ont été commandées, et que leur préparation est décrite dans les Livres de Moïse, ce qui n'aurait nullement élé fait, si elles n'eussent pas enveloppé des arcanes du Ciel et de l'Église, autrement à quoi bon ce commandement et cette description? Mais je sais qu'il est à peine quelqu'un qui puisse aujourd'hui saisir ces arcanes, parce que le mondain aujourd'hui est le tout dans l'entendement et dans la volonté , et que ceux qui pensent au ciel et levèrent, n'ont point d'autre idée du ciel et n'en veulent pas avoir d'autre qu'une idée naturelle et terrestre, et là où il y a une telle idée et une telle volonté, par conséquent où il y a un tel amour, les arcanes du ciel n'ont point de place : il en serait tout autrement si le mental se plaisait dans les célestes plus que dans les mondains, car les choses auxquels l'homme se plaît, il les comprend; par exemple, lorsqu'il se plaît aux arcanes de l'état civil dans les Royaumes, et aux arcanes de l'état moral chez l'homme ; par l'état moral est entendu l'état des amours et des affections, et par suite l'état des pensées, dont l'homme astucieux aperçoit facilement les arcanes ; et cela, parce qu'il se plaît à conduire les autres par ce moyen, pour acquérir des honneurs ou des richesses , ou de la réputation en vue des honneurs et des richesses. Quant aux gâteaux, s'ils signifient le céleste moyen dans l'homme interne, c'est parce qu'ils sont au second rang, car au premier rang est le pain d'azymes, au second sont les gâteaux mêlés d'huile , et au troisième les l)eignets oints d'huile, ces trois choses étaient appelées minchah, et étaient offertes sur l'autel avec les holocaustes et lès sacrifices; il est décrit dans le Lévitique, Chapit. II, comment elles étaient faites, et dans divers passages comment elles étaient offertes; par exemple, Lévit. VI. 13 à 16, comment elles furent offertes par Aharon le jour de son onction. Dans la Parole, par les gâteaux est aussi entendu le bien de l'amour en général ; c'est de là que les pains des faces ou de proposition sont api>elés gâteaux, dans Moïse : « Tu
» prendras de la fleur de farine, et tu la cuiras en douze gâteaux, » de deux dixièmes sera chaque gâteau; et tu les poseras sur la » table devant Jéhovah, et tu mettras sur (chaque) rangée de l'en- » cens pur. » — Lévit. XXIV. 5 à 9 ; — l'encens pur, qui était mis sur les gâteaux , signifiait le vrai d'après le bien céleste, qui est le dernier ou l'extrême du Royaume céleste : les gâteaux signifient aussi le bien de l'amour en général dans Jérémie : « Les fils ô amassent du bois, et les pères allument le feu, les femmes pélris- » sent de la pâte pour faire des gâteaux à la Reine des cieux, » et pour faire des libations à d'autres dieux. » — VII. 18. XL1V. 19 ; — faire des gâteaux à la Reine des cieux, c'est adorer le diable d'après le bien de l'amour céleste, et faire des libations à d'autres dieux , c'est adorer satan d'après les vrais de la foi, car la Reine des cieux signifie ceux qui sont dans l'enfer des génies, et les autres dieux signifient ceux qui sont dans l'enfer des mauvais esprits, voir N°* 5977, 8593, 8622, 8625 ; pris ensemble, ceux qui sont dans l'enfer des génies sont appelés le diable, et ceux qui sont dans l'enfer des mauvais esprits sont appelés satan. Mais le bien de l'amour spirituel est signifié par les gâteaux dans Hosée : « Ephraim est devenu un gâteau non retourné.» — Vil. 8; — mais là le gâteau est exprimé dans la Langue originale par un autre mot, qui signifie le bien de l'amour spirituel ; le gâteau n'a point été retourné, quand l'homme Externe règne sur l'homme Interne ; quand cela arrive chez l'homme, l'ordre est renversé, car alors l'externe commande, et l'Interne sert ; Éphraîra est l'Intellectuel de l'Église, lequel est illustré et affecté, quand les vrais et les biens de la foi sont reçus.
9994. Et des beignets d'azymes oints d'huile, signifie le céleste dans l'homme externe : on le voit par la signification des beignets, en ce qu'ils sont le céleste dans l'homme externe, ainsi qu'il va être montré ; par la signification de X azyme, en ce que c'est le purifié, N° 9992; et par la signification, de V huile, en ce . que c'est le bien de l'amour, N0i 886, 4582, 4638; de là il est évident que par « des beignets d'azymes oints d'huile, » il est signifié le céleste dans l'homme externe, céleste qui procède en ordre des célestes antérieurs. Les beignets sont dits oints d'huile, tandis que les gâteaux sont dits mêlés d'huile, par la raison que les bei-
gnets sont dans le troisième ordre, et les gâteaux dans le second, comme il vient d'être dit, Nw 9993; or, ce qui est dans le second ordre procède de l'intime immédiatement, et par suite a en soi le céleste intime qui est signifié par l'huile; et ce qui est dans le troisième ordre procède de l'intime médiatement, savoir, parce qui est dans le second ordre, et par conséquent n'a pas en soi l'intime de la môme manière que ce qui est dans le second ordre ; c'est pour cela que les gâteaux, parce qu'ils signifient le céleste du second ordre, sont dits môles d'huile, et que les beignets, parce qu'ils signifient le céleste du troisième ordre, sont dits oints d'huile. Mais ces arcanes ne peuvent être saisis qu'avec peine, si l'on ne sait pas ce qu'il en est de l'existence des choses dans l'ordre successif ; celte existence se comporte comme la fin, la cause et l'effet ; l'intime est la ûn, le moyen est la cause, et le dernier est l'effet; la fin doit ôlre dans la cause pour que celle-ci soit une cause de cette fin, et la cause doit ôlre dans l'effet pour que celui-ci soit un effet de cette cause; la fin ne se montre pas dans l'effet comme dans la cause, parce que l'effet est plus éloigné de la fin, que ne l'est la cause ; d'après cela, le mental peut ôtre illustré sur la manière dont la chose se passe à l'égard de l'intime, du moyen et du dernier dans l'ordre successif.
9995. De fleur de farine de froments tu les feras, signifie te vrai qui procède du Divin Bien, vrai dont proviennent ces célestes : on le voit par la signification de ta fleur de farine, en ce que c'est le vrai, ainsi qu'il va ôtre expliqué; et par la signification de froments, en ce que c'est le bien de l'amour, N* 3941 , ainsi dans le sens suprême le Divin Bien ; et par la signification de tes faire, en ce que c'est que ces biens célestes, signifiés par le pain, les gâteaux et les beignets d'azymes, proviennent de ce vrai. Voici ce qu'il en est : Tous les vrais et tous les biens, qui sont dans les cieux proviennent du Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur; ce Divin Vrai reçu par les Anges dans le Royaume céleste est appelé bien céleste, mais reçu par les Anges dans le Royaume spirituel il est appelé bien spirituel ; car quoique le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur soit appelé le Vrai, toujours estil cependant qu'il est le bien; s'il est appelé le Vrai, c'est parce que dans les cieux, devant la vue externe des anges, il apparaît comme Lumière, car la Lumière y est le Divin Vrai; mais, dans
celte Lumière, la chaleur, qui est le bien de l'amour, fait qu'il est le bien : il en est de même chez l'homme; quand le vrai de la foi procède du bien de la charité, ce qui arrive lorsque l'homme- a été régénéré, le vrai se montre comme un bien, qui même par suite est appelé bien spirituel, car l'être du vrai est le bien , et le vrai est la forme du bien ; de là, on peut voir pourquoi l'homme peut si difficilement distinguer entre penser et vouloir, car lorsqu'il veut quelque chose, il dit qu'il le pense, et souvent lorsqu'il pense quelque chose il dit qu'il le veut, et cependant penser et vouloir sont distincts comme le vrai et le bien, car l'être de la pensée est la volonté, et la forme de la volonté est la pensée, comme l'être du vrai est le bien, et la forme du bien est le vrai, ainsi qu'il vient d'être dit : comme l'homme distingue si difficilement entre ces deux choses, c'est pour cela qu'il ne sait pas non plus quel est l'être de sa vie, ni que le bien est cet être, et que le vrai ne l'est pas, si ce n'est qu'en tant qu'il existe d'après le bien : le bien appartient à la volonté, et la volonté est ce que l'homme aime, c'est pourquoi le vrai ne devient pas l'être de la vie de l'homme, avant que l'homme aime ce vrai, et quand l'homme l'aime il le fait; le vrai, au contraire, appartient à l'entendement dont la fonction est de penser, et quand l'homme pense le vrai, il peut en parler, et 11 lui est donné de comprendre et de penser le vrai sans le vouloir et sans le faire, mais quand c'est sans le vouloir, il n'est point approprié à la vie de l'homme, parce qu'en soi il n'a point l'être de sa vie : c'est parce que l'homme ignore cela, qu'il attribue le tout du salut à la foi , et à peine quelque chose à la charité, lorsque cependant la foi a l'être de sa vie par la charité, comme le vrai l'a par le bien. En outre, tout bien chez l'homme est formé par le vrai, car le bien influe du Seigneur par le chemin interne, et le vrai entre par le chemin externe, et ils contractent mariage dans l'homme Interne, mais autrement chez l'homme et chez l'ange spirituels, et autrement chez l'homme et chez l'ange célestes; chez l'homme et chez l'ange spirituels le mariage se fait dans la partie intellectuelle, mais dans l'homme et dans l'ange célestes il se fait dans la partie volontaire ; le chemin externe, par lequel entre le vrai, est par l'ouïe et par la vue dans l'entendement ; mais le chemin interne, par lequel le bien influe du Seigneur, est par l'intime dans la volonté; voir sur ce
sujet les explications données dans les passages cités, N* 9596 : d'après cela, il est évident que les biens célestes, qui sont signifiés par le pain, les gâteaux et les beignets d'azymes, existent par le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, et que cela est entendu par « de fleur de farine de froments tu les feras. » Cela étant ainsi, voilà pourquoi toutes les minchahs, qui étaient confectionnées de différentes manières, se faisaient avec de la fleur de farine mêlée d'huile, voir Lévit. II. 1 à 16. VI. 13 à 16. Nomb. VII. 13 et suiv. XV. 2 à 15. XXVIII. il à 15. — Que la fleur de farine, comme aussi la farine, soit le vrai qui provient du bien, on le voit par les passages suivants; dans Ézéchiel : « De la fleur » de farine, du miel et de l'huile lu mangeais; de là, belle tu » devins extrêmement. » — XVI. 13; — cela est dit de Jérusalem, par qui est entendue l'Ancienne Église; la fleur de farine est le vrai d'après le bien de cette Église, le miel est le plaisir de ce vrai, l'huile est le bien de l'amour, et manger, c'est s'approprier; voilà pourquoi il est dit qu'elle devint belle, car la beauté spirituelle provient des vrais et des biens. Dans Hosée : « La moisson debout, non » point pour lui ; le germe ne fera point de farine ; si toutefois il » en fait, des étrangers la dévoreront. » — VIII. 7; — la moisson debout, c'est le vrai de la foi d'après le bien en conception, N° 91 46, le germe ne fera point de farine, c'est la stérilité, parce qu'il n'y a pas le vrai d'après le bien ; les étrangers qui dévoreront sont les faux d'après le mal qui consumeront. Dans le Livre I des Rois : « La femme de Sidon en Zorpa dit à Élie, qu'elle n'avait pour faire » un gâteau que plein la paume de la main de farine dans une » cruche, et un peu d'huile dans une fiole : Élie lui dit de faire » pour lui un gâteau en premier lieu, et que ta cruche de farine » ne serait point consotnmée, et que la fiole d'huile ne manque- » rait point; ce qui aussi arriva. »— XVII. 12 à 16;— là, par la farine est signifié le vrai de l'Église, et par l'huile le bien; car la femme dans Sidon représente l'Église qui est dans les connaissances du vrai et du bien, et Élie le prophète représente le Seigneur quant à la Parole ; de là on voit clairement ce que ce Miracle enveloppe, car tous les miracles dont il est parlé dans la Parole enveloppent des choses qui concernent l'Église, N0' 7337, 836û, 9086; par là on voit clairement ce qui est signifié, en ce que la cruche de farine
ne serait point consommée, et que la fiole d'huile ne manquerait point, si du peu qu'elle avait elle faisait en premier lieu un gâteau pour Élie, et en second lieu pour son fils; que la femme soit l'Église, on le voit, Noi 252, 253; on peut voir aussi que Sidon signifie les connaissances du vrai et du bien, N° 1201; et qu'Élic est le Seigneur quant à la Parole, N°* 2702, 5247 f. Dans Ésale : « Fille de Babel, prends une meule, et mouds de la farine. » — XLVII. 2; — la fille de Babel, ce sont ceux dans l'Église qui sont dans le saint externe, mais dans le profane interne ; moudre de la farine, c'est choisir, dans le sens de la lettre de la Parole, des choses qui servent à confirmer les maux des amours de soi et du monde, ce mal est le profane ; moudre, c'est choisir, et aussi expliquer en faveur de ces amours ; et la farine est le vrai qui sert, voir N° 4335 ; par là on voit clairement ce que c'est que moudre, par conséquent ce que signifie ce qui est moulu, comme dans Jérémie : « Les princes par leur main ont été pendus, les faces des » vieillards n'ont point été honorées ; les jeunes gens pour mou- » dre ils ont entrainés. » — Lamcnt. V. 12, 13. — Dans Moïse : « Moscheh prit le veau, qu'ils avaient fait, et il le brûla au feu, et » i/ le moulut jusqu'en poudre, et il la répandit sur les faces des » eaux, et il (en) fit boire aux fils d'Israël. » — Exod. XXXII. 20. Deutér. IX. 21 : — et dans Matthieu : « Alors deux seront » dans le champ, l'un sera pris et l'autre laissé, deux moudront » au moulin, l'une sera prise et l'autre laissée. »— XXIV. 40, 41 ; — de là, on voit clairement ce que c'est que moudre; que, dans le sens bon, c'est choisir et expliquer les vrais tirés de la Parole pour qu'ils servent au bien, et dans le sens mauvais pour qu'ils servent au mal, voir N° 7780; de là, on voit encore ce que signifie ce qui a été moulu, par conséquent ce que signifient la farine et la fleur de farine.
9996. Et tu les mettras sur une corbeille, signifie le sensuel dans lequel ils sont : on le voit par la signification de la corbeille, en ce que c'est le sensuel; si la corbeille est le sensuel, c'est parce que le sensuel est le dernier de la vie de l'homme, et que dans le dernier se renferment tous les intérieurs en ordre, voir N0i 9828, 9836; et par les vases de tout genre'dans la Parole sont signifiés les externes dans lesquels sont les intérieure, N° 3079; c'est donc pour
cela qu'il est dit que le pain, les gâteaux et les beignets d'azymes seraient mis sur une corbeille, et qu'on les ferait approcher dans la corbeille ; que le sensuel chez l'homme soit le dernier de sa vie, on le voit, Not 9212, 9216. Voici ce qu'il en est : Il y a chez l'homme deux choses qui font sa vie, l'intellectuel et le volontaire; le dernier de l'intellectuel est appelé scientifique sensuel, et le dernier du volontaire est appelé plaisir sensuel; le scientifique sensuel, qui est le dernier de l'intellectuel, est puisé par deux sens, qui sont l'ouïe et la vue; et le plaisir sensuel, qui est le dernier du volontaire, est puisé aussi par deux sens, qui sont le goût et le toucher; le dernier de la perception de l'un et de l'autre est l'odorat : le scientifique sensuel , qui est le dernier de l'intellectuel , est entendu dans la Parole par la coupe ou la tasse, car le vin ou l'eau qu'elle contient sont les vrais qui appartiennent à la partie intellectuelle ; et le plaisir sensuel, qui est le dernier du volontaire, est entendu dans la Parole par la corbeille ou le panier; et comme le dernier est le contenant de tous les intérieurs, c'est aussi pour cela que les intérieurs sont entendus par ces vases, par la coupe ou la tasse les vrais intellectuels, et dans le sens opposé les faux, et par la corl>eille ou le panier les biens volontaires, et dans le sens opposé les maux ; en effet, les biens appartiennent à la volonté et les vrais à l'entendement ; que les coupes ou les tasses soient les vrais intellectuels dans le complexe, on le voit Noi 5120, 9557; et que les corbeilles ou les paniers soient les biens volontaires dans le complexe, on le voit N° 51A4 ; soit qu'on dise le biens volontaires, ou qu'on dise les biens célestes, c'est la môme chose; pareillement, soit qu'on dise les vrais intellectuels, ou qu'on dise les vrais spirituels; que les choses qui étaient mises dans la corbeille signifient les biens célestes, on vient de le voir, N°* 9992, 9993, 9994 ; et comme le sensuel est le dernier de ces biens, et ainsi les contient tous, il est dit que toutes ces choses seraient mises dans une corbeille.
9997. Et tu les feras approcher dans la corbeille, signifie ainsi la présence de tons : on le voit par la signification de faire approcher, en ce que c'est la conjonction et la présence, N° 9378 ; et par la signification de la corbeille, en ce qu'elle est le sensuel dans lequel sont tous ces biens, N° 9996.
9998. Et le taureau et les deux béliers, signifie le naturel
ou l'externe de l'homme, et le spirituel ou l'interne de l'homme, qui doivent t ire purifiés : on le voit par la signification du taureau, en ce qu'il est le naturel ou l'externe de l'homme, qui doit ôtre purifié, N° 9990; et par la signification des béliers, en ce qu'ils sont le spirituel ou l'interne de l'homme, qui doit être purifié, N° 9991.
9999. Vers, h à 9. Et Aharon et ses fils tu feras approcher vers l'entrée de la Tente de convention, et tu les laveras d'eaux. Et tu prendras les habits, et tu revêtiras Aharon de la tunique, et du manteau d'éphod, et de l'éphod, et du pectoral; et tu le ceindras de la ceinture de l'éphod. Et tu poseras le turban sur sa tête, et tu mettras la couronne de sainteté sur le turban. Et tu prendras l'huile d'onction, et tu (la) verseras sur sa tête, et lu l'oindras. Et ses fils tu feras approcher, el\ tu les revêtiras de tuniques. Et tu les ceindras d'un baudrier, Aharon et ses fils, et tu leur attacheras des tiares, et à eux sera le sacerdoce, en statut séculaire : et tu empliras la main d' Aharon, et ta main de ses fils. — Et Aharon et ses fils, signifie le Seigneur quant au Divin Bien et quant au Divin Vrai procédant de ce Bien : tu feras approcher vers l'entrée de la Tente de convention, signifie la conjonction de l'un et de l'autre dans le ciel : et tu les laveras d'eaux, signifie la purification par les vrais de la foi : et tu prendras les habits, et tu revêtiras Aharon, signifie le représentatif du Royaume spirituel du Seigneur : de la tunique, signifie l'intime de ce Royaume : du manteau d'éphod, signifie le moyen de ce Royaume : et de l'éphod, signifie le dernier de ce Royaume : et du pectoral, signifie le Divin Vrai brillant d'après le Divin Bien du Seigneur : et tu poseras le turban sur sa tête, signifie la Divine Sagesse : et tu mettras la couronne de sainteté sur le turban, signifie le Divin Humain du Seigneur : et tu prendras l'huile d'onction, signifie le % représentatif de l'inauguration pour le Divin Bien : et tu (la) verseras sur sa tête, et tu l'oindras, signifie le représentatif du Divin Bien dans le Seigneur quant à tout l'humain : et ses fils tu feras approcher, signifie la conjonction du Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur : et tu les revêtiras de tuniques, signifie le représentatif du Divin spirituel procédant : et tu les ceinxv. 21.
dras d'un baudrier, signifie le lien de conjonction afin que toutes choses soient tenues dans un enchaînement, et par suite dans la forme céleste : Aharon et ses fils, signifie le Seigneur quant au Divin Bien, et quant au Divin Vrai qui en procède : et tu leur attacheras des tiares, signifie l'intelligence d'après la sagesse : et A eux sera le sacerdoce, signifie le Seigneur quant à l'œuvre de salvalion dans l'ordre successif : en statut séculaire, signifie selon les lois éternelles de l'ordre : et tu empliras la main d' Aharon, et la main de ses fils, signifie le représentatif de la Divine puissance du Seigneur par le Divin Vrai procédant du Divin Bien.
10000. Et Aharon et ses fils, signifie le Seigneur quant au Divin Bien, et quant au Divin Vrai procédant de ce Bien : on le voit par la représentation à' Aharon, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Bien, N° 9806 ; et par la représentation de tes fils, en ce qu'ils sont le Seigneur quant au Divin Vrai procédant d'e ce Bien, N° 9807.
10001. Tu feras approcher vers l'entrée de la Tente de convention, signifie la conjonction de Cun et de l'autre dans le ciel : on le voit par la signification de faire approcher, en ce que c'est la présence et la conjonction, comme ci-dessus, N# 9997, ici la conjonction du Divin Bien et du Divin Vrai procédant du Seigneur dans le ciel ; par la signification de Ventrée, en ce que c'est l'introduction, N° 8989; et par la représentation de la Tente de convention, en ce que c'est le ciel, N°* 9457, 9481, 9485, 99(53. Si le taureau, les béliers, le pain, les gAteaux et les beignets d'azymes dans une corbeille, et Aharon avec ses fils, devaient être à l'entrée de la Tente de convention, et si ceux-ci devaient y être revêtus et oints, et les autres choses y être offertes sur l'autel, c'est parce que le lieu où était l'entrée de la Tente de convention représentait le mariage du Divin Bien avec le Divin Vrai ; en effet, l'Autel qui avait aussi été placé à l'entrée de la Tente représentait le Seigneur quant au Divin Bien, et la Tente de convention représen- , tait le Seigneur quant au Divin Vrai; par suite le lieu vers l'entrée de la Tente représentait la conjonction du Bien et du Vrai, conjonction qui est appelée mariage céleste : que l'Autel de l'holocauste ait représenté le Seigneur quant au Divin Bien, on le voit, N° 9964;
el que la Tente, de convention ait représenté le Seigneur quant au
Divin Vrai, on le voit, N° 9963 ; que l'Autel ait été placé dans cet endroit, cela est évident dans Moïse : « Et Moscheh plaça l'Autel » de l'holocauste vers l'entrée de la Tente. » — Exod. XL. 29 : — que la conjonction du bien et du vrai soit le mariage céleste, et qu'elle soit aussi le ciel, ou le voit, Noi 2173, 2508, 2618, 2803, 3004 et suiv., 3132, 3952, 4434, 6179. Maintenant, d'après cela, il est évident que par « faire approcher Aharon et ses fils vers » l'entrée de la Tente de convention, » il est signifié la conjonction de l'un et de l'autre, savoir, du Divin Bien et du Divin Vrai procédant du Seigneur dans le ciel.
10002. Et tu les laveras d'eaux, signifie la purification par les vrais de fa foi: on le voit par la signification de laver d'eaux, en ce que c'est la purification par les vrais de la foi, NM 3147, 5954 f., 9088 ; il a été montré que toute purification et toute régénération se fait par les vrais de la foi, N" 2799, 7044, 8635 à 8640, 8772; et que les eaux sont les vrais de la foi, NM 739, 2702, 3058, 3424, 4976, 7307, 8568.
10003. Et tu prendras les habits, et tu revêtiras A/uiron, signifie le représentatif du Royaume spirituel du Seigneur: on le voit par la signification des habits d' Aharon, en ce qu'ils sont le représentatif du Royaume spirituel du Seigneur, N° 9814.
1 0004. De la tunique, signifie l'intime de ce Royaume : on le voit par la signification de la tunique, dont Aharon était revêtu, en ce qu'elle est le Divin spirituel procédant immédiatement du Divin céleste, ainsi l'intime du Royaume spirituel, N°* 9826, 9942.
10005. Du manteau d'éphod, signifie le moyen de ce Royaume : on le voit par la signification du manteau, en ce qu'il est le Divin spirituel procédant médiatement du Divin céleste, ainsi le moyen du Royaume spirituel , N° 9825 : s'il est dit le manteau d'éphod, c'est parce que le manteau appartenait à l'éphod, il était môme séparé de la tunique par une ceinture ; en effet, il y avait deux ceintures ; l'une, commune pour l'éphod et en même temps pour le manteau ; l'autre, pour la tunique seulement ; ce qui signifiait que les choses du Royaume spirituel, qui étaient représentées par la tunique, avaient été distinguées de celles qui étaient représentées par le manteau et par l'éphod en môme temps; la ceinture ou le baudrier signifie le lien commun par lequel les inté-
rieurs sont tenus dans un enchaînement, N° 9828, et aussi par lequel l'un est séparé de l'autre, N° 9944. Voici ce qu'il en est : 11 y a trois choses qui se suivent ou se succèdent en ordre ; ces trois dans les cieux sont appelées le Céleste, le Spirituel, et le Naturel qui en provient ; le Céleste est le bien de l'amour envers le Seigneur ; le Spirituel est le bien de la charité à l'égard du prochain, et le Naturel qui en provient est le bien de la foi; le Céleste, qui est le bien de l'amour envers le Seigneur, constitue le ciel intime ou troisième ; le Spirituel, qui est le bien de la charité à l'égard du prochain, constitue le ciel moyen ou second ; et le Naturel provenant de là, qui est le bien de la foi, constitue le ciel dernier ou premier : puisque les habits d'Aharon représentaient le Royaume spirituel du Seigneur, N° 981 A, on voit clairement, d'après ce qui a été dit, ce qu'a représenté la Tunique, ce qu'a représenté le manteau, et ce qu'a représenté l'ôphod, savoir, que la Tunique a représenté le médium unissant du Royaume spirituel avec le Royaume céleste, c'est pourquoi aussi par la ceinture la tunique a été séparée du manteau et de l'éphod, qui représentaient le Royaume spirituel interne et externe; iwsurla Tunique, NM 9826,9942; sur le Manteau, N° 9825; et sur l'Éphod, N° 9824. On peut aussi avoir une idée de ce sujet d'après ce qui a déjà été dit de la Tente de convention, par laquelle a été représenté le Ciel où est le Seigneur; son intime, où était l'Arche du Témoignage, représentait le ciel intime ou troisième ; l'Habitacle, qui était en dehors du Voile, représentait le ciel moyen ou second ; et le Parvis, le ciel dernier ou premier; par conséquent aussi le Céleste, le Spirituel, et le Naturel qui en provient ; quant au médium unissant du ciel inlime et du ciel moyen, il était représenté par le Voile entre le Saint et le Saint des saints ; c'est ce médium qui est représenté par la tunique sur Aharon : voir sur l'intime de la Tente où était l'Arche, N° 9485; sur l'Habitacle qui était en dehors du voile, N°* 9594, 9632; sur le Parvis, N° 9741 ; et sur le Voile, qui est le médium unissant du ciel intime et du ciel moyen, N°* 9670, 9671. On peut encore mieux se former une idée de ce sujet par la correspondance de l'homme avec les cieux, en ce qu'il existe une correspondance de toutes les choses qui sont chez l'homme avec toutes celles qui sont dans les cieux ; voir ce qui a déjà été montré à la fin de plusieurs
Chapitres; chez l'homme la Téte correspond au ciel intime ou troisième, où est le bien céleste; la Poitrine jusqu'aux lombes correspond au ciel moyen ou second, où est le bien spirituel ; et les Pieds correspondent au ciel dernier ou premier, où est le bien naturel ; mais le Cou est, d'après la correspondance, le médium unissant du ciel intime et du ciel moyen, N°* 9913, 9914, de môme que le Voile dans la Tente; car tous les représentatifs dans la nature se réfèrent à la forme humaine, et signifient selon le rapport qu'ils ont avec cette forme, N° 9496. D'après cela , on peut maintenant voir pourquoi la tunique par la ceinture a été séparée du manteau et de Péphod, et aussi pourquoi le manteau est nommé manteau d'éphod.
10006. Et de l'éphod, signifie le dernier de ce Royaume, savoir, du Royaume spirituel : on le voit par la signification de Véphod, en ce que c'est le dernier du Royaume spirituel, N* 9824.
10007. Et du pectoral, signifie le Divin Vrai brillant d'après le Divin Bien du Seigneur : on le voit d'après ce qui a été dit du Pectoral, N" 9823, 9863 à 9873, 9905.
10008. Et tu poseras te turban sur sa tête, signifie ta Divine Sagesse : on le voit par la signification du turban, en ce qu'il est l'intelligence, et quand il s'agit du Seigneur, qui est représenté par Aharon, la Divine Sagesse, N° 9827.
10009. Et tu mettras la couronne de sainteté sur le turban, signifie le Divin Humain du Seigneur : on le voit d'après ce qui a déjà été dit de la plaque d'or, où il avait été gravé, Sainteté à Jéhovah, laquelle est appelée ici couronne de sainteté, N01 9930, 9931.
10010. Et tu prendras de l'huile d'onction, signifie le représentatif du Divin Bien dans le Seigneur : on le voit par la signification de Y huile, en ce qu'elle est le bien de l'amour, et dans le sens suprême le Divin Bien du Divin Amour dans le Seigneur, et par la signification de Y onction, en ce que c'est l'inauguration pour représenter ce bien, N°* 9474, 9954.
10011. Et tu la verseras sur sa tête, et lu l'oindras, signifie le représentatif du Divin Bien dans le Seigneur quant à tout l'Humain : on le voit par la signification de verser l'huile sur la tête a" Aharon, en ce que c'est le Divin Bien sur tout l'Hu-
main du Seigneur, car par l'huile est signifié le Divin Bien,N0,4582, 9474, par Aharon le Seigneur quant au Divin Bien, N° 9806, et par la Tête tout l'Humain ; et par la signification d'oindre, en ce que c'est le représentatif de cette chose, N°* 9474, 9954. Si la Tôte est tout l'Humain ou tout l'homme, c'est parce que le tout de l'homme descend de la Tête, car le corps est une dérivation de la tête, c'est pourquoi aussi ce que l'homme pense et veut,— et cela se fait dans la tête,— se montre en son effet dans le corps : il en est de la tête comme du suprême ou de l'intime dans les cieux, le suprême descend et influe dans les cieux qui sont au-dessous, et il les produit et les dérive, c'est même pour cela qu'au ciel intime correspond la tête chez l'homme, au ciel moyen le corps jusqu'aux lombes, et au ciel dernier les pieds : en somme, ce qui est intime est dans les dérivés l'unique chose qui vit essentiellement : il est donc manifeste que le Divin, puisqu'il est l'intime de toutes choses, ou, ce qui revient au même, le suprême de toutes choses, est l'unique chose dont v procède la vie de toutes choses; autant donc l'homme reçoit du Divin, autant il vit. En outre, l'huile dont le prêtre était oint, coulait du sommet de sa tête jusque sur le corps, comme on peut le voir dans David : « Comme l'huile bonne sur la tête, descendant » dans ta barbe d' Aharon, (et) qui descend sur le bord de ses » habits. »— Ps. CXXXIII. 2 :— dans Matthieu : « Une femme » répandit un vase d'albâtre d'un parfum très-précieux sur » la tête de Jésus, pendant qu'il était à table; Jésus dit : Elle a » répandu ce parfum sur mon corps pour mon ensevelissement. » — XXVI. 7, 12 ; — et dans Marc : « Il vint une femme ayant » un vase d'albâtre d'un parfum de nard pur très-précieux ; » et, brisant le vase d'albâtre, elle le répandit sur la tête de » Jésus; et Jésus dit : Elle a par avance embaumé mon corps » pour la sépulture. »— XIV. 3, 8;— par là, il est encore évident que oindre la tête, c'est oindre tout le corps. Que par la tête il soit entendu tout l'homme, on le voit aussi par plusieurs passages dans la Parole, par exemple dans Ésaïe : « Les rachetés de Jéhovah re- » tourneront, et ils viendront à Sion avec chant, et une joie d'é- » lernité (sera) sur leur tête. » — XXXV. 10. — Dans Moïse : « Des choses précieuses des productions du soleil, des prémices des » montagnes de l'orient, et des choses précieuses de la terre.
» (seront) sur la tête de Joseph, sur le sommet de la tête du Na- » ziréen de ses frères. » — Deutér. XXXIII. 1 A, 15, 16.— Dans Jérémie : « La tempête de Jéhovah sur la tête des impies se pré- » cipitera. »— XXX. 23. — Dans Ézéchiel : « Leur chemin sur » leur tête le mettrai. » — XI. 21. XVI. A3. XXII. 31. Joël, IV. A, 7. Obad. Vers 15. — Dans le Même : « Malheur à celles » qui font des voiles sur ta tête de toute taille pour chasser aux » âmes. » — XIII. 18. — Dans David : « Dieu brisera la tête, » le sommet de la chevelure. » — Ps. LXV111. 22. — Maintenant, d'après ces passages, il est évident que la tête signifie tout l'homme, et qu'ainsi verser l'huile sur la tête d' À baron, signiûe le Divin Bien dans le Seigneur sur tout l'Humain : que le Seigneur, quand il était dans le monde, se soit fait Divin Vrai, et que , lorsqu'il sortit du monde, il se soit fait Divin Bien, on le voit dans les articles » cités, N°*9315f., 9199.
10012. Et ses fils tu feras approcher, signifie la conjonction du Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur : on le voit par la représentation des fils d'Aliaron, en ce qu'ils sont le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, N° 9807 ; et par la signification de faire approcher, en ce que c'est la conjonction, N- 9806, 10001.
10013. Et tu les revêtiras de tuniques, signifie le représentatif du Divin spirituel procédant : on le voit par la signi- Gcation des tuniques, qui étaient pour les fils d'Aharon, en ce qu'elles sont le Divin Vrai procédant du Divin spirituel, qui est représenté par la tunique d'Aharon, N° 99A7.
1001A. Et tu les ceindras d'un baudrier, signifie le lien de conjonction afin de toutes choses soient tenues dans un enchaînement, et par suite dans la forme céleste : on le voit par la signification du baudrier, en ce que c'est le lien externe contenant tous les vrais et les biens de la foi dans un enchaînement et dans une forme, N0' 93A1 f., 9828, 9837, 99AA.
10015. A/iaron et ses fils, signifie le Seigneur quant au Divin Bien, et quant au Divin Vrai qui en procède : on le voit par la représentation d'Aharon, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Bien, N° 9806; et par la représentation des fils d'Aharon, en ce qu'ils sont le Seigneur quant au Divin Vrai qui procède du Divin Bien, N° 9807.
10016. Et tu leur attacheras des tiares, signifie l'intelligence d'après la sagesse : on le voit par la signification des tia-* res, en ce qu'elles sont l'intelligence d'après la sagesse, N° 99A9.
10017. Et à eux sera le sacerdoce, signifie le Seigneur quant à l'œuvre de salvalion dans l'ordre successif: on le Voit par la signification du sacerdoce, en ce que c'est le représentatif du Seigneur quant à' toute œuvre de salvalion, N° 9809 : que ce soit dâus l'ordre successif, c'est parce qu'il s'agit ici du sacerdoce des fils d'Aharon, et que les fils d'Aharon représentent les choses qui procèdent, ainsi qui se succèdeut en ordre, N° 9807. Voici ce qu'il en est : Le sacerdoce, que représente Aharon, est l'œuvre de salvation de ceux qui sont dans le Royaume céleste du Seigneur, Royaume qui est proprement entendu dans la Parole par le Royaume des prêtres; mais le sacerdoce, que représentent les fils d'Aharon, est l'œuvre de salvation de ceux qui sont dans le Royaume spirituel du Seigneur, procédant le plus près de son Royaume céleste ; de là vient qu'ici par le sacerdoce est entendue l'œuvre de salvalion du Seigneur dans l'ordre successif; quant au sacerdoce qui est représenté par les Lévites, c'est l'œuvre de salvation du Seigneur, laquelle procède de nouveau de l'œuvre précédente. Il y a trois choses qui se succèdent en ordre : Le céleste, qui est le bien de l'amour envers le Seigneur; le spirituel, qui est le bien de la charité à l'égard du prochain ; et le naturel qui en procède , lequel est le bien de la foi ; puisqu'il y a ces trois choses qui se succèdent en ordre, il y a aussi trois cieux, et dans les cieux les biens sont dans cet ordre ; l'œuvre de salvation de ceux qui sont dans le bien céleste est . représentée par le sacerdoce d'Aharon ; l'œuvre de salvation de ceux qui sont dans le bien spirituel est représentée par le sacerdoce des fils d'Aharon ; et l'œuvre de salvation de ceux qui sont dans le bien naturel qui en provient est représentée par le sacerdoce des Lévites; et comme ces biens, qui se succèdent en ordre, procèdent du bien de l'amour envers le Seigneur, bien qui est représenté par Aharon et par son sacerdoce, c'est pour cela qu'il est dit des Lévites, qu'ils ont été donnés à Aharon , car les choses qui procèdent appartiennent à celle de laquelle elles procèdent, puisque les procédants ou les successifs en tirent leur être, selon ce qui vient d'être dit, N° 10011. Que les Lévites aient été donnés à Aharon el à ses
fils pour exercer sous eux le ministère du sacerdoce, on le voit, — Nomb. 111. 4 à 61.
10018. En statut séculaire, signifie selon les lois éternelles . de l'ordre : on le voit par la signification du statut, en ce que
c'est la loi de l'ordre, N- 7884, 7995, 8357; et par la signification du siècle, en ce que c'est l'éternité.
10019. Et tu empliras la main d'Aharon, et la main de ses fils, signifie l'inauguration pour représenter la Divine puissance du Seigneur par le Divin Vrai procédant du Divin Bien : on le voit par la signification d'emplir la main, en ce que c'£st inaugurer pour représenter le Seigneur quant au Divin Vrai procédant du Divin Bien, et par suite la puissance : il y avait deux choses par lesquelles se faisait l'inauguration pour le sacerdoce, l'Onction et l'Emplition de la main; par l'Onction se faisait l'inauguration pour représenter le Seigneur quant au Divin Bien, car l'huile avec laquelle se faisait l'onction signifie le bien de l'amour, IV 10011; et par l'Emplition de la main se faisait l'inauguration I>our représenter le Seigneur quant au Divin Vrai procédant du Divin Bien, et ainsi la puissance; car la main signifie la puissance, N- 878, 4931 à 4937, 5327, 5328, 6947, 7011, 7188, 7189, 7518, 7673, 8050, 8069, 8153; et la main se dit du vrai qui provient du bien, N" 3091, 3563, 4931, 8281, 9025; puisque toute puissance appartient au vrai d'après le bien, NM 5623, 6344, 6423, 6948, 8200, 8304, 9327, 9410, 9639, 9643; et comme la tète et tout le corps exercent leur puissance par les mains, et que la puissance est l'actif de la vie chez l'homme, c'est pour cela que la main signifie aussi tout ce qui est chez l'homme , ainsi l'homme lui-môme en tant qu'agent, N° 9133; d'après cela, on peut voir ce qui est signifié par emplir la main ; que le Seigneur Seul ait toute .puissance, et qu'il n'y ait absolument aucune puissance chez l'ange, chez l'esprit et chez l'homme, si ce n'est celle qui vient du Seigneur, on le voit, N°* 8200, 8281, 9327, 9410, 9639 : si l'inauguration pour le sacerdoce se faisait par ces deux choses, savoir, par l'onction et par l'emplition de la main, c'est parce que tout ce qui est et existe, dans les cieux et dans les terres, se réfère au bien et au vrai. Quant ïi la manière dont se faisait l'Emplition de la main, elle est décrite dans ce Chapitre depuis le Vers. 9 jusqu'au Vers. 36;
et aussi dans le Lévit. Chap. VIII. Vers. 22 à 36 : elle se faisait par le second bélier, qui pour cela est nommé bélier d'emplitions : le procédé de l'emplition consistait en ce que ce bélier était immolé; qu'il était mis de son sang sur le bout de l'oreille droite, sur le pouce de la main droite, et sur le pouce du pied droit d'Aharon et de ses fils; qu'il était fait une aspersion du sang de l'autel et de l'huile d'onction sur Aharon et ses fils et sur leurs habits ; que la graisse, la queue, la graisse au-dessus des intestins, le réticule du foie, les reins et leur graisse, et le gigot droit, pris de ce bélier, puis le pain, les gâteaux et les beignets d'azymes, pris de la corbeille, étaient posés sur les paumes d'Aharon et de ses fils, et étaient agités, et ensuite brûlés sur l'holocauste du premier bélier ; que la poitrine, après avoir été agitée, et le gigot gauche', étaient pour Aharon et pour ses fils, et que celte chair cuite en lieu saint, et le pain de reste dans la corbeille, étaient mangés par eux à l'entrée de la Tente de Convention : c'était là le procédé d'emplitions de la main; quant à ces diverses cérémonies, il sera dit dans la suite, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, ce que chacune signifiait. La Divine Puissance du Seigneur, qui était représentée par l'Emplition de la main d'Aharon et de ses fils, est la Divine Puissance de sauver le genre humain; et la puissance de sauver le genre humain est la puissance sur les cieux et sur les enfers ; car l'homme est sauvé par cette puissance du Seigneur, et non par une autre; en effet, tout bien qui appartient à l'amour, et tout vrai qui appartient à la foi, influent du Seigneur par les cieux ; ils ne peuvent pas influer, si les enfers ne sont pas éloignés, car des enfers provient tout mal, et par suite tout faux ; l'homme est sauvé, parce que les maux et les faux provenant des enfers sont éloignés, et parce qu'alors l'influx du bien de, l'amour et du vrai de la foi vient du Seigneur par les cieux : que le Seigneur, quand il était dans le monde, ait subjugué les enfers, et remis les cieux en ordre, et qu'il se soit acquis la Divine puissance sur les enfers et sur les cieux, on le voit, N°* 9486, 9715, 9809, 9937, et dans les articles cités, N° 9528 f. C'est cette puissance du Seigneur, qui était représentée par l'emplition de la main des Prêtres, car le Sacerdoce signifiait toute œuvre de Salvation du Seigneur, N° 9809. Que le Seigneur ait cette puissance, c'est ce qu'il enseigne Lui-Méme en termes clairs,
dans Matthieu : « Il M'a été donné tout Pouvoir dans les deux • et sur terre, » — XXVIII. 18 ; — et dans Luc : « Jésus dit » aux soixante-dix, lorsqu'ils dirent que les démons leur obéis- » soient : Voici, je vous donne le pouvoir de marcher sur les » serpents et les scorpions, et sur toute ta puissance de l'en- » nemi, et rien ne vous nuira. Toutes choses M'ont été livrées » par mon Père. » — X. 19, 22. — Par ces paroles est décrit le pouvoir du Seigneur sur les enfers ; les démons sont ceux qui sont dans les enfers; les serpents et les scorpions sont les maux et faux du mal; marcher sur eux, c'est les détruire; les enfers sont aussi entendus par l'ennemi sur lequel ils auraient la puissance. Que le Seigneur se soit acquis cette puissance , quand il était dans le monde, on le voit dans Ésaïe : « Qui est celui-ci qui vient d'E- » dom, marc/tant dans la multitude de sa force, grand pour »> sauver? Salut m'a procuré mon bras. Ainsi il est devenu » pour eux un Sauveur. » — LXIII. 1 à 10 ; — que ces paroles aient été dites du Seigneur, cela est notoire dans l'Église ; pareillement ces paroles d'un autre passage dans le môme Prophète : « Salut Lui a procuré son bras, et sa Justice L'a soutenu ; de » là il a revêtu ta Justice comme une cuirasse, et le casque du » salut (a été) sur sa tête; et il est venu pour Sion, le Iié- » dempteur. » — LIX. 16 à 21 ; — et dans David : « Parole » de Jéhovah à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jus- » qu'à ce que j'aie mis tes ennemis pour marchepied de tes » pieds; le sceptre de ta force, Jéhovah C enverra de Sion; » domine au milieu de tes ennemis ; le Seigneur (est) à ta » droite. »— Ps. CX. 1 et suiv.; — que ces paroles aient été dites du Seigneur, c'est ce que le Seigneur Lui-Merae enseigne dans Matthieu, Chap. XXII. 43; sa domination sur les enfers est décrite par s'asseoir à la droite, car la droite signifie la Puissance qui est au Divin Vrai d'après le Divin Bien ; les enfers et par suite les maux et les faux sont les ennemis qui devaient être mis pour marchepied de ses pieds, et aussi les ennemis au milieu desquels il devait dominer. Que la droite de Jéhovah soit la Divine Puissance, on le voit clairement par plusieurs passages dans la Parole, par exemple, dans Moïse : « Ta droite, Jéhovah, est magnifiée en force; » par ta droite, Jéhovah, tu écrases l'ennemi » — Exod. XV.
(5. — Dans David : « Dieu, tu me donnes le bouclier de ton salut, » et ta droite me soutient. »— Ps. XVIII. 36. —Dans le Même : « Leur bras ne les a point sauvés, mais ta droite, et ton bras, » et ta lumière de tes faces. » — Ps. XLIV. 4; — il est dit ta droite et ton bras et la lumière de tes faces, parce que la droite est la puissance, le bras est la force, et la lumière des faces est le Divin Vrai d'après le Divin Bien ; on peut voir que le bras est la force, N°* 4932, 4934, 4935, 7205; que la lumière est le Divio Vrai, N°* 9548, 9684, et que la face de Jéhovah est le Divin Bien, N04 222, 5585, 9306. Dans le Même : « Dieu, ta droite me sou- » tient. » — Ps. LXIII. 9. — Dans le Même : « Jéhovah, à Toi » un bras avec vigueur, forte est ta main, exaltée sera ta droite.» — Ps. LXXXIX. 14. — Dans Ésaïe : « Jéhovah a juré par » sa droite, par le bras de sa force. » — LXII. 8. — Et dans David : « Jéhovah, que ta main soit pour l'Homme de ta droite; » pour le Fils de l'homme que tu t'es fortifié; alors nous ne nous » retirerons pas de Toi. »— Ps. LXXX. 18, 19. — D'après ces passages, on peut maintenant voir ce qui est entendu par les paroles du Seigneur dans Matthieu : « Jésus dit : Désormais vous » verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance. » —XXVI. 64 ; — et dans Luc : « Désormais le Fils de l'homme m sera assis à la droite de la force de Dieu. »— XXII. 69 ;— que le Fils de l'homme soit le Seigneur quant au Divin Vrai, on le voit, N° 9807 ; et que la droite soit la Divine Puissance, cela est constant d'après ce qui vient d'être montré, aussi est-il dit la droite de la puissance et la droite de la force. D'après cela, on voit clairement ce qui a été représenté par l'Onction d' Aharon et de ses fds, et ce qui a été représenté par l'Emplilion de leur main, c'est à savoir, que par l'Onction a été représenté le Divin Bien du Divin Amour dans le Seigneur, N° 9954 f. ; et par l'Emplilion de la main, le Divin Vrai, et par suite la Divine Puissance : que toute puissance soit au Divin Bien par le Divin Vrai, et qu'elle soit au Seigneur seul, on le voit dans les articles ci-dessus cités : c'est encore pour cela que le Seigneur dans la Parole de l'Ancien Testament est appelé Héros, Homme de guerre, et aussi Jéhovah Sébaoth ou des armées. 1
10020. Vers. 10, 11, 12, 13, 14. Et tu feras approcher le
taureau devant la Tente de convention; et imposera Aharon, et ses fils, leurs mains sur la tête du taureau. Et tu immoleras le taureau devant Jéhovah, à l'entrée de la Tente de convention. Et tu prendras du sang du taureau, et tu (en) mettras sur les cornes de l'autel avec ton doigt ; et tout le sang tu répandras vers le fondement de l'autel. Et tu prendras tonte la graisse qui couvre les intestins, et le réticule sur te foie, et les deux reins, et la graisse qui (est) sur eux, et tu (en) feras fumer C autel. Et la cfiair du taureau, et sa peau, et sa fiente, tu brilleras au feu en dehors du camp ; péché cela.— Et tu feras approcher le taureau, signifie l'état de l'application de l'homme naturel ou externe, tel qu'il est dans son enfance : devant la Tente de convention, signifie à la purification, à la réception du vrai procédant du ciel, et à sa conjonction avec le bien : et imposera Aharon, et ses fils, leurs mains sur la tête du taureau, signifie le représentatif de la réception du bien et du vrai dans l'homme naturel ou externe : et tu immoleras le taureau devant Jéhovah, signifie la préparation à la purification du bien et du vrai par le Divin dans l'homme externe ou naturel : à l'entrée de la Tente de convention, signifie afin qu'il y ait conjonction : et tu prendras du sang du taureau, signifie le Divin Vrai accommodé dans l'homme naturel ou externe : et tu (en) mettras sur les cornes de l'autel avec ion doigt, signifie la puissance Divine du Seigneur d'après le propre : et tout le sang tu répandras vers le fondement de l'autel, signifie le Divin Vrai tout dans le sensuel, qui est le dernier de la vie de l'homme : et tu prendras toute la graisse, signifie le bien accommodé : qui couvre les intestins, signifie qui est dans les derniers ou les infimes : et le réticule sur le foie, signifie le bien intérieur de l'homme externe ou naturel : et les deux reins et la graisse qui (est) sur eux, signifie le vrai intérieur de l'homme externe ou naturel, et le bien de ce vrai : cl lu (en) feras fumer l'autel, signifie d'après le Divin amour du Seigneur : et la cfiair du taureau, signifie le mal des amours antérieurs là : et sa peau, signifie le faux dans les derniers : et sa fiente, signifie les autres impuretés : lu brûleras au feu en dehors du camp, signifie que ces choses doivent être reléguées dans l'enfer, et consumées par les maux de l'amour de soi : péché cela, signifie ainsi la purification des maux.
10021. Et tu feras approcher te taureau, signifie l'état de l'application de l'homme naturel ou externe, tel qu'il est dans son enfance : on le voit par la signification de faire approcher, en ce que c'est la présence et la conjonction, N01 9378, 9997, 10001, et aussi l'application, N° 8439, ici l'application à la purification et à la réception du bien et du vrai procédant du Divin, car c'est là ce qui est signifié par ce sacrifice, et par les sacrifices en général ; et par la signification du taureau, en ce qu'il est le bien de la charité et de l'innocence dans l'homme naturel ou externe, N° 9391, ainsi l'homme externe ou naturel tel qu'il est dans son enfance, car alors il est dans le bien de l'innocence ; tandis qu'il est dans cet état, il est aussi dans l'état de l'application à la purification et à la réception du bien et du vrai procédant du Seigneur. Puisqu'il s'agit maintenant de ce sujet dans le sens interne, il faut dire comment cela a lieu : Quand l'homme est régénéré, ce qui arrive quand il a crû en âge, il est d'abord mis dans l'état d'innocence, mais dans un état d'innocence externe, presque telle qu'est celle des enfants; l'innocence de ceux-ci est l'innocence externe, qui habite dans l'ignorance; cet état est le plan de la nouvelle vie quand l'homme est régénéré, l'homme aussi est alors comme un enfant, car quand il est régénéré, il est conçu de nouveau, il naît , devient enfant , croît en âge, ce qui s'opère par le vrai implanté dans le bien ; et autant alors il vient dans le bien réel, autant il vient dans le bien de l'innocence interne, innocence qui habite dans la sagesse : et comme la Régénération de l'homme est l'image de la glorification du Seigneur, il est évident que le Seigneur s'est ainsi glorifié, c'est-à-dire, a fait ainsi Divin son Humain ; car dans le sens interne de ce Chapitre il s'agit de la glorification du Seigneur, N° 9985 ; mais comme la glorification du Seigneur quant à son Humain surpasse l'entendement, c'est pour cela qu'afin qu'elle soit en quelque sorte saisie, elle est expliquée par son instar ou son image. Ceci est dit d'avance, afin qu'on sache ce qui est entendu par la purification et la réception du bien et du vrai, et par leur conjonction, lesquelles sont signifiées par les sacrifices en général, et ici en particulier par les sacrifices de l'inauguration d'Aharon et de ses fils pour le sacerdoce. Que la régénération de l'homme soit l'image de la glorification du Seigneur, on le voit, N" 31 38, 3212,
3296, 3490, 4402, 5688. On voit aussi que l'innocence des enfants est l'innocence externe, et habite dans l'ignorance, N8* 2306, 3494, 3504, 4563, 4797, 5608, 2305, 9301 ; que l'homme qui est régénéré, est conçu de nouveau, nait, devient enfant du premier âge, puis du second âge, et grandit, N° 3203 ; que l'innocence de l'enfance est le plan, N°* 2780, 3183, 3994, 4797, 5608, 7840; que les connaissances du vrai et du bien sont implantées dans l'innocence de l'enfance, comme dans leur plan, N°* 1616, 2299, 3504, 4797; que l'innocence des régénérés est l'innocence interne, et habite dans la sagesse, N°* 1616, 3495, 3994, 4797, 5608, 9301, 9939; la différence entre l'innocence externe qui est celle des enfants, et l'innocence interne qui est celle des sages, N°* 2280, 4563, 9301 ; que la chose se passe ainsi, ce qui devient évident d'après l'éducation et la régénération des enfants dans l'autre vie, N° 2289 à 2309 ; que tout bien de l'Église et du Ciel a en soi l'innocence, et que sans elle le bien n'est point le bien, N- 2736, 2780, 6013, 7840, 7887, 9262; ce que c'est que l'innocence, N" 3994, 4001, 4797, 6236, 6107, 6765, 7902, 9262, 9936.
10022. Devant ta Tente de convention, signifie à la purification, A la réception du vrai procédant du ciel, et à sa conjonction avec le bien : on le voit par la signification de la Tente de convention, en ce qu'elle est le Ciel où est le Seigneur, N°* 9457, 948kl, 9485; s'il est aussi signifié ici la purification, l'implantation du vrai et sa conjonction avec le bien, c'est parce que le taureau était amené devant la Tente de convention pour être sacrifié, et que les sacrifices signifient tant la purification que l'implantation du vrai et du bien, et leur conjonction : que les sacrifices aient représenté les purifications des maux et des faux, et les expiations, on le voit, N" 9990, 9991 ; et que le lieu devant la Tente, qui est appelé l'entrée de la tente, représente la conjonction du vrai et du bien, qui est appelée mariage céleste, on le voit, N° 10001 : c'est donc de là que par « tu feras approcher le taureau devant la Tente de convention , » il est signifié l'application de l'homme externe ou naturel, tel qu'il est dans son enfance, à sa purification des maux et des faux, et ainsi à la réception du vrai procédant du ciel, et à la conjonction de ce vrai avec le bien. Puis-
que dans les versets suivants de ce Chapitre il s'agit des Sacrifices et des Holocaustes, il va être dit ce qui a été en général représenté par eux : En général, les holocaustes et les sacrifices ont représenté la purification des maux et des faux, et parce qu'ils représentaient la purification, ils représentaient aussi l'implantation du bien et du vrai procédant du Seigneur, et la conjonction de ce bien et de ce vrai, car lorsque l'homme a été purifié des maux et des faux, ce qui se fait par leur éloignement, le bien et le vrai inlluent du Seigneur, et autant le bien et le vrai influent dans cet état, autant ils sont implantés et conjoints ; en effet, le Seigneur est sans cesse présent avec le bien et le vrai chez chaque homme, mais il n'est reçu qu'autant que les maux et les faux sont éloignés, par conséquent qu'autant que l'homme en est purifié ; la conjonction du vrai et du bien est la régénération : de là, on peut voir ce que les holocaustes et les sacrifices ont représenté en général; quant ^ ce qu'ils ont représenté en particulier, on le voit d'après les animaux de diverse espèce qui étaient sacrifiés. Comme ces trois choses, savoir, la purification des maux et des faux, l'implantation du vrai et du bien, et leur conjonction, ont été représentées par les sacrifices et par les holocaustes, c'est pour cela que par eux est aussi signifié tout culte d'après le vrai de la foi et le bien de l'amour, N0i 6905, 8680, 8936; car tout culte a pour fin que l'homme soit purifié des maux et des faux , par conséquent que les biens et les vrais procédant du Seigneur soient implantés en lui, et qu'ainsi il soit régénéré, ce qui se fait par la conjonction des biens et des vrais ; leur conjonction est le Ciel ou le Royaume du Seigneur chez l'homme.
10023. Et imposera A/iaron, et ses fils, leurs mains sur la tête du taureau, signifie le représentatif de la réception du bien et du vrai dans l' homme naturel ou externe : on le voit par la signification d'imposer les mains, en ce que c'est communiquer à un autre ce qui est à soi ; que ce soit aussi la réception, c'est parce que ce qui est communiqué est reçu par l'autre ; par la signification de la tête, en ce que c'est le tout, N° 10011 ; et par la signification du taureau, en ce qu'il est le bien de l'innocence et de la charité dans l'homme externe ou naturel, N" 9391, 10021. Si imposer la main signifie la communication et la réception , c'est parce que par les mains il est signifié la puissance, et comme la
puissance est l'actif de la vie, par les mains il est môme signifié tout ce qui est chez l'homme, ainsi tout l'homme en tant qu'agissant; voir les passages cités, N° 10019; et par l'imposition, la communication respectivement à celui qui impose, et la réception respectivement à la personne ou à la chose sur laquelle l'imposition est faite : par là, on voit clairement ce qui a été signifié chez les anciens par l'imposition de la main, à savoir, la communication et la translation de la chose dont il s'agissait, et aussi la réception de cette chose par un autre, soit que cela fût puissance, ou obéissance, ' ou bénédiction, ou témoignage. Que l'imposition des mains ait s.ignifié la puissance, on le voit par les passages suivants, dans Moïse : « Jéhovah dit a Moscheh d'imposer la main sur Joschua, et de l'établir devant Éléazar le Prêtre en présence de toute l'assemblée, et qu'ainsi il donnerait de sa gloire sur lui, afin que lui obéisse toute l'assemblée. » — Nomb. XXVII. 18, 19, 20; — qu'imposer la main signifie ici la communication et la translation de la puissance qu'avait Moscheh, et la réception de cette puissance par Joschua, cela est évident ; de là il est dit « qu'ainsi il donnerait de sa gloire sur lui. » Dans le Môme : « Quand furent purifiés les Lévites, et que leur fut attribué le ministère du sacerdoce sous Aharon, il fut ordonné que deux taureaux seraient amenés avec une minchah, et qu'Aharon amènerait les Lévites devant Jéhovah; que les fils d'Israël imposeraient leurs mains sur les Lévites; que les LMtes imposeraient leurs mains sur ta trte des taureaux, dont l'un serait offert en sacrifice, et l'autre en holocauste; et qu'ainsi on séparerait les Lévites du milieu des fils d'Israël, et qu'ils seraient à Jéhovah. » — Nomb. VIII. 7 à 14; — que les fils d'Israël imposeraient leurs mains sur les Lévites, cela signifiait la translation de la puissance de remplir les fonctions du ministère pour eux, et la réception de la part des Lévites, ainsi la séparation ; et que les Lévites imposeraient leurs mains sur la tôle des taureaux, cela signifiait la translation de cette puissance à Jéhovah, c'est-à-dire, au Seigneur; c'est pour cela qu'il est dit « qu'ainsi on les séparerait du milieu des fils d'Israël, et qu'ils seraient à Jéhovah. » Dans le Môme : « Après que les fils d'Israël auront confessé leurs péchés, » Aharon imposera ses deux mains sur la te te du bouc vivant, » A:azel,e[ confessera sur lui toutes les iniquités des fils d'Israël, xv. 22.
» et tous leurs péchés, et il les mettra sur la tête du bouc, et l'eo- » verra au désert. » — Lévit. XVI. 21; — que l'imposition des mains aur le bouc ait signifié la communication et la translation de toutes les iniquités et de tous les péchés des fils d'Israël, et la réception de la part du bouc, cela est évident ; le désert, où le bouc devait être envoyé, est l'enfer. Dans le Même : « Les témoins et tous ceux qui avaient entendu le blasphème imposaient la main sur celui qui devait être lapidé. » — Lévit. XXIV. 14 ; — ce qui signifiait le témoignage ainsi communiqué et transrais; le.témoignage étant reçu, le coupable était destiné à la mort. Dans le Môme : a L'homme qui amène du gros bétail ou du menu bétail » un holocauste en présent à Jéhovah , imposera la main sur la » tête de l'holocauste, alors avec bon plaisir il sera reçu de lui, » pour l'expier. » — Lévit. I. 2, 3, 4 ; — pareillement « sur la tête de l'offrande qui était pour le sacrifice. » — Lévit. III. 1, 2, 8, 13; — pareillement devait faire le prêtre, si c'était lui qui avait péché; pareillement les anciens; pareillement toute l'assemblée; pareillement le prince, s'il avait péché; et pareillemenÙOM/e âme qui avait péché, — Lévit. IV. 4, 15, 24, 29; — l'imposition de leur main sur l'holocauste et sur le sacrifice signifiait le tout du culte de celui qui offrait, savoir, la reconnaissance des péchés, la confession, par suite la purification, l'implantation du bien et du vrai, ainsi la conjonction avec le Seigneur, toutes choses qui se faisaient par la communication, la translation et la réception; par la translation et la réception est entendu ce qui est signifié par porter les iniquités, N0' 9037, 9938. Puisque les communications, les translations et les réceptions, étaient signifiées par l'imposition des mains, on peut savoir ce qui est signifié par l'imposition des mains dans Matthieu : « Un chef vint vers Jésus, et lui dit : Ma fille à » l'instant est morte ; mais viens, impose ta main sur elle, et » elle vivra. Jésus, étant entré, lui prit la main, et la jeune fille » se leva. » — IX. 18, 19, 25. — Dans Marc : « Jésus mit la » la main sur les yeux de l'aveugle, et il fut rétabli. » — VIII. 25; — dans le Même : « On amena un sourd à Jésus, afin qu'il » lui imposât la main; l'ayant tiré de la foule à part, lY lui mit » ses doigts dans les oreilles, et iV lui toucha la langue; et fu- » rent ouvertes ses oreilles. » — VII. 32, 33, 35. — Dans Luc :
« Une femme, ayant un esprit d'infirmité, était devenue courbée ; » Jésus lui imposa les mains, et ta guérit. » — XIII. 11, 13.
— Dans Marc : « Jésus imposa la main à des malades, et jY les » guérit. » — VI. 5 ; — ici, l'imposition des mains par le Seigneur, et aussi le toucher, signifient la communication et la réception d'une puissance Divine; que ce soit là ce qui est signifié, on le voit clairement dans Marc : « Une femme vint par derrière, et toucha » le vêlement de Jésus, disant : Si seulement son vêtement je » touche, je serai guérie ; et aussitôt elle fut guérie de son fléau. » Et Jésus connut en Soi-AIêmc la puissance qui était sortie » de Lui. » — V. 27 à 30. — Dans Luc : « Une femme qui toucha » le vêtement de Jésus fut guérie ; Jésus dit : Quelqu'un M'atou- » ché, cm je connais qu'une puissance est sortie de Moi. » — VIII. 44, 46;— et dans Luc : « Toute la foule cherchait à tou- » cher Jésus, parce qu'une puissance sortait de Lui, et les gué- » rissait tous. » —VI. 19 ; — on voit donc clairement ce qui est signifié par toucher de la main ou du doigt ; et aussi ce que signifie dans le Même : « Jésus s* approchant toucha la bière, où élait » le mort, et les porteurs s'arrêtèrent; alors il dit : Jeune homme, » je te dis : Lève-toi ; et sur son séant se leva le mort, et il com- » mença à parler. » — VII. 14, 15 : — et ce que signifie l'imposition des main3 sur les enfants et petits enfants ; sur les enfants, dans Matthieu : « On amena vers Jésus des enfants, afin qu'il » leur imposât les mains; Jésus dit : Laissez les enfants, et ne » les empêchez point de venir à Moi, car à ceux qui sont tels ap- » partient le Royaume des cieux ; et î/ leur imposa les mains. »
— XIX. 13, 14, 15 : — et sur les petits enfants, dans Marc : « Jé- » sus prit les petits enfants dans ses bras, et iY leur imposa les » mains, et les bénit. — X. 16; — l'imposition des mains sur les enfants et petits enfants signifie aussi ici la communication et la réception de la puissance Divine, par lesquelles se fait la guérison des intérieurs, qui est la salvation. Si le toucher, qui se fait par les mains, signifie de telles choses, cela tire son origine des représentatifs dans l'autre vie; là, ceux qui sont dans un état dissemblable dévie apparaissent éloignés à distance; mais ceux qui sont dans un état semblable apparaissent consociés ; et ceux qui là se touchent mutuellement se communiquent l'un à l'autre l'état de leur
vie; si le toucher se fait par les mains, le tout de la vie est communiqué; car, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, les mains d'après la correspondance signifient la puissance qui est l'actif de la vie de l'homme, ainsi tout oe qui est chez lui : de tels représentatifs existent dans le monde des esprits, mais se font par l'influx provenant du ciel, où seulement sont perçues les consociations quant aux affections du bien et du vrai.
10024. Et tu immoleras le taureau devant Jéhovah, signifie la préparation à la purifieation du bien et du vrai par le Seigneur dans l'homme externe ou naturel : on le voit paF la signification d'immoler, quand il s'agit des animaux qui étaient offerts en holocaustes ou en sacrifices, en ce que c'est la préparation aux choses qui étaient représentées par les holocaustes et par |es sacrifices; que ces choses fussent la purification des maux et des faux, l'implantation du bien et du vrai, et leur conjonction, on le voit, N° 10022; et comme elles procèdent du Divin, c'est pour cela qu'il est dit devant Jéhovah; et par la signification du taureau, en ce qu'il est la purification de l'homme externe ou naturel, N° 9990 : de là vient qu'immoler, quand il s'agit d'holocaustes et de sacrifices, signifie dans la Parole tout ce qui est représenté par l'holocauste môme et par le sacrifice même, puisque tout cela est alors entendu.
10025. A l'entrée de ta Tente de convention, signifie afin qu'ily ait conjonction : on le voit par la signification de l'entrée de ta Tente de convention, en ce que c'est la conjonction du vrai et du bien, laquelle est appelée mariage céleste, N° 10001. Comme telle était la signification de l'entrée de la Tente de convention, c'est pour cela qu'il avait été statué, « que si l'immolation était faite ailleurs, le sang serait imputé, et que cette Ame-là serait retranchée d'entre ses peuples. » — Lévit. XVII. 3, A, 8, 9; — c'est parce qu'alors il était représenté non pas la conjonction du bien et du vrai, ni par conséquent le mariage céleste, mais la conjonction du mal et du faux, laquelle est le mariage infernal.
10026. Et tu prendras du sang du taureau, signifie le Divin Vrai accommodé dans l'homme naturel ou externe : on le voit par la signification du sang, en ce qu'il est le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, ainsi qu'il va être montré;
et par la signification du taureau, en ce qu'il est le naturel de l'homme, naturel qui doit être purifié, et daus lequel le Vrai et le Bien doivent être implantés, N° 9990. Si d'abord ici il est parlé du sang, et s'il est dit qu'il doit être mis sur les cornes de l'autel, et que le reste de ce sang doit être répandu vers le fondement de l'autel, c'est parce que le sang, dans la Parole, signifie le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, et que toute purification se fait par ce Vrai, car le Vrai enseigne à l'homme ce que c'est que le bien, et comment il doit vivre; or quand l'homme connaît cela, chez lui peut alors être implantée l'affection ou l'amour du bien, et ainsi il peut être régénéré; en effet, la connaissance doit précéder, avant que l'homme puisse avoir la foi, et vivre de la vie de la foi, qui est la vie du bien ; que ce soit par les vrais de la foi que s'opère toute purification des maux et des faux, par conséquent toute régénération, on le voit dans les articles cités, N° 9959. Ceux qui ne connaissent pas le sens interne de la Parole, qui par conséquent ne savent pas que le sang siguifie le Divin Vrai, et que la purification est faite par ce vrai qui procède du Seigneur, croient que l'homme est purifié par le sang du Seigneur, c'est-à-dire, par la passion de la croix qu'ils entendent par ce sang; mais qu'ils sachent que personne n'est purifié par la passion de la croix du Seigneurv ni par conséquent par son sang, mais qu'on est purifié par la vie selon les préceptes du Seigneur, comme Lui-Môme l'enseigne en plusieurs endroits ; la passion de la croix a été la dernière chose de la tentation du Seigneur, par laquelle il a pleinement glorifié son Humain, comme il le dit aussi Lui-Même dans Luc : « Ne fallait-il » pas que le Christ souffrit, et qu'il entrât dans sa gloire. » — XXIV. 20; — en effet, le Seigneur est venu dans le monde pour subjuguer les enfers, et remettre toutes choses dans l'ordre, même dans les cieux, ce qui a été opéré par les tentations admises en Lui ; et la passion de la croix a été la dernière chose de sa tentation, par laquelle il a pleinement vaincu les enfers, a mis les cieux daus l'ordre, et a glorifié en même temps son Humain; et s'il n'avait pas fait ainsi, aucun homme n'aurait pu être sauvé; mais sur ce sujet, voir ce qui a déjà été amplement montré dans les passages cités, N° 9528, et N0' 9715, 9937, 10019; que le sang du Seigneur signifie le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Sei-
gneur, on le voit, N°* 4735, 6978, 6378, 7317, 7326, 7850, 9127, 9393.
10027. Et tu en mettras sur les cornes de l'autel avec ton doigt, signifie la puissance Divine du Seigneur d'après le propre : on le voit par la signification des cornes de l'autel, en ce que c'est la puissance du vrai d'après le bien, car les cornes sont la puissance, Not 9081, 9719, 9720, 9721, et l'autel est le représentatif du Seigneur quant au Divin Bien, ou le représentatif du Divin Bien dans le Seigneur, N" 9388, 9389, 9714, 9964; et par la signification du doigt, en ce qu'il est la puissance, N° 7430 : que ce soit d'après la puissance propre ou d'après le propre, c'est parce que cela a été fait par Moscheh, et que Moscheh représente le Seigneur quant au Divin Vrai, N°* 9372, 9806, c'est pourquoi il est dit, « avec ton doigt. » Si le sang était d'abord mis sur les cornes de l'autel, c'est pour que la puissance même du Divin Vrai procédant du Divin Bien fût représentée, car par la puissance du Divin Vrai procédant du Divin Bien toutes choses sont faites, et rien n'est fait sans elle; voir les articles cités ci-dessus, N° 10019.
10028. Et tout le sang tu répandras vers le fondement de l'autel, signifie le Divin Vrai tout dans le sensuel, qui est le dernier de la vie de C homme : on le voit par la signification du sang, en ce que c'est le Divin Vrai d'après le Divin Bien du Seigneur, N° 10026 ; et par la signification du fondement de l'autel, en ce que c'est le sensuel, qui est le dernier de la vie de l'homme; si telle est la signification du fondement de l'autel, c'est parce que l'Autel était le représentatif du Divin Humain du Seigneur, c'est pourquoi son fondement signifie ce qui est le dernier de la vie dans l'humain, et le dernier de la vie dans l'humain, est ce qui est appelé sensuel-externe, sensuel qui est entendu ici ; que l'Autel ait été le principal représentatif du Divin Humain du Seigneur, on le voit, N°* 9388, 9389, 9714, 9964 ; que le fondement en soit le dernier, cela est évident ; que cela chez l'homme soit le sensuel externe, et quel est ce sensuel, on le voit, N°* 9212, 9216, 9996. Il faut dire en peu de mots ce qui se passe à ce sujet : Quand l'homme est purifié, il apprend d'abord les vrais qui peuvent être saisis par l'homme sensuel, tels sont les vrais qui sont dans le sens littéral de la Parole; ensuite il apprend les vrais intérieurs, tels que
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sont les vrais que recueillent de la Parole ceux qui sont dans l'illustration, car ceux-ci recueillent le sens intérieur de la Parole de divers passages, où le sens de la lettre y est expliqué ; ces vrais estant connus, ils puisent ensuite chez les illustrés des vrais encore plus intérieurs, qui, avec les précédents, servent à l'Église pour doctrine, ces derniers pour doctrine à ceux qui sont hommes de l'Église interne, et les précédents pour doctrine à ceux qui sont hommes de l'Église externe : les uns et les autres, s'ils ont vécu selon ces vrais, sont élevés dans le ciel parmi les anges, et y sont imbus de la sagesse angélique qui provient de vrais encore plus intérieurs, et enfin de vrais intimes dans le troisième ciel : ces vrais avec les antérieurs dans leur ordre se terminent dans les derniers, qui appartiennent au sensuel externe, et ils y sont tous ensemble; de là il est évident, que tous les vrais intérieurs sont ensemble dans les vrais du sens de la lettre de la Parole, car ceux-ci, comme il a été dit, sont les vrais derniers : que tous les intérieurs se reposent en ordre dans les derniers, et y soient ensemble, on le voit, N0' 0828, 983(5. D'après cela, on voit clairement ce qui est entendu en ce que le Divin Vrai est tout dans le sensuel, ce qui est signifié en ce que tout le sang était répandu sur le fondement de l'autel.
10029. Et tu prendras toute la graisse, signifie le bien accommodé : on le voit par la signification de la graisse, en ce qu'elle est le bien, N° 59A3 : il est dit le bien accommodé, parce qu'il s'agit ici de la purification de l'homme externe ou naturel, et de l'implantation du vrai et du bien, et par conséquent de la conjonction de l'un et de l'autre, car ce sont ces trois choses qui sont signifiées par les sacrifices et par les holocaustes ; c'est pour cela qu'ici par la graisse du taureau il est entendu le bien accommodé à l'homme naturel ou externe, et qui peut y être conjoint avec le vrai, car le vrai doit être accommodé à son bien, et le bien à son vrai, parce qu'ils doivent être un. Il faut aussi qu'on sache que le vrai et le bien dans l'homme naturel ou externe diffèrent du vrai et du bien dans l'homme interne, comme l'extérieur diffère de l'intérieur, ou comme l'inférieur diffère du supérieur, ou, ce qui est la même chose, comme le postérieur diffère de l'antérieur ; le vrai dans le naturel est un scientifique, et le bien y est le plaisir du scientifique, tous deux perceptibles à l'homme pendant qu'il est dans le monde,
car ils sont apparents quand l'homme pense; mais le vrai dans l'homme interne n'est pas un scientifique apparent, c'est un vrai implanté dans sa partie intellectuelle ; le bien n'y est pas non plus perceptible, parce qu'il est implanté dans sa partie volontaire, i\s sont implantés l'un et l'autre dans la vie intérieure de l'homme, dans laquelle le vrai appartient à la foi, et le bien à l'amour : telle est la ditférence qu'il y a entre le vrai et le bien dans l'homme interne ou spirituel, et le vrai et le bien daus l'homme externe ou naturel; l'implantation et la conjonction du vrai et du bien dans l'homme externe sont signifiées par le sacrifice du taureau, mais l'implantation et la conjonction du vrai et du bien dans l'homme interne sont signifiées par l'holocauste du bélier, dont il est parlé dans la suite de ce Chapitre. Par là, on voit clairement ce qui est entendu par le bien accommodé, que signifie la graisse du taureau.
10030. Qui couvre /es intestins, signifie gui est dans les derniers ou les infimes : on le voit par la signification des intestins, en ce qu'ils sont les derniers ou les infimes. Si les intestins sont les derniers ou les infimes, c'est parce qu'ils sont les derniers et les infimes des viscères intérieurs de l'homme, non-seulement quant à la situation, mais môme quant à l'usage; quant à la situation, ils sont au-dessous de l'estomac, auquel ils sont suspendus ; et quant à l'usage, ils reçoivent en dernier ce qui est digéré chez l'homme; au-dessus d'eux il y a, comme on sait, l'estomac, le foie, le pancréas, la rate; et plus haut encore le cœur et le poumon, et encore plus haut la tête; on sait aussi que ces supérieurs jettent leurs saletés et leurs ordures dans les intestins, et que par eux ils les chassent, partie par l'estomac, partie par les conduits du foie, qui sont appelés conduits hépatiques, et aussi cystiques ou biliaires, partie par les conduits du pancréas, conduits qui ont avec tous les autres leurs issues dans l'intestin duodénum; on voit donc maintenant pourquoi les intestins signifient les derniers ou les infimes. Que les viscères, qui sont chez l'homme, signifient des choses qui appartiennent au monde spirituel, c'est ce qu'on peut voir d'après ce qui a été exposé au long à la fin de plusieurs Chapitres, où il a été traité de la Correspondance du Très-Grand Homme, qui est le ciel, avec tout ce qui est chez l'homme ; on peut voir ce qui correspond spécialement aux Intestins, N° 5392: et que les enfers correspon-
dent aux matières et aux excréments rejetés par les intestins, N°* 5393 à 5396. Comme dans ce qui suit il va être parlé de quelques viscères du corps, tels que le Réticule, le Foie, les Reins, les Jambes, la Poitrine, l'Épaule, la Tête, et qu'il s'agit de l'ordre dans lequel ces parties sont placées dans les sacrifices, il va d'abord être montré ici qu'en général les membres de l'homme signifient des choses qui sont dans le Très-Grand Homme, c'est-à-dire, dans le Ciel, ici seulement ceux par lesquéls est décrite la statue de Nébuchadnézar dans Daniel : •« Que la Tête de la statue était d'or pur, la Poitrine et les Bras d'argent, le Ventre et le Flanc d'airain, les Jambes de fer, et les Pieds en partie de. fer, et en partie d'argile. » — II. 32, 33 ;— celui qui ne sait pas que la Parole du Seigneur est spirituelle croit que ces choses ont été dites des Royaumes de la terre, mais dans la Parole il ne s'agit pas des Royaumes de la terre, il s'agit du Royaume de Dieu, par conséquent du Ciel et de l'Église : que ce soit là ce qui est décrit par les choses qui sont dans les terres, et dans leurs Royaumes, c'est parce que les mondains et les terrestres correspondent à des choses qui sont dans le Ciel ; car toute la nature et le monde entier sont le théâtre représentatif du Royaume du Seigneur ; voir les articles cités, N° 9280; et les terrestres et les mondains sont ce que l'homme saisit d'alwrd ; de là, il devient évident que la statue vue en songe par Nébuchadnézar signifie non pas des mondains mais des célestes ; quant à ce qui est spécialement signifié par la Tète, par la Poitrine, par le Ventre et le Flanc, par les Jambes et par les Pieds, on peut le savoir d'après la correspondance de ces parties, ainsi d'après le sens interne de la Parole; d'après la correspondance on sait que la Tête signifie le Premier état de l'Église; la Poitrine et les Bras, le Second état; le Ventre et le Flanc, le Troisième; les Jambes, le Quatrième ; et les Pieds, le dernier : parce que le Premier état de l'Église a été l'état du bien de l'amour envers le Seigneur, il est dit que la Tête était d'or ; parce que le Second état a été l'état du vrai d'après ce bien, il est dit que la Poitrine et les Bras étaient d'argent ; parce que le Troisième état a été le bien de l'amour et le vrai de ce bien dans l'homme externe ou naturel, il est dit que le Ventre et le Flanc étaient d'airain ; parce que le Quatrième état a été le vrai de la foi, il est dit que les Jambes étaient de fer; parce
que le dernier état a élé le vrai, qui est appelé vrai de la foi, sans le bien, il est dit que les Pieds étaient en partie de fer et en partie d'argile; et parce qu'un tel état de l'Église a été le dernier, il est dit, « que du Rocher fut détachée une Pierre, qui brisa et dispersa tous ces métaux, tellement que le vent les emporta, et qu'aucun lieu ne fut trouvé pour eux. » — Vers. 34, 35 ; — ce qui signifie que le bien de l'amour envers le Seigneur, le bien de la charité à l'égard du prochain, et le bien de la foi, furent tout à fait dissipés, tellement qu'on ne savait plus ce que c'était ; on savait seulement quelque chose des vrais de la foi sans le bien, ou avec le bien qui n'est point le bien, ainsi qui n'est point cohérent avec le vrai de la foi ; ce bien est le bien externe sans l'interne, tel qu'est le bien du mérite, le bien pour soi et pour le monde, ainsi pour le gain, l'honneur et la réputation, pour les amitiés qu'on en relire ou pour la faveur, et aussi seulement par crainte de la loi, et non pour le bien de la charité, qui est le bien du concitoyen, le bien d'une société humaine, le bien de la patrie, et le bien de l'Église; ces biens mentionnés plus haut sont signifiés par l'argile ou limon, le vrai avec lequel ce bien n'est point cobérent est le fer; c'est pour cela qu'il est dit : « De ce que tu as ru le fer mêlé avec » l'argile de limon, (c'est qu') ils se mêleront par la semence » de l'homme, mais ils n'auront point de cohérence l'un avec » l'autre, de même que le fer ne se mêle point avec l'argile.» — Vers. 43 ; — la semence de l'homme est le vrai de la foi d'après le propre, ainsi le vrai falsifié et adultéré par l'application aux maux d'après l'intuition de soi-même et du monde : d'après cela, il est évident que les membres de l'homme depuis la Tôte jusqu'à la plante des pieds signifient des choses qui appartiennent à l'Église. Qu'en général la Tête signifie le bien célesle, qui est le bien de l'amour envers le Seigneur; la Poitrine, le bien spirituel, qui est le bien de la charité à l'égard du prochain ; et les Pieds, le bien naturel, qui est le bien et le vrai de la foi, on le voit, N°* 9913, 9914 ; que l'or, l'argent, l'airain et le fer aient de semblables significations, on le voit, N° 5658 : quant aux significations spéciales, on peut voir ce que signifie la Tête, N" 4938, 4939, 5328, 9913, 9914; l'or, N- 113, 1551, 1552, 5658, 9510, 9881; la lK)itrine, N°* 4938, 4939, 5328, 6436, 9913, 9914; l'argent,
N- 1551, 5658, 0914, 6917; d'où l'on voit clairement ce que signifient le ventre et le flanc qui sont au-dessous de la poitrine ; l'airain, N°* 425, 1551; les pieds, N- 2162, 3147, 3761, 4933 à 4952 ; le fer, N*' 425, 426; et l'argile ou le limon, N" 1300, 6669. Maintenant, d'après çe qui vient d'être dit, on peut savoir que les membres ou les viscères de l'homme signifient des choses qui y correspondent dans le Très-Grand Homme, ou dans le Ciel, qui toutes se réfèrent au bien de l'amour et au vrai de la foi ; et ce qui correspond à ces choses correspond aussi aux mêmes choses danstl'Église, car le Ciel du Seigneur dans les terres est l'Église. Qu'il y ait correspondance de l'homme, et de tout ce qui est chez l'homme, avec le Très-Grand Homme, qui est le Ciel, on le voit expliqué, d'après l'expérience môme, à la fin de plusieurs Chapitres dans les articles, N0' 3624 à 3649, 3741 à 3751, 3883 à 3896, 4039 à 4051, 4218 à 4228, 4318 à 4331, 4403 à 4421, 4527 à 4533, 4622 à 4633, 4652 à 4660, 4791 à 4805, 4931 à 4953, 5050 à 5061, 5171 à 5189, 5377 à 5396, 5552 à 5573, 6711 à 5727, 5846 à 5866, 5976 à 5993, 6053 à 6058, 6189 à 6215, 6307 à 6326, 6466 à 6495. Ce que c'est que la correspondance, on le voit, N" 2987 à 3003, 3213 à 3227, 3337 à 3352, 3472 à 3485.
10031 . Et le réticule sur le foie, signifie le bien intérieur de l'homme externe ou naturel : on le voit par la signification du réticule qui est sur le foie, en ce que c'est le bien intérieur de l'homme externe ou naturel; si le réticule est ce bien, c'est parce qu'il est tout ent ier graisse, et que la graisse sign i fie le bien , N° 1 0029; s'il est le bien intérieur, c'est parce que celte graisse est plus haut ou plus intérieurement dans le corps que n'est la graisse qui couvre les intestins, et dont il vient d'être parlé ; le foie aussi signifie la purification intérieure, car le foie purifie le sang, mais les intestins purifient les choses dont provient le sang;, si c'est le bien de l'homme externe ou naturel, c'est parce que le (jeune) taureau, dans lequel est ce réticule, signifie le bien de l'innocence et de la charité dans l'homme externe ou naturel, N° 9990. D'ailleurs, le foie signifie le bien externe de l'innocence, tel qu'il est chez les petits enfants, et cela, parce que les petits enfants, avant que tous les autres viscères aient été pleinement formés pour leur usage, ce qui
se fait quand ils sont embryons, sont nourris par le foie, car tout suc nutritif y est amené de l'utérus de la mère par le placenta et l'ombilic; ce suc correspond au bien de l'innocence : que ce bien soit signifié par le foie, on le voit dans Jérémie : « Consumés ont » été par les larmes mes yeux, émues ont été mes entrailles, ré- » pandu a été à terre mon foie, à cause de la fracture de la fille » de mon peuple : te petit enfant et celui qui texte sont défail- » lants dans -les places ; à leurs mères ils disent : Où y a-t-il du » blé et du vin? » — Lament. II. 41, 12;— là est décrite la douleur de l'Église dévastée; la douleur à cause du vrai perdu est signifiée en ce que les yeux ont été consumés par les larmes ; la douleur à cause du vrai de l'innocence perdu, est signifiée en ce que les entrailles ont été émues ; et la douleur à cause du bien de l'innocence perdu, est signifiée en ce que le foie a été répandu à terre ; c'est pour cela qu'il est dit : « Le petit enfant et celui qui tette sont défaillants dans les places, et à leurs mères ils disent : Où y a-t-il du blé et du vin? » la fille de mon peuple, dont la fracture cause cette douleur, est l'Église, Not 2362, 39(53, 0729; les yeux sont les choses qui appartiennent à la vue interne, ainsi les vrais de la foi, N°* 4520, 4528, 9051 ; les entrailles sont les vrais de l'innocence, N° 3294; le foie est le bien de l'innocence, car les petits enfants et ceux qui tettent, tombant en défaillance dans les places, sont ceux qui sont dans le bien de l'innocence, N0' 430, 3183, 4503, 5008; le blé et le vin, au sujet desquels ils disent à leurs mères, « où y en a-t-il, «sont le bien du vrai et le vrai' du bien ; le blé, le bien du vrai, N° 5959; le vin, le vrai du bien, N°* 1071, 1798.
10032. Et tes deux reins, et la graisse qui est sur eux, signifie te vrai intérieur de l'homme externe ou naturel, et le bien de ce vrai : on le voit par la signification des reins, en ce qu'ils sont les vrais intérieurs, ainsi qu'il va être montré; et par la signification de la graisse, en ce qu'elle est le bien, N° 10029; que ce soit le bien de ce vrai, "c'est parce que c'est la graisse qui était sur les reins. 11 est dit le bien de ce vrai, parce que chaque bien a son vrai, et chaque vrai a son bien ; il existe des genres innombrables du bien, et à chaque geure du bien il y a un vrai qui est du même genre; car dans tout le ciel, ce sont les biens et les viais qui y font la vie, et partout ils sont différents. Quant au bien
qui est signifié par la graisse sur les reins, on voit quel il est d'après les vrais qui sont signifiés par les reins ; les reins signifient les vrais qui explorent, purifient et chAlient : cette signification tire son origine de la fonclion des reins : de là, on voit clairement ce qui est signifié par les reins dans les passages suivants : « Jélio- » vah éprouve les reins et le eœur. » — Jérém. XX. 12. — Dans David : « Tu éprouves les cœurs et tes reins, Dieu juste.»
— Ps. VII. 10. — Dans le Même : « Jêhovah ! explore mes reins » et mon cœur. » — Ps. XXVI. 2. — Dans le Môme : « Jèho- » vah ! Toi, tu possèdes mes reins. » — Ps. CXXXIX. 1 3. — Dans Jean : « Moi, je suis celui qui sonde les reins et les cœurs. »
— Apoc. II. 23; — sonder et éprouver les reins, c'est explorer les vrais de la foi ; sonder et éprouver le cœur, c'est explorer les biens de l'amour, car le Cœur est le bien de l'amour, N°* 3883 à 3896, 7542, 9050 : que les vrais de la foi soient signifiés par les reins, on le voit clairement dans David : a Jéhovahl voici, ta vérité tu » désires dans les reins. » — Ps. Ll. 8.— Si les reins signifient le vrai intérieur et son exploration, c'est parce que les urétères et la vessie, qui sortent des reins, signifient le vrai extérieur et son exploration, puis aussi la correction, N0i 5381, 5382, 5383, 5384.
10033. Comme dans ce Chapitre il s'agit du sacrifice et de l'holocauste, par lesquels Aharon et ses fils devaient être inaugurés au sacerdoce, il sera encore parlé en peu de mots du sang et de la graisse : D'après les statuts et les lois sur les Holocaustes et les Sacrifices dans le Lévitique, on voit que tout sang du sacrifice et de l'holocauste était répandu à l'autel, et que toute graisse était brûlée sur l'autel ; si cela était fait ainsi, c'était parce que le sang signifiait le Divin Vrai, et la graisse le Divin Bien; que le sang ait signifié le Divin Vrai, on le voit d'après ce qui a été dit du Sang, N°* 4735, 6978, 6378, 7317, 7326, 7850, 9127, 9393; et que la graisse ait signifié le Divin Bien, on le voit d'après ce qui a été dit, N° 5943. Que le sang signifie le Divin Vrai, cela est manifeste dans Ézéchiel : « Rassemblez- vous de toute part sur mon Sacrifice, » que Moi je sacrifie pour vous, Sacrifice grand sur les montagnes » d'Israël, afin que vous mangiez de la chair, et que vous buviez » du sang; chair de forts vous mangerez, et sang des princes de » la terre vous boirez; vous mangerez de /// graisse à satiété, et
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»> boirez du sang jusqu'à l'ivresse, de mon sacrifice que je sacri- » fierai pour vous; vous serez rassasiés, sur ma table, de cheval, de » char, $( homme) fort et de tout homme de guerre : ainsi je don- » nerai ma gloire parmi les nations. » — XXXIX. 17 à 22 ; — chacun peut voir que là par le sang il n'est pas entendu du sang, car il est dit qu'ils boiraient du sang des princes de la terre jusqu'à l'ivresse; et aussi qu'ils mangeraient de la graissé jusqu'à satiété; et ensuite qu'ils seraient rassasiés de cheval et de char; d'où il est évident que par le sang il est entendu autre chose que du sang, par les princes de la terre aMlre chose que des princes de la terre, et par la graisse, le cheval et le char autre chose que graisse, cheval et char; quant à ce qui est signifié, on ne peut le savoir que par le sens interne ; ce sens enseigne que le Sang est le Divin Vrai ; les princes de la terre, les principaux vrais de l'Église; la graisse, le Divin Bien ; le cheval, le sens interne de la Parole ; et le char, la doctrine môme tirée de la Parole : que le sang soit le Divin Vrai, on le voit dans les articles ci-dessus cités ; on peut voir aussi que les princes de la terre sont les principaux vrais, N° bOhb; que la terre est l'Église, N° 9325 ; que le cheval est le sens interne de la Parole, NM 2760, 2761, 2762; et que le char est la doctrine, N°* 532J, 8215. Maintenant, d'après cela, on voit clairement ce qui est signifié par les paroles du Seigneur dans Jeau : « Jésus dit : Si » vous ne mangez la chair du Fils de C homme, et ne buvez son » sang, vous n'aurez point la vie en vous-mêmes. Celui qui mange » ma chair, et boit mon sang, a la vie étemelle; et Moi je le res- » susciterai au dernier jour : car ma cliair est véritablement une » nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage. » Celui qui mange ma chair, et boit mon sang, en Moi demeure, » et Moi en lui. » — VI. 53, 54, 55, 56; — que la Chair soit le Divin Bien, on le voit, N°* 3813, 7850, 9127; et que le Fils de l'homme, dont ils devaient manger la chair et boire le sang, soit le Seigneur quant au Divin Vrai procédant du Divin Bien, on le voit, N° 9807. Quant à la graisse, il est évident que c'est le Divin Bien, dans Ésaïe : « Jéhovah fera à tous les peuples sur cette montagne » un festin de graisses. » — XXV. 6 ; — dans le Môme : « Écou- » tez-Moi, et mangez (de ce gui est ) bon, et que se délecte dans » la graisse votre âme. » — LV. 2 : — et dans Jérémie : « Je
» remplirai l'âme des prêtres de graisse, et mon peuple de mon » bien sera rassasié. » —XXXI. U ; — d'après cela, on peut voir pourquoi toute la graisse du sacrifice devait être brûlée sur l'autel, et pourquoi tout le sang devait être répandu au côté de l'autel. Comme le Sang et la Graisse signifiaient ces Divins, c'est pour cela qu'il avait été absolument défendu au peuple Israélite de manger de la graisse et du sang, comme on le voit dans Moïse : « Statut d'éternité dans » vos générations : Aucune graisse ni aucun sang vous neman- » gérez. » — Lévit. III. 17 : — dans le Même : <« Aucune graisse » soit de bœuf, soit de brebis, soit de chèvre, vous ne mangeai rez ; quiconque aura mangé de la graisse d'une bête, dont » il aura été offert une oblation ignée à Jéhovah, retranchée » sera l'âme, qui en aura mangé, d'entre ses peuples. » — Lévit. VIL 23, 25; — et dans le Môme : « Quiconque mangera quel- » que sang que ce soit, je mettrai mes faces contre l'âme qui » mange le sang, et je la retrancherai du milieu de son peuple. » — Lévit. XVII. 10 à 1A; puis Deutér. XII. 16, 23, 2A, 25. — S'il a été si sévèrement défendu de manger le sang et la graisse, c'est parce que par là était représentée la profanation du Divin Vrai et du Divin Bien ; en effet» la Nation Israélite et Juive était dans les externes séparés d'avec les internes, ainsi elle n'était dans aucun vrai Divin, ni dans aucun bien Divin, quant à la foi et à l'amour; elle avait le culte externe sans le vrai ni le bien; car les descendants de Jacob étaient dans l'amour de soi et du monde plus que toutes les autres nations, par conséquent dans les maux qui jaillissent de ces amours, et qui sont le mépris pour les autres, l'inimitié, la haine, la vengeance, l'inhumanité et la cruauté ; c'était même pour cela que les vrais internes ne leur avaient pas été révélés, car s'ils eussent été révélés, il leur aurait été impossible de ne pas les profaner : que telle ait été cette nation, on le voit dans les articles cités, N° 9320 f. , et N° 9380 ; ils auraient donc représenté la profanation, s'ils eussent mangé le sang et la graisse; car tout ce qui •avait été institué chez eux était représentatif des intérieurs de l'Église et du Ciel. Par là, on voit clairement de nouveau ce qui est signifié par manger de la graisse à satiété, et boire du sang, du sang jles princes de la terre, jusqu'à l'ivresse, dans Ézéchiel, Chap. XXXIX. 17 à 22, dont il a été parlé plus haut; à savoir, que quand
les intérieurs auraient été ouverts, ceux qui seraient dans les inté- riéUrs, c'est-à-dire, dans la foi et dans l'amour envers le Seigneur, s'approprieraient le Divin Vrai et le Divin Bien, ce qui est arrivé chez les nations, quand le Seigneur est venu dans le monde ; c'est pourquoi il est dit aussi dans ce passage : « Ainsi je donnerai ma gloireparmi les nations; » la gloire signifie le Divin Vrai procédant du Seigneur, tel qu'il est dans le ciel, N° 9429; et les nations signifient tous ceux qui sont dans le bien, N°' 1259, 1260,1416, 1849, 4574, 6005, 8771, 9256. C'est ce que confirme le Seigneur Lui- Même quand il dit que « sa chair était véritablement une nourriture, et son sang véritablement un breuvage; »et : «Celui qui » mange ma chair et boit mon sang demeure en Moi, et Moi en » lui. » — * Jean, VI. 55, 56 ; — et aussi quand il a institué la Sainte Cène dans laquelle on mangerait sa cfiair, et l'on boirait son sang. » — Matth. XXVI. 26, 27, 28 ; — ce qui signifie l'appropriation du Divin Bien et du Divin Vrai procédant de Lui; et l'appropriation du Divin Bien et du Divin Vrai procédant de^Lui ne peut avoir lieu que chez ceux qui reconnaissent le Divin du Seigneur, car c'est là le premier, et l'essentiel même de tout ce qui appartient à la foi dans l'Église ; en effet, le ciel ne peut pas être ouvert à d'autres, parce que tout le ciel est dans cette foi; ainsi le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, vrai qui est entendu ici par le sang, ne peut pas être communiqué à d'autres : que tout homme, qui est au dedans de l'Église, se garde donc de nier le Seigneur, et aussi de nier le Divin du Seigneur, car à cette négation le ciel se ferme et l'enfer s'ouvre; en effet, on est séparé du ciel, où le Divin du Seigneur est tout dans tous, car il fait le ciel; et quand le ciel a été fermé, il se peut que la science des vérités de la foi provenant de la Parole et de la doctrine de l'Église soit donnée, mais jamais la foi qui est la foi, car la foi qui est la foi vient d'en-haut, c'est-à-dire, du Seigneur par le ciel. Si le Seigneur a parlé ainsi, c'est-à-dire, s'il a appelé le Divin Bien procédant de Lui sa Chair, et le Divin Vrai procédant de son Divin Bien son Sang, c'est parce • que la Parole, qui procède de Lui, est le Divin remplissant tout le ciel ; une telle Parole doit être par correspondances, par conséquent représentative et significative tant en général qu'en particulier, puisque c'est ainsi et non autrement qu'elle conjoint les hommes de
l'Église avec les anges dans les cieux; car lorsque les hommes perçoivent la Parole selon la lettre, les anges la perçoivent selon le sens interne, ainsi au lieu de la Chair du Seigneur ils perçoivent le Divin Bien, et au lieu de son sang le Divin Vrai, l'un et l'autre procédant du Seigneur ; c'est de là que le Saint indue par la Parole.
10034. Et tu en feras fumer l'autel, signifie d'après te Divin amour du Seigneur : on le voit par la signification de faire fumer, en ce que c'est l'embrasement du Divin amour; et par la représentation de l'Autel, en ce que c'est le représentatif du Seigneur quant au Divin Bien de l'amour, N" 9388, 9389, 971A : si faire fumer signifie l'embrasement du Divin amour, c'est parce que le feu sur l'autel signifiait le Divin amour, N° 6832.
I 0035. Et la cflair du taureau, signifie le mal des amours antérieurs là : on le voit par la signification de la Chair, en ce que c'est le bien de l'amour, et dans le sens opposé le mal de l'amour, ainsi qu'il va être montré; et par la signification du taureau, en ce que c'est l'externe ou le naturel, ainsi qu'il a déjà été dit; en effet, le taureau et le veau dans le sens bon signifient l'externe ou le naturel de l'homme quant au bien de l'innocence et de la charité, mais dans le sens opposé l'externe ou le naturel de l'homme quant au mal qui est contraire au bien de l'innocence et de la charité, car la plupart des expressions qui sont dans la Parole ont aussi le sens opposé. Que la Chair du taureau signifie ici le mal des amours antérieurs dans l'homme externe ou naturel, c'est parce que la Chair signifie le volontaire de l'homme, ainsi le propre de l'homme; car ce qui appartient à la volonté est le propre : et comme la chair signifie le volontaire ou le propre, c'est pour cela qu'elle signifie aussi le bien de l'amour, ou le mal de l'amour; en effet, il y a chez l'homme deux facultés, qui sont appelées Entendement et Volonté ; à l'Entendement appartiennent les vrais ou les faux, et à la Volonté les biens ou les maux ; ainsi, à l'Entendement appartiennent les choses qui concernent la foi, et à la Volonté les choses qui concernent l'amour, car les choses qui concernent l'amour sont perçues comme biens, et celles qui concernent la foi sont perçues comme vrais; chez ceux qui sont dans les faux et dans les maux, les faux appartiennent aussi à la foi, et les maux à l'amour : par là, on peut voir ce qui est entendu par le propre xv. 23.
volontaire, que signifie la chair dans l'un et l'autre sens. Eu outre, il faut qu'on sache que tout propre volontaire de l'homme est le mal, parce que de soi-même l'homme n'aime que soi et le monde, et s'il aime le prochain, c'est pour soi-même ; c'est pour cela qu'il doit être régénéré, et que par la régénération il doit recevoir une nouvelle volonté, mais la volonté qu'il reçoit par la régénération appartient non à l'homme, mais au Seigneur chez l'homme; quand cette volonté ou ce volontaire est entendu par la chair, la Chair signifie le hien de l'amour : mais sur la Chair et sur le Propre, on peut voir ce qui en a été dit précédemment, à savoir, que la Chair signifie le Propre du Seigneur, qui est le Divin Bien, et par suite tout bien de l'amour chez l'homme régénéré, N" 3813, 7850» 9127; et que dans le sens opposé elle signifie* le propre volontaire de l'homme, qui est le mal de l'amour, N°* 090, 3813, 8400 : que le Propre du Seigneur est le Divin Bien, et par suite le bien de l'amour envers Lui et à l'égard du Prochain, puisque le Propre du Seigneur est ce qui donne la vie du ciel à l'homme quand il est régénéré, N0' 1023, 1044, 1937, 1947, 3812, 5060, 5786,8480; et que le propre de l'homme n'est que le mal, N°' 210, 215, 694, 874, 875, 876, 987, 1047, 3812, 4328, 5660, 5786, 8480, 8497. Que la Chair de ce taureau signifie le mal de l'amour, on le voit par les paroles qui suivent dans ce Verset, à savoir, que la Chair, la Çeau et la Fiente seraient brûlées en dehors du camp, parce que, « péché cela. » Quant à ce qui était représenté en ce que la Chair du sacrifice devait être mangée par le Prêtre et par le peuple dans le lieu saint, on le verra plus bas, N° 10040.
10036. Et sa peau, signifie le faux dans les derniers : on le voit par la signification de la peau, en ce que c'est le vrai dans les derniers, et dans le sens opposé le faux dans les derniers ; ~si la peau a cette signification, c'est d'après la correspondance; car ceux qui, dans le Très-Grand Homme ou dans le Ciel, ont pour rapport la peau, sont ceux qui sont dans les vrais de la foi, et non de môme dans le bien correspondant, lesquels sont à l'entrée du ciel, voir N0' 5552 à 5559 ; de là, la peau dans le sens abstrait signifie le vrai dans les derniers, N°* 3540, 8980 ; si elle signifie ici le faux dans les derniers, c'est parce que la chair signifie le mal de l'amour, N° 10035; quand la chair signifie le mal de l'amour, sa peau signifie le faux de la foi provenant de ce mal.
10037. Et sa fiente, signifie tes autres impuretés : on le voit par la signification de la fiente, en ce que c'est l'impur. Que la fiente signifie l'impur, par conséquent le mal et le faux, car le mal et faux dans le sens spirituel sont les impuretés, c'est parce que tout ce que l'aliment a d'inutile et de défectueux s'en va en fiente et en fumier, et que l'aliment dans le sens spirituel est le vrai et le bien de la foi et de l'amour, N01 4792, 5147, 5293, 5340, 534*2, 5576, 5915, 8562, 9003 ; c'est de là aussi que la fiente, le fumier et l'excrément, correspondent aux maux qui sont dans l'enfer, lequel aussi, dans la Parole, est appelé latrines ; sur cette . correspondance, voir N0i 954, 2755, 4948, 5394, 5395, 7161 : c'est donc de là que de telles choses dans la Parole signifient ce qui est infernal, comme on peut le voir par ces passages, dans Ésaïe : « Il arrivera que le resté dans Sion, et le résidu dans Jé- » rusalem , sera appelé Saint, quiconque a été écrit pour la vie » dans Jérusalem, lorsque le Seigneur aura laré l'excrément » de» filles de Sion, et que les sangs de Jérusalem il aura net- . » toyé. » — IV. 3, 4; — par Sion et par Jérusalem est signifiée l'Église, par Sion l'Église chez ceux qui sont dans le bien de l'amour, et par Jérusalem l'Église chez ceux qui sont dans les vrais d'après ce bien ; laver l'excrément des filles de Sion, c'est purifier des maux ceux dans l'Église qui sont dans le bien de l'amour; et laver les sangs de Jérusalem, c'est purifier des faux du mal ceux qui y sont dans les vrais. Dans Jérémie : « On retirera les os des » rois de Jehudah, et les os de ses princes, et les os des prêtres, et » les os des prophètes, et on les exposera au soleil et à la lune, et u à toute l'armée des cieux qu'ils ont aimés et qu'ils ont servis; ils » ne seront ni recueillis, ni ensevelis, en fumier sur les faces de n la terre ils seront. » — VIII. 1,2; — par là est décrit l'état de ceux qui ont profané les biens et les vrais de l'Eglise, état qui aussi dans ce temps était représenté par l'extraction des os hors des sépulcres ; les os des rois et des princes retirés hors des sépulcres signifient les vrais profanés ; les os des prêtres et des prophètes signifient les biens profanés; être exposé au soleil, à la lune, et à toute l'armée des cieux, signifie l'éloignement de tout bien et de tout vrai; n'être ni recueillis ni ensevelis, signifie la non-résurrection à la vie; être en fumier sur les faces de la terre, signifie n'a-
voir rien que d'infernal. Dans le Môme : « De morts de maladies » malignes ils mourront, et ils ne seront ni pleurés, ni ensevelis; » en fumier sur les faees de la terre ils deviendront. » — XVI. h. XXV. 33 ; — le fumier sur les faces de la terre signifie la môme chose que ci-dessus. Dans les Lamentations : « Ceux qui mangeaient » des mets délicats ont été dévastés dans les rues, ceux qui avaient » été élevés sur la pourpre ont embrassé te fumier. » — IV. 5;
— ceux qui mangeaient des mets délicats sont ceux qui ont la Parole, et par suite les connaissances du vrai ; ceux qui ont été élevés sur la pourpre sont ceux qui sont dans les connaissances du bien ; embrasser le fumier, c'est au lieu de cela apprendre et préférer des faussetés. Dans Malacbie : « Si vous n'écoutez pas, et si vous ne » posez pas sur votre cœur, j'enverrai contre vous la malédiction, » et je répandrai du fumier sur vos faces, te fumier de vos fê- » tes. » —II. 2, 3 ;— répandre du fumier sur les faces, c'est souiller les intérieurs de la vie par les faux du mal ; répandre le fumier des fétes, c'est souiller les saints du culte. Dans Ézéchiel : « Il fut ordonné au Prophète de se faire un gâteau d'orge avec de la fiente d'homme, parce qu'ainsi les fils d'Israël mangeraient leur pain souillé; mais il dit : Ah ! Seigneur Jéhovih, mon ame n'a point été souillée, dans ma bouche il n'est point entré de chair d'abomination; alors il répondit : Je te donne l'excrément de bœuf au lieu de la fiente d homme, afin que tu en fasses ton pain; car je ferai qu'ils manquent de pain et d'eau, et que soient désolés l'homme et son frère, et qu'ils soient languissants à cause de leur iniquité. »
— IV. 9 à 17 ; — par là il était représenté quels seraient le bien et le vrai de l'Église de la nation Juive; le gâteau d'orge avec la fiente d'homme signifie le bien intérieur de l'Église souillé par les maux de l'amour de soi ; le gâteau avec les excréments de bœuf signifie le bien externe de l'Église souillé par les maux de cet amour; comme c'est là ce qui est signifié par le gâteau, il est dit qu'ils manqueraient de pain et d'eau et seraient désolés; le pain et l'eau, c'est le bien et le vrai; en manquer et être désolé, c'est en être privé. Comme la fiente, le fumier et les excréments avaient ces significations, on voit clairement ce qui est signifié par ces paroles dans Moïse : « Un espace il y aura hors du camp , où tu sor- » tiras dehors, et un pic tu auras, avec lequel tu couvriras tes
» excréments, car Jéhovah marche au milieu de ton camp ; que » ton camp soit donc saint, et qu'il ne voie en toi la nudité d'aucune » chose, eUie s'en retourne pas d'auprès de toi. » — Deutér. XX11I. 13, 14, 15;— cela avait été commandé parce que l'impur était signifié par les excréments; en effet, le camp où étaient les fils d'Israël représentait le Ciel et l'Église où le Seigneur est présent par la foi et par l'amour ; le lieu hors du camp représentait donc où il n'y a ni le Ciel ni l'Église, ainsi où il n'y a pas présence du Seigneur par la foi et l'amour ; c'est pourquoi il est dit : « Jéhovah marche au milieu de ton camp; que ton camp soit saint, et qu'il ne voie la nudité d'aucune chose, et ne s'en retourne pas; » la nudité est l'impur provenant des maux et des faux. Que là le Camp ait signifié le Ciel et l'Église où est le Seigneur, on le verra dans ce qui va suivre.
10038. Tu brûleras au feu en dehors du camp, signifie que ces choses doivent être reléguées dans l'enfer, et consumées par les maux de l'amour de soi : on le voit par la signification de brûler au feu, en ce que c'est consumer par les maux de l'amour de soi, car brûler signifie consumer, et le feu signifie le mal de l'amour de soi; c'est là, en effet, ce qui est signifié par brûler et par le feu, N°* 1297, 5071, 5215, 6314, 6832, 7324, » 7575, 9141, 9434; et par la signification du camp, en ce que c'est le Ciel et l'Église; et, dans le sens opposé, où il n'y a ni le Ciel ni l'Église, ainsi l'enfer, comme il va être expliqué. Si être brûlé au feu, c'est être consumé par les maux de l'amour de soi, c'est parce que cet amour consume tous les biens et tous les vrais de la foi : aujourd'hui il est à peine quelqu'un qui sache que cet amour produit de tels effets, et que par suite cet amour est l'enfer chez l'homme, et que c'est là ce qui est entendu par le feu infernal. En effet, il y a chez l'homme deux feux de la vie, l'un est l'amour de soi, l'autre est l'amour envers Dieu; ceux qui sont dans l'amour de soi ne peuvent pas être dans l'amour envers Dieu, puisque ces amours sont opposés; s'ils sont opposés, c'est parce que l'amour de soi produit tous les maux, qui sont le mépris pour les autres en les comparant à soi, l'inimitié contre ceux qui ne sont pas favorables, enfin les haines, les vengeances, les inhumanités, les cruautés; ces maux résistent absolument à l'influx Divin, par conséquent éteignent les vrais et les biens de la foi et de la charité, car ce sont ces
vrais et ces biens qui influent du Seigneur. Que l'amour de chacun soit le feu de sa vie, quiconque réfléchit peut le savoir, car sans l'amour point de vie, et tel est l'amour, telle est la vie; et par conséquent on peut savoir que l'amour de soi produit les maux de tout genre, et qu'autant on l'a pour fin, c'est-à-dire, qu'autant il règne, autant il en produit. Le genre le plus mauvais de l'amour de soi est l'amour de dominer pour soi-même, c'est-à-dire, seulement pour l'honneur et pour le gain; ceux qui sont dans cet amour peuvent, à la vérité, professer la foi et la charité, mais ils le font de bouche et non de cœur; bien plus, ceux d'entre eux qui sont les plus mauvais ont pour moyens de parvenir à leurs fins les choses qui appartiennent à la foi et à la charité, ainsi les saints de l'Église ; mais, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, U sera parlé en particulier de l'amour de soi et de ses genres, des maux qui en jaillissent, et de l'état de ces maux dans l'autre vie : ce qui précède a été dit, afin qu'on sache ce que c'est qu'être brûlé au feu en dehors du camp. Que le Camp où les fils d'Israël campaient ait représenté le Ciel et l'Église, et que par suite en dehors du camp, ce soit où il n'y a ni le Ciel ni l'Église, ainsi l'enfer, c'est ce qu'on peut voir dans la Parole par les passages où il est parlé du Camp et du Campement des fils d'Israël dans le désert; par exemple, dans Moïse : « Les fils d'Israël camperont cliacun auprès de » son camp, et chacun auprès de son étendard, selon leurs armées : » et (es Lévites camperont autour de L'Habitacle du tfonoi- » gnage, afin qu'il n'y ait point d'emportement contre l'assemblée » des fils d'Israël. » — Nomb. I. 52, 53, IL 2. — Et ensuite : « Les Tribus de Jehudah, de Jisaschar et de Zébulon campaient à l'Orient; les Tribus de Ruben, de Schiméon et de Gad, au Midi; les Tribus d'Éphraïm, de Ménassô et de Benjamin, à l'Occident; et les Tribus de Dan, d'Ascher et de Naphtali, au Septentrion ; mais les Lévites au milieu du camp. » —Nomb. IL X. — Si leurs campements avaient été disposés dans cet ordre, c'était afin qu'ils représentassent le Ciel et l'Église, N°9320 f. ; les Tribus, selon lesquelles ils campaient, représentaient aussi tous les biens et tous les vrais du Ciel et de l'Église dans le complexe, N°* 3858, 3926, 3939, A060, 6335, 6337, 6397, 6640, 7836, 7891, 7996, 7997 : de là vient qu'il est dit « que Jêltovak habile au milieu
» du camp. » — Nomb. V. 3; — et « qu'il marche au milieu du » camp; et que, à cause de ce la, le camp sera saint. » — Deutér. XXIII. 15; — et dans l'énoncé prophétique de Biléam : « Lors- » qu'il vit Israël tiabitant selon les Tribus, il dit : Combien sont » bons tes Tabernacles, Jacob! et tes Habitacles, Israël! » — Nomb. XXIV. 2, 3, 5. — Puisque le camp représentait le Ciel et l'Église, il s'ensuit que en dehors du camp signifiait où il n'y a ni le Ciel ni l'Église, ainsi l'Enfer ; c'est pourquoi tout homme impur et aussi tout coupable y était envoyé, comme on peut le voir par les passages suivants : a Vous enverrez hors du camp tout lépreux, » et quiconque est attaqué de flux, tout impur à cause d'une âme, » depuis le mâle jusqu'à la femelle; en dehors du camp vous les » enverrez, afin qu'iYs ne souillent pas le camp, au milieu du- » quel Jéhovah habite. » — Nomb. V. 2, 3. Lévit. XIII. A5, A<3.
— « S'il y a parmi vous un homme qui ne soit pas pur par un ac- » cident de nuit, i7 sortira en dehors du camp, et il ne viendra » pas au milieu du camp : quand il se sera lavé dans les eaux, et » que le soleil se sera couché, il entrera dans te camp. Un espace » il y aura pour toi hors du camp, où tu sortiras dehors, et un » pic tu auras, avec lequel tu couvriras tes excréments, car Jéhovah » marche au milieu de ton camp ; que ton camp donc soit saint. »
— Deutér. XXIII. 11 à 15 : — et en ce que « l'on était lapidé hors du camp. »— Lévit. XXIV. 14. Nomb. XV. 35, 36.— Maintenant, d'après ce qui vient d'être dit, on voit que par « tu brûleras au feu la chair, la peau et la fiente du taureau, en dehors du camp,»» il est entendu que les maux que ces choses signifient doivent être rélégués dans l'enfer. Ce qui a été représenté par le camp et par en dehors du camp, l'a aussi été par la terre de Canaan et par les terres qui l'environnaient, après que celte terre eut été distribuée en héritages entre les fils d'Israël ; c'est de là que la terre de Canaan, et simplement la terre, signifie dans la Parole le Ciel et l'Église, et que les fils d'Israël signifient ceux qui sont dans le Ciel et dans l'Église; que la terre signifie le Ciel et l'Église, on le voit dans les arliclas cités, N° 9325; et que les fils d'Israël signifient ceux qui sont dans le Ciel et dans l'Église, on le voit, N° 93A0.
10039. Péché cela, signifie la purification des maux : on le voit par la signification du péché, quand par là il est entendu un
sacrifice, en ce que c'est la purification des maux et des faux ; en effet, dans la Langue Originale par le Péché, lorsqu'il s'agit de Sacrifices, il est entendu un sacrifice pour le péché, et le sacrifice signifie la purification des maux et des faux, N°* 9990, 9991 : que dans la Parole le sacrifice pour le péché soit appelé le péché, on le voit, Lévit. IV. 3, 8, 14, 20, 21, 24, 25, 29, 33, 34. V. 6, 8, 9. VI. 10, 18, 19, 23 ; et ailleurs.
10040. Puisque la Chair du taureau, avec sa peau et sa fiente, était brûlée au feu en dehors du camp, on peut voir que la Chair signifiait non pas le bien de l'amour, mais le mal de l'amour, selon ce qui vient d'être dit sur la chair de ce taureau, N° 102ô, et sur le Camp, N° 10038. S'il a été accordé de manger la Chair du sacrifice, comme on peut le voir par les passages qui suivent, c'est parce que cette nation, pendant qu'elle était dans le culte, était dans l'externe sans l'interne; voir les articles cités, N° 9320 f., et N° 9380 ; et l'externe sans l'interne n'est en aucune manière saint, parce qu'alors il n'y a que le geste qui agit et que la bouche qui parle, mais le coeur et l'âme sont loin : néanmoins l'externe sans l'interne était appelé saint, parce qu'il représentait les saints internes; les saints internes sont tout ce qui appartient à l'amour et à la foi d'après le Seigneur envers le Seigneur : comme celle nalion étail telle, il ne lui était pas permis de manger le sang et la graisse, puisque le sang signifiait le Divin Vrai qui appartienl â la foi, et la graisse le Divin Bien qui appartient à l'amour, l'un et l'autre d'après le Seigneur, voir ci-dessus, N° 10033 ; mais il lui était permis de manger la chair du sacrifice parce qu'elle signifiait le propre de l'homme, N° 10035, et que le propre de celte nation était d'adorer les externes comme saints, et de regarder absolument comme rien les internes; ce culte, excepté le représentatif qui était saint, était idolâtre, voir Not 4281, 4311 : la Chair, considérée comme représentatif, n'est pas non plus autre chose, quand son sang représentait le Divin Vrai, et la graisse le Divin Bien, N° 10033, car alors la Chair représentait quelque chose sans vie et sans âme qu'on appelle mort, tel qu'est l'externe sans l'interne selon ces paroles dans Moïse : « Tu ne mangeras pas le sang, parce que le sang, » c'est l'âme; tu ne mangeras pas l'Ame avec la Chair. » — Deutér. XII. 23. — Il y a un culle presque scmulaplc chez la gente
de la religion Catholique, comme on l'appelle, à savoir, an culte externe sans l'interne; en effet, il n'est pas accordé au vulgaire de savoir les internes de la Parole, puisqu'on ne lui . permet pas de tire la Parole; c'est pour cela aussi que par la Divine Providence du Seigneur il est arrivé que dans la Sainte Cène on lui a donné le Pain qui est la Chair, et non le Vin qui est le Sang; et cependant c'est le Sang qui vivifie la Chair comme le Vin vivifie le Pain ; car de même que le Pain sans te Vin ne donne point de nutrition au corps, de même aussi te bien de l'amour, qui est signifié par le Pain et par ta Chair, ne donne point de nutrition à l'âme sans le vrai de la foi, qui est signifié par te Vin et par le Sang : c'est encore par ta Divine Providence du Seigneur qu'il est arrivé que là le prêtre a bu le Vin, parce que par là est signifiée la nutrition de l'âme par le Divin Vrai sans te bien de l'amour, ce qui est te saint externe sans te saint interne : que cela soit arrivé par la Divine Providence du Seigneur, c'est ce qu'ils ignorent, et cela, parce qu'ils adorent d'une manière idolâtre les externes, et qu'ainsi ils ne saisissent pas les internes; si donc il en eût été autrement, ils auraient, comme tes Juifs, profané les saints : boire le vin seulement signifie aussi savoir le Divin Vrai seulement, et ne te faire connaître au vulgaire qu'autant et que tel qu'ils veulent, comme cela s'y pratique aussi. Que dans la Sainte Cène ta C/iair et te Pain soient le Divin Bien du Divin amour du Seigneur à l'égard du genre humain, et le réciproque de l'homme envers le Seigneur; et que le Sang et le Vin soient te Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, ainsi le Vrai de la foi d'après le Seigneur envers le Seigneur, on le voit, N°» 3464, 3813, 4211, 4217, 4735, 4976, 6135, 6789, 6377, 7850, 9127. Quant à ce qui concerne la chair des sacrifices, lorsv que cette chair devait être portée hors du camp et brûlée au feu, voir Lévit. IV. 11, 12, 21; et lorsqu'elle devait être mangée, et par qui elle devait l'être, voir Lévit. VI. 19 à 30. VII. 6, 15 à 19. XIX. 5, 0. Deulér. XII. 7, 17, 18, 27. XXVII. 6, 7.
10041. Vers. 15, 16, 17, 18. Et l'un des béliers tu prendras, et ils imposeront, Aharon et ses fils, leurs mains sur la tête du bélier. Et tu immoleras le bélier, et tu prendras son
sang, et tu (en) feras aspersion sur l'autel alentour. El le bélier tu dépèeeras en ses pièces, et tu laveras ses intestins, et ses jambes, et tu (les) mettras sur ses pièces, et sur sa tête. Et tu feras fumer avec tout le bélier l'autel : holocauste ceci à Jéhovah, odeur de repos, ignition à Jéhovah, ceci. — Et l'un des béliers tu prendras, signifie le bien de l'innocence dans l'homme interne : et ils imposeront, A/taron et ses fils, leurs mains, signifie la communication de la puissance : sur la tête du bélier, signifie avec le tout : et tu immoleras le bélier, signifie la préparation à la purification de l'homme interne : et tu prendras son sang, signifie le Divin Vrai : et tu (en) feras aspersion sur l'autel alentour, signifie la conjonction avec le Divin Bien : et le bélier tu dépèceras en ses pièces, signifie les intérieurs devant être mis distinctement en ordre : et tu laveras les intestins, signifie la purification des infimes : et ses jambes, signifie la purification des extérieurs qui appartiennent à l'homme naturel : et tu (les) mettras sur ses pièces, et sur sa tête, signifie l'ordination des extérieurs sous les internes et sous les intimes : et tu feras fumer avec tout le bélier l'autel, signifie l'interne du Divin Humain du Seigneur uni au Divin Bien de son Divin Amour, qui est en Lui : holocauste ceci . à Jéhovah, signifie la glorification de l'Humain du Seigneur : odeur de repos, signifie le perceptif de la paix : ignition à Jéhovah, ceci, signifie toutes choses d'après le Divin amour.
10042. Et l'un des béliers tu prendras, signifie le bien de l'innocence dans l'homme interne : on le Voit par la signification du bélier, en ce qu'il est le bien de l'innocence dans l'homme interne, ainsi qu'il va être montré. Comme dans ce Chapitre il s'agit de sacrifices et d'holocaustes de béliers et d'agneaux, il sera dit ce qu'ont signifié les animaux en général qui étaient offerts en sacrifices et en holocaustes : ces animaux étaient des Bœufs, des Taureaux, des Boucs, des Béliers, des Chèvres et des Chevreaux, des Agneaux, des Agnelles, et des Chevrettes de chèvres : celui qui ne sait pas ce que ces animaux signifient ne peut nullement savoir ce que signifient les Sacrifices et les Holocaustes faits avec chacune de ces esfièces; il faut qu'on sache que tous les animaux, qui sont dans les terres, signifient des choses qui sont chez l'homme,
lesquelles se réfèrent en général aux affections qui appartiennent à sa volonté, et aux pensées qui appartiennent à son entendement, ainsi aux biens et aux vrais, car les biens appartiennent à la volonté, et les vrais appartiennent à l'entendement; et comme elles se réfèrent aux biens et aux vrais, elles se réfèrent aussi à l'amour et à la foi, car toutes les choses qui appartiennent à l'amour sont appelées biens, et toutes celles qui appartiennent à la foi sont appelées vrais. Si les animaux de divers genre signifient de telles choses, cela tire son origine des représentatifs dans l'autre vie; là apparaissent des animaux de plusieurs genres et d'espèces innombrables; ces animaux y sont des apparences tout-à-fait frappantes (ad vivum) correspondant aux affections et aux pensées qui sont chez les Esprits et chez les Anges : qu'il en soit ainsi, on peut même le voir par les visions prophétiques rapportées çà et là dans la Parole; en effet, toutes les choses qui ont été vues par les prophètes sont de celles qui apparaissent devant les anges dans le ciel : c'est de là qu'il est' si souvent parlé de bêtes dans la Parole, et que chaque bête signifie quelque chose qui se réfère à des affections ou à des pensées qui sont chez l'homme; l'homme, quant à son homme externe, n'est autre chose qu'un animal, mais il en est distingué par son homme interne, en ce que son homme interne et son homme externe peuvent être élevés vers le ciel et jusqu'à Dieu, et par suite recevoir la foi et l'amour ; de là vient que des bêtes ont été employées dans les sacrifices et dans les holocaustes : celui qui ne sait pas ces choses ne peut nullement savoir pourquoi il a été ordonné d'offrir tantôt des Taureaux, des Béliers, des Agneaux, tantôt des Bœufs, des Chèvres et des Agnelles, tantôt des Boucs, des Chevreaux et des Chevrettes de chèvres ; autrement, à quoi bon tout cela? Que les bêtes dans la Parole signifient les biens et les maux chez l'homme, comme aussi les vrais et les faux, on le voit, N°" 1A2, 143, 2£6, 71û, 715, 776, 1823, 2179, 2180, 2781, 3218, 3519, 5198, 7523, 7872, 9090; et que ce soit à cause de cela qu'elles ont été employées dans les sacrifices, on le voit, N°* 1823, 2180, 2805, 2807, 2830. Quant à ce qui concerne les Sacrifices et les Holocaustes offerts avec ces animaux, il faut qu'on sache : 1. Que le culte représentatif chez la Nation Juive et Israélite a principalement consisté en Sacrifices et en Holocaustes. II. Que les Sacrifices et
les Holocaustes en général ont signifié la Régénération de l'homme par les vrais de la foi et les biens de l'amour envers le Seigneur d'après le Seigneur, et dans le sens suprême la Glorification de l'Humain du Seigneur. 111. Que le tout du culte a été représenté par les sacrifices et les holocaustes selon les diversités, ainsi avec toute variété ; et que c'est pour cela qu'il a été ordonné d'offrir divers genres d'animaux. Mais examinons chacun de ces points : L Le cuite représentatif chez la nation Juive et Israélite a principalement consisté en Sacrifices et en Holocaustes : on le voit en ce qu'ils étaient employés pour tout péché et pour tout délit; et aussi pour toute consécration et pour toute inauguration ; et en outre chaque jour, chaque sabbath, chaque nouvelle lune, et chaque féte ; et en ce que pour cela même l'autel était la chose la plus sainte de toutes; toutes les autres choses du culte chez cette nation dépendaient des sacrifices et des holocaustes : c'est pourquoi, lorsqu'il s'agit de l'abolition du culte représentatif dans Daniel, il est dit que le Saa'ifice et l'Oblation cesseront, — Chap. IX. 27 ; — et que le Sacrifice perpétuel sera ôté. — Chap. VIII. 10, 11, 12, 13. XI. 31. XII. 11 ; — le Sacrifice perpétuel (Juge) signifie spécialement le sacrifice qui se faisait chaque jour, et en général tout le culte ; mais on peut se reporter à ce qui a déjà été dit sur ce sujet, à savoir, que les Sacrifices en général signifient tout culte représentatif, Not 923, 2105, 6905, 8080, 8936 ; que l'autel a été le principal représentatif du Seigneur, et par conséquent du culte, 2777, 2811, 8935, 8940, 9388, 9389, 971 A, 9964; que les Anciens avant Éber n'ont rien connu des sacrifices, N° 2180; que depuis Éber, ainsi chez la nation des Hébreux, et par suite chez les descendants de Jacob, les sacrifices ont été institués, et pourquoi, N°* 1128, 1343, 2180, 2818; que les Sacrifices ont été non pas commandés mais permis, N° 2180. II. Les Sacrifices et les Holocaustes en général ont signifié la Régénération de l'homme par les vrais de la foi et les biens de l'amour envers le Seigneur d'après le Seigneur : on le voit en ce que toutes les choses du culte se réfèrent à la purification des maux et des faux, à l'implantation du vrai et du bien, et à leur conjonction, ainsi à la Régénération, car c'est par ces trois choses que l'homme est régénéré; de là vient que les sacrifices et les holocaustes ont été offerts pour
tout péché et pour tout délit; et que, lorsqu'ils ont été offerts, il est dit qu'il a été expié, et qu'il sera pardonné, — Lévit. IV. 20, 26, 31, 35. V. 6, 10, 13, 16, 18, 26. VII. 7. X. 17. XIV. 18, 19. XV. 30, 31. XVI. 6, 24. XVII. 11;— le pardon des péchés, l'expiation, la propiliation, et la rédemption, ne sont pas non plus autre chose que la purification des maux et des faux, l'implantation du bien et du vrai, et leur conjonction, ainsi la régénération, N0i 9076, 9452,9453, 9454 , 9937, 9938; tout procédé de la Régénération est aussi décrit par chacun des rites de chaque Sacrifice et de chaque Holocauste, et se manifeste quand les représentatifs sont développés par le sens interne, N° 10022. (II bis.) Les Sacrifices et tes Holocaustes dans le sens suprême signifient la Glorification de l'Humain du Seigneur : c'est parce que tous les rites du culte institués chez la Nation Israélite et Juive regardaient uniquement le Seigneur; ainsi Le regardaient principalement les Sacrifices et les Holocaustes qui en général représentaient le tout du culte, comme il a été montré ci-dessus; la Régénération de l'homme ne vient pas non plus d'autre part que du Seigneur, N0i 9506, 9715, 9486, 9487, 9809, 10019; c'est pourquoi, lorsque dans la Parole il s'agit de la régénération de l'homme, dans le sens suprême il s'agit de la glorification de l'Humain du Seigneur; car la régénération de l'homme est l'image de la glorification du Seigneur, N0' 3138, 3212, 3296, 3490, 4402, 5688 : Glorifier l'Humain, c'est le faire Divin ; régénérer l'homme, c'est le faire céleste, afin que le Divin du Seigneur puisse habiter en lui. III. Le tout du culte a été représenté par les Sacrifices et les Holocaustes selon les diversités, ainsi avec toute variété; et c'est pour cela qu'il a été ordonné d'offrir divers genres d'animaux : on le voit par les divers motifs pour lesquels on offrait des sacrifices et des holocaustes, à savoir, pour les péchés par erreur, et pour les péchés non par erreur; pour toute prévarication et toute impureté, soit chez le prêtre, soit chez toute l'assemblée, soit chez le prince, soit chez quelque âme; pour le nettoiement de la lèpre; pour la purification après les couches ; pour la consécration de l'autel, de la Tente de convention, et de tous les objets qui y étaient ; pour le nettoiement de ces objets, quand Aharon une fois chaque année entrait dans le Saint des saints; pour l'inauguration d' Aharon et de ses fils dans
le sacerdoce; pour la consécration des Naziréens; et en général dans les trois Fêtes, à chaque Nouvelle Lune, à chaque Sabbath, et chaque jour le matin et entre les deux soirs, sans compter les sacrifices Votifs et les sacrifices Volontaires. Comme il y avait des Sacrifices et des Holocaustes pour tant de motifs différents, et que par eux étaient représentées diverses choses du culte, c'est pourquoi il avait été commandé que les animaux qu'on offrirait seraient de divers genres, à savoir, des Taureaux, des Bœufs et des Boucs, des Béliers, des Chèvres et des Chevreaux, des Agneaux, des Agnelles et des Chevrettes de chèvres ; et par les sacrifices et les holocaustes du taureau, du bœuf et du bouc, étaient représentées la purification et la régénération de l'homme Externe ou naturel; par ceux du bélier, de la chèvre et du chevreau, la purification et la régénération de l'homme Interne ou spirituel; et par ceux de l'agneau, de l'agnelle et de la chevrette de chèvres, la purification et la régénération de l'homme Intime ou céleste; qu'il y ait chez l'homme trois choses qui se succèdent, le Céleste, le Spirituel et le Naturel, on le voit, N°* 0992, 10005, 10017; et que pour être régénéré, l'homme doive être régénéré quant aux internes et quant aux externes, on le voit dans les articles cités, N° 9325 f. Quant à ce qui est spécialement signifié par le Sacrifice et l'Holocauste du bélier, dont il s'agit dans ce Chapitre, on le voit par les passages de la Parole, où les sacrifices et les holocaustes du bélier sont décrits, et où le bélier est nommé; d'après ces passages, il est évident que le bélier signifie le bien de l'innocence et de la charité dans l'homme interne, et que le sacrifice et l'holocauste du bélier signifient la purification et la régénération de l'homme interne, ainsi l'implantation du bien de l'innocence et de la charité dans cet homme; que ce soit là ce qui est signifié par le bélier, on le voit par les passages suivants; dans Ésaïe : « Tous les troupeaux de l'Arabie seront rassemblés pour » toi, les béliers de Nèbajoth seront à ton service ; ils monte- » ront à mon bon plaisir sur mon autel. » — LX. 7; — là, il s'agit du Seigneur, de son Ciel et de son Église ; les troupeaux de l'Arabie sont tous les biens de l'homme interne ; les béliers de Nèbajoth sont les biens de l'innocence et de la charité dans cet homme; on peut voir que les troupeaux sont les biens de l'homme interne, N" 8937, 9135; que l'Arabie, c'est où est le bien, N° 3268; et
que Nébajoth, ce sont ceux qui dans l'homme interne sont dans ce bien, N°* 3268, 3686, 3688. Dans Ézéchiel : « L'Arabie et tous » les princes de Kédar, les marchands de ta main en petit bétail, » et en béliers et en boucs. » — XXVII. 21 ; — là, il s'agit de Tyr, par laquelle est signifiée l'Église où sont les connaissances du bien et du vrai, N° 1201 ; les marchands sont ceux qui ont ces connaissances et qui les communiquent, N0' 2967, 4453; le petit bétail, ce sont les biens de l'amour; les béliers sont les biens de la charité, et les boucs sont les biens de la foi; dans la Parole il est parlé de menu bétail (gregcs), de petit bétail (pecora), et de bétail (pecudcs), qui dans la Langue originale sont distingués par leurs noms ; et par le menu bétail sont signifiés en général les internes, par le bétail les externes spécialement, et par le petit bétail les intimes spécialement; mais par le gros bétail (armenta) sont signifiés les externes. Dans Jérémie : « Je les ferai descendre comme » le petit bétail à la tuerie, comme les béliers avec les boucs. » — LI. 41; — le petit bétail, les béliers et les Ikuics signifient ici les mêmes choses. Dans Ézéchiel : « Ainsi a dit le Seigneur Jého- » vin : Voici, Moi, je juge entre bétail et bétail, entre les béliers et » les boucs. »— XXXIV. 17; — entre bétail et bétail, c'est entre ceux qui dans les intérieurs sont bons, et ceux qui sont mauvais; entre les béliers et les boucs, c'est entre ceux qui sont dans la charité et par suite dans la foi, et ceux qui sont dans les vrais de la foi sans la charité; les béliers signifient ici la même chose que les brebis, car les béliers sont les maies des brebis ; que les brebis soient ceux qui sont dans la charité et par suite dans la foi, on le voit, N0f 4169, 4809 ; et que les boucs soient ceux qui sont dans les vrais, appelés vrais de la foi, sans la charité, on le voit, N°* 4169 f., 4769; les mêmes choses sont signifiées par le bélier et le bouc, dans Daniel, Chap. VIII ; et aussi par les brebis et les boucs, dans Matthieu, Chap. XXV. 32. Dans Moïse : « Si une âme a péché par erreur, » elle apportera son délit à Jéhovah, un bélier sans'défaut d'en- » tre le menu bétail. » — Lévit. V. 15, 18, 25 ; — les sacrifices du bélier signifient la purification de l'homme interne et l'implantation du bien de l'innocence dans cet homme, car le péché par erreur est le péché provenant de l'ignorance dans laquelle est l'innocence, et l'innocence de l'ignorance appartient à l'homme interne. '
Dans le Même : « Dans les Nouvelles Lunes on offrait deux taureaux, un bélier et sept agneaux, et ensuite un bouc de chèvres. Pareillement chacun des jours de la Paque : et pareillement le jour des prémices. » — Nomb. XXV111. 11, 15, 19, 22, 27;— c'était pour que fût représentée la purification de tout l'homme, tant de l'externe que de l'interne et de l'intime ; par le sacrifice et l'holocauste des taureaux, la purification de l'homme externe ; parcelui du bélier, la purification de l'homme interne; et par ceux des agneaux, la purification de l'homme intime; et comme la purification était représentée, l'implantation du bien de l'innocence l'était aussi, car le taureau est le bien de l'innocence dans l'homme externe, le bélier daus l'homme interne, et l'agneau dans l'homme intime, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; si le bouc était sacrifié le dernier de tous, c'est parce que le bouc signifie le vrai de la foi dans l'homme externe, et que le vrai de la foi dans cet homme est le dernier, N° 0959. Comme les biens et les vrais chez l'homme se suivent dans cet ordre, c'est pour cela aussi que les présents des princes d'Israël, quand on oignait l'autel et la Tente de convention, étaient un Taureau, un Bélier et un Agneau en holocaustes, et un Bouc de chèvres en sacrifice,— Nomb. VII. 15, 16, 17, 21, 22, 23, 27, 28, 29, 33 et suivants. — Maintenant, d'après ce qui a été dit, on peut voir que le bélier signifie les biens de l'innocence et de la charité dans l'homme interne.
10043. Et ils imposeront, Aharon et ses fils, leurs mains, signifie la communication de la puissance : on le voit par la signification d'imposer les mains, en ce que c'est la communication de la puissance, N° 10023.
lOQàà. Sur la tête du bélier, signifie avec le tout : on le voit par la signification de la Tête, en ce que c'est tout l'homme, ainsi le tout, N° 10011 ; si la tête est le tout, c'est parce qu'elle est la partie suprême, et que là est l'intime de l'homme; du suprême procède tout ce qui est au-dessous, comme de l'irttime procède aussi tout ce qui est en dehors, car le dehors vient de l'intime et le dessous vient du suprême; l'intime chez l'homme est sa volonté et son entendement, l'une et l'autre en principes sont dans la Tête; ce qui en procède, ce sont les actes, qui sont les effets des intérieurs dans le corps; c'est pourquoi, lorsqu'il est dit la volonté et l'en-
tendement, il est entendu tout l'homme, car c'est delà que l'homme est homme; les actes du corps tiennent aussi de la volonté tout ce qui est à eux ; c'est de là que l'homme est considéré, non pas d'après les actes du corps ou les œuvres, mais d'après la volonté qui est dans les œuvres ; c'est parce qu'il en est ainsi, que par l'âme dans la Parole il est entendu tout l'homme, et que l'homme est appelé âme, comme Lévit. IV. 27. V. 1, A, 17, 21. XVII. 10, 15, et ailleurs. Il y a deux choses qui signifient le tout, savoir, le suprême et l'infime; si l'infime ou le dernier signifie aussi le tout, c'est parce que dans les derniers se terminent tous les intérieurs depuis le premier ou le suprême, et qu'ils y sont ensemble, iw N0i 9828, 9836 ; c'est de là que le suprême contient par le dernier tous les intérieurs, qui sont intermédiaires, dans un enchaînement et dans une forme, afin qu'ils tendent à une seule fin, N° 9828. Que le dernier signifie aussi le tout, on le voit par plusieurs passages dans la Parole, comme lorsque tout l'homme est appelé Chair,
— Gen. VI. 12. Nomb. XVI. 22. XXVII. 16. Ésaïe, XL. 5. Zachar, II. 17, et ailleurs. — Comme les derniers aussi signifient toutes choses ou le tout, c'est pour cela que le Cheveu, le Poil, la Barbe, qui sont les dernières excroissances chez l'homme, sont pris pour le tout ; de même les Pieds, et aussi les doigts des pieds et des mains : quant au Cheveu, au Poil, à la Barbe, on le voit dans Ésaïe : « En ce jour-là, le Seigneur rasera avec un rasoir, » par le roi d'Aschur, la tête, les poils des pieds, et même la » barbe. » — VII. 20; — le roi d'Aschur est le raisonnement, tel qu'il est chez ceux qui par lui détruisent les Divins, N° 1186; raser la tête, les poils des pieds et la barbe, c'est ôter les derniers; car les derniers étant ôtés les intérieurs se répandent de côté et d'autre, et périssent : c'est pour cela aussi qu'il avait été défendu au prêtre de raser sa tête, — Lévit. XXI. 10; — et que même défense avait été faite au Naziréen, dont la chevelure était appelée le Naziréat de Dieu,— Nomb. VI. Not 6A37, 9407f.,— et est entendue par le Sommet de la tête du Naziréen de ses frères, — Gen. XLIX. 25, 26. Deutér. XXXIII. 16 : — c'est de là aussi qu'il est dit que « les cheveux de la tête ont tous été comptés.»
— Matth. X. 30; — ce qui signifie toutes choses en général et en particulier dans l'homme; et que a pas un cheveu de la tête ne
xv. 2A.
» se perdra. » — Luc, XXL 18. — Que les Pieds, et les doigts des pieds et des mains signifient aussi toutes choses, et ainsi le tout, on le voit dans Jean : « Pierre dit : Seigneur tu ne laveras pas mes » pieds seulement, mais aussi les mains et la tête. Jésus lui dit : » Celui qui a été taré n'a besoin que d'être lavé quant aux » pieds, et net il est tout entier. » — XIII. 9, 10; — les pieds sont le naturel, qui esl le dernier, N°* 2162, 3147, 4938 à 4952, 9406. Et dans la suite de ce Chapitre : « Tu mettras du sang du » bélier sur le bout de l'oreille d'Aharon, et sur le pouce de la » main droite, et sur le pouce du pied droit. » — Vers. 20, — . ce qui est sur toutes choses, en général et en particulier, signiGées par l'oreille, par la main et par le pied. Comme le suprême et l'infime, ou ce qui est la même chose, le premier et le dernier, signifient également toutes choses en général et en particulier, ou le tout avec les parties, c'est pour cela que la Toute-Puissance et la Toute- Science du Seigneur sont décrites, en ce qu'il est « Le Premier et » le Dernier, le Commencement et la Fin, l'AlpIia cl l'O- » méga.»— Apoc. I. 8. XXL 6. XXII. 13. Esaie, XLI. 4. — Que toutes choses soient contenues dans un enchaînement et se tiennent ensemble depuis le Premier ou le Suprême par les Derniers ou les Infimes, cela est ainsi décrit dans Esaïe : « Moi le Premier, » et Moi le Dernier; ma main a fondé la terre, et ma droite a » étendu le Ciel; Moi, je les convoque, ils se tiennent ensem- » ble. ». — XLVIII. 12 13 ; — la main et la droite de Jéhovah ou du Seigneur, c'est la toute-puissance ; la terre qu'il a fondée est le dernier; le ciel qu'il a étendu, c'est ce qui est entre le Premier et le dernier; les convoquer pour qu'ils se tiennent ensemble, c'est contenir tous les intérieurs par le dernier dans un enchaînement et dans une forme, pour qu'ils tendent à une seule fin ; la seule fin à laquelle ils tendent, c'est celui qui est le Premier et le Dernier; que celuilà soit le Seigneur, on le voit dans Ésaïe : « Ainsi a dit Jéhovah, » le Roi d'Israël et son Rédempteur : Moi le Premier et Moi » le Dernier. » — XL1V. 6; — Le Roi d'Israël est le Seigneur, — Jean, XVIII. 37 ; — que le Rédempteur soit aussi le Seigneur, cela est évident; et dans l'Apocalypse : « Voici ce que dit le Pre- » mier et le Dernier, qui a été mort et a revécu. » — II. 8. — Que le Premier contienne toutes choses dans un enchaînement par
le dernier, c'est ce qu'on peut voir d'après la Parole et d'après l'Homme; la Parole dans les derniers est le sens de sa lettre, la Parole dans le Premier est le Seigneur, et la Parole dans les intérieurs est son sens interne, qui est perçu dans les cicux et fait que tous ceux qui y sont tendent à une seule fin, qui est le Seigneur; sur cet arcane, voir N°* 0360, 0824. Quant à l'Homme, l'homme dans les derniers est l'Église dans les terres, l'Homme dans le Premier est le Seigneur, l'homme dans les intérieurs est le Ciel, car l'Église et le Ciel devant le Seigneur sont comme un seul Homme, aussi le Ciel est-il appelé le Très-Grand Homme, dont il a été parlé à la fin de plusieurs Chapitres, voir les articles cités, N° 10030 f. : il y a un enchaînement continu, et selon l'enchaînement un influx de toutes choses, qui procède du Seigneur par les cieux jusqu'à l'Église dans les terres; par les Cieux sont entendus les Anges qui y sont, par l'Église les hommes qui sont véritablement hommes de l'Église, et par l'Homme dans le Premier le Seigneur quant à son Divin Humain ; que du Premier par le Dernier toutes choses soient contenues dans un enchaînement et se tiennent ensemble, c'est ce qui est entendu par les paroles du Seigneur rapportées plus haut, dans Ésaïe : « Moi le Premier, et Moi le Dernier; ma main a » fondé la terre, et ma droite a étendu le Ciel; Moi, je' les » convoque, ils se tiennent ensemble. » — XLVIII. 12, 13; — que dans la Parole l'Église soit entendue par la Terre, c'est aussi ce qui a été montré en plusieurs endroits, voiries articles cités, N° 9325. On peut avoir une idée de ce sujet d'après le dernier et l'intime chez l'homme ; le dernier de l'homme est la peau, l'intime est le cœur, les intermédiaires ou les intérieurs sont les Viscères; depuis le cœur jusqu'à la peau à travers les viscères il y a un enchaînement continu par les vaisseaux sanguins, car ces vaisseaux partent du cœur et se terminent dans la peau; que la peau soit le dernier contenant les intérieurs dans un enchaînement, cela est évident; car, la peau étant ôtée, les intérieurs se répandent de côté et d'autre. D'après cela, on peut voir pourquoi de môme que le Suprême ou l'Intime signifie toutes choses en général et en particulier, de même aussi l'infime ou le dernier les signifie. D'après cela encore se manifeste cet arcane, pourquoi le Seigneur a glorifié aussi son Humain quant aux derniers; les derniers sont nommés Os et Chair;
c'est pourquoi le Seigneur a dit à ses disciples qui s'imaginaient voir un Esprit : « Voyez mes mains et mes pieds, que Moi je suis; » palpez-Moi, et voyez; car un Esprit Chair et Os n'a point, » comme vous Me voyez avoir. »> — Luc, XXIV. 37, 39; — qu'en Lui le Divin Même ait été le Premier, cela est notoire, car il avait été conçu de Jéhovah, et ce qui est conçu du père est le premier de l'homme ; que le Seigneur ait glorifié aussi les derniers de son Humain, cela est évident d'3près ses paroles dans ce passage, et aussi en ce qu'il n'a rien laissé de son Humain dans le sépulcre. Que les intérieurs se terminent et se reposent dans les derniers et y soient ensemble, et que les derniers contiennent les intérieurs dans un enchaînement, môme dans les choses spirituelles, on le voit, N°* 9216, 9828 ; on peut voir aussi que c'est pour cela que dans les derniers il y a la force et la puissance, N° 9836; qu'en eux il y a la sainteté, N° 9905 ; et qu'en eux se font les révélations et les réponses, N° 9905.
10045. Et tu immoleras le bélier, signifie la préparation à la purification de l'homme interne : on le voit par la signification d'immoler, quand il s'agit d'un sacrifice ou d'un holocauste, en ce que c'est la préparation à la purification, N° 1002 A ; et par la signification du bélier, en ce que c'est quant à l'homme interne, N° 100 A 2.
10046. Et tu prendras son sang, signifie le Divin Vrai : voir N0i 10026, 10033; que toute purification des maux et des faux, et toute régénération, se fassent par le Divin Vrai procédant du Seigneur, on le voit dans les articles cités, N° 9959.
10047. Et tu en feras aspersion sur l'autel alentour, signifie la conjonction avec le Divin Bien : on le voit par la signification du sang dont il était fait aspersion sur l'autel alentour, en ce qu'il est le Divin Vrai, N" 10026, 10033; et par la représentation de l'Autel, en ce que c'est le représentatif du Seigneur quant au Divin Bien, N0' 9388, 9389, 9714, 9964; de là, il est évident que faire aspersion du sang sur l'autel alentour, c'est unir le Divin Vrai avec le Divin Bien dans le Seigneur. Voici ce qu'il en est : Il a été dit ci-dessus que, dans ce Chapitre, il s'agit do la Glorification de l'Humain du Seigneur, et, dans le sens représentatif, de la Régénération de l'homme par le Seigneur; quant
à ce qui concerne la Glorification de l'Humain du Seigneur, elle a été faite par l'union du Divin Vrai avec le Divin Bien; le Divin Bien, qui est Jéhovah, a été dans le Seigneur comme l'âme provenant du père dans l'homme, car il a été conçu de Jéhovah, et il a fait Divin Vrai son Humain par les Divins Moyens, principalement par les combats des tentations, et autant il a uni, autant il a glorifié, c'est-à-dire, fait Divin ; c'est cette jmion qui est signifiée dans le sens suprême par l'aspersion du sang autour de l'autel: ' que le Seigneur, pendant qu'il était dans le monde, ait fait Divin Vrai son Humain, et ait uni ce Vrai avec le Divin Bien qui était en Lui, et qu'ainsi il ait glorifié son Humain, on le voit dans les articles cités, Noi 9199 f., 9315 f.; et que Jéhovah son Père soit le Divin Bien qui était en Lui, on le voit dans les articles cités, N° 91 9A. Le Seigneur régénère aussi l'homme de la môme manière qu'il a glorifié son Humain ; en effet, le Seigneur influe chez l'homme avec le bien par l'Ame, ce qui est par le chemin interne, et avec le vrai par l'ouïe et par la vue, ce qui est par le chemin externe, et autant l'homme renonce aux maux, autant le Seigneur conjoint le bien avec le vrai, et le bien devient bien de la charité à l'égard du prochain et bien de l'amour envers Dieu, et le vrai devient vrai de la foi ; ainsi le Seigneur crée un homme nouveau ou régénère l'homme, car la régénération de l'homme, ainsi qu'il a déjà été dit, se fait par la purification des maux et des faux, par l'implantation du bien et du vrai, et par leur conjonction; c'est la régénération de l'homme, et dans le sens suprême la glorification du Seigneur, qui ont été représentées par les sacrifices et par les holocaustes, N° 10022. 11 faut qu'on sache que dans les Holocaustes le sang était répandu sur l'Autel alentour; pareillement dans les sacrifices eucharistiques ; mais dans les sacrifices pour le délit et pour le péché le sang était répandu au fondement de l'autel ; l'aspersion du sang sur l'autel alentour représentait l'union du Divin Vrai et du Divin Bien en toute manière, tant dansi'homme interne que dans l'homme externe, et l'aspersion du sang au fondement de l'autel représentait l'union du Divin Vrai et du Divin Bien seulement dans l'homme externe; chez les régénérés la conjonction se fait dans l'homme externe, selon les paroles du Seigneur dans Jean: « Celui qui a été lavé n'a besoin que d'être lavé quant aux pieds,
» et net il est tout entier. »> — XIII. 9, 10; — être lavé signifie la purification et la régénération, N°* 3147, 9089 ; ainsi celui qui a été lavé signifie celui qui a été purifié et régénéré; et les pieds signifient le naturel ou l'externe de l'homme, N°* 2162, 3147, 4938 à 4952, 9406. Que dans les Holocaustes le sang ait été répandu sur l'autel alentour, on le voit, — Lévit. I. 5, 11 ; — pareillement dans les sacrifices eucharistiques, — Lévit. III. 2, 8, 13; — et que dans les sacrifices pour le délit et pour le péché le sang ait été répandu au fondement de l'autel, on le voit,— Lévit. IV. 7, 18, 25, 30, 34. V. 9.
10048. Et le bélier tu dépèceras en ses pièces, signifie les intérieurs devant être mis distinctement en ordre : on le voit par la signification du bélier, en ce qu'il est le bien de l'innocence et de la charité dans l'homme interne, N° 10042, ici la préparation à sa purification, qui est signifiée par l'holocauste de ce bélier; et par la signification de dépecer en ses pièces, en ce que c*est l'ordination des intérieurs dans l'homme interne : que la préparation à l'ordination des intérieurs soit signifiée par dépecer en pièces, morceaux, membres et parties, c'est parce que l'ordination est décrite en ce que les intestins et les jambes étaient mis sur les pièces et sur la tôte ; et par les intestins sont signifiés les infimes qui sont appelés sensuels-externes; par les jambes immédiatement supérieures, ceux qui sont appelés naturels; ainsi par les pièces, qui étaient encore plus supérieures, sont signifiés les intérieurs, et par la tète les intimes ; que les intestins, les jambes et la tôte, aient ces significations, on le verra dans ce qui suit; que les Viscères et les membres de l'homme signifient de telles choses en ordre, on le voit ci-dessus, N° 10030. Puisque la régénération de l'homme est entendue dans le sens représentatif par les sacrifices et par les holocaustes, il sera dit en peu de mots comment se fait l'ordination pendant la régénération : Chez ceux qui sont régénérés, les intérieurs et les extérieurs sont mis en ordre par le Seigneur pour tous les états suivants, à un tel point que les présents enveloppent les futurs, et qu'il en est de même des futurs quand ils deviennent présents, et cela jusque dans réiernité;'car le Seigneur prévoit toutes choses et pourvoit à toutes choses, et sa Prévoyance et sa Providence sont pour l'éternité, ainsi sont éternelles; en effet,
le Divin, qui n'appartient qu'au Seigneur, est Infini en soi, et l'infini respectivement à la durée est éternel; de là vient que tout ce que le Seigneur dispose et n\et en ordre est éternel; c'est ainsi qu'il en arrive à l'égard de ceux que le Seigneur régénère; la régénération de l'homme commence dans le monde, et continue pendant l'éternité, car l'homme, quand il devient ange, est toujours perfectionné. Dans l'homme il y a les externes, les internes et les intimes, ils sont tous disposés et mis en ordre ensemble et successivement pour la réception de ceux qui suivent durant l'éternité; mais dans la suite, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, il sera dit dans quel ordre sont régénérés les externes, les intérieurs et les intimes, et vice versâ.
100A9. Et tu laveras les intestins, signifie la purification des infimes : on le voit par la signification de laver, en ce que c'est purifier, Noi 3147, 5954 f., 0089; la purification, qui était représentée par l'action de laver, est la purification des maux et des faux, car dans le sens spirituel ce sont là des ordures; et par la signification ûesintestins, en ce qu'ils sont les infimes, N° J0030. S'il est dit que les intestins et les jambes devaient être lavés, c'est parce qu'ils signifient les infimes et les naturels, et que les infimes et les naturels sont bien plus souillés de maux et de faux que les intérieurs; car ils sont dans le monde; et les sensuels, qui sont les infimes, s'élèvent du monde, et par cette raison reçoivent immédiatement les choses qui sont dans le monde ; les choses qu'ils reçoivent sont les plaisirs des amours de soi et du monde, avec les plaisirs des sens et leurs illusions; mais il n'en est pas de même des intérieurs, car ils sont dans le ciel et non pas dans le monde ; et les choses qui sont du monde ne peuvent pas entrer dans celles qui sont du ciel, car il n'y a pas d'influx physique; mais celles qui sont du ciel peuvent entrer dans celles qui sont du monde chez l'homme; c'est pourquoi dès que l'homme externe veut pénétrer dans l'interne, ce qui a lieu par les raisonnements provenant des amours de soi et du monde et des illusions des sens,, l'homme interne est fermé; ainsi pourvoit le Seigneur : par conséquent la purification de l'homme interne, quand l'homme est régénéré, se fait dans le ciel par le Seigneur : de là vient que l'homme, tant qu'il est dans le monde, ne perçoit pas ce qui s'opère dans son homme
interne, quand il est régénéré ; c'est là ce qui est entendu par les paroles du Seigneur dans Jean : « Le vent où il veut souille, et sa » voix tu entends, mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va; ainsi ^ » est quiconque a été engendré par l'esprit. » — III. 8, — l'esprit est la vie de la charité par la foi.
10050. Et ses jambes, signifie la purification des extérieurs qui appartiennent à l'homme naturel : on le voit par la signification de laver les jambes, en ce que c'est la purification de l'homme naturel, car laver, c'est purifier, N° 10049; et par la signification des jambes, en ce qu'elles sont les extérieurs qui appartiennent à l'homme naturel; si les jambes signifient ces extérieurs, c'est parce qu'en même temps sont entendus les pieds; en effet, les jambes des bêtes sont au nombre de quatre, et sont cohérentes aux pieds, et les pieds, d'après la correspondance, signifient le naturel ou l'externe de l'homme, voir N° 2162, 3147, 3761, 4938 à 4952. La même chose est signifiée par les jambes dans Amos : « De même que le berger arrache de la gueule du lion deux jam- » bes ou un bout d'oreille, de même seront arrachés les fils d'Is- » raël qui habitent dans Samarie, dans l'angle du lit et à l'extré- » mité de la couche. » —III. 12 ; — ici, par le lion sont signifiés ceux qui dévastent l'Église; par les jambes, l'externe de l'Église, lequel appartient aussi à l'homme naturel; par le bout d'oreille, -son aperceptif ; par ceux qui habitent dans Samarie, ceux qui sont dans le culte externe; l'angle du lit et l'extrémité de la couche, c'est l'infime naturel, qui est le sensuel externe, et aussi le vrai et le bien de ce sensuel. Lorsqu'il s'agit de la statue de Nébuchadnézar dans Daniel : « De cette statue la Tête était d'or pur ; la Poitrine et les » Bras, d'argent ; le Ventre et le Flanc, d'airain ; les Jambes, de » fer; et les Pieds, en partie de fer et en partie d'argile. » — II. 32, 33 ; — les jambes signifient le vrai de la foi dans l'homme externe ou naturel, ce que signifie aussi le fer, voir N° 10030 : si les Jaml>es ici sont distinguées des Pieds, c'est parce qu'il en est des Jambes autrement chez l'homme que chez les bêtes.
10051. Et tu les mettras sur ses pièces, et sur sa tête, signifie l'ordination des extérieurs sous les intérieurs et sous les intimes : on le voit par la signification des pièces, en ce qu'elles sont les intérieurs, N° 10048 ; et par la signification de la tête, en
ce qu'elle est l'intime, N°* 5328, 6436, 9656, 9913, 9914 ; et par la signification des intestins et des jambes, qui devaient être mis sur les pièces et sur la tôle, en ce qu'ils sont les extrêmes et les extérieurs, car les intestins sont les extrêmes ou les inGmes, N° 10030, et les jambes sont les extérieurs, N° 10050; et par la signification de les mettre sur elles, en ce que c'est disposer en ordre. Que ce soit disposer en ordre les extérieurs sous les intérieurs, et non pas sur eux selon le sens de la lettre, c'est parce que l'Autel et le Feu sur l'autel sont les suprêmes ou intimes, car l'autel représentait le Divin Humain du Seigneur quant au Divin Bien, et le Feu le Diviu Amour lui-même; c'est pourquoi les parties du bélier et de l'holocausle, qui étaient le plus près du feu de l'autel, étaient supérieures ou intérieures, et celles qui étaient placées audessus de celles-là, étant plus éloignées du feu de l'autel, étaient inférieures ou extérieures ; car dans le sens interne on considère comme supérieures ou intérieures les choses qui sont le plus près du Suprême, et comme inférieures ou extérieures celles qui en sont le plus loin, tout autrement que dans le sens de la lettre ; soit qu'on dise les supérieurs et les inférieurs, ou qu'on dise les intérieurs et les extérieurs, c'est la même chose, car ce qui est supérieur est intérieur, et ce qui est inférieur est extérieur, N°* 2148, 3084, 4599, 5146, 8325 : il est donc évident que par « tu mettras les intestins et les jambes sur les pièces et sur la tête, » il est signifié que les extrêmes et les extérieurs doivent être disposés en ordre sous les intérieurs et sous les intimes. Que l'Autel ait été le représentatif du Divin Humain du Seigneur quant au Divin Bien, on le voit, N" 921, 2777, 2811, 9388, 9389, 9714, 9964; et que le feu de l'Autel soit le Divin Amour du Seigneur, on le voit, N° 6832.
10052. Et tu feras fumer avec tout te bélier l'Autel, signifie l'interne du Divin Humain du Seigneur uni au Divin Bien de son Divin amour, qui est en Lui : on le voit par la signification de faire fumer, en ce que c'est unir au Divin Bien du Divin amour, ainsi qu'il va être montré; par la signification du bélier, en ce qu'il est l'interne chez l'homme, ainsi dans le sens sur prême l'interne du Divin Humain du Seigneur, N° 10042; et par la signification de Y Autel, en ce que c'est le principal représentatif du Divin Humain du Seigneur quant à son Divin Bien, N° 10051.
Il faut qu'on sache que chez chaque homme il y a un interne et un externe, qui sont appelés son homme Interne et son homme Externe, et que quand l'homme est régénéré, il est régénéré tant quant à l'interne que quant à l'externe, et que la régénération est la conjonction du bien et du vrai dans l'un et dans l'autre : il en a été de même dans le Seigneur quant à son Humain; toutefois, on ne peut pas dire de son Humain qu'il ait été régénéré, mais on doit dire qu'il a été glorifié ; car son intime, qui chez l'homme est appelé l'Ame venant du père, a été le Divin Même, puisqu'il avait été conçu de Jéhovah; le Divin Même est le Divin Bien du Divin Amour; et comme c'est avec ce Divin que le Seigneur a uni son Humain, et a fait ainsi Divin son Humain, c'est pour cela qu'on ne peut pas dire que son Humain a été régénéré, mais qu'on doit- dire qu'il a été glorifié; car glorifier, c'est faire Divin, voir plus bas, N° 10053 : la glorification de l'homme Interne du Seigneur, ou de son Humain Interne, est décrite par les représentatifs dans les holocaustes de béliers et d'agneaux. Si faire fumer l'Autel avec tout le bélier, c'est unir le Divin Bien du Divin amour du Seigneur avec l'Interne de son Humain, c'est parce que l'Autel était le représentatif du Divin Humain du Seigneur, et que le feu sur l'autel pour faire fumer l'holocauste signifiait le Divin Bien du Divin amour, comme on peut le voir par les articles cités, N° 10051 f. ; et parce que le bélier, qui est l'holocauste, et qu'on faisait fumer, signifie l'interne chez l'homme, ainsi l'Interne de l'Humain du Seigneur, N° 10042. D'aprèscela, il est évident que par a tu feras fumer avec tout le bélier l'Autel en holocauste, » il est signifié l'interne du Divin Humain du Seigneur uni au Divin Bien de son Divin amour, qui est en Lui.
10053. Holocauste ceci à Jéhovah, signifie la glorification de l'Humain du Seigneur : on le voit par la représentation de Y holocauste, en ce que c'est la glorification de l'Humain du Seigneur; chez la Nation Juive il y avait des Sacrifices et des Holocaustes; les sacrifices signifiaient la purification des maux et des faux , et l'implantation du vrai ; les holocaustes signifiaient la conjonction du vrai avec le bien, ainsi la régénération plénièrc; mais dans le sens suprême, où il s'agit du Seigneur, les sacrifices signifiaient le rejet des maux et des faux de son Humain
qui venait de la mère, et l'implantation du Divin Vrai provenant du Divin Bien qui était en Lui, et les holocaustes signifiaient l'union du Divin Vrai avec le Divin Bien ; c'est cette union qui est entendue par la Glorification; car le Seigneur, pendant qu'il était dans le monde, a fait Divin Vrai son Humain, et successivement aussi par l'union avec le Divin Bien, qui- était en Lui, et était l'Être de sa Vie, il a fait Divin Bien son Humain, ainsi un avec Jéhovah ; l'Être de la vie du Seigneur était ce qui chez l'homme est appelé l'ame venant du père, et c'était le Divin Bien Même, ou le Divin Amour; mais sur ce sujet, on peut voir ce qui a été montré dans les articles cités, N°* 9194, 9315 f., 9528 f.; on peut voir aussi que le Seigneur a rejeté tout l'humain qu'il tenait de la mère, tellement qu'enOn il n'était plus son fils, N" 9315 ; et que le Fils de l'homme, nom que se donne le Seigneur, n'est point le fils de Marie, mais est le Divin Vrai, N° 9807. Que la Glorification, lorsqu'il s'agit du Seigneur, soit l'union de son Humain avec le Divin Même qui était en Lui, ainsi avec Jéhovah son Père, union par laquelle II a fait aussi Lui-Môme Divin Bien son Humain, on le voit dans la Parole par les passages où la Gloire et la Glorification sont nommées, quand elles se disent de Jéhovah ou du Seigneur; par exemple, dans Ésaïe : « Alors sera révélée ta Gloire de Jéhovah, et ils » la verront, toute chair ensemble, car la bouche de Jéhovah a » parlé. » — XL. 5 ; — dans le Même : « Moi, Jéhovah, je T'ai ap- » pelé dans la justice pour ouvrir les yeux aveugles, pour tirer de » la prison l'enchaîné; Moi, Jéhovah, c'est là mon Nom, et ma » Gloire à un autre je ne donnerai point. » — XLI1. 6, 7, 8; — dans le Même : « Sur Toi se lèvera Jéhovah, et sa Gloire sur » Toi sera vue, et marcheront les nations à ta lumière. » — LX. 2, 3 ; — dans ces passages il s'agit du Seigneur, et par la Gloire de Jéhovah est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, car le Divin Vrai procédant dû Seigneur est la Gloire de Jéhovah, N°9429; que le Divin Vrai ne vienne point d'autre part, c'est ce que le Seigneur enseigne dans Jean : « Vous n'avez jamais entendu la voix » du Père, ni vu son aspect. » — V. 37 ; — et comme la gloire est le Seigneur, elle est Jéhovah Lui-Même, car il dit : « Moi Jéhovah, c'est là mon Nom, et ma gloire à un autre je ne donnerai point. » C'est de là aussi que- le Seigneur est appelé Roi de gloire,
dans David : « Élevez, portes, vos Têtes; exhaussez-vous, entrées » du monde, et entrera le Roi de gloire. Qui est ce Roi de gloire? » Jéhovah le fort et le héros, Jéhovah le héros de guerre. » — Ps. XXIV. 7 à 10 ; — ici, le Seigneur est appelé Roi de gloire d'après le Divin Vrai, par lequel il a combattu, vaincu et subjugué les enfers ; que cela ait été fait par son Humain, pendant qu'il était dans le monde, on le voit, Noi 9715, 0809, 10019; c'est de là qu'il est dit Jéhovah le fort et le héros de guerre ; il est aussi appelé héros dans Ésaïe : « Un enfant nous est né, un Fils nous a été donné, on » appellera son Nom Dieu, Héros, Père d'éternité. » — IX. 5. — Que la gloire de Jéhovah soit le Seigneur quant au Divin Vrai procédant de son Divin Bien, qui est Jéhovah ou le Père, le Seigneur Lui-Môme l'enseigne dans Jean : « La Parole Chair a été » faite, et nous avons vu sa Gloire, gloire comme de l'Unique- » Engendré du Père. » — I. là ; — que là le Seigneur soit entendu par la Parole qui a été faite Chair, cela est évident ; la Parole est le Divin Vrai, et la Gloire l'est aussi. Dans Matthieu : « Le » Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père. » — XVI. 27 ; — et daus Luc : « Jésus dit aux disciples : Ne fallait-il » pas que le Christ souffrit, et qu'il entrât dans sa gloire. » — XXIV. 26; — entrer dans sa gloire, c'est ôtre uni au Divin Bien, qui était en Lui, ainsi ôtre uni à Jéhovah ou à son Père : d'après cela on voit clairement ce que c'est qu'être glorifié dans ces passages, dans Jean : « Il n'y avait pas encore Esprit Saint, parce que » Jésus n'avait pas encore été glorifié. » — VII. 39 : — dans le Môme : « Les disciples de Jésus ne connaissaient pas ces choses, » mais quand Jésus fut glorifié, alors ils s'en ressouvinrent. Jé- » sus dit : L'heure est venue que le Fils de l'homme doit être » glorifié. Et il dit : Père, glorifie ton Nom; il sortit une voix » du ciel : Et je l'ai glorifié, et de nouveau je le glorifierai. » — XII. 16, 23, 27, 28 : — et dans le Môme : « Après que Judas fut » sorti, Jésus dit : Maintenant a été glorifié le Fils de l'homme, » et Dieu a été glorifié en Lui, et Dieu Le glorifiera en Soi- » Même, età l'instant il Le glorifiera. » — XIII. 31, 32;— de là, il est évident que l'union du Seigneur quant à l'Humain avec le Divin Môme, qui était en Lui et est appelé le Père, est la glorification, car il est dit que Dieu Le glorifiera en Soi-Môme : il est en-
core évident que cette union est devenue plénière par la passion de la croix qui a été le dernier des tentations : que le Seigneur ait glorifié son Humain par les combats contre les enfers, combats qui sont les tentations, on le voit dans les articles cités, NM 9528, 9937. Que ce soit depuis que le Seigneur a été glorifié, que le Divin Vrai procède de Lui, c'est ce qu'il enseigne Lui-Môme, dans Jean : « Il n'y avait pas encore Esprit Saint, parce que Jésus » n'avait pas encore été glorifié. » — VII. 39 : — et dans le Même : « Le Consolateur, l'Esprit de vérité, que je vous enverrai, » ne parlera pas par Soi-même; Lui Me glorifiera, parce qu'il » recevra de ce qui est à Moi, et vous l'annoncera. Toutes les c/to- » ses que le Pére a sont à Moi. » — XVI. 1 3, 14, 15, 28 ; — l'Esprit de vérité est le Divin Vrai procédant du Seigneur, N° 9818; l'union de l'Humain avec le Divin en Lui, est aussi décrite ici, en ce que toutes les choses que le Père a sont à Lui ; et ailleurs, en ce que le Pére et Lui sont un, et que le Pére est en Lui, et Lui dans le Pére, — Jean, X. 30. XIV. 10, 11, — voir N° 3704 ; ainsi la glorification ou l'union a été réciproque, ce que le Seigneur enseigne aussi dans Jean : « Pére, glorifie ton Fils, afin qu'aussi n ton Fils te glorifie. » — XVII. 1 ; — le Père est le Divin Môme qui est en Lui, et le Fils est le Divin Humain ; que le Père soit le Divin Bien qui est dans le Seigneur, on le voit, N°f 3704, 7499. On peut voir aussi que Jéhovah dans la Parole est le Seigneur, 1N°» 2921, 6303, 8865; et que le Seigneur est le Divin Môme ou Jéhovah sous la forme humaine, dans les articles cités, N° 9315.
10054. Odeur de repos, signifie le perceptif de la paix : on le voit par la signification de Yodcur, en ce que c'est le perceptif, N" 3577, 4624 à 4634, 4748 ; et par la signification du repos, en ce que c'est la paix. Ce que c'est que la Paix Divine dans les cieux, voir N°* 92, 93, 2780, 5662, 8455, 8665, 8722; que la Paix dans le sens Suprême soit le Seigneur, et le Divin qui procède de Lui affectant le bien dans les cieux par l'intime, on le voit, N" 3780, 8517. Si l'Holocauste est appelé odeur de repos à Jéhovah, c'est parce que l'holocauste représentait l'union du Divin Humaiu du Seigneur avec le Divin Même, N° 10053, et parce que la Paix dans les Cieux a été acquise par cette union ; en effet, par le Seigneur, quand il était dans le monde, tous les enfers ont été
subjugués, et tous les cieux ont été remis daos l'ordre, N0i 9715, 9809, 9937, 10019 : par là on voit clairement d'où vient que l'Holocauste est appelé odeur de repos à Jéhovah; comme ailleurs en plusieurs endroits, lorsqu'il s'agit d'Holocaustes et de Minchah, par exemple, Lévit. I. 9, 13, 17. II. 2, 9, 12. III. 5. IV. 31.» VI. 8, 14. VIII. 28. XXIII. 13, 18. Nomb. XV. 3, 7, 13. XXVIII. 6, 8, 13. XXIX. 2, 6, 13.
10055. Ignilion à J éhovah, ceci, signifie tontes choses d'après le Divin amonr : on le voit par la signification de Yignilion à Jéhovah, en ce que c'est ce qui procède du Divin amour, car le feu dans la Parole signifie l'amour dans l'un et l'autre sens, et quand il s'agit de Jéhovah ou du Seigneur, il signifie le Diviu amour ; car le feu est l'amour dans l'un et l'autre sens, N0i 4906, 5215, 6314, 7324 ; et dans le sens suprême, où il s'agit de Jéhovah ou du Seigneur, c'est le Divin amour, N°» 6832, 6834, 6849. L'Holocauste est appelé ignilion à Jéhovah, parce que le Divin a pris sur lui l'Humain, et d'après l'Humain a combattu contre les enfers et les a subjugués, et qu'en môme temps il a uni l'Humain au Divin pour sauver le genre humain par pur amour : que cette union soit signifiée par l'Holocausle, on le voit, N0' 10042, 10053.
10056. Vers. 19 à 35. Et tu prendras le second bélier, et imposera Aliaron, et ses fils, leurs mains sur la tête du bélier. Et tu immoleras le bélier, et tu prendras de son sang, et tu (en) mettras sur le bout de l'oreille d'Aharon, et sur le bout de l'oreille de ses fils, la droite, et sur le pouce de leur main droite, et sur le pouce de leur pied droit, et tu feras as-
~ persion du sang sur l'autel alentour. Et tu prendras du sang qui (sera) sur l'autel, et de l'huile d'onction, et tu (en) feras aspersion sur A/iaron, et sur ses habits, et sur ses fils, et sur les liabits de ses fils avec lui; et saint il sera, lui, et ses habits, et ses fils, et les habits de ses fils* avec lui. Et tu prendras du bélier la graisse, et la queue, et la graisse qui couvre les intestins, et le réticule du foie, et les deux reins, et la graisse qui (est) sur eux, et le gigot droit, car bélier d'emplitions (est) celui-ci. Et une rondelle de pain, et un gâteau de pain à l'huile, et un beignet, de la corbeille d'azymes, qui (sera) devant Jéhovah. Et tu poseras le tout sur les paumes
d' Aharon, et sur les paumes de ses fils, et tu les agiteras en agitation devant J êhovah. Et tu les prendras de leur main, et tu (en) feras fumer l'autel sur l'holocauste, en odeur de repos devant Jéhovah, ignition ceci à J êhovah. Et tu prendras la poitrine du bélier a" emplit ions, qui (sera) à Aliaron, et tu l'agiteras en agitation devant Jéhovah, et elle te sera pour portion. Et tu sanctifieras ta poitrine d'agitation, et le gigot de sublation, laquelle aura été agitée, et lequel aura été suù/ationné, du bélier d'emplitions, de ce qui (est) à Aharon, et de ce qui (est) à ses fils. Et sera (ceci) à Aharon et à ses fils en statut séculaire de la part des fils d'Israël, car sublation (csl) ceci, et sublation il y aura de la part des fils d'Israël, de leurs sacrifices pacifiques, leur sublation à Jéhovah. Et les fiabits de sainteté qui (seronl) à Aliaron, seront à ses fils après lui, pour oindre en eux, et pour emplir en eux leur main. Sept jours les revêtira le prêtre après lui, d'entre ses fils, lequel entrera en la Tente de convention pour administrer dans le saint. Et le bélier d'emplitions tu prendras, et tu cuiras sa chair en lieu saint. Et mangera Aliaron, et ses fils, la chair du bélier, et te pain qui (sera) dans la corbeille, à l'entrée de la Tente de convention. Et ils mangeront ces choses par lesquelles il aura été fait expiation, pour emplir leur main, pour les sanctifier; et l'étranger n'en mangera point, car sainteté elfes (sont). Et s'il reste de la chair d'emplitions, et du pain jusqu'au malin, et tu brûleras le restant au feu, il ne sera point mangé, car sainteté ceci. Et tu feras à Aharon et à ses fils ainsi, selon tout ce que je t'ai commandé : sept jours lu empliras leur main. — El tu prendras le second bélier, signifie l'état suivant, qui est celui du Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur dans les cieux : et imposera Aliaron, et ses fils, leur* mains sur la tête du bélier, signifie la communication de la puissance avec le tout : et tu immoleras le bélier, signifie la préparation : et tu prendras de son sang, signifie le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur dans les cieux : et tu (en) mettras sur le bout de l'oreille d' Aliaron, et sur le bout de l'oreille de ses fils, la droite, signifie tout perceptif du Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur dans les
cieux : et sur le pouce de leur main droite, signifie l'intellectuel provenant de là dans le ciel moyen : et sur le pouce de leur pied droit, signifie l'intellectuel dans le dernier ciel : et tu feras aspersion du sang sur l'autel alentour, signifie l'union du Divin Vrai avec le Divin Bien : et tu prendras du sang qui (sera) sur l'autel, signifie le Divin Vrai uni au Divin Bien dans le Seigneur : et de l'huile d'onction, signifie le Divin Bien du Divin amour, Bien qui est dans le Seigneur : et tu (en) feras aspersion sur Aharon et sur ses habits, signifie l'union réciproque de Divin Bien avec le Divin Vrai dans le Divin Humain du Seigneur dans les cieux supérieurs : et sur ses fils, et sur les fiabits de ses fils, signifie l'union réciproque du Divin Bien avec le Divin Vrai dans le Divin Humain du Seigneur dans les cieux inférieurs : et saint il sera, lui, et ses liabits, et ses fils, et les habits de ses fils, signifie ainsi tous les divins dans les cieux : et tu prendras du bélier la graisse, signifie le Bien dans les cieux : et la queue, signifie tout Vrai là : la graisse qui couvre les intestins, signifie le bien dans les derniers : et le réticule du foie,. signifie le bien intérieur purifié de l'homme naturel : et les deux reins, et la graisse qui (est) sur eux, signifie le vrai intérieur purifié de l'homme naturel, et le bien de ce vrai : et le gigot droit, signifie le bien intime : car bélier d'cmplitions (est) celui-ci, signifie le représentatif de la puissance du Divm du Seigneur dans les cieux par le Divin Vrai d'après son Divin Bien : et une rondelle de pain, signifie le bien céleste intime procédant du Seigneur : et un gâteau de pain à l'huile, signifie le bien céleste moyen : et un beignet, signifie le bien céleste dernier : de ta corbeille d'azymes, signifie qui sont ensemble dans le sensuel : qui (sera) devant Jéhovah, signifie d'après le Divin Bien du Seigneur : et tu poseras le tout sur les paumes d' Aharon, et sur les paumes de ses fils, signifie la reconnaissance dans les cteux que ces choses appartiennent au Seigneur et procèdent du Seigneur : et tu les agileras en agitation devant Jéhovah, signifie la vie Divine qui en procède : et tu les prendras de leur main, et tu (en) feras fumer l'autel sur l'holocauste, signifie l'union avec le Divin Bien du Divin amour : en odeur de repos devant Jéhovah, signifie le perceptif de la paix : ignition ceci à Jéhovah, signifie d'après le
Divin amour : et tu prendras la poitrine, signifie le Divin spirituel dans les cieux, et son appropriation là : du bélier d'emplitions, gui (sera) à Aliaron, signifie le représentatif de la puissance Divine du Seigneur dans les cieux par le Divin Vrai d'après son Divin Bien : et tu l'agiteras en agitation devant Jèhovah, signifie la vivification : et elle te sera pour portion, signifie la communication avec ceux qui sont dans les vrais Divins : et tu sanctifieras la poitrine d'agitation, signifie le Divin Spirituel reconnu dans le Ciel et dans l'Église : et le gigot de sublation, signifie le Divin Céleste, qui appartient au Seigneur seul, perçu dans le Ciel et dans l'Église : laquelle aura été agitée, et lequel aura été su- Motionné, signifie ce qui a été reconnu et ce qui a été perçu : du bélier d'emplitions, de ce qui (est) à Aliaron, et de ce qui (est) à ses fils, signifie le représentatif de la Divine puissance du Seigneur dans les cieux par le Divin Vrai d'après le Divin Bien : et sera (ceci) à Aluiron et à ses fils en statut séculaire de la part des fils d'Israël, signifie la loi de l'ordre dans l'Église représentative quant au Divin Bien du Seigneur, et quant au Divin Vrai qui procède de ce Bien : car sublation (est) ceci, signifie le représentatif du Divin Bien et du Divin Vrai qui procède de ce Bien: et sublation il y aura de la part des fils d'Israël, de leurs sacrifices pacifiques, leur sublation à Jèhovah, signifie la réception dans les Cieux et dans l'Église, et la reconnaissance que cela appartient au Seigneur seul : et les habits de sainteté qui (seront) à Aharon, signifie le Divin spirituel procédant immédiatement du Divin céleste : seront à ses fils après lui, signifie dans le naturel successivement : pour oindre en eux, signifie pour repr,esenter le Seigneur quant au Divin Bien : et pour emplir en eux leur main, signifie le représentatif du Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur dans les cieux : sept jours les revêtira le prêtre après lui, d'entre ses fils, signifie la reconnaissance et la réception plénière : lequel entrera en la Tente de convention pour administrer dans le saint, signifie en tout culte dans le Ciel et dans l'Église : et le bélier d'emplitions tu prendras, signifie le représentatif de la puissance Divine du Seigneur dans les cieux par le Divin Vrai d'après le Divin Bien, et aussi son communicatif et son réceptif là ; et tu cuiras sa cltair en lieu saint, signifie la préxv. 25.
paration du bien à l'usage de la vie par les vrais de la doctrine dans l'illustration provenant du Seigneur : et mangera Atiaron, et ses fils, ta chair du bélier, signifie l'appropriation du bien spirituel procédant du Seigneur : et le pain qui (sera) dans la corbeille, signifie l'appropriation du bien céleste procédant du Seigneur : (à l'entrée de la Tente de convention, signifie pour entrer dans le ciel :) et ils mangeront ces choses par lesquelles il aura été fait expiation, signifie l'appropriation du bien chez ceux qui ont été purifiés des maux et des faux du mal : pour emplir leur main, signifie pour recevoir le Divin Vrai : pour tes sanctifier, signifie afin qu'ils soient dans les vrais d'après le bien procédant du Seigneur : et l'étranger n'en mangera point, signifie nulle appropriation chez ceux qui ne reconnaissent point le Seigneur : car sainteté elles (sont), signifie parce que ce sont des Divins : et s'il reste de ta ctiair d'emplitions, et du pain jusqu'au matin, signifie les biens spirituels et célestes, qui n'ont point été conjoints à l'état nouveau : et tu brûleras le restant au feu, signifie leur dissipation : il ne sera pas mangé, signifie la non-appropriation : car sainteté ceci, signifie le Divin auquel cela jre doit point être conjoint, parce que de là provient le profane : et tu feras à Aharon et à ses fils ainsi, signifie ce représentatif de la glorification du Seigneur, et l'influx du Seigneur dans les Cieux et dans l'Église : selon tout ce que je t'ai commandé, signifie selon les lois de l'ordre Divin : sept jours tu empliras leur main, signifie le représentatif de la puissance plénière du Seigneur dans les cieux par l'influx procédant du Divin Bien du Divin amour de son Humain.
1 0057. Et lu prendras le second bélier, signifie l'étal suivant, qui est celui du Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur dans tes cieux : on le voit d'après ce qui précède et ce qui suit ; dans ce qui précède il a été question des Sacrifices du Taureau, et de l'holocauste du premier bélier ; dans ce qui suit il s'agit du second bélier, et de l'emplitton de la main par lui, et enfin du sacrifice d'un taureau, et de l'holocauste journalier des agneaux. Qui est l'homme, pourvu qu'il pense d'après une raison quelque peu illustrée, qui ne puisse voir qu'il y a des arcanes du ciel cachés dans chacune de ces opérations? car autrement à quoi bon des
sacrifices et des holocaustes avec un si grand nombre de rites? par exemple, inonder de sang l'autel ; mettre du sang sur le bout de l'oreille, sur le pouce de la main et sur le pouce du pied d'Àharon et de ses fils, et aussi sur leurs vêtements ; faire fumer sur l'autel dans le sacrifice la graisse des intestins, du foie et des reins avec les reins eux-mêmes, et brûler le reste au feu hors du camp, ou le manger, et dans l'holocauste faire fumer les intestins et les jambes après les avoir mis sur les pièces et sur la téte; puis agiter d'abord sur les paumes d'Aharon et de ses fils certaines parties du second bélier, et en manger quelques-unes : que celui qui veut réfléchir examine si de semblables rites n'auraient pas été des choses terrestres de nulle importance, s'ils n'eussent pas renfermé de saints arcanes; et si ces arcanes sont saints, ils doivent absolument être de ces choses qui appartiennent au Ciel et à l'Église, et dans le sens suprême au Seigneur, car ce sont là les seules qui soient saintes, parce qu'elles sont Divines; s'il est de foi que la Parole est sainte, et qu'elle a été inspirée par le Divin tant en général qu'en particulier, il doit être aussi de foi que tout ce qui, en général et en particulier, a été institué au sujet des sacrifices et des holocaustes, renferme et contient en soi de ces choses : quant à ce qui y est renfermé et contenu, personne dans les terres ne peut en aucune manière le savoir, s'il ne sait point ce qui par ces rites est signifié dans les cieux ; le sens interne de la Parole enseigne seul ce qui est signifié, puisque ce sens déroule des correspondances; car toutes les choses qui sont dans lé monde naturel correspondent à celles qui sont dans le monde spirituel; et cela, parce que le monde naturel existe et subsiste d'après le monde spirituel. Mais il va être dit en série, d'après le déroulement des correspondances par le sens interne, ce qu'enveloppent les sacrifices et les holocaustes qui sont décrits dans ce Chapitre. Dans le sens suprême, dans lequel sont tous les Saints Divins, Il s'agit de la Glorification de l'Humain du Seigneur; et, dans le sens représentatif, de la Régénération de l'homme; le Procédé de la Glorification de l'Humain du Seigneur, et de la Régénération de l'homme, est lui-même pleinement décrit par ce qui a été ordonné au sujet des sacrifices et des holocaustes : pour que ce procédé soit saisi, il convient de l'exposer au moyen de choses qui puissent tomber dans l'entendement : II est notoire que les
choses vues par les yeux et entendues par les oreilles sont aperçues en dedans chez l'homme, et pour ainsi dire passent du monde par les yeux ou par les oreilles dans la pensée, ainsi dans l'entendement, car la pensée appartient à l'entendement ; et si ce sont des choses qu'on aime, elles passent de là dans la volonté, et ensuite de la volonté par le chemin intellectuel dans le langage de la bouche, et aussi dans l'acte du corps ; tel est le cercle des choses allant du monde par l'homme naturel dans l'homme spirituel, et de celui-ci de nouveau dans le monde : toutefois, il faut qu'on sache que ce cercle est institué d'après la volonté, qui est l'intime de la vie de l'homme, et que là il commence, et de là accomplit son cours ; et la volonté de l'homme qui est dans le bien est gouvernée du ciel par le Seigneur, quoiqu'il semble qu'il en soit autrement; en effet, il y a influx du monde spirituel dans le monde naturel, ainsi par l'homme interne dans l'homme externe, mais non vice ver&û, car l'homme interne est dans le ciel, et l'homme externe dans le monde. Comme ce cercle est le cercle de la vie de l'homme, voilà pourquoi quand l'homme est régénéré, il est régénéré selon ce cercle, et quand il a été régénéré il vit et agit selon ce même cercle; c'est pourquoi quand l'homme est régénéré, c'est par l'ouïe et la vue que doivent être insinués les vrais qui appartiennent à la foi, et ils sont implantés dans la mémoire de son homme naturel; ils sont amenés de cette mémoire dans la pensée qui appartient à l'entendement, et ceux qui sont aimés deviennent des choses de la volonté ; et autant ils deviennent des choses de la volonté, autant ils deviennent des choses de la vie, car la volonté de l'homme est sa vie même ; et autant ils deviennent des choses de la vie, autant ils deviennent des choses de son affection, ainsi des choses de la charité dans la volonté et des choses de la foi dans l'entendement; dans la suite c'est d'après cette vie, qui est la vie de la charité et de la foi, que l'homme parle et agit; de la charité, qui appartient à la volonté, sort le langage de la bouche, et aussi l'acte du corps, l'un et l'autre par le chemin intellectuel, ainsi par le chemin de la foi : d'après cela, on voit que le cercle de la régénération de l'homme est semblable au cercle de sa vie dans le commun, et que celui-là est semblablement institué dans la volonté par l'influx provenant du ciel d'après le Seigneur. De là, il est encore évident qu'il y a deux états pour l'homme qui
est régénéré ; le premier, quand les vrais de la foi sont implantés et sont conjoints au bien de la charité ; le second, quand d'après le bien de la charité il parle par les vrais de la foi, et agit selon ces vrais ; que par conséquent le premier état procède du monde par l'homme naturel dans l'homme spirituel, ainsi dans le ciel, et que le second procède du ciel par l'homme spirituel dans l'homme naturel, ainsi dans le monde ; l'homme spirituel ou interne est, comme il a été dit ci-dessus, dans le ciel, et l'homme naturel ou externe est dans le monde; ce cercle* est le cercle de la régénération de l'homme, et par suite "c'est le cercle de sa vie spirituelle; sur ces deux étals de l'homme qui est régénéré, voir les articles cités, N° 9274. D'après ce qui vient d'êlre dit, on peut se former quelque idée de la Glorification de l'Humain du Seigneur; car de môme que le Seigneur a glorifié son Humain, de môme il régénère l'homme, c'est pourquoi, ainsi qu'il a déjà été dit plusieurs fois, la régénération de l'homme est l'image de la glorification du Seigneur; de là il est évident que le premier état de la glorification du Seigneur a été de faire Divin Vrai son Humain, et de l'unir avec le Divin Bien qui était en Lui ; et que le second état a été d'agir d'après le Divin Bien par le Divin Vrai, car par le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur a été fondé le Ciel et a été fondée l'Église; et par ce Vrai tous ceux qui sont dans l'Église sont régénérés. Voilà ce qui est décrit par les Sacrifices et les Holocaustes et par leurs rites, dont il s'agit dans ce Chapitre; par le sacrifice du taureau et par l'holocauste du premier bélier, le Premier état; et par les emplitions de la main avec le second bélier, le Second état ; et enfin par le sacrifice d'un taureau et par les holocaustes est signifiée la continuité de ce second état. Il faut qu'on sache que chez l'homme qui est régénéré, la purification des maux et des faux du mal dure continuellement, car autant l'homme est purifié des maux et des faux, autant les vrais qui appartiennent à la foi sont implantés, et sont conjoints au bien qui appartient â la charité, et autant ensuite l'homme agit d'après le bien de la charité ; la purification des maux et des faux chez l'homme n'est pas la délivrance de ces maux et de ces faux, mais c'en est l'éloignement, voir N04 868, 887, 894, 929, 1581-, 2269, 2406, 4564, 8206, 8393, 8988,9014, 9333, 9446 à 9451, 9938. Toutefois, chez le Seigneur, il n'y a pas eu
éloignement, mais il y a eu rejet des maux et des faux qu'il tenait de |a mère, ainsi délivrance plénière de ces maux et de ces faux, tellement qu'il n'était plus le fils de Marie; voir les articles cités, N° 9315 f. Ces détails ont été donnés comme préliminaires, afin qu'on sache ce qui est signifié par l'emplition de la main avec le second bélier, dont il va maintenant être parlé. . >
10058. El imposera Aharon, et ses fils, leurs mains sur ta tête du bélier, signifie la communication de la puissance avec le tout : on le voit par la signification d'imposer les mains, en ce que c'est la communication de la puissance, la translation et la réception, N° 10023 ; et par la signification de la tête, en ce que c'est le tout avec les parties, N° 10011, ainsi toutes les choses, en général et en particulier, qui sont représentées par ce second bélier.
10059. Et tu immoleras le bélier, signifie la préparation: on le voit par la signification d' immoler, quand il s'agit de sacrifice et d'holocauste, en ce que c'est la préparation, N° 10024.
10060. Et tu prendras de son sang, signifie le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, dans les deux : on le voit par la signification du sang, quand il s'agit de sacrifice et d'holocauste, en ce que c'est le Divin Vrai, N°* 10026, 10033, ici le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Divin Humain du Seigneur, Vrai communiqué et reçu dans les cieux, car dans ce qui va suivre il s'agit de ce vrai. Il a été dit ci-dessus, N° 10057, qu'il y a deux états pour l'homme qui est régénéré, le premier quand le vrai est implanté et que ce vrai est conjoint au bien, le second quand l'homme est dans le bien et agit d'après le bien ; quand il est dans ce second état, les vrais chez lui procèdent du bien, car c'est d'après le bien qu'il les regarde, qu'il les prononce et qu'il les fait; alors le bien est dans chacun de ces vrais comme l'âme dans l'homme, ou comme le cœur dans le corps ; c'est même ce que perçoit le sage d'après les discours et les actes de ceux qui sont dans le bien ; à l'aide de celte idée de la régénération de l'homme, on peut en quelque manière porter sa pensée sur la glorification de l'Humain du Seigneur, car de même que le Seigneur a glorifié son Humain, de même aussi il régénère l'homme, N0i 3138, 3212, 3290, 3490, 4402, 5688: en effet, le Premier état de la glorification de l'Humain du Seigneur a été l'implantation du Divin Vrai, et l'union de ce Vrai avec
le Divin Bien ; de là le Seigneur, quand il était dans le monde, a fait Divin Vrai son Humain, et il Ta fait aussi Divin Bien par l'union avec le Divin Bien qui était en Lui, voir les passages cités, NM 9199 f., 9315 f.; le second état de la glorification de l'Humain du Seigneur consiste en ce que du Divin Bien procède le Divin Vrai, qui est le Divin du Seigneur dans les cieux : le Premier état de la glorification de l'Humain du Seigneur est décrit dans le sens interne par ce qui a été dit du sacrifice du taureau et de l'holocauste du premier bélier, dont il s'agit dans ce Chapitre, Vers. 10 à 18; et le Second état est décrit par ce qui va être dit maintenant du second bélier, qui est appelé le bélier d'emplitions. Il est donc évident que le sang ici signifie le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, Vrai communiqué et reçu dans les cieux.
10061 . Et tu en mettras sur le bout de l'oreille d'Aluvron, et sur le bout de l'oreille de ses fils, la droite, signifie tout perceptif du Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur dans les cieux : on le voit par la signification du sang, gui était mis sur le bout de l'oreille, en ce que c'est le Divin Vrai dans les Cieux et dans l'Église, vrai qui procède du Divin Bien du Seigneur, N° 10060; par la signification de l'oreille, en ce que c'est le perceptif, N° 9397, ici le perceptif du Divin Vrai dans les Cieux et dans l'Église, car tout perceptif là appartient à ce vrai ; ici est spécialement entendu le perceptif dans le Royaume céleste, car là est perçu le vrai qui procède du bien, voir les articles cités, N° 9277 ; par la signification du bout de l'oreille, qui en est l'extrême, en ce que c'est l'entier ou le tout, car de môme que le premier ou le suprême signifie l'entier ou le tout, de même aussi le dernier ou l'extrême le signifie, voir N° 10044 ; et par la signification de l'oreille droite, en ce que c'est le perceptif du vrai qui procède du bien ; si l'oreille droite est ce perceptif, c'est parce que les parties qui sont au côté droit de l'homme 'correspondent au bien dont proviennent les vrais, et que celles du côté gauche correspondent aux vrais par lesquels existe le bien, N°' 9604, 9736 ; il en est ainsi dans le cerveau, ainsi dans la face et dans les organes sensoria qui y sont, ainsi dans la poitrine, ainsi dans les lombes, et ainsi dans les pieds ; celui qui ne connaît pas cet arcane ne peut en aucune manière savoir pourquoi il a été ordonné de mettre du
sang sur le bout de l'oreille droite, sur le pouce de la main droite, et sur le pouce du pied droit d'Aharon et de ses fils; ni pourquoi, outre la graisse de ce bélier, on faisait fumer sur 4'autel le gigot droit, dont il est parlé dans la suite de ce Chapitre, Vers. 22, 25; ni pareillement pourquoi « on mettait du sang du sacrifice sur le bout de l'oreille droite de celui qui devait être purifié de la lèpre, et sur le pouce de sa main droite, et sur le pouce de son pied droit; » ni pourquoi « le prêtre prenait de l'huile du log, et la répandait sur sa paume gauche, puis trempait son doigt droit dans l'huile qui était sur sa paume gauche, et faisait aspersion de l'huile avec son doigt droit sept fois devant Jéhovah. » — Lévit. XIV. 14 à 18, 25 à 28. —Il ne peut pas non plus savoir ce que signifient ces paroles du Seigneur aux disciples, quand ils péchaient : « Jetez » le filet au côté droit de la barque; ils le jetèrent donc, et ils ne » pouvaient plus le tirer, à cause de la multitude des poissons.» — Jean, XXI. 6; — par là il était représenté qu'agir et enseigner d'après le bien, c'est tirer d'innombrables conclusions qui appartiennent au vrai, mais non vice versû. Ceux aussi qui sont dans les vrais d'après le bien sont entendus « par les brebis gui sont à droite, » tandis que ceux qui sont dans les vrais mais non d'après le bien sont entendus « par les boucs qui sont à gauche. » — Matth. XXV. 33. — Par la droite sont aussi entendus ceux qui sont d'après le bien dans la lumière du vrai, dans David : « A Toi les cieux, » et à Toi la terre ; le globe et sa plénitude, Toi, tu les as fondés ; » le septentrion et ta droite ( le midi), Toi, tu les as créés, » — Ps. LXXX1X. 12,13; — par les cieux , la terre et le globe, est signifiée l'Église, N°0325; par la plénitude, tout vrai et tout bien qui font l'Église; par le septentrion, ceux qui dans l'Église sont dans l'état obscur quant au vrai, N° 3708 ; et par la droite, ceux qui sont d'après le bien dans la lumière du vrai ; ainsi, de môme que par le midi, N° 0642. Par là, on peut voir ce qui est signifié par être assis à la droite de Dieu, lorsque cela est dit du Seigneur,— Ps. CX. 1, 5. Matth. XXVI. 63, 64. Marc, XII. 36. XIV. 61, 62. Luc, XX. 42, 43; — c'est à savoir, la Divine Puissance par le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, N°* 3387, 4592, 4933, 7518, 8281, 9133. Comme dans la Parole la plupart des mots ont aussi le sens opposé, il en est de même de la droite et de la
gauche, et dans ce sens à droite signiûe le mal dont provient le faux, et à gauche signifie le faux par lequel existe le mal, comme dans Zacharie : « Malheur au pasteur de néant qui abandonne le trou- » peau ! l'épée sur son bras, et sur son œil droit (sera); son bras » eu séchant séchera, et son œil droit en s'obscurcissant s'obscur- » cira. » — XI. 17 ; — là, le bras est la puissance du vrai appliqué à confirmer le mal, et comme cette puissance n'est rien, il est dit que le bras en séchant séchera; l'œil droit est la science du bien appliqué à confirmer le faux, et comme celle science n'est rien, il est dit que cet œil en s'obscurcissant s'obscurcira ; le pasteur est celui qui enseigne les vrais et par eux conduit au bien, N°' 343, 3795, 6044 ; ainsi le pasteur de néant est celui qui enseigne et conduit au mal; le bras est la puissance qui appartient au vrai d'après le bien, N°» 4931 à 4937, 7205; mais le bras du pasteur de néant est nulle puissance; l'œil est l'entendement et la perception du vrai, N- 4403 à 4421, 4523 à 4534, 9051 ; mais l'œil droit du pasteur de néant est la science du bien sans l'entendement et sans la perception du bien, parce qu'elle est appliquée au faux ; l'obscurcissement est le faux d'après le mal, N° 7711. Dans Matthieu : « Jésus dit : Si ton œil droit le scandalise, arrache-le, et » jette-le loin de toi ; et si ta main droite te scandalise, coupeu la, et jelte-la loin de loi; il vaut mieux pour toi qu'un de tes » membres périsse, et que tout ton corps ne soit pas jelé dans la » géhenne. » — V. 29, 30 ; — l'œil droit est l'entendement et la foi du faux d'après le mal, et la main droite est le faux lui-même d'après le mal; chacun peut savoir qu'ici l'œil n'est pas entendu par l'œil, ni la main par la main, et qu'il ne faut pas arracher l'œil qui scandalise, ni couper la main qui scandalise, car il n'en résulterait rien pour le salut de l'homme. Dans Jean : « Labete leur don- » na à tous un caractère sur leur main droite ou sur leur front. » — Apoc. XIII. 16; — la droite ici est le faux d'après le mal, et le front est l'amour du mal dont provient le.faux ; que le front soit l'amour céleste, et par suite dans le sens opposé l'amour infernal, on le voit, N° 9930.
10062. Et sur le pouce de leur main droite, signifie l'intellectuel provenant de là dans le ciel moyen : on le voit par la signification du pouce de la main, en ce que c'est la puissance du
bien par le vrai, ou le vrai dans sa puissance d'après le bien, el par suite l'intellectuel, ainsi qu'il va être montré; que ce soit l'intellectuel dans le ciel moyen, c'est parce que le sang, qui était mis sur le pouce de la main, signifle le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur dans les cieux, N° 10060; ici donc l'intellectuel provenant de là ; en effet, le sang sur le bout de l'oreille droite signifle le perceptif dans le ciel intime; par suite le sang sur le pouce de la main droite signifle l'intellectuel dans le ciel moyen ; et sur le pouce du pied droit l'intellectuel dans le dernier ciel ; car ce qui appartient au ciel intime est signifié par la téte, et par ce qui appartient à la téte, ici donc le perceptif de ce ciel est signifié par l'oreille droite, puisque l'oreille appartient à la téte ; ce qui appartient au ciel moyen est signifié par le corps et par ce qui appartient au corps, ici donc l'intellectuel dans ce ciel est signifié par la main droite; et ce qui appartient au dernier ciel est signifié par les pieds et par ce qui appartient aux pieds ; qu'il y ait une telle correspondance des cieux avec l'homme, on le voit ci-dessus, N° 10030, et dans les passages qui y sont cités. Dans le ciel intime il y a aussi un perceptif du vrai d'après le bien ; mais dans le ciel moyen il n'y a pas le perceptif du vrai, il y a son intellectuel, et de même dans le dernier ciel; voir les articles cités, N°* 9277, 9596, 9684. Que le pouce de la main droite signifie le vrai d'après le bien dans sa puissance, et par suite l'intellectuel dans le ciel moyen, il semble, il est vrai, que ce soit une chose inférieure et de trop peu d'importance pour signifier le ciel, car on peut se demander d'où le pouce pourrait avoir une si grande et une telle signification ; mais il faut qu'on sache que le dernier ou l'extrême d'un membre quelconque signifie la même chose que le membre tout entier, que la main signifie toute la puissance du corps, et que la puissance est au corps par les bras et par les mains; on peut voir ci-dessus que le dernier ou l'extrême signifie tout et le tout, de même que le premier et le suprême, N° 10044 ; que les mains signifient la puissance, et que toute puissance appartient au vrai d'après le bien, N° 10019 ; et que la main droite signifie la puissance du vrai d'après le bien, et la main gauche le vrai par lequel existe le bien, N° 10061 : si c'est l'intellectuel qui est entendu, c'est parce que tout intellectuel a été formé de vrais, mais tout volontaire a été formé de biens, car
toules choses dans le monde et dans le ciel se réfèrent au vrai et au bien, et l'entendement de l'homme lui a été donné pour les vrais, et la volonté pour les biens; puis donc que les mains signifient le vrai dans sa puissance, elles signifient aussi l'entendement. Comme le pouce de la main, de même que la main, signifiait la puissance qui appartient au vrai d'après le bien, c'est pour cela que dans le temps ancien chez les nations, et aussi chez le peuple Israélite, il a été en usage « de couper aux ennemis les pouces des mains et les pouces des pieds. » — Juges, I. 6, 7; — ce qui représentait l'enlèvement de toute puissance ; la principale puissance de la main est aussi dans le pouce, car le pouce étant coupé, la main n'a plus de force pour la guerre. De même que le pouce, les doigts signifient aussi la puissance; par exemple, dans David : « Jéhovah enseigne » à mes mains les combats, et à mes doigts la guerre, » — Ps. CXLIV. 1 : — dans le Même : « Quand je regarde les cieux, l'ou- » vrage de tes doigts. » — Ps. VIII. A. — Dans Luc : « Jésus » dit : Si par le doigt de Dieu je chasse les démons, certes vers » vous est parvenu le Royaume de Dieu. » — XI. 20.
10063. Et sur te pouce de teur pied droit, signifie l'intêllectuet dans le dernier ciel: on le voit d'après ce qui vient d'être dit et montré, N° 10002.
10064. Et tu en répandras le sang sur C autel alentour, signifie l'union du Divin Vrai avec le Divin Bien : on le voit par la signification du sang, quand il s'agit de sacrifice et d'holocauste, en ce qu'il est le Divin Vrai, N°* 10026, 10033 ; et par la signification de V Autel, en ce que c'est le représentatif du Seigneur quant au Divin Bien, N° 996A : quand il est dit le Divin Bien, il est entendu aussi le Divin amour, car tout bien appartient à l'amour, puisque tout ce qu'on aime est perçu comme bien, et par suite est aussi appelé bien; mais tout vrai appartient à la foi, car fout ce que l'on croit est aperçu et aussi appelé vrai ; il suit de là que les choses qui forment l'entendement de l'homme appartiennent à la foi, et que celles qui forment sa volonté appartiennent à l'amour, car l'entendement de l'homme a été destiné à recevoir les vrais qui appartiennent à la foi, et sa volonté a été destinée à recevoir les biens qui appartiennent à l'amour; c'est pourquoi l'entendement de l'homme est tel que sont les vrais qui le forment, et tel
qu'est la foi de ces vrais; et la volonté de l'homme est telle que sont les biens qui la forment, et telle qu'est l'amour de ces biens : dans le sens opposé il y a l'amour du mal et la foi du faux, par suite aussi volonté et entendement ; mais l'entendement est tel qu'est le faux qui le forme, et tel qu'est la foi du faux ; et la volonté est telle qu'est le mal qui la fait, et telle qu'est l'amour du mal ; que la volonté du mal et l'entendement du faux proviennent de l'enfer, et soient l'enfer chez l'homme, cela est évident, puisqu'ils sont opposés à l'entendement du vrai et à la volonté du bien qui procèdent du ciel d'après le Seigneur, et qui font par conséquent le ciel chez l'homme.
10065. Et tu prendras du sang qui sera sur l'autel, signifie le Divin Vrai uni au Divin Bien dans le Seigneur : on le voit par la signification du sang sur l'autel, en ce que c'est le Divin Vrai uni au Divin Bien, N° 10064. Dans ce qui va suivre, il sera dit comment la chose se passe.
10066. Et de l'huile d'onction, signifie le Divin Bien du Divin amour, Bien qui est dans le Seigneur : on le voit par la signification de V huile d'onction, en ce que c'est le représentatif du Divin Bien du Divin amour, Bien qui est dans le Seigneur, N0i 9954, 10019.
10067. Et tu en feras aspersion sur Aharon, et sur ses hnbits, signifie l'union réciproque du Divin Bien et du Divin Vrai (dans te Divin Humain du Seigneur) dans les deux supérieurs : on le voit par la représentation d'Aharon, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Bien, N° 9806, c'est-à-dire, le Divin Bien du Seigneur dans le Royaume Céleste, N° 9946, ou, ce qui est la même chose, dans les cieux supérieurs; et par la signification des liabits d'Aharon, en ce qu'ils sont le représentatif du Royaume spirituel du Seigneur adjoint à son Royaume céleste, N° 9814 ; et par la signification de faire aspersion sur eux, en ce que c'est unir, car ce qui était jeté par aspersion et répandu sur quelqu'un, représentait l'union, comme aussi ci-dessus en ce que le sang était répandu sur l'autel alentour, N° 10064. Que ce soit le Divin Humain du Seigneur dans les cieux qui est entendu, c'est parce qu'ici et dans ce qui va suivre il s'agit du Divin du Seigneur dans les cieux, et de son union avec les anges là, ainsi du second état de la glorification de l'Humain du Seigneur, voir N° 10057; ici donc
par Ataaron est représenté le Seigneur quant au Divin Bien dans le Royaume céleste, et par les liabits d'Aharon le Seigneur quant au Divin Vrai dans le Royaume spirituel adjoint au Royaume céleste, ainsi quant à l'un et à l'autre dans les cieux supérieurs; que ce soit du Divin Humain que cela procède, c'est parce que dans les cieux il n'est pas reconnu ni adoré d'autre Divin que le Divin Humain du Seigneur, car le Divin que le Seigneur a appelé son Père était le Divin dans Lui : que dans les cieux il ne soit pas reconnu ni adoré d'autre Divin que le Seigneur quant au Divin Humain, on peut le voir par les paroles du Seigneur dans plusieurs passages des Évangélistes, par exemple, parcelles-ci : « Toutes choses M'ont été H- » vrées par le Père. » — Malth. XI. 27. Luc, X. 22. — « Le Père » a donné toutes choses en la main du Fils. » — Jean, III. 36, 35. — « Le Père a donné au Fils pouvoir sur toute chair. » — Jean, XVII. 2. — « Sans Moi vous ne pouvez faire rien. » — Jean. XV. 5. — « Père, tout ce gui est à Moi est à Toi, et » tout ce qui est à Toi est à Moi. » — Jean, XVII. 10. — « // » M'a été donné tout pouvoir dans les cieux et sur terre. » — Malth. XXVIII. 18. — « Jésus dit à Pierre : Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux, et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur ta terre sera délié dans tes cieux. » — Matth. XVI. 19. — Que cela soit ainsi, c'est aussi ce qui est évident en ce que personne ne peut par la foi et l'amour être conjoint au Divin Même sans le Divin Humain ; en effet, le Divin Môme qui est appelé le Père ne peut pas tomber dans la pensée, parce qu'il est incompréhensible, et ce qui ne peut pas tomber dans la pensée ne tombe pas dans la , foi, ni par conséquent dans l'amour, lorsque cependant le principal de tout ce qui concerne le culte est de croire en Dieu, et de L'aimer par dessus toutes choses : que le Divin Môme, qui est le Père, soit incompréhensible, c'est aussi ce que le Seigneur enseigne dans Jean : « Dieu, personne ne Le vit jamais; l'Unique-Engendré Fils, qui » est dans le sein du Père, Lui, L'a exposé. » — 1. 18 : — dans le Même : « Vous n'avez jamais entendu la voix du Père, ni » vu son aspect. » — V. 37. — Il enseigne aussi que le Divin Même, qui est le Père, est compréhensible dans le Seigneur par son Divin Humain, dans Jean : « Qui Me voit, voit Celui qui
» M'a envoyé. » — XII, 45 : — Dans le Même : « Si vous M'ait viez connu, et mon Père vous auriez connu, et dès à pré- » sent vous l'avez connu, et vous l'avez vu; qui Me voit, voit » le Père. » — XIV. 6 à 11. — Et dans Matthieu : « Toutes » choses M'ont été livrées par mon Père, et nul ne connaît » le Fils que le Père, ni le Père personne ne Le connaît que » le Fils, et celui à qui le Fils aura voulu le révéler. » — XI. 27. Luc, X. 22 ; — s'il est dit aussi que nul ne connaît le Fils que le Père, c'est parce que par le Fils est entendu le Divin Vrai, et par le Père le Divin Bien, l'un et l'autre dans le Seigneur, et que l'un ne peut être connu que par l'autre; c'est pourquoi le Seigneur dit d'abord que toutes choses Lui ont été livrées par le Père, et ensuite que celui-là à qui le Fils aura voulu le révéler le connaît ; que le Fils soit le Divin Vrai, et le Père le Divin Bien, l'un et l'autre appartenant au Seigneur, on le voit, N" 2803, 2813, 3704, 7499, 8328, 8897, 9807 : d'après cela, il est maintenant évident que le Divin dans les cieux est le Divin Humain du Seigneur. A présent, il va être dit ce qui était représenté par l'aspersion du sang du second bélier sur l'autel alentour, et par ce rite de prendre de ce sang et de l'huile d'onction, et d'en faire aspersion sur Aharon et sur ses habits; que cela ait signifié l'union du Divin Vrai avec le Divin Bien, et du Divin Bien avec le Divin Vrai dans le Divin Humain du Seigneur, on le voit clairement d'après ce qui vient d'être dit et montré, N°* 10064, 10065, 10066, 10067; mais l'arcane qui a'y trouve caché n'a pas encore été dévoilé; cet arcane est qu'il y a eu une union réciproque du Divin Bien et du Divin Vrai, ainsi du Divin Même qui est appelé le Père, et du Divin Vrai qui est appelé le Fils; l'union du Divin Vrai avec le Divin Bien est signifiée par répandre le sang sur l'autel, N° 10064; les deux Divins unis sont .signifiés par le sang sur l'autel, d'où il devait être pris, N° 10065; et par l'huile d'onction par laquelle est signifié le Divin Bien, N° 10066 ; par suite l'union réciproque du Divin Vrai et du Divin Bien dans le Divin Humain du Seigneur, est signifiée par l'aspersion de ce sang, et en même temps de l'huile d'onction sur Aharon et sur ses habits, N° 10067. Que l'union ait été réciproque, on le voit clairement par les paroles du Seigneur dans les passages suivants, dans Jean : « Le Père et Moi nous sommes un ; si donc à
» Moi vous ne croyez pas, croyez à mes œuvres, afin que vous con- » naissiez et que vous croyiez que le Père est en Moi, et Moi » dans le Père. » — X. 30, 38. — Dans le Môme : « Ne crois- » tu pas que Moi (je suis) dans le Père, et que le Père (est) en » Moi? croyez-Moi, que Moi (je suis) dans le Père, et que le Père » (est) en Moi. »— XIV. 6 à 11. — Dans le Même : « Jésus dit : » Père, l'heure est venue, glorifie ton Fils, afin qu'aussi ton » Fils Te glorifie; tout ce qui est à Moi est à Toi, et tout ce qui » est à Toi est à Moi. » — XVII. 1, 10. — Dans le Môme : « Main- » tenant a été glorifié le Fils de l'homme, et Dieu a été glorifié » en Lui; et Dieu Le glorifiera en Soi-Même. » — XIII. M, 32 ; — par ces passages on peut voir que le Divin Bien du Divin amour, qui est le Père, a été uni au Divin Vrai qui est le Fils, et réciproquement, dans le Seigneur; et que par suite son Humain Même est le Divin Bien : c'est aussi ce qui est signifié, quand il est dit « qu'il est sorti du Père et est venu dans le monde, et qu'il s'en va au Père. » — Jean, XVI. 28, 20; — et « que toutes les choses du Père sont à L^ri. » — Jean, XVI. 15; — et « que le Père et Lui sont un. » — Jean, X. 30. — Mais ceci peut encore être mieux saisi d'après la conjonction réciproque du bien et du vrai chez l'homme qui est régénéré par le Seigneur; car, ainsi qu'il a déjà été dit, le Seigneur régénère l'homme de la même manière qu'il a Lui-Même glorifié son Humain, N° 10057; quand le Seigneur régénère l'homme, il insinue dans l'Intellectuel de l'homme le vrai qui doit appartenir à la foi, et dans le Volontaire de l'homme le bien qui doit appartenir à l'amour, et là il les conjoint; et quand ils ont été conjoints, le vrai qui appartient à la foi tire sa vie du bien qui appartient à l'amour, et le bien qui appartient à l'amour tire la qualité de sa vie du vrai qui appartient à la foi ; cette conjonction est achevée réciproquement par le bien et est appelée le mariage céleste, et elle est le ciel chez l'homme; dans ce ciel habile le Seigneur comme dans ce qui est sien, car tout bien de l'amour vient de Lui, et aussi toute conjonction du vrai avec le bien ; le Seigneur ne peut habiter dans aucun propre de l'homme, parce que ce propre est le mal : c'est cette conjonction réciproque qui est entendue par les paroles du Seigneur, dans Jean : « En ce jour-là » vous connaîtrez que Moi (je suis) dans mon Père, et vous en
AOO ARCANES CÉLESTES.
» Moi, et Moi en vous. » — XIV. 20 ; — et dans le Même : « Tout » ce qui est à Moi est à Toi, et tout ce qui est à Toi est à Moi ; mais » j'ai été glorifié en eux, afin que tous soient un, comme Toi, Père » (tu es) en Moi, et Moi en eux, qu'aussi eux en nous soient » un. » — XVII. 10, 21 : — la conjonction réciproque est ainsi décrite, mais néanmoins il est entendu non pas que l'homme se conjoint au Seigneur, mais que le Seigneur conjoint à soi l'homme qui renonce aux maux ; car renoncer aux maux a été laissé à l'arbitre de l'homme ; et quand il y renonce, la conjonction réciproque du vrai qui appartient à la foi et du bien qui appartient à l'amour est faite par le Seigneur et nullement par l'homme; en effet, il est connu dans l'Eglise que l'homme par lui-même ne peut rien faire de bien, ni par conséquent par lui-même rien recevoir de vrai dans le bien ; c'est aussi ce que le Seigneur confirme dans Jean : « Den meurez en Moi, et Moi en vous; celui qui demeure en Moi, i) et Moi en lui, celui-là porte du fruit beaucoup; car sans Moi » vous ne pouvez faire rien. » — XV. A, ô. — Cette Conjonction réciproque peut être illustrée par la conjonction de l'entendement et de la volonté chez l'homme; l'entendement de l'homme est formé de vrais, et sa volonté est formée de biens ; et les vrais appartiennent à la foi chez lui, et les biens à l'amour; l'homme puise les vrais d'après ce qu'il entend par l'ouïe, et d'après ce qu'il lit par la vue, et il les place dans sa mémoire; ces vrais concernent ou l'état civil ou l'état moral, et sont appelés scientifiques; l'amour de l'homme, qui appartient à sa volonté, examine par l'entendement ces vrais qui sont dans la mémoire, et de là il choisit ceux qui concordent avec l'amour, et il attire à lui ceux qu'il choisit et se les conjoint, et par eux il se corrobore de jour en jour; les vrais ainsi vivifiés par l'amour font son intellectuel, et les biens eux-mêmes qui appartiennent à l'amour font son volontaire; les biens de l'amour sont là comme des feux, et les vrais dans les périphéries alentour, étant vivifiés par l'amour, sont comme la lumière provenant de ce feu : à mesure que les vrais sont embrasés par ce feu, en eux s'embrase le désir de se conjoindre réciproquement ; de là, la conjonction réciproque qui dure continuellement. D'après cela, on voit que le bien qui appartient à la foi est le conjoignant même, et que ce n'est le vrai qui appartient à la foi, qu'autant que ce vrai a en
lui du bien de l'amour : soit qu'on dise l'amour ou qu'on dise le bien, c'est la même chose, car tout bien appartient à l'amour, et ce qui appartient à l'amour est appelé bien ; et de même soit qu'on dise l'amour ou qu'on dise la volonté, c'est encore la même chose, car ce que l'homme aime, il le veut. Il faut qu'on sache que les choses qui sont de l'étal civil et de l'état moral, desquelles il vient d'être parlé, se conjoignent dans l'homme externe, mais que celles qui sont de l'état spirituel, desquelles il a été parlé précédemment, se conjoignent dans l'homme interne, et ensuite par l'interne dans l'externe; car les choses qui sont de l'état spirituel, lesquelles sont les vrais de la foi et les biens de l'amour envers le Seigneur, et concernent la vie éternelle, communiquent avec le ciel, et ouvrent l'homme interne ; et elles l'ouvrent en même quantité et en même qualité, que les vrais qui appartiennent à la foi sont reçus dans le bien qui appartient à l'amour envers le Seigneur et à l'égard du prochain, d'après le Seigneur : de là il est évident que les hommes qui ne sont pas en même temps imbus des choses appartenant à l'état spirituel, sont seulement des hommes externes; et que ceux qui les nient sont des hommes entièrement sensuels, quoiqu'ils paraissent parler avec intelligence.
100(58. Et sur ses fils, et sur les habits de ses fils, signifie l'union réciproque du Divin Bien et du Divin Vrai d'après le Divin Humain du Seigneur dans les cieux inférieurs : on le voit en ce que l'aspersion du sang de l'autel et de l'huile d'onction sur Aharon signifiant l'union réciproque du Divin Bien et du Divin Vrai d'après le Divin Humain du Seigneur dans les cieux supérieurs, N° 10067, la même aspersion sur les fils d' Aharon et sur leurs habits signifie une semblable union dans les cieux inférieurs; car le Divin du Seigneur dans les cieux inférieurs est représenté par les fils d' Aharon, quand le Divin du Seigneur dans les cieux supérieurs est représenté par Aharon lui-même; s'il en est ainsi, c'est parce que les cieux inférieurs naissent des cieux supérieurs, comme les fils naissent du père, iwN°* 9468, 0473, 7004, 9680, 9683, 9780. Il faut qu'on sache que par les cieux supérieurs est entendu le Royaume céleste du Seigneur, et par les cieux inférieurs son Royaume spirituel : que les cieux aient été distingués en deux Royaumes, c'est ce qui a été plusieurs fois dit et xv. 26.
montré. Dans l'un et l'autre Royaume le Divin du Seigneur est semblable, mais il est dissemblable quant à la réception par les Anges.
10069. Et saint il sera, lui, et ses habits, et ses fils, et les Iwbits de ses fils, signifie ainsi tous les Divins dans les cieux: on le voit par la signification de saint, en ce que c'est ce qui procède du Seigneur, puisque le Seigneur est seul Saint, N°* 9229, 9A79, 9680, 9818, 9820, 9956, 9988, ainsi c'est le Divin ; et comme Aharon et ses habits, et ses fils et leurs habits, représentaient les saints ou les Divins dans les cieux, N0i 10067, 10068, c'est pour cela que ces paroles signifient tous les Divins dans les cieux : qu' Aharon, ses (ils et leurs habits aient été appelés saints, parce qu'ils représentaient les saints Divins, cela est évident^ en effet, quiconque réfléchit convenablement peut savoir que ni le sang du bélier, ni l'huile d'onction, ne peuvent sanctifier qui que ce soit; car le sang et l'huile sont des choses mortes, et par conséquent ne peuvent pas affecter les intérieurs de l'homme; les intérieurs mômes de l'homme sont seulement affectés par les vrais de la foi et par Je bien de l'amour envers le Seigneur d'après le Seigneur, ainsi par les Divins, et ce sont eux qui sanctifient, parce qu'eux seuls sont saints.
10070. Et tu prendras du bélier la graisse, signifie le bien dans les cieux : on le voit par la signification de la graisse, en ce qu'elle est le bien, N° 10033; que ce soit dans les cieux, c'est parce que Pemplition de la main avec le second bélier signifie le Divin procédant du Seigneur dans les cieux, N° 10057.
10071. Et la queue, signifie tout vrai là : on le* voit par la signification de la queue du bélier, en ce qu'elle est le vrai; si la queue est le vrai, c'est parce qu'elle est le dernier, et que dans les derniers est le vrai, N° 6952 : la queue est aussi le dernier du cerveau et du cervelet, car ils sont continués dans la moëlle épiuière, laquelle se termine dans la queue, qui en est ainsi le dernier appendice ; aussi est-il dit que dans les Sacrifices « la queue serait ôtèc » près de l'épine du dos. » — Lévit. III. 9. — Que la Queue signifie le vrai dans les derniers, et dans le sens opposé le faux, on le voit par ces passages; dans Ésaïe : « Jéhovah retranchera d'isn rael la Tête et la Queue; le vieillard et celui qui est honoré, c'est n la Tête, mais le prophète docteur de mensonge, c'est la
» queue. » — IX. 13, 14 ; — retrancher la tête et la queue, c'est dans le sens spirituel le bien et le vrai, car il s'agit de l'Église, et lorsqu'elle est dévastée, la tête signifie le mal, et la queue le faux ; que la Tête soit le bien, on le voit, N°' 4938, 4939, 5328, 9913, 9914 ; il en est de môme du vieillard, N°* 6524, 9404 ; et le prophète est celui qui enseigne le mi, ainsi par abstraction le vrai, N°' 2534, 7269; dans le sens opposé la Téte est donc le mal, pareillement le vieillard et l'homme honoré qui font la tête; et la queue est le faux, pareillement le prophète; de là il est appelé prophète de mensonge; en effet, le mensonge est le faux. Dans le Même : « Il » n'y aura point pour l'Égypte d'ouvrage qui fasse la tête et la » queue. » — XIX. 15; — l'Égypte, ce sont ceux qui veulent entrer dans les vrais et dans les biens de la foi par les raisonnements d'après les scientifiques, et non d'après les choses révélées, ainsi non d'après la foi de ces choses, N°' 1164i 1165, 1186; point d'ouvrage qui fasse la tète et la queue, c'est point de bien ni de vrai pour eux ; que la queue soit le vrai dans les derniers, cela est évident par sa signification dans le sens opposé, où la queue est le faux, dans Jean : « Les sauterelles avaient des queues sembla- » bles à des scorpions, et des aiguillons il y avait à leurs » queues, et leur pouvoir était de nuire aux hommes. » — Apoc. IX. 10 ; — les queues semblables à des scorpions, et les aiguillons aux queues, ce sont les raisonnements insidieux d'après les faux par lesquels ils persuadent, et par conséquent nuisent, aussi est-il dit que leur pouvoir est de nuire aux hommes ; que la sauterelle soit aussi le faux dans les extrêmes, on le voit, N° 7643. Dans le Môme : « Les queues des chevaux étaient semblables à des serpents, elles » avaient des tètes, et par elles elles nuisaient. » — Apoc. IX. 19; — les queues semblables à des serpents sont aussi ici les raisonnements d'après les faux, par lesquels il est causé du dommage. Dans le Même : « La queue du dragon entraina la trojsiètne partie » des étoiles du ciel, et les jeta en la terre. »— Apoc. XII. 4; — la queue du dragon, ce sont les vrais falsifiés, surtout par l'application aux maux; les étoiles sont les connaissances du vrai et du bien, qui sont falsifiées; jeter en la terre, c'est détruire.
10072. La graisse qui couvre les intestins, signifie le bien dans les derniers : on le voit par la signification de la graisse, en
ce que c'est le bien, N° 10033 ; et par la signification des intestins, en ce qu'ils sont les derniers, et les inûmes, N°* 10030, 10049.
10073. Et le réticule du foie, signifie le bien intérieur purifié de l'homme naturel : on le voit par la signification du réticule du foie, en ce que c'est le bien intérieur de l'homme externe ou naturel, N° 10031 ; que ce soit le bien purifié, c'est parce que le foie est un organe qui purifie, N° 10031 ; et comme les reins signifient le vrai purifié, N° 10032, c'est pour cela qu'il est dit que ce réticule sera enlevé auprès des reins, — Lévit. III. 4, 10, 15.
10074. Et les deux reins, et la graisse qui est sur eux, signifie le vrai intérieur purifié de l'homme naturel, et le bien de ce vrai : on le voit par la signification des reins, en ce qu'ils sont le vrai intérieur de l'homme externe ou naturel ; et par la signification de la graisse gui est sur eux, en ce que c'est le bien de ce vrai, N° 10032 : que ce soit le vrai purifié qui est signifié par les reins, c'est parce que les reins sont des organes qui purifient le sang, N° 10032, et que le sang est le vrai, H» 9393, 10020.
10075. Et le gigot droit, signifie le bien intime : on le voit par la signification du gigot droit, en ce que c'est le bien intime; si le gigot droit est le bien intime, c'est parce que les gigots des animaux signifient la môme chose que les lombes et les cuisses chez l'homme, et que les lombes et les cuisses chez l'homme signifient l'amour conjugal, et par suite le bien de l'amour céleste, lequel bien est le bien du ciel intime, voir N°* 3021, 4277, 4280, 4575, 5050 à 5062, 9961, et le lombe droit et la cuisse droite signifient le bien intime là; car les parties qui sont du côté droit de l'homme signifient d'après la correspondance le bien dont provient le vrai, et celles qui sont du côté gauche le vrai par lequel il y a le bien ; et par suite celles qui sont au milieu signifient la conjonction de l'un et de l^aulre, ou du bien et du vrai. De là encore on peut voir que les gigots sont les parties postérieures de l'animal, où sont les parties génitales, et que ce ne sont pas les parties antérieures, car celles-ci sont nommées poitrine. Comme le gigot droit signifie le bien intime ou le bien céleste, c'est pour cela que, lorsqu'il a été sublalionné du sacrifice et donné à Aharon, il est appelé l'onction d'Aharon, dans Moïse : « Vous donnerez le gigot droit au prêtre
» en sublation sur vos sacrifices eucharistiques : la poitrine d'agi- » lation et le gigot de sublation, je les ai pris des fils d'Israël sur » leurs sacrifices eucharistiques ; je les ai donnés à Aharon le prêtre » et à ses fils en statut d'éternité ; ceci est l'Onction d'A/iaron, » et l'Onction de ses fils, des ignitions de Jéhovah. » — Lév. VII. 32, 34, 35 ;— la poitrine et le gigot sont appelés l'onction à cause de la représentation du bien spirituel et du bien céleste, car d'après la correspondance la poitrine signifie le bien spirituel, qui est le bien du ciel moyen ou second ciel, et le gigot droit le bien céleste, qui est le bien du ciel intime ou troisième ciel, et l'onction est la représentation du Seigneur quant au Divin Bien, N" 995A, 10019. La Poitrine et le Gigot droit étaient aussi donnés à Aharon sur les sacrifices des premiers-nés de la vache, de la brebis et de la chèvre. Que le gigot droit signifie le bien intime, cela est encore évident en ce qu'il est nommé en dernier lieu; en effet, il est d'abord parlé de la queue et des intestins, puis du réticule du foie et des reins ; et enfin du gigot droit ; les parties nommées en premier lieu sont ce qu'il y a de plus externe, celles qui sont nommées en second lieu sont les intérieurs, et celles qui le sont en dernier lieu sont l'intime.
10076. Car Bélier d'emplitions est celui-ci, signifie le représentatif de la puissance Divine du Seigneur dans les deux par le Divin Vrai d'après le Divin Bien, et aussi le comtnunicatif et le réceptif de ce Divin Vrai dans les deux : on le voit par la signification du bélier, en ce qu'il est l'interne de l'homme quant au bien de l'innocence et de la charité, N° 9991 ; car toutes les bêtes signifient quelque chose d'affection ou d'inclination chez l'homme, N° 9280; c'est de là que ceux qui sont dans la charité et dans l'innocence sont appelés brebis et agneaux ; le bélier, qui est le mâle des brebis, signifie donc le bien de la charité et de l'innocence dans l'homme interne, et dans le sens suprême le môme bien dans l'Interne de l'Humain du Seigneur; car ce qui signifie dans le sens interne quelque chose de l'homme, ainsi quelque chose de l'Église ou du Ciel chez l'homme, signifie dans le sens suprême la même chose éminemment chez le Seigneur lorsqu'il était dans le monde; toutes les parties de la Parole dans le sens intime traitent du Seigneur, de là le saint de la Parole ; et par la signification d'em-
j> li dons de la main, en ce que c'est le représentatif du Divin Vrai d'après le Divin Bien du Seigneur dans les cieux, et le communicatif de ce Divin avec les anges là, et le réceptif par eux ; car, ainsi qu'il a déjà été dit, de même que chez l'homme qui est régénéré il y a deux états, le premier quand les vrais qui appartiennent à la foi sont implantés dans le bien qui appartient à l'amour, et sont conjoints, et le second quand l'homme agit d'après le bien de l'amour, de même il y a eu éminemment deux états dans le Seigneur; le premier état de la glorification de son Humain a été de le faire Divin Vrai, et de le conjoindre avec le Divin Bien qui était en Lui et a été appelé le Père, et ainsi de devenir Divin Bien du Divin Amour, qui est Jéhovah ; le second état de sa glorification a été d'agir d'après le Divin Bien du Divin Amour, ce qui est fait par le Divin Vrai procédant de ce Bien. Quant à ce qui concerne l'homme, dans le premier état il est imbu de ce qui doit appartenir à la foi, et à mesure qu'il en est imbu d'après le bien, c'est-à-dire, par le bien procédant du Seigneur, son intellectuel est formé ; quand les vrais qui appartiennent à l'intellectuel ont été implantés et conjoints au bien, l'homme vient dans le second état, qui est d'agir d'après le bien par les vrais; de là, on voit clairement quel est le second état de l'homme qui est régénéré, à savoir, de penser et d'agir d'après le bien, ou ce qui est la même chose, d'après l'amour, ou ce qui est encore la même chose, d'après la volonté, car ce que l'homme veut il l'aime, et ce que l'homme aime il le nomme bien : mais l'homme ne commence à être dans le second état que lorsqu'il est tout entier, de la tète aux pieds, tel qu'est son amour, ainsi tel qu'est sa volonté et par suite son entendement. Qui peut jamais croire que l'homme tout entier soit à l'instar de sa volonté et de l'entendement de sa volonté, par conséquent à l'instar de son bien et du vrai de ce bien, ou à l'instar de son mal et du faux de ce mal, car le bien ou le mal forment la volonté et le vrai ou le faux forment l'entendement? Cet arcane, tous les anges dans les cieux le connaissent : si l'homme ne le connaît pas, c'est parce qu'il n'a aucune connaissance de son âme, ni par suite aucune connaissance que le corps est formé à la ressemblance de l'âme, et qu'ainsi l'homme tout entier est tel qu'est son âme ; qu'il en soit ainsi, c'est ce qui est bien manifeste d'après les esprits et les anges dans l'au-
tre vie; tous sont des formes humaines, et des formes telles que sont leurs affections qui appartiennent à l'amour et à laJbi ; et cela, au point que ceux qui sont dans le bien de l'amour et de la charité peuvent être appelés des amours et des charités dans une forme : et vice versâ, ceux qui sont dans les maux d'après les amours de soi et du monde, par conséquent dans les haines et autres affections semblables, sont des haines dans une forme. Que cela soit ainsi, c'est aussi ce qu'on peut voir d'après ces trois choses qui dans toute la nature se suivent en ordre, savoir, l'Effet, la Cause et la Fin ; l'effet tient son tout de la cause, car l'effet n'est aulre chose que la cause dans une forme externe, puisque, quand la cause devient effet, elle se revêt de choses qui sont dans les externes, pour se montrer dans la sphère inférieure qui est la sphère des effets : il en est de môme pour la cause de la cause, qui dans la sphère supérieure est appelée cause finale, ou fin ; la fin est le tout dans la cause, pour qu'elle soit une cause pour quelque chose, puisqu'une cause qui n'est pas pour quelque chose ne peut point ôtre appelée cause, car autrement à quoi servirait-elle? le pour quelque chose est la fin, qui est le premier dans la cause, et qui en est aussi le dernier ; de là, il est évident que la fin est comme l'âme de la cause, et comme sa vie, par conséquent elle est aussi l'âme et la vie de l'effet ; car si dans la cause et dans l'effet il n'y a pas ce qui produit la fin, cela n'est point quelque chose, parce que ce n'est point pour quelque chose, ainsi c'est comme mort sans âme ou sans vie, et cela périt, comme le corps quand l'âme s'en est retirée. Il en est de môme chez l'homme, son âme même est sa volonté ; la cause la plus proche par laquelle sa volonté produit l'effet est son entendement, et l'effet qui est produit est dans le corps, ainsi appartient au * corps; qu'il en soit ainsi, on le voit clairement par cela que, ce que l'homme veut et par suite pense se présente convenablement en effet dans le corps, ainsi quand il parle et ainsi quand il agit : il est donc de nouveau évident que telle est la volonté de l'homme, tel est l'homme tout entier; soit qu'on dise la volonté, ou la fin, ou l'amour, ou le bien, c'est la môme chose, car tout ce que l'homme veut est regardé comme fin, et est aimé, et est appelé bien : pareillement soit qu'on dise l'entendement, ou la cause de la fin, ou la foi, ou le vrai, c'est aussi la môme chose, car ce que l'homme corn-
prend ou pense d'après la volonté, il Ta pour cause, et le croit, et l'appelle vrai. Quand cela est bien saisi, on peut savoir quel est dans son premier élat l'homme qui est régénéré, et quel il est dans le second état. D'après ce qui vient d'être dit, on peut se former quelque idée de la manière dont il faut entendre que le Seigneur, quand il a été dans le monde et quand il a glorifié son Humain, l'a d'abord fait Divin Vrai, et par degrés Divin Bien du Divin amour; et que, depuis ce moment, d'après le Divin Bien du Divin amour il agit dans le ciel et dans le monde, et leur donne la vie, ce qui est fait par le Divin Vrai qui procède du Divin Bien du Divin amour de son Divin Humain, car c'est d'après ce Divin Vrai que les cieux ont existé, et d'après Lui qu'ils existent perpétuellement, c'est-àdire, subsistent ; ou, ce qui est la même chose, c'est d'après lui que les cieux ont été créés, et d'après lui qu'ils sont perpétuellement créés, c'est-à-dire, conservés, puisque la conservation est une perpétuelle création, comme la subsistance est une perpétuelle existence. C'est aussi ce qu'enveloppent ces paroles dans Jean : « Au » commencement était la Parole, et la Parole était chez Dieu ; et » Dieu elle était, la Parole. Toutes choses par Elle ont été faites, » et sans Elle n'a été fait rien de ce qui a été fait. El la Parole » Chair a été faite. » — I. 1,3, 14 ; — la Parole est le Divin Vrai; le Premier. état est décrit par « Au commencement était la Parole, et la Parole était chez Dieu ; et Dieu elle était, la Parole ; » et le Second état par «Toutes choses par Elle ont été faites, et sans Elle n'a été fait rien de ce qui a été fait : » il en a été de môme quand le Seigneur est venu dans le monde, et qu'il a remis en ordre les cieux, et les a comme créés de nouveau; que le Seigneur soit entendu dans ce passage par la Parole, cela est constant, puisqu'il est dit que la Parole a été faite Chair. Le communicatif et le perceptif du Divin Vrai procédant du Divin Bien du Divin amour du Divin Humain du Seigneur est ce qui est entendu par l'emplition de la main, et décrit par les représentatifs ici sur le second bélier. Comme le* Seigneur quant au Divin Bien est représenté par Aharon, N° 0806, c'est pour cela que la Glorification du Seigneur quant à son Humain est décrite d'une manière représentative dans le procédé de l'inauguration d'Aharon et de ses fils ; le premier état de la glorification, par les choses qui sont dites sur le sacrifice du
taureau et sur l'holocauste du premier bélier; et le second état de la glorification, par celles qui sont dites sur le second bélier, qui est appelé bélier d'emplilions ; le premier état est appelé onction, et le second, emplition de la main ; de là, quand Aharon et ses fils eurent été inaugurés dans le sacerdoce par l'onction et par l'emplition de la main, ils ont été appelés les oints, et ceux dont il a empli les mains, comme dans Moïse : « Le Grand Prêtre, sur ta tête » duquel aura été répandue l'huile d'onction, et qui aura émit pli sa main pour revêtir les habits, sa téte ne rasera point, et » ses habits il ne déchirera point. » — Lévit. XXI. 10 ; — d'après cela, il est encore évident que l'emplition de la main est le représentatif de la communication et de la réception du Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur dans les cieux, car il est dit, » qui aura empli sa main, » et non qui aura été empli par la main, et il est dit aussi « qui aura empli sa main pour revêtir les habits ;» en effet, par Aharon et par son onction est représenté le Seigneur quant au Divin Bien, et par ses habits la même chose que par l'emplition de la main, à savoir, le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur ; que les habits représentent ce Divin Vrai, on le voit, N° 981 4 ; la dissipation de ce vrai est signifiée par les déchirer, et la dissipation du Divin Bien dans les cieux est signifiée par raser la tête. Comme l'influx et la communication du Divin Vrai procédant du Seigneur, et la réception de ce vrai dans les cieux, sont signifiés par l'emplition de la main, c'est pour cela que par elle est aussi signifiée la purification des maux et des faux, car autant l'homme ou l'ange en est purifié, autant il reçoit du Seigneur le Divin Vrai ; emplir la main est entendu dans ce sens par ces paroles, dans Moïse : « Les fils de Lévi frappèrent du peuple trois mille » hommes; et Moscheh dit : Emplissez votre main aujourd'hui » à Jéhovah, pour qu'il donne aujourd'hui sur vous la bénédic- » tion. » — Exod. XXXII. 28, 29 ; — être béni, dans le sens spirituel, c'est être gratifié du bien de l'amour et de la foi, ainsi recevoir le Divin procédant du Seigneur, N0' 2846, 3017, 3406, 4981, 6091, 6099, 8939. Il est dit aussi emplir après Jéhovah, et par là il est signifié faire selon le Divin Vrai, par conséquent par là est aussi signifié le réceptif de ce Vrai, dans Moïse : « Il y a eu » un autre Esprit avec Kaleb, et il a empli après Jéhovah. » —
Nomb. XIV. 24. Deutér. I. 30; — et ailleurs : « Jéhovah jura, » en disant : S'ils voient, les hommes depuis le fils de vingt ans et » au-dessus, la terre que j'ai jurée à Abraham, à Jischak et à Jacob, n car ils n'ont point empli après Moi, excepté Kaleb et Jos- » chua, qui ont empli après Jéhovah. » —Nomb. XXXII. 11, 12.
10077. Et une rondelle de pain , signifie le bien céleste ins time procédant du Seigneur : on le voit par la signification du
pain, en ce qu'il est le bien céleste, N°* 2105, 2177, 3A78, 95A5; le bien céleste est le bien de l'amour envers le Seigneur; comme ce bien est le bien du Royaume céleste, il est appelé bien céleste.
10078. Et un gâteau de pain à l'huile, signifie Je bien céleste moyen : on le voit par la signification du gâteau de pain à l'huile, en ce que c'est le bien céleste moyen, Na 9993.
10079. Et un beignet, signifie te bien céleste dernier : on le voit par la signification du beignet, en ce que c'est le bien céleste dans l'homme externe, N° 999A, ainsi le dernier. Dans les cieux il y a deux Royaumes distincts, l'un est appelé Royaume céleste, et l'autre Royaume spirituel; l'un et l'autre Royaume est en trois parties, il a son intime, son moyen et son dernier ; le bien intime du Royaume céleste est signifié par le pain, le bien moyen par les gâteaux, et le bien dernier par les beignets, voir N° 9993. Il est dit qu'on prendrait une rondelle de pain, un gâteau et un beignet, et qu'après qu'on les aurait agités, on les ferait fumer sur l'holocauste, et qu'Aharon et ses fils mangeraient à l'entrée de la Tente de convention le reste du pain dans la corbeille ; par là étaient signifiés le communicatif du bien de l'amour procédant du Seigneur, et le réceptif de ce bien dans les cieux supérieurs ou dans le Royaume céleste, le communicatif par ces pains que l'on faisait fumer sur l'holocauste après les avoir agités, et le réceptif de ce bien par les pains qu'on mangeait : il est dit une rondelle de pain, un gâteau et un beignet, parce que le Divin Rien en soi est un. Maintenant, il sera dit aussi pourquoi il avait été statué qu'on ferait fumer sur l'autel non-seulement la graisse du bélier et son gigot droit, mais aussi les pains qui étaient appelés minchah, lorsque cependant la graisse et le gigot signifient le bien de même que les pains ou minchah le signifient ; à moins qu'on ne sache la raison pour laquelle cela était fait ainsi, on pourrait le regarder comme superflu ; cette raison, c'est
EXODE. CHAP. VINGT-NEUVIÈME. Ml
que les Sacrifices et les Holocaustes avaient été permis et non pas commandés, et qu'en conséquence il n'y avait pas en eux bon plaisir dans les cieux ; c'est pourquoi les minchah, qui étaient des pains, étaient aussi employées, comme encore les libations de vin, dans lesquelles il y avait bon plaisir, car le Pain signifie tout bien céleste, et le Vin tout vrai de ce bien ; c'est môme de là que les Sacrifices et les Holocaustes ont été appelés le Pain, et aussi les minchah ou présents, car dans la Langue originale les minchah sont les présents : mais sur ce sujet, voir ce qui en a été dit ci-dessus; à savoir, que les Sacrifices et les Holocaustes ont d'abord été institués par Éber, et que par suite ils sont passés chez les descendants de Jacob, N- 1128, 1343, 2818, 4874, 5702; que les Sacrifices et les Holocaustes ont été permis et non pas commandés, N° 2180; que les Sacrifices et les Holocaustes ont été appelés le Pain, N° 2165 ; que le Pain est le bien céleste, et le Vin le vrai de ce bien, N- 276, 680, 2165, 2177, 3735, 4217, 4735, 4976, 5915, 6118, 6377, 8410, 9323, 9545; pareillement la minchah et la libation, N° 4581 : de là, il est évident que c'est aussi pour cette raison que les holocaustes et les sacrifices ont été abrogés par le Seigneur, et que le Pain et le Vin ont été retenus. Mais il faut qu'on sache que la Chair du sacrifice et de l'holocauste signifiait spécialement le bien spirituel, et le Pain de la minchah le bien céleste, et que c'est pour cela qu'on offrait non-seulement la chair, mais aussi le pain.
10080. De la corbeille d'azymes, signifie qui sont ensemble dans le sensuel: on le voit par la signification de la corbeille, dans laquelle étaient les pains, qui signiGent les biens, en ce qu'elle est le sensuel externe dans lequel ces biens sont ensemble, N° 9996; et par la signification des azymes, en ce qu'ils sont les choses qui ont été purifiées, N° 9992.
10081. Qui sera devant Jéhovah, signifie d'après le Divin Bien du Seigneur : on le voit en ce que Jéhovah dans la Parole est le Seigneur, qui est appelé Jéhovah d'après le Divin Bien, et Dieu d'après le Divin Vrai. Que toutes les choses qui sont dites ici sur le second bélier, et sont appelées emplitions de la main, signifient le Divin du Seigneur dans les cieux procédant du Divin Bien de son Divin amour, cela est évident d'après ce qui a été montré
ci-dessus. Que Jéhovah dans la Parole soit le Seigneur, on le voit dans les articles cités, N° 9373 ; on voit aussi que le Seigneur est appelé Jéhovah quand il s'agit du Divin Bien, et Dieu quand il s'agit du Divin Vrai, N* 2760, 2807, 2822, 4402, 6303, 9167.
10082. Et tu poseras le tout sur tes paumes d'Aharon, et sur les paumes de ses fils, signifie la reconnaissance dans tes deux que ces choses appartiennent au Seigneur et procèdent du Seigneur : on le voit par la signification de toutes les choses qui sont tirées du bélier, comme les graisses, les reins et le gigot droit, et celles qui sont dans la corbeille, comme le pain, le gâteau, le beignet, en ce que ce sont les Divins Biens et les Divins Vrais qui appartiennent au Seigneur, parce qu'ils procèdent du Seigneur, N0i 10070 à 10080; et par la signification des paumes, en ce qu'elles sont les choses qui proviennent de la propre puissance, ainsi le propre, comme il va être montré; et par la représentation à'Aharon et de ses fils, en ce qu'ils sont le Seigneur quant au Divin Bien et au Divin Vrai procédant de ce Bien, N°* 9806, 9807, 10017. Que les paumes soient les choses qui proviennent de la propre puissance, et qu'ainsi Hre posé sur les paumes ce soit la reconnaissance que tous ces biens et ces vrais appartiennent au Seigneur et procèdent du Seigneur , c'est parce que les paumes font partie des mains, et que les mains signifient la puissance ; et poser sur les mains, c'est attribuer, ainsi c'est reconnaître ; car il est dit ensuite qu'on les agiterait sur les paumes, ce qui signifie par suite la vie procédant du Divin, et la vie procédant du Divin existe par la foi , dont le premier point est la reconnaissance. Comme les mains signifient la puissance, il s'ensuit que les paumes des mains signifient la pleine puissance , puisque les paumes saisissent pleinement ; de là, quand les paumes se disent du Seigneur et du Divin Vrai procédant de son Divin Bien, comme ici, elles signifient la Toute-Puissance : il est donc évident que poser sur les paumes d'Aharon et de ses fils, signifie la reconnaissance de la Toute-Puissance du Seigneur, qu'ainsi toutes ces choses Lui appartiennent, parce qu'elles procèdent toutes de Lui dans lesCieux.Queles mains soient la puissance, on le voit, N0,4931 ù 4937, 5327, 5328, 6947, 7188, 7189, 7518 ; on voit aussi que la main et la droite, quand il s'agit du Seigneur, sont la Toute-
Puissance, N" 3387, 4592, 4933, 7518, 7673, 8050, 8153, . 8281, 9133; et que toute puissance est au Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, N0,6948, 8200, 9327, 9410, 9639, 10019.
10083. Et tu les agiteras en agitation devant Jéhovah, signifie ta vie Divine qui en procède : on le voit par la signification ftagiter en agitation, en ce que c'est vivifier, ainsi c'est la vie; et comme il est dit devant Jé/iovah, c'est la Vie Divine. Qu'agiter en agitation, ce soit vivifier ou donner la vie Divine, cela est évident par les passages de la Parole où il est dit agiter en agitation, comme dans Moïse : et Quand vous apporterez la poignée » des prémices de votre moisson au prêtre, il agitera ta poignée » devant Jéhovah, en bon plaisir pour vous ; le lendemain du Sabbath Yagitera le prêtre. » — Lévit. XX11I. 10, 11; — la moisson signifie l'état du vrai de la foi d'après le bien, ainsi l'état du bien, N° 9295; la poignée des prémices est cet état collectivement; de là être agité par le prêtre signifie être vivifié pour recevoir la bénédiction, car toute bénédiction doit avoir en elle la vie procédant du Divin, pour être une bénédiction. Dans le Même : « Aharon agitera ies Lévites en agitation devant Jéhovah » d'avec les (ils d'Israël, afin qu'ils soient pour remplir le ministère » de Jéhovah. Tu placeras les Lévites devant Aharon et devant ses » fils, et tu les agiteras en agitation à Jéhovah : après cela » viendront les Lévites pour servir dans la Tente de convention, et » lu les purifieras , et tu les agiteras en agitation : et quand » eurent été purifiés les Lévites, et Aharon les agita en agitation » devant Jéhovah, et il les expia pour les purifier. » — Nomb. VIII. 11, 13, 15, 21 ; — par ces passages on peut voir ce que c'est qu'agiter en agitation, c'est-à-dire que c'est vivifier par la reconnaissance qui est la première chose de la vie procédant du Divin chez l'homme; la connaissance, il est vrai, précède la reconnaissance, mais il n'y a rien de la vie Divine dans la connaissance, avant qu'elle soit reconnaissance, et ensuite foi : les Lévites représentaient les vrais qui servent au bien, et Aharon représentait le bien auquel les vrais servaient, voilà pourquoi les Lévites étaient agités, c'est-à-dire que ces vrais étaient vivifiés ; c'est aussi pour cela qu'il est dit qu'ils devaient être purifiés, car il faut que la vie
procédant du Divin soit dans les vrais pour qu'ils servent au bien, et cette vie influe d'abord paryla reconnaissance. La môme chose # est signifiée par l'agitation de l'or, dans Moïse : « Les hommes » vinrent avec les femmes, et ils apportèrent agrafe, bague, or, » ceinture, tous vases d'or, tout homme qui agita agitation » d'or à Jéhovah. » — Exod. XXXV. 22 ; — agiter agitation d'or à Jéhovah, c'est vivifier par la reconnaissance que cela appartenait à Jéhovah, c' est-a-dire, au Seigneur. Si agiter en agitation . a une telle signification, c'est d'après la correspondance, car tout mouvement correspond à un état de la pensée; de là les marches, les départs, et autres choses semblables qui appartiennent au mouvement, signifient dans la Parole des états de la vie, voir N°* 3335, 4882, 5493, 5605, 8103, 8417, 8420, 8557. Dans Jean : « Au- » près de la piscine de Béthcsda était étendue une multitude nom- » breuse de malades, et un ange en un certain temps descendait » dans la piscine, et remuait l'eau ; le premier donc qui entrait » après le remuement de l'eau était guéri, de quelque maladie » qu'il fût détenu. » — V. 2 à 7 ; — ici par remuer l'eau est pareillement signifiée la vivification par la reconnaissance et par la foi, par conséquent aussi la purification par les vrais ; que le mouvement signifie les états de la vie, on le voit, N°'«2837, 3356, 3387, 4321 , 4882, 5605, 7381, 9440, 9967 ; on voit aussi que les eaux sont les vrais de la foi, N" 2702, 3058, 3424, 4976, 8568, 9323 ; que toutes les purifications se font par les vrais de la foi, N°* 2799, . 5954 f., 7044, 7918, 9088; et que les guérisons ont représenté les rétablissements de la vie spirituelle, N°* 8365, 9031 f. Puisque l'agitation sur les paumes d'Aharon signifie la vivification par la reconnaissance du Seigneur, et par la reconnaissance que toutes choses procèdent de Lui, il va être dit quelques mots sur celte reconnaissance et sur la foi qui en provient : quand le Seigneur guérissait des malades, il leur a souvent dit d'avoir la foi, et qu'il leur est fait selon leur foi, — Math. VII. 10 à 13. IX 2, 22, 27, 28, 29. XIII. 57, 58. XV. 28. XXL 21, 22, 31, 32. Marc, V. 34, 36. X. 49, 52. Luc, VIL 9, 48, 49, 50. VIII. 48. XVII. 19. XVIII. 42, 43 ;— c'est parce qu'avant tout il faut reconnaître que le Seigneur est le sauveur du monde, car sans cette reconnaissance personne ne peut rien recevoir du vrai et du bien venant du ciel,
ni par conséquent recevoir la foi ; et comme c'est là le point principal et le plus essentiel, voilà pourquoi le Seigneur, afin qu'il fût reconnu quand il est venu dans le monde, interrogeait sur la foi, lorsqu'il guérissait les malades, et que ceux qui avaient la foi étaient guéris; la foi consistait à croire qu'il était Lui-Même le Fils de Dieu qui devait venir dans le monde, et qu'il avait le pouvoir de guérir et de sauver; toutes les guérisons opérées par le Seigneur, pendant qu'il était dans le monde, signifient aussi les guérisons de la vie spirituelle, ainsi ce qui concerne la salvation, N°* 836A, 9086, 9031 f. Puisque la reconnaissance du Seigneur est la première chose de la vie spirituelle, et le point le plus essentiel de l'Église, et que sans elle personne ne peut recevoir du ciel rien du vrai de la foi ni rien du bien de l'amour, c'est pour cela que le Seigneur a dit souvent aussi que celui qui croit en Lui a la Vie éternelle, et que celui qui ne croit point en Lui n'a point cette vie, — Jean, 1. 1, A, 12, 13, III. 1A, 15, 16, 36. V. 39, AO, VI. 28, 29, 30, 3A, 35, AO, A7, AS. VII. 37, 38. VIII. 2A. XI. 25, 26. XX. 30, 31 ; — mais aussi en même temps il enseigne que ceux-là ont la foi en Lui, qui vivent selon ses préceptes de manière que la vie par suite entre dans la foi. Ces détails ont été donnés, afin d'illustrer et de confirmer que la reconnaissance du Seigneur, et la reconnaissance que toute Salvation vient de Lui, est la première chose de la vie procédant du Divin chez l'homme; cette première chose de la vie est signifiée par les agitations sur les paumes d'Aharon.
1008A. Et tu les prendras de leur main, et tu en feras fumer t'autel sur l' holocauste, signifie Cunion avec le Divin Bien du Divin amour : on le voit par la signification de prendre de leur main, en ce que c'est l'état après la reconnaissance, car puisque l'agitation sur les paumes d'Aharon et de ses fils signifie la reconnaissance par laquelle il y a la vie Divine, les prendre de leur main signifie l'état après la reconnaissance, état qui est celui de conjonction avec le bien signifié par faire fumer l'autel sur l'holocauste ; car faire fumer l'autel signifie être conjoint au bien, N° 10052 ; et par l'holocauste est signifiée et décrite la conjonction elle-même.
10085. En odeur de repos datant Jéhovah, signifie te per-
416 AKCANES CÉLESTES.
ceptifde ta paix : on le voit par la signification de en odeur de repos, quand cela est dit de Jéhovah ou du Seigneur, en ce que c'est le perceptif de la paix, N° 10054.
10086. Ignition ceci à Jéhovah, signifie d'après le Divin amour : on le voit par la signification de Yignition à Jéhovah, en ce que c'est le Divin amour, N° 10055.
10087. Et tu prendras la poitrine, signifie le Divin spirituel dans les deux, et l'appropriation là : on le voit par la signification de la poitrine, en ce qu'elle est le bien de la charité, et dans le sens suprême le Divin spirituel, ainsi qu'il va être montré ; que ce soit l'appropriation de ce Divin dans les cieux, c'est parce que, dans ce qui va suivre, il s'agit de la chair du bélier, et du pain de la corbeille, qu'on ne faisait pas fumer sur l'autel, mais qui étaient donnés pour portion à Moscheh, à Aharon et à ses fils, et qui étaient mangés par eux, ce qui signifie l'appropriation ; le procédé de l'appropriation est décrit dans ce qui va suivre. Si la Poitrine signifie le bien de la charité, et dans le sens suprême le Divin spirituel, c'est d'après la correspondance; en effet, chez l'homme la Tête correspond au bien de l'amour envers le Seigneur, bien qui est le bien du ciel intime et est appelé Divin céleste ; la Poitrine correspond au bien de la charité, qui est le bien du ciel moyen ou second ciel et est appelé Divin spirituel ; et les Pieds ■ correspondent au bien de la foi, ainsi au bien de l'obéissance, qui est le bien du dernier ciel et est appelé Divin naturel ; sur cette correspondance, voir ce qui a été montré ci-dessus, N° 10030. Puisque la Poitrine, d'après la correspondance, est le bien de la charité, et que le bien de la charité est de faire le bien d'après le vouloir, c'est pour cela que Jean, qui représentait ce bien, était couché sur la poitrine ou dans le sein du Seigneur, — Jean , XIII. 23 , 25, — ce qui signifie que ce bien était aimé du Seigneur, car être couché sur la poitrine ou dans le sein, c'est aimer : celui qui sait cela peut aussi savoir ce que signifient ces paroles du Seigneur à^Pierre et à Jean : « Jésus dit à Simon Pierre : Simon de
» Jona, M'aimes-tu? Il dit : Oui, Seigneur, tu sais que je T'aime. » Il lui dit : Pais mes agneaux. Il lui dit une seconde fois : Simon » de Jona, M'aimes-tu? Il dit : Oui, Seigneur, tu sais que je T'aime. » Il lui dit : Pais mes brebis. Il lui dit une troisième fois : Simon
' » de Jona, M'aimes-tu ? Attristé fut Pierre, c'est pourquoi il dit : » Seigneur, Toi, toutes choses tu connais; Toi, tu connais que je » T'aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis. En vérité, je te dis : Quand » tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu marchais où tu » voulais; mais quand vieux tu se/as, tu étendras les mains, et un » autre te ceindra et te mènera où tu ne veux pas. Et, ayant ainsi » parlé, il lui dit : Suis-moi. Pierre, s'étant retourné, vit le dis- » cîple qu'aimait Jésus, qui suivait, lequel aussi s'était pen- » ché, pendant le souper, sur Sa poitrine; Pierre le voyant, dit: » Seigneur ; celui-ci, qu'est-ce ? Jésus lui dit : Si je veux qu'il » reste jusqu'à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-Moi. » — Jean, XXI. 15 à 22 ; — ce que ces paroles signifient, on ne peut le savoir que par le sens interne, qui enseigne quelles douze disciples du Seigneur ont représenté toutes les choses de la foi et de l'amour dans le complexe, comme les avaient représentées les douze Tribus d'Israël, et que Pierre a représenté la foi, Jacques la charité, et Jean les œuvres ou les biens de la charité ; que les douze disciples du Seigneur aient représenté toutes les choses de la foi et de l'amour dans le complexe, on le voit, N" 3488, S858 f. , 6397; on voit aussi que les douze Tribus d'Israël les ont pareillement représentées, N0i 3858, 3926, 4060, 6335, 6640; que Pierre a représenté la foi, Jacques la Charité, et Jean les œuvres de la charité, Préf. des Chap. XVIil et XXII de la Gen. et N" 3750, 4738, 6344 f.; et que la Pierre, comme Pierre aussi est nommé, est le Seigneur quant à la foi, N° 8581. Comme la foi sans la charité n'aime pas le Seigneur, et peut néanmoins enseigner les choses qui concernent la foi et l'amour et qui appartiennent au Seigneur, c'est pour cela que le Seigneur a dit trois fois : « M'aimes-tu? »ct : « Pais mes agneaux; » et : « Pais mes brebis; » c'est aussi pour cela que le Seigneur dit : « Quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu marchais où tu voulais ; mais quand vieux lu seras, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne veux pas; » ce qui signifie que la foi de l'Église, dans son lever, est dans le bien de l'innocence comme un petit enfant, mais que dans son coucher, qui est à la fin de l'Église, la foi ne serait plus dans ce bien, ni dans le bien * de la charité; et qu'alors le mal et le faux conduiraient, ce qui est signifié par «quand vieux tu seras, tu étendras tes mains, et un autre xv. 27.
te ceindra et te mènera où tu ne veux pas; » ainsi de libre devenir esclave ; ceindre, c'est savoir et apercevoir les vrais dans la lumière d'après le bien, N° 9952; marcher, c'est vivre selon les vrais, N°* 8A17, 8A20; par suite se ceindre soi-môme et marcher où l'on veut, c'est agir d'après la liberté ; et agir d'après la liberté, c'est agir d'après l'affection du vrai provenant du bien, N°* 2870 à 2893, 9585 à 9591 ; et c'est être conduit par le Seigneur, N°' 9Q96, 9586,
9589, 9590, 9591 ; mais être ceint par un autre et mené où l'on ne veut pas, c'est être esclave; et être esclave, c'est agir d'après le mal, ainsi c'est être conduit par l'enfer, N°* 9096, 9586, 9589,
9590, 9591 : que les agneaux, dont le Seigneur parle d'abord, soient ceux qui sont dans le bien de l'innocence, on le voit, N° 3995; que les brebis, dont le Seigneur parle la secoude et la troisième fois, soient ceux qui sont dans le bien de la charité et par suite dans la foi, on le voit, NM A169, A809 ; et que trois soit toute une période depuis le commencement jusqu'à la fin, on le voit, N°* 2788, 4A95, 7715, 9198 ; c'est pourquoi comme le Seigneur parlait à Pierre de l'Église depuis le lever de cette Église jusqu'à son coucher, il lui dit trois fois : « M'aimes-lu? »> Quant à ce que Jean suivit le Seigneur, cela signifiait que ceux qui sont dans les biens de la charité suivent le Seigneur, et qu'ils sont aimés du Seigneur, et ne se retirent point; mais que ceux qui sont dans la foi séparée, non-seulement ne suivent point le Seigneur, mais même sont indignés contre ceux qui le suivent, comme ici Pierre ; sans parler de plusieurs autres arcanes qui sont dans ces paroles. D'après ce qui vient d'être dit, il est encore évident qu'être couché sur ta poitrine et dans te sein du Seigneur, c'est être aimé de Lui, et que cela est dit de ceux qui sont dans les biens de la charité, de même que porter dans le sein, — Ésaïe, XL, 10, 11 ; — et coucher dans le sein, — II. Sam. XII. 3.
10088. Du bélier d'emplitions, qui sera à Aharon, signifie le représentatif de la puissance Divine du Seigneur dans tes deux par le Divin Vrai d'après son Divin Bien ; et le communicatif et le réceptif de ce Divin Vrai dans les deux : voir ci-dessus, N° 10076.
10089. Et tu t'agiteras en agitation devant Jéhovah, signifie la vivification : on le voit par la signification d'agiter en agitation devant Jéhovah, en ce que c'est la vivification par la
reconnaissance du Seigneur, et par la reconnaissance qu'il a tout pouvoir dans les cieux et dans les terres, N° 10083. Que la première chose de l'Église soit de reconnaître le Seigneur, cela est notoire, car la doctrine de l'Église enseigne que sans le Seigneur il n'y a point de salut : que le Seigneur ait tout pouvoir, la Parole l'enseigne dans un grand nombre de passages, et le Seigneur Lui- Môme l'enseigne dans ceux qui suivent : « Toutes choses M'ont » été livrées par le Père. » — Matin. XI. 27. Luc, X. 22. — (( Le Père a donné toutes choses en la main du Fils. » — Jean, III. 3 A, 35. — a Le Père a donné au Fils pouvoir sur toute » chair. » — Jean, XVII. 2. — « Sans Moi vous ne pouvez rien » faire. » — Jean, XV. 5. — « // M'a été donné tout pouvoir » dans te ciel et sur terre. » — Matth. XXVIII. 18. — « Jésus dit » à Pierre : Toi, tu es pierre, je te donnerai les clefs du Royaume » des deux, et tout ce que tu lieras sur la terre sera fié dans » tu deux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié » 'dans les deux. » — Matth. XVI. 19 ; — que par Pierre ici soit entendue la foi procédant du Seigneur, ainsi le Seigneur quant à la foi, à qui est ce pouvoir, on le voit dans la Préface du Chap. XXII de la Genèse, N°* 4738, 6344 f.; et que la pierre, ainsi qu'il est nommé dans ce passage, soit le Seigneur quant à la foi, on le voit, N' 8581.
10090. Et elle te sera pour portion , signifie la communication avec ceux qui sont dans les vrais Divins : on le voit par la représentation de Moscheh, à qui la poitrine devait être pour portion, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Vrai, ainsi le Divin Vrai qui procède du Seigneur, N°* 6752, 7010, 7014, 9372; et par la signification d'être pour portion, en ce que c'est la communication, car les choses des sacrifices qui étaient données à Moscheh, à Aharon, à ses fils et au peuple, signifiaient la communication du saint Divin avec eux ; et toute communication se fait selon la qualité de celui qui reçoit, ainsi selon la qualité de la représentation chez ceux qui recevaient : si la poitrine a été donnée pour portion à Moscheh, et le gigot à Aharon, comme il est dit ensuite, c'est parce qu'ici il s'agit de la communication et de l'appropriation du Divin Vrai et du Divin Bien procédant du Seigneur dans le Ciel et dans l'Église; et il y a deux choses qui y sont reçues, à savoir,
le Divin Vrai et le Divin Bien, l'un et l'autre procédant du Seigneur, le Divin Vrai par ceux qui sont dans le Royaume spirituel du Seigneur, et le Divin*Bien par ceux qui sont dans le Royaume céleste, voir les articles cités, N°* 9277, 968A; c'est pour cela que la Poitrine était donnée pour portion à Moschch, et le Gigot à Aharon, car la Poitrine signifie le Divin Vrai dans le Royaume spirituel du Seigneur, N° 10087, et le Gigot le Divin Bien dans le Royaume céleste, N° 10075, ce Bien-ci est aussi signifié par les pains dans la corbeille, qui revenaient encore à Aharon, N" 10077. Que Moschch ait représenté le Seigneur quant au Divin Vrai, cela vient d'être montré ; et qu' Aharon, lorsqu'il eut été inauguré dans le sacerdoce, ait représenté le Seigneur quant au Divin Bien, on le voit, N° 9800. Que la poitrine ait été donnée pour portion à Moscheh, c'est ce qu'on voit dans le Lévitique, où il s'agit aussi de l'inauguration d' Aharon et de ses fils dans le sacerdoce : « Moscheh prit la » poitrine, et l'agita en agitation devant Jéhovah, du bélier d'em- » plilions, et elle fut à Moscheh pour portion, comme l'avait or- » donné Jéhovah à Moscheh. »— VIII. 29.
10091. Et tu sanctifieras la poitrine d'agitation, signifie le Divin spirituel reconnu dans le Ciel et dans l'Église : on le voit par la signification de sanctifier, en ce que c'est représenter le Seigneur et les saints qui procèdent de Lui, N°* 9950, 9988 ; par la signification de la poitrine, en ce qu'elle est le Diviu spirituel dans le ciel, N° 10087; et par la signification de l'agitation, en ce que p'est la vivification par la reconnaissance, N0> 10083, 10089 ; le Divin spirituel est le Divin Vrai dans le ciel moyen ou second, qui est aussi appelé Royaume spirituel.
10092. Et le gigot de sublation, signifie le Divin céleste, gui appartient au Seigneur seul, perçu dans le Ciel et dans l'Église : on le voit par la signification du gigot, en ce qu'il est le Divin céleste dans le Ciel et dans l'Église, N° 10075 ; et par la signification de la sublation, en ce que c'est ce qui a été donné et ce qui a été reçu, ainsi qu'il sera montré dans ce qui suit. Le Divin céleste est le Divin Bien, procédant du Seigneur, reçu dans le ciel inlime, ciel qui est aussi appelé Royaume céleste : de là, le Divin bien reçu dans le ciel inlime est appelé bien céleste.
10093. Laquelle aura été agitée, et lequel aura été subla-
donné, signifie ce qui a été reconnu et ce gui a été perçu : on le voit par la signification de Y agité, quand cela est dit de la poitrine, en ce que c'est ce qui a été vivifié par la reconnaissance, N° 10091 ; et par la signification du sub/ationné, en ce que c'est le Divin céleste, qui appartient au Seigneur seul, perçu dans le Ciel et dans l'Église, ainsi qu'il va être montré. Il sera dit en peu de mots ce qu'il en est : Il y a deux Royaumes dont se composent les cieux, le Royaume céleste et le Royaume spirituel ; le Divin Vrai dans le Royaume spirituel est reconnu, mais dans Royaume céleste il est perçu ; s'il en est ainsi, c'est parce que le Divin Vrai dans le Royaume spirituel est reçu dans la partie intellectuelle, tandis que dans le Royaume céleste il est reçu dans la partie volontaire ; ce qui est reçu dans la partie intellectuelle est dit reconnu, et ce qui est reçu dans la partie volontaire est dit perçu ; que chez ceux du Royaume spirituel il y ait seulement reconnaissance du Divin Vrai, tandis que chez ceux du Royaume céleste il y a perception de ce vrai, on le voit d'après ce qui a été amplement expliqué sur ces deux Royaumes dans les passages cités, N" 9277, 9596, 9(591. Quant à ce qui concerne la SubJatiou, est appelé su- . blation ce qui était à Jéhovah ou au Seigneur, et est donné à Abaron à cause de la représentation ; et comme Aharon représentait le Seigneur quant au Divin Bien, N° 9806, c'est pour cela que ce qui était sublationné dans les sacrifices, et donné à Aharon, représentait le Divin du Seigneur, et est aussi appelé Onction dans Moïse: « La poitrine d'agitation, et te gigot de sublation, je les ai pris » des fils d'Israël sur leurs sacrifices eucharistiques, et je les ai » donnés à Aharon le prêtre et à ses fils en statut d'éternité de la » part des fils d'Israël : ceci est YOnction a" Aharon, et YOnc- » tion de ses fils, des ignilions de Jéhovah, le jour que je les ai » fait approcher pour exercer le sacerdoce à Jéhovah. » — Lévit. VII. 3A, 35; — il est dit l'onction, parce que l'onction est l'inauguration pour représenter le Seigneur quant au Divin Bien, voir N°* 995A, 10019. Et aussi ailleurs dans le Même : « Jéhovah parla » à Aharon : Moi, voici, je t'ai donné la garde de mes sublations, » quant à toutes les choses saintes des fils d'Israël à toi je les ai » données pour onction, et à tes fils. A toi la sublation du don » quant à toute agitation des fils d'Israël, toute graisse d'huile
» pure, et toute graisse de moût et de blé, des prémices, et » quant à toutes tes prémices qu'ils donneront à Jéhovah, à toi » elles seront : quant à toute chose dévouée ; toute ouverture » d'utérus quant à toute cliair qu'on offrira à Jéhovah, d'entre » tes premiers-nés de la vache, de la brebis et de la chèvre, » leur chair sera à toi, comme la poitrine d'agitation, et comme » le gigot droit ; toute sublation des choses saintes. De portion » ni d'héritage il n'y aura point pour toi dans la terre, parce que » Jéhovah sera la portion et ton héritage : puis toute sublation de » dîmes et de dons, qui ont été donnés aux Lévites. » — Nomb. XVIII. 8, 11 ù 20, 28, 29; — d'après cela, on voit clairement ce que c'est que les sublations, à savoir, qu'ainsi ont été appelées toutes les choses qui appartenaient à Jéhovah, c'est-à-dire, au Seigneur. Et comme les Lévites représentaient les Divins Vrais dans le Ciel et dans l'Église, servant au Divin Bien, ils furent aussi donnés à À baron à la place de tous les premiers-nés qui appartenaient à Jéhovah, c'est-à-dire, au Soigneur; il en est parlé ainsi dans Moïse : « J'ai pris les Lévites du milieu des fils d'Israël à la place » de tout premier-né, ouverture de l'utérus, d'entre Ifc fils d'Is- » raôl ; et sont à Moi les Lévites, parce qu'à Moi tout premier-né; n et parce que les Lévites M'ont été donnés, je les ai donnés en » dons à Aharon et à ses fds. » — Nomb. 111. 12, 13. VIII. 16, 17, 18. — Les dons attribués à Jéhovah, c'est-à-dire, au Seigneur, de la part des fils d'Israël, sont appelés sublations ; mais il est entendu que ces choses sont à Jéhovah, non d'après quelque don, mais d'après la possession, puisque tout saint ou tout Divin chez l'homme, appartient non à l'homme, mais au Seigneur chez l'homme; que tout bien et tout vrai, et qu'ainsi tout saint Divin, procède du Seigneur Dieu, et que rien ne vienne de l'homme, cela est connu dans l'Église, d'où il est évident que c'est d'après l'apparence qu'il est dit : « don fait par l'homme ; » c'est même pour cela que dans ce qui va suivre il est dit : « Car sublation est ceci, et sublation il y aura de la part des fils d'Israël, leur sublation à Jéhovah; » ce qui signifie que la sublation de la part des fils d'Israël est la sublation de Jéhovah, qu'ainsi le don fait par eux est un don fait par le Seigneur. De là, on voit clairement ce que c'est que la Sublation.
10094. Du bélier d'emplitions, de ce qui est à Aharon, cl de ce qui est à ses fils, signifie le représentatif de la Divine puissance du Seigneur dans les deux par le Divin Vrai d'après le Divin Bien : on le voit d'après ce qui vient d'être montré ci-dessus, N° 10076.
10095. Et sera ceci à Aharon et à ses fils en statut séculaire de la part des fils d'Israël, signifie la toi de l'ordre dans l'Eglise représentative quant au Divin Bien du Seigneur, et quant au Divin Vrai qui procède de ce Bien : on le voit par la représentation û'Aharon et de ses fils, en ce qu'ils sont le Seigneur quant au Divin Bien, et quant au Divin Vrai qui procède de ce Bien, N° 9806, 9807, 10068; par la signification du statut séculaire, en ce que c'est la loi de l'ordre Divin, N°* 7884, 7995, 8357 ; et par la représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont l'Église, N°* 4286, 6426, 6637, 9340 ; que ce soit l'Église représentative, c'est parce que cette Église a été instituée chez les fils d'Israël, voir les articles cités, N° 9320 f.
10096. Car sublation est ceci, signifie le représentatif du Divin Bien et du Divin Vrai qui procède de ce Bien : on le voit d'après ce qui vient d'être montré, N° 10093.
10097. Et sublation il y aura de la part des fils d'Israël, de leurs sacrifices pacifiques, leur sublation àJélwvah, signifie la réception dans les deux et dans l'Église, et la reconnaissance que cela appartient au Seigneur seul: on le voit aussi d'après ce qui vient d'être montré, N° 10093. Il est dit « de leurs sacrifices pacifiques » parce qu'ils signifient le culte qui se fait d'après la liberté; car les sacrifices pacifiques ou eucharistiques étaient des sacrifices volontaires, et ce qui est volontaire est fait d'après la liberté de l'homme ; est. appelé libre, ce qui est fait d'après l'amour, ainsi d'après la volonté, car ce que l'homme aime il le veut : le Seigneur influe chez l'homme dans l'amour de l'homme, ainsi dans la volonté de l'homme, et il fait que ce que l'homme reçoit est dans la liberté; et ce que l'homme reçoit dans la liberté devient aussi liberté, et il l'aime, par conséquent cela devient une chose de sa vie ; par là on voit clairement ce que c'est que le culte provenant de la liberté, culte qui est signifié par les sacrifices pacifiques ou volontaires ; par conséquent aussi ce que c'est que la sublation dans ces
sacrifices, à savoir, que c'est ce qui appartient au Seigneur seul : que les sacrifices signifient tout culte en général, on le voit, N°* 6905, 8930, 10042 ; et que la liberté de l'homme soit ce qui appartient à son amour, on le voit, NM 2870 à 2893, 3158, 4031, 7439, 9096, 9585 à 9591.
10098. Et les habits de sainteté qui seront à Aharon, signifie le Divin spirituel procédant immédiatement du Divin céleste : on le voit par la signification des Itabits d' Aharon, en ce qu'ils sont le représentatif du Royaume spirituel du Seigneur adjoint à son Royaume céleste, N° 9814 ; par conséquent aussi le Divin Spirituel, car le Royaume Spirituel du Seigneur existe d'après le Divin du Seigneur la, Divin qui est appelé Divin spirituel; le ciel tout entier n'est pas non plus autre chose que le Divin du Seigneur; car les anges, qui y sont, savent, reconnaissent, croient et perçoivent que tout bien de la foi et tout bien de l'amour, qui font le ciel, procèdent du Seigneur, et que rien ne vient d'eux-mêmes. Ces habits sont dits habits de sainteté, parce qu'ils représentaient les saints Divins qui procèdent du Seigneur : que le Seigneur seul soit Saint, et que tout ce qui est saint procède de Lui, et que toute sanctification L'ait représenté, on le voit, N°» 9229, 9680, 9818, 9820, 9956, 9988 ; et que par sujte le Ciel soit appelé le Sanctuaire, on le voit, N° 9479.
10099. Seront à ses fils après lui, signifie dans le naturel successivement : on le voit par la signification des fils d' Aharon, en ce qu'ils sont ce qui procède du Divin Bien comme d'un Père, N°* 9807, 10068 ; et par la signification de après lui, en ce que c'est successivement ou dans l'ordre successif ; et comme cela est dit des habits d' Aharon, par lesquels a été représenté le Divin spirituel, N° 10098, c'est pour cela que para ils seront à ses fils après lui, » il est signifié le Divin spirituel dans le naturel successivement. En effet, il y a trois choses qui se succèdent dans le ciel, et pour qu'elles soient distinctement conçues, elles doivent être appelées par leurs noms, qui sont le Céleste, le Spirituel et le Naturel; ces trois choses y procèdent en ordre, l'une de l'autre ; et, par l'influx de l'une dans l'autre successivement, elles sont connexes, et ainsi font un : le Divin du Seigneur dans les cieux est appelé de ces noms d'après la différence de réception. Comme il s'agit ici du second bélier, qui est
appelé le bélier d'emplitions, et que par l'emplition de la main il est signifié l'inauguration pour représenter le Divin du Seigneur dans les cieux, et aussi le communicajif et le réceptif de ce Divin dans les cieux, N° 10019, c'est pour cela qu'ici, afin que sa réception dans le naturel soit aussi décrite, il s'agit maintenant des habits d'Aharon revêtus successivement par ses fils après lui, et par là il est entendu le successif de cette chose dans les cieux, qui est signifiée par l'emplition de la main : de là il est évident que dans le sens interne il y a continuellement liaison, tandis que dans le sens de la lettre la série des choses sur le bélier semble ici rompue, domine il s'agit ici des successifs dans le ciel, il sera dit aussi ce que c'est que le successif: La plupart des érudits aujourd'hui n'ont des successifs d'autre idée que celle qu'ils ont du continu, ou de ce qui . est cohérent par continuité ; comme ils out sur la succession des choses celte idée, ils ne peuvent pas concevoir quelle différence il y a entre les extérieurs et les intérieurs de l'homme, ni par conséquent entre le corps et l'esprit de l'homme ; lors donc qu'ils y l>ensent d'après ces idées, ils ne peuvent nullement comprendre que l'esprit de l'homme puisse vivre sous une forme humaine après la dissipation ou la mort du corps. Or, les successifs se produisent non pas d'une manière continue, mais d'une manière discrète, c'està-dire, distinctement selon les degrés ; car les intérieurs sont absolument distincts des extérieurs, et tellement même que les extérieurs peuvent être séparés, et les intérieurs persister toujours dans leur vie ; de là vient que l'homme peut être détaché du corps, et penser dans son esprit ; ou, selon la formule usitée chez les anciens, être détaché des sensuels et élevé vers les intérieurs ; les anciens savaient aussi que, quand l'homme est détaché des sensuels qui appartiennent au corps, il est tiré du bas en haut ou élevé dans la lumière de son esprit, ainsi dans la lumière du ciel : de là aussi les Érudits anciens savaient qu'après la dissolution du corps ils vivraient de leur vie intérieure, qu'ils appelaient leur esprit ; et parce qu'ils considéraient cette vie intérieure comme la vie humaine elle-même, ils savaient aussi par là, qu'ils vivraient sous une forme humaine ; telle était l'idée qu'ils avaient de l'âme de l'homme ; et comme cette vie avait de l'aflinité avec la vie Divine, ils percevaient de là que leur âme était immortelle; car ils savaient que cette partie de
l'homne, qui avait de l'affinité avec la vie Divine, cl qui par conséquent lui était conjointe, ne pouvait nullement mourir. Mais cette idée sur l'âme et sur l'esprit de l'homme fut détruite après ces temps anciens, et cela, comme il a déjà été dit, parce qu'on n'eut pas une juste idée des successifs : c'est de là aussi que ceux qui pensent d'après l'érudition d'aujourd'hui ne savent pas qu'il y a un spirituel, et qu'il est distinct du naturel, car ceux qui ont sur les successifs la môme idée qu'ils ont sur le continu, ne peuvent saisir le spirituel que comme un naturel plus pur, lorsque cependant le spirituel et le naturel sont distincts entre eux, comme l'antérieur et le postérieur, ainsi comme ce qui engendre et ce qui est engendre*; de là vient que ces érudits ne saisissent pas de différence entre l'homme Interne ou spirituel et l'homme Externe ou naturel, ni par conséquent entre la pensée et la volonté internes de l'homme . et sa pensée et sa volonté externes ; de là vient aussi qu'ils ne peuvent non plus rien saisir sur la foi et l'amour, sur le ciel et l'enfer, ni sur la vie de l'homme après la mort. Ceux, au contraire, qui ont une idée juste et distincte sur les successifs, peuvent en quelque manière comprendre que chez l'homme, qui est régénéré, les intérieurs sont successivement ouverts, et qu'à mesure qu'ils sont ouverts, ils sont élevés aussi dans la lumière et dans une vie intérieure et plus près du Divin, et que cette ouverture, et l'élévation qui en est la conséquence, se font par les vrais Divins, qui sont les vases récipients du bien de l'amour procédant du Divin ; le bien de l'amour est ce qui conjoint immédiatement l'homme au Divin, car l'amour est la conjonction spirituelle; il s'ensuit que l'homme peut ainsi être ouvert de plus en plus intérieurement et être élevé, selon qu'il est dans le bien de l'amour procédant du Divin ; et que, vice versâ, il n'y a aucune ouverture, ni par conséquent aucune élévation, chez l'homme qui ne reçoit pas les vrais Divins, ce qui arrive s'il est dans le mal. Mais, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, il sera donné ailleurs de plus grandes explications sur cet ordre successif et sur les arcanes qui le concernent.
10100. Pour oindre en eux, signifie pour représenter le Seigneur quant au Divin Bien : on le voit par la signification de Y onction, en ce que c'est l'inauguration pour représenter le Seigneur quant au Divin Bien, N°* 995A, 10010, ici par ceux qui rc-
çoivent le Divin du Seigneur dans le naturel ; car par cela quc« les habits d'Àharon seront à ses fils après lui, » il est signifié le Divin spirituel du Seigneur dans le naturel, N01 10098, 10009.
10101. Et pour emplir en eux leur main, signifie le représentatif du Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, dans les deux : on le voit par la signification de Y emplition de la main, en ce que c'est l'inauguration pour représenter le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, et aussi le communicalif et le réceptif de ce Vrai dans les cieux, N° 10019, ici par ceux qui y sont dans les derniers.
10102. Sept jours les revêtira le prêtre après lui, d entre ses fils, signifie la reconnaissance et ta réception plénière : on le voit par la signification de sept jours, en ce que c'est l'état plein, N°* 0508, 9228, ainsi une chose plénière ; et par la signification de revêtir les habits d'Aharon après lui, d'entre ses fils, en ce que c'est représenter la réception du Divin spirituel dans le Naturel, iV 10098, 10099.
10103. Lequel entrera en la Tente de convention pour administrer dans le saint, signifie en tout culte dans le Ciel et dans l'Église : on le voit par la signification de la Tente de convention, en ce que c'est le représentatif du Ciel et de l'Église, N°' 0457, 9481, 9485; et par la signification d'y entrer pour administrer dans le saint, eu ce que c'est le culte, N°* 9963, 9964.
10104. Et le bélier d'emplitions tu prendras, signifie le représentatif de la puissance Divine dans les cieux par le Divin Vrai d'après le Divin Bien, et aussi son communicalif et son réceptif là : voir ci-dessus, N° 10076.
10105. Et tu cuiras sa chair en lieu saint, signifie la préparation du bien pour les usages de la vie par les vrais de la Doctrine dans l'illustration procédant du Seigneur : on le voit par la signification de cuire, en ce que c'est préparer pour l'usage de la vie par les vrais de la doctrine ; par la signification de la chair, en ce qu'elle est le bien, N°* 7850, 9127 ; et par la signification de en lieu saint, en ce que c'est d'après l'illustration Divine ; car le lieu saint, c'est où le Divin du Seigneur' est présent, ainsi par application aux vrais de la doctrine, c'est où il y a illustration Divine, car là où le Divin du Seigneur est présent, il y a illustration.
Si cuire la chair du sacrifice, c'est préparer le bien pour l'usage de la vie par les vrais de la doctrine, c'est parce que la chair, par laquelle est signifié le bien, est ainsi préparée pour l'usage du corps; de là, dans le sens spirituel, pour l'usage de la vie : que cette préparation se fasse par les vrais de la doctrine, cela est évident, puisque ces vrais enseignent l'usage ; les eaux aussi dans lesquelles sa cuisson se fait signifient les vrais, voir N" 2702, 3058, 3424, 5663, 8568, 9323. Il est dit « par les vrais de la doctrine dans l'illustration procédant du Seigneur, » parce que les vrais tirés de la Parole doivent être arrangés en doctrine, pour qu'ils servent à l'usage, ce qui doit être fait par ceux qui sont dans l'illustration procédant du Seigneur; et dans l'illustration sont ceux qui, lorsqu'ils lisent la Parole, sont dans l'affection du vrai pour le vrai, et pour le bien de la vie, et non ceux qui sont dans cette affection pour la glQtre d'eux-mêmes, pour la réputation ou le gain, comme foi. Que la Doctrine doive être entièrement tirée de la Parole, pour que la Parole soit comprise, on le voit, Not 0025, 9409, 9410, 0424, 9430; et que ceux qui recueilleront la doctrine dans la Parole doivent être dans l'illustration procédant du Seigneur, ou le voit, N" 9382, 9424. Que cuire dans les eaux, ce soit rédiger les vrais en doctrine, et ainsi préparer pour l'usage de la vie, cela au premier aspect parait non conforme et éloigné ; mais que cependant il en soit ainsi, c'est ce qu'on peut voir d'après les passages de la Parole, où il est dit cuire dans les eaux, et aussi où il est parlé de la marmite dans laquelle se fait la cuisson, comme dans le Livre II des Rois : « Élisée » revint à Gilgal, et la famine (était) dans la terre; comme les » fils des prophètes étaient assis devant lui, il dit à son serviteur : » Dispose la marmite grande, et cuis un potage pour les fils » des prophètes. Et l'un (d'eux) sortit dans le champ pour re- » cueillir des légumes, et il trouva un cep sauvage, et il recueillit » sur lui des coloquintes, et il les coupa dans la marmite du po- » ta^r. Quand ils mangèrent du potage, ils crièrent : La mort dans » la marmite! homme de Dieu! 11 dit donc que l'on prît de la » farine, qu'il jeta dans la marmite, et il dit : Verse au peuple » pour qu'on mange ; alors il n'y eut rien de mauvais dans la » marmite. » — IV. 38 à 42 ; — ce miracle, comme tous les autres dans la Parole, enveloppe des saints de l'Église, qui sont clai-
renient manifestés par le sens interne; d'après ce sens, on sait qu'Élisée, de môme qu'Élie, a représenté le Seigneur quant à la Parole ; que les fils des prophètes sont ceux qui enseignent les vrais d'après la Parole ; que la marmite qui fut placée par ordre d'Élisée, est la doctrine qui provient de la Parole; que le cep sauvage et lés coloquintes sont les faux ; de là, on voit clairement ce que c'est que la mort dans la marmite ; la farine, qu'il jeta dans la marmite, est le vrai d'après le bien, et comme la doctrine est corrigée d'après % ce vrai, il arriva qu'il n'y eut rien de mauvais dans la marmite ; de là, il est encore évident que cuire dans la marmite, c'est assembler en corps de doctrine, et ainsi préparer pour l'usage : que tous les miracles dans la Parole enveloppent des saints de l'Église, on le voit, N0' 7337, 8364, 9086; on voit aussi qu'Élisée a représenté le Seigneur quant à la Parole, N° 2762 ; que les prophètes sont ceux qui enseignent les vrais ; et, en faisant abstraction des personnes, les vrais de la doctrine, NM 2524, 7269 ; que le cep est le vrai de l'Église, et les raisins le bien de ce vrai, N" 5113, 5117, 9277, ainsi le cep sauvage et les coloquintes sont les faux et les maux ; que la farine est le vrai réel de la foi d'après le bien, N° 9995; que le potage qu'ils faisaient cuire est la collection des doctrinaux, telle qu'était celle des Juifs, N° 3316 : de là on peut conclure ce que c'est que cuire, et ce que c'est que la marmite. Dans Ézéchiel : a Parat>olise contre la maison de rébellion une parabole : Dispose » la marmite, dispose ; et môme verse des eaux dedans ; en y » rassemblant ses morceaux, tout morceau bon, cuisse et épaule, » d'un choix d'os remplis-la ; que ses os soient cuits au milieu » d'elle ; ainsi a dit le Seigneur Jéhovih : Malheur à la ville de » sangs, à la marmite dont l'écume est en elle, et. dont l'écume n ne sort pas d'elle. » — XXIV. 3 à 6 ; — là, est décrite la Parole telle qu'elle est quant à la doctrine, à savoir, qu'en elle sont les Divins Vrais procédant du Divin Bien ; et ensuite est décrite la doctrine d'après la Parole telle qu'elle était chez la nation Juive, à savoir, pleine de corruptions et de faux ; la marmite es"t la doctrine; la cuisse, l'épaule et le choix d'os sont les Divins Vrais procédant du Divin Bien en ordre successif ; la ville de sangs est la nation Juive respectivement au vrai de la doctrine chez elle, ainsi, abstraction faite de la nation ou de la personne, c'est la doctrine qui
détruit le bien ; l'écume en elle est l'externe favorisant les amours corrompus, lequel externe n'étant point écarté le vrai est souillé ; par là aussi il est évident que la marmite est la doctrine, et que cuire, c'est préparer pour l'usage. Dans le Même : « L'Esprit me » dit : Fils de l'homme, ceux-ci (sont ) les hommes qui pensent l'ini- » quité, et qui forment un conseil de malice dans la ville, qui di- » seul : On n'est pas près de bâtir des maisons ; elle, la marmite; » nous, la chair. » — XI. 2,3,7; — ici aussi, la marmite est la doctrine du faux d'après le mal, car ainsi est appelée la ville où l'on pense l'iniquité, et où l'on forme un conseil de malice; que la ville soit aussi la doctrine, on le voit, N0i 402, 2712, 2943, 3216, 4492, 4493; ici, une telle doctrine. Dans Jérémie-. « Jéhovah dit: » Que vois-tu? Je dis : Une marmite bouillonnante moi je vois, » dont la face (est) vers le septentrion. Et Jéhovah dit : Du côté » du septentrion sera ouvert le mal sur tous les habitants de la » terre. » — I. 13, 14 ; — la marmite bouillonnante est encore ici la doctrine du faux d'après le mal ; le septentrion est l'état obscur quant au vrai de la foi, et aussi l'obscurité provenant des faux, N° 3708 ; de là, on voit clairement ce que celte vision prophétique enveloppe. Dans Zacharie : « En ce jour-là sera toute marmite » dans Jérusalem et dans Jehudah une sainteté à Jéhovah » Sébaoth ; et viendront tous ceux qui sacrifient, et ils en pren- » dronl, et ils y cuiront. » — XIV. 21; — ici, la marmite signifie la doctrine de la charité et de la foi, ainsi la doctrine du vrai d'après le bien ; Jérusalem est l'Église du Seigneur ; ceux qui sacrifient sont ceux qui sont dans le culte Divin ; il est donc évident que cuire dans la marmite, c'est préparer pour l'usage de la vie spirituelle. Dans Moïse : « Tout vase de terre, dans lequel cuit la » c/iair du sacrifice du délit et du péché, sera brisé; mais si dans » un vase d'airain elle a été cuite, il sera récuré et plongé dans » les eaux. » — Lévit. VI. 21 ; — le vase de terre dans lequel la chair cuit est le faux qui n'est point cohérent avec le bien ; le vase d'airain est lé doctrinal dans lequel est le bien ; la cuisson de la • chair du sacrifice du délit et du péché dans ces vases, est la préparation pour la purification des maux et des faux provenant des maux ; de là, on voit clairement ce qui a été représenté par cela que le vase de terre devait être brisé, et que le vase d'airain devait être récuré et plongé dans les eaux.
10106. Et mangera Aharon, et ses fils, la chair du bélier, signifie l'appropriation du bien spirituel procédant du Seigneur chez ceux qui sont dans les internes : on le voit par la signification de manger, en ce que c'est l'appropriation, N°* 3168, 3513 f., 3596, £745 ; par la représentation d'A/iaron, et de ses fils, en ce que c'est le Seigneur quant au Divin Bien et au Divin Vrai, N°* 9806, 9807, 10068, ici dans les cieux, parce qu'il s'agit de l'cmplilion de la main, qui signifie leur communicatif et leur réceptif dans les cieux ; par la signification de la chair du bélier, en ce que c'est le bien de l'homme interne, ou le bien dans les internes; car la chair est le bien, N" 3813, 7850, 9127; et le bélier est le bien de l'innocence et de la charité dans l'homme interne, N° 9991 , 10042. 11 est dit le Seigneur quant au Divin Bien et au Divin Vrai dans les cieux, et leur communicatif et leur réceptif dans les cieux, parce que le Seigneur est au-dessus des cieux, car il est le Soleil du ciel, et môme il apparaît en actualité comme Soleil à ceux qui sont dans le ciel ; toute Lumière des cieux procède aussi de là ; par la Lumière et par la Chaleur qui en procèdent il est présent dans les cieux, et aussi présent que s'il y était, car il remplit les cieux, et il les fait. La Lumière procédant de Lui comme Soleil est dans son essence le Divin Vrai, et est par suite la sagesse et l'intelligence qui sont chez les Anges; et la Chaleur procédant de Lui comme Soleil est le Divin Bien de son Divin amour dans les cieux : la communication et la réception de ce Divin Bien et de ce Divin \ rai, dans les cieux, sont ce qui est signifié par l'emplition de la main. Que le Seigueur soit le Soleil du ciel, et que de ce Soleil procèdent dans jes cieux la Lumière et la Chaleur par lesquelles les Anges ont la vie, c'est-à-dire, la sagesse et l'amour, on le voit, N0' 3636, 3643, 4321 f., 5097, 7078, 7083, 7171, 7173, 7270, 8644, 8812.
10107. Et le pain qui sera dans la corbeille, signifie l'appropriation du bien céleste procédant du Seigneur : on le voit par la signification de manger, ici le pain, en ce que c'est l'appropriation, comme ci-dessus, N° 10106; par la signification du pain, en ce que c'est le bien de l'amour et de la charité, N" 8165, 2177, 3464, 3478, 3735, 3813, 4217, 4735, 4976, 5915, 6118, 9323, 9545 ; et par la signification de la corbeille, en ce "qu'elle est le sensuel externe, N° 9996; de là, il est évident que
raauger le pain qui sera dans la corbeille, signifie l'appropriation du bien procédant du Seigneur dans les externes. Les pains qui devaient être dans la corbeille étaient des pains d'azyme, des gâteaux d'azyme et des beignets d'azyme, et par eux sont signifiés les biens purifiés tant internes qu'externes, N0i 9992, 9993, 9994. Lors donc qu'il est dit le pain dans la corbeille, cela signifie tous ces biens dans le sensuel externe, et le sensuel externe est le dernier de la vie de l'homme, contenant en soi tous les intérieurs ensemble; que le sensuel externe soit le dernier de la vie de l'homme, on le voit, N0' 5077, 5081, 5094, 5125, 5128, 5767, 6183, 6311, 6313, 6318, 6564, 7645, 9212, 9216, 9730, 9996; et qu'il contienne tous les intérieurs, parce qu'il est le dernier, on le voit, N" 6451, 6465, 9216, 9828, 9836, 10044.
10108. A l'entrée de la Tente de Convention, signifie pour entrer dans le ciel: on le voit par la signification de Ventrée, en ce que c'est l'action d'entrer, N0' 2145, 2152, 2356, 2385; et en ce que c'est l'introduction, N° 8989; et par la représentation de la Tente de Convention, en ce que c'est le ciel où est le Seigneur, Noi 9457, 9481,9485,9963.
/ 10109. Et ils mangeront ces choses par lesquelles il aura
été fait expiation, signifie l'appropriation du bien chez ceux qui ont été purifiés des maux et des faux du mal : on le voit par la signification de manger, en ce que c'est l'appropriation, N° 10106 ; et par la signification de X expiation faite, en ce que c'est ce quia été purifié des maux et des faux du mal, N° 9506. II est dit purifié des maux et des faux du mal, parce qu'il y a des faux et aussi des vrais chez ceux qui sont dans le mal, et aussi des faux et des vrais chez ceux qui sont dans le bien ; les faux chez ceux qui sont dans le mal sont les faux du mal, et les vrais chez eux sont des vrais falsifiés, qui sont morts; mais les faux chez ceux qui sont dans le bien sont acceptés comme vrais, car ils sont adoucis par le bien et appliqués à des usages bons, et les vrais chez eux sont les vrais du bien, qui sont vivants; sur l'un et l'autre genre du faux et du vrai, tfoir ce qui a été montré, N°\2243, 2408, 2863, 4736, 4822, 6359, 7272, 7437, 7574, 7577, 8051, 8137, 8138, 8149, 8298, 8311, 8318 f., 9258, 8929. Puisque manger les choses saintes, par lesquelles il a été fait expiation, signifie l'appropriation
du bien chez ceux qui ont été purifiés des maux et des faux du mal, c'est pour cela qu'il fut sévèrement défendu à tout homme impur d'en manger, car l'impureté signifie la souillure produite par les maux et par les faux du mal : en effet, voici comment la chose se passe : Tant que l'homme est dans les maux et dans les faux du mal, le bien ne peut nullement lui être approprié, car le mal monte de l'enfer, et le bien descend du ciel ; où est l'enfer, là ne peut pas être le ciel, car le ciel et l'enfer sont diamétralement opposés ; afin donc que le ciel, c'est-à-dire, le bien procédant du ciel, ait sa place, il faut que l'enfer, c'est-à-dire, le mal provenant de l'enfer, soit éloigné: d'après cela, on peut voir que le bien ne peut nullement être approprié à l'homme, tant que l'homme est dans le mal ; par l'appropriation du bien est entendue l'implantation du bien dans la volonté, car le bien ne peut pas être dit approprié à l'homme, avant de devenir chose de sa volonté, puisque la volonté de l'homme est l'homme lui-même, et que l'entendement n'est l'homme qu'autant qu'il procède de la volonté; en effet, ce qui appartient à la volonté appartient à l'amour de l'homme, et par suite à la vie de l'homme, car ce que l'homme veut, il l'aime et le nomme bien, et quand il le fait, il le sent aussi comme bien ; il en est tout autrement des choses qui appartiennent à l'entendement, et non en même temps à la volonté : il faut aussi qu'on sache que par l'appropriation du bien chez l'homme, il est entendu seulement la faculté de recevoir le bien procédant du Seigneur, faculté dont l'homme est gratifié par la régénération ; de là le bien chez l'homme appartient non pas à l'homme, mais au Seigneur chez l'homme, et l'homme est tenu dans ce bien autant qu'il se laisse détourner des maux. Comme le bien ne peut être approprié à l'homme, c'està-dire, lui être communiqué, tant qu'il est dans le mal, voilà pourquoi il a été défendu à tout homme impur de manger la chair et le pain du sacrifice, car l'action d'en manger représentait l'appropriation du bien, ainsi qu'il a été dit ci-dessus. Qu'il ait été interdit sous peine de mort à ceux qui étaient impurs de manger des choses sanctifiées, on le voit dans Moïse : « Quiconque (sera) net man- » géra la chair ; l'âme qui mangera de la chair des sacrifices, » tandis que son impureté est sur elle, sera retranchée d'entre » ses peuples. Une âme qui aura touché quelque chose d'impur, xv. 28.
hU ARCANES CÉLESTES.
» impureté de l'homme, ou une bête impure, ou quelque repn tite impur, et qui mangera de la chair d'un sacrifice eucha- » ristique, sera retranchée d'entre ses peuples. » — Lévit. VII. 18, 19, 20, 21; — toutes ces impuretés externes représentaient des impuretés internes, qui sont des maux chez l'homme, et de ces maux qui appartiennent à sa volonté, et ont été appropriés par la vie actuelle. Cela est décrit ailleurs plus au long dans Moïse : « Tout homme de la semence d'Aharon, qui sera lépreux ou afin feeté de flux, ne mangera point des choses saintes, jusqu'à ce » qu'il ait été purifié : celui qui aura touché quelqu'impur d'âme, » l'homme dont sera sorti une couche de semence, ou l'homme » qui aura touché quelque reptile dont il soit souillé, ou un homme » dont il se soit souillé quant à toute sienne impureté, l'âme qui » aura touché cela sera impure jusqu'au soir, et ne mangera point » des choses saintes ; mais quand il aura lavé sa chair dans les » eaux, et que le soleil sera couché, il sera pur, et ensuite il manr géra des choses saintes, parce que c'est là son pain. Aucun é- » tranger (alienus) ne mangera ce qui est saint ; l'étranger (in- » quilinus) du prêtre et le mercenaire ne mangeront point ce qui » est saint. Si le prêtre a acheté une âme par achat de son ar- » gent, celui-là peut en manger ; et le né de sa maison ; ceux-là » mangeront de son pain. Quand la fille du prêtre aura été mariée » à un homme étranger, de la sublation des choses saintes elle ne » mangera 'point; mais si la fille du prêtre devient veuve, ou est » répudiée, et qu'elle n'ait point de semence, tellement qu'elle soit » revenue à la maison de son père, comme dans son adolescence, » du pain de son père elle mangera. » — Lévit. XXII. 1 à 16; — il est bien évident que toutes ces choses sont des significatifs des intérieurs, qu'ainsi elles enveloppent la communication et l'appropriation des choses saintes par ceux qui sont en état de recevoir ; que « l'étranger (alienus) n'en mangera point » signifiait que les choses saintes ne seraient pas pour ceux qui ne connaissent pas le Seigneur au dedans de l'Église, ainsi qui ne sont ni dans les vrais ni dans les biens de l'Église ; que « l'étranger (inquilinus ) et le mercenaire n'en mangeront point, » signifiait ni pour ceux qui sont dans le bien naturel sans le bien de la foi, ni pour ceux qui font le bien pour une récompense ; que « l'acheté d'argent et le né de la maison peuvent en
manger, » signifiait qu'elles pourraient être pour ceux qui ont été convertis, et qui sont d'après la foi et l'amour dans le vrai cl le bien de l'Église ; que» la fille du prêtre mariée à un étranger n'en mangera point, » signifiait que les choses saintes ne pouvaient point être appropriées au bien qui n'a pas été conjoint avec les vrais de l'Église; que « mais si elle devient veuve ou répudiée et sans semence elle en mangera, » signifiait l'appropriation du bien après que les choses qui n'appartiennent pas à l'Église ont été éloignées, si de leur conjonction il n'est pas sorti ou né quelque chose qui soit devenu chose de foi ; que ce soit là ce qui est signifié, on le voit clairement d'après le sens interne de chacune des expressions. Que les maux héréditaires n'empêchent pas l'approprialion du bien, cela est décrit aussi dans Moïse : « Tout homme de la semence d'Aharon, en qui il y » aura une tache, ne s'approchera point pour offrir le pain de Dieu; » l'homme aveugle, boiteux, trop court ou trop long ; l'homme qui » aura une fracture au pied ou à la main, bossu, meurtri, à l'œil » trouble, gallcux, dartreux, ou ayant le testicule froissé; il ne » s'approchera point pour offrir le pain de son Dieu, mais du pain » des saints des saints, et des saints il mangera. » — Lévit. XXI. 17 à 23 ; — ces défauts, comme il a été dit, signifient des maux héréditaires, et chaque défaut signifie un mal spécial : si ceux qui avaient ces défauts ne devaient pas offrir le pain, ni s'approcher de l'autel, comme prêtres, c'est parce que ces défauts ou ces maux étaient ainsi en évidence devant le peuple, et que ce qui était en évidence tombait dans une espèce de représentation, tandis qu'il n'en était pas de môme des défauts cachés ; car quoique le prêtre, le Lévite ou le peuple fussent impurs quant aux intérieurs, toujours est-il cependant qu'ils étaient dits purs, et crus sanctifiés, i>ourvu qu'extérieurement ils parussent nets et purs.
10110. Pour emplir leur main, signifie pour recevoir le Divin Vrai : on le voit par la signification d'emplir la main, en ce que c'est représenter le Seigneur quant au Divin Vrai, et aussi son communicalif et son réceptif dans les cicux, N° 10076. Il est dit qu'ils mangeront les choses saintes par lesquelles il aura été fait expiation pour emplir leur main, et que par là il est signifié l'appropriation du bien chez ceux qui ont été purifiés des maux et des faux du mal, ainsi pour recevoir le Divin Vrai : voici ce qu'il en
est : La première chose qui est appropriée à l'homme est le bien, et successivement le vrai ; s'il en est ainsi, c'est parce que le bien est l'humus, et que le vrai est la semence; ainsi pareillement le bien adopte le vrai et se le conjoint, parce qu'il l'aime comme père; en effet, il y a entre le bien et le vrai un conjugal céleste, et c'est le bien qui fait la vie chez l'homme, puisque le bien appartient à la volonté, et que la volonté de l'homme est l'homme lui-même; mais le vrai ne fait point la vie chez l'homme, si ce n'est qu'autant qu'il la tire du bien, puisque le vrai appartient à l'entendement, et que l'entendement sans la volonté n'est point l'homme lui-môme ; il n'est qu'une entrée vers l'homme, car c'est par l'entendement qu'on entre : l'homme peut être comparé à une maison, dans laquelle sont plusieurs chambres, dont l'une conduit dans l'autre; ceux qui sont dans les vrais seulement quant à l'entendement ne sont dans aucune des chambres de la maison, ils sont seulement dans le vestibule ; mais autant le vrai entre par l'entendement dans la volonté, autant il entre dans les chambres et habite dans la maison ; l'homme aussi est comparé dans la Parole à. une maison, et le vrai qui appartient à l'entendement seul est comparé au vestibule ; mais le vrai qui est devenu chose de volonté, et qui dans la volonté devient bien, est comparé à une chambre qu'on habite, et à la chambre à coucher elle-même. Que le bien soit la première chose, procédant du Seigneur, appropriée à l'homme, on le voit d'après le premier et le second âge de l'enfance de l'homme ; il est notoire qu'alors il - a le bien de l'innocence, et le bien de l'amour à l'égard de ses parents et de sa nourrice, et le bien de la charité à l'égard des petits enfants de son âge; ce bien influe du Seigneur chez eux, afin que dans la progression de l'âge il serve comme première chose de la vie du Seigneur chez l'homme, et ainsi comme plan pour recevoir les vrais ; ce plan est même conservé chez l'homme quand il grandit, s'il ne le détruit pas par la vie du mal et par suite par la foi du faux. Quand il est dit le bien, il est entendu la charité à l'égard du prochain et l'amour envers le Seigneur, car tout ce qui appartient à l'amour et à la charité est le bien. Que le bien soit à la première place, et le vrai à la seconde, chez ceux qui sont régénérés, quoiqu'il semble autrement, on le voit, N°* 3325, 3494, 3539, 3548, 3556, 3563, 3570, 4925, 4926, 4928, 4930, 6256, 6269, 6272, 6273.
10111. Pour les sanctifier, signifie afin qu'Us soient dans les vrais d'après le bien procédant du Seigneur : on le voit par la signification d'être sanctifié, en ce que c'est représenter le Seigneur et les saints qui procèdent de Lui» N0' 9056, 0988, ainsi dans le sens spirituel, c'est être conduit par le Seigneur, puisque le Seigneur seul est saint, et que tout saint procède de Lui, N°* 8806, 9229, 9A79, 9688, 9818, 9820 ; de la il est évident que recevoir les vrais par le bien procédant du Seigneur, ainsi la foi par l'amour procédant du Seigneur envers le Seigneur, c'est être sanctifié; non pas que l'homme considéré en lui-même soit pour cela saint, mais c'est le Seigneur chez lui; car la foi et l'amour sont le Seigneur chez l'homme, parce que c'est du Seigneur qu'ils procèdent continuellement.
10112. Et l'étranger n'en mangera point, signifie nulle appropriation du bien chez ceux qui ne reconnaissent point le Seigneur : on le voit par la signification de l'étranger, en ce que c'est celui qui est hors de l'Église, N" 2049, 21 15, 7996 ; et ceux là sont dits être hors de l'Église, qui ne reconnaissent pas le Seigneur; chez la nation Israélite, c'étaient ceux qui ne reconnaissaient pas Jéhovah pour leur Dieu, et ne se laissaient pas instruire dans les rites de l'Église; ceux qui le reconnaissaient, et se laissaient instruire, étaient appelés voyageurs, et avaient le même droit que les indigènes, voir N°* 8007, 8013, 9196; et par la signification de manger, en ce que c'est l'appropriation du bien, N° 10109 : s'il n'y a pas appropriation du bien chez ceux qui ne reconnaissent pas le Seigneur, c'est parce que reconnaître son Dieu est la première chose de la religion, et que chez les Chrétiens reconnaître le Seigneur est la première chose de l'Église, car sans la reconnaissance, il n'y a pas de communication, ni par conséquent pas de foi, ainsi pas d'amour non plus : de là le principal de la doctrine dans l'Église Chrétienne est que sans le Seigneur il n'y a aucun samt: en effet, tout ce que l'homme nomme vrai et croit, et tout ce qu'il nomme bien et aime, ne peut être appelé vrai ou bien, s'il ne procède du Divin, ainsi s'il ne procède du Seigneur, car il est notoire que l'homme par lui-même ne peut ni croire ni faire le bien, mais que tout vrai et tout bien viennent d'en haut : d'après cela, il est bien évident que ceux qui ne reconnaissent pas le Seigneur au de-
dans de l'Église ne peuvent avoir la foi, ni par conséquent l'amour envers Dieu, et qu'ainsi ils ne peuvent élrc sauves. Cela était représenté chez la Nation Israélite en ce qu'ils reconnaissaient Jéhovah pour leuç Dieu, et que leur culte était accepté cl appelé saint, et eux-mêmes alors sanctifiés, quels qu'ils fussent quant aux intérieurs; en effet, les représentatifs n'étaient que des externes, et chez cette nation il suffisait d'être dans les externes, voir les arti- , cles cites, N° 9320 f. : ceux donc d'entre eux qui reconnaissaient non pas Jéhovah, mais un autre Dieu, quoiqu'ils fissent de semblables sacrifices et adorassent de la même manière, étaient néanmoins rejetés de l'Église, comme ceux qui adoraient Baal et d'autres dieux. De là, on peut voir quel est dans l'autre vie le sort de ceux qui sont nés au dedans de l'Église, et qui néanmoins nient de cœur le Seigneur, quels qu'ils soient d'ailleurs dans la vie morale. Il m'a même été donné de savoir par un grand nombre d'expériences que ceux-là ne peuvent pas être sauvés; c'est aussi ce que le Seigneur enseigne ouvertement dans Jean : « Celui qui eroit au Fils a la » vie éternelle, mais celui gui ne croit pas au Fils ne verra » pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » — III. 36. — Quant à ce qui concerne les gentils hors de l'Église, qui d'après leur religiosité ont vécu dans une sorte de charité à l'égard du prochain, et dans une sorte d'amour envers un Dieu Créateur de l'Univers sous une forme Humaine, ils sont acceptés dans l'autre vie par le Seigneur et sont sauvés, car lorsqu'ils ont été instruits par les anges, ils reconnaissent le Seigneur, ils croient en Lui et ils L'aiment, voir N°* 2589 à 2604.
10113. Car des saints elles sont, signifie car ce sônt des Divins : on le voit par la signification des saints, en ce que ce sont des choses qui procèdent du Seigneur, N° 10111 , ainsi des Divins.
101 ih. Et s'il reste de la cliair d'emplitions, et du pain jusqu'au malin, signifie les biens spirituels et célestes, qui n'ont point été conjoints à l'étal nouveau : on le voit par la signification de ce qui reste de la chair et du pain, en ce que c'est ce qui n'a point été approprié, car manger signifie être approprié, N° 10109; ainsi ce qui n'a point été mangé signifie ce qui n'a point été approprié ; par la signification de la chair, en ce qu'elle est le bien, N" 7950, 9127; par la signification d' emplit ions, en ce
que c'est le réceptif, N" 10076, 10110; de là, la chair d'cmplitions signifie la réception du vrai dans le bien, par conséquent la conjonction du vrai et du bien, mais ici la non-réception et la nonconjonction, parce qu'il est entendu ce qui en reste; par la signification du pain, en ce qu'il est le bien céleste, qui est le bien intime, N° 10077; et par la signification du matin, en ce que c'est . l'état nouveau, N" 8211 ,8427 ; de là il est évident que par « s'il reste de la chair d'emplitions et du pain jusqu'au matin, » il est signifié les biens spirituels et célestes qui n'ont point été conjoints à l'état nouveau; car la chair du sacrifice signifie le bien spirituel, qui est le bien de la charité à l'égard du prochain, et le pain signifie là le bien céleste, qui est le bien de l'amour envers le Seigneur. De plus, il sera dit en peu de mots ce qui est entendu par la non-conjonction à l'état nouveau : L'état nouveau est tout état de conjonction du bien et du vrai, c'est-à-dire, quand l'homme qui est régénéré agit d'après le bien, ainsi d'après l'affection appartenant à l'amour, et non comme précédemment d'après le vrai, ou d'après l'obéissance seule; il y a aussi état nouveau, quand ceux qui sont dans Je ciel sont dans le bien de l'amour, cet état y est appelé le matin, car les étals de l'amour et de la foi y varient comme dans les terres le midi, le soir, le point du jour et le matin ; il y a encore état nouveau quand une vieille Église finit, et qu'une nouvelle Église commence ; tous ces nouveaux états sout signifiés dans la Parole par le matin ; il a été parlé çà et là de chacun de ces états dans les explications sur la Genèse et sur l'Exode. De semblables choses sont • signifiées par « il ne sera point laissé de chair de la bête paschale » jusqu'au matin, et ce qui en restera sera brûlé au feu. » — Exod. XII. 10; — et aussi par « la graisse de la fôte ne passera » point la nuit jusqu'au matin, » — Exod. XXIII. 18 : — de semblables choses sont encore signifiées en ce que « le reste de la chair du sacrifice eucharistique était mangé aussi le lendemain, mais Hait brûlé au troisième jour, » — Lévit. VII. 16, 17, 18, XIX. (j, 7; — le troisième jour signifie aussi l'état nouveau, voir N°* 4901, 5123, 5159; si cela a été ainsi permis, c'est parce que les sacrifices eucharistiques étaient des sacrifices votifs et volontaires, non pas, comme les autres, pour la purification et la sanctification, mais pour manger dans un lieu saint, et pour témoigner la joie du
AAO ARCANES CÉLESTES.
cœur d'après le culte Divin; et ces repas, qu'ils appelaient saints, les réjouissaient plus que tout autre culte. De semblables choses sont encore signifiées en ce qu'on ne laissait rien de la manne jusqu'au matin ; il en est parlé ainsi dans Moïse : « Moscheh dit : Que » personne ne laisse de la manne jusqu'au matin ; mais ils . » n'obéirent point à Moscheh, car ils en réservèrent jusqu'au matin, » et elle produisit des vers et se putréfia. » — Exod. XVI. 19, 20.
10115. - Et tu brûleras le restant au feu, signifie leur dissipation : on le voit par la signification du restant de la chair et du pain, en ce que c'est ce qui n'a point été approprié, comme cidessus, N° 10114 ; et par la signification de brûler au feu, en ce que c'est dissiper, ici par les amours qui sont du propre de l'homme, ainsi par les maux qui appartiennent à ces amours; en effet, le feu signifie l'amour dans l'un et l'autre sens, ici le propre amour, qui est l'amour de soi ; que cet amour soit signifié par le feu, on le voit, Noi 1297, 2446, 5071 , 521 5, 6314, 6832, 7575 ; et que le propre de l'homme ne soit que mal, on le voit, N°* 210, 215, 694, 874, 875, 876, 987, 1023, 1044, 3812 f., 5660 : si le propre amour est signifié ici, c'est parce que ce qui reste jusqu'au matin signifie ce qui n'a point été conjoint au bien, N° 10114 ; et ce qui ne peut point être conjoint ne procède pas du Divin, mais vient du propre; que cela ait été impur, ainsi le mal, on le voit dans Moïse : « Celui » gui mange ce qui est resté jusqu'au malin portera son ini- » quité, et cette ûmc sera retranchée d'entre ses peuples. » — Lévit. XIX. 7, 8 ; — Dans le Même : « Si mangeant on mange » de la chair du sacrifice eucharistique au troisième jour, ne » sera poiut réconcilié celui qui l'offre, et il ne lui sera point imputé, » abomination ce sera, et l'âme qui en aura mangé portera son ini- » quité. » — Lévit. VU. 16, 17, 18; — pareillement en ce que « le restant de la manne produisait des vers et se putréfiait. » — Exod. XVI. 20.
10116. Il ne sera point mangé, signifie il ne sera point approprié : on le voit par la signification de manger, en ce que c'est approprier, N° 10106.
10117. Car saint, ceci, signifie le Divin, auquel cela ne doit pas être conjoint, parce que de là provient le profane : on le voit par la signification de saint, en ce que c'est le Divin,
N° 10111 ; que ce soit auquel cela ne doit pas être conjoint, c'est parce que le restant de la chair et du pain signifie ce qui n*a point été conjoint, N# 10114, par conséquent aussi ce qui ne doit pas être conjoint; que ce soit le propre de l'homme, qui n'est que mal, on le voit, N° 10115; et conjoindre le Divin avec le propre de l'homme, ainsi avec le mal, c'est profaner, N°* 6348, 9298; de là, il est dit que a celui qui aura mangé ce qui est resté jusqu'au matin, » profane le saint de Jèhovah, et que cette âme sera retranchée » d'entre ses peuples. » — Lévit. XIX. 7, 8 : — et aussi, « que la » chair du sacrifice, qui aura touché quelque chose d'impur, au feu » sera brûlée. » — Lévit. VIL 19 : — d'après cela, il est maintenant évident que la profanation du saint est signifiée par manger la chair et le pain du sacrifice le jour suivant.
10118. Et tu feras à Aharon et à ses fi/s ainsi, signifie ce représentatif de la glorification du Seigneur, et l'influx du Seigneur dans les deux et dans l'Église : on le voit par la représentation d'A/mroti, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Bien, N° 9809; et par la représentation de ses fils, en ce que c'est le Seigneur quant au Divin Bien spirituel, N° 10068; et par la signification de faire ainsi, c'est-à-dire, de les oindre et d'emplir leur main, et ainsi de les inaugurer pour le sacerdoce, en ce que c'est afin qu'ils représentent le Seigneur quant à la Glorification de son Humain, et l'influx par suite dans les Cieux et dans l'Église; en effet, l'Onction était le représentatif de la Glorification du l'Humain du Seigneur, et l'emplit'ion de la main était le représentatif de l'influx procédant de cet Humain dans les Cieux et dans l'Église : que l'onction ait représenté le Divin Bien du Seigneur dans son Divin Humain, on le voit, N° 9954, par conséquent la glorification, qui est l'union du Divin Humain avec le Divin Même appelé le Père, N° 10053 ; et que l'emplit'ion de la main ait représenté la puissance Divine du Seigneur par le Divin Vrai dans les Cieux et dans l'Église, et aussi son communicatif et son réceptif là, on le voit, N° 10019, ainsi son influx.
10119. Selon tout ce que je t'ai commandé, signifie selon les lois de l'ordre Divin : on le voit par la signification de commander, quand il s'agit de Jéhovah, c'est-à-dire, du Seigneur, en ce que c'est selon les lois de l'ordre Divin, car tout ce que le Sei-
gneur commande est selon l'ordre Divin, ainsi selon les lois de cet ordre, puisque le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur dans les cieux, ainsi le Seigneur dans les cieux, est l'ordre luimême; tout ce que le Seigneur commande est donc une loi de Tordre ; que les lois de l'ordre soient les Divins Vrais du Seigneur, on le voit, N-1728, 2447, 2258, 5703, 7905, 8512, 8700, 8988.
10120. Sept jours tu empliras leur main, signifie le représentatif de la puissance pténière du Seigneur dans les cieux par l'influx procédant du Divin Bien du Divin Amour de son Divin Humain : on le voit par la signification de sept jours, en ce que c'est l'état plein, N°* 6508, 0228 ; et par la signification d'emplir la main, en ce que c'est le représentatif de la Divine puissance du Seigneur dans les cieux, et aussi le communicalif et le réceptif dans les cieux, N° 10019 ; et comme cela est fait par l'influx procédant du Divin Bien de son Divin Amour, d'après son Divin Humain, voilà pourquoi c'est aussi ce qui est signifié.
10121. Vers. 36 à 46. Et un taureau de péché tu feras par jour, par-dessus les propitialions, et tu feras l'acquittement du péché sur l'autel en ce que tu feras propitiation sur lui, et tu l'oindras pour le sanctifier. Sept jours tu feras propitiation sur l'autel, et tu le sanctifieras, et sera l'autel saint des saints ; quiconque touchera l'autel sera sanctifié. Et voici ce que tu feras sur l'autel : Des agneaux fils d'un an, deux par jour, à perpétuité. L'un des agneaux tu feras au malin, et l'autre agneau tu feras entre les soirs. Et un dixième de fleur de farine mêlée d'huile pilée, le quart d'un hin, et une libation du quart d'un hin de vin pour te premier agneau. El le second agneau tu feras entre les soirs, selon la mincliah du matin, et selon sa libation tu la feras, en odeur de repos, ignition à Jéhovah. Holocauste à perpétuité en vos générations, à l'entrée de la Tente de convention devant Jéhovah, où je conviendrai avec vous pour t'y parler. Et je conviendrai là avec les fils d'Israël, et sanctifié il sera dans ma gloire. El je sanctifierai la Tente de convention, et l'autel; et Aharon et ses fils je sanctifierai, pour exercer le sacerdoce pour Moi. Et j' luibitcrai au milieu des fils d'Israël, et je leur serai pour Dieu. Et ils connaîtront que Moi (je suis) Jéhovah leur
Dieu, qui les ai retirés de la terre d' Egypte, pour que' j'habite au milieu d'eux; Moi, Jéhovah leur Dieu. — Et un taureau de péché tu feras par jour, par-dessus les propitiations, signifie l'éloignement continuel des maux et des faux du mal dans l'homme naturel par le bien de l'innocence procédant du Seigneur: et tu feras l'acquittement du péché sur l'autel, signifie la purification des maux dans le Ciel et dans l'Église : en ce que tu feras propitiation sur lui, signifie ainsi la faculté de recevoir le bien procédant du Seigneur : et tu l'oindras, signifie l'inauguration pour représenter le Divin Bien de l'Amour procédant du Seigneur dans le Ciel et dans l'Église : pour le sanctifier, signifie ainsi le Seigneur là : sept jours tu feras propitiation sur l'autel, signifie le plein quant à l'influx dans le Ciel et dans l'Église : et tu le sanctifieras, signifie pour recevoir le Seigneur : et sera l'autel saint des saints, signifie le Royaume céleste, où le Seigneur est présent dans le bien de l'amour : quiconque touchera l'autel sera sanctifié, signifie quiconque reçoit le Divin du Seigneur : et voici ce que tu feras sur l'autel, signifie ce qui en général concerne la réception du Seigneur dans le Ciel et dans l'Église : des agneaux fils d'un an, deux par jour, signifie le bien de l'innocence dans tout état : à perpétuité, signifie dans tout culte Divin : l'un des agneaux tu feras au matin, signifie l'éloignement des maux par le bien de l'innocence procédant du Seigneur dans l'état de l'amour et de la lumière dans l'homme interne : et l'autre agneau tu feras entre les soirs, signifie la môme chose dans l'état de la lumière et de l'amour dans l'homme externe : et un dixième de fleur de farine mêlée d'huile pilée, le quart d'un hin, signifie le bien spirituel d'après le bien céleste, autant qu'il en faut pour la conjonction : et une libation du quart d'un hin de vin, signifie le vrai spirituel autant qu'il en faut pour la conjonction : pour le premier agneau, signifie cela dans l'homme interne : et le second agneau tu feras entre les soirs, signifie l'éloignement des maux par le bien de l'innocence procédant du Seigneur dans l'état de l'amour et de la lumière dans l'homme externe : selon la minctiah du matin, et selon sa libation tu la feras, signifie le bien spirituel procédant du céleste et le vrai de ce bien, autant qu'il en faut pour la conjonclion : en odeur de repos, signifie le perceptif de la paix :
ignilion à Jéhovah, signifie d'après le Divin amour du Seigneur: holocauste à perpétuité, signifie tout culte Divin en général : en vos générations, signifie perpétuellement dans l'Église : à l'entrée de ta Tente de convention, signifie la conjonction du bien et du vrai : devant Jéhovah, signifie procédant du Seigneur : où je conviendrai avec vous pour t'y parler, signifie la présence et l'influx du Seigneur : et je conviendrai là avec les fils d'Israël, signifie la présence du Seigneur dans l'Église : et sanctifié il sera dans ma gloire, signifie le réceptif du Divin Vrai procédant du Seigneur : et je sanctifierai la Tente de convention, signifie le réceptif du Seigneur dans les cicux inférieurs : et l'autel, signifie le réceptif du Divin procédant du Seigneur dans les cieux supérieurs : ctAharon et ses fils je sanctifierai, pour exercer le sacerdoce pour Moi, signifie le représentatif du Seigneur dans les uns et les autres quant à l'œuvre de la salvation : et j'habiterai au milieu des fils d'Israël, signifie la présence du Seigneur et son influx par le bien dans le Ciel et dans l'Église : et je leur serai pour Dieu, signifie la présence du Seigneur et son influx dans le Vrai dans l'Église : et ils connaîtront que Moi (je suis) Jéhovah leur Dieu, signifie le perceptif que du Seigneur procèdent tout bien et tout vrai : qui les ai retirés de la terre d' Egypte, signifie qu'on est sauvé de l'enfer par le Seigneur : pour que j'iiabite au milieu d'eux, signifie le Divin du Seigneur, qui est tout dans toutes les choses du Ciel et de l'Église : Moi, Jéhovah leur Dieu, signifie de qui procèdent tout bien de l'amour et tout vrai de la foi.
10122. Et un taureau de péché tu feras par jour, pardessus les propitiations, signifie l'éloignement continuel des maux et des faux du mal dans l'homme naturel par le bien de l'innocence procédant du Seigneur : on le voit par la signification du taureau, en ce qu'il est le bien de l'innocence dans l'homme naturel, N0' 9391, 9990; par la signification du péché, en ce que c'est la purification des maux et des faux du mal, car par le péché est entendu le sacrifice du péché, N° 10039, et par le sacrifice du péché est signifiée la purification des maux et des faux, N°* 9938, 9990, 10022, 10053 : s'il est dit l'éloignement des maux et des faux du mal, c'est parce que les maux et les faux chez l'homme ne sont point rejetés, mais sont seulement éloignés, voir
les articles cités, N° 10057 ; par la signification de par jour, ou chaque jour, en ce que c'est continuellement ; et par la signifleation des propiliations, en ce qu'elles sont la réception du bien de l'amour et de la foi procédant du Seigneur, après l'éloignement des maux et des Taux du mal, N° 9506. Il est dit l'éloignement des maux et des faux du mal, parce que tous les faux proviennent du mal, c'est pourquoi autant est éloigné le mal, autant sont éloignés les faux ; voici ce qu'il en est : Toutes choses, dans le ciel, se réfèrent au bien et par suite au vrai ; et toutes choses, dans l'enfer, se réfèrent au mal et par suite au faux ; par conséquent il en est de même dans l'homme; toutes les choses qui viennent du ciel chez lui se réfèrent au bien et au vrai, et toutes celles qui viennent de l'enfer chez lui se réfèrent au mal et au faux ; ou, ce qui est la môme chose, tout ce qui procède du Seigneur chez l'homme se réfère au bien et au vrai, et tout ce qui vient de l'homme lui-môme se réfère au mal et au faux ; comme c'est à ces choses que tout se réfère dans l'univers, et que l'homme en est le réceptacle, voilà pourquoi chez l'homme il y a deux réceptacles, l'un est appelé la Volonté, et l'autre 1* Entendement; la Volonté est le réceptacle du bien ou du mal, et l'Entendement est le réceptacle du vrai ou du faux ; la Volonté, qui est formée par le Seigneur et est aussi appelée Volonté nouvelle, est le réceptacle du bien ; et l'Entendement, qui est formé par le Seigneur et est aussi appelé Entendement nouveau, est le réceptacle du vrai ; mais la Volonté, qui vient du propre de l'homme et est aussi appelée Volonté vieille, est le réceptacle du mal ; et l'Entendement, qui vient du propre de l'homme et est aussi appelé Entendement vieux, est le réceptacle du faux ; l'homme naît par ses parents dans cet Entendement-ci et dans cette Volonté-ci ; mais par le Seigneur l'homme naît dans cet Entendement -là et dans cette Volonté-là; cela a lieu quand il est régénéré, car lorsque l'homme est régénéré, il est conçu et naît de nouveau ; l'homme a été créé de manière que la Volonté et l'Entendement fassent un, ainsi de manière que les deux constituent ensemble un seul homme ; en effet, l'Entendement a été donné à l'homme, pour qu'il puisse comprendre le • vrai , mais pour cette fin que le vrai soit implanté dans la volonté et devienne le bien, et autant le vrai devient chose de volonté, autant il est dans l'homme, car la volonté est l'intime de l'homme,
et elle est l'être de sa vie, mais l'entendement est extérieur, et il existe par suite ; car ce que l'homme veut, il l'aime, et ce qu'il aime, il le sent comme plaisir, et en conséquence il l'appelle bien ; l'entendement est favorable à ce que l'homme aime, et il le confirme par des raisons, et l'homme appelle vrais ces raisons ; c'est de là que la volonté et l'entendement font réellement un, mais il semble qu'il en soit autrement, ainsi qu'il arrive, quand l'homme comprend le vrai, et cependant veut le mal ; néanmoins quand il a été laissé à lui-même, ct-qu'il pense par lui-même, il comprend absolument comme il veut, c'est-à-dire, comme il aime : si l'homme qui veut le mal peut néanmoins énoncer le vrai, et aussi faire le bien, c'est par une hypocrisie à laquelle le vrai et le bien servent de moyens; un tel homme, si ces moyens lui sont ôtés, et qu'il soit abandonné à sa liberté, se précipite dans les maux selon le caprice de sa volonté, et il en prend la défense par sa faculté intellectuelle : c'est ce qui est surtout évident par de semblables hommes dans l'autre vie ; là, chacun vient dans un état semblable à sa volonté ; et alors ceux qui n'ont pas reçu du Seigneur une volonté nouvelle se précipitent dans les maux de tout genre, et ont des pensées qui sont favorables à ces maux, quoique dans le monde ils aient parlé * autrement et agi autrement : en effet, la loi de l'ordre Divin est que la Volonté et l'Entendement fassent un seul mental, ainsi un seul homme, et que par conséquent l'homme soit tout entier dans le ciel ou dans l'enfer, et ne soit pas suspendu entre l'un et l'autre, c'est-à-dire qu'il ne regarde pas de l'œil vers les choses qui sont du ciel, et de cœur vers celles qui sont de l'enfer ; par le cœur il est entendu la volonté, et par l'œil l'entendement.
10123. Et tu feras l'acquittement du péché sur l'autel, signifie la purifient ion des maux dans le Ciel et dans l'Église : on le voit par la signification de faire l'acquittement, en ce que c'est purifier ; par la signification du péché, en ce que c'est le mal, car tout mal provenant de l'homme est appelé péché; et par la signification de Vautel, en ce que c'est le représentatif du Seigneur quant au Divin Bien, et le culte du Seigneur, N" 971A, 9964 ; ici quant au Divin Bien dans le Ciel et dans l'Église : comme il continue encore à être traité de l'influx, de la présence et de la réce|>tion du Soigneur dans le Ciel et dans l'Église, c'est pour cela que
EXODE. CHAP. VINGT-NEUVIÈME. hhl
l'autel signifie aussi le Ciel et l'Église quant à la réception du Divin Bien qui y procède du Seigneur; en effet, c'est le Divin du Seigneur qui fait le Ciel et l'Église, puisque le Seigneur y habite dans .ce qui est à Lui, et non dans le propre de l'homme; de là vient encore que l'autel signifie aussi l'homme lui-même dans lequel est te Ciel, ou dans lequel est l'Église, ainsi dans lequel est le Seigneur, et en faisant abstraction de la personne, l'Autel est le Bien même qui procède du Seigneur chez les Anges du Ciel, et chez les hommes de l'Église : c'est dans ces sens que l'autel est nommé dans Jean : « Il me fut donné une canne semblable à un bâton ; et il se pré- » senta un Ange, et il dit : Mesure le Temple de Dieu et l'Au- » tel, et ceux qui y adorent. » — Apoc. XI. 1 ; — là, le Temple de Dieu et l'Autel sont le Ciel et l'Église, le Temple est l'Église spirituelle et l'Autel est l'Église céleste ; mesurer, c'est connaître la quantité et la qualité du vrai et du bien, c'est pourquoi non-seulement il est dit mesurer le Temple et l'Autel, mais aussi ceux qui y adorent ; que le Temple soit l'Église spirituelle, on le voit, N° 3720; et que mesurer, ce soit connaître l'état de la chose quant au vrai et au bien, on le voit, N° 9603. Dans le Môme : « J'entendis un » autre Ange de l'Autel, disant : Seigneur Dieu tout puissant, vé- » ritables et justes sont tes jugements. » — Apoc. XVI. 7; — de l'Autel, c'est du ciel intime, où règne le bien céleste; le bien céleste est le bien de l'amour envers le Seigneur. Dans Jérémie : « Le » Seigneur a abandonné son Autel, il a eu en abomination son » Sanctuaire. » — Lament. II. 7 ; — abandonner l'Autel et le Sanctuaire, c'est le tout de l'Église; l'Autel, le tout de l'Église quant au bien, et le sanctuaire, le tout de l'Église quant au vrai.
10124. En ce que tu feras propitiation sur lui, signifie ainsi ta faculté de recevoir le bien procédant du Seigneur : on le voit par la signification de faire propitiation sur l'autel, en ce que c'est, après l'éloignement des maux et des faux du mal, ^implantation du bien procédant du Seigneur, et la réception de ce bien par l'homme de l'Église et par l'Ange du Ciel, N° 9500; car l'Autel, ainsi qu'il vient d'être montré, N° 10123, signifie le Ciel et l'Église, quant à la réception du bien procédant du Seigneur. Comme l'Autel signifie le Ciel et l'Église, où règne le bien céleste, . qui est le bien de l'amour procédant du Seigneur envers le Sci-
gneur, il sera dit en peu de mots ce qu'il en est de la réception du bien dans le Royaume céleste : 11 a déjà été dit souvent que le Ciel a été distingué en deux Royaumes, dont l*un est appelé Royaume céleste, et l'autre Royaume spirituel ; dans l'un et l'autre Royaume le bien est implanté par le vrai, mais chez ceux qui sont dans le Royaume spirituel le bien est implanté par le vrai dans la partie intellectuelle, et chèz ceux qui sont dans le Royaume céleste le bien est implanté par le vrai dans la partie volontaire : l'implantation * du bien par le vrai, chez ceux qui sont dans le Royaume spirituel, se fait d'une autre manière que chez Ceux qui sont dans le Royaume céleste ; chez ceux qui sont dans le Royaume spirituel le vrai est implanté dans l'homme externe ou naturel, cl il y devient d'abord science; et, en tant que l'homme en est affecté et y conforme sa vie, il est évoqué dans l'intellectuel, et devient foi et en même temps charité à l'égard du prochain ; cette charité constitue le volontaire nouveau de l'homme, et la foi l'entendement nouveau, et l'un et l'autre la conscience : mais chez ceux qui sont dans le Royaume céleste le vrai ne devient ni science, ni foi, ni conscience, mais il devient réception dans le bien de l'amour; et, en tant qu'on y conforme sa vie, il devient une perception, qui s'accroît et se perfectionne chez eux selon l'amour; cela se fait de jour en jour à leur insu presque comme chez les petits enfants : si cela se fait à leur insu, c'est parce que le vrai ne s'attache pas comme science dans la mémoire, et ne s'arrête pas comme intellectuel dans la pensée, mais passe aussitôt dans le volontaire et devient chose de la vie; voilà pourquoi ceux-ci ne voient point le vrai, mais le perçoivent, et ils le perçoivent en quantité et en qualité, selon qu'ils sont dans le bien de l'amour procédant du Seigneur envers le Seigneur; de là vient qu'ils diffèrent beaucoup des autres : et comme ils perçoivent le vrai d'après le bien, c'est pour cela qu'ils ne le confirment jamais par des raisons, mais quand il s'agit de vrais, ils disent seulement: Oui, oui; ou : Non, non; ce sont eux qui sont entendus par le Seigneur dans Matthieu : « Que votre discours soit : Oui, oui; non, non ; ce qui est en sus de cetu vient du mat. » — V. 37; — en effet, raisonner au sujet des vrais si la chose est ainsi, cela ne provient pas du bien, puisqu'alors le vrai n'est pas perçu, mais seulement est cru d'après une autorité, et par suite d'après une con-
firmation par soi-même; ce qu'un homme croit d'après une autorité appartient aux autres en lui, et ne lui appartient pas ; et ce qu'il croit seulement par suite d'après une confirmation se présente après la confirmation comme un vrai, lors môme que ce serait un faux; c'est ce qu'on peut voir clairement par la foi de chaque religiosité, et d'après la variété de cette foi sur tout le globe : par là on voit clairement qu'il y a une différence entre ceux qui sont dans le Royaume céleste du Seigneur et ceux qui sont dans son Royaume spirituel, et quelle est celte différence : la cause de cette différence, c'est que ceux-là tournent aussitôt les vrais de l'Église en biens par la vie, et que ceux-ci restent dans les vrais et préfèrent la foi à la vie. Ceux qui tournent aussitôt les vrais de l'Église en biens par la vie, ainsi ceux qui sont du Royaume céleste, sont décrits par le Seigneur dans Marc, IV. 26, 27, 28, 29, et ailleurs plusieurs fois. Sur la différence du Royaume céleste et du Royaume spirituel, voir les articles cités, N° 9277.
10125. Et tu l'oindras, signifie l'inauguration pour représenter le Divin Bien de l'amour procédant du Seigneur dans te Ciel et dans l'Église : on le voit par la signification de l'Onction, en ce que c'est l'inauguration pour représenter le Seigneur quant au Divin Bien du Divin amour procédant de son Divin Humain, N" 9474, 9954, 10019, ici procédant du Seigneur dans le Ciel et dans l'Église, car il s'agit de son influx et de sa réception dans le Ciel et dans l'Église : tout ce qui représente le Seigneur, Le représente aussi chez les hommes de l'Église et chez les Anges du ciel, ainsi représente le Ciel et l'Église, puisque les hommes, en qui est l'Église, constituent l'Église dans le commun, et que les anges, en qui est le Ciel, constituent le Ciel dans le commun ; toutefois ce ne sont pas les hommes considérés en eux-mêmes qui constituent l'Église, mais c'est le Seigneur chez eux ; ainsi ce ne sont pas non plus les Anges considérés en eux-mêmes qui constituent le Ciel, mais c'est le Seigneur chez eux ; car le Seigneur habite, non pas dans quelque propre de l'homme et de l'ange, mais dans ce qui est à Lui chez eux ; de là vient que lorsqu'il est dit le Ciel et l'Église, il est entendu le Divin du Seigneur chez ceux qui y sont ; d'après cela, on voit clairement comment on doit comprendre que le Seigneur est tout dans toutes les choses du Ciel et dé l'Éxv. 29.
glisc, et que le Seigneur Lui-Môme est le Ciel et l'Église : c'est encore ce qui est évident d'après ce doctrinal connu et reçu dans le inonde Chrétien, que tout bien de la foi et de l'amour vient de Dieu, que rien de ce bien ne vient de l'homme, et que tout ce qui vient de l'homme comme de lui-même n'est pas un bien ; c'est de là aussi que le mérite n'appartient à personne, et que personne n'a de justice d'après le propre. Cela a été dit, afin qu'on sache ce que c'est que le Seigneur dans le Ciel et dans l'Église, ainsi ce que c'est que le Ciel et l'Église ; et par suite ce que c'est que le représentatif du Seigneur par l'autel et par l'onction de l'autel, dont il s'agit ici. On oignait toutes les choses qui devaient représenter le Seigneur et les Divins qui procèdent du Seigneur, telles que l'Autel, la Tente de Convention, les Tables qui étaient dans cette tente, le Chandelier, l'Arche, Aharon lui-même, ses fils, et leurs habits ; cl quand ces personnes et ces objets avaient été oints, ils étaient appelés saints, non pas que l'huile introduisit quelque chose de saint, mais parce qu'ainsi ils représentaient les Divins procédant du Seigneur, qui seuls sout saints : si l'huile a été employée pour cet usage, c'est parce que l'huile signifiait le bien de l'amour, et le Divin Bien du Divin Amour est le Divin même, car il est l'Être Même de toutes choses ; ainsi pour le représenter, l'inauguration se faisait par l'huile : le Diviu Même, qui est l'Être de toutes choses, a été dans le Seigneur seul, car le Seigneur avait été conçu de Jéhovah ; et tout homme lient de son père l'être de sa vie, qui est appelé son âme; par là, on voit que le Divin Bien du Divin Amour a été dans l'Humain du Seigneur, comme l'âme d'un père est dans un fils ; et comme chez l'homme rien ne vit que son âme, car le corps sans l'âme ne vit point, et que le tout du corps est produit d'après l'âme, ainsi à l'instar de l'âme, alin que l'âme soit dans un étal adéquat, et qu'elle soit accommodée aux fonctions dans les derniers de l'ordre, qui sont dans le inonde, il s'ensuit que l'Être Même dans l'Humain du Seigneur a été Jéhovah, c'est-à-dire, le Divin Bien du. Divin Amour ; et ce qui est l'Être de la vie fait à sa ressemblance tout ce qui par suite existe, ainsi le Seigneur d'après le Divin Même qui était en Lui, ainsi qui Lui appartenait, a fait aussi son Humain Divin Bien du Divin Amour. Dans le symbole d'Athanasc, où est consignée la foi reçue dans le monde Chrétien,
ii est dit aussi : Comme le Corps et l'Ame sont un seul homme, de même le Divin et l'Humain dans le Seigneur sont un seul Christ ; celui donc qui connaît l'union de l'âme dans le corps, et l'instar de celle-là dans celui-ci, peut en quelque manière connaître l'union du Divin et de l'Humain dans le Seigneur, et l'instar de l'un dans l'autre, et par suite il connaîtrait que le Divin qui est appelé Père, et l'Humain qui est appelé Fils, étaient un, et l'un dans l'autre, c'est-à-dire, le Père en Lui, et Lui dans le Père, selon les paroles du Seigneur dans Jean,— X. 30. XIV. 10, 11 : — mais comme aujourd'hui l'on ne sait pas ce que c'est que l'âme, et qu'on sait à peine que l'âme vient du père, que le corps est à l'instar de l'âme, et que les deux sont un comme l'antérieur et le postérieur, ou comme l'être et ce qui par suite existe, c'est pour cela que l'homme a séparé le Divin de l'Humain dans le Seigneur, et les a distingués en deux natures, et que par suite il n'a pris de l'Humain du Seigneur d'autre idée que celle qu'il a de l'humain de l'homme, lorsque cependant l'âme de l'homme, provenant de son père, est finie et a en soi le mal d'après l'héréditaire; maisj'âme du Seigneur, parce qu'elle procédait de Jéhovah, a été inûnie, et n'était autre que le Divin Bien du Divin Amour, et par suite son Humain après la glorification n'a pas été comme l'humain de l'homme : c'est pour cette raison que le Seigneur a emporté dans le ciel tout son Humain glorifié, c'est-à-dire, fait Divin par Lui, et qu'il n'en a rien laissé dans le sépulcre, tout autrement qu'il n'arrive pour l'homme. Que le Seigneur ait glorifié son Corps môme, jusqu'aux derniers qui sont les os et la chair, c'est ce que le Seigneur a môme manifesté aux disciples, en disant : « Voyez mes mains et » mes pieds, que Moi-Môme je suis ; Touchez-Moi et voyez, car » un esprit cliair et os .ri' a point, comme vous Me voyez » avoir. » — Luc, XXIV. 39 : — et néanmoins « il entra les portes • » étant fermées, et après qu'il se fut manifesté, invisible il devint. » — Jean, XX. 19. Luc, XXIV. 31. — Cela a été dit, afin qu'on sache que le Seigueur Seul quant à son Humain a été l'Oint de Jéhovah, oint non pas d'huile, mais du Divin Bien Môme du Divin Amour, qui est signifié par l'Huile, et qui était représenté par l'Onction, voir N° 995A.
10120. Pour le sanctifier, signifie ainsi le Seigneur là : on
le voit par la signification de sanctifier, en ce que c'est représenter le Seigneur, et les saints qui procèdent de Lui, ainsi la présence du Seigneur dans le Ciel et dans l'Église, N° 10111 ; ce qui est représenté .est signifié dans le sens interne; la Parole dans la lettre consiste en représentatifs de célestes et de spirituels qui appartiennent au Ciel et à l'Église, et par conséquent dans le sens interne ces représentatifs signifient ces célestes et ces spirituels : c'est de là que la Parole du Seigneur peut être appelée un quasi-ciel dans les derniers, car dans les derniers du ciel toutes les choses qui sont vues et entendues sont des représentatifs des choses que prononcent et pensent les anges dans les cieux supérieurs, choses qui se réfèrent toutes aux vrais de la foi et aux biens de l'amour : si dans les derniers du ciel il y a de tels représentatifs, c'est parce que ceux qui sont dans les derniers du ciel ne saisissent pas les intérieurs de la sagesse angélique, mais seulement les choses qui les représentent ; il est même selon l'ordre Divin, que, quand les supérieurs tombent dans les inférieurs, ils se tournent en de semblables représentatifs, et se présentent de cette manière devant les sens externes, par conséquent accommodés à la portée de chacun ; c'est de là que la Parole dans les derniers, c'est-à-dire, dans le sens de la lettre, est représentative et par suite significative des célestes et des spirituels qui sont dans les cieux supérieurs, et que par là aussi elle se présente accommodée à la porlée des hommes ; de cette manière encore elle sert de base et de fondement aux cieux.
10127. Sept jours tu feras propitiation sur l'autel , signifie le plein quant à l'influx dans le Ciel et dans l'Église : on le voit par la signification de sept jours, en ce que c'est le plein, ainsi qu'il va être montré ; par la signification de faire propitiation, en ce que c'est la purification des maux et des faux du mal, • comme il va être aussi montré ; et par la signification de V autel, en ce que c'est le représentatif du Divin Humain du Seigneur quant au Divin Bien, N*' 9388, 9389, 9714, 9964, ici dans le Ciel et dans l'Église, N° 10123. Si le sacrifice d'un taureau pour faire propitiation et pour saifctifier l'Autel se faisait pendant sept jours, c'est parce que sept jours signifiaient une période entière, grande ou petite, depuis le commencement jusqu'à la fin, de même que la semaine ; c'est de là aussi que sept jours signifient le plein : le
nombre trois signifie de même une période entière depuis le commencement jusqu'à la fin, et par suite aussi le plein ; mais avec cette différence que sept se dit quand il s'agit d'une chose sainte, et trois quand il s'agit d'une chose quelconque : il faut qu'on sache que tous les nombres dans la Parole signifient des choses, ce qui * est très-bien connu dans l'autre vie, où parfois des papiers pleins de nombres sont envoyés du ciel vers les esprits qui sont au-dessous, et ceux d'entre les esprits qui reçoivent du Seigneur l'influx savent par là les choses qui sont signifiées, en série continue, comme si cela avait été écrit en lettres ; il m'a môme été donné quelquefois de voir de ces papiers, et il m'a aussi été dit que quelques-uns des très-anciens qui étaient, quant à leurs intérieurs, en société avec les anges, enveloppaient dans des nombres les choses de leur Église et les arcanes célestes, et les serraient comme un mémorial pour eux : de là, on peut voir que tous les nombres dans la Parole sont significatifs de choses, car dans la Parole il n'y a pas un seul petit mot qui ne signifie, puisqu'elle a été écrite non-seulement pour les hommes, mais aussi en même temps pour les anges dans le ciel ; c'est de là que la Parole est le Divin traversant tous les cieux. Que tous les nombres dans la Parole signifient des choses, on le voit, N°* 575, 1963, 1088, 2075, 2252, 3252, 4264, 4495, 4670, 5265, 6175, 9659 ; on a vu aussi que sept dans la Parole enveloppe les saints, NM 395, 433, 716, 881, 5265, 5268 ; et qu'il signifie une période entière depuis le commencement jusqu'à la fin, ainsi l'état plein, N°* 6508, 9228 ; qu'il en est de môme de la semaine, N0' 2044, 3845 ; et aussi du nombre trois, N°' 2788, 4495, 4901, 5123, 5159, 7715, 9198, 9488, 9489, 9825. Quant à ce qui concerne faire propitiation, cela sigûifie la purification des maux et des faux du mal, ou, ce qui est la môme chose, l'éloignement des maux et des faux : et comme faire propitiation et expiation a cette signification, il enveloppe aussi l'implantation du bien et du vrai, et la conjonction de l'un et de l'autre par le Seigneur ; s'il enveloppe cette implantation et cette conjonction, c'est parce que, autant l'homme est purifié des maux et des faux, autant le bien et le vrai sont implantés et sont conjoints par le Seigneur ; c'est pourquoi le premier étant admis en fait, le second l'est aussi; en effet, le Seigneur est présent chez chaque homme avec le bien de
hbh ARCANES CÉLESTES.
l'amour, car il aime tous les hommes, et d'après son amour il veut se les conjoindre, ce qui se fait par le bien de l'amour et le vrai de la foi ; mais les maux et les faux du mal que l'homme s'approprie par la vie du mal font obstacle, et empêchent l'influx ; par là, on voit clairement ce que c'est que la propitiation et l'expiation ; voir aussi, N° 9506.
10128. Et lu le sanctifieras, signifie pour recevoir te Seigneur : on le voit par la signification de sanctifier, eu ce que c'est la réception du Seigneur; si sanctifier est la réception du Seigneur, c'est parce que seul le Seigneur est saint, et que par suite tout ce qui procède du Seigneur est saint; autant donc l'homme reçoit du Seigneurie bien, et avec le bien le vrai, lesquels sont saints, autant il reçoit le Seigneur ; en effet, soit qu'on dise recevoir du Seigneur le bien et le vrai, ou recevoir le Seigneur, c'est la même chose, car le bien et le vrai appartiennent au Seigneur parce qu'ils procèdent de Lui, ainsi sont le Seigneur dans le Ciel et dans l'Église. Que le Seigneur seul soit saint, et que tout saint procède de Lui, et qu'ainsi recevoir le Seigneur ce soit être sanctifié, on le voit, N°* 9220, 9A79, 9680, 9818, 9820, 9956, 9988, 10069. Qu'être sanctifié, ce soit la réception du Seigneur, c'est ce qui est encore évident en ce qu'il est dit « tu feras propitiation et tu sanctifieras, » car par faire propitiation ou expiation il est signifié la purification des maux et des faux du mal, et en même temps l'implantation du vrai et du bien procédant du Seigneur, N° 10127 ; l'implantation du vrai et du bien procédant du Seigneur est la réception du Seigneur, ainsi la sanctification; c'est de même que ci-dessus dans ce Chapitre, où il est dit : « Ils mangeront ces choses par lesquelles il aura été fait expiation, pour emplir leur main pour les sanctifier, » — Vers. 33 ; — là, ce par quoi il a été fait expiation signifie ce qui a été purifié des maux et des faux du mal, Not 9506, 10109 ; emplir la main signifie implanter le bien et le vrai, et les conjoindre, N° 40076 ; ainsi être sanctifié signifie les recevoir du Seigneur, N° 10111.
101 29. Et sera l'autel saint des saints, signifie le Royaume céleste, où te Seigneur est présent dans le bien de l'amour : on le voit par la signification de Y autel, en ce que c'est le représentatif du Seigneur quant au Divin Bien, N" 9388, 9389, 971 A,
0964 ; ici quant au Divin Bien dans le Ciel et dans l'Église, N° 10123 ; et par la signification de saint des saints, en ce que c'est le bien céleste, ou le bien de l'amour procédant du Seigneur; que ce soit le Royaume céleste qui est signifié ici par l'autel, et le bien là par saint des saints, c'est parce que dans ce Royaume on reçoit du Seigneur le bien de l'amour envers le Seigneur, ce qui est le bien céleste : en effet, il y a deux Royaumes, dans lesquels les cieux ont été distingués, le Royaume céleste et le Royaume spirituel ; dans le Royaume céleste on reçoit du Seigneur le bien de l'amour envers le Seigneur; et dans le Royaume spirituel on reçoit du Seigneur le bien de la charité à l'égard du prochain, voir les articles cités, N°* 9277, et N°* 9680, 10068; par, l'autel est représenté le Royaume céleste, ou, ce qui est la même chose, est représenté le Seigneur où il est présent dans le bien de l'amour ; et par la Tente de convention en dehors du voile est représenté le Royaume spirituel, ou, ce-qui est la môme chose, est représenté le Seigneur où il est présent dans le bien de la charité à l'égard du prochain ; le bien du Royaume spirituel ou le bien spirituel est appelé saint, et le bien du Royaume céleste ou le bien céleste est appelé saint des saints : si le bien céleste, qui est le bien de l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur est appelé saint des saints, c'est parce que le Seigneur par ce bien influe immédiatement dans les cieux ; mais par le bien spirituel, qui est le bien de la charilé à l'égard du prochain, il influe médiateroent par le bien céleste, voir N°' 9473, 9683, 9873, 9992, 10005. Il est dit influer, parce que le Seigneur est au-dessus des cieux, et que de là il influe, N° 101 06; cependant il est toujours comme présent dans les cieux. Que le bien céleste, qui est le bien de l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur soit entendu par saint des saints, on le voit par les passages de la Parole où il est dit saint des saints, comme dans Moïse : « Que le voile distingue pour vous entre te Saint et te Saint des » saints; et tu mettras le propitiatoire sur l'arche du Témoignage » dans te Saint des saints. » — Exod. XXVI. 33, 34 ; — de là, il est évident que la partie de la Tente qui était en dehors du voile est appelée le saint, et la partie qui était en dedans du voile, le saint des saints ; que la Tente ou l'Habitacle en dehors du voile ait représenté le Royaume spirituel du Seigneur, ou le Ciel moyen, et
que la Tenlc ou l'Habitacle en dedans du voile ait représenté le Royaume céleste du Seigneur, on le voit, N°* 9457, 9481, 9485, 10001, 10025 ; cette partie dé la Tente qui est en dedans du voile est aussi appelée « le sanctuaire de sainteté, » — Lévit. XVI. 33. — Comme l'arche, dans laquelle était le Témoignage, et sur laquelle était le Propitiatoire, représentait le Ciel intime, où règne le bien céleste, c'est pour cela que le lieu secret du Temple, où était l'arche d'alliance, est aussi nommé « le saint des saints, » — I Rois, VI. 16; VIII. 6.— Le pain et la minchah, signifiant le bien de l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur, ce qui est le bien céleste, sont aussi appelés saint des saints, dans Moïse : « Le » pain des faces ou de proposition sera mangé par Aharon et par » ses ûls dans le lieu Isaint, car saint des saints, lui, d'entre les » ignitions à Jéhovah. »— Lévit. XXIV. 9 ; — que le pain des faces ou de proposition signifie le bien céleste, on le voit, N° 9545 ; dans le Même : « Le restant de la Minchah sera pour Aharon et pour » ses fils, saint des saints d'entre les ignitions à Jéhovah. » — Lévit. II. 3, 10 ; — que la minchah, qui était le pain azyme, les gâteaux, et les beignets azymes mêlés avec l'huile, soient le bien céleste, ou le bien de l'amour, on le voit, N°* 4581, 9992, 10079. Dans le Même : « Toute minchah, sacrifice du péché et du délit, » pour Aharon et pour ses fils, saint des saints à Jéhovah. » — Nomb. XVIII. 9,10; — si ces choses ont été appelées saint des saints, c'est parce que ces sacrifices signifiaient la purification des maux,, et que toute purification des maux se fait dans l'état du bien de l'innocence; ce bien est aussi le bien céleste; c'est pourquoi dans les sacrifices du péché et du délit on offrait des agnelles ou des agneaux, ou des béliers, ou des taureaux, ou des tourterelles, comme on le voit, Lévit. Chap. IV et V ; et par ces animaux est signifié ce bien; par les agneaux, voir N°» 3994, 3519, 7840; par les béliers, N° 10042 ; par les taureaux, N° 9391 ; par les tourterelles, ainsi qu'il est évident par les passages de la Parole où elles sont nommées ; que la purification des maux et la régénéralion se fassent dans l'état de l'innocence, on le voit, N° 10021 : voilà pourquoi ces sacrifices sont appelés saint des saints aussi dans le Lévitique,— VI. 18. VII. 6. X. 17. XIV. 13.— Que l'autel de l'holocauste ait représenté le Seigneur quant au bien de l'amour,
et le réceptif par les anges et par les hommes, cela a été montré cidessus ; c'est pourquoi il en est parlé ainsi dans Moïse : « Tu oin- » drus l'autel de l'holocauste et tous ses vases, et le bassin et » «sa base, et tu les sanctifieras, et ils seront saint des saints; »> quiconque les touchera sera sanctifié. » — Exod. XXX. 29. — Le parfum, dont on faisait usage devant le Témoignage dans la Tente de convention, est aussi appelé « saint des saints. » — Exod. XXX. 36, — parce qu'il signifiait le bien céleste dans les derniers, et aussi les choses qui procèdent de ce bien, N* 9475. Dans Ézéchiel : « Voici la loi de la maison : Sur la tête de la monta- » gne toute sa limite alentour, saint des saints. » — XLHI. 12; — si la maison avec sa limite alentour est dite saint des saints, c'est parce que la maison de Dieu signifie le Royaume céleste, et dans le sens suprême le Seigneur quant au bien de l'amour, N° 3720; c'est pour cela aussi qu'il est dit sur la tête de la montagne, car la tête de la montagne signifie la même chose, N°* 6435, 9422, 9434. Dans Daniel : « Soixante-dix semaines ont été décidées sur m le peuple et sur la ville sainte, pour sceller la vision et le pro- » phète, et pour oindre te saint des saints. »> — IX. 24 ; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur, qui est seul l'Oint de Jéhovah et seul saint, et qui est aussi quant à son Humain le Divin Bien du Divin Amour, ainsi saint des saints : que le Seigneur quant au Divin ' Humain soit seul l'Oint de Jéhovah, on le voit, N° 9954, et Seul saint, N° 9229; et qu'il soit le Divin Bien du Divin Amour, voir art. cités, N° 9199 f. ; si le bien céleste est le saint des saints, et le bien spirituel le saint, c'est parce que le bien céleste est le bien intime, aussi ce bien est-il le bien du ciel intime ; et parce que le bien spirituel est le bien qui en procède, aussi est-il le bien du ciel moyen ; et ce bien-ci est le bien, et par suite est le saint, seulement en tant qu'il a en lui le bien céleste, car le bien céleste influe dan£ le bien spirituel, et il le conçoit et l'engendre comme un père son fils ; par le bien céleste est entendu le bien de l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur, et par le bien spirituel est entendu le bien de la charité à l'égard du prochain, bien qui procède du Seigneur ; le bien même de l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur est le saint des saints, parce que le Seigneur par ce bien se conjoint immédiatement, et le bien de la charité à l'égard du pro-
chain est le saiut, parce que le Seigneur par ce bien se conjoint médiatement, et ne se conjoint qu'autant que ce bien a en soi le bien de l'amour d'après le Seigneur. Le bien de l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur est dans tout bien de la charité qui est m réel, et aussi dans tout bien de la foi qui est réel, car il influe du Seigneur; en effet, personne ne peut aimer le prochain, ni d'après l'amour lui faire du bien d'après soi-même, mais c'est d'après le Seigneur, et personne ne peut croire en Dieu d'après soi-même, mais c'est d'après le Seigneur ; lors donc que le Seigneur est reconnu, et que le prochain est aimé, le Seigneur est dans l'amour à l'égard du prochain, quoique l'homme ne le sache pas ; c'est aussi ce qui est entendu par les paroles du Seigneur dans Matthieu : « Les » justes répondront : Seigneur, quand T'avons-nous vu avoir » faim , et T'avons-nous donné à manger ; ou avoir soif, et T'a- » vons-nous donné à boire ? Quand T'avons-nous vu malade et » en prison, et sommes-nous venus vers Toi? Mais le Roi leur dira : » En vérité, je vous dis quVn tant que vous avez fait (ces cho- » ses) à l'un de ces plus petits de mes frères» à Moi vous (les) » avez faites. » — XXV. 37, 38, 39, 40 ; — par là, il est évident que le Seigneur est dans le bien de la charité, et qu'il est ce bien, même à l'insu de ceux qui sont dans ce bien ; par les frères, dans le sens le plus proche, sont entendus ceux qui sont dans le bien de la charité ; et, dans le sens abstrait de la personne, les frères du Seigneur sont les biens de la charité eux-mêmes, voir N°' 5063 à 5071.
10130. Quiconque touchera l'autel sera sanctifié, signifie quiconque reçoit le Divin du Seigneur : on le voit par la signification de toucher, en ce que c'est la communication, la translation, la réception, ainsi qu'il va être montré; par la signifleation de l'autel, en ce que c'est le représentatif du Seigneur quant au bien de l'amour, ici dans le Ciel et dans l'Église, N° 10129; et par la signification d'être sanctifié, en ce que c'est recevoir le Divin du Seigneur, N° 10128. Que loucher, ce soit la communication, la translation et la réception, c'est parce que les intérieurs de l'homme se dévoilent par les externes, principalement par le loucher, et ainsi se communiquent à un autre, et se transfèrent dans un autre, et sont reçus en tant que la volonté de l'autre concorde
cl fait un ; soit qu'on dise la volonté ou l'amour, c'est la même chose, car ce qui appartient à l'amour de l'homme appartient aussi à sa volonté ; de là suit aussi que les intérieurs de l'homme, qui appartiennent à son amour et par suite à sa pensée, se dévoilent par le toucher, et ainsi se communiquent à un autre et se transfèrent dans un autre, et qu'ils sont reçus en tant que l'autre aime la personne, ou les choses que la personne prononce ou fait ; cela se manifeste principalement dans l'autre vie, car là tous agissent de cœur, c'est-à-dire, d'après la volonté ou l'amour ; et il n'est pas permis d'agir par des gestes séparés d'avec la volonté ou l'amour, ni de parler d'une bouche qui dissimule, c'est-à-dire, séparée d'avec la pensée du cœur ; là, on voit clairement comment les intérieurs se communiquent à un autre et se transfèrent dans un autre par le toucher ; et comment l'autre les reçoit selon son amour ; la volonté ou l'amour de chacun constitue là tout l'homme, et sa sphère de vie efllue de lui comme une exhalaison ou une vapeur, et elle l'environne et forme comme un lui-même autour de lui ; c'est à peu près comme dans le monde les eflluves autour des végétaux, qui sont même senties à distance au moyen des odeurs ; et aussi comme celles qui sont autour des bêtes, et qui sont très-bien senties par un chien d'un odorat subtil ; de semblables effluves sortent de même de chaque homme, comme on le sait aussi par de nombreuses expériences : mais quand l'homme dépose son corps, et devient esprit ou ange, ces eflluves ou émanations ne sont pas matérielles comme dans le monde, mais c'est un spirituel qui efllue de son amour ; cet amour forme alors autour de lui une sphère, qui fait qu'il est perçu à distance par les autres tel qu'il est ; sur cette sphère, voir ce qui a été montré dans les passages cités, N° 9(506 : comme là celte sphère est communiquée à un autre et transférée dans un autre, et qu'elle est reçue par l'autre selon son amour, il en résulte qu'il existe là plusieurs choses admirables qui sont inconnues de l'homme dans le monde ; ainsi 1. Toute présence est selon les ressemblances des amours, et loute absence selon les dissemblances des amours. II. Tous sont consociés selon les amours ; ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur d'après le Seigneur sont consociés dans le ciel intime ; ceux qui sont dans l'amour à l'égard du prochain d'après le Seigneur sont consociés dans le ciel moyen ; ceux
qui sont dans l'obéissance de la foi, c'est-à-dire, qui font le vrai |)our le vrai, sont consociés dans le dernier ciel, mais ceux qui sont dans l'amour de soi et du monde, c'est-à-dire, qui font ce qu'ils font pour eux-mêmes et pour le monde comme fins, sont consociés dans l'enfer. 111. Tous tournent leurs yeux vers ceux qu'ils aiment; ceux qui aiment le Seigneur tournent leurs yeux vers le Seigneur comme Soleil ; ceux qui aiment le prochain d'après le Seigneur tournent leurs yeux vers le Seigneur comme Lune ; pareillement ceux qui font le vrai pour le vrai : sur le Seigneur comme Soleil et comme Lune, voir ce qui a été montré, N01 1521, 1529, 1530, 1531, 3636, 3643, 4060, 4321 f., 5097, 5377, 7078, 7083, 7171, 8644, 8812 : et, ce qui est étonnant, de quelque côté, ou vers quelque plage, qu'ils se tournent, ils regardent toujours le Seigneur devant eux. C'est le contraire pour ceux qui sont dans l'enfer, plus ils y sont dans l'amour de soi et dans l'amour du monde, plus ils se détournent du Seigneur, et L'ont par derrière, cela aussi de quelque côté, ou vers quelque plage, qu'ils se tournent. IV. Quand un ange du ciel fixe sa vue sur les autres, ses intérieurs leur sont communiqués et sont transférés en eux, selon la quantité et la qualité de son amour, et ils sont reçus par eux selon la qualité et la quantité de leur amour ; si donc un ange du ciel/ixe sa vue sur des bons, il y a allégresse et joie ; mais si c'est sur des méchants, il y a douleur et torture. Que le toucher de la main signifie aussi la communication, la translation et la réception, c'est parce que l'actif de tout le corps a été réuni dans les bras et dans les mains, et que les intérieurs sont exprimés dans la Parole par les extérieurs ; de là vient que les bras, les mains, et principalement la main droite, signifient la puissance, voir les articles cités, N° 10019, et les N" 10023, 10070 ; et que les mains signifient tout ce qui est chez l'homme, ainsi l'homme tout entier en tant qu'agent, voir les articles cités, N° 10019. En outre, il est connu dans le Monde savant que tous les sens externes, comme la Vue, l'Ouie, le Goût et l'Odorat, se réfèrent au Toucher, et sout des espèces de toucher. Que Toucher signifie la communication, la translation et la réception, on le voit dans la Parole par un grand nombre de passages, dont je rapporterai les suivants : Dans Moïse ; « Tu oindras la Tente de convention, et l'Arche du Témoignage,
» et la Tatile et tous ses vases, et le Chandelier et ses vases, et » l'Autel du parfum, et l'Autel de l'holocauste et tous ses vases, et » le Bassin et sa base, et tu les sanctifieras, afin qu'ils soient saint » des saints ; quiconque les touchera sera sanctifié» » — Exod. XXX. 26 à 29. — Dans le Même : « Tout ce qui touchera le restant de la minchah, et le restant de la chair des sacrifices, qui sont pour. Aharon et pour ses fils, sera sanctifié, » — Lévit. VI. H, 20. — Dans Daniel : « Un ange toucha Daniel, et le » rétablit sur sa position, et le soutint sur ses genoux ; et il tou- » cha ses lèvres ; et lui (Daniel) ouvrit sa bouche; et iY se reprit ».d le toucher, et le fortifia. »> — X. 10, 16, 18. — Dans Ésaïe: « Un des séraphins toucha avec un charbon ma bouche, et dit : » Voici, ce (charbon)-cx a touché tes lèvres; c'est pourquoi est n écartée ton iniquité, et ton péché est expié. » — VI. 7. — Dans Jérémie : « Jéhovah étendit sa main, et i/ toucha ma bouche, et il » dit : Je donne mes paroles dans ta bouche. » — I. 9. — Dans Matthieu : « Jésus, étendant la main vers le lépreux, le toucha, » en disant : Je veux, sois nettoyé ; et aussitôt fut nettoyée sa lè- » pre. » — VIII. 3. — Dans le Même: «Jésus vit la mère de la femme » de Pierre* affligée d'une fièvre, et iV tpuc/ia sa main, et la fièvre » la quitta. » — VIII. là, 15. — Dans le Même : « Jésus tou- » cha les yeux de deux aveugles, et furent ouverts leurs yeux. » — IX. 29. — Dans le Même : « Jésus toucha les yeux de deux » aveugles, et aussitôt ils reçurent la vue. » — XX. 34. — Dans Luc : « Jésus toucha l'oreille d'un sourd, et il le guérit. » — XXII. 51. — Dans Marc : « On amenait les malades vers Jésus, » afin qu'au moins ils touchassent le bord de son vêtement, » et tous ceux qui le touchaient étaient guéris. » — VI. 56. Matth. XIV. 36.— Dans Luc : « Une femme qui avait une perte de sang, » toucha le bord du vêtement de Jésus; et à l'instant s'arrêta » le flux de sang; Jésus dit : Qui est-ce qui M'a touché? Quel- » qu'un M'a touché; Moi, j'ai connu qu'une puissance est » sortie de Moi. » — VIII. A4 à 48.— Dans Marc : « On appor- » tait à Jésus de petits enfants, afin qu'il les touchât; et les » ayant pris dans ses bras, il leur imposa les mains et les bé- » nit. » — X. 13, 16 : — par ces passages, il est évident que toucher signifie la communication, la translation et la réception. Il en
hiS'2 ARCANES CÉLESTES.
est de môme lorsqu'il s'agit de choses impures par lesquelles dans le sens interne sont signifiés les maux et les faux qui proviennent des enfers ; comme dans Moïse : « Celui qui touche un mort » quant à toute âme d'homme, impur sera sept jours. Quiconque » touche un mort, quant à l'âme d'un homme qui meurt, et ne se » sera pas expié, l' Habitacle de Jéhovah il a souillé, c'est pour- » quoi cette âme sera retranchée d'Israël. Quiconque mira louché » sur la superficie d'un cliamp un transpercé par Cépée, ou » un mort, ou un os d'homme, ou un sépulcre, sera impur sept » jours. Celui qui touche les eaux de séparation est impur jus- » qu'au soir. Tout ce qu'aura touché l'impur deviendra impur; » et l'âme qui l'aura touché sera impure jusqu'au soir. » — Nomb. XIX. 11, 13, 16, 21, 22. — Dans le Même : « Celui qui tou- » che des bêtes impures, des reptiles impurs, sera impur jus- » qu'au soir ; tout ce sur quoi il en tombera sera impur, soit » vase de bois, habit, eau, vase de terre, aliment, boisson, four, » fontaine, citerne, réservoir d'eaux, ces choses seront impures. » — Lévit. XI. 31 à 36;— pareillement V. 2, 3, VII. 21.— Dans le Môme : « Celui qui est affecté de flux est impur ; l'homme qui » en aura touché le lit; celui qui se sera assis sur le meuble » où celui-là s'était assis ; celui qui lui aura touché la chair, » les vêtements : si celui qui est affecté du flux crache sur celui » qui est net ; le char sur lequel il est porté ; te vase de terre ; le » vase de bois, tout ce qu'il touchera sera impur. » — Lévit. XV. 1 à 33. — Et aussi : « Celui qui aura touché un lépreux. » — Lévit. XXII. A. — Dans le Môme : «'S'il est tombé de leur cadavre » sur quelque semence de semailles qu'on sème; elle sera nette; » mais si l'on avait mis de l'eau sur la semence, et que quelque » chose du cadavre soit tombé sur elle, elle sera impure. » — Lévit. XI. 37, 38 ; — par ces choses impures sont signifiés les divers genres de maux et de faux du mal, qui proviennent de l'enfer, lesquels sont communiqués, transférés et reçus ; chaque chose impure signifie spécialement quelque mal ; en effet, ce sont les maux qui rendent l'homme impur, car ils infectent son âme : les maux débordent du cœur des mauvais esprits et des génies, et infectent selon les persuasions du mal ceux qui sont présents ; c'est cette contagion qui est signifiée par le toucher des choses impures. Dans
Moïse : « Du fruit de l'arbre, qui est dans le milieu du jardin, vous » ne mangerez point, et vous n'y toucherez point, de peur que » vous ne mouriez. » — Gen. III. 3. — Dans le Môme : « L'ange, » qui lutta avec Jacob, voyant qu'il ne l'emportait point, lui tou- » cha l'emboiture de la cuisse, et fut luxée l'emboiture de la » cuisse. » — Genès. XXXI I. 25. — Dans le Môme : « Moscheh » dit : Ne touchez à rien de ce qui appartient à Rorach, à Da- » than et à Abiram, de peur que vous ne soyez consumés à cause » de tous leurs péchés. » — Nomb. XVI. 26. — Dans Ésaïe : « Retirez-vous, retirez-vous ; à ce qui est impur ne touchez » point, sortez du milieu d'elle ; purifiez-vous, vous qui portez les » vases de Jéhovah. » — LU. li. — Dans Jérémie : « Us, ont erré » aveugles dans les rues, ils ont été souillés de sang ; les choses » qu'ils ne peuvent (toucher), ils (les) touchent de leurs vête- » ments; retirez-vous, impur il est ; on leur criait : Retirez-vous, » ne touchez point. » — Lament. IV. 14, 15. -—Dans Haggée: « Voici, un homme portera de la chair de sainteté dans le pan de » son habit, et de son pan il touche le pain, ou le vin, ou l'huile, » ou quelque aliment, est-ce que cela néanmoins sera sanctifié? Si » l'impur pour une âme touche à quelqu'une de ces chpses, il » sera néanmoins impur, n — II. 12, 13, 14. — Dans Hosée : « Se » parjurer, et mentir, et tuer, et voler, et commettre adultère ; ils » ravagent, et les sangs toucfient les sangs ; c'est pourquoi dans » le deuil sera la terre. » — IV. 2, 3.
10131. Et voici ce que tu feras sur l'autel, signifie ce qui en général concerne la réception du Seigneur dans le Ciel et dans l'Église : on le voit par la signification de ce que tu feras sur l'autel, en ce que c'est ce qui concerne en général la réception du Seigneur dans les Cieux ; car par l'autel est signifié le Divin du Seigneur dans les Cieux, N° 10129, par conséquent aussi la réception du Seigneur; et, par ce que tu feras sur lui, il est signifié ce qui concerne en général ; en effet, dans ce qui suit, il s'agit d'holocautes quotidiens, et par eux est représenté ce qui en général concerne la réception du Seigneur, car par les agneaux est signifié le bien de l'innocence, et le bien de l'innocence est l'unique bien qui reçoit le Seigneur, puisque sans le bien de l'innocence il n'existe ni amour envers le Seigneur, ni charité à l'égard du prochain, ni
foi qui ait en soi la vie, ni en général aucun bien dans lequel il y ait le Divin, voir les articles cités, N° 10021 ; de là vient que par « ce que tu feras sur l'autel, » il est signifié ce qui en général concerne la réception du Seigneur dans le Ciel et dans l'Église. Quand il est dit le Ciel, il est entendu aussi l'Église, car le Ciel du Seigneur dans les terres est l'Église; et, dans tout homme en qui est l'Église, il y a aussi le Ciel, câr le Seigneur est dans cet homme, et où est le Seigneur, là est le Ciel ; l'Église aussi fait un avec le Ciel» car ils dépendent l'un de l'autre par un lien indissoluble; la Parole est ce qui conjoint, dans la Parole est le Seigneur, et le Seigneur est la Parole, — Jean, I. 1 et suiv.
1 01 32. Des agneaux fils d'un an, deux par jour, signifie le bien de l'innocence dam tout Hat : on le voit par la signification des agneaux, en ce qu'ils sont le bien de l'innocence, ainsi qu'il va être montré; par la signification de fils d'un an, en ce que c'est la qualité de l'enfance, dans laquelle cependant les vrais ont été implantés, ainsi qu'il sera aussi montré; et par la signification de par jour, en ce que c'est dans tout état, car le jour signifie l'état ; et par le matin et le soir du jour, temps où se faisaient les holocaustes d'agneaux, il est signifié tout état; que le jour soit l'état, on le voit, N- 803, 2788, 3462, 3785, 4850, 7680 ; et qu'il en soit des al-, ternatives des états comme de celles du jour quant au matin, au midi, au soir, à la nuit, et de nouveau au matin, on le voit, N" 5072, 5962, 6110, 8426. Que les agneaux soient le bien de l'innocence, cela est évident dans la Parole par les passages où les agneaux sont nommés, comme dansÉsale : « Le loup demeurera avec l'agneau, » et le léopard avec le chevreau couchera, et le veau et le jeune » lion et le bétail gras ensemble; et un petit garçon les conduira ; » l'enfant qui tette jouera sur le trou de la vipère, et sur la caverne » du basilic l'enfant sévré sa main mettra. Ils ne se corrompront » point dans toute la montagne de ma sainteté. Et il arrivera en ce » jour-là que la racine de Jischaï, dressée pour enseigne des peu- » pies, les nations (la) chercheront; et sera son repos gloire. » — XI. 6, 8, 9, 10 ; — là, est décrit l'état de paix et d'innocence dans les Cieux et dans l'Église, après que le Seigneur fut venu dans le monde; et parce que l'état de paix et d'innocence est décrit, il est parlé de l'agneau, du chevreau et du veau, puis du petit garçon,
de l'enfant qui tettc, et de l'enfant sévré, et par eux tous il est signifié le bien de l'innocence; le bien intime de l'innocence par l'agneau, le bien intérieur de l'innocence par le chevreau, et le bien extérieur de l'innocence par le veau; pareillement par le petit garçon, l'enfant qui telle et l'enfant sévré ; la montagne de la sainteté est le Ciel et l'Église où est le bien de l'innocence; les nations sont ceux qui sont dans ce bien ; la racine de Jischaï est le Seigneur de qui procède ce bien ; le bien de l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur, qu'on nomme aussi bien céleste, est le bien de l'innocence : que l'Agneau soit le bien de l'innocence en général, et spécialement le bien intime de l'innocence, cela est évident en ce qu'il est nommé en premier lieu, et aussi en ce que le Seigneur Lui- Méme est appelé Agneau, comme on le verra dans ce qui suit. Que le chevreau soit le bien intérieur de l'innocence, on le voit, N°' 3519, 4871 ; on voit aussi que le veau ou le taureau est le bien extérieur de l'innocence, N" 430, 9398 ; que le petit garçon est l'innocence, N° 5236 ; pareillement celui qui tette, celui qui est sévré, ou le petit enfant, N" 430, 2280, 3183, 3494, 5608 ; que la montagne de la sainteté, c'est où il y a le bien de l'amour envers le Seigneur, N°* 6435, 8758; que les nations sont ceux qui sont dans ce bien, N°* 1416, 6005 : que le bien de l'amour envers le Seigneur, qu'on appelle bien céleste, soit le bien de l'innocence, on le voit d'après ceux qui sont dans le ciel inlime, lesquels, parce qu'ils sont dans ce bien, apparaissent nus et comme de petits enfants, par la raison que la nudité est l'innocence, et que l'enfance l'est pareillement, voir les articles cités, N° 9277 et les N°* 3887, 9680. Il est dit que le loup demeurera avec l'agneau, parce que le loup signifie ceux qui sont contre l'innocence, comme aussi dans le Même Prophète : « Le Loup et Y Agneau paîtront ensemble; ils ne feront point de » mal et ne ravageront point dans toute la montagne de ma sain- » telé. »— LXV. 25 : — et dans Luc : « Jésus dit aux disciples » qu'il envoyait : Voici, je vous envoie comme des agneaux au » milieu des loups. » — X. 3. — Comme le Seigneur, pendant qu'il a été dans le monde, était quant à son Humain l'Innocence Même, et comme par suite le tout de l'Innocence procède de Lui, c'est pour cela qu'il est appelé Agneau, et Agneau de Dieu ; par exemple, dans Ésaïc : « Envoyez l'Agneau du Dominateur de xv. 30.
» la terre du rocher vers le désert à la monlagnc de la fille de » Sion. » — XVI. 1.— Dans le Même : « L'exaction il a supporté, » et il a été affligé, il n'a pas cependant ouvert sa bouche, eotnme » un Agneau à ia tuerie il est mené* » — LUI. 7. — Dans Jean : « Jean-Baptiste vit Jésus qui venait, et il dit : Voici l'Agneau de » Dieu qui Ole le péché du monde. » — I. 29, 36. — Dans l'Apocalypse : « L'Agneau qui est au milieu du trône les paîtra, et » les conduira aux vives fontaines des eaux. » — VU. 17 : — ci ailleurs : « Ce sont ceux qui avec les femmes ne se sont point » souillés; ce sont ceux qui suivent l'Agneau où il va; eux ont » été achetés d'entre les hommes, pour prémices à Dieu et à » l'Agneau. » — XIV. 4; — et en plusieurs autres endroits dans l'Apocalypse, comme Chap. V. 6, 8, 12, 13. VI. 1, 16. VU., 9, 10, U. XII. 11. XIII. 8. XIV. 1. XV. 3. XVII. 14. XIX. 7, 9. XXI. 9, là, 22, 23, 27. XXII. 1,3. — Comme les Agneaux sont ceux qui sont dans l'innocence, c'est pour cela que le Seigneur a dit à Pierre, d'abord : « Pais mes agneaux; » et ensuite : « Pais mes brebis; » et encore : « Pais mes brebis. » — Jean, XXI. 15, 16, 17; — là, les agneaux sont ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le Seigneur, car ceux-là sont plus que tous les autres dans le bien de l'innocence; les brebis sont ceux qui sont dans le bien de la charité à l'égard du prochain", et ceux qui sont dans le bien de la foi. Les Agneaux signifient la même chose dans Ésale : « Voici, » le Seigneur Jéhovih en fort vient, et son bras domine pour Lui; » comme berger il paîtra son troupeau, sur son bras il recueilli lera les Agneaux, dans son sein il ( les ) portera ; ceux qui tet- » ient il conduira doucement. <> — XL. 10, 11 ; — que ces paroles aient été dites du Seigneur, cela est évident; puisque par les agneaux sont entendus ceux qui sont dans l'amour envers Lui, ainsi dans le bien de l'innocence, c'est pour cela qu'il est dit qu'il les recueillera sur son bras et les portera dans son sein ; en effet, ils sont conjoints au Seigneur par l'amour, et l'amour est la conjonction spirituelle ; et c'es't aussi pour cela qu'il est ajouté qu'il conduira doucement ceux qui tettent, car ceux qui lettent et les petits enfants sont ceux qui sont dans le bien de l'innocence, Noi 430, 2280, 3183, 3494. Maintenant, on peut voir ce que signifient les holocaustes et les sacrifices d'agneaux, et pourquoi il en était fait chaque
jour, chaque sabbath, chaque nouvelle lune, et chaque fête, dans la fête de Pâques chaque jour ; et pourquoi à la fêle de Pâques on mangeait un agneau, qui était appelé l'Agneau Pascal; il en est parlé ainsi dans Moïse : « Ce mois-ci (sera) pour vous la tête desjnois; » le premier, lui, pour vous des mois de l'année, vous prendrez » une bête, un mâle d'entre les agneaux ou d'enlre les chevreaux ; » et ils prendront de son sang, et ils en mettront sur les deux po- » teaux, et sur le linteau, et sur les maisons dans lesquelles ils la » mangeront; ils n'en mangeront rien de cru, ou de cuit dans l'eau, » mais rôti au feu. » — Exod. XII. 2, 3, 5, 7, 9; — la fête de Pâques signifiait la délivrance de ceux qui reçoivent le Seigneur par l'amour et par la foi, délivrance de la damnation, NM 0286, 9287 à 9292, ainsi la délivrance de ceux qui sont dans le bien de l'innocence, car le bien de l'innocence est l'intime de l'amour et de la foi, et en est l'âme; voilà pourquoi il est dit qu'ils mettront de son sang sur les deux poteaux, sur le linteau et sur les maisons, car où est le bien de l'innocence, là l'enfer ne peut pas entrer; s'ils la mangeaient rôtie au feu, c'est parce que par là était signifié le bien de l'amour céleste, qui est le bien de l'amour envers le Seigneur d'après le Seigneur. Comme l'agneau signifiait l'innocence, c'est pour cela que, quand les jours après l'enfantement étaient remplis, on offrait « un Agneau fils d'un an en holocauste, et un fils de co- » lombe ou une tourterelle en sacrifice. » — Lévit. XII. 6; — l'innocence était signifiée par le fils de la colombe et par la tourterelle, de même que par l'agneau; par l'enfantement, dans le sens spirituel, il est signifié l'enfantement de l'Église, qui est celui du bien de l'amour, car dans le ciel il n'est pas entendu d'autre enfantement ; et par l'holocauste et le sacrifice de ces bêtes il est signifié la purification des maux par le bien de l'innocence, car c'est dans ce bien que le Divin influe, et c'est par lui qu'il purifie. S'il est dit que « celui qui aura péché par erreur, offrira un agneau ou une » chevrette de chèvres, ou deux tourterelles, ou deux fils de » colombes, pour le délit, » — Lévit. V. 1 à 13, — c'est parce que le péché par erreur est le péché par suite d'ignorance, et que si dans l'ignorance il y a l'innocence, la purification se fait. 11 est aussi dit du Naziréen que « quand il aurait rempli son Naziréat, iloffri- » rait un Agneau fils d'un an en holocauste, et une agnclk fille
» d'un an en sacrifice du péché, et un bélier en sacrifice cucharis- » tique; puis une corbeille d'azymes, des gâteaux pétris à l'huile, et » des beignets d'azymes oints d'huile. » — Nomb. VI. 13, 14, 15; —toutes ces offrandes, savoir, l'agneau, l'agnelle, le bélier, les pains azymes, les gâteaux, les l>cigncts et l'huile, signifient des célestes, c'est-à-dire, des choses qui appartiennent à l'amour envers le Seigneur d'après le Seigneur; si le Naziréen les sacrifiait après l'accomplissement des jours du naziréat, c'est parce que le Naziréen représentait l'homme céleste, ou le Seigneur quant au Divin céleste; le Divin céleste est le Divin du Seigneur dans le ciel intime; et ce Divin est l'innocence. D'après cela, on peut voir que l'agneau signifie le bien de l'innocence, car toutes les bêtes, qui étaient sacrifiées, signifiaient quelque chose de l'Église; on peut le voir surtout en ce que le Seigneur Lui-Méme est appelé l'Agneau, comme le montrent clairement les passages ci-dessus cités; et aussi en ce que sont appelés Agneaux ceux qui aiment le Seigneur, comme dans Ésaïe, XL. 10, 11 ; et dans Jean, XXI. 16; et môme en ce que les hommes probes sont appelés brebis, comme dans Matin. XV. 21 à 29. XXV. 31 à 41. XXVI. 31. Jean, X. 7 à 16, 26 à 31. XXI. 16, 17, et ailleurs ; et les hommes méchants, boucs, Matth. XXV. 31, 32. Zachar. X. 3. Daniel, VIII. 5 à 11, 25 : — que toutes les bêtes utiles et douces signifient les afféetions et les inclinations bonnes, et les bêtes inutiles et non-douces les affections et les inclinations mauvaises, on le voit dans les articles cités, N° 9280. Le bien de l'innocence est signifié non-seulement par l'agneau, mais aussi par le bélier et par le taureau, néanmoins avec celte différence que par l'agneau est signifié le bien intime de l'innocence, par le bélier le bien intérieur ou moyen de l'innocence, et par le taureau le bien externe de l'innocence; il faut qu'en toute chose il y ait le bien externe, interne et intime de l'innocence, pour que l'homme ait été régénéré, car le bien de l'innocence est l'essence même de tout bien : comme ces trois degrés de l'innocence sont signifiés par le taureau, le bélier et l'agneau, voilà pourquoi ces trois animaux étaient offerts en sacrifice et en holocauste, quand était représentée la purification par ce bien, ce qui se pratiquait à chaque nouvelle Lune, dans les Fêtes, le Jour des prémices, quand l'Autel était inauguré, comme on le voit clairement dans les Nomb. VIL
15, 21, 27, 39, et suiv. XXVIII el XXIX : — que le Taureau soit le bien externe de l'innocence, on le voit, N0' 9391, 9990 ; et le Bélier le bien interne de l'innocence, N° 10042. Ce que c'est que l'Innocence, et quelle elle est chez les petits enfants, quelle chez les simples qui sont dans l'ignorance, et quelle chez les sages, on le voit dans les articles cités, N° 10021 f. Quand il est dit que l'agneau, qui serait offert en holocauste, devait être fils d'un an, cela siguitiait que c'était alors un agueau, car lorsqu'il avait plus d'un an, c'était un mouton; et parce que l'agneau était comme le petit enfant d'une brebis, il signifiait ce bien qui appartient à l'enfance, c'est-à-dire, le bien de l'innocence; de là venait aussi que des agneaux étaient offerts en holocauste au Premier mois de l'année, quand on célébrait la Pâque, Exod. XII. 2 et suiv. Nomb. XXVIII. 1(5, 19; au jour des prémices, Nomb. XXVIII. 26, 27; au jour qu'on agitait la poignée (de blé), Lévit. XXIII. 11,12; car le premier mois de l'année, le jour des prémices, et le jour de l'agitation de la poignée, signifiaient aussi l'état de l'enfance, ainsi l'état de l'innocence.
10133. A perpétuité, signifie dans tout cuite Divin : on le voit par la signification de à perpétuité, quand cela se dit de choses qui appartiennent au culte Divin, en ce que c'est tout et dans tout ; en effet, il s'agit de la purification des maux et des faux par le bien de l'innocence, car ce bien est signifié par les agneaux, et la purification des maux et des faux est signifiée par l'holocauste d'agneaux ; cet holocauste est dit à perpétuité, parce que c'était daus tout culte Divin; c'est aussi pour cela qu'il était fait deux fois , chaque jour, le malin et le soir ; et ce qui se faisait le matiu et le soir représentait en général tout culte, et dans tout culte ; en effet, le bien de l'innocence doit être dans tout bien, et par suite dans tout vrai, pour que ce soit le bien et le vrai, dans lesquels il y ait la vie procédant du Divin, ainsi il doit être dans tout culte, car tout culte doit procéder du bien de l'amour et des vrais de la foi, pour que ce soit un culte : que tout bien de l'Église et du Ciel ait en soi l'innocence, et que sans elle le bien ne soit pas un bien, ni par conséquent le culte un culte, on le voit, N" 2730, 2780, 0013, 7840, 9202, 7887 ; quant à l'innocence, on voit ce que c'est, N°* 3994, 4001, 4797, 5230, 0107, 0765, 7902, 9202, 9930,
et dans les articles cités, N° 10021 f. Qu'à perpétuité, ce soit tout et dans tout, à savoir, le tout du culte et dans tout culte, c'est parce que à perpétuité enveloppe tout le temps ; et dans les cieux, où la Parole est entendue non pas dans le sens naturel, mais dans le sens spirituel, il n'y a aucune notion de temps, mais au lieu des temps on perçoit des choses qui appartiennent à l'état; ici donc par à perpétuité on perçoit un état perpétuel dans le culte, ainsi le tout du culte et dans tout culte ; il en est de même de toutes les expressions qui, dans la Parole, enveloppent quelque chose du temps, comme hier, aujourd'hui, demain, dans deux jours, dans trois jours, le jour, la semaine, le mois et l'année; puis les temps du jour et de l'année, comme le matin, midi, le-soir, la nuit, le printemps, l'été, l'automne et l'hiver; afin donc que le sens spirituel de la Parole soit entendu, il faut rejeter de son sens naturel tout ce qui appartient au temps, et aussi tout ce qui appartient au lieu, et même .tout ce qui appartient à la personne, et au lieu de cela concevoir des états de choses ; par là, on peut voir combien la Parole est pure dans le sens interne, ainsi combien elle est perçue purement par les anges dans les cieux, et par conséquent combien la sagesse et l'intelligence des anges sont au-dessus de l'intelligence et de la sagesse des hommes, qui pensent seulement d'après un naturel fixé sur des choses très-finies dans le monde et sur la terre ; que les temps dans les cieux soient des états, on le voit, N0i 1274, 1382, 2625, 2788, 2837, 3254, 3356, 3404, 3827, 4814, 4882, 4901, 4916,6110, 7218, 7381, 8070; et ce que c'est que l'état, N° 4850. D'après cela, on voit clairement ce qui est signifié par l'holocauste perpétuel d'agneaux ; ainsi, ce qui est signifié par à perpétuité et perpétuellement ailleurs, par exemple : « Le feu sera perpétuellement » allumé sur l'autel. » — Lévit. VI. 6 : — «Le pain à perpé- » tuité sera sur la table. » — Nomb. IV. 7 ; — dans ces passages le feu et le pain signifient le bien de l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur; on voit, que le feu est ce bien, N0' 4906, 5215, 6314, 6832, 6834, 6849, 7324, 7852, 10055; et que le pain l'est aussi, N- 2165, 2177, 3478, 3735, 3813, 42U, 4217, 4735, 4970, 9323, 9545; là aussi, par à perpétuité il est signifié que ce bien doit être dans tout culte; que le vrai de la foi luirait d'après ce bien comme par son feu, cela est signifié par « faire
» monter ta lampe perpétuellement. » — Exod. XXVII. 20; — que la lampe soit le vrai et le bien de la foi, on le voit, N" 9548,
10134. lin des agneaux tu feras le matin, signifie l'éloignement des maux par le bien de l'innocence procédant du Seigneur dans l'état de l'amour et de la lumière dans l'homme interne : on le voit par la signification de faire un des agneaux ou de le sacrifier, en ce que c'est l'éloignenient des maux par le bien de l'innocence procédant du Seigneur, ainsi qu'il va être montré; et par la signification du matin, en ce que c'est l'état de l'amour et de la lumière dans l'homme interne, ainsi qu'il sera aussi montré : si faire ou sacrifier l'agneau signifie l'éloigncmcnt des maux par le bien de l'innocence procédant du Seigneur, c'est parce que les holocaustes et les sacrifices signifiaient la purification des maux et des faux du mal, ou, ce qui est la même chose, l'éloignement de ces maux et de ces faux, et aussi l'implantation du bien et du vrai et leur conjonction par le Seigneur, N" 0090, 0991, 10022, 10042, 10053 ; que la purification des maux en soit l'éloignement, on le voit dans les articles cités, N° 10057 ; que l'agneau soit le bien de l'innocence, on le voit, N° 10132 ; si l'éloignement des maux, et l'implantation du bien et du vrai et leur conjonction, se font par le bien de l'innocence procédant du Seigneur, c'est parce qu'il faut que dans tout bien il y ait l'innocence pour que ce soit le bien, et que sans elle le bien n'est pas le bien ; en effet, l'innocence est non-seulement le plan dans lequel sont semés les vrais, mais elle est aussi l'essence même du bien ; autant donc l'homme est dans l'innocence, autant te bien devient le bien, et le vrai vit par le bien, par conséquent autant l'homme devient vivant, et sont éloignés chez lui les maux ; et autant les maux sont éloignés, autant les biens et les vrais sont implantés et conjoints par le Seigneur; de là vient que l'holocauste perpétuel a été fait avec des agneaux : que tout bien du Ciel et de l'Église ait en soi l'innocence, et que sans elle le bien ne soit pas le bien, on le voit, N°* 2736, 2780, 6013, 7840, 9262, 7887 : voir aussi ce que c'est que l'innocence, Not 3994, 4001, 4797, 5236, 6107, 6765, 7902, 9262, 9936. Si le matin est l'état de l'amour et de la lumière de l'amour dans l'homme interne, c'est parce que dans les
deux chez les anges les étals varicnfquant à l'amour el à la foi, comme dans le monde chez les hommes les temps varient quant à la chaleur et à la lumière ; ces temps, comme on le sait, sont le matin, midi, le soir et la nuit; de là, dans la Parole, le matin signifie l'état de l'amour, midi l'état de la lumière dans le clair, le soir l'état de la lumière dans l'obscur, et la nuit ou le crépuscule l'état de l'amour dans l'obscur ; que dans les cieux il y ait de telles variations d'états, on le voit, N" 5672, 5962, 6110, 7218, 8426; on voit aussi que le matin y est l'état de la paix et de l'innocence, ainsi l'état de l'amour envers le Seigneur, N0f 2405, 2780, 8426, 8812, 10114 ; que midi est l'état de la lumière dans le clair, N°* 3708, 5672, 0642 ; que le soir est l'état de la lumière dans l'obscur, N" 3056, 3833, 6110 ; el qu'il n'y a point de nuit dans le ciel, mais qu'il y a un crépuscule, N° 6110, par lequel est signifié l'état de l'amour dans l'obscur. Si le matin signifie l'état de l'amour et de la lumière dans l' /tomme interne, c'est parce que quand l'ange est dans l'état de l'amour et de la lumière, il est dans son homme interne, et que quand il est dans l'état de la lumière et de l'amour dans l'obscur, il est dans son homme externe ; en effet, les anges ont l'interne et l'externe, quand ils sont dans l'interne, l'externe pour ainsi dire se repose, mais quand ils sont dans l'externe, ils sont dans un état plus grossier et plus obscur ; de là vient que quand ils sont dans l'état de l'amour et de la lumière, ils sont dans leur homme intorne, ainsi dans leur malin ; et que quand ils sont dans l'état de la lumière et de l'amour dans l'obscur, ils sont dans leur homme externe, ainsi dans leur soir ; par là, il est évident que les variations des états se font par des élévations vers les intérieurs, ainsi dans la sphère supérieure de la lumière et de la chaleur célestes, par conséquent plus près du Seigneur, et par des abaissements vers les extérieurs dans la sphère inférieure de la lumière el de la chaleur célestes, par conséquent plus loin du Seigneur : il faut qu'on sache que les intérieure sont les supérieurs, ainsi ce qui est plus près du Seigneur, et que les extérieure sont les inférieurs, ainsi ce qui est plus loin du Seigneur; il faut aussi qu'on sache que la Lumière dans les cieux est le Divin Vrai qui appartient à la loi, et que la Chaleur dans les cieux est le Divin Bien qui appartient à l'amour, l'un el l'autre procédant du Seigneur ;
car le Seigneur dans le Ciel esl le Soleil, d'où les anges tirent le tout de la vie, et d'où par suite l'homme tire le tout de la vie spirituelle et céleste, voir les articles cités, N" 9548, 9684 ; que les intérieurs soient les supérieurs, ainsi ce qui est plus près du Seigneur, on le voit, N- 2148, 3084, 4599, 5146, 8325. L'homme qui est régénéré, et même l'homme qui a été régénéré, subissent aussi des variations d'état quant à l'amour et à la foi, par des élévations vers les intérieurs et par des abaissements vers les extérieurs ; mais il en est peu qui puissent réfléchir là-dessus, parce qu'on ne sait pas ce que c'est que penser et vouloir dans l'homme interne, et ce que c'est que penser et vouloir dans l'homme externe, ni môme ce que c'est que l'homme interne, et ce que c'est que " l'homme externe ; penser et vouloir dans l'homme interne, c'est penser et vouloir dans le ciel, car l'homme interne est dans le ciel; mais penser et vouloir dans l'homme externe, c'est penser et vouloir dans le monde, car l'homme externe est dans le monde; lors donc que l'homme est dans l'amour envers Dieu, et dans la foi qui procède de cet amour, il est dans l'homme interne, parce qu'il est dans le ciel ; mais lorsqu'il est dans l'obscur quant à l'amour et à la foi procédant de l'amour, il est dans l'homme externe, parce qu'il est dans le monde : ces états sont aussi entendus par le malin, midi, le soir et la nuit ou le crépuscule dans la Parole ; pareillement les états de l'Église; le premier état de l'Église est appelé matin dans la Parole, son second état midi, son troisième le soir, et son quatrième ou dernier la nuit ; mais quand l'Église est dans sa nuit, c'est-à-dire, quand elle n'est plus ni dans l'amour envers Dieu, ni dans la foi, le matin commence par le crépuscule chez une autre nation, où une nouvelle Église est instaurée ; en effet, il en est de l'Église dans le commun comme de l'homme dans le particulier; le premier état de l'homme est l'état de l'innocence, par conséquent aussi l'état de l'amour à l'égard de ses parents, de sa nourrice et aussi à l'égard des petits enfants ses camarades ; son second état est l'état de la lumière, car lorsque Penfant entre dans l'âge puéril, il apprend les choses qui appartiennent à la lumière, c'est-à-dire, les vrais de la foi, et il les croit; le troisième état est quand il commence à aimer le monde et à s'aimer lui-même, ce qui arrive lorsqu'il devient jeune homme, et qu'il pense d'après lui-
môme, et autant ces amours croissent, autant décroît la foi, et avec la foi la charité à l'égard du prochain et l'amour envers Dieu ; le quatrième et dernier état est lorsqu'il ne s'inquiète ni de la foi ni de la charité, et plus encore lorsqu'il les nie : de tels états sont aussi les états de chaque Église depuis son commencement jusqu'à sa fin, son premier état est aussi l'état de l'enfance, ainsi l'état de l'innoceuce, par conséquent l'état de l'amour envers le Seigneur, cet état est appelé son matin ; le second état est l'état de la lumière, c'est son midi ; le troisième état est l'état de la lumière dans l'obscur, c'est son soir ; et le quatrième état est l'état où il n'y a aucun amour, ni par suite aucune foi, c'est sa nuit : s'il en est ainsi, c'est parce que les maux s'accroissent de jour en jour, et autant ils s'accroissent, autant comme une contagion l'un infecte l'autre, surtout * les parents infectent leurs enfants ; et en outre les maux héréditaires sont successivement condensés et ainsi dérivés. Que le Matin signifie le premier état de l'Église, et aussi l'état de l'amour, on le voit dans Daniel : a Un saint dit : Jusques à quand cette vision, le » (sacrifice) perpétuel, et la prévarication dévastatrice ? Il me dit : » Jusqu'au soir au matin, deux mille et trois cents ; alors sera » justifié le saint. » — VIII. 13, \ b ; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur ; le soir est l'état de l'Église avant l'avènement du Seigneur, mais le matin est le premier état de l'Église après . l'avènement, et dans le sens suprême, c'est le Seigneur Lui-Même ; si le Seigneur, dans le sens suprême, est le Matin, c'est parce qu'il est le Soleil du ciel, et que le Soleil du ciel ne se couche jamais, mais est toujours l'Orient ; de là encore le Seigneur est appelé orient, par conséquent aussi matin, voir N01 2405, 2780, 9608. Dans Ésaïe : « A moi on crie de Séir : Qu'y a-t-il touchant la » nuit? Qu'y a-t-il touchant la nuit, sentinelle? La sentinelle a » dit : Le matin est venu, et aussi la nuit, » — XXI. 11, 12 ; — par la sentinelle dans le sens interne il est entendu celui qui observe les états de l'Église, et ses changements, ainsi tout prophète; par la nuit il est entendu le dernier état de l'Église ; par le matin, son premier état ; par Séir d'où crie la sentinelle, rillumiuation des nations qui sont dans les ténèbres ; que Séir ait celte signification, on le voit, N° 4240 ; et que la nuit soit le dernier état de l'Église, on le voit, N° 6000; « le matin vient et aussi la nuit, » signifie
que quoiqu'il y ait illumination pour ceux qui sont de la nouvelle Église, il y a néanmoins nuit pour ceux qui sont dans la vieille Église. La même chose est signifiée par le matin dans David : « Au » soir dureront de nuit les pleurs, au matin le chant. » — Ps. XXX. 6.— Et dans Ésale : a Vers le temps du soir voici la ter- » reur, avant le matin, il n'y en a point. » —XVII. 14.— Comme le matin, dans le sens suprême, signifie le Seigneur, et par suite l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur, c'est pour cela que la manne, qui était le pain céleste, « tombait en pluie chaque » matin. » — Exod. XVI. 8, 12, 18, 21 ; — que le Seigneur soit le Pain qui est descendu du ciel, ainsi la manne, on le voit dans Jean, — VI. 33, 35, 48, 50 ; et que le pain soit l'amour céleste, qui est l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur, on le voit, N" 2165, 2177, 3464, 4217, 4735, 5405, 5915, 9545 : et comme le Seigneur est l'orient et le matin, et que le tout de l'amour céleste procède de Lui, c'est aussi pour cela qu'il est ressuscité a le matin le jour dit sabbat h. » — Marc, XVI ; — et c'est encore pour cela que le jour avant la féte de la Pàque était appelé soir, car la féte de la Pàque signifiait la présence du Seigneur, et par Lui la délivrance de la damnation pour les fidèles, N°» 7867, 9286, 9287 à 9292. Celui qui connaît le sens interne de la Parole peut savoir ce qui est enveloppé, quand il est dit que Pierre « nierait trois fois le Seigneur, avant que le coq eût chanté deux fois. » — Malth. XXVI. 34, 74, 75. Marc, XIV. 30, 68, 72. Luc, XXII. 34, 60, 61. Jean, XVIII. 27;— en effet, Pierre représentait la foi de l'Église, ou, ce qui est la même chose, l'Église quant à la foi ; le temps, quand le coq chantait, signifiait le dernier état de l'Église; ce temps était aussi appelé le chant du coq ; le triple reniement signifiait le reniement complet du Seigneur à la fin de l'Église ; on peut voir que Pierre a représenté la foi de l'Église, ainsi l'Église quant à la foi, Préf. des Chap. XVIII et XXII de la Gen. et N0' 3750, 4738 ; et que ces paroles adressées à Pierre ont signifié le reniement du Seigneur dans l'Église, -quand arrive sa fin, N0i 6000, 6073 f. , 10087 ; car le Seigneur est renié, quand il n'y a plus aucune foi ; et il n'y a plus aucune foi, quand il n'y a plus aucune charité; que trois signifie le complet, on le voit, N- 2788, 4495, 7715, 8347, 9198, 9488, 9489 ; de là vient
qu'il a élé dit qu'il renierait trois fois ; que cela ait été fait au point du jour, quand le matin allait venir, on le voit dans Jean, — XV11I. • 28 ; — et que le chant du coq et le point du jour soient la même chose, cela est évident dans Marc : « Veillez donc, car vous ne sa- » vez pas quand le Seigneur de la maison viendra ; si ce sera le » soir, ou à minuit, ou au citant du coq, ou le matin. » — XIII. 35. — D'après cela, on peut voir maintenant ce qui est signifié par le matin.
10135. Et l'autre agneau tu feras entre les soirs, signifie la même chose dans l'état de la lumière et de l'amour dans l'homme externe : on le voit par la signification de faire ou sacrifier l'agneau, en ce que c'est l'éloignement des maux par le bien de l'innocence procédant du Seigneur, comme ci-dessus, N° 10134; et par la signification de entre les soirs, en ce que c'est dans l'état de la lumière et de l'amour dans l'homme externe; en effet, le soir dans la Parole signifie l'état des intérieurs, quand les vrais de la foi sont dans l'obscur, et les biens de l'amour dans quelque froid; car les états de l'amour et de la lumière varient chez les anges, comme dans le monde varient les états des temps du jour, qui sont le matin, midi, le soir, la nuit ou le crépuscule, et de nouveau le matin ; quand les anges sont dans l'état de l'amour, c'est pour eux le matin, et alors le Seigneur leur apparaît comme soleil à l'orient ; quand ils sont dans l'état de la lumière, c'est pour eux midi ; quand ils sont dans l'état de la lumière dans l'obscur, c'est pour eux le . soir, et quand ensuite ils sont dans l'état de l'amour dans l'obscur ou dans quelque froid, c'est pour eux la nuit, ou plutôt le crépuscule avant le matin ; de tels états se succèdent continuellement chez Jes anges, et c'est par ces états qu'ils sont continuellement perfectionnés; toutefois, ces variations existent non pas d'après le soleil du ciel, ni d'après son lever et son coucher, mais d'après l'état des intérieurs mômes des anges ; car, de même que les hommes, ils désirent être tantôt dans leurs internes, tantôt dans leurs externes; quand ils sont dans les internes, ils sont dans l'état de l'amour et de la lumière dans le clair, et quand ils sont dans les externes, ils sont dans l'état de l'amour et de la lumière dans l'obscur, car l'externe est tel respectivement a l'interne; de là l'origine des variations de l'état des anges : s'il y a chez eux de tels états et de telles va-
rialions, c'est parce que le Soleil du ciel, qui là est le Seigneur, est le Divin Amour Môme ; c'est pourquoi la chaleur qui en procède est le bien de l'amour, et la lumière qui en procède est le vrai de la foi; car toutes les choses qui procèdent de ce Soleil sont vivantes, et non comme celles qui procèdent du soleil du monde, lesquelles sont mortes : de là, on peut voir ce que c'est que la chaleur céleste, et ce que c'est que la lumière céleste, et pourquoi dans la Parole le bien de l'amour est signifié par la chaleur, par la flamme et par le feu, le vrai de la foi par la lumière et par sa splendeur, et le Seigneur Lui-Mêmc quant au Divin amour par le Soleil : que le Seigneur dans les cieux soit le Soleil, on le voit, N" 3636, 3643, 4321 f., 5097, 7078, 7083, 7171, 7173, 8812; on voit aussi que la chaleur qui en procède est le bien de l'amour, N°* 3338, 3330, 3636, 3693, 4018, 5215, 6032, 6314; et que la lumière qui procède de ce sofeil est le Divin Vrai, d'où proviennent la foi, l'intelligence et la sagesse, arti. cités, N- 9548, 9684. D'après cela, on peut voir maintenant ce qui est signifié par le matin, et ce qui est signifié par le soir. Mais qu'on sache qu'ici le matin enveloppe aussi midi, et que le soir enveloppe aussi le point du jour ; en effet, quand il est dit dans la Parole le malin et le soir, alors est entendu tout le jour; ainsi par le matin, aussi midi; et par le soir, aussi la nuit ou le point du jour; de là vient qu'ici le matin signifie l'état de l'amour et aussi de la lumière dans le clair, et le soir l'état de la lumière et aussi de l'amour dans l'obscur, ou dans l'homme externe. Que par» entre les soirs » il soit entendu, non pas le temps entre le soir d'un jour et le soir du jour suivant, mais le temps entre le soir et le malin, ainsi inclusivement la nuil ou le point du jour, cela est évident en ce que l'holocauste perpétuel d'agneau était fait nonseulement le soir, mais aussi le matin : de là, on peut voir que pareille chose est signifiée par entre les soirs dans d'autres passages, par exemple, en ce qu'on devait faire le Paesach « entre les soirs.»
— Exod. XII. 6. Nomb. IX. 5, 11 ; — ce qui est môme expliqué ailleurs en ces termes : « Tu sacrifieras te Pœsacli au soir, quand » se couchera le soleil, au temps fixe de ta sortie d'Egypte; e'nsuite » tu le cuiras et lu le mangeras dans le lieu qu'aura choisi Jéhovah » ton Dieu, et tu retourneras, au matin, et t'en iras à tes tentes.»
— Deutér. XVI. 6, 7. — Que le soir en général signifie l'état de
la lumière dans l'obscur, on le voit dans Jérémie : « Levez-vous, et » montons à midi ; malheur à nous, parce que s'en va le jour, parce » que se sont inclinées les ombres du soir ! levez-vous, montons » pendant la nuit, et détruisons ses palais. » — VI. A, 5 ; — là, le soir et la nuit signifient les derniers temps de l'Église, quand toutes les choses de la foi et de l'amour ont été détruites. Dans Zacharie : « 11 y aura un jour, qui (est) connu de Jéhovah, quand n vers le temps du soir il y aura de la lumière : en ce jour-là » sortiront des eaux vives de Jérusalem, et Jéhovah sera en Roi » sur toute la terre. » — XIV. 7, 8, 9; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur; la fin de l'Église est le temps du soir; la Lumière est le Seigneur quant au Divin Vrai. Pareillement dans Daniel : « Un Saint me dit : Jusqu'au soir, au matin, deux mille » trois cents. » — VIII. 13, 14.
10136. Et un dixième de fleur de farine mêlée d'huile pitée, le quart d'un hin, signifie le bien spirituel d'après le bien céleste, autant qu'il en faut pour ta conjonction : on le voit par la signification du dixième d'un éphah, en ce que c'est autant qu'il en faut, et en quantité suffisante pour les usages, N01 84(58, 8540, 9757 ; par la signification de la fleur de farine, en ce que c'est le vrai d'après le bien, N° 9995, icj le vrai d'après le bien céleste, lequel vrai est appelé le bien spirituel ; par la signification de Y huile, en ce que c'est le bien céleste, N°* 886, 3728, 4582, 4638, 9474, 9780; par la signification du quart d'un hin, en ce que c'est autant qu'il en faut pour la conjonction, car quatre signifie la conjonction, Noi 9601 , 9674 ; de là, le quart ou la quatrième partie, c'est autant qu'il faut pour cette conjouction : l'éphah et le hin étaient des mesures, et les mesures signifient la quantité de la chose dont il s'agit; l'éphah, mesure de la farine, du froment et de l'orge, la quantité du bien ; et le hin, mesure du vin et de l'huile, la quantité du vrai; que ce soit le dixième de l'éphah, qui est entendu ici, on le voit d'après le Lévit. VI. 13, et ailleurs. Il est donc évident que par « le dixième de fleur de farine mêlée d'huile pilée, le quart d'un hîn, » il est signifié le bien spirituel d'après le bien céleste, autant qu'il en faut pour la conjonction. Ce que c'est que le spirituel et ce que c'est que le céleste, on le voit dans les articles cités,
10137. Et une libation du quart d'un hin de vin, signifie le vrai spirituel autant qu'il en faut pour la conjonction : on le voit par la signification du vin, en ce que c'est le vrai, N°* 1071, 1708, 6377, ici le vrai spirituel correspondant au bien spirituel d'après le céleste, qui est signifié par la fleur de farine mêlée d'huile, N° 10136; car dans la Parole lorsqu'il s'agit du bien il s'agit aussi du vrai, et même du, vrai du même genre dont provient le bien, parce que toutes choses, en général et en particulier, dans le ciel et aussi dans le monde, se réfèrent au bien et au vrai, et à l'un et à l'autre pour qu'elles soient quelque chose; car le bien sans le vrai n'est pas- le bien, et le vrai sans le bien n'est pas le vrai, voir les articles cités, N°* 9263, 9314 ; de là vient que lorsqu'on offrait une minchab, qui était le pain, on offrait aussi une libation, qui était le vin ; pareillement dans la Sainte Cène; c'est de là que par la libation de vin ici il est entendu le vrai correspondant au bien qui est signifié par la minchah, dont il vient d'être parlé; et par la signification du quart d'un hin, en ce que c'est autant qu'il en faut pour la conjonction, N° 10136. Chacun peut voir que par la minchah, qui était le pain, et par la libation, qui était le vin, il faut enteudre, non pas purement du pain et du vin, mais quelque chose de l'Église et du Ciel, ainsi les spirituels et les célestes qui appartiennent au Ciel et à l'Église; autrement, à quoi l)on mettre sur l'autel du pain et du vin ? cela était-il agréable à Jéhovah, ou cela était-il pour Lui une odeur de repos, comme il est dit? et cela pouvait-il expier l'homme? Celui qui pense saintement sur la Parole ne peut penser que ces objets terrestres eussent été agréables à Jéhovah, s'il n'y avait pas eu en eux un Divin plus élevé et plus intérieur; celui qui croit que la Parole est Divine et spirituelle partout doit absolument croire que dans chacune de ses expressions est caché un arcanc du ciel : mais si jusqu'à présent on n'a pas connu où est caché cet arcane, c'est parce qu'on n'a pas connu que dans chaque expression de la Parole il y a un sens interne qui est spirituel et Divin, ni que chez chaque homme il y a des anges qui perçoivent les objets de ses pensées et saisissent spirituellement la Parole, 'quand elle est lue par lui, et qu'alors par eux le saint influe du Seigneur, et qu'ainsi par eux il y a conjonction du ciel avec l'homme, par conséquent conjonction du Seigneur par les cieux avec lui; c'est
pour cette raison qu'il a été donné à l'homme une telle Parole, par laquelle il peut ainsi, et non autrement, être pourvu à son salut par le Seigneur. Que la minchah, qui est le pain, signifie le bien de l'amour, et que la libation, qui est le vin, signifie le bien de la foi, et qu'elles soient perçues ainsi par les anges, c'est ce qu'on peut voir d'après tout ce qui est dit de la minchah et de la libation dans la Parole; par exemple, dans Joôl : «Retranchées ont été la » Minchah et la Libation de la maison de Jéhovah; dans le » deuil sont les prêtres, ministres de Jéhovah ; dévasté est le champ, » dans le deuil est la terre, car dévasté est le blé, tari est le moût, » languissante est l'huile; le cep a séché, et le figuier languit; la- » mentez-vous, ministres de Jéhovah, car rejetées ont été de la » maison de notre Dieu la minchah et la libation, parce qu'il » est proche le jour de Jéhovah, et comme une dévastation par » Schaddaï il vient. » — I. 9 à 15 ; — là, il s'agit du dernier temps de l'Église, quand en elle il n'y a plus ni bien de l'amour, ni vrai de la foi, ce qui est signifié par le jour de Jéhovah est proche, il vient comme une dévastation par Schaddaï; de là, il est évident que par ta minchah et la libation, qui ont été retranchées de la maison de Jéhovah, par le champ qui est dévasté, par la terre qui est dans le deuil, par le blé qui est aussi dévasté, par le moût qui est tari, par l'huile qui est languissante, et par le cep et le figuier, il est signifié des choses qui appartiennent à l'Église et au Ciel; quant à ce qui est signifié, le sens interne l'enseigne; par ce sens il est évident que par le champ est signifié l'Église quant à la réception du vrai, voir N°* 3766, 4982, 7502, 7571, 9295; par la terre, l'Église quant au bien, voir les articles cités, N° 9325; par le blé tout bien de l'Église, N01 5295, 5410, 5959 ; par le moût tout vrai de l'Église, N° 3580 ; par l'huile le bien de l'amour, N" 4582, 4638, 9780 ; par le cep le bien intérieur de l'Église spirituelle, N°* 5113, 6376, 9277; par le figuier le bien extérieur, N0' 217, 4231, 5113 ; d'où il est évident que la minchah et la libation sont le culte d'après le bien de l'amour et d'après le vrai de la foi. Dans Malachie : « De minchah je n'accepterai point de vos mains, car depuis » le lever du soleil jusqu'à son coucher grand (sera) le Nom de n Jéhovah parmi les nations; et, en tout lieu, du parfum (sera) of- » fert à mon Nom, et une minchah pure. »— I. 10, 11 ; — il
est évident qu'ici par la minchah il n'est pas signifié une minchah, ni par le parfum un parfum, car il s'agit de l'Église chez les nations, chez lesquelles cependant il n'y avait pas de minchah; en effet, il est dit « depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, grand sera le Nom de Jéhovah parmi les nations, et en tout lieu une minchah pure et du parfum ; » que le parfum soit l'adoration d'après le bien de la foi, on le volt, N° 9475. Pareillement dans David : « Ac- » ceptées soient mes prières, parfum devant Toi, l'élévation de » mes mains, mincliah du soir. » — Ps. CXLI. 2 ; — la minchah du soir est le bien de l'amour dans l'homme externe. Dans Ésaïe : « Vous vous êtes échauffés pour des dieux sous tout arbre » verdoyant, même pour eux tu as répandu la libation ; lu » as fait monter le présent ; tu offres le présent au roi dans » l'huile ; et tu multiplies tes aromates ; et tu t'abaisses vers l'en- » fer. » — - LVIl. 5, 6, 9; — la, il s'agit du culte d'après les maux et les faux qui proviennent de l'enfer ; les dieux dans le sens interne sont les faux, car ceux qui ont adoré d'autres dieux leur donnaient, il est vrai, un nom, mais néanmoins c'étaient les faux provenant des maux qu'ils adoraient ; que les dieux étrangers dans la Parole soient les faux, on le voit, N°* 4402 f., 8941; l'arbre verdoyant est tout perceptif, tout cognitif et tout confirmatif du faux, N- 2722, 2972, 4552, 7692 ; le verdoyant est lesensitif, N° 7691; s'échauffer, c'est l'ardeur du culte, car le feu, d'où vient réchauffement, est l'amour dans l'un et l'autre sens, N°* 5215, 6832, 7575 ; répandre la libation, c'est le culte d'après les faux du mal; offrir le présent au roi dans l'huile, c'est adorer satan d'après les maux ; le présent dans l'huile est la minchah; multiplier les aromates, c'est multiplier les parfums par lesquels sont signifiées les adorations, N° 9475; aussi est-ce pour cela qu'il est dit qu'elle s'abaisse vers l'enfer : d'après cela, on peut voir que la minchah, qui était le pain, et la libation, qui était le vin, signifient les choses qui appartiennent à l'Église et au Ciel, à savoir, la nourriture et le breuvage célestes, les mêmes que signifient le Pain et le Vin dans la Sainte Cène, pour cette raison, déjà donnée, que le Ciel se conjoigne avec l'homme par la Parole, et qu'ainsi par le Ciel au moyen de la Parole le Seigneur seconjoigne avec l'homme ; lorsque le Divin de la Parole est dans de telles choses, il nourrit non-seulement les xv. 31.
mentais humains, mais aussi les mentais angéliques, et fait que le Ciel et le Monde sont un. D'après cela, on peut encore voir que loutes et chacune des choses qui ont été dites et commandées, dans la Parole, sur la minchah et la libation, ou sur le Pain et le Vin, contiennent en elles des arcanes Divins ; par exemple, que la minchah serait de fleur de farine, sur laquelle il y aurait de l'huile et aussi de l'encens, qu'elle devait absolument être salée, et qu'on la ferait azyme ou sans levain ; que sa composition serait autre pour le sacrifice d'un Agneau, autre pour celui d'un Bélier, autre pour celui d'un Taureau, et que, dans les sacrifices du péché et du délit, elle ne serait pas non plus la même que dans les autres sacrifices ; que pareillement dans la libation il y aurait de la différence dans la mesure du vin ; si toutes ces choses n'avaient pas renfermé des arcanes du Ciel, il n'aurait nullement été commandé de faire des applications différentes pour le culte. Pour que ces différentes compositions soient embrassées d'un seul coup d'œil, je vais les présenter dans leur ordre : « Dans les sacrifices et les holocaustes eucharistiques, la minchah pour chaque Agneau était d'un dixième d'éphah de fleur de farine mêlée au quart d'un hin d'huile, et le vin pour la libation le quart d'un hin. Pour chaque Bélier, la minchah était de deux dixièmes de fleur de farine, et du tiers d'un hin d'huile; du vin pour la libation le tiers d'un hin. Pour chaque Taureau, la minchah était de trois dixièmes de fleur de farine, mêlée à la moitié d'un hin d'huile ; et du vin pour la libation lamoitié d'un hin. »— Nomb. XV. 4 à 12. XXVIII. 10, 11, 12, 20, 21, 28, i 29. XXIX. 3, 4, 9, 10, 14, 15, 18, 21, 24, 27, 30, 33, 37 ; si pour un Agneau la quantité de fleur de farine, d'huile et de vin, était autre que pour un Bélier et pour un Taureau, c'est parce que l'agneau signifiait le bien intime de l'innocence, le bélier le bien moyen de l'innocence, et le taureau le bien dernier ou externe de l'innocence ; en effet, il y a trois cieux, l'intime, le moyen et le dernier, par conséquent il y a aussi trois degrés du bien de l'innocence; son accroissement du premier au dernier est signifié par le rapport croissant de la fleur de farine, de l'huile et du vin : il faut qu'on sache que le bien de l'innocence est l'âme même du ciel, parce que ce bien est seul réceptif de l'amour, de la charité et de la foi, qui font les cieux : que l'agneau soit le bien intime de l'innocence, on le voit,
N" 3994, 10132; le bélier, le bien moyen ou intérieur de l'innocence, N° 10042 ; et le taureau, le bien dernier ou externe de l'innocence, N°* 9391, 9990. Dans les sacrifices pour la confession, « ta minchah était de gâteaux azymes mêlés d'/wile, de beignets azymes oints d'huile, de fleur de farine roulée, gâteaux mêlés d'huile ; outre tes gâteaux de pain fermentês, » — Lévit. VII. 11, 12; — et dans les sacrifices du délit et du péché, la minchah était « d'un dixième d'êphah de fleur de farine, mais n ni huile ni encens sur elle. » — Lévit. V. 11 ; — s'il n'était mis ni huile ni encens sur la minchah du sacrifice du péché et du délit, c'est parce que l'huile signifie le bien de l'amour, et l'encens le vrai de ce bien, et que le sacrifice du péché et du délit signifie la purification et l'expiation des maux et des faux du mal, qui par cette raison ne devaient pas être mêlés avec le bien et le vrai du bien. En outre, sur « la Minchah d'Aharon et de ses fils au jour qu'ils devaient être oints, » voir Lévit. VI. 13, 14, 15 : — sur « la Minchah des prémices de la moisson, » — Lévit. II. 14, 15. XXIII. 10,12,13, 17;— sur «la Minchah du Naziréen, » — Nomb. VI ; — sur « la Minchah de jalousie, » — Nomb. V ; — sur « la Minchah du purifié de la Lèpre, » — Lévit. XIV ; — sur « la Minchah cuite dans le four ; sur la Minchah cuite dans le poêle ; et sur la Minchah cuite dans un chaudron, » — Lévit. II. 3, 4, 5, 0, 7 ; qu' a il n'y aurait aucun levain dans la Minchah, ni aucun miel ; et que la Minchah devait absolument être salée. » — Ibid. Vers. 10, 11, 13 ; — s'il n'y avait ni levain, ni miel dans la minchah, c'est parce que le levain dans le sens spirituel est le faux d'après le mal, et le miel le plaisir externe ainsi mêlé avec le plaisir de l'amour du monde, par lequel fermentent et par conséquent se dissipent les biens et les vrais célestes ; et si la minchah devait absolument être salée, c'est parce que le sel signifiait le vrai désirant le bien, ainsi conjoignant l'un et l'autre : que le levain soit le faux d'après le mal, on le voit, N' 2342, 7906, 8051, 9992 ; que le miel soit le plaisir externe, ainsi le plaisir de l'amour dans l'un et l'autre sens, on le voit, N° 5620 ; et que le sel soit le vrai désirant le bien, on le voit, N° 9207.
101 38. Pour le pretnier agneau, signifie cela dans t'hmnme interne : on le voit par la signification du premier agneau, ou de
l'holocauste qui était fait le matin, en ce que c'est le bien de l'innocence dans l'homme interne, N° 10134.
10130. Et le second agneau tu feras entre les soirs, signifie l' éloignement des maux par le bien de l'innocence procédant du Seigneur dans l'état de l'amour et de la lumière dans l'homme externe : on le voit par les explications données ci-dessus N° 10135, où sont les mômes paroles.
10140. Selon la mincliah du matin, et selon sa libation tu la feras, signifie le bien spirituel procédant du bien céleste et le vrai de ce bien autant qu'il en faut pour la conjonction : on le voit par la signification de la minc/iah du matin, ou de la minchah pour le second agneau, en ce que c'est le bien spirituel procédant du bien céleste et le vrai de ce bien autant qu'il en faut pour la conjonction, N" 10136, 10137.
10141. En odeur de repos, signifie le perceptif de la paix: on le voit par la signification de X odeur de repos, en ce que c'est le perceptif de la paix, N° 10054.
10142. Ignition àJéhovah, signifie d'après le Divin amour du Seigneur : on le voit d'après ce qui a été dit et montré cidessus, N* 10055.
10143. Holocauste à perpétuité, signifie tout culte Divin en général : on le voit par la signification de l'holocauste, en ce que c'est le culte Divin, ainsi qu'il va être montré ; et par la signification dV> perpétuité, en ce que c'est tout et dans tout, N° 10133; de là, l'holocauste à perpétuité signifie tout culte Divin en général, et quand il s'agit d'un holocauste fait avec un agneau, par qui est signifié le bien de l'innocence, il signifie aussi dans tout culte, car tout culte, qui est véritablement culte, doit provenir des vrais de la foi et des biens de l'amour, et dans tout bien de l'amour et par suite dans tout vrai de la foi il doit y avoir le bien de l'innocence, N° 10133; de là vient que l'holocauste à perpétuité signifie aussi dans tout culte. Si l'holocauste est le culte Divin, c'est parce que les holocaustes et les sacrifices étaient le principal du culte représentatif chez la nation Israélite et Juive, et que toutes choses se réfèrent à leur principal et en tirent leur dénomination ; que le principal du culte chez cette nation ait consisté en sacrifices et en holocaustes, et que par suite les sacrifices et les holocaustes aient signifié tout ce qui appartient au
culte en général, on le voit, N°* 922, 1343, 2i80, 6905, 8680, 8936, 10042. Mais il sera dit en peu de mots ce que c'est que le culte Diy^, qui est signifié par les sacrifices et par les holocaustes : Les sacrilces et les holocaustes ont spécialement signifié la purification des maux et des faux, et alors l'implantation du bien et du vrai et la conjonction de l'un et de l'autre, ainsi la régénération, voir NM 10022, 10053, 10057; l'homme qui est daus ces opérations est dans le culte réel, car la purification des maux et des faux est d'y renoncer, de les fuir et de les avoir en aversion ; l'implantation du bien et du vrai est de penser et de vouloir le bien et le vrai, et de les prononcer et les faire ; et la conjonction de l'un et de l'autre est d'y conformer sa vie ; en effet, quand le bien et le vrai ont été conjoints chez l'homme, il y a en lui une volonté nouvelle et un entendement nouveau, par conséquent une vie nouvelle ; quand l'homme est tel, le culte Divin est dans toute œuvre qu'il fait, car alors l'homme regarde le Divin dans tout, il le vénère, il l'aime, par conséquent il lui rend un culte : que ce soit là le culte Divin réel, c'est ce qu'ignorent ceux qui placent tout culte dans l'adoration et dans les prières, ainsi dans les choses qui appartiennent à la bouche et à la pensée, et non dans celles qui appartiennent à l'œuvre provenant du bien de l'amour et du bien de la foi, lorsque cependant chez l'homme qui est dans l'adoration et dans les prières le Seigneur ne regarde rien autre que son cœur, c'est-à-dire, ses intérieurs, tels qu'ils sont quant à l'amour et à la foi provenant de cet amour ; si donc l'amour et la foi ne sont pas intérieurement dans l'adoration et dans les prières, il n'y a en elles ni âme ni vie, il y a seulement un externe, tel qu'est celui des flatteurs et des hypocrites, qui, on le sait, ne plaisent pas non plus au sage dans le monde : en un mot, faire selon les préceptes du Seigneur, c'est là véritablement le culte du Seigneur, et même c'est là véritablement l'amour et véritablement la foi; c'est aussi ce que peut voir quiconque réfléchit; en effet, celui qui aime quelqu'un et qui croit en lui, n'a rien de plus à cœur que de vouloir et de faire ce que celui-ci veut et pense, car son seul désir est de connaître sa volonté et sa pensée, ainsi son bon plaisir; autrement il n'aime pas et ne croit pas : il en est de môme de l'amour envers Dieu ; c'est aussi ce que le Seigneur enseigne dans Jean : « Celui qui a tnes prireptes et les fait, c'est celui-là qui
» M'aime; mais celui qui ne M'aime pas, mes paroles ne garde » pas. » — XIV. 21, 24 : — et ailleurs dans le Môme : « Si mes » commandements vous gardez, vous demeurerez 0ns mon » amour ; mon commandement est que vous vous aimiez les » uns les autres. » — XV. 10, 12. — Que le culte externe sans cet interne ne soit pas le culte, c'est aussi ce qui est signifié par ces paroles sur les holocaustes et les sacrifices dans Jërémie : « Je n'ai » point parlé avec vos pères au sujet de paroles d'holocauste et de » sacrifice, mais cette parole je leur ai ordonné, en disant : Obéis- » sez à ma voix, et je vous serai pour Dieu. » — VII. 21, 22, 23. — Dans Hosée : « Miséricorde je veux et non pas sacrifice, » et connaissance de Dieu plutôt que des holocaustes. » — VI. (5. — Dans Michée: « Préviendrai-je Jéhovah avec des holocaustes? » Jéhovah prendra-t-il plaisir à des milliers de béliers? Il t'a indi- » qué ce que c'est que le bien ; et qu'est-ce que Jéhovah demande » de toi ? Seulement de faire le jugement, et d'aimer la misé- »> ricorde, et de s'humilier, en marchant avec ton Dieu. » — VI. » <5, 7, 8. — Dans le livre I de Samuel : « Le plaisir de Jéhovah » est-il dans des holocaustes et des sacrifices? Voici, écouter est » préférable au sacrifice des bœufs ; l'obéissance, préférable » à la graisse des béliers. » —XV. 22. — Que le culte môme du Seigneur consiste dans la vie de la charité, et non dans la vie delà piété sans celle de la charité, on le voit, N°* 8252 à 8257.
10144. En vos générations, signifie perpétuellement dans l'Église : on le voit par la signification des générations, lorsqu'il s'agit des fils d'Israël, en ce que c'est ce qui succède dans l'Église, car les (ils d'Israël signifient l'Église, et les générations signifient le successif de l'Église ; les générations signifient aussi les générations spirituelles, qui appartiennent à la foi et à l'amour, aiusi qui appartiennent à l'Église ; et en générations signifie encore le perpétuel, par conséquent aussi le successif: que les fils d'Israôl signifient l'Église, on le voit dans les articles cités N° 0340 ; on voit aussi que les générations signifient les choses qui appartiennent à la foi et à l'amour, N°' 2020, 2584, 6239; le perpétuel et l'éternel, N° 0789; le successif, N° 9845.
10145. A l'entrée de la tente, signifie la conjonction du bien et du vrai : on le voit par la signification de Ventrée de la
tente, en ce que c'est la conjonction du bien et du vrai, N°* 10001, 10025.
10146. Devant Jéhovah, signifie procédant du Seigneur: cela est évident en ce que Jéhovah dans la Parole est le Seigneur, voir les articles cités, N0 9373 ; que devant Jéhovah ce soit procédant du Seigneur, c'est parce que devant signifie la présence, et que la présence du Seigneur est selon qu'on reçoit le bien de l'amour et le vrai de la foi procédant de Lui ; de là vient que devant le Seigneur signifie procédant du Seigneur; le Seigueur, il est vrai, est présent chez chaque homme, mais il est autrement présent chez les bous que chez les méchants ; chez les bons il est présent dans toutes les choses qu'ils pensent d'après les vrais de la foi, et qu'ils veulent d'après le bien de l'amour, et tellement présent que Lui-Méme est la foi, et Lui-Méme est l'amour en eux ; par conséquent il est chez eux comme habitant, selon les paroles du Seigneur Lui-Méme dans Jean : « L'Esprit de vérité chez vous demeurera, et en vous il » sera ; et vous connaîtrez que Moi (je suis) dans mon Père, » et vous en Moi, et Moi en vous ; celui qui a mes préceptes » et les fait, c'est celui-là qui M'aime; vers lui nous viendrons, » et demeure chez lui nous ferons. » — XIV. 17, 18, 20, 21, 23. — Mais chez les méchants le Seigneur n'est point présent dans chaque chose, parce qu'en eux il n'y a ni la foi ni la charité, mais il est présent dans le commun, et par cette présence ils ont la faculté de penser et de vouloir, et aussi de recevoir la foi et la charité, mais en tant qu'ils renoncent aux maux ; autant ils n'y renoncent point, autant il semble absent; les degrés d'absence du Seigneur sont selon l'absence du vrai et du bien de la foi et de l'amour : c'est de là que ceux qui sont dans le ciel sont en présence du Seigneur, tandis que ceux qui sont dans l'enfer sont en son absence. Toutefois, voici comment la chose se passe : Le Seigneur n'est point absent de l'homme, mais l'homme est absent du Seigneur ; car l'homme, qui est dans les maux, regarde en arrière du Seigneur, et alors ce qui est devant ses yeux lui est présent selon les affinités des maux dans lesquels il est : en effet, dans l'autre vie il n'y a point d'espace, mais il y a seulement apparence d'espace selon les affinités des pensées et des affections : il en est de cela comme de la présence du Soleil du monde quant à la lumière cl quant à la chaleur ; le Soleil est
également présent en tout temps ; mais quand la terre se détourne du Soleil, la lumière cesse, et l'ombre se répand, d'abord l'ombre du soir, et ensuite l'ombre de la nuit ; et quand la terre regarde vers le soleil non pas directement, mais obliquement, comme il arrive dans la saison d'hiver, la chaleur cesse et le froid survient, et par suite toutes les productions de la terre s'engourdissent et meurent ; cela aussi est nommé absence du Soleil, et cependant c'est l'absence de la terre à l'égard du Soleil, non quant à l'espace, mais quant à l'état de la lumière et de la chaleur : ceci a été dit pour illustration.
10147. Où je conviendrai avec vous pour t'y parier, signifie la présence et l'influx du Seigueur : on le voit par la signification de convenir pour parler, en ce que c'est la présence et l'influx ; car convenir est la présence ; et parler, quand il s'agit de Jéhovah, c'est-à-dire, du Seigneur, est l'influx ; que parler, ce soit l'influx, on le voit, N°* 2951, 5481 , 5797, 7270 : ce que c'est que la présence du Seigneur, cela vient d'être dit, N° 10146 ; quant à l'influx du Seigneur, voir les passages cités, N°' 9223, 9276, 9682.
10148. Et je conviendrai là avec les fils d'Israël, signifie ta présence du Seigneur dans l'Église : on le voit par la signification de convenir, en ce que c'est la présence, comme ci-dessus, N° 10147 ; et par la signification des fils d'Israël, en ce qu'ils sont
. l'Église, N° 9340.
10149. Et sanctifié il sera dans ma gloire, signifie le réceptif du Divin Vrai procédant du Seigneur : on le voit par la signification d'être sanctifié, en ce que c'est le réceptif du Divin procédant du Seigneur, ainsi qu'il va être montré ; et par la signification de la gloire, en ce qu'elle est le Divin Vrai, N" 4809, 5922, 8427, 9429. Qu'être sanctifié, ce soit le réceptif du Divin procédant du Seigneur, c'est parce que le Seigneur seul est saint, et que par suite tout ce qui est saint procède de Lui, N° 9229; et parce que le Divin Vrai procédant de Lui est ce qui dans la Parole est entendu par le saint, N° 9818 : mais ici, où il s'agit des fils d'Israël, des Holocaustes et des Sacrifices, de la Tente de convention et de l'Autel, c'est le représentatif de ce Divin qui est signifié par le saint et par être sanctifié ; et cela, parce que chez la nation Israélite et Juive, toutes choses étaient des représentatifs des inlé-
rieurs de l'Église, qui appartiennent à la foi et à l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur, car l'Église chez celte nation avait été instituée Église représentative ; de là tous les externes signifiaient et représentaient ces choses que le sens interne enseigne ; c'est pour cela que ces externes étaient appelés saints, par exemple, l'Autel, le Feu sur l'autel, l'Holocauste, la Graisse, le Sang; la Tenle de convention, la table où étaient les pains des faces, la table du parfum, le Chandelier, et tous leurs vases; surtout l'Arche dans laquelle était le Témoignage; et en outre, les pains, les gâteaux, les beignets, qui étaient appelés Minchah, l'Huile, l'Encens ; et même les habits d'Aharon, comme l'Épbod, le Manteau, la Tunique, le Turban, surtout le Pectoral ; et aussi Aharon lui-même était appelé saint ; de même les fils d'Israël : mais toutes ces choses n'étaient saintes que parce qu'elles représentaient et ainsi signifiaient les saints, c'est-à-dire, les Divins qui procèdent du Seigneur, car ces Divins seuls sont saints. Celui qui est dans les externes sans les internes croit que ces choses ont été saintes non représentativemenl mais essentiellement, après qu'elles eurent été initiées ; mais on se trompe grossièrement; si on les adore comme saintes essentiellement, on adore alors des choses terrestres, et on diffère peu de ceux qui adorent la pierre et le bois, comme les idolâtres; mais ceux qui adorent les choses qui sont représentées ou signifiées, c'est-à-dire, les saints Divins, ceux-là sont dans le culte réel, car pour eux les externes sont seulement des causes moyennes pour penser aux choses qui sont les essentiels de l'Église et pour les vouloir, et ces essentiels, comme il a été dit ci-dessus, sont les choses qui appartiennent à la foi et à l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur. Il eu est aujourd'hui de même de la Sainte Cène; ceux qui, lorsqu'ils la fréquentent, ne pensent point, d'après la foi, au Seigneur, à son amour à l'égard du genre humain, et au renouvellement de la vie selon ses préceptes, y adorent seulement le pain et le vin, et non le Seigneur, et croient saints des externes, qui cependant ne sont point saints en eux-mêmes, mais ne le sont que d'après les choses qu'ils signifient, car le pain y signifie le Seigneur quant au bien de l'amour, et le vin le Seigneur quant au vrai de la foi, et en même temps le réceptif par l'homme ; ces deux choses sont les essentiels mômes de l'Église, ainsi les essentiels mêmes du culte, voir N°* &2IJ , A217,
4736, 0135, 6789, 7850, 8682, 9003, 9127, 10040. D'après ce qui vient d'être dit, on peut voir maintenant ce qui est signifié dans la Parole par le saint et par être sanctifié.
10150. El je sanctifierai la Tente de convention, signifie le réceptif du Seigneur dans les deux inférieurs : on le voit par la signification de sanctifier, en ce que c'est le réceptif du Divin du Seigneur, ainsi qu'il vient d'être montré, N° 10149 ; et par la signification de la Tente de convention, en ce qu'elle est les cieux, Noâ 3478, 9457, 9481, 9485, 9963; si elle est lescieux inférieurs, c'est parce que l'autel signifie les cieux supérieurs, comme on le verra plus loin, Y 10151. 11 sera dit ici en peu de mots ce que c'est que les cieux inférieurs et les cieux supérieurs : Les cieux ont été distingués en deux Royaumes, le Céleste et le Spirituel ; le Royaume céleste fait les cieux supérieurs, et le Royaume spirituel les cieux inférieurs ; le bien essentiel du Royaume céleste est le bien de l'amour envers le Seigneur, et le bien de l'amour mutuel ; le bien essentiel du Royaume spirituel est le bien de la charité à l'égard du prochain, et le bien de la foi ; ces Royaumes diffèrent entre eux comme l'Intellectuel et le Volontaire chez l'homme régénéré, en général comme le bien et le vrai ; mais quelle est cette différence, on peut le voir d'après ce qui a été montré sur ces deux Royaumes dans les passages cités, N° 9277; puis, N0' 9543, 9688, 9992, 10005, 10068 : le Volontaire aussi est l'intime de l'homme, car il est l'homme lui-même ; mais l'intellectuel est l'adjacent et le servant, ainsi l'extérieur : ce qui est intérieur est aussi appelé supérieur, et ce qui est extérieur est appelé inférieur : que le Royaume céleste corresponde au Volontaire, et le Royaume spirituel à l'Intellectuel chez l'homme régénéré, ou le voit, N° 9835. D'après cela, on voit clairement ce qui est entendu par les cieux inférieurs, et ce qui est entendu par les cieux supérieurs.
10151. Et l'autel, signifie le réceptif du Divin procédant du Seigneur dans les cieux supérieurs : on le voit par la signification de sanctifier, en ce que c'est le réceptif du Divin procédant du Seigneur, N° 10149 ; et par la signification de V autel, en ce que c'est le représentatif du Seigneur quant au Divin Bien, N° 9964, ici quant au Divin Bien procédant de Lui dans les cieux, où ce bien est reçu, ainsi dans les cieux supérieurs, car là est reçu
le Seigneur quant au Divin Bien, tandis que dans les cieux inférieurs est reçu le Seigneur quant au Divin Vrai, selon ce qui vient d'être montré, N° 10150. Il faut qu'on sache que tout ce qui représentait le Seigneur Lui-Même a représenté aussi le Ciel , car le Divin procédant du Seigneur, reçu par les anges, fait le ciel ; les anges eux-mêmes quant à leur propre ne font point le ciel, mais ils le font quant au Divin qu'ils reçoivent du Seigneur : qu'il en soit ainsi, c'est ce qu'on peut voir en ce que chacun d'eux y reconnaît, croit et perçoit aussi que rien du bien ne vient d'eux-mêmes, mais que tout bien procède du Seigneur, et que tout ce qui vient d'eux n'est pas le bien ; ainsi absolument selon le doctrinal de l'Église, que tout bien vient d'en haut ; de ce qu'il en est ainsi, il résulte que c'est le Divin du Seigneur qui fait la vie céleste chez eux, par conséquent qui fait le ciel : par là, ou peut voir comment il faut entendre que le Seigneur est tout dans toutes choses du ciel ; que le Seigneur y habite dans ce qui est à Lui ; et que par l'ange dans la Parole il est signifié quelque chose du Seigueur, propositions dont il a été question ça et là dans ce qui précède. 11 en est de même de l'Église ; là, les hommes quant à leur propre ne font pas l'Église, mais ils la font quant au Divin qu'ils reçoivent du Seigneur ; en elfct, là, celui qui ne reconnaît pas et ne croit pas que tout bien de l'amour et tout vrai de la foi procèdent de Dieu , n'est pas de l'Église ; car il veut aimer Dieu par lui-môme, et croire en Dieu par lui-même, ce qui cependant est impossible à l'homme ; de là, il est encore évident que le Divin du Seigneur fait l'Église, comme il fait le Ciel ; l'Église est aussi le Ciel du Seigneur dans les terres; par conséquent encore le Seigneur dans l'Église est tout dans tous, comme dans le Ciel, et il y habite dans ce qui est à Lui chez les hommes, comme chez les anges dans le Ciel ; aussi les hommes de l'Église, qui reçoivent ainsi le Divin du Seigneur par l'amour et la foi, deviennent-ils anges du ciel après la vie dans le monde ; et non les autres. Que le Divin du Seigneur fasse le Royaume du Seigneur chez l'homme, c'est-à-dire, le Ciel et l'Église chez lui, c'est ce que le Seigneur enseigne dans Jean : « L'Esprit de vérité » chez vous demeurera, et en vous il sera; et vous connaîtrez que » Moi (je suis) dans le Père, et vous en Moi, et Moi en vous. » — XIV. 17, 20 ; — l'esprit de vérité est le Divin Vrai procédant
du Seigneur ; il est dit de ce vrai qu'il demeurera en eux ; et ensuite, que le Seigneur est dans le Père, et eux en Lui, et Lui en eux, ce qui signifie qu'ils seront dans le Divin du Seigneur, et que le Divin du Seigneur sera çn eux ; que ce soit le Divin Humain du Seigneur, qui est entendu dans ce passage, cela est évident : et ailleurs dans le Môme : « Demeurez en Moi, et Moi en vous; » comme le sarment ne peut porter du fruit par lui-même, s'il ne » demeure dans le cep ; de même non plus vous, si en Moi vous ne » demeurez ; celui qui demeure en Moi, et Moi en lui, celui-là » porte du fruit beaucoup ; car sans Moi vous ne pouvez faire » rien. » — XV. 4, 5.
10152. Et Aharon et ses fils je sanctifierai pour exercer le sacerdoce pour Moi, signifie le représentatif du Seigneur dans les uns et les autres quant à l'œuvre de la salvation : on le voit par la signification ù' Aharon, en ce qu'il est le Seigneur quant au bien céleste, N0i 9800, 9946, 10068 ; et par la représentation des fils d' Aharon, en ce qu'ils sont le Seigneur quant au bien spirituel, N°* 10017, 10068, ainsi dans les uns et les autres, tant dans les cieux supérieurs que daus les inférieurs; car soit qu'on dise le bien céleste, ou le Royaume céleste, ou les cieux supérieurs, c'est la même chose; et soit qu'on dise le bien spirituel, ou le Royaume spirituel, ou les cieux inférieurs, c'est aussi la môme chose ; sur les cieux supérieurs et inférieurs, voir ce qui vient d'être dit, N°' 10J60, 10151 ; et par la représentation du sacerdoce, en ce que c'est l'œuvre de la salvation du Seigneur, N0f 9809, 10017 : de là il est évident que par « sanctifier Aharon et ses fils pour exercer le sacerdoce pour Jéhovah, » il est signifié le représentatif du Seigneur dans les uns et les autres quant à l'œuvre de la salvation. Il m'est permis de dire encore quelque chose sur l'œuvre de salvation du Seigneur : Il est notoire dans l'Église que le Seigneur est le Sauveur et le Rédempteur du genre humain, mais il en est peu qui sachent comment cela doit être entendu ; ceux qui sont dans les externes de l'Église croient que le Seigneur a racheté le monde, c'est-à-dire, le genre humain, par son sang, par lequel ils entendent la passion de la croix ; mais ceux qui sont dans les inlernes de l'Église savent que personne n'est sauvé par le sang du Seigneur, mais qu'on est sauvé par la vie selon les préceptes de la
foi et de la charité tirés de la Parole du Seigneur ; ceux qui sont dans tes intimes de l'Église entendent par le sang du Seigneur le Divin Vrai procédant de Lui, et par la passion de la croix ils entendent le dernier de la tentation du Seigneur, dernier par lequel il a entièrement subjugué les enfers, et en même temps glorifié, c'est-à-dire, fait Divin son Humain ; et que par là il a racheté et sauvé tous ceux qui se laissent régénérer par la vie selon les préceptes de la foi et de la charité tirés de sa Parole : par le sang du Seigneur, dans le sens interne selon lequel les anges dans les cieux perçoivent la Parole, il est entendu aussi le Divin Vrai procédant du Seigneur, voir N- A735, 6978, 5A76, 7317, 7326, 7850, 9127, 9393, 10026, 10033. Mais comment l'homme a été sauvé et racheté par le Divin, par lequel le Seigneur a subjugué les enfers et glorifié son Humain, c'est ce que personne ne peut savoir, à moins qu'on ne sache que chez chaque homme il y a des anges du ciel et des esprits de l'enfer, et que s'il n'y en avait pas continuellement chez l'homme, l'homme ne pourrait rien penser ni rien vouloir ; et qu'ainsi l'homme quant à ses intérieurs est ou sous la domination des esprits qui sont de l'enfer, ou sous la domination des anges qui sont du ciel : quand ce premier point est connu, on peut savoir que si le Seigneur n'eût pas entièrement subjugué les enfers, et remis toutes choses en ordre tant dans les enfers que dans les cieux, personne n'aurait pu être sauvé; qu'il en aurait été de même si le Seigneur n'eût pas fait Divin son Humain, et ne se fût pas par là acquis la Divine puissance sur les enfers et sur les cieux pour l'éternité ; car sans la Divine puissance ni les enfers ni les cieux ne peuvent être tenus dans l'ordre ; en effet, la puissance par laquelle existe une chose doit être perpétuelle pour que cette chose subsiste, car la subsistance est une perpétuelle existence : le Divin Même, qui est appelé Père, sans le Divin Humain, qui est appelé Fils, ne pouvait pas effectuer cela, puisque le Divin Même sans le Divin Humain ne peut pas parvenir jusqu'à l'homme, ni même jusqu'à l'ange, lorsque le genre humain s'est entièrement éloigné du Divin, comme il est arrivé à la fin des temps, lorsqu'il n*y ent plus aucune foi ni aucune charité; c'est pourquoi le Seigneur est alors venu dans le monde, et a restauré toutes choses ; et cela, d'après son Humain ; et il a ainsi sauvé et racheté l'homme
par la foi et l'amour envers le Seigneur d'après le Seigneur ; en effet, le Seigneur peut détourner des enfers et de la damnation éternelle ceux qui reçoivent cette foi et cet amour, mais non ceux qui les rejettent, car ceux-ci rejettent la salvalion et la rédemption. Que ce soit par le Divin Humain que le Divin Même opère cela, c'est ce qu'on voit dans plusieurs passages de la Parole, par exemple, dans ceux où le Divin Humain, qui est le Fils de Dieu, est appelé la droite et le bras de Jéhovah ; et où il est dit que tout pouvoir est au Seigneur dans les cieux et dans les terres ; que le Seigneur soit appelé la droite et le bras de Jéhovah , on le voit, N° 10019 ; et que tout pouvoir soit à Lui dans les cieux et dans les terres, on le voit, N° 10089 : que le Seigneur d'après le Divin Humain ait subjugué les enfers, et ait remis toutes choses dans l'ordre tant dans les enfers que dans les cieux ; et qu'alors il ait en môme temps glorifié, c'est-à-dire, fait Divin son Humain, c'est ce qui a été montré dans les articles cités, N° 9528, et N°* 9715, 9809, 9937, 10019 ; et que le Divin Môme, qui est appelé le Père, ait effectué cela par le Divin Humain, on le voit clairement dans Jean : « Au commencement était la Parole, et la Parole était chez Dieu, » et Dieu elle était, la Parole ! toutes choses par Elle ont été » faites, et sans Elle n'a été fait rien de ce qui a été fait ; et » la Parole Chair a été faite, et elle a habité parmi nous. » — I. 1, 2, 3, lh ; — Que ce soit le Seigneur quant au Divin Humain qui est appelé la Parole dans ce passage, cela est évident, car il est dit « la Parole Chair a été faite » et il est ajouté plus loin : « Dieu personne ne levit jamais, l' Unique-Engendrè Fils, qui » est dans le sein du Père, Lui L'a exposé. » — Vers. 18 : — et ailleurs dans le Même : « Vous n'avez jamais entendu la voix » du Père, ni vu son aspect. » — V. 37 ; — et dans le Même : « Moi, je suis te chemin, la vérité et ta vie; personne ne vient » au Père que par Moi; dès à présent vous connaissez le Père » et vous l'avez vu ; qui Me voit, voit le Père. » — XIV. 6, 7,9; — et dans Mathieu : « Personne ne confiait le Père que » te Fils, et celui à qui le Fils aura voulu te révéler. » — XL 27. — D'après cela, on peut maintenant voir ce que c'est que l'œuvre de la salvation et de la rédemption, et qu'elle est faite par le Divin Humain du Seigneur.
1 01 53. Et j'habiterai au milieu des fils d'Israël, signifie la présence du Seigneur et son influx par le bien dans le Ciel et dans l'Église : on le voit par la signification d'habiter, quand il s'agit du Seigneur, en ce que c'est être présent et influer ; que ce soit par le Divin Bien, c'est parce qu'habiter se dit du bien, N0i 2268, 2451, 2712, 3613, 8269, 8309; aussi est-il dit au milieu, parce que le milieu signifie l'intime, et que l'intime est le bien; que l'intime soit signifié par le milieu, on le voit, N" 2940, 5897, 6084, 6103; — et par la représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont l'Église, N° 0340. Si habiter au milieu; quand il s'agit du Seigneur, signifie sa présence et l'influx par le Divin Bien, c'est parce que le Seigneur influe et est présent chez l'homme dans le bien que l'homme reçoit du Seigneur ; en effet, le bieu fait l'homme lui-même, car chacun est tel qu'est son bien ; par le bien est entendu l'amour, puisque tout ce qu'on aime est appelé bien : que l'amour ou le bien de l'homme fasse l'homme, quiconque sonde un autre le sait ; car après qu'il l'a sondé, il le conduit par son amour où il veut, tellement que quand celui-ci est tenu dans son amour, il n'est plus maître de lui-môme, et qu'alors les raisons qui sont contre son amour ne prévalent en rien, tandis que celles qui sont d'accord avec son amour prévalent en toutes choses. Qu'il en soit ainsi, on le voit clairement dans l'autre vie : Là, tous les esprits sont connus d'après leurs amours, et quand ils sont tenus dans ces amours, ils ne peuvent rien faire qui y soit opposé, car agir contre ces amours, c'est agir contre eux-mêmes ; aussi les esprits sont-ils les formes de leurs amours ; ceux qui sont dans les cieux sont des formes de la charité et de l'amour céleste, formes d'une si grande beauté qu'elles ne peuvent être décrites ; ceux qui sont dans les enfers sont des formes de leurs amours, c'est-à-dire, des amours de soi et du monde, ils sont par conséquent des formes de la haine et de la vengeance, ainsi des monstres tels qu'il n'est pas non plus possible de les décrire. Puis donc que l'homme tout entier est tel qu'est son amour, il est évident que le Seigneur ne peut pas être présent chez l'homme dans un amour mauvais, mais qu'il est présent dans un amour bon, ainsi dans le bien de l'homme : on croit que le Seigneur est présent dans le vrai qui est appelé vrai de la foi ; cependant il n'est point présent dans le vrai qui est sans le bien ; mais là oii est le bien, il est
présent dans le vrai par le bien, et autant le vrai conduit au bien et procède du bien, autant le Seigneur est présent dans le vrai : on ne peut pas dire que le vrai sans le J>ien soit intérieurement dans l'homme, il est seulement dans sa mémoire comme scientifique; il n'entre point dans l'homme et ne le constitue pas avant d'appartenir à la vie ; et le vrai appartient à la vie, quand l'homme l'aime, et que d'après l'amour il vit selon ce vrai ; quand cela arrive, le Seigneur habite chez l'homme ; c'est aussi ce que le Seigneur enseigne dans Jean : « Celui qui a mes préceptes et les fait, c'est celui-là qui » M'aime, et Moi je l' aimerai; et je Me manifesterai Moi-Ménie » à lui ; et mon Père l'aimera, et vers lui nous viendrons, et de- » meure chez lui nous ferons. » — XIV. 21 , 23 ; — Se manifester Lui-Môme, c'est illustrer dans les vrais de la foi d'après la Parole ; venir vers lui, c'est être présent ; et faire demeure chez lui c'est habiter dans son bien.
10154. Et je leur serai pour Dieu, signifie la présence du Seigneur et son influx dans le vrai dans l'Église: on le voit par la signification d'être pour Dieu, en ce que c'est la présence du Seigneur et son influx dans le vrai ; que ce soit dans le vrai, c'est parce que le Seigneur dans la Parole de l'Ancien Testament est appelé Dieu quand il s'agit du vrai, et Jéhovah quand il s'agit du bien ; c'est de là aussi que les anges sont appelés dieux d'après la réception du Divin Vrai procédant du Seigneur; de là vient encore que dans la Langue originale Dieu est appelé Élohim au pluriel, car les vrais sont en grand nombre, mais le bien est un, — Math. XIX. 16, 17 : — que le Seigneur soit appelé Dieu quand il s'agit du vrai, et Jéhovah quand il s'agit du bien, on le voit, NM 258(5, 2769, 2807, 2822, 3021, 4287, 4402, 7010, 9167; on voit aussi que les anges sont appelés dieux d'après la réception du Divin Vrai procédant du Seigneur, N°* 4295, 4402, 7268, 7873, 8192, 8302, 8867, 8941 ; et que le Seigneur est Jéhovah dans la Parole, articles cités N° 9373 ; qu'il soit appelé Père de toute éternité, et aussi Dieu, on le voit clairement dans Ésale : « Un enfant nous est né, un Fils nous » a été donné, sur son épaule (sera) la principauté, son nom est » appelé Dieu, Héros, Père d'éternité, Prince de paix. » — IX. 5 ; — et dans le Môme : « La vierge concevra et enfantera un Fils, » et on appellera son Nom Immanuel, c'est-à-dire, Dieu avec
» nous. » — VII. 14. Malth. I. 23. — Qu'ici par «je vous serai pour Dieu, » il soit signifié la présence el l'influx du Seigneur dans le Vrai, c'est encore ce qui est évident en ce que par « j'habiterai au milieu des fils d'Israël, » il est signifié la présence du Seigneur et son influx par le bien ; car dans la Parole quand il s'agit du bien, il s'agit aussi du vrai, à cause du mariage céleste, qui est celui du bien et du vrai dans chaque chose de la Parole ; voir les articles cités, N°* 9263, 9314.
10155. Et ils connaitront que Moi je suis Jéhovah leur Dieu, signifie le perceptif que du Seignenr procèdent tout bien et tout vrai: on le voit par la signification de connaître, en ce que c'est comprendre, croire, et percevoir, ainsi qu'il va être montréj que ce soit percevoir que du Seigneur procèdent tout bien et tout vrai, c'est parce qu'il est dit Jéhovah Dieu, et que le Seigneur est appelé Jéhovah d'après le Bien, et Dieu d'après te Vrai, voir N" 2586, 2769, 2807, 2822, 3921, 4287, 4402, 7010, 9167. Si connaître est comprendre, croire et percevoir, c'est parce qu'il se dit et de l'Intellectuel de l'homme et de son Volontaire ; quand il se dit seulement de l'Intellectuel, c'est comprendre; quand il se dit de l'intellectuel et en même temps du volontaire, c'est croire; et quand il se dit seulement du volontaire, c'est percevoir ; c'est pourquoi, chez ceux qui sont seulement dans la science de la chose, el par suite dans la pensée sur cette chose, connaître, c'est comprendre ; chez ceux qui sont dans la foi, connaître, c'est croire ; et chez ceux qui sont dans l'amour, connaître, c'est percevoir ; mais quand connaître est conjoint avec comprendre, voir, et croire, alors connaître, c'est percevoir, puisque comprendre, voir, et croire, se réfèrent à l'entendement, par conséquent au vrai, et que percevoir se réfère à la volonté, par conséquent au bien ; comme dans Jean : « Pierre dit : » Nous, nous avons cru, et nous avons connu que Toi, lu es le . » Christ, le Fils du Dieu vivant. » — VI. 69 ; — dans le Même: « Jésus dit : Aux œuvres croyez, afin que vous connaissiez et que » vous croyiez que le Père (est) en Moi, et Moi dans le Père, » — X. 38 ; — dans le Même : « Jésus dit : « Si vous M'aviez » connu, et mon Père vous auriez connu ; et dès à présent vous » L'avez connu, et vous L'avez vu. » — XIV. 7 ; — dans le Même : « Il enverra l'Esprit de vérité, que le mondç ne peut recexv. 32.
» voir, parce qu'il ne Le voit point, et ne Le connaît point ; » mais vous,i?0ms Le connaissez, parce que chez vous il demeure, » et qu'en vous il sera. » — XIV. 17 ; — dans Marc : « Jésus par- » lait en paraboles, afin que voyant ils vissent et ne connussent » point. » — IV. 11, 12 ; dans Jérémie : « Afin que tu connaisses » et que tu voies qu'il est mauvais et amer à toi d'abandonner Jé- » hovah ton Dieu. » — 11. 10 ; — dans le Même : « Que celui qui » se glorifie, se glorifie de comprendre et de connaître que Moi » (je suis) Jéhovah. » — IX. 23 ; — dans Hosée : « Je te fian- » cerai à Moi dans la foi, et tu connaîtras Jéhovah. » — 11. 20 ;
— dans ces passages, connaître, c'est percevoir ; et percevoir, c'est d'après le bien ; mais comprendre et voir, c'est d'après le vrai ; car ceux qui sont dans le bien ou dans l'amour, perçoivent au dedans d'eux que telle chose est ainsi ; mais ceux qui sont dans le vrai ou dans la foi, voient au dedans d'eux ; c'est pourquoi, pour ceux qui sont dans le Royaume céleste du Seigneur, il y a perception que telle chose est ainsi, et pour ceux qui sont dans le Royaume spirituel du Seigneur, il y a foi qu'elle est ainsi, voir les articles cités, N° 9277, puis N°* 9992, 9995, 10105 ; et ce que c'est que la perception, N°* 125, 371, 483, 495, 503, 521, 536, 597, 607, \ 121, 1384, 1387, 1398, 1442, 1919, 2144, 2515, 2831, 3528, 5121, 5145, 5227, 7680, 7977, 8780. Puisque connaître dans le sens propre signifie percevoir d'après le bien, c'est pour cela aussi qu'il est dit : « // est connu d'après le cœur. » — Deutér. VIII. 5 ;
— car d'après le cœur, c'est d'après le bien de Tarnour, N" 3883 à 3896, 7542, 9050, 9300, 9495 ; et c'est pour cela que faire le bien est exprimé par « connaître Jéhovah. » — Jérém. XXII. 16. — D'après cela, il est évident que par « ils connaîtront que Moi je suis Jéhovah leur Dieu, » il est signifié le perceptif que du Seigneur procèdent tout bien et tout vrai.
10156. Qui les ai retirés de la terre d'Égypte, signifie qu'on est sauvé de l'enfer par le Seigneur : on le voit par la signification d'être retiré de la terre d'Égypte, en ce que c'est être délivré de l'enfer, N- 8866, 9197 ; ainsi être sauvé. Si la terre d'Égypte signifie l'enfer, c'est parce que cette terre dans le sens réel signifie le naturel et son scientifique; et qu'être retiré de l'homme naturel> et de son scientifique, et être élevé dans l'homme spirituel
et dans l'intelligence et la sagesse de cet homme, c'est aussi être retiré de l'enfer ; car l'homme nait naturel, mais devient spirituel par la régénération ; et s'il ne devient pas spirituel, il est dans l'enfer ; en effet, la science de l'homme naturel, c'est-à-dire, de l'homme non régénéré, est dans la lumière du monde ; mais l'intelligence de l'homme spirituel, c'est-à-dire, de l'homme régénéré, est dans la lumière du ciel ; et tant que l'homme est seulement dans la lumière du monde, il est dans l'enfer ; mais quand il est en même temps dans la lumière du ciel, il dans le ciel : ceux aussi qui sont seulement dans la science naturelle, et par suite daus nulle autre lumière que la lumière du monde, ne peuvent croire en aucune manière les choses qui sont du ciel ; et môme s'ils veulent entrer dans ces choses par leur lueur, qui est appelée lueur naturelle, il se présente à eux une sorte d'obscurité qui les aveugle, et fait que le céleste n'est rien ; car ce qui dans le mental apparaît comme obscurité est comme rien : de là vient que l'homme entièrement naturel, quoiqu'il se croie dans la lumière plus que les autres, nie de cœur les Divins et les célestes ; c'est aussi pour cela que tant d'érudits se réduisent par leurs sciences à une semblable folie, car un grand nombre d'entre eux nient, plus que les simples, les choses qui appartiennent à la foi de l'Église et du Ciel : il en est autrement chez ceux qui se laissent élever par le Seigneur dans la lumière du Ciel ; en effet, ceux-ci sont d'abord élevés au-dessus des scientifiques qui appartiennent à l'homme naturel ; et ensuite ils voient par la lumière du ciel les choses qui sont dans leur homme naturel, lesquelles sont appelées scientifiques, et ils les discernent bien, en adoptant celles qu'ils saisissent et qui sont convenables, et en rejetant ou mettant de côté celles qu'ils ne saisissent pas et qui ne sont pas convenables : en un mot, voici ce qu'il en est : Tant que l'homme est entièrement naturel, ses intérieurs qui voient d'après la lumière du ciel ont été fermés, et ses extérieurs qui voient d'après la lumière du monde ont été ouverts, et alors l'homme regarde en bas, c'està-dire, vers le monde et vers lui-même, car de ce côté aboutissent toutes les choses qui appartiennent à sa volonté et à sa pensée; et où regarde l'homme, là aussi se tourne son cœur, c'est-à-dire, sa volonté et son amour : au contraire, quand l'homme devient spirituel, ses intérieurs, qui voient d'après la lumière du ciel, sont ou-
verts, et alors l'homme regarde en haut, ce qui a lieu par une élévation faite par le Seigneur, ainsi il regarde vers le ciel et vers le Seigneur ; là aussi sont élevées toutes les choses qui appartiennent à sa volonté et toutes celles qui appartiennent à sa pensée, ainsi là est élevé son cœur, c'est-à-dire, son amour. Eu effet, l'homme a été créé de telle sorte, que quant à son interne, il a été formé à l'image du ciel, et quant à son externe, à l'image du monde, NM 6057, 9279 ; et cela, atin que le ciel et le monde soient conjoints chez l'homme, et qu'ainsi par l'homme le Seigneur puisse influer du ciel dans le monde, et le gouverner dans le particulier chez chacun, et dans le commun chez tous , et ainsi conjoindre l'un et l'autre, et par là faire que dans le monde il y ait aussi l'instar du ciel : mais quand l'homme ne s'occupe que du monde, le ciel a été fermé chez lui , tandis que quand il se laisse élever par le Seigneur, le ciel est " ouvert chez lui, et le monde lui est soumis ; et quand cela arrive, l'enfer est séparé de lui et est éloigné : et alors pour la première fois l'homme sait ce que c'est que le bien et ce que c'est que le mal, mais non auparavant : c'est là ce qui est appelé l'image de Dieu chez l'homme, — Gen. I. 27, 28. — Ceci a été dit, afin qu'on sache ce que c'est que l'homme spirituel et ce que c'est que l'homme naturel, et que l'homme purement naturel, s'il n'est devenu spirituel par le Seigneur, est l'enfer ; par conséquent, afin qu'on sache pourquoi l'Égypte signifie l'enfer, quand elle signifie aussi le naturel et son scientifique; que l'Égypte signifie le scientifique, on le voit dans les articles cités, N° 9340 ; on voit aussi que par suite elle signifie le naturel, art. cités, N* 9391 ; et l'enfer, N°» 8866, 9197.
10157. Pour que j'iiabite au milieu d'eux, signifie le Divin du Seigneur, qui est tout dans toutes les choses du Ciel et de l'Église : on le voit par la signification $ habiter au milieu des fils d'Israël, quand il s'agit de Jéhovah, en ce que c'est la présence du Seigneur, et l'influx du Seigneur par le bien dans le Ciel et dans l'Église, N° 10153; et puisque là est sa présence, son Divin y est aussi tout dans tous, car le Seigneur est présent chez les anges du Ciel et chez les hommes de l'Église non dans leur propre, mais dans ce qui est à Lui chez eux, ainsi dans le Divin, selon ce qui a été expliqué ci-dessus, V 10151, et quand le Seigneur est présent dans son Divin dans les Cieux et dans l'Église, il y est aussi
tout dans tous; de là, il est le Ciel même; et c'est aussi de là que tout le Ciel ressemble au Seigneur quant à son Divin Humain ; et que le ciel dans son complexe est un Homme, qui est appelé le Très- Grand Homme, dont il a été parlé à la fin de plusieurs Chapitres, voir les articles cités, N°* 9276 f., 10030 f. ; et c'est encore de là que l'homme dans la Parole signifie l'Église, et aussi le Ciel, Noi 478, 768, 3636 ; et que ceux qui sont dans le Ciel, et véritablement dans l'Église, sont dits être dans le Seigneur, N" 3637, 3638, quand ils sont par Lui dans le bien de l'amour et dans le vrai de la foi envers Lui.
10158. Moi, Jéhovah leur Dieu, signifie de qui procèdent tout bien de l'amour et tout vrai de la foi : on le voit en ce que Jéhovah est le Divin Être, et que le Divin Être est le Divin Amour, ainsi le Divin Bien ; et en ce que Dieu est le Divin Exister, et que le Divin Exister est le Divin de la foi, ainsi le Divin Vrai ; en effet tout Vrai existe d'après le Bien, car le vrai est la forme du bien ; d'après cela, il est évident que, quand le Seigneur est appelé Jéhovah Dieu, il est entendu tout bien de l'amour et tout vrai de la foi ; et que, quand il est dit Jéhovah Dieu au milieu des fils d'Israël, il est entendu le perceptif que du Seigneur procèdent tout bien qui appartient à l'amour et tout vrai qui appartient la foi, comme ci-dessus, N° 10155.
Continuation sur la Seconde Terre dans le Ciel Astral.
10150. Puisque je me suis entretenu avec eux de Dieu invisible et visible, je peux rapporter que dans l'univers presque tous adorent Dieu sous une forme visible, et même dans leur idée sous une forme humaine, et que cela est un iusile : si cela est insité, c'est d'après l'influx qui vient du ciel ; car, ce qui est remarquable, les Anges qui sont élevés jusque dans la sphère du Troisième Ciel, viennent dans une perception manifeste de cela ; la raison en est,
que tous dans ce Ciel sont dans l'amour du Seigneur, et que toute perception, telle qu'elle est là pour les anges, vient de Tordre et du flux du ciel ; car le Ciel dans tout son complexe ressemble à un homme, ainsi qu'on peut le voir d'après ce qui a été montré au sujet du Ciel comme Très-Grand Homme à la fin de plusieurs Chapitres, dans les passages cités, N° 10030 f. : si le Ciel dans tout son complexe ressemble à un homme, c'est d'après le Divin Humain du Seigneur ; car d'après ce Divin le Seigneur influe dans le Ciel, le fait et le forme à sa ressemblance. Mais cet arcane peut difficilement être saisi par ceux qui ont par la propre intelligence extirpé chez eux cet insite.
10160. Je demandai aux Esprits si dans leur Terre les habitants vivent sous des gouvernements de Priuces ou de Rois ; ils me répondirent qu'ils ne savent point ce que c'est que des gouvernements, et qu'ils vivent sous eux-mêmes, distingués en nations, familles et maisons : je leur demandai ensuite s'ils sont ainsi en sûreté ; ils me dirent qu'ils sont en sûreté, puisqu'une famille n'envie rien à une autre, et ne lui veut rien retrancher ; ils furent indignés de ce que ces questions leur étaient adressées, comme si on les eût soupçonnés d'hostilité, et d'avoir besoin de protection contre des brigands ; qu'est-il besoin d'autre chose, disaient-ils, que d'avoir la nourriture et le vêtement, et d'habiter ainsi sous soi-même content et tranquille? Je perçus d'après des Très-Anciens, qui avaient has bité sur notre Terre, qu'ils avaient vécu pareillement de leur temps, et qu'alors ils ne savaient pas ce que c'était que de commander aux autres d'après l'amour de soi, et d'accumuler des richesses au-delà des nécessités de la vie d'après l'amour du monde; et qu'il y avait alors paix interne et en même temps paix externe, et par suite Ciel chez l'homme. C'est pour cela que ces temps ont été appelés Siècles d'or par les Écrivains anciens, et ont été décrits par cela qu'on faisait le juste et l'équitable d'après la loi inscrite dans les cœurs. L'état de la vie de ces temps-là est décrit dans la Parole par habiter sous soi en sûreté et solitaire, sans battants déporte ni verroux :et comme leurs habitations étaient des Tentes, c'est en mémoire de cela qu'il fut construit une Tente (Tabernacle), qui tenait lieu de Maison de Dieu, et qu'ensuite fut établie la fête des tabernacles, dans laquelle on se réjouissait de tout cœur : et puisque ceux qui
ont vécu ainsi n'avaient pas i'amour insensé de commander en vue d'eux-mêmes, et de gagner le monde en vue du monde, c'est pour cela qu'alors le Ciel se baissait vers eux, et que le Seigneur se montra ii sous une forme humaine à un grand nombre d'entre eux.
10161. Lorsque je les interrogeai touchant leur Terre, ils me dirent qu'il y a des prairies, des parterres émaillés de fleurs, des forêts remplies d'arbres fruitiers, et aussi des lacs garnis de poissons ; des oiseaux de couleur azur avec des plumes dorées; des animaux grands et petits, et parmi les petits ils m'en citèrent qui avaient le dos élevé comme celui des chameaux dans notre Terre ; ils ajoutèrent que cependant ifs ne se nourrissent point de leur chair, mais qu'ils mangent seulement de la chair de poissons; et, en outre, des fruits des arbres et des légumes. Ils me dirent ensuite qu'ils habitent non pas dans des maisons bâties, mais dans des bocages, où ils se font des toits entre les feuillages pour se garantir de la pluie et de l'ardeur du soleil.
10162. Je leur fis des questions sur leur soleil, qui est une étoile aux yeux des habitants de notre Terre ; ils me dirent qu'il était d'une couleur de feu, pas plus grand à la vue que la tête d'un homme. Il me fut dit par les anges que l'étoile, qui est pour eux le soleil, était du nombre des petites étoiles, à peu de distance de l'Équateur du ciel.
10163. Je vis des Esprits qui étaient semblables à ce qu'ils avaient été quand ils vivaient hommes sur leur terre ; ils avaient la face assez semblable à celle des hommes de notre terre, excepté que leurs yeux étaient petits, et leur nez aussi ; comme cela me semblait quelque peu difforme, ils me dirent que pour eux de petits yeux et un petit nez étaient une beauté. Je vis une femme vêtue d'une robe sur laquelle il y avait des roses de diverses couleurs ; je leur demandai comment sur cette terre ils se procurent des vête-
x ments ; ils me répondirent qu'ils tirent de certaines herbes des filaments dont ils forment des fils, et qu'aussitôt ils mettent le (il en deux ou en trois, l'humectent d'une eau glutineuse, et lui donnent ainsi de la consistance ; ils colorent ensuite cette toile avec des sucs d'herbes.
10164. Ils me montrèrent aussi comment ils font les fils; des femmes sont assises à demi-renversées sur un sièèe, et tordent les
fils avec les doigts des pieds, et quand ils sont tordus, elles les tirent à elles et les assujettissent avec les mains.
10165. Ils me dirent encore que sur cette Terre un mari n'a qu'une seule épouse, et non plusieurs, et qu'ils y ont depuis dix jusqu'à quinze enfants. Ils ajoutèrent qu'on y rencontre aussi des prostituées, mais qu'après la vie du corps quand elles deviennent esprits, elles sont magiciennes, et sont jetées dans l'enfer.
10160. Il sera parlé de la Troisième Terre dans le Ciel Astral à la fin du Chapitre suivant.