SENS INTERNE
9593. Vers. 1 . Et l'Habitude tu feras; dix rideaux* de fin fin tissu, et hyacinthe, et de pourpre, et d'tcarlatc doubte-
0 AKCANES CÉLESTES.
teints à chérubins, ouvrage d'imuginateur tu les feras. — Et l'Habitacle tu feras, signifie le second ciel ou ciel moyen : dix rideaux, signifie tous les vrais dont il est composé : de fin lin tissu, et d'hyacinthe, et de pourpre, et d'ècarlate doubleteint, signifie les spirituels et les célestes dont ces vrais procèdent : à chérubins, signifie la garde du Seigneur, afin que le ciel ne soit ni approché ni lésé par les enfers : ouvrage cCimaginateur tu les feras, signifie l'intellectuel.
9594. Et l'Habitacle tu feras, signifie le second ciel ou ciel moyen : on le voit par la signification de V Habitacle, quand il s'agit du Divin, eu ce qu'il est le ciel, proprement le ciel Moyen ou second. On sait qu'il y a trois deux, l'intime, le moyen et le dernier, ou le troisième, le second et le premier ; tous ces cieux ont été représentés par le Tabernacle ; par l'Arche, où était le Témoignage, a été représenté le Ciel intime ou troisième ; par l'Habitacle, où étaient la table pour les pains des faces cl le Chandelier, le Ciel moyen ou second ; et par le Parvis, le Ciel dernier ou premier. S'il y a trois cieux, c'est parce qu'il y a chez l'homme trois degrés de vie; (car l'homme qui devient auge après la mort, constitue le ciel, les anges n'ont pas d'autre origine, ni les cieux non plus ;) le degré intime de vie chez l'homme est pour le ciel intime ; le degré moyen de vie est pour le ciel moyen, et le dernier degré pour le dernier ciel : et puisque l'homme est tel, ou a élé ainsi formé, et que le ciel provient du genre humaiu, c'est pour cela qu'il va trois cieux. Ces degrés de vie chez l'homme sont successivement ouverts; le premier degré par la vie selon l'équitable et le juste ; le second degré par la vie selon les vrais de la foi d'après la>Paro!e, et selon les biens de la charité à l'égard du prochain d'après ces vrais ; et le troisième degré par la vie selon le bien de l'amour mutuel, et selon le bien de l'amour envers le Seigneur : ce sont là les moyens par lesquels sont successivement ouverts ces trois degrés de vie chez l'homme, ainsi les trois cieux chez lui. Mais il faut qu'on sache qu'autant l'homme s'éloigne du bien de la vie et s'approche du mal de la vie, autant sont fermés ces degrés, c'est-à-dire, autant sont fermés les cieux chez lui ; car de même que le bien de la vie les ouvre, de^méme le mal de la vie les ferme ; c'est de là que tous ceux qui sont dans le mal sont hors du ciel, ainsi dans l'enfer :
et comme les cieux chez l'homme sont successivement ouverts selon le bien de sa vie, ainsi qu'il vient d'être dit, il faut savoir qu'en conséquence chez quelques-uns est ouvert le premier ciel et non le second, que chez d'autres est ouvert le second ciel et non le troisième, et que le troisième ciel n'est ouvert que chez ceux qui sont dans le bien de la vie d'après l'amour envers le Seigneur : que l'homme soit le ciel dans une forme très-petite, et qu'il ait été créé à l'image et du ciel et du monde, on le voit dans les passages cités N° 9279. C'est donc le ciel intime qui est représenté par l'Arche du Témoignage, dont il a été question dans le Chapitre précédent; le ciel moyen qui l'est par l'Habitacle, dont il s'agit dans ce Chapitre; et le dernier ciel qui l'est par le Parvis, dont il s'agira dans le Chapitre suivant. Le ciel est appelé l'Habitacle de Dieu, en ce que le Divin du Seigneur y habite; car c'est le Divin Vrai, procédant du Divin Bien du Seigneur, qui fait le ciel, puisque ce Vrai donne la vie aux Anges qui y sont ; et comme le Seigneur habite chez les Anges dans ce qui procède de Lui, N° 9338 f., c'est pour cela que le ciel est appelé l'Habitacle de Dieu, et que les Divins Vrais mêmes, qui proviennent du Divin Bien, et dont les Anges ou les sociétés angéliques sont les réceptions, sont appelés Habilacles, comme dans David : « Envoie la lumière et la vérité, qu'elles me » conduisent, me conduisent vers la montagne de ta sainteté, et vers » tes habitacles, afin que j'entre vers l'Autel de Dieu, vers Dieu.» — Ps. XLI1I. 3, 4; — dans le Même : « Le fleuve dont les ruis- » seaux réjouiront la ville de Dieu, le saint des habitacles du » Très-Haut. » — Ps. XLVI. 5 ; — dans le Même : « Jusqu'à » terre ils ont profané l'Habitacle de ton Nom. » — Ps. LXXI V. 7 ; — dans le Même : « Combien sont aimables tes Habitacles, » ô Jéhovah! » — Ps. LXXX1V. 2. — Que ce soient les Divins procédant du Divin Humain du Seigneur qui sont proprement appelés Habilacles, et que par suite le ciel lui-même soit appelé Habitacle, on le voit aussi dans David : « Il a juré à Jéhovah, il a fait » ce vœu au puissant de Jacob : Si je donne du sommeil à mes » yeux, jusqu'à ce que j'aie trouvé un lieu à Jéhovah, des Habi- » tacles au puissant de Jacob! voici, nous avons enteudu parler » de Lui dans Éphralah, nous L'avons trouvé dans les champs de » la forêt; nous entrerons en ses Habilacles. »— Ps. CXXXIL
2, 4 à 7 ; — le puissant do Jacob est le Seigneur quant au Divin Humain, N° 0425; Éphratah, où il devait être trouvé, est Bethléchem où il est né, — Gen. XXXV. 19. XLV1I1. 7. Midi. V. 1. Matin. II. 4, 0; — les champs de la forêt sont les biens de l'Église chez les nations. Dans Ézéchiel : « Ils habiteront sur ta terre, » que j'ai donn63 à mon serviteur Jacob; Us habiteront sur elle, » eux et les fils de leurs fils jusqu'à éternité; et David mon serviteur » (sera) leur prince pour l'éternité : je traiterai avec eux une al- ►> liance de paix, une alliance d'éternité il y aura avec eux, et je » placerai mon sanctuaire au milieu d'eux pour l'éternité; ainsi » sera mon Habitacle chez eux. » — XXXVII. 25, 20, 27; — David qui sera leur prince, c'est le Seigneur, N° 1888; le sanctuaire, c'est le Divin Humain du Seigneur, puisque tout saint procède de ce Divin, N°» 3210, 9229; ainsi l'Habitacle, c'est le ciel et l'Église où est le Seigneur. Dans Jérémie : « Ainsi a dit Jéhovah : » Voici, je vais ramener la captivité des tentes de Jacob, elde ses » habitacles j'aurai compassion, a6n que soit bâtie la ville sur son » monceau. »— XXX. 18; — ramener la captivité des tentes de Jacob, c'est restaurer les biens et les vrais de l'Église externe qui avaient été entièrement perdus; avoir compassion de ses habitacles, c'est restaurer les vrais de l'Église interne; la ville qui devait être bâtie sur son monceau, c'est la doctrine du vrai, NM 2449, 2943, 3210, 4492, 4493. Comment le Seigneur habile dans le ciel, ou peut le voir d'après ce qui a déjà été montré concernant le Seigneur, c'est-à-dire que le Seigneur quant au Divin Humain est le Soleil d'où procèdent la Chaleur et la Lumière dans les cieux ; la chaleur procédant du Seigneur comme Soleil est l'amour, et la lumière est la foi ; le Seigneur habile donc chez ceux qui reçoivent de Lui le bien de l'amour et le vrai de la foi, ainsi la chaleur et la lumière de la vie ; sa présence est selon les degrés de réception.
9595. Dix rideaux, signifie tous les vrais dont il est composé : on le voit par la signification de dix, en ce que ce sont toutes choses, N" 4038 ; par suite la dixième partie, qui est l'un des rideaux est autant qu'il suffit, N°' 8408, 8540 ; et par la signification des rideaux ou courtines, en ce que ce sont les vrais intérieurs de la foi qui appartiennent à l'entendement nouveau, car l'Habitacle signifie le Ciel moyen ou second, qui est le ciel d'après la réception
du Divin Vrai procédant du Divio Bien du Seigneur, comme il a été montré ci-dessus, N" 9594 ; de là, les rideaux ou courtines, avec lesquels l'habitacle était construit et couvert, sont les vrais de la foi qui appartiennent à l'entendement nouveau ; que ce soit les vrais intérieurs, c'est parce que les vrais extérieurs sont signifiés par les rideaux de chèvres pour la Tente qui entourait l'habitacle, et dont il est aussi parlé dans ce Chapitre. Que les Rideaux ou Courtines soient les vrais de la foi chez ceux qui sont dans le Royaume spirituel du Seigneur, on le voit dans la Parole par les passages où ils sont nommés ; par exemple, dans Ésaïe : « Chante, stérile, qui » n'avait pas enfanté ; car nombreux les lils de la désolée plus que » les fils de celle qui était mariée ; élargis te lieu de ta tente, et » que les courtines de tes habitacles on étende ; allonge tes » cordages, car à droite et à gauche tu te répandras, et ta semence » possédera les nations en héritage. » — L1V. 1, 2, 3 ; — là, il s'agit de l'Église qui devait être instaurée chez les nations; elle est dite stérile, qui n'avait pas enfanté, parce qu'elle était sans vrais provenant de la Parole ; il ast dit que ses tils seront plus nombreux que les fils de celle qui était mariée, parce qu'elle devait avoir des vrais en plus grand nombre que n'étaient les vrais de PLglise précédente dévastée, car les fils sont les vrais, N8' 489, £91, 533, 1147, 3373, 3704 ; élargir le lieu de la tente, c'est le saint du culte d'après le bien de l'amour, Nos 3312, 4391, 4599; étendre les courtiues des habitacles, c'est le saint du culte d'après les vrais de la foi. Dans Jérémie : « Dévastée a été toute la terre, tout à coup » dévastées ont été mes tentes, en un moment mes courtines. » — IV. 20 ; — la terre qui a été dévastée, c'est l'Église, N° 9325 ; les tentes dévastées, c'est le saint du culte d'après le bien de l'amour ; les courtines dévastées, c'est le saint du culte d'après les vrais de la foi. Dans le Même : « Ma tente a été dévastée, et tous mes cor- » dages ont été rompus ; mes fils sont sortis d'avec moi, et ils ne » (sont) plus; plus personne gui étende ma tente, et qui dresse » mes courtines, parce qu'insensés sont devenus les pasteurs. » — X. 20, 21 , — pareillement. Dans le Même : o Levez-vous, mon- ■ tez contre l'Arabie, et dévastez les fils de l'orient; que de leurs » tentesei de leurs troupeaux ils s'emparent ; que leurs courtines, » et tous leurs vases, et leurs chameaux, ils enlèvent pour eux. » —
XLIX. 28, 29 ; — l'Arabie et les fils de l'orient sont ceux qui sont dans les connaissances du bien et du vrai, N° 3249 ; s'emparer des lentes et des troupeaux, c'est-à-dire, des biens intérieurs de l'Église, N° 8937; prendre les courtines, c'est-à-dire, les vrais intérieurs de l'Église; leurs vases, ce sont les vrais extérieurs de l'Église, Not 3068, 3079; les chameaux, ce sont les scientifiques communs, N°* 3048, 3071, 3143, 3145. Dans Habakuk : « Sous Aven j'ai vu les » tentes de Kuschan, ébranlées ont été les courtines de Midian.» — III. 7 ; — les courtines de Midian, ce sont les vrais chez ceux qui sont dans le simple bien, N8* 3242, 4756, 4788, 6773, 6775. D'après cela, on voit clairement ce qui est entendu dans David : « Jéhovah ! de gloire et d'honneur tu t'es revêtu; il s'euveloppe de » lumière comme d'un vêtement, tY étend les cieux comme une » courtines— Ps. CIV. 1, 2;— s'envelopper de lumière comme d'un vêtement, c'est-à-dire, des Divins Vrais ; que la lumière soit le Vrai, on le voit, N° 9548; que le vêtement aussi soit le Vrai, on le voit, N" 4545, 4763, 5319, 5954, 9093, 9212, 9216; de là étendre les cieux comme une courtine, c'est agrandir les cieux par l'influx du Vrai Divin, d'où proviennent l'intelligence et la sagesse; qu'étendre et déployer les cieux se dise de l'intellectuel nouveau ou régénéré, on le voit à la fin de l'article 9596, qui va suivre.
9596. De fin lin tissu, et d'hyacinthe, et de pourpre, et d'écarlate double-teint, signifie les spirituels et les célestes dont ces vrais procèdent : on le voit par la signification du fin lin tissu, en ce que c'est le vrai d'origine céleste, N° 9469; par la signification de Y hyacinthe, en ce que c'est le céleste amour du vrai, N° 9466 ; par la signification de la pourpre, en ce que C'est le céleste amour du bien, N° 9467 ; et par la signification de Yécarlale double-teint, en ce que c'est le bien spirituel ou le bien du vrai, N° 9468 : c'est dans un tel ordre que se suivent les spirituels et les célestes, ou les vrais et les biens chez l'homme, cl chez l'auge qui est dans le ciel moyen ou second ; car il y a d'abord le vrai d'origine céleste, qui est signifié par le fin lin tissu ; puis l'amour ou l'affection du vrai, qui est l'hyacinthe ; ensuite l'amour ou l'affection du bicu procédant de là, qui est la pourpre ; et enfin le bien spirituel, qui est l'écarlate double-teint. Comme les spirituels et les célestes se suivent dans cet ordre, c'est i>our cela que le fin lin tissu
est nommé ici en premier lieu ; mais dans le Voile, qui était entre l'Habitacle et l'Arche, ou entre le Saint et le Saint des Saints, dont il est parlé dans le Vers. 31 de ce Chapitre, il est nommé en dernier lieu; si dans le Voile le fin lin tissu est nommé en dernier lieu, c'est parce que te Voile signifie le médium unissant le ciel intime avec le ciel moyen, de là dans ce médium il doit être le dernier afin que dans le suivant il soit le premier, à cause de la conjonction. Mais le fin lin tissu signifie proprement l'Intellectuel tel qu'il est dans l'homme spirituel, ou dans l'Ange qui est dans le Royaume spirituel du Seigneur ; si l'Intellectuel est signifié par le fin lin tissu, c'est parce que chez l'homme spirituel le nouveau volontaire a été implanté par le Seigneur dans sa partie intellectuelle, voir N" 803, 875, 895, 927, 1023, 1043, 1044, 1555, 2256, 4328, 4493 , 5113; cl comme l'Intellectuel de l'homme spirituel est signifié par le fin lin tissu, c'est pour cela que le vrai spirituel est signifié aussi par ce lin, car tout vrai appartient à la partie intellectuelle, et tout bien à la partie volontaire, N°* 3623, 9300; en effet, l'intellectuel est le sujet ou le contenant, et le vrai appartient à l'intellectuel, et ces deux font un. D'après cela, on peut aussi voir que l'Intellectuel lui-même chez ceux qui sont du Royaume Spirituel du Seigneur, est l'Habitacle dans le sens strict, N°' 9296, 9297, et qu'il est décrit par l'étendue provenant des rideaux. Par là on peut savoir ce qui est signifié par étendre et déployer les cieux dans les passages suivants ; comme dans Ésaïc : « Jéhovah qui déploie les cieux, » qui étend la terre, qui donne l'Ame au peuple sur elle, et l'es- » prit à ceux qui y marchent. » — XLII. 5 ; — dans le Môme : « Moi Jéhovah je fais toutes choses, déployant les cieux, seul; » étendant la terre par Moi-Même. » — XL1V. 24. — Dans le Même : « Moi, j'ai fait la terre, et l'homme sur elle j'ai créé; » Moi, mes mains ont étendu les cieux. » — XLV. 12. — Dans Jérémie : « Celui qui fait la terre par sa vertu, prépare te globe » par sa sagesse, et par son intelligence étend les cieux. » — LI. 15. — Dans Zacharie : «Jéhovah qui étend les cieux et fonde >» la terre , et qui forme esprit d'homme au milieu d'elle. » — XII. 1 ; — il est évident que, dans ces passages, déployer les cieux et étendre la terre signifie la même chose que déployer et étendre l'Habitacle par les rideaux ou courtines; et que c'est régénérer
l'homme, et ainsi créer ou former un nouvel intellectuel dans lequel il y aura un nouveau volontaire, qui est le ciel même de l'homme spirituel, dans lequel le Seigneur habite chez cet homme ; que ce soit la régénération ou la formation d'un nouvel intellectuel et d'un nouveau volontaire dans cet intellectuel, ainsi la formation d'un nouvel homme, qui est signifiée par déployer les cieux et étendre la terre, cela est évident par l'explication même donnée dans ces passages, car il est dit : « qui donne l'âme au peuple sur elle, et l'esprit à ceux qui y marchent. » puis : « qui forme esprit d'homme au milieu d'elle : »quc le ciel et la terre soient l'Église interne et l'Église externe, on le voit, N°* 1733, 1850, 2117, 2118, 3355, A535 ; et que la Terre en général soit le Royaume du Seigneur et l'Église, on le voit, N° 9334 ; c'est même ce qui est clairement manifesté par ces passages, car si la terre n'avait pas cette signification, pourquoi aurait-il été dit a étendre la terre, fonder la terre, et former esprit d'homme en elle? » Que déployer les cieux et étendre la terre signifie ici la même chose que déployer et étendre l'Habitacle par les rideaux ou courtines, on le voit ailleurs dans des passages où cela est dit plus expressément; par exemple, dans Ésaïe : « Jéhovah qui déploie comme une cour- » tîne les cieux, et les étend comme une lente pour y habiter.»
— XL. 22. — Dans le Môme : « Élargis le lieu de ta tente, et » que les courtines de les habitacles on étende. » — LIV. 2;
— et dans David : « Jéhovah s'enveloppe de lumière comme d'un » vêtement, il étend les cieux comme une courtine. » — Ps. CIV. 2. — Par là, on voit clairement aussi ce qui est signifié par l'Étendue dans le Premier Chapitre de la Genèse : « Dieu dit : Qu'il » y ait une Etendue dans le milieu des eaux, et qu'elle fasse » distinction entre les eaux d'avec les eaux ; et fit Dieu cette éten- » due, et elle fil distinction entre les eaux qui sont au-dessous de » l'Etendue, et entre les eaux qui sont au-dessus de l'Etendue ; » et nomma Dieu l'Etendue Ciel, » — Vers. 6. 7, 8; — dans ce Premier Chapitre est décrite la régénération de l'homme de l'Église céleste, et l'étendue y signifie le nouveau volontaire et le nouvel intellectuel de cet homme ; les eaux au-dessous de l'étendue sont les vrais de l'homme externe, et les eaux au-dessus de l'étendue sont les vrais de l'homme interne ; que les eaux soient les vrais, on le voit, N" 2702, 3058, 3A2/i, *970, 85f>8, 9323.
9597. A Chérubins, signifie la garde du Seigneur, afin que le ciel ne soit ni approché ni lésé par les enfers : on le voit par la signification des Chérubins, en ce qu'ils sont la Garde et la Providence, afin qu'il n'y ait accès près du Seigneur que par le bien, et afin que le bien qui procède du Seigneur dans le ciel et chez l'homme ne soit point lésé, N° 9509, par conséquent afin que le ciel ne soit ni approché ni lésé par les enfers.
9598. Ouvrage d'imaginateur tu les feras, signifie l'intellectuel : on le voit par la signification de l' imaginât eur, en ce que c'est l'intellectuel, car c'est lui qui pense, et qui opère d'après ce qu'il a pensé; que ce soit l'intellectuel, dans lequel il y a la sagesse, l'intelligence et la science, on le voit dans les passages suivants, où cela est dit de Bézaléel : « J'ai appelé nommément Bézaléel, » et je l'ai rempli de l'esprit de Dieu en sagesse, en intelligence et » en science, et en tout ouvrage, pour imaginer des pensées, » pour exécuter en or, en argent, et en airain, et en sculpture de » pierre pour remplage, et en sculpture de bois pour opérer en tout » ouvrage d'imaginateur. » — Exod. XXXI. 2, 3, 4, 5. XXXV. 30, 31, 32, 33. — Que ce soit l'intellectuel qui est signifié, on le voit aussi d'après ce qui vient d'être monlré, N° 9596.
9599. Vers. 2 à G. La longueur d'un rideau, de vingt-huit coudées, et la largeur, de quatre coudées, un rideau ; mesure une pour tous'les rideaux. Cinq rideaux seront joints, chacun à l'autre, et cinq rideaux joints, chacun A l'autre. Et tu feras des lacets d'hyacinthe sur le bord d'un rideau depuis ? extrémité à la jointure; et ainsi tu feras au bord du rideau extrême à l'autre jointure. Cinquante lacets tu feras à un rideau, et cinquante lacets tu feras à C cxtrbnitè du rideau qui (sera) à l'autre jointure : reçus seront les lacets chacun en l'autre. Et tu feras cinquante agrafes d'or, et tu joindras les rideaux, chacun à l'autre, avec les agrafes ; et sera l'Habitacle un. — La longueur d'un rideau, de vingt-huit coudées, signifie le saint du vrai d'après le bien : et la largeur, de quatre coudées, signifie le mariage du vrai avec le bien : un rideau, signifie ainsi pour chaque vrai : mesure une pour tous les rideaux, signifie un même élat de la chose : cinq rideaux seront joints, chacun à l'autre, et cinq rideaux joints, chacun à l'autre, si-
gnifie la communication constante du vrai avec le bien, et du bien avec le vrai : et tu feras des iaeets d'hyacinthe, signifie la conjonction par le céleste amour du vrai : sur te bord d'un rideau depuis C extrémité à la jointure, signifie d'une sphère avec l'autre : et ainsi tu feras au bord du rideau extrême à l'autre jointure, signifie ainsi réciproquement : cinquante lacets tu feras à un rideau, signifie la conjonction plénière dans les derniers des sphères: et cinquante lacets tu feras a l'extrémité du rideau qui (sera) ù l'autre jointure, signifie de la môme manière réciproquement : reçus seront les lacets chacun en l'autre, signifie la conjonction de part et d'autre en toute manière: et tu feras cinquante agrafes d'or, signifie la faculté plénière de la conjonction par le bien : et tu joindras les rideaux, chacun à l'autre, avec les agrafes, signifie le mode de conjonction partout : et sera l'Habitacle un, signifie tout le ciel ainsi absolument un.
9600. La longueur d'un rideau, de vingt-huit coudées, signifie le saint du vrai d'après le bien : on le voit par la signification de la longueur, en ce qu'elle est le bien, N" 1613, 8808, 9487; par la signification du rideau, en ce que c'est le vrai intérieur de la foi, lequel appartient à l'intellectuel nouveau, N° 9505; et par la signification de vingt-huit, en ce que c'est le saint de la conjonction; si vingt-huit a cette signification, c'est parce que ce nombre vient de la multiplication de sept par quatre, et que sept signifie le saint, Not 433, 716, 881 , 5265, 5268 ; et quatre, la conjonction, N0i 1686, 8877 ; car les nombres produits par multiplication signifient la môme chose que les nombres simples dont ils viennent, N" 5291, 5335, 5708, 7973. D'après cela, il est évident que par « la longueur de l'un des rideaux, de vingt-huit coudées, » il est signifié le saint du vrai d'après le bien.
9601. Et la largeur, de quatre coudées, signifie te mariage du vrai avec le bien : on le voit par la signification de la largeur, en ce qu'elle est le vrai, N0' 1613, 3433, 3434, 4482, 9487, et par la signification de quatre, en ce que c'est la conjonction, ainsi le mariage, car la conjonction du vrai et du bien est appelée mariage céleste, N- 2173, 2618, 2728,2720, 2803. Si quatre est la conjonction ou lo> mariage, c'est parce que ce nombre vient de deux multiplié par deux, et que deux est la conjonction, N0,5194, 8423:
et les nombres produits par multiplication signifient la même chose . que les nombres simples dont ils viennent, comme il a été dit cidessus, N° 9600 : que tous les nombres dans la Parole signifient des choses, on le voit dans les articles cités, N° 0488.
0602. Un rideau, signifie ainsi pour chaque vrai : on le voit par la signification du rideau, en ce que c'est le vrai, N" 0595 ; de là un rideau ou chaque rideau, signifie pour chaque vrai.
0603. Mesure une pour tous les rideaux, signifie un même état de la chose : on le voit par la signification de la mesure, en en ce que c'est l'état de la chose quant au vrai, N° 3104 ; par conséquent « mesure une pour tous les rideaux, » c'est un même état de la chose pour tous les vrais. Par un môme état de la chose, quand cela est dit des vrais de la foi dans le Royaume spirituel, il est entendu qu'ils regardent tous le bien, et que par le bien ils regardent le Seigneur, de Qui procède le bien ; car les vrais qui ne regardent point ainsi, ne sont point des vrais de la foi, ni par conséquent des vrais de l'Église ou du ciel ; les vrais qui regardent autre part peuvent, à la vérité, dans la forme externe apparaître comme des vrais, mais ce ne sont pas des vrais, car ils sont sans vie, puisque la vie du vrai est le bien, et que le bien procède du Seigneur qui Seul est la vie : les vrais qui regardent autre part sont comme les membres d'un corps sans âme, lesquels ne sont membres d'aucun
• corps, parce qu'ils sont inanimés et ne sont plus d'aucun usage. Que la mesure soit l'état de la chose quant au vrai, et aussi l'état de la chose quant au bien, cela est évident par les passages de la Parole, où il s'agit des mesures de la Nouvelle Jérusalem et du Nouveau Temple. Par la Nouvelle ou Sainte Jérusalem est signifiée la Nouvelle Église du Seigneur, pareillement par le Temple; c'est pourquoi leurs mesures signifient les états quant au vrai et quant an bien ; comme dans Jean : « L'Ange avait une canne d'or pour » mesurer la Sainte Jérusalem, et ses portes et sa muraille; et » il mesura ta ville avec ta canne en stades douze fois mille ; il » mesura sa muraille, cent quarante-quatre coudées, mesure » d'homme, c'est-à-dire, d'Ange. » — Apoc. XXI. 15, 16, 17; — qu'ici les mesures signifient les états quant au bien et au vrai, cela est bien évident, car la Sainte Jérusalem est la Nouvelle Église du Seigneur, les portes et la muraille sont les vrais de la foi qui ser-
vent de défense; les douze fois mille sont tous les vrais et tous les biens dans le complexe ; il en est de méme^de cent quarante-quatre, . N° 7973, car ce nombre signilie la môme chose que douze, parce qu'il vient de douze multiplié par douze; que douze sigftilie'tous les vrais et tous les biens dans le complexe, on le voit, N°* 577,2089, 2129 f., 2 130 f., 3272, 3858, 3913; « mesure d'homme, c'est-àdire, d'Ange, » signilie que tel est l'état de l'Église et du Ciel quant aux biens de l'amour et aux vrais de la foi, car l'homme est l'Église, et l'Ange est le Ciel ; si l'on ne savait pas ce que c'est que la Sainte Jérusalem, ce que c'est que sa porte, sa muraille, le nombre douze fois mille en stades, la mesure de la muraille de cent quarantequatre coudées, puis ce que c'est que la mesure, ce que c'est que l'homme, et ce que c'est que l'Ange, qui jamais saurait ce que signilie ceci, que la mesure de la ville était en stades douze fois mille, et que la mesure de la muraille de cent quarante-quatre coudées était mesure d'homme, e'est-à-dire, d'Ange. La môme chose est signifiée par l'action de mesurer, dans Zacharie : h Je levai mes yeux et » je vis; et voici un homme, dans la main duquel (élail) un cor- » deau de mesure. Je dis : Où vas-tu ? il me dit : Pour mesurer » Jérusalem, afin de voir quelle ( est ) sa largeur, et quelle f est j sa » longueur. » — II. 5, 6 ; — puis dans Ézéchicl, « où l'homme qui avait la canne à mesurer, mesura les maisons de la nouvelle ville, et aussi le Temple, quant aux murailles, aux parois, aux • portes, aux fondations, aux seuils, aux fenêtres, aux degrés, » dont
11 est parlé, Chap. XL. XLI. XLII; — si ces mesures n'y signifiaient pas les états de la chose quant au vrai et au bien, de tels détails n'auraient jamais été mentionnés. Mesurer, dans le commun, signifie l'état du vrai et du bien, dans Jérémie : « Ainsi a dit Jého- » vah : Quand on mesurerait les deux d'en haut, et qu'on son- » derait les fondements de la terre en bas, néanmoins, Moi, je ré- » prouverai la semence d'Israël à cause de tout ce qu'ils ont fait ; » voici, les jours viennent, que sera bùtie la ville à Jéhovah, et » sortira de plus ta ligne de mesure sur la colline de Gareb, et » fera le tour vers Goah. » — XXXI. 37, 38, 39; — puis dans Ésale : « Qui a mesuré dans sa poignée, les eaux, et les cieux a » l'empan a compassé, et pesé au fléau les montagnes, et les colu lines à la balance? — XL. 12.
9604. * Cinq rideaux seront joints, chacun à l'autre, et cinq rideaux joints, chacun à f autre, signifie fa communication constante du vrai avec te bien, et du bien avec le vrai : on le voit par la signification de cinq, en ce que ce sont toutes les choses d'une partie, car dix signifie toutes les choses d'un tout, N° 9505 ; et par la signification des rideaux, en ce qu'ils sont les vrais intérieurs de la foi, qui appartiennent à l'intellectuel nouveau, N° 9595; d'après cela, comme les dix rideaux étaient joints par cinq, ils signifient en conséquence la communication du vrai et du bien, et la communication réciproque du bien et du vrai, car les communications doivent être réciproques, pour qu'il y ait conjonction conjugale du vrai et du bien. Par là sont signifiées les mêmes choses que par ce qui appartient à la partie gauche et ce qui appartient à la partie droite dans l'homme; ce qui appartient à la partie droile en lui se réfère au bien d'où provient le vrai, et ce qui appartient à la partie gauche se réfère au vrai qui provient du bien; et dans le milieu est la communication du bien avec le vrai et du vrai avec le bien, d'où résulte une conjonction perpétuelle et constante; voilà ce qui est signifié par ces paroles : « cinq rideaux joints chacun à l'autre, et cinq rideaux joints chacun à l'autre. »
9605. Et tu feras des lacets d" hyacinthe, signifie la conjonction par le céleste amour du vrai : on le voit par la signification des lacets, en ce que c'est la conjonction ; si les lacets sont la conjonction, c'est parce que par eux il se fait une conjonction ; et par la signification de l'hyacinthe, en ce que c'est le céleste amour du vrai, N° 9466.
9606. Sur te bord d'un rideau depuis l'extrémité à la jointure, signifie d'une sphère avec l'autre, savoir, la conjonction : on le voit par la signification du bord d'un rideau depuis l'extrémité à la jointure, en ce que c'est où l'un finit et où l'autre commence, ainsi la limite où deux choses se conjoignent ; que ce soit la sphère qui est signifiée, c'est parce que dans le ciel les sphères conjoignent ; en effet, il y a des sphères qui procèdent de chaque société angélique dans le ciel, et de chaque ange dans une société ; ces sphères émanent de la vie des affections du vrai et du bien de chacun, et de là se répandent à distance; de là vient que les esprits et las anges sont connus à distance tels qu'ils sont ; les anges et lesso-
xv. 2.
ciétés angéliqucs se conjoignent selon ces sphères, et ils se disjoignent aussi selon ces sphères; car les sphères semblables, c'est-adire, les affections semblables du vrai et du bien, conjoignent, et les sphères dissemblables disjoignent, mais sur ces sphères on peut voir ce qui a été dit, N°* 1048, 1053, 1316, 1504 à 1520, 1695, 2401, 2489, 4464, 5179, 6206 1., 7454, 6598 à 6613, 8630, 8794, 8797, 9490, 9491, 9492, 9498, 9534 : soit qu'on dise les anges et les sociétés angéliques de qui émanent les sphères, ou qu'on dise le vrai et le bien, c'est la même chose, car les sphères viennent des affections du vrai et du bien, d'après lesquelles les anges sont Anges par le Seigneur.' Il faut qu'on sache qu'autant ces sphères tirent du Seigneur, autant elles conjoignent, mais qu'autant elles tirent du propre de l'ange, autant elles disjoignent ; de là il est évident que le Seigneur seul conjoint.
9607. Et ainsi tu feras au bord du rideau extrême à l'autre jointure, signifie ainsi réciproquement, savoir, la conjonction d'une sphère avec l'autre par le céleste amour du vrai : on le voit sans autre explication.
9608. Cinquante lacets tu feras à un rideau, signifie la conjonction plènière dans les derniers des sphères : on le voit par la signification de cinquante, en ce que c'est le plein, N° 2252; par la signification des lacets, en ce que c'est la conjonction, N° 9605 ; et par la signification du bord du rideau, où sont les lacets, en ce que c'est la sphère du vrai où elle finit, N° 6606, ainsi dans les derniers.
9609. Et cinquante lacets tu feras à l'extrémité du rideau qui sera à l'autre jointure, signifie de la même manière réciproquement : on le voit sans explication.
9610. Reçus seront les lacets chacun en l'autre, signifie la conjonction de part et d'autre en toute manière : on le voit par la signification des lacets, en ce qu'ils sont la conjonction, N° 9605 ; « de part et d'autre en toute manière » est signifié par la réception de l'un en l'autre mutuellement et vice versâ; car lorsque la réception se fait mutuellement et vice versâ, il y a conjonction en toute manière.
9611. Et tu feras cinquante agrafes d'or, signifie la faculté plénière de la conjonction par le bien : on le voit par la
Di
• signification de cinquante, en ce que c'est le plein, comme cidessus, N° 9008 ; et par la signification des agrafes, en ce que c'est la faculté de la conjonction, car la faculté de la conjonction est en elles par feur forme, qui est recourbée ou arquée; et par la signification de l'or, en ce que c'est le bien, N°' 113, 1551, 1552, 5658, 0914, 6917, 9490, 9510.
9612. Et tu joindras les rideaux, chacun à l'autre, avec les agrafes, signifie le mode de conjonction partout : on le voit par la signification de joindre les rideaux par les agrafes, en ce que c'est le mode de conjonction, car lorsque les cinquante agrafes signifient la faculté plénière de la conjonction, joindre les rideaux, chacun à l'autre avec les agrafes, signifie le mode.
9013. Et sera l' Habitacle un, signifie tout le ciel ainsi absolument un : on le voit par la signification de l'Habitacle, en ce que c'est le ciel, N° 9594 ; que le ciel soit un quand il a été ainsi conjoint, cela est évident ; en effet, le ciel consiste en des myriades de sociétés Angéliques, et néanmoins le Seigneur les conduit comme un seul Ange, ou comme un seul homme; s'il eu est ainsi, c'est parce qu'entre tous les Anges il y a l'amour mutuel procédant de l'amour du Seigneur ; quand cet amour est entre tous et dans tous, alors tous peuvent être disposés dans la forme céleste, qui est telle, que plusieurs sont un, et que plus le nombre est grand, plus fortement ils sont un. Il en est de cela comme des parties innombrables composant le corps humain, qui, bien qu'elles soient distinctes et diverses, font cependant un ; cela vient de ce qu'elles sont dans une forme semblable à la forme du ciel, car elles correspondent, ainsi qu'il a été montré à la fin de plusieurs Chapitres ; et, d'après la Correspondance, elles sont dans un amour mutuel, et ainsi sont conjointes ; c'est de là que l'homme, qui est dans le bien de l'amour et de la foi, est le-ciel dans une très-petite forme, N° 9279; et que tout le ciel devant le Seigneur est comme un seul homme, N° 9276 f. Toute la conjonction de tant d'innombrables Sociétés Angéliques dans le Ciel, avec leurs modes de conjonction, a été représentée dans la forme de la construction de l'Habitacle et de la Tente, dont il est parlé dans ce Chapitre; mais les modes de conjonction, tels qu'ils sont dans le ciel, ne peuvent pas parvenir à l'idée de l'homme, par cette raison que l'homme ne sait pas même que le ciel a été re-
présenté par l'Habitacle; et quand il le saurait, il ne sait pas que les sociétés célestes ont été tellement conjointes par l'amour, qu'elles ressemblent à un : mais toutes ces choses influent pleinement dans l'idée des Anges , quand ces détails sur l'Habitacle sont lus, car tons les détails de cette description, pris ensemble et séparément, ont un sens interne, qui, manifesté par le Seigneur devant les Anges, présente l'état de conjonction de tous entre eux dans tout le ciel par l'amour procédant du Seigneur. La conjonction des sociétés Angéliques en un seul ciel se rapporte à ces lois, 1° Que toute unité dans la forme des cieux existe selon l'harmonie céleste de plusieurs consociés. 2° Que l'amour est la conjonction spirituelle, d'où provient l'harmonie céleste. 3° Qu'il doit y avoir un lien universel, afin que toutes ces choses se tiennent conjointes entre elles. 4° Que le lien universel doit influer dans les liens singuliers et les faire. 5° Que le lien universel est le Seigneur, ainsi l'amour procédant de Lui, et par suite l'amour envers Lui. 6° Que les liens singuliers en proviennent, et appartiennent à l'amour mutuel ou à la charité à l'égard du prochain. C'est d'après ces lois que le ciel, consistant en d'innombrables sociétés angéliques, est néanmoins comme un seul homme.
9614. Vers. 7 à 14. Et tu feras des rideaux de chèvres pour tente sur l'Habitacle, onze rideaux tu les feras. La longueur d'un rideau, de trente coudées, et la largeur, de quatre coudées, un rideau; mesure une pour les onze rideaux. Et tu joindras cinq des rideaux à part, et six des rideaux à part, et tu doubleras le sixième rideau au devant des faces de la Tente. Et lu feras cinquante lacets sur le bord d'un rideau, l'extrême à la jointure, et cinquante lacets sur le bord du rideau à l'autre jointure. Et tu feras des agrafes d'airain, cinquante, et tu introduiras les agrafes dans les lacets, et tu joindras la tente, afin qu'elle soit une. Et l'excédant de surplus dans les rideaux de la tente, la moitié du rideau de surplus tu feras excéder sur les derrières de l'Habitacle. Et la coudée deçà, et la coudée delà en surplus dans la longueur des rideaux de la tente sera excédant sur les côtés de l'Habitacle, deçà et delà, pour le couvrir. Et tu feras une couverture pour la tente, en peaux de béliers ronges, et une couver-
ture en peaux de laissons par-dessus. — Et tu feras des rideaux de chèvres pour tente sur l'Habitacle, signifie l'externe du ciel qui provient des vrais procédant du bien externe céleste : onze rideaux tu les feras, signifie tous les vrais dont il provient : la longueur d'un rideau, de trente coudées, signifie le plein du vrai d'après le bien : et la largeur, de quatre coudées, signifie le mariage du vrai avec le bien : un rideau, signifie ainsi pour chaque vrai : mesure une pour les onze rideaux, signifie un môme état de la chose : et tu joindras cinq des rideaux à part, et six des rideaux à part, signifie la communication constante du vrai avec le bien et du bien avec le vrai : et tu doubleras le sixième rideau au devant des faces de la tente, signifie la communication de toutes les choses de ce ciel avec les extrêmes dans ce ciel, et l'influx de là dans le dernier ciel : et tu feras cinquante lacets sur le bord d'un rideau, l'extrême à la jointure, signifie la conjonction plénière d'une sphère avec l'autre : et cinquante lacets sur le bord du rideau à l'autre jointure, signifie de môme réciproquement : et tu feras des agrafes d'airain, cinquante, signifie la faculté plénière de la conjonction par le bien externe : et tu introduiras les agrafes dans les lacets, signifie le mode de conjonction : et tu joindras la tente, afin qu'elle soit une, signifie l'externe du ciel ainsi absolument un : et l'excédant de surplus dans les rideaux de la tente, signifie le procédant : la moitié du rideau de surplus tu feras excéder sur les derrières de l' Habitacle, signifie vers le dernier de ce ciel : et la coudée deçà, et la coudée delà en surplus dans la longueur des rideaux de la tente sera excédant sur les côtés de l'Habitacle, deçà et delà, pour le couvrir, signifie le mode dont ce dernier procède du bien, pour que le ciel soit rendu sûr : et tu feras une couverture pour la tente, signifie le circuit de ce ciel : en peaux de béliers rouges, signifie les vrais externes d'après le bien : et une couverture en peaux de laissons par-dessus, signifie ce qui est au-delà de ces vrais qui procèdent du bien externe.
9615. Et tu feras des rideaux de chèvres pour tente sur l'Habitacle, signifie l'externe du ciel qui provient des vrais procédant du bien externe céleste : on le voit par la signification des rideaux, en ce qu'ils sont les vrais intérieurs de la foi,
N"9595, ici les vrais extérieurs de la foi, parce qu'ils étaient i>our la tente au-dessus de l'Habitacle; par la signification de la laine de chèvres, dont ces rideaux étaient tissus, en ce qu'elle est le bien externe céleste, N° 9470; et par la signification de tente sur l'Habitacle, en ce que c'est l'externe du ciel, car l'Habitacle signitie le ciel, N° 9594, et la tente qui le couvrait signifie l'externe de ce ciel : de là, il est évident que les rideaux de laine de chèvres pour tente de l'Habitacle, signifient les vrais qui procèdent du bien externe céleste, vrais dont provient l'externe du ciel. Mais il est iiniwssible de savoir comment se passent ces choses, à moins qu'on ne connaisse l'interne et l'externe de chaque ciel, et l'influx de l'un dans l'autre; en effet, le Seigneur influe dans tous les cieux tant immédiatement que médiatement, N° 9223, médiatement par le ciel intime dans le ciel moyen, et par l'interne de celui-ci dans son externe.
9616. Onze rideaux tu les feras, signifie tous les vrais dont il provient : on le voit par la signification de onze, en ce que ce sont toutes choses, ainsi qu'il va être montré; et par la signification des rideaux de chèvres, en ce qu'ils sont les vrais d'après le bien céleste externe, N° 9615. Si onze signifie toutes choses, c'est parce que dix rideaux constituaient la tente elle-même, et que le onzième excédait sur les derrières de l'Habitacle, comme on peut le voir par les Vers. 9, 12, 13 et suiv. ; or dix signifie toutes choses, N* 4638, 9595.
9617. La longueur d'un rideau, de trente coudées, signifie te plein du vrai d'après le bien : on le voit par la signification de la longueur, en ce qu'elle est le bien, N° 9487 ; par la signification du rideau, en ce qu'il est le vrai d'après le bien externe céleste, N° 9615; et par la signification de trente, en ce que c'est le plein, N° 9082.
9618. Et la largeur, de quatre coudées, signifie le mariage du vrai avec le bien : comme ci-dessus, N° 9601.
9619. Un rideau, signifie ainsi pour chaque vrai : on le voit par la signification du rideau, N° 9602, où sont les mêmes paroles.
9620. Mesure une pour les onze rideaux, signifie un même état de ta chose : on le voit d'après ce qui a été montré ci-dessus , N° 9603.
9(521. Et tu joindra* cinq des rideaux à part, et six des rideaux à part, signifie la communication constante du vrai avec le bien et du bien avec le vrai : comme ci-dessus, N° 9604.
9622. Et tu doubleras le sixième rideau au devant des faces de la tente, signifie la communication de toutes les choses de ce ciel avec les extrêmes dans ce ciel, et l'influx de là dans le dernier ciel: on le voit en ce que l'action de doubler ce rideau était une extension sur l'extrémité de l'Habitacle, car les rideaux et leur extension représentaient le ciel quant à la communication et à l'influx, et l'action de doubler le sixième rideau et de l'étendre sur l'extrémité de l'Habitacle représentait la communication de toutes les choses de ce ciel avec les extrêmes dans ce ciel, et l'influx de là dans le dernier ciel.
9623. Et tu feras cinquante lacets sur le bord a" un rideau, V extrême à la jointure, signifie la conjonction plênière d'une sp/iêrc avec l'autre; — et cinquante lacets sur le bord du rideau à l'autre jointure, signifie de même réciproquement : on le voit d'après ce qui a été montré ci-dessus, N0i 9605 à 9609.
9624. Et tu feras des agrafes d'airain, cinquante, signifie la faculté plênière de la conjonction par le bien externe : on le voit par la signification de cinquante agrafes, en ce que c'est la faculté plênière de la conjonction, N° 9611 ; et par la signification de l'airain, en ce que c'est le bien naturel ou externe, Not 425,
9625. Et tu introduiras les agrafes dans les lacets, signifie le mode de conjonction : on le voit en ce que, quand les agrafes signifient la faculté de conjonction, N° 9624, les introduire dans les lacets, et ainsi joindre les rideaux, signifie le mode de conjonction, de même que joindre les rideaux chacun à l'autre avec les agrafes a aussi signifié ce mode, N° 9612.
9626. Et tu joindras la tente, afin qu'elle soit une, signifie l'externe du ciel ainsi absolument un : on le voit par la signification de la tente, en ce qu'elle est l'externe du ciel, N° 9615 ; que ce soit « ainsi absolument un » , on le voit, N° 9613, où il s'agit de l'Habitacle, par lequel est signifié l'interne du ciel.
9627. Et l'excédant de surplus dans les rideaux de la tente, signifie le procédant : on le voit par la signification de l'excé-
cùmt de aurplus, en ce que c'est le procédant, ainsi qu'il va être montré; et par la signification des rideaux de la tente, en ce qu'ils sont les vrais d'après le bien externe-céleste, vrais qui cons- . Muent l'externe du ciel signifié par la tente, N° 9615. Si l'excédant de surplus des rideaux est le procédant, c'est parce que cela procède par continuité de l'étendue elle-même.
9(528. Lu moitié du rideau de surplus tu feras excéder sur les derrières de l'Habitacle, signifie vers le dernier de ce ciel, savoir, le procédant : on le voit par la signification de Y excédant de surplus, en ce que c'est le procédant, N° 9627; et par la signification des derrières de l'Habitacle, en ce qu'ils sont le dernier du ciel, car l'Habitacle est le ciel, dont il s'agit ici.
9629. Et ta coudée deçà, et la coudée delà en surplus dans la longueur des rideaux de la tente sera excédant sur les côtés de l'Habitacle, deçà et delà, pour le couvrir, signifie le mode dont ce dernier procède du bien, pour que le ciel soit rendu sûr : on le voit par la signification de l'excédant sur les côtés de l'Habitacle, qui est la coudée deçà et la coudée delà, en ce que c'est le dernier procédant, N° 9627; par la signification de la longueur des rideaux de la tente, en ce que ce sont les vrais d'après le bien, N° 9617; et par la signification de couvrir, en ce que c'est mettre en sûreté, car ce qui couvre met en sûreté contre l'attaque du mal prêt à causer dommage : de ces significations réunies résulte ce sens, que ce dernier procède du bien, pour que le ciel soit rendu sûr.
9630. Et tu feras une couverture pour la tente, signifie le circuit : on le voit sans explication, car la couverture faite de peaux de béliers rouges faisait un circuit au-dessus et autour de la tente.
9631. En peaux de béliers rouges, signifie les vrais externes d'après le bien : on le voit d'après ce qui a été dit et montré, N° 9471, sur les peaux de béliers rouges.
9632. Et une couverture en peaux de taissons par-dessus, signifie au-delà de lui, à savoir, au-delà du circuit formé par les vrais qui procèdent du bien externe : on le voit par la signification de la couverture, en ce qu'elle est le circuit, comme ci-dessus, N° 9630 ; par la signification des peaux, en ce qu'elles sont les vrais externes, N° 9/17 J ; et par la signification des taissons, en ce
qu'ils sont les biens, V 9471. Il est inutile d'expliquer davantage les choses qui ont été dites jusqu'ici sur l'Habitacle, sur sa Tente et sur ses deux couvertures, puisqu'elles sont de celles qui, à cause de l'ignorance, tomberaient difficilement dans l'idée de la pensée ; car où est l'ignorance, là est l'aveuglement, ainsi point de réception de la lumière, par conséquent point d'idée de ce sujet ; en effet, il est peu d'hommes, si toutefois il en est, qui sachent que le ciel est représenté et ainsi décrit par l'Habitacle, et que l'externe du ciel est représenté et décrit par la Tente avec ses deux couvertures : cette ignorance vieut de ce qu'il est à peine quelqu'un qui sache que les célestes sont signifiés par toutes les choses que renferme la Parole, qu'ainsi il y a dans chacune de ces choses un sens interne qui est spirituel, et que ce sens ne se montre point dans la lettre, mais se manifeste seulement d'après la lettre à ceux qui out été instruits des Correspondances, et qui, lorsqu'ils lisent la Parole, sont dans l'illustration par le Seigneur : bien plus, il est à peine quelqu'un qui sache que l'homme, qui est dans le bien de l'amour et de la foi, est un ciel dans une très-petite forme, et que cet homme, tant quant à ses intérieurs que quant à ses extérieurs, correspond au ciel, N° 9276 : si ces arcanes eussent été connus, les érudits du monde Chrétien, qui se sont acquis quelques connaissances des formes du corps humain, auraient pu être dans quelque lumière intellectuelle, par conséquent dans quelque idée sur le ciel, et alors saisir quelles choses dans le ciel sont représentées par l'Arche, son Propitiatoire et les Chérubins sur le Propitiatoire, et quelles choses par la table sur laquelle étaient les pains des faces, par le Chandelier et par l'Autel d'or pour le parfum ; puis, quelles choses sont représentées par l'Habitacle, ses Rideaux, ses ais et ses bases, et enfin par la tente et par ses deux couvertures ; en effet, de semblables choses se trouvent chez l'homme dans ses internes et dans ses externes, ces choses se présentent aussi en forme matérielle dans son corps, et les internes y correspondent régulièrement ; car si les externes, qui sont les corporels, ne correspondaient pas régulièrement aux internes, qui sont les intellectuels et les volontaires, il n'y aurait aucune vie dans le corps, ni par conséquent aucun acte correspondant. Il est dit que dans le Tabernacle se présentent des choses semblables à celles qui sont
chez l'homme, puisque les représentatifs dans la nature se rapportent à la forme humaine, et signifient selon le rapport avec cette forme, N° 9A96 ; dans les externes chez l'homme il y a quatre couvertures, qui entourent et renferment tous les intérieurs, elles sont appelés peaux ( pelles et eûtes ) ; à quels internes ces peaux correspondent, on le voit d'après l'expérience, N°* 5552 à 5559, 8980; semblables choses ont été représentées dans les couvertures qui constituaient l'étendue du Tabernacle : de là l'entendement peut tirer quelque lumière sur les formes du ciel ; mais néanmoins cette lumière s'éteindrait chez tous ceux qui n'ont pas une connaissance distincte sur les choses qui sont dans le corps humain, et chez ceux qui, ayant cette connaissance, n'auraient pas en même temps une connaissance distincte sur les spirituels appartenant à la foi et sur les célestes appartenant à l'amour, auxquels ces parties du corps humain correspondent. Comme toutes ces choses chez la plupart sont dans l'ombre, et même dans l'obscurité, non-seulement par défaut de connaissance, mais aussi par manque de foi, c'est pour cela qu'il est iuutile d'entrer dans de plus grandes explications; car, ainsi qu'il vient d'être dit, ces arcanes ne tomberaient dans aucune idée, parce qu'il n'y aurait pour eux aucune lumière intellectuelle.
9633. Vers. 15 à 30. Et tu feras tes ais pour l'Habitacle, en bois de Schittim, debout. Dix coudées la longueur de l'ais, et une coudée et demie la targueurd'un ais. Deux mains pour un ais, combinées chacune à t 'autre; ainsi tu feras à tous les ais de l'Habitacle. Et tu feras les ais pour l'Habitacle, vingt ais pour l'angle du midi vers le sud. Et quarante bases d'argent tu feras sous les vingt ais, deux bases sous un ais pour ses deux mains; et deux bases sous un ais pour ses deux mains. Et pour l'autre côté de l'Habitacle vers l'angle du septentrion, vingt ais. Et leurs quarante bases d'argent, deux bases sous un ais, et deux bases sous un ais. Et pour les deux jambages de l'Habitacle vers la mer tu feras six ais. Et deux ais lu feras pour les angles de l'Habitacle aux deux jambages. Et ils seront géminés par en bas, et ensemble ils seront géminés à leur tête, à un même anneau; ainsi sera pour eux deux, aux deux angles ils seront. Et il y aura huit ais cl leurs bases
d'argent, seize bases, deux bases sous un aïs, et deux bases sous un ais. Et tu feras des barres de bois de Schittim, cinq pour tes ais d'un côté de t' Habitacle. Et cinq barres pour les ais de l'autre côté de l'Habitacle, et cinq barres pour les ais du côté de l'Habitacle aux deux jambages vers la mer. Et ta barre médiane, au milieu des ais, traversant de l'extrémité à l'extrémité. Et tes ais tu couvriras d'or, et leurs anneaux tu feras d'or, pour maisons aux barres, et tu couvriras les barres d'or. Et tu dresseras l'Habitacle selon la manière qui t'a été montrée dam la montagne. — Et tu feras les ais pour l'Habitacle, signifie le bien soutenant ce ciel : en bois de Schittim, signifie que c'est le bien du mérite procédant du Divin Humain du Seigneur : dix coudées la longueur de l'ais, signifie ce bien qui est le tout dans toutes les choses : et une coudée et demie la largeur d'un ais, signifie le vrai qui en provient consignant autant qu'il suffit : deux mains pour un ais, signifie la puissance qui eu provient : combinées chacune à l'autre, signifie par suite la conjonction du Seigneur avec ceux qui sont dans ce ciel : ainsi tu feras à tous les ais de l'Habitacle, signifie ainsi partout : et tu feras les ais pour l'Habitacle, vingt, signifie le bien soutenant le ciel de toute manière et entièrement : ais pour l'angle du midi vers le sud, signifie jusque dans les intérieurs et dans les internes où le vrai est dans la lumière : et quarante bases d'argent, signifie le plein soutien par le vrai : sous les vingt ais, signifie qui procède du bien d'après le Divin Humain du Seigneur : deux bases sous un ais, signifie sa conjonction avec le bien : pour ses deux mains, signifie par suite la puissance : et deux bases sous un ais pour ses deux mains, signifie ainsi dans toutes choses en général et en particulier : et pour l'autre côté de l'Habitacle vers l'angle du septentrion, signifie vers les intérieurs de ce ciel où le vrai est daus l'obscur : vingt ais, signifie le bien soutenant de toute manière et entièrement : et leurs quarante bases d'argent, signifie aussi là le soutien entier par le vrai : deux bases sous un ais, signifie par la conjonction avec le bien : et deux bases sous un ais, signifie partout : et pour les deux jambages de l'Habitacle vers la mer, signifie la conjonction avec le ciel où le bien est dans l'obscur : tu feras six ais. signifie là le bien en toute
manière procédant du Divin Humain du Seigneur : et deux ais tu feras pour ies angles de l'Habitacle aux deux jambages, signifie la qualité de la conjonction là avec le bien : et ils seront géminés par en bas. et ensemble ils seront géminés à leur tête, signifie la conjonction par l'extérieur et par l'intérieur : à un même anneau, signifie ainsi la consistance : ainsi sera pour eux deux, aux deux angles ils seront, signifie une semblable conjonction partout : et il y aura huit ais et leurs bases d'argent, signifie le soutien en toute manière d'après le bien par le vrai qui provient du bien : seize bases, signifie le soutien entièrement : deux bases sous un ais, et deux bases sous un ais, signifie par la conjonction du vrai avec le bien partout : et tu feras des barres de bois de Schittim, signifie la puissance du vrai d'après le bien : cinq pour les ais d'un côté de l' Habitacle, signifie par lequel il regarde vers les intérieurs du ciel où le vrai est dans la lumière : et cinq barres pour les ais de l'autre côté de l'Habitacle, signifie la puisssance du vrai d'après le bien, par lequel il regarde vers les extérieurs où le vrai est dans l'obscur : et cinq barres pour les ais du côté de l'Habitacle aux deux jambages vers la mer, signifie la puissance du vrai d'après le bien par lequel il regarde ce ciel, où il y a conjonction avec le bien qui est dans l'obscur : et la barre médiane, au milieu des ais, traversant de l'extrémité à l'extrémité, signifie la puissance principale d'après laquelle les puissances sont partout continuées : et les ais tu couvriras d'or, et leurs anneaux tu feras d'or, pour maisons aux barres, et tu couvriras les barres d'or, signifie le représentatif du bien d'après lequel et par lequel sont toutes choses : et tu dresseras l'Habitacle selon la manière qui t'a été montrée dans la montagne, signifie vers les plages selon les états du bien et du vrai dans le ciel qui est représenté.
9634. Et lu feras les ais pour l'Habitacle, signifie le bien soutenant ce ciel : on le voit par la signification des ais, en ce qu'ils sont le bien qui soutient, ainsi qu'il va être montré; et par la signification de Y Habitacle, en ce qu'il est le ciel moyen ou second, N* 9594. Que les ais soient le bien qui soutient, c'est parce qu'ils étaient de bois, et soutenaient les rideaux tant de l'Habitacle que de la Tente, et aussi les deux couvertures qui étaient p;n-des-
sas; de là les ais signifient les soutiens, et comme ils étaient de bois, ils signifiaient les choses qui proviennent du bien, car tout ce qui est de bois signifie le bien, jusqu'aux maisons mêmes qui étaient construites en bois, N° 3720 ; la qualité du bien est signifiée par le bois de Schittim, dont étaient ces ais. Puisque tous les représentatifs, qui sont dans la nature, se rapportent à la forme humaine, et signifient selon le rapport avec cette forme, N° 9496, de môme aussi les ais de l'Habitacle; ceux-ci correspondent à la partie musculaire ou charnue dans l'homme, laquelle soutient les membranes elles peaux environnantes; la chair aussi signifie le bien, N" 7850, 9127; de là vient que les ais étaient en bois de Schittim, par lequel est signifié le bien qui soutient le ciel, N" 9472, 9486, et qu'ils étaient couverts d'or, par lequel est signifié aussi le bien.
9635. En bois de Schittim, signifie le bien du mérite procédant du Divin H innain du Seigneur : on le voit par la signification du bois de Schittim, en ce que c'est le bien du mérite procédant du Divin Humain du Seigneur, N°* 9472, 9486; que ce bien soit l'unique bien qui règne dans le ciel et qui le soutienne, on le voit, N° 9486.
9636. Dix coudées la longueur de l'ais, signifie ce bien gui est le tout dans toutes les choses : on le voit par la signification de dix, en ce que ce sont toutes choses, NM 4638, 9595 ; et par la signification de la longueur, en ce que c'est le bien, N" ■ 1613, 8898, 9487, 9600, ici le bien soutenant, qui est le bien du mérite, car le bien est signifié par les ais de l'Habitacle faits de 1k>ïs de Schittim, N° 9635 : que ce bien soit le tout dans toutes les choses du ciel, c'est parce que ce bien est le Divin Bien même qui fait les cieux et les soutient, N° 9486; car le bien qui est chez les anges est ce bien môme, puisque tout bien vient du Seigneur ; le bien qui vient d'autre part n'est pas le bien.
9637. Et une coudée et demie la largeur d'un ais, signifie le vrai qui en provient conjoignant autant qu'il suffit : on le voit par la signification de un et demi, en ce que c'est le plein, NM 9487, 9488, 9489, par conséquent aussi autant qu'il suffit, car c'est là le plein : que ce vrai en provienne, c'est-à-dire, provienne du bien qui est signifié par les ais en l>ois de Schittim, N"' 9634, 9635, c'est parce que tout bien a son vrai, et que tout vrai
a son bien, le bien sans le vrai n'est pas vu, et le vrai sans le bien n'existe pas, car le vrai est la forme du bien, et le bien est l'être du vrai; le bien tient de la forme qu'il est vu, et le vrai tient de l'être qu'il existe : il en est de cela comme de la flamme et de la lumière, la flamme sans la lumière n'est pas vue, aussi lance-t-elle la lumière hors d'elle pour être vue, et la lumière sans la flamme n'existe pas : il en est de môme du volontaire de l'homme et de son intellectuel; le volontaire n'est pas vu sans l'intellectuei, et l'intellectuel n'existe pas sans le volontaire : de même qu'il en est du bien et du vrai, ou de la flamme et de la lumière, ou du volontaire et de l'intellectuel, de môme il en est de l'amour et de la foi, car tout bien appartient à l'amour, et tout vrai appartient à la foi provenant de l'amour ; et le volontaire de l'homme a été destiné à la réception du bien qui appartient à l'amour, et l'intellectuel à la réception du vrai qui appartient à la foi ; et môme la flamme on le feu de la vie est l'amour, et la lumière de la vie est la foi.
9(538. Deux mains pour un ais, signifie la puissance qui en provient, savoir, par le vrai d'après le bien : on le voit par la signification des mains, en ce qu'elles sont la puissance, N°* 878, 3387, 4931 à 4937, 5327, 5328, 6292, (5947, 7011, 7188, 7189, 7518, 7673, 8050, 8153, 8281, 9133 ; et en ce que toute puissance existe par le vrai d'après le bien, N°' 6344, 6423, 9327, 9410.
9639. Combinées clmcune à l'autre, signifie par suite ta conjonction du Seigneur avec ceux qui sont dans ce ciel : on le voit par la signification d'être combiné, quand il s'agit de la puissance qui est signifiée par les mains, en ce que c'est la conjonction par le vrai d'après le bien; en effet, tous ceux qui sont dans le ciel sont appelés Puissances, et même sont des Puissances, en ce qu'ils sont des réceptions du Divin Vrai qui procède du Seigneur ; c'est pour cela aussi que les Anges dans la Parole signifient les Vrais Divins, N° 8192; le Divin Bien procédant du Seigneur est ce qui les conjoint tous dans le ciel ; car dans les Divins Vrais l'universel régnant est le Divin Bien, et ce qui règne universellement, conjoint; c'est cette conjonction qui est signifiée par la combinaison des mains d'un ais l'une avec l'autre.
9640. Ainsi tu feras à tous les ais de l'Habitacle, signifie ainsi partout : on le voit par la signification do tous, quand il s'a-
git du ciel, en ce que c'est aussi partout, car ce qui là est fait à tous est fait partout ; et par la signification des ais de l'Habitacle, en ce qu'ils sont le bien soutenant le ciel, N° 9634.
9641. Et tu feras les ais pour l'Habitacle, vingt, signifie te bien soutenant le ciel de toute manière et entièrement : on le voit par la signification des ais de l'Habitacle, en ce qu'ils sont le bien soutenant le ciel, N° 9634 ; et par la signification de vingt, en ce que ç'est le plein, ainsi de toute manière et entièrement; si vingt a cette signification, c'est parce que les nombres produits par la multiplication signifient la même chose que les nombres simples par lesquels ils ont été multipliés, N0i 5291, 5335, 5708, 7973, ainsi le nombre, vingt la même chose que les nombres dix et deux par la multiplication desquels il a été forme ; que dix soit le plein et tout, on le voit, N0' 3107, 4638; pareillement deux, N0' 9103,
9642. Ais pour l'angle du midi vers le sud, signifie jusque dans les intérieurs et dans les intimes où le vrai est dans la lumière : on le voit par la signification des ais de l'Habitacle, en ce qu'ils sont le bien soutenant le ciel, N° 9634; par la signification de Vangle, quand il se dit des plages du monde, en ce que c'est où il y a cet état, qui est désigné et signifié par la plage, ainsi qu'il va être montré; et par la signification du midi vers le sud, en ce que ce sont les intérieurs et les intimes où le vrai est dans sa lumière ; en effet, le midi signifie l'état de lumière, qui est l'état de l'intelligence d'après les vrais, par conséquent aussi l'état intérieur, car dans les cieux la lumière, et aussi avec elle l'intelligence et la sagesse, croissent vers lès intérieurs; plus loin des intérieurs le vrai est dans l'ombre, cet état du vrai est signifié par le septentrion : c'est donc de là que l'angle du midi vers le sud signifie jusque dans les intérieurs et dans les intimes où le vrai est dans la lumière. Les mêmes choses sont signifiées par le midi et par le sud, dans Ésaïe : « Je dirai au septentrion : Donne ; et au midi : Ne retiens point; » amène mes fils de loin, et mes filles de l'extrémité de la terre. » — XLIII. 6;— là, il s'agit de la Nouvelle Église; dire au septentrion, c'est à ceux qui sont dans les ténèbres ou dans l'ignorance sur les vrais de la foi, c'est-à-dire, aux nations hors de l'Église; dire au midi, c'est à ceux qui sont dans la lumière d'après les con-
naissances du bien et du vrai, c'est-à-dire, à ceux qui sont au dedans de l'Église, voilà pourquoi il est dit à ceux-ci de ne point retenir, et à ceux-la de donner. Dans Ézéchiel : « Place tes faces » vers le chemin du midi, et distille (tes paroles) vers le midi, » et prophétise contre la forêt du champ au midi, et dis à ta » forêt du midi : Voici, moi, j'allume en toi un feu, qui dévorera » en toi tout arbre vert, et seront brûlées toutes les faces du midi » au septentrion. Place tes faces vers Jérusalem, etilistille (tes » paroles) contre les sanctuaires, et prophétise contre la terre d'Is- » raél. »— XXI.2 à 10;— ici, le midi, ce sont ceux qui sont dans la lumière du vrai d'après la Parole, ainsi ceux qui sont de l'Église, mais qui sont dans des faux qu'ils conflrment d'après le sens littéral de la Parole, de travers expliqué ; de là il est dit la forêt du champ au midi, et la forêt du midi ; la forêt est le scientifique régnant, mais le jardin est le vrai régnant ; par là on voit clairement ce qui est signifié par placer ses faces vers le chemin du midi, et distiller ses paroles vers le midi, et par prophétiser contre la fo- • rêt du champ au midi ; et ensuite par« place tes faces vers Jérusalem, et distille tes paroles contre les sanctuaires, et prophétise contre la terre d'Israël; » car Jérusalem et la terre d'Israël, c'est J'Église, et les sanctuaires sont les choses qui appartiennent à l'Église. Dans Ésaîe : « Si tu répands devant l'affamé ton âme, et que l'âme » affligée tu rassasies, dans les ténèbres se lèvera ta lumière, » et ton obscurité comme le midi (sera). » — LVIII. 10 ; — les ténèbres et l'obscurité, c'est l'ignorance du vrai et du bien; la lumière et le midi, c'est l'entendement du vrai et du bien. Dans le Même : « Proférez le conseil, faites le jugement; place comme la » nuit ton ombre au milieu du midi, cache les expulsés, le fugitif » ne décèle point. » — XVI. 3 ; — au milieu du midi, c'est au milieu de la lumière du vrai. Dans Jérémie : « Sanctifiez contre la » fille de Sion le combat, levez-vous et montons au midi, parce » que s'en va le jour, parce que se sont inclinées les ombres du » soir. » — VI. 4; — monter au midi, c'est contre l'Église où le vrai est dans la lumière d'après la Parole. Dans Amos : « Je ferai » coucher le soleil à midi, et je couvrirai de ténèbres la terre »> en jour de lumière. »— VIII. 9;— c'est éteindre toute lumière du vrai qui vient de la Parole. Dans David : « Tu ne craindras pas
» pour toi devant la terreur de nuit, devant ia flèche qui vole de » jour, devant la peste dans l'obscurité, devant la mort qui dè- » vaste à midi. »— Ps. XCI. 5, 6;— la terreur de nuit, ce sont les faux du mal qui proviennent de l'enfer ; la flèche qui vole de jour, c'est le faux qui est ouvertement enseigné ; la mort qui dévaste à midi, c'est le mal dans lequel on vit ouvertement, et par lequel est détruit le vrai, partout où ce vrai peut être dans sa lumière d'après la Parole : et dans Ésaïe : « Prophétique du désert de la mer: » Comme des tourbillons du midi pour traverser, du désert il » vient, de la terre formidable. » —XXL 1.— Dans Daniel : « Le . » bouc de chèvres grand se fit beaucoup, et sa corne grandit vers le » midi, et vers le levant, et vers la splendeur; et il s'accrût jusqu'à » l'armée des cieux, et elle jeta à terre (une partie) de l'armée et » des étoiles, et elle les foula. » — VIII. 8, 9, 10;— là, il s'agit de l'état de l'Église future, et il est prédit que l'Église doit périr par la doctrine sur la foi séparée d'avec le bien de la charité; le bouc de chèvres est cette foi, N" 4169 f., 4769; la corne qui grandit vers le midi, c'est la puissance du faux contre les vrais; vers le levant, c'est contre les biens; vers la splendeur, c'est contre l'Église; jusqu'à l'armée des cieux, c'est contre tous les biens et tous les vrais du cich jeter à terre une partie de l'armée et des étoiles, c'est les détruire, et détruire aussi les connaissances mêmes du bien et du vrai, N° 4697. Dans le même Prophète est décrite la guerre entre le Roi du midi et le Roi du septentrion, — Chap. XI; — et par le Roi du midi il est signifié la lumière du vrai d'après la Parole, et par le Roi du septentrion le raisonnement sur les vrais d'après les scientifiques; les vicissitudes que doit subir l'Église, jusqu'à ce qu'elle périsse, sont décrites par les diverses chances de cette guerre. Comme le midi signifiait le vrai dans la lumière, c'est pour cela qu'il fut ordonné que « les Tribus de Ruben, de Schiméon et de Cad, camperaient vers le midi, » — Nomb. IL 10 à 15; — les campements représentaient l'ordination de toutes choses dans les cieux selon les biens et les vrais de la foi et de l'amour, N0' 4236, 8103 f., 8193, 8196; et les douze Tribus, qui campaient, signifiaient tous les vrais et tous les biens dans le complexe, Not 3858, 3862,3926,3939,4000,6335,0337,6307,6640,7836,7891, 7996, 7997; par la Tribu de Ruben il était signifié le Vrai de la xv. 3.
foi par la doctrine, N°* 3861, 3860, 5542 ; par la Tribu de Schiméon, le Vrai de la foi par la vie qui en provient, N0' 3860, 3870, 3871, 3872, 4497, 4502, 4503, 5482; et par la Tribu de Gad, les œuvres provenant de ces vrais, N°* 6404, 6405; pat* là, on voit clairement pourquoi ces Tribus campaient vers le midi; en effet, tout ce qui appartient au vrai ou à la foi appartient au midi, parce que cela appartient à la lumière. Maintenant, d'après cela, on voit ce qui est signifié par l'angle du midi, à savoir, que c'est où est l'état du vrai dans la lumière ; en effet, tous les états du bien • de l'amour et du vrai de la*foi sont signifies par les quatre angles de la terre ; les états du bien de l'amour par l'angle de l'orient et par l'angle de l'occident, et les états du vrai de la foi par l'angle du midi et par l'angle du septentrion ; ces états sont pareillement signifiés par les quatre vents dans l'Apocalypse : « Des Anges se tenaient sur » les quatre angles de la terre, retenant les quatre vents de la n terre, afin que ne soufD.1t point un vent sur la terre. » — VII. 1 ; — et ailleurs : « Satan sortira pour séduire les Nations, qui (sont) » aux quatre angles de la terre. » — XX. 7, 8. — Dans Matthieu : <i II enverra ses Anges, et il rassemblera ses élus des qua- » Ire vents, depuis les extrémités des cieux jusqu'à leurs extré- » mités. » — XXIV. 3! ; — et dans Ézéchicl : « Des quatre vents » viens, esprit, et souffle dans ces tués, afin qu'ils vivent. » — XXXVII. 9. — Comme ces vents ou ces plages signifiaient toutes les choses du bien et du vrai, ainsi toutes les choses du Ciel et de l'Église, et que le Temple signifiait le Ciel ou l'Église, c'est pour cela que dès les temps anciens il était de coutume de donner aux Temples une position vers l'Orient et vers l'Occident, parce que l'Orient signifiait le bien de l'amour dans son lever, et l'occident le bien de l'amour dans son coucher; cette coutume tire son origine des représentatifs dans lesquels se trouvaient les anciens qui étaient de l'Église.
9643. Quarante bases d'argent, signifie le plein soutien par le Vrai : on le voit par la signification de quarante, en ce c'est le plein, N° 9437; par la signification des bases, en ce qu'elles sont le soutien, car les bases soutiennent ; et par la signification de Yargent, en ce que c'est le vrai, N04 1551, 2954, 5658, 6112, 6914, 6917, 7999. Si les bases étaient d'argent, et si les
ais étaient couverts d'or, c'est parce que les ais signifient le bien, et les hases ie vrai, et que la puissance et ainsi le soutien sont au bien par le vrai; que la puissance soit au bien par le vrai, on lr. voit, N" 6344, 6423, 9327, 9410; et que l'or soit le bien et l'argent le vrai, on le voit, N0$ 113, 1551, 1562, 5658, 6914, 6917, 8932, 9490, 9510; si le bien a la puissance par le vrai, c'est parce que le vrai est la forme du bien, et que le bien a ainsi la qualité, car où est la qualité là est la forme, ainsi il a ce par quoi il peut opérer dans un autre, de telle ou telle manière ; de là vient que dans le bien il y a la faculté, mais elle n'est déterminée que par le vrai ; la faculté déterminée est la puissance actuelle, par conséquent la puissance qui soutient. Les bases aussi correspondent aux pieds et aux plantes des pieds dans l'homme ; en général, aux os qui soutiennent tout ce qui est charnu dans le corps ; et par les pieds et par les os est pareillement signifié le vrai qui soutient, et par ce qui est charnu dans le corps est signiGé le bien qui se soutient par le vrai; on a déjà vu que tout dans la nature se rapporte à la forme humaine, et signifie selon le rapport avec celte forme, N" 9496 ; que la chair est le bien, N" 3813, 6968, 7850, 9127; que les pieds sont le naturel, ainsi le vrai dans la puissance d'après le bien, N" 5327, 5328 ; que le corps est le bien, N°" 6135 ; et que les os sont le vrai qui soutient, N°» 3812 f., 8005 : de là vient aussi que le fondement, qui est la base commune, est le vrai de la foi et la foi elle-même, comme on peut le voir par les passages de la Parole, où le fondement est nommé; par exemple, dans Ésaïe: « Ne savez- » vous pas, n'en tendez- vous pas, ne comprenez-vous pas les fon- » déments de la terre?» — XL. 21 ; — celui qui ne sait pas ce qui est signifié par le fondement, et ce qui est signifié par la terre, ne saisit rien autre chose, sinon qu'ici par les fondements de la terre, c'est le fond de la terre qui est entendu, et cependant s'il fait attention, il peut percevoir qu'il est entendu autre chose, car que serait-ce cela : « Savoir, entendre et comprendre les fondements de la terre? » de là on peut voir que par les fondements de la terre il est signifié des choses qui appartiennent à l'Église ; par les passages de la Parole, où la Terre est nommée, voir les .endroits cités, N° 9325, il est évident que dans la Parole la Terre est l'Église, et que ses fondements sont les vrais de la foi, car ces vrais sont pour l'Église des
fondements, comme on peut encore le voir par les passages suivants; dans David : « Ils ne reconnaissent ni ne comprennent, dans » les ténèbres ils marchent, chancelants sont tons les fondements » de la terre. » — Ps. LXXXII. 5;— que tes fondements de la terre ne soient point chancelants, mais que ce soient les vrais de l'Église chez ceux qui ne reconnaissent ni ne comprennent, et qui marchent dans les ténèbres, cela est évident. Dans le Même : « Alors » a été secouée et a été remuée la terre, et les fondements des mon- » tagnes ont tremblé et se sont agités. » — Ps. XVIII. 8 ; — les montagnes sont les biens de l'amour, N0$ 795, A210, 6A35, 8327; leurs fondements sont les vrais de la foi. Dans Ésaïe : « Les cata- » racles d'en-haut ont été ouvertes, et ont été ébranlés tes fon- » déments de la terre. » — XXIV. 18. — Comme le fondement est le vrai de la foi, et que la.ville en est la doctrine, c'est pour cela que dans la Parole il est dit le fondement de la ville, quand il est entendu le Vrai de la doctrine, comme dans David : « Alors appa- » rurent les lits des eaux, et furent découverts les fondements » de la ville, à cause de la menace de Jéhovah. »— Ps. XVIIL 16; — que la ville soit la doctrine du vrai, on le voit, N°* 402, 2AA9, 29A3, 3216, AA92, AA93 : de là, on peut voir ce qui est signifié par les fondements de la ville, de la Sainte Jérusalem, dans Jean : « La muraille de la ville, de la Sainte Jérusalem, avait douze » fondements, et en eux les noms des douze Apôtres de l'Agneau; » les fondements de la muraille de toute pierre précieuse étaient » ornés. » — Apoc. XXI. 1A à 20 ; —celui qui ne sait pas ce que signifie la Sainte Jérusalem, ni ce que signifient la ville, la muraille, le fondement, les douze Apôtres, ne peut rien voir de l'arcane qui est ici caché, lorsque cependant par la Sainte Jérusalem il est entendu la nouvelle Église du Seigneur, qui doit succéder à notre Église, par la ville la doctrine, par la muraille le vrai qui protège et défend, par les fondements les vrais de la foi, par les douze Apôtres tous les biens de l'amour et tous les vrais de la foi dans le complexe; de là on peut voir pourquoi il est dit qu'il y aura douze fondements, et que de toute pierre précieuse ils seront ornés; car la pierre précieuse est le vrai de la foi d'après le bien de l'amour, N01 11 A, 3858, 66A0, 9A76 ; et les douze Apôtres sont toutes les choses de l'amour et de la foi dans le complexe, N°» 3A88, 3858 f. ,
0397 ; par là on voit clairement ce qui est signifié par les fondements dans ce passage, et aussi par les fondements dans Ésaïc : « Voici, Moi, je dispose avec l'antimoine tes pierres, et tes fonde- » ments je poserai en saphirs. » — LIV. 11 ;— les saphirs sont les vrais intérieurs, N° 9407. Dans le Même : « Jéhovah avec le bâton » frappera Asclmr; alors il y aura tout passage du bâton defon- » dément, sur lequel Jéhovah fera reposer. » — XXX. 31, £2 ; — le bâton de fondement est la puissance du vrai ; que le bâton soit la puissance, on le voit, N0' 4013, 4015, 4876, 4936, 6947, 7011, 7026; et dans Jérémie : o On ne prendra point de toi la pierre » pour l'angle, ni la pierre des fondements. » — LI. 26; — la pierre des fondements, ce sont les vrais de la foi. Dans Job : « Où ». étais-tu quand je fondais ta terre? indique-le, si tu connais » l'intelligence ; qui a posé ses mesures, si tu le sais? sur quoi sont » ses bases, ou qui a posé la pierre de son angle? lorsque chan- » taient ensemble les étoiles du matin, et qu'éclataient en cris tous » les fils de Dieu. » —XXXVIII. 4 à 7 ; — celui qui ne sait pas ce que signifiaient dans le sens interne la terre, ses mesures, ses bases, la pierre de l'angle, les étoiles du matin et les fils de Dieu, ne voit rien de l'arcane renfermé dans ce passage ; il croira qu'il est entendu la terre, puis son fondement, ses mesures, ses bases, la pierre de l'angle, et il ne saura nullement ce que c'est que des étoiles du matin qui chantent, et des fils de Dieu qui éclatent en cris; mais des ténèbres on passera dans la lumière, si l'on sait que la terre est l'Église, que ses fondements sont les vrais de la foi, ses mesures les états du bien et du vrai, ses bases les vrais mêmes qui soutiennent, la pierre de l'angle la puissance du vrai, les étoiles du matin les connaisances du bien et du vrai d'après le bien, les fils de Dieu les vrais Divins ; ceux-ci sont dits éclater en cris quand ils existent ; et celles-là sont dites chanter, quand elles commencent à paraître.
9644. Sous les vingt ais, signifie qui procède du bien d'après te Divin Humain du Seigneur : on le voit par la signification de vingt, en ce que c'est le plein, ainsi de toute manière et entièrement, N° 9641 ; et par la signification des ais de l'Habitacle, en ce qu'ils sont le bien soutenant le ciel, N° 9634 ; ce bien est le bien du mérite, ainsi le bien du Divin Humain du Seigneur, voir
N04 7850,9127; etc'esl l'unique bien qui règne dansleciel, N"9480: que le vrai, qui est signifie par les bases, soit ce qui procède de ce bien, c'est ce qui est signifié en ce que les bases étaient sous tes ais.
9645. Deux bases sous un ais, signifie sa conjonction avec te bien : on le voit pap la signification de deux, en ce que c'est la conjonction, N" 5194, 8423 ; par la signilicatien des bases, en ce qu'elles sont le vrai par lequel il y a soutien, N° 9643 ; et par la signification de Vais, en ce que c'est le bien qui soutient, comme „ ci-dessus, N* 9(544.
9040. Pour ses deux mains, signifie par suite la puissance : on le voit par la signification des mains, en ce qu'elles sont la puissance, N° 9038.
9047. Et deux bases sous un ais pour ses deux mains, signifie ainsi dans toutes choses en général et en particulier : on le voit en ce que de semblables bases et de semblables mains étaient appliquées à chaque ais, et que la répétition enveloppe cela, c'est pourquoi il est signifié qu'il en était ainsi dans toutes choses en général et en particulier. Il faut qu'on sache que dans le particulier chez l'homme et chez l'ange, le bien avec ses vrais est semblable à ce qu'il est dans le commun, IN" 920, 1040, 1316, 4345; ainsi dans toutes choses en général et en particulier. . 9648. Et pour l'autre côté de l'Habitacle vers l'angle du septentrion, signifie vers les intérieurs de ce ciel où les vrais sont dans l'obscur: on le voit par la signification de V Habitacle, eu ce qu'il est le ciel, N° 9594 ; et par la signification du septentrion, en ce que ce sont les extérieurs où le vrai est dans l'obscur, N° 3708; de là il est évident que le côté de l'Habitacle vers l'angle du septentrion, signifie vers les extérieurs du ciel où le vrai est dans l'obscur. Il y a quatre états auxquels correspondent les quatre plages dans le monde, lesquelles sont l'orient, l'occident, le midi et le septentrion ; l'orient correspond à l'état du bien dans son lever; l'occident, à l'état du bien dans son coucher; le midi correspond à l'état du vrai dans sa lumière, et le septentrion, à l'état du vrai dans l'ombre, N° 3708; l'état du bien auquel correspond l'orient, et l'état du vrai auquel correspond le midi, sont les états intérieurs; et l'état du bien auquel correspond l'occident, et l'état du vrai auquel correspond le septentrion, sont les étals extérieurs ; car tout
état est d'autant plus parfait qu'il est intérieur, et d'autant plus imparfait qu'il est extérieur, par conséquent d'autaut plus obscur ; de là résulte que plus l'homme peut être élevé haut vers les intérieurs, plus il parvient dans la perception du bien et dans la lumière du vrai; c'est pourquoi, quand l'homme dépouille les corporels, qui sont les externes mômes, ce qui arrive quand il sort de ce monde, s'il a vécu la vie du vrai et du bien, il vient dans l'intelligence et dans la sagesse, et ainsi daus la perception de toutes les félicités, et dans une perception d'autant plus grande, que par la vie du bien procédant de la doctrine du vrai il s'est laissé élever vers les intérieurs du ciel.
9549. Vingt ais, sigmfie te bien soutenant de toute manière et entièrement : on le voit par la signification de vingt, en ce que c'est de toute manière et entièrement, N° 9QÂ1 ; et par la signification des ai* de l'Habitacle, en ce qu'ils sont le bien soutenant le ciel, N° 9634.
9650. Et teurs quarante bases d'argent, sigmfie aussi là le soutien entier par le vrai : comme ci-dessus, N° 9643.
9651. Deux bases sous un ais, signifie par la conjonction avec le bien : comme aussi ci-dessus, N° 9645.
9652. Et deux bases sous un ais, signifie partout : parce que c'est dans toutes choses en général et en particulier, N° 9647, car ce qui est dans toutes choses en général et en particulier est partout.
9653. Et pour tes deux jambages de l'Habitacle vers la mer, signifie la conjonction avec te ciel où le bien est dans l'obscur : on le voit par la signification de deux, en ce que c'est la conjonction, comme ci-dessus, N° 9645 ; par la signification des jambages, en ce que ce sont les limites où le bien penche vers l'obscur, N° 7859 ; par la signification de V Habitacle, en ce qu'il est le ciel, N° 9594; et par la signification doroccident ou de la mer, en ce que c'est l'état du bien dans l'obscur, N°* 3703, 8615; si l'occident signifie cet état, c'est parce que le Soleil signifie le Seigneur quant au bien de l'amour, N" 3636, 3643, 4060, 4321 f., 7078, 7083, 7171, 8044, 8812 ; de là par son lever il est signifié le bien de l'amour procédant du Seigneur dans une perception claire, cl par son coucher le bien procédant du Seigneur dans une
juTception obscure; et comme il y a perception claire pour l'homme ou pour l'Ange, quand il a été élevé vers les intérieurs, ou dans la lumière du ciel, et perception obscure quand il est dans les extérieurs, N°9648, ainsi quand il est dan:, la lumière du monde, c'est pour cela que l'occident est aussi appelé la mer, car la mer signifie le scientifique dans le commun, N0,28, 2850, et le scientifique est dans l'homme externe ou naturel, où le bien est dans l'obscur; tout scientifique, parce qu'il appartient à l'homme naturel, est dans la lumière du monde.
9(554. Tu feras six ais, signifie là le bien en toute manière procédant du Divin Humain du Seigneur : on le voit par la signification de six, en ce que ce sont toutes choses dans le complexe, N° 7973, par conséquent aussi en toute manière; et par la signification des ais de l'Habitacle, en ce que c'est le bien procédant du Divin Humain du Seigneur, et soutenant le ciel, V 9644.
0655. Et deux ais tu feras pour tes angles de l'Habitacle aux deux jambages, signifie la qualité de ta conjonction là avec le bien : on le voit par ce qui suit, où il est dit que les ais y seront géminés par en bas, et ensemble géminés à leur tête à un même anneau, ce qui signifie la qualité de la conjonction là avec le bien, car par deux est signifiée la conjonction, N* 9645; par les ais, le bien qui soutient, N* 9634 ; par les angles de l'Habitacle aux deux jambages, les limites où est ce bien, N° 9653.
9656. Et Us seront géminés par en bas, et ensemble ils seront géminés à leur tête, signifie ta conjonction par l'extérieur et par l'intérieur : on le voit par la signification d'être géminé, en ce que c'est être conjointement mis en action ; par la signification de par en bas, en ce que c'est par l'extérieur, car ce qui est en dehors est exprimé dans la Parole par en bas, et ce qui est en dedans est exprimé par en haut, N°* 3084, 4599, 5146, 8325 ; de là les lieux profonds sont les extérieurs, et les lieux élevés sont les intérieurs, N°f 2148, 4210, 4599 ; et par la signification de la tête, quand il est dit depuis le bas jusqu'à la tête, en ce que c'est par l'intérieur ; que cela soit signifié par la tête, c'est parce que la tête est au-dessus du corps, et que les supérieurs signifient les intérieurs, comme il vient d'être dit ; et en outre les intérieurs de l'homme sont dans sa têle, car là sont les principes des sens et des
mouvements, et les principes sont les intimes, puisque c'est d'eux que dérivent toutes les autres choses; les principes, en effet, sont comme les veines des sources, d'où découlent les ruisseaux : de là vient aussi que dans la Parole les intérieurs sont exprimés par la Tête, comme dans Ésaïe : « Jéhovah retranchera d'Israël tête et » queue, rameau et jonc, ea un jour. »> — IX. 13; — dans le Même : « Il n'y aura point pour l'Egypte d'ouvrage, que fasse tête et queue, n rameau et jonc. » — XIX. 15; — là, il s'agit de l'Église, dont les intérieurs sont la tête, et les extérieurs la queue. Dans le Même : « Sur toutes ses têtes calvitie, toute barbe ( est ) rasée. » — XV. 2 ; — la calvitie sur les têtes, c'est l'absence du bien et du vrai dans les intérieurs; la barbe rasée, c'est l'absence du bien et du vrai dans les extérieurs» Dans Jérémie : « Par l'Égypte tu seras dans la con- » fusion, comme tu as été dans la confusion par Aschur, et tes » mains (seront) sur ta tête; parce que Jéhovah a eu en abomi- » nation tes secours. » — II. 30, 37; — ainsi est décrite la confusion par rapport aux Biens et aux vrais de l'Église perdus par les scientifiques et par les raisonnements qui en proviennent; l'Égypte est le scientifique ; Aschur est le raisonnement qui en provient ; avoir les mains sur la tête, c'est couvrir les intérieurs par rapport à la confusion : pareillement ailleurs dans le Même : « Ils ont été » dans la confusion, et affectés d'ignominie, et Us oui couvert teur » tête. »— XIV. 3, 4, et II Sam. XIII. 10.
0657. A un même anneau, signifie ainsi la consistance : on le voit par la signification de Vanneau, en ce que c'est la conjonction, N" 0403, 0405, ici la consistance par la conjonction, parce qu'il est dit que les ais seront géminés à un même anneau.
0(558. Ainsi sera pour eux deux, aux deux angles ils seront, signifie une semblable conjonction partout : on le voit par la signification des deux ou de deux, en ce que c'est la conjonction, Y 0655 ; comme c'est de part et d'autre, cela signifie une conjonction semblable partout, car tes ais géminés aux deux angles regardaient vers toute plage; ainsi ils construisaient deux jambages aux deux angles; et regarder vers toute plage, c'est partout; et comme c'était de même des deux côtés, c'est une semblable conjonction partout.
0650. Et il y aura huit ais et leurs bases d'argent, signifie
le soutien en toute manière d'après le bien, et par le vrai gui provient du bien : on le voit par la signification de huit, en ce que c'est en toute manière, ainsi qu'H va être moulré; par la signification des ais, en ce qu'ils sont le bien qui soutient, N° 9634 ; par la signification des bases d'argent, en ce qu'elles sont le soutien par le vrai qui provient du bien, N°„9643. Que huit, ce soit en toute manière, c'est parce que par ce nombre il est signifié la même chose que par deux et par quatre, car il vient de la multiplicatiou de ces deux nombres entre eux, et que par deux et par quatre il est signifié la conjonction en plein, N°* 5194, 8423, 8877, et par suite aussi le plein, N° 9103, par conséquent en toute manière, car ce qui est pleinement est aussi en toute manière : huit aussi signifie le plein et en toute manière, par la raison que la semaine signifie une période entière depuis le commencement jusqu'à la fin , N°* 2044 ,3845, et qu'ainsi le huitième jour signifie l'état plein, à partir duquel il se fait ensuite un nouveau commencement; de là vient que les enfants mâles étaient circoncis le huitième jour, — Gen. XVII. 12, XXI. 4 ; — car la circoncision signifiait la purification par le vrai de la foi des amours corrompus, N°*2039, 2046f. , 2799, 3412, 3413, 4462; le prépuce correspondait à la corruption du bien par ces amours, N°' 4462, 7045, 7225; et le couteau de pierre, par lequel se faisait la circoncision, signifiait le vrai de la foi par lequel s'opère la purification, N°* 2039 f. , 2046 f. , 2799, 7044. Le plein et en toute manière sont aussi signifiés par huit mis après sept dans Michée : « Quand Aschur sera venu dans notre terre, et qu'il aura foulé aux » pieds nos palais, alors nous établirons sur lui sept pasteurs, et » huit princes des hommes, et ils paîtront la terre d' Aschur avec » l'épée, et il (nous) délivrera d'Aschur. »— V. 4, 5; — Aschur est le raisonnement sur les biens et les vrais de l'Église d'après la propre intelligence; la délivrance totale, ou en toute manière, de la fausseté qui en résulte, est signifiée par les huit princes des hommes qui détruiront; les princes des hommes sont les principaux vrais du bien. Que huit soit le plein et en toute manière, on le voit encore par l'expérience au sujet de l'introduction et de la réception des sociétés dans le ciel, N« 2130; les sociétés d'abord reçues se montrèrent jusqu'au nombre de douze , et ensuite jusqu'au nombre de huit ; en effet, ceux qui sont introduits et reçus dans le ciel
sont ceux qui ont été purifiés des choses terrestres, par conséquent des amours de ces choses, et qui ensuite ont été instruits ; par le nombre huit était alors signifié le plein. Ailleurs dans la Parole la môme chose est signifiée par huit ; par exemple, dans Ézéchiel, le portique de la porte en dehors de la maison était de huit coudées, et il y avait huit degrés pour monter à la maison,— XL. 9, 31, 41; — là, il s'agit de la Nouvelle Maison, par laquelle est signifiée la Nouvelle Église du Seigneur ; les vrais qui conduisent au bien et du bien aux vrais sont signifiés par le portique et par les degrés. Celui qui ne sait pas que les nombres, dans la Parole, enveloppent des choses ne peut jamais comprendre autrement sinon que les mesures et les nombres, quand il s'agit du Tabernacle, du Temple de Salomon, et ensuite, dans Ézéchiel, de la nouvelle Maison, du nouveau Temple et de la nouvelle Terre, ne signifient rien autre chose, ni par conséquent rien de Saint, lorsque cependant dans la Parole il n'y a pas un seul petit mot inutile ; que celui qui a de l'intelligence examine les mesures et les nombres dans Ézéchiel, Chap. XL à XL VIII ; puis les mesures et les nombres dans Jean, Apoc. Chap. XXI, où il est dit aussi, « L'Ange mesura la muraille de » la Nouvelle Jérusalem, cent quarante-quatre coudées, me- » sure d'homme, c'est-à-dire, d'Ange,* — Vers. 17;— et aussi ailleurs : « Que celui qui a de l'intelligence compte le nombre » de la béte, car nombre d'homme il est, et son nombre est » six cent soixante-six. Apoc. XIII. 18;— et en outre dans plusieurs passages ailleurs : que tous les nombres dans la Parole signifient des choses, on le voit, N" 482, 487, 575, 647, 648, 755, 813, 1963, 1988, 2075, 2252, 3252, 4264, 4495, 4670, 5265, 5291, 5335, 5708, 7973, 6175, et dans les endroits où il a été montré ce que signifient socialement quelques nombres.
9660. Seize bases, signifie te soutien entièrement : on le voit par la signification de seize, en ce que c'est entièrement; en effet, seize signifie la même chose que huit, puisque les nombres multipliés ont la même signification que les nombres simples dont ils proviennent, N" 5291, 5335, 5708, 7973; que huit soit le plein et en toute manière, c'est ce qui vient d'être montré, N° 9659, par conséquent il signifie aussi entièrement ; et par la signification des bases, en ce qu'elles sont le soutien, N* 9653.
9001. Deux bases sous un ais, et deux bases sous un ais, signifie par la conjonction du vrai avec te bien partout : on le voit par la signification de deux, en ce que c'est la conjonction, N" 1080, 3519, 5194, 8423; par la signification des bases, en ce qu'elles sont le vrai qui soutient, N° 9045 ; et par la signification de Vais, en ce qu'il est le bien qui soutient, N° 9034 ; que ce soit ainsi dans toutes choses en général et en particulier, par conséquent partout, c'est ce qu'enveloppe la répétition, comme aussi parfois précédemment.
9602. Et lu feras des barres de bois de Sckittim, signifie la puissance du vrai d'après le bien : on le voit par la signification des barres, en ce qu'elles sont la puissance qui appartient au vrai d'après le bien, N° 9490; par la signification du bois de Schiltim, en ce que c'est le bien du mérite qui appartient au Seigneur Seul, N* 9472, 9480 ; que ce bien soit l'unique bien qui règne dans le ciel, on le voit, N" 9480; par conséquent c'est celui d'après lequel les vrais ont la puissance.
9603. Cinq pour les ais d'un côté de l'Habitacle, signifie par lequel il regarde vers tes intérieurs du ciel, où le vrai est dans ta lumière : on le voit par la signification de cinq, en ce que ce sont toutes les choses de celte partie, N° 9004 ; par la signification des ais, en ce qu'ils sont les biens qui soutiennent, V 9634 ; et par la signification du côté de l'Habitacle, en ce que c'est la plage du ciel, où l'on regarde, car l'Habitacle est le ciel, N° 9590, et le côté est la plage où l'ou regarde; que ce soit vers les intérieurs où le vrai est dans la lumière, ainsi vers le midi, c'est parce que les mômes choses sont répétées trois fois, et qu'à la troisième et dernière fois il est dit « aux deux jambages vers la mer » ; et il est parlé de trois côtés, un premier côté, vers le midi, Vers. 18; un second vers le septentrion, Vers. 20; et un troisième vers la mer, Vers. 22 ; on a vu ci-dessus que vers le midi, c'est vers les intérieurs où le vrai est dans la lumière, N° 9042; que vers le septentrion, c'est vers les extérieurs où le vrai est dans l'obscur, N° 9048 ; et que vers la mer, c'est où le bien est dans l'obscur, N° 9053.
9004. Et cinq barres pour les ais de l'autre côté de l'Habitacle, signifie la puissance du vrai d'après le bien, par lequel il regarde vers les extérieurs où le vrai est dans l'obscur : on
le voit par les explications qui viennent d'être données, N01 9602,
9665. Et cinq barres pour tes ais du côté de l'Habitacle aux deux jambages vers la mer, signifie la puissance du vrai d'après le bien par lequel il regarde ce ciel, où il y a conjonction avec le bien qui est dans l'obscur : on le voit aussi par les explications données, N.°* 9653, 9662, 9663.
9666. Et ta barre médiane, au milieu des ais, traversant de l'extrémité à l'extrémité, signifie la puissance principale d'après laquelle tes puissances sont partout continuées : on le voit par la signification de la barre, en ce qu'elle est la puissance, Y 9496 ; par la signification du milieu, en ce que c'est l'intime et le principal, N0i 1074, 2940, 2973, 5897, 6084, 6103 ; par la signification de traverser de l'extrémité à l'extrémité, quand cela est dit de la barre par laquelle est signifiée la puissance, en ce que ce sont les puissances dérivées de là et continuées partout. On ne peut pas savoir ce qui a lieu à cet égard, à moins qu'on ne sache ce qui a lieu à l'égard des intérieurs et des extérieurs dans le monde spirituel : Les choses qui sont les meilleures et les plus pures, ainsi celles qui sont plus parfaites que toutes les autres, sont dans l'intime ; celles qui en procèdent vers les extérieurs sont moins parfaites selon leurs degrés d'éloignement des intimes ; et enfin celles qui sont dans les extrêmes sont les moins parfaites de toutes, N° 96A8 ; sont dites moins parfaites celles qui peuvent être plus facilement détournées de leur forme et de leur beauté, par conséquent de leur ordre : il en est de ces choses comme des fruits ; dans l'intime des fruits sont les semences, au dehors des semences est la chair, les semences sont dans un état plus parfait que la chair qui est au dehors, comme on peut le voir en ce que, tandis que la chair se putréfie, les semences néanmoins restent saines: il en est de môme des semences; dans l'intime des semences il y a le prolifique, qui est dans un état parfait en comparaison des choses qui sont là au dehors, car le prolifique resle dans son intégrité et produit un nouvel arbre ou une nouvelle plante, tandis que les extérieurs tombent en dissolution : il en est de même dans le ciel; là les intimes, parce qu'ils sont plus près du Seigneur, sont dans un état parfait en comparaison des extérieurs, c'est de là que le ciel intime est dans la sagesse et l'intelligence et par suite
dans la félicite, bien plus que les cieux qui sont au-dessous : il en est de même dans chaque ciel ; l'intime y est plus parfait que ce qui J'environne: il en est de même chez l'homme qui est dans le bien de l'amour et dans les vrais de la foi; son interne est dans un état plus parfait que son externe, car l'homme interne est dans la chaleur et dans la lumière du ciel, et l'homme externe est dans la chaleur et dans la lumière du monde : pareillement dans toute forme parfaite, son intime est le meilleur ; l'intime est ce qui est entendu par le milieu. Que traverser de l'extrémité à l'extrémité, quand cela est dit de la barre, ce soit une puissance dérivée de là et continuée 'partout, c'est parce que de l'extrémité à l'extrémité signifie la fin première et la fin dernière, ainsi depuis le commencement jusqu'à la fin, car la lin première est le commencement : c'est de là que les extrémités signifient toutes choses et partout; comme dans Jérémie : « L'épéc » de Jéhovah dévore depuis une extrémité de la terre jusqu'à » l'autre extrémité.» — XII. 12; — l'épée, c'est le vrai qui combat contre le faux et le détruit, et dans le sens opposé, c'est le faux qui combat contre le vrai et le détruit, N- 2709, 4400, 6353, 7102, 8294 ; dévorer depuis une extrémité de la terre jusqu'à l'autre extrémité, ce sont toutes les choses de l'Église, car la terre est l'Église, N° 0334. Dans David : « D'une extrémité des cieux » son départ, et son tour vers leurs extrémités. » — Ps. XIX. 7 ; — là aussi d'une extrémité des cieux vers leurs extrémités, c'est toutes choses et partout. Dans Marc : « Il enverra ses Anges, et il » assemblera ses élus des quatre vents, depuis l'extrémité de la » terre jusqu'à l'extrémité du ciel. »> — XIII. 27 ; — l'extrémité de la terre et l'extrémité du ciel, ce sont tous les externes et tous les internes de l'Église ; que la terre soit l'externe de l'Église, et que le ciel en soit l'interne, on le voit N°* 1733, 1850, 2117, 21 18 f. , 3355 f. , 4535, où il a été expliqué ce que c'est que la nouvelle terre et le nouveau ciel. Pareillement les extrémités, au pluriel, dans Ésaïe : « Regardez vers Moi , afin que vous soyez sauvées, » toutes les extrémités de ta terre. » — XLV. 22; — Dans David : u Dieu de notre salut ! confiance de toutes les extrémités de ta » terre, et des lieux de la mer les plus éloignés.» — Ps. LXV. 0. — Et aussi au singulier, lorsqu'il est dit jusqu'à l'extrémité, dans Ésaïe: u Pour être mon salut jusqu'à C extrémité de ta terre. » — XL1X.
6 ; — dans le Même : h Jéhovah se fera entendre jusqu'à l'cxtré- » mité de la terre; dites à la fille de Sion : Voici, ton salut vient. » — LXII. il. — Dans Jérémie : « Le tumulte viendra jusqu'à » r extrémité de ta terre. » — XXV. 31 ; — jusqu'à l'extrémité enveloppe de l'extrémité à l'extrémité. Mais quand par l'extrémité il n'est entendu que l'extrême ou le dernier, elle signifie ce qui est le dernier du ciel ou de l'Église ; par exemple, dans Ésaïe : « Chantez à Jéhovah un cantique nouveau, sa louange, extrémité » de ta terre descendant à la mer, et sa plénitude, îles et leurs » habitants. » — XLII. 10 ; — l'extrémité de la terre descendant a la mer, c'est le dernier de l'Église où le bien et le vrai sont dans l'obscur; que la mer ait celle signification, on le voit, N° 9653 ; les Iles sont ceux qui sont plus éloignés des vrais, et par conséquent du culte, N° 1158. Dans le Môme : « Amène mes fils de loin, et » mes filles de l'extrémité de la terre. » — XLUI. 6 ; — les fils de loin sont ceux qui sont dans l'obscur quant aux vrais, les filles de l'extrémité de la terre sont ceux qui sont dans l'obscur quant aux biens, comme étaient les nations ; que les fils soient ceux qui sont dans les vrais, et abstractivement les vrais, on le voit, N0' 264, 489, 491, 1147, 2623, 2803, 2813, 3373, 3704 ; et que les tilles soient ceux qui sont dans les biens, et abstractivement les biens, on le voit, N°* 489, 490, 491, 2362, 3963, 8994 ; de 1.1, il est encore évident que l'extrémité se dit du bien, et que loin se dit du vrai, comme aussi,— Ps. LXV. 6; et Ésaïe, XIII. 5.— Mais il faut qu'on sache que par l'extrémité du ciel, ce n'est point l'extrémité de l'espace qui est entendue, mais c'est l'état du bien et du vrai, car dans le ciel il n'y a point d'espace, mais il y a seulement une apparence d'espace selon les états du bien et du vrai.
9667. Et les ais tu couvriras d'or, et leurs anneaux tu feras d'or, pour maisons aux barres, et tu couvriras les barres d'or, signifie le représentatif du bien d'après lequel et par lequel sont toutes choses : on le voit par la signification de couvrir d'or et de faire d'or, en ce que c'est le représentatif du bien, N° 9510 ; par les ais aussi est signifié le bien qui soutient, N° 9634 ; par les anneaux la conjonction du bien et du vrai, N°* 9493, 9495 ; et par les barres la puissance du vrai d'après le bien, N° 9496 : que toutes choses soient d'après le bien et par le bien, c'est parce que toutes •
AS
les choses qui sont dans l'univers se réfèrent au bien et au vrai, et que c'est du bien que provient le vrai, qu'ainsi du bien provient tout ; le bien tire son origine du Divin lui-même ; le Divin amour du Seigneur est le Divin Bien, car tout bien appartient à l'amour ; le Divin amour Lui-Méme, ainsi le Divin Bien est l'Être Môme qui est appelé Jéhovah, et aussi le Seigneur; l'exister qui procède de l'être est le Vrai ; par là on peut voir que toutes choses sont d'après le Bien.
9668. Et tu dresseras (' Habitacle selon la manière qui t'a été montrée dans la montagne, signifie vers les plages selon les états du bien et du vrai dans te ciet qui est représenté : on le voit par la signification de l'Habitacle, en ce qu'il est le représentatif du ciel, N° 9594 ; par la signification de selon la manière qui t'a été montrée dans la montagne, en ce que c'est vers les plages selon les états du bien et du vrai dans le ciel, car c'est ce qui est entendu par la manière selon laquelle serait établi l'Habitacle; que la montagne de Sinaï où il fut vu soit le ciel, cela a élé expliqué, N° 9420. D'après la description il est évident que l'Habitacle a été posé d'orient en occident quant à la longueur, et que l'entrée était à l'orient, et l'arche à l'occident ; par conséquent les côtés étaient au midi et au septentrion; la plage orientale de l'Habitacle représentait l'état du bien dans son lever ; la plage occidentale, l'état du bien dans son coucher; la plage méridionale, l'état du vrai dans sa lumière; et la plage septentrionale, l'état du vrai dans son ombre. L'entrée était à la plage orientale, par cette raison que le Seigneur entre par le bien de l'amour dans le ciel ; c'est aussi ce qu'on peut voir dans Ézéchiel, où il s'agit du Nouveau Temple, il y est dit : « // me conduisit vers la porte, porte qui regarde » vers l'orient; et voici, ta gloire du Dieu d'Israël venait par » le chemin de t orient ; et la gloire de Jéhovah entra dans ta » maison par le chemin de ta porte, dont les faces (sont) vers h l'orient; et la gloire de Jéhovah remplit ta maison. » — XLIII. 1 à 6;— et ensuite : «Jéhovah me dit : La porte qui re- » garde l'orient sera fermée, elle ne sera point ouverte, et » homme n'entrera point par elle, mais Jéhovah Dieu d'Is- » ra'èt entrera par clic. » — XL1V. 1, 2; — D'après cela, il est bien évident que le Seigneur seul entre dans le ciel par le Bien de l'amour, et que le Bien de l'amour procédant du Seigneur rem-
plit le ciel et le fait : l'orient signifie le Seigneur quant au Rien de l'amour; cl cela, parai que le Seigneur est le Soleil du ciel, N°4 3030, 3643, 7078, 7083, 7270. Or, dans le ciel, voici ce qui a lieu : L'orient est où le Seigneur apparaît comme Soleil, c'est-à-dire, en avant vis-à-vis de l'œil droit, N°* 4321 f. , 7078, 7171 ; de là vers l'occident, ainsi en ligne droite de l'orient à l'occident, sont ceux qui sont dans le bien de l'amour; mais au midi sont ceux qui sont dans la lumière du vrai, et au septentrion ceux qui sont dans l'ombre du vrai : tous ceux qui sont dans le ciel regardent vers le Seigneur, car là regarder en avant, c'est regarder vers Lui ; personne, de quelque côté qu'il se tourne, n'y peut regarder de manière à avoir le Seigneur derrière soi, voir N° 4321 f. ; mais c'est là un arcane que l'homme naturel ne peut pas saisir. Telles sont les choses qui étaient représentées par le modèle que Moscheh vit dans la montagne, et selon lequel l'Habitacle devait être construit.
9669. Vers. 31, 32, 33. Et tu feras un roilc d hyacintheet de pourpre, et d'écarlale double-teint, et de fui tin tissu, ouvrage d imaginateur on le fera, à chérubins. Et tu te mettras sur quatre colonnes de Schittmi couvertes d'or, et leurs crochets en or, sur quatre bases d'argent. Et tu mettras le voile sous les agrafes, et tu introduiras ta,fn dedans du voile, C Arche du Témoignage; et que distingue le voile pour vous entre le Saint et le Saint des Saints. — El lu feras un voile, signifie le médium unissant ce ciel et le ciel intime, ainsi le bien spirituel avec le bien céleste : d'hyacinthe et de pourpre, et d'écarlate double-teint, et de fin lin tissu, signifie les biens de l'amour et de la foi conjoints : ouvrage d imaginateur on le ferai signifie l'intellectuel : à chérubins, signifie la garde, afin qu'ils ne soient pas mêlés : et lu le mettras sur quatre colonnes de Schiltim, signifie le bien du mérite, qui appartient au Seigneur seul, et qui conjoint et soutient : couvertes d'or, signifie là le représentatif : et leurs crochets en or, signifie les modes de conjonction par le bien : sur quatre bases d'argent, signifie la puissance de conjonction par le vrai : cl tu mettras le voile sous les agrafes, signifie la faculté de la conjonction et par suite l'actualité : et tu introduiras là, en dedans du voile, l'Arche du Témoignage, signifie l'existence du ciel intime en dedans de ce médium unissant : xv. 4.
et que distingue le voile pour vous entre te Saint et le Saint des Saints, signifie entre le bien spirituel, qui est le bien de la charité à regard du prochain et le bien de la foi au Seigneur, et le bien céleste qui est le bien de l'amour envers le Seigneur et le bien de l'amour mutuel.
9070. Et tu feras un voile, signifie le médium unissant ee ciel et le ciel intime, ainsi le bien spirituel avec le bien céleste: on le voit par la signification du voile, qui distinguait entre l'Habitacle où il y avait l'Arche du témoignage, et l'Habitacle où il y avait le chandelier et la table sur laquelle étaient les pains des faces, en ce que c'est le médium unissant le ciel moyen et le ciel intime ; car l'arche, dans laquelle il y avait le Témoignage, représentait le ciel intime où est le Seigneur, N°* 9A57, 9481, 9A85 ; et l'Habitacle hors du voile représentait le ciel moyen, N° 9594 ; et puisque le bien de l'amour envers le Seigneur fait le ciel intime, et que le bien de la charité à l'égard du prochain fait le ciel moyen, c'est pour cela que le voile signifie aussi le médium unissant le bien spirituel cl le bien céleste, le bien spirituel est le bien de la charité à l'égard du prochain, et le bien céleste est le bien de l'amour envers le Seigneur ; que les cieux soient distingués selon ces biens, on le Voit dans les endroits cités, N° 9277 : d'après cela, on voit clairement ce que signifiait le voile tant dans le Tabernacle que dans le Temple. Ces deux cieux, savoir, l'intime et le moyen, sont tellement distincts, que de l'un il n'est pas possible d'entrer dans l'autre, mais néanmoins ils constituent un seul ciel par des sociétés angéliqucs intermédiaires, qui sont d'un tel génie, qu'elles peuvent approcher du bien de l'un et de l'autre ciel; ce sont ces sociétés qui constituent le médium unissant que représentait le voile : il m'a aussi été donné de parler quelquefois avec des anges de ces sociétés. D'après la correspondance, on j)cut voir quels sont les anges du ciel intime, et quels sont respectivement les anges du ciel moyen : Aux anges du ciel intime correspondent chez l'homme les choses qui appartiennent aux provinces du cœur et du cervelet, et aux anges du ciel moyen correspondent chez l'homme les choses qui appartiennent aux provinces des poumons et du cerveau ; celles qui appartiennent au cœur et au cervelet sont appelées involontaires et spontanées, parce qu'elles se présentent ainsi, et celles qui appartiennent
EXODE. CHAP. VIMGT-SIXIÈMB. 51
aux poumons cl au cerveau sont appelées volontaires : par là ou on peut entrevoir que Pun de ces cicux est plus parfait que l'autre, et quelle différence il y a entre eux. Aux anges intermédiaires qui approchent de l'un et de l'autre ciel et qui les conjoignent, correspondent les plexus cardiaques et pulmonaires, par lesquels se fait la conjonction du cœur avec les poumons, et correspond aussi la moelle allongée, où la fibre du cervelet est conjointe avec la fibre du cerveau. Que les Anges qui sont du Royaume céleste du Seigneur, c'est-à-dire, qui sont dans le ciel intime, constituent la province du cœur dans le Très-Grand Homme, et que les Anges qui sont du Royaume spirituel du Seigneur, c'est-à-dire, qui sont dans le ciel moyen, constituent la province des Poumons, on le voit, N0' 3635, 3880 à 3890 ; et que de là existe chez l'homme la correspondance du Conir et des Poumons, on le voit, N"* 3883 à 3890 ; il en est de même de la correspondance du Cerveau et du Cervelet. Quels sont les anges célestes ou ceux qui sont dans le ciel intime, et quels sont les anges spirituels ou ceux qui sont dans le ciel moyen, et quelle différence il y a entre eux, on le voit N01 2046, 2*227, 2609, 2708,2715,2fl8,2935,2937,2954,310G, 3235,3230, 3240, 3240, 3374, 3833, 3887, 3969, 4 1 38, 4280, 4493, 4585, 4938,5113,5150,5922,0290,6289,0300,6427,0435,0500, 6647, 6648, 7091 , 7233, 7877, 7977, 7992, 8042, 8152, 8234, 8521 ; de là on peut voir quels sont les Anges intermédiaires qui constituent le médium unissant que représentait le voile. Le voile du Temple, qui fut déchiré en deux parties lorsque le Seigneur souffrit le supplice de la croix, — Malth. XXVII. 51. Marc, XV. 58. Luc, XXIII. 45, — signifiait alors la glorification du Seigneur; car le Seigneur, quand il était dans le monde, fit Divin Vrai son Humain, et quand il sortit du monde il fit son Humain le Divin Bien, dont procéda ensuite le Divin Vraf, voir les citations N0' 9199 f. , 9315 C : le Divin Bien est le Saint des Saints. La glorification de l'Humain du Seigneur jusqu'au Divin Bien, qui est Jéhovah, est décrite aussi dans le sens interne par ce qui se pratiquait pour l'expiation, quand Aharon entrait dans le saint des saints en dedans du voile, — Lévït. Chap. XVI ; — et dans le sens respectif par cette même cérémonie était décrite la Régénération de l'homme jusqu'au bien céleste, qui est le bien du ciel intime ; voici quelle étail celte
cérémonie : Aharon prenait un taureau pour le sacrifice et un bélier pour l'holocauste, pour lui et pour sa. maison ; il revêtait les habits de sainteté, qui étaient la tunique de lin, les caleçons de lin, la ceinture de lin et la tiare de Un, et il lavait sa chair dans les eaux; il prenait deux boucs, sur lesquels il jetait le sort, l'un était offert à Jéhovah, et l'autre était envoyé dans le désert; celui-ci pour l'assemblée des fils d'IsraCl. Quand il sacrifiait le taureau il apportait le parfum au dedans du voile ; et il répandait sept fois du sang du taureau et du bouc sur le propitiatoire vers l'orient ; et il répandait aussi du sang sur les cornes de l'autel ; ensuite il confessait les péchés des fils d'Israël, et il les mettait sur le bouc qui devait être envoyé dans le désert ; enfin il quittait les vêtements de lin, revêtait les siens, et faisait l'holocauste pour lui et pour le peuple ; et les choses qui, provenant des sacrifices, n'étaient point offertes en parfums, (étaient portées hors du camp et brûlées) : voilà ce qui s'observait chaque année, quand Aharon entrait dans le Saint des Saints en dedans du voile. Le Sacerdoce, dont Aharon remplissait les fonctions, représentait le Seigneur quant au Divin Bien, comme la Royauté, qui dans la suite appartint aux Rois, représentait le Seigneur quant au Divin Vrai, N° 6148 : la Progression de la Glorification de l'Humain du Seigneur jusqu'au Divin Bien est décrite là dans le seus interne ; cette progression se manifestait devant les Anges quand Aharon accomplissait cette cérémonie et entrait en dedans du voile, et maintenant elle se manifeste aussi devant les anges, quand cette cérémonie est lue dans la Parole. Le taureau pour sacrifice du péché, et le bélier pour holocauste, signifient la purification du bien d'avec les maux chez l'homme externe et chez l'homme interne ; la tunique de lin, les caleçons de lin, la ceinture de lin et la tiare de lin, qu* Aharon revêtait lorsqu'il allait entrer, et l'action de laver sa chair, signifient que celte purification se faisait par les vrais d'après le bien ; et les deux boucs de chèvres pour sacrifice du péché, le bélier pour holocauste, le bouc qui était offert, et l'autre qui était envoyé dans le désert, signifient la purification du vrai d'avec les faux dans l'homme externe ; le parfum qui était apporté au dedans du voile, signifie la préparation ; le sang du taureau et le sang du bouc, qui étaient répandus sept fois sur le propitiatoire vers l'orient, et ensuite sur les cornes de l'autel, signifient
le Divin Vrai d'après le Divin Bien ; la confession des péchés suite bouc vivant, qui devait être envoyé dans le désert, signifie de toute manière la séparation et le rejet du mal d'avec le bien ; l'action de quitter les vêtements de lin et de revêtir les siens pour faire l'holocauste, et l'action de transporter hors du camp la chair, la peau et les excréments des victimes, et de les brûler, signifient l'action de se revêtir du bien céleste chez le régénéré, et la glorification de l'Humain jusqu'au Divin Bien dans le Seigneur, après qu'il eut rejeté tout ce qui avait appartenu a l'humain provenant de la mère, au point qu'il n'était plus son fils, voir les citations, N°9315 f. Voilà ce qui est signifié par cette cérémonie de purification, quand Aharon entrait vers le Saint des Saints en dedans du voile ; car en agissant ainsi Aharon représentait le Seigneur quant au Divin Bien. D'après cela, on peut voir que le voile entre le Saint et le Saint des Saints signifie aussi le médium unissant le Divin Vrai et le Divin Bien dans le Seigneur.
9071. D'hyacinthe et de pourpre, et d' écarta te doubleteint, et de fin lin tissu, signifie les biens de l'amour et de la foi conjoints là : on le voit parla signification de Y hyacinthe, en ce que c'est le céleste amour du vrai, N° 0466 ; par la signification de la pourpre, en ce que c'est le céleste amour du bien, N° 9467 ; par la signification de Yécarlate double-teint, en ce que c'est le bien spirituel, NM 4922, 9468; et par la signification du fin lin tissu, en ce que c'est le vrai d'origine céleste, N° 9469 ; il est donc évident que ces quatre choses signifient les biens de l'amour et de la foi conjoints dans le médium unissant. Voici ce qui a lieu à ce sujet : Ceux qui dans le ciel ont rapport avec le médium unissant, qui est représenté par le voile, ont les biens de l'amour et les biens de la foi conjoints en eux ; en effet, par les biens de l'amour ils sont conjoints aux anges célestes qui sont dans le ciel intime, et par les biens de la foi ils sont conjoints aux anges spirituels qui sont dans le ciel moyen, car le bien de l'amour envers le Seigneur est appelé bien céleste, et le bien de la foi en Lui est appelé bien spirituel. Ceux qui o\ms le ciel ont rapport avec le médium unissant sont appelés célestes-spirituels et spirituels-célestes, les célestes-spirituels sont représentés dans la Parole par Joseph, et les spirituels-célestes par Benjamin ; on a vu, ci-dessus, que Joseph dans'le
sens représentatif est le célestc-spiriluel, Nos 42SO, 4592, 4903, 5249, 5S07, 5831, 5332, 5417, 5809, 5877, 0224, 0520; et Benjamin le spirituel-céleste, N°' 3900, 4592' et qu'ainsi Joseph est le médium unissant interne, cl Benjamin le médium unissant externe, Nw 4585, 4592, 4594, 5411, 5413, 5443, 5039, 5080, 5088, 5089, 5822 ; ce que c'est que le céleste-spirituel et lespilucl-céleste, on le voit, N01 1577, 1824, 2184, 4585, 4592,4594. El même d'après les opposés, qui sont dans les enfers, on connait quelle diil'érence il y a entre les célestes et les spirituels dans les Cieux ; dans les enfers ceux qui sont opposés aux célesles sont appelés génies, et ceux qui là sont opposés aux spirituels sont appelés esprils : les génies, qui sont opposés aux célestes, sont par derrière; les esprits, qui sont opposés aux spirituels, sont |>ar devant; cl les intermédiaires sont sur les cotés ; les génies, parce qu'ils sont opposés aux célestes, sont dans un mal plus intérieur que les esprits ; roir ce qui a été dit d'après l'expérience sur les uns et les autres, N0* 5977, 8593, 8022, 8025. L'enfer des génies a été entièrement séparé de l'enfer des esprits, au point que ceux qui sont dans l'un ne peuvent passer dans l'autre : en effet, il y a là des intermédiaires qui consignent, lesquels sont opposés aux intermédiaires dans les cieux.
9072. Ouvrage d'imaginateur on le fera, signifie l' intellectuel : comme ci-dessus, N° 9598.
9073. A Chérubins, signifie la garde, afin qu'ils ne soient point mêlés, savoir, le bien spirituel et le bien céleste, ainsi le ciel moyen et le ciel intime : on le voit par la signification des Chérubins, en ce qu'ils sont la Garde et la Providence, afin que le Seigneur ne soit approché que par le bien, et afin que le bien qui procède du Seigneur dans le Ciel et chez l'homme ne soit point blessé, N°9509; que ce soit aussi afin que le bien spirituel el le bien célesto, ainsi ces deux cieux, ne soient point mêlés, c'est parce que, s'ils étaient mêlés, ces deux biens seraient blessés, au point que les cieux eux-mêmes périraient. C'est ce qu'on peut voir d'après la dilïérencc de l'un et de l'autre bien, |iar conséquent de l'un el de l'autre ciel, dans les articles cités ci-dessus, N° 9070 : c'esl pour cela qu'il y a des sociétés angéliques intermédiaires, qui sont dans le biencéleslespirituel cl dans le bien spirituel-céleste, par lesquels se fait la COn-
jonction, N° 0071 : chez ces sociétés angéliques ces biens ne sont l>as non plus conjoints, mais ils sont distincts entre eux. D'après cela, il est évident que ces sociétés sont des Gardes, afin que ces biens ne soient point mêlés, et qu'ainsi cette Garde et celle Providence du Seigneur sont aussi signifiées par les Chérubins.
0674. Et tu le mettras sur quatre colonnes de Schiltim, signifie le bien du mérite, qui appartient au Seigneur seul, et qui conjoint et soutient : on le voit par la signification de quatre, en ce que c'est la conjonction, N0' 1080, 8877 ; si quatre est la conjonction, c'est parce que ce nombre vient de deux multiplié par deux, et que les nombres multipliés ont la même signification que les nombres simples dont ils proviennent, N0i 529] , 5335, 5708, • 7973 ; or deux est la conjonction, N°* 5194, 8423 ; par la signification des colonnes, en ce qu'elles sont le soutien, ainsi qu'il va être montré ; et par la signification du lK)is de Sc/tittim, en ce que c'est le bien du mérite qui appartient au Seigneur seul, N°* 0472, 9480 ; que ce bien soit l'unique bien qui règne dans le ciel, on le voit, N° 9480, par conséquent c'est aussi l'unique bien qui soutient le ciel. Si les colonnes signifient le soutien, c'est parce qu'elles soutenaient le Voile, comme les ais faits aussi en bois de Schiltim soutenaient les rideaux de l'Habitacle, N° 0034. Les colonnes, dans le sens spirituel, signifient les choses qui soutiennent le Ciel et l'Église, ce sonl les biens de l'amour et les biens de la foi, procédant du Seigneur; ces biens sont signifiés par les Colonnes dans David : « Moi en droitures je jugerai ; ils se fondront , la terre et tous ses » habitants; Moi, f affermirai ses colonnes. » — Ps. LXXV. 4; — dans Job : « Dieu qui ébranle la terre de sa place, au point que ses colonnes en tremblent. » —IX. 0 ; — les colounes de la terre sont les biens el les vrais qui soutiennent l'Église, car là terre dans la Parole est l'Église, N° 9325 ; que ce ne soient pas les colonnes de notre terre qui tremblent, cela est évident. Dans Jean : « Celui » qui aura vaincu , je le ferai une colonne dans le Temple de > mon Dieu, et dehors il ne sortira plus; et j'écrirai sur lui le Nom » de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle » Jérusalem, qui descend du ciel d'auprès de mou Dieu, et mon » Nom nouveau. » — Apec, III. 12 ; — la colonne dans le Temple, ce sont les biens et les vrais de l'Église, lesquels sont aussi le Nom
do Dieu, cl le nom de ta ville, de la nouvelle Jérusalem ; que le Nom de Dieu soit loul bien et tout vrai de l'Église, ou dans le complexe tout ce par quoi le Seigneur est adoré, on le voit, N°» 2724, 3006, 6674,9310.
9075. Couvertes d'or, signifie là le représentatif du bien, savoir, du bien qui est signifié par les colonnes de Scliittim : on le voit par la signification de couvrir d'or, et de faire d'or, en ce que c'est le représentatif du bien, N° 0510.
9670. Et leurs crochets d'or, signifie les modes de conjonction par le bien : on le voit par la signification des crochets, en ce qu'ils sont les modes de conjonction ; les crochets ont cette signification par leur forme ; et par la signification de l'or, en ce que c'est le bien, N°* 113, 1551, 1552, 5658, 6914, 6917, 9490.
9677. Sur quatre bases d'argent, signifie la puissance de conjonction par le vrai : on le voit par la signiûcalion de quatre, en ce que c'est la conjonction, N° 9674 ; par la signification des bases, en ce qu'elles sont la puissance, ND 9643 ; et par la signification de Yargent, en ce que c'est le vrai, N°* 1551, 2954, 5658, 6112, 6914, 6917, 7999.
9678. El tu mettras le voile sous les agrafes, signifie la faculté de la conjonction et par suite l'actualité : on le voit par la signification des agrafes, en ce qu'elles sont la faculté de la conjonction, N° 9611 ; l'actualité par suite, c'est mettre sous elle le voile,
9679. Et tu introduiras là, en dedans du voile, l'Arche du Témoignage, signifie l'existence du ciel intime en dedans de ce médium unissant : on le voit par la signification du voile, eu ce que c'est le médium unissant les deux cicux, N" 9670, 9671 ; et par la signification de V Arche du Témoignage, en ce qu'elle est le ciel intime, N° 9485 ; l'existence de ce ciel est signifiée par y introduire l'Arche.
9680. Et que distingue le voile pour vous entre le Saint et le Saint des Saints, signifie entre le bien spirituel, qui est le bien de la charité à l'égard du prochain et le bien de la foi au Seigneur, cl le bien céleste qui est le bien de l'amour envers le Seigneur et le bien de l'amour mutuel : on le voit par la signification du Suint, en ce que c'est le bien régnant dans lo
ciel moyen, et par la signification du Saint des Saints, en ce que c'est le bien régnant dans le ciel intime; que ce bien-ci soit le bien de l'amour envers le Seigneur et le bien de l'amour mutuel; et que celui-là, savoir, le bien régnant dans le ciel moyen, soit le bien de la charité à l'égard du prochain et le bien de la foi au Seigneur, cela est évident d'après tout ce qui a été montré sur l'un et l'autre bien, le céleste et le spirituel, dans les articles cités, N° 9670; le bien de l'amour envers le Seigneur dans le ciel intime y est le bien interne, et le bien de l'amour mutuel y est le bien externe; le bien de la charité à l'égard du prochain est le bien interne dans le ciel moyen, et le bien de la foi au Seigneur y est le bien externe; dans chaque ciel il y a un interne et un externe, comme dans l'Église, qui est interne et externe, comme on le voit, N°* 409, 1083, 1098, 1238, 1242, 4899, 0380, 6587, 7840, 8762, 9375. Tout bien est saint, et tout vrai aussi, en tant qu'il a du bien en soi ; le bien est dit saint à cause du Seigneur, parce que le Seigneur est Seul Saint, et que de Lui procède tout bien et tout vrai, N°« 9229, 9479;- de là on voit clairement pourquoi l'Habitacle est appelé le saint, et pourquoi l'Arche dans laquelle était le Témoignage est appelée le saint des saints ; car le Témoignage est le Seigneur Lui- Môme quant au Divin Vrai, N° 9503 ; et l'Arche est le ciel intime où est le Seigneur, N8 9485 ; le Seigneur est aussi dans le ciel moyen, mais il est plus présent dans le ciel intime; car ceux qui ont été conjoints au Seigneur par le bien de l'amour sont avec Lui ; il est vrai que ceux qui ont été conjoints au Seigneur par le bien de la foi sont aussi avec Lui, mais de plus loin : dans le ciel moyen il y a conjonction avec le Seigneur par la foi implantée dans le bien de la charité à l'égard du prochain. D'après cela, on voit clairement pourquoi l'Habitacle, qui était en dehors du voile, est appelé le Saint, et pourquoi l'Habitacle qui était en dedans du voile est appelé le Saint des Saints. Que ce soit du Seigneur que procède tout Saint, et qu'il soit le Saint des Saints môme, on le voit dans Daniel : « Soi- » xante-dix semaines ont été décidées sur mon peuple, pour oindre » te Saint des Saints. » — IX, 24; — et dans l'Apocalypse : « Qui » ne Te craint, Seigneur, et ne glorifie ton Nom, car seul Saint (lu es). » — XV. 4 ; — C'est aussi pour cela que le Seigneur est appelé te Saint d' Israël, — Ésaïe, I. 4. V. 19, 24. X. 20. XII.
0, XVII. 7. XXIX. 19. XXX, 11, 12, 15. XXXI. 1. XXXVII. 23. XLI. 14, 10, 20. XL11I. 3, 14. XLV. 11. LX. 9, 14. Jérémie , L. 29. U. 5. Ëzecb. XXXIX. 7. Ps. LXXI. 22. Ps. LXXVI11. 41. Ps. LXXXIX. 19. 2 Rois, XIX. 22,ct ailleurs. - Chez les fils d'Israël tout ce donc qui représentait le Seigneur, ou le bien et le vrai qui procèdent de Lui, était après l'inauguration appelé Saint; et cela, parce que le Seigneur seul est Saint. Le Saint cspritdans la Parole est aussi le Saint qui procède du Seigneur.
9081. Vers. 34 à 37. Et tu mettras le Propitiatoire sur l'Arche du Témoignage dam le Saint des Saints. Et lu pluceras la table en dehors du voile, et le chandelier vis-à-vis de la table sur le côté (le l'Habitacle vers le sud, et la table tu mettras au côté du septentrion. Et lu feras une couverture pour l'entrée de la Tente, d'hyacintlte et de pourpre, et d'ecarlate double-teint, et de fin lin tissu ; ouvrage de brodeur. Et tu feras pour la couverture cinq colonnes de Schittim, et lu les couvriras d'or, et leurs crochets en or ; et lu leur fondras cinq bases d'airain. — Et tu mettras le Propitiatoire sur l'Arche du Témoignage dans le Saint des Saints, signifie l'audition et la réception de toutes les choses qui appartiennent au culte d'après le bien de l'amour dans le ciel intime par le Seigneur : et lu placeras la table en dehors du voile, signifie l'influx par les . célestes qui appartiennent à l'amour : et le chandelier vis-à-vis de la table, sur le côté de l'Habitacle vers le sud, signifie l'illumination du Royaume spirituel par le Divin Vrai procédant du Divin Humain du Seigneur pour ceux qui sont dans le bien : et la table tu mettras au côte du septentrion, signifie le bien dans l'obscur : et tu feras une couverture pour l'entrée de la Tente, signifie le médium unissant le second ciel ou ciel moyen avec le premier ou dernier ciel : d'hyacinthe et de pourpre, et d'écarlate doubleteint, cl de fin lin tissu, signifie d'après le bien de la charité et de la foi : ouvrage de brodeur, signifie les choses du scientifique : et tu feras pour ta couverture cinq colonnes de Schittim, signifie le soutien du médium unissant autant qu'il suflit par le bien du mérite qui appartient au Divin Humain du Seigneur : cl tu les couvriras d'or, signifie le représenta lit du bien : et leurs crochets en or, signifie les modes de conjonction" par le bien ; cl tu leur
fondras cinq bases d'airain, signifie la puissance d'après le bien externe. *
9082. El lu mettras te Propitiatoire sur l'Arche du Témoignage dans le Saint des Saints, signifie l'audition et la réception de toutes tes choses qui appartiennent au culte d'après le bien de l'amour dans le ciel intime par le. Seigneur : on le voit par la signification du Propitiatoire, en ce que c'est l'audition et la réception de toutes les choses qui appartiennent au culte d'après le bien de l'amour, N° 9500; par la signification de Y Arche du Témoignage, en ce que c'est le ciel intime où est le Seigneur, N° 9485, et que le témoignage là est le Seigneur, N° 9503 ; et par la signification du Saint des Saints, en ce que c'est ou règne le bien de l'amour par le Seigneur, N° 9080 ; il est donc évident que par « Tu mettras le Propitiatoire sur l'Arche du Témoignage dans le Saint des Saints, » il est signifié l'audition et la réception de toutes les choses qui appartiennent au culte d'après le bien de l'amour dans le ciel intime par le Seigneur. Quant à la présence du Seigneur dans le ciel intime, et à sa présence dans le ciel moyen , et aussi dans' le dernier, on peut voir comment elle a lieu, d'après ce qui a été montré, dans plusieurs articles, sur l'influx du bien et du vrai procédant du Seigneur; la présence du Seigneur se fait par l'influx, et l'influx a lieu selon la vie du bien cl du vrai -,ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le Seigneur sont ceux qui reçoivent de plus près l'influx ; ceux qui sont dans le bien de la charité à l'égard du prochain le reçoivent aussi, mais de plus loin, parce que le bien de la charité à l'égard du prochain est plus éloigné que le bien même de l'amour envers le Seigneur ; ceux qui sont dans le bien de la foi le reçoivent aussi, il est vrai, mais en tant que la foi a du bien en elle ; c'est pour cela que ceux qui sont dans le bien de la vie d'après les vrais de la foi le reçoivent : en effet, le Seigneur est dans le bien, parce que tout bien vient de Lui, et qu'il n'en vient absolument rien de l'homme, ni des anges dans le ciel. Quant à ce qui concerne en outre la présence du Seigneur dans le ciel, et par le ciel chez l'homme, il faut qu'on sache que le Seigneur est au-dessus descieux, car il est Lui- Mcinc le Soleil du ciel, mais néanmoins par la Lumière et la Chaleur procédant de ce Soleil il est présent ; cette Lumière est le Divin
Vrai qui appartient à la foi, et cette Chaleur est le Divin Bien qui appartient à l'amour ; ce qui procède du Seigneur est le Seigneur Lui-Môme. D'après cela, il est évident que le Seigneur est présent là où le bien qui procède de Lui est reçu : mais toutes ces choses peuvent être bien mieux saisies d'après ce qui a été exposé sur l'Influx, savoir, que du Seigneur influe tout ce qui appartient à la vie, ainsi tout bien et tout vrai, puisque le bien et le vrai font la vie de l'homme, et qu'ils influent chez chacun selon laTéception, N°* 2536, 2706, 2886 à 2889, 2893, 3001, 3318, 3484, 3742, 3743, 4151, 5846, 5850, 5980, 6053 à 6058, 6189 à 6215, 0307 à 6327, 6466 à 6495, 6598 à 6626, 6982, 6985, 6996, 7004 , 7055,7056,7058,7147,7270,7343,8321,8685,8701,8717, 8728, 9110, 9111, 9216 ; et que l'Influx procédant du Seigneur est immédiat, et est aussi médiat par les Cieux, N0i 5147, 6058, 6063, 6466, 6472,6473, 6982, 6985, 6996, 7004, 7007, 7055, 7056, 7058, 7270, 8685, 8701, 8717, 8728, 9216. •
9683. Et tu placeras la table en dehors du voile, signifie l'influx par les célestes gui appartiennent à l'amour : on le voit par la signification de la table sur laquelle étaient les pains des faces, en ce qu'elle est le réceptacle des célestes, NM 9527, 9545 ; et par la signification de en de/tors du voile, en ce que c'est en dehors du médium unissant, par lequel il y a influx médiat, car le voile signifie le médium unissant, N° 9670 ; et comme cette table était par derrière le voile, c'est pour cela qu'est signifié l'influx par les célestes du ciel intime, qui sont les biens de l'amour; qu'il procède du Seigneur un influx médiat par le ciel intime, et qu'il procède de Lui un influx immédiat, on peut le voir par les articles cites plus haut, N° 9082 f. Voici ce qui a lieu à l'égard de tout bien, qui fait la vie céleste, par conséquent la vie éternelle chez l'homme et chez l'ange : L'intime du bien est le Seigneur Lui-Méme, par conséquent c'est le bien de l'amour qui procède immédiatement du Seigneur; le bien qui vient aussitôt après est le bien de l'amour mutuel ; puis, le bien de la charité à l'égard du prochain, et enfin le bien de la foi : tel est l'ordre successif des biens procédant de l'intime ; de là on peut voir ce qui a lieu à l'égard de l'influx immédiat et de l'influx médiat ; en général, autant un bien succédant en ordre ou extérieur a en soi un bien intérieur, autant il est te bien, car autant il est plus
près du Seigneur, qui est le bien intime, ainsi qu'il a été dit; mais la disposition et l'ordination successive des biens intérieurs dans les biens extérieurs varie dans tous et dans chacun des sujets selon la réception, et la réception varie selon la vie spirituelle et morale de chacun dans le monde , car la vie menée dans le monde demeure dans chacun pour l'éternité. Il y a aussi chez chacun l'influx immédiat du Seigneur, car sans l'influx immédiat l'influx médiat n'effectue rien ; l'influx immédiat est reçu selon l'ordre, dans lequel est l'homme ou l'ange, ainsi selon le Divin Vrai qui procède du Divin , car c'est là l'ordre, N0' 1728, 1919, 2447 4839, 5703, 7995, 8512, 8513, 8700, 8988. C'est pourquoi l'ordre lui-môme chez l'homme est qu'il vive dans le bien qui procède du Seigneur, c'est-à-dire qu'il vive par le Seigneur : cet influx est continu, et il est adjoint à toutes et à chacune des choses de la volonté de l'homme et les dirige autant qu'il peut vers l'ordre; car la volonté propre de l'homme détourne continuellement : il en est de cela commodes volontaires et des involontaires chez l'homme; les volontaires détournent continuellement de l'ordre, mais les involontaires ramènent continuellement a l'ordre ; de là vient que le mouvement du cœur, qui est involontaire, est complètement soustrait à la volonté de l'homme, pareillement l'action du cervelet, et que le mouvement du coeur et les forces du cervelet gouvernent les volontaires, afin qu'ils ne se précipitent pas hors des bornes, et n'éteignent pas avant le temps la vie du corps; c'est pourquoi les principes agissants d'après les uns et les autres, savoir, tant d'après les involontaires que d'après les volontaires, marchent conjoints dans tout le corps. Ces détails ont été donnés, afin d'illustrer en quelque manière l'idée sur l'Influx immédiat et sur l'Influx médiat des célestes de l'amour et des spirituels de la foi procédant du Seigneur.
908 A. Et te Chandelier vis-à-vis de ta table, sur te côté de l'Habitacle vers le sud, signifie l'illumination du Royaume Spirituel par le Divin Vrai procédant du Divin Humain du Seigneur pour ceux qui sont dans le bien : on le voit par la signification du Chandelier, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Vrai, ainsi le Divin Vrai procédant de son Divin Humain, et par suite l'illumination pour son Royaume Spirituel, ainsi qu'il va être montré; par la signification de la table sur laquelle étaient les
pains des faces, et vis-à-vis de laquelle était le Chandelier, en ce qu'elle est le Seigneur quant au bien céleste, ainsi ce bien luimême , d'après lequel et par lequel le Seigneur indue dans le Royaume spirituel ou dans le ciel moyen , ainsi qu'il sera aussi montré; et par la signification de sur le côté de l' Habitacle-ver» le sud, en ce que c'est dans le ciel où le Divin Vrai procédant du Divin Humain du Seigneur est dans la plus grande lumière ; en effet, l'Habitacle en dehors du voile, où était le Chandelier, est le ciel moyen, N° 959A ; et le sud ou le midi, c'est où le Divin Vrai est dans sa lumière, N° 9(542. Dans l'Habitacle, près du voile était le Chandelier, et aussi la table sur laquelle étaient les pains des faces, et le Chandelier était sur le coté vers le sud, et la table sur le côté vers le septentrion; ce sont là des arcanes du ciel, qui ne peuvent être manifestés, à moins qu'on ne sache que l'Habitacle représentait le ciel, et que les choses qui étaient dans l'Habitacle représentaient les célestes et les spirituels qui sont dans le ciel ; il a été montré précédemment ce qu'a représenté le Chandelier, N" 95A8; et ce qu'a représenté la table sur laquelle étaient les pains des faces , N0* 9527, 95/Ï5 ; et ce que signifie le sud ou le midi, N° 96A2 ; et ce que signifie le septentrion, N° 3708 ; de là on peut voir que le Chandelier sur le côté de l'Habitacle vers le sud signifie l'illumination du Royaume spirituel par le Divin Vrai procédant du Di\in Humain du Seigneur. Mais afin que les arcanes eux-mêmes se présentent clairement, il sera dit comment la chose a lieu dans les cieux : Le Seigneur apparaît comme Soleil à ceux qui sont du Royaume céleste, comme Lune à ceux qui sont du Royaume spirituel ; le Seigneur comme Soleil apparaît à une moyenne hauteur visà-vis de l'œil droit, et comme Lune il apparaît aussi à une moyenne hauteur vis-à-vis de l'œil gauche; du Seigneur comme Soleil provient la Lumière pour ceux qui sont dans son Royaume céleste, et du Seigneur comme Lune provient la Lumière pour ceux qui sont dans le Royaume spirituel ; sur l'un et l'autre Royaume, voir les articles eilés, N° 9277 ; la Lumière dans les cieux est le Divin Vrai procédanl du Divin Humain du Seigneur, et ce Vrai reçu par les Anges cjui sont du Royaume spirituel est appelé vrai de la foi d'après le bien de la charité à l'égard du prochain : de ce bien et de ce vrai est composé le ciel moyen qui est appelé ciel spirituel : le Chandc-
lier dans l'Habitacle représentait la Lune, d'où procède la Lumière pour ceux qui sont du Royaume spirituel, ainsi représentait le Seigneur quant au Divin Vrai dans ce Royaume ; car le Seigneur, ainsi qu'il a été dit, apparaît comme Lune à ceux qui sont de ce Royaume. D'après cela, on peut maintenant voir pourquoi le Chandelier avait été placé vers le sud, car le sud ou le midi, c'est ou le Divin Vrai est dans la lumière , N* 9642 ; et pourquoi la table , sur laquelle étaient les pains des faces, avait été placée vers le scplcntrion, car le septentrion, c'est où le Divin Vrai est dans l'obscur, N° 3708, et de même alors est le Divin Bien, qui est signifié par les pains sur cette table ; ce bien devient bien spirituel par la réception du Divin Vrai, comme lumière procédant de la Lune : ce sont là les arcanes qui sont signifiés par le chandelier et sa position vers le sud, et par la table des pains des faces et sa position vers le septentrion. Que le Chandelier soit le Divin Vrai procédant du Divin Humain du Seigneur, on le voit dans l'Apocalypse : « Je vis sept Chandeliers » d'or, et dans le milieu des sept Chandeliers un pareil au Fils •> de l'Homme, revêtu d'une robe longue , et ceint vers les ma- » nielles d'une ceinture d'or. » — I. 12, 13, 14; — le Fils de l'homme est le Seigneur quant Divin Vrai procédant de son Divin Humain, N°* 2803, 2813, 3704 ; et ailleurs dans le même Livre : u La Gloire de Dieu éclairera la Cité, la Sainte Jérusalem, et sa » Lampe l'Agneau (sera). — XXI. 23 ; — la Gloire de Dieu est le Divin Vrai procédant du Seigneur, N° 0420 ; la lampe, qui sera l'Agneau, c'est-à-dire, le Seigneur, est la foi et par suite l'intelligence du vrai et la sagesse du bien, qui proviennent du Seigneur seul, Nn 9548; la Nouvelle Jérusalem est la Nouvelle Église du Seigneur, N° 2117. Que le Seigneur soit Soleil pour ceux qui sont dans le Royaume céleste, et apparaisse connue Lune à ceux qui sont dans le Royaume spirituel, on le voit N'** 1053, 1521, 1520, 1530, 1531, 3636,3043,5097,7083,7173, 7270,8044,8812; que par suite dans la Parole fe Soleil signifie le Seigneur quant au bien- céleste, et la Lune le Seigneur quant au bien spirituel, on le voit, N" 1529, 1530, 2441, 2495, 4000, 4690, 7083, 8044; et que le Seigneur comme Soleil apparaisse à une moyenne hauteur vis-à-vis de l'œil droit, et comme Lune aussi à une moyenne hauteur vis-à-vis de l'œil gauche, on le voit, N°* 1531, 432 1 f., 7078,7171;
de la vient que dans le ciel l'Orient est où le Seigneur apparaît comme Soleil, et le Sud où le Seigneur apparaît comme Lune : que la Lumière procédant du Seigneur comme Soleil et comme Lune soit le Divin Vrai procédant de son Divin Humain, on le voit, N°« 1053, 1521 à 1533, 1019 à 1032, 2770, 3094, 3J 38, 3107,
31 90, 3195, 3222, 3223, 3337, 3339, 3341 , 3030, 3043, 3802, 3993,4000,4180,4302,4408,4414,4415,4419,4527,4598, 5400, 0032,0313,0315,0008,0907,7174,8044,8707,8801, 9399, 9407 ; et puisque la Lumière procédant du Seigneur comme Soleil et comme Lune, est le Divin Vrai procédant de Lui, c'est pour cela que la Chaleur procédant du Seigneur comme Soleil est le Div in Bien de son Divin Amour, N" 3338, 3339, 3030, 3043, 5215,
0032 ; par là on peut voir quelle est la différence entre le Royaume céleste et le Royaume spirituel du Seigneur quant à la récq>tion du Divin Vrai, à savoir, qu'elle est comme la différence entre la lumière provenant du Soleil et la lumière provenant de la Lune; qu'en conséquence ceux qui sont dans le Royaume spirituel sont respectivement dans l'obscur quant au vrai de la foi et au bien de l'amour, N" 2708, 2715, 2718, 2831, 2849, 2935, 2937, 3241, 3833, 0289, 0500, 0945, 7233 ; qu'eux principalement ont été sauvés par l'avènement du Seigneurdans le monde, N0i 2001, 2710, 3909, 0372, 0854, 0914, 7035, 7091, 7820, 7932 bis, 8018, 8054, 8159, 8321, 9590 ; et qu'il y a illumination pour eux dans le Divin Humain du Seigneur, N°» 2710, 2833, 2834 i mais que ceux qui sont de l'Église spirituelle ne sont sauvés qu'autant qu'ils sont dans le bien de la vie par les vrais de la foi, N0' 2954 , 0435, 0047, 0048, 7977, 7992, 8043, 8048, 8058, 8085, 8090, 8701.
90S5. Et la table tu mettras au côté du septentrion, signifie le bien dans t'obseur : on le voit par la signification de la table, sur laquelle étaient les pains des faces, en ce qu'elle est le réceptacle des célestes, N° 9527, car les pains sont le bien céleste qui procède du Seigneur, N° 9545 ; et par la signification du septentrion, en ce que c'est l'obscur quant aux vrais de la foi, Nn 3708 ; et, en n\£me temps que le vrai est dans l'obscur, le bien aussi est dans l'obscur, car dans le royaume spirituel du SeigneuY le bien se monlre par le vrai, et le vrai est aperçu comme bien quand il vient de l'entendement dans la volonté; ce bien est le bien de la charité à l'égard du
prochain, et est appelé bien spirituel : il en est autrement dans le Royaume céleste du Seigneur, le bien ne s'y montre pas comme bien par le vrai, mais il est perçu d'après le bien lui-même : par là on peut voir pourquoi cette table a été placée sur le côté du septentrion, et pourquoi le chandelier a été placé sur le côté du sud : mais sur ce sujet, voir ce qui a été dit et montré, N° 9684.
9686. Et tu feras une couverture pour Centrée de la Tente, signifie te médium unissant te second ciel ou ciel moyen avec le premier ou dernier ciel : on le voit par la signification de la couverture, en ce qu'elle est le médium unissant ce ciel, qui est représenté par la Tente de convention, avec le ciel qui est représenté par le Parvis, dont il est traité dans le Chapitre suivant; en effet, de même que le Voile entre le Saint et le Saint des Saints signifiait le médium unissant entre le ciel intime ou troisième et le ciel moyen ou second, de môme cette couverture signifie pareille chose entre le ciel moyen ou second et le ciel premier ou dernier; qu'il y ait trois cieux, et que deux de ces cieux aient été représentés par l'Habitacle qui était en dedans du voile et par l'Habitacle qui était en dehors du voile,- c'est ce qui a été montré ci-dessus ; et dans le Chapitre suivant, d'après la Divine Miséricorde," il sera montré que le troisième ou dernier ciel est représenté par le Parvis ; l'introduction de l'un dans l'autre est signifiée par l'entrée où était la couverture ; que l'entrée soit l'introduction, on le voit, N" 2145,2152, 2356, 2385; et par suite la communication, N° 8989; par conséquent la couverture là, qui était à la place de l'entrée, est le médium communiquant et unissant.
• 9687. D'hyacinthe et de pourpre, et d'écarlate doubleteint et de fin lin tissu, signifie d'après te bien de la charité et de la foi : on le voit par la signification de V hyacinthe, de la pourpre, de Vécarlate double-teint et du fin lin tissu, lorsqu'il s'agit du Voile par lequel est signifié le médium unissant entre le ciel intime et le ciel moyen, en ce qu'ils sont les biens de l'amour et de la foi, N° 9671, mais ici les biens de la charité et de la foi, parce qu'il s'agit de la couverture par laquelle est signifié le médium unissant entre le second ciel et le dernier ciel, N° 9686; en effet, dans le ciel intime règne le bien de l'amour envers le Seigneur, dans le ciel moyen le bien de la charité à l'égard du proxv. 5.
chain, et dans le dernier ciel le bien de la foi ; c'est de là que l'hyacinthe, la pourpre, l'écarlate double-teint, et le fin lin tissu, signifient les biens qui régnent dans ces cieux.
9688. Ouvrage de brodeur, signifie les e/ioses du scientifique : on le voit par la signification d'ouvrage de brodeur ou de broderie, en ce que c'est le scientifique : dans la Parole il est dit en beaucoup d'endroits brodé et broderie, et partout ces expressions signifient le scientifique : cela vient des représentatifs dans l'autre vie; là apparaissent des vêtements brodés de diverses manières, -et par ces vêlements sont signifiés les vrais scientifiques. Les vrais scientifiques -différent des vrais intellectuels, comme les externes diffèrent des internes, ou comme le naturel diffère du spirituel chez l'homme; en effet, les scientifiques servent à l'entendement comme d'objets, dont il tire les vrais, car l'intellectuel est le visuel de l'homme Interne, et les scientifiques sont ses objets dans l'homme externe ou naturel, ceux-ci sont signifiés par l'ouvrage de brodeur, et l'intellectuel est signifié par l'ouvrage d'imagjnateur, N° 9598; car imaginer appartient à l'entendement, et broder appartient à celui qui sait et fait d'après l'entendement : de là vient que dans l'Habitacle les choses qui signifiaient les internes étaient d'ouvrage d'imaginatcur, comme les rideaux , Vers. 1 , et le Voile entre le saint et le saint des saints, Vers. 31 ; et que les choses qui signifiaient les externes étaient d'ouvrage de brodeur, comme la couverture pour l'entrée de la Tentent pour la porte du parvis,— Exod. XXXVIII. 18;— puis aussi la ceinture,— Exod. XXXIX. 29,— car la ceinture est l'externe qui conjoint tous les internes; le parvis est le dernier du ciel, et l'entrée de la Tente, c'est où il y a sortie du ciel moyen pour le dernier ciel. Que la broderie et le brodé soient le scientifique qui appartient à l'homme externe ou naturel, on le voit par ces passages de la Parole, dans Ézéchiel : « Le fin » lin en broderie d'Egypte fut ce que tu déployais ; l'hyacinthe » et la pourpre des îles d'Élischah furent ta couverture; la Syrie fut » ta commerçante pour la multitude de tes ouvrages, avec la chry- » sophrase la pourpre, et la broderie et le fin lin. Les négociants » de Schéba avec des ballots d'hyacinthe et de la broderie. » — XXVII. 7, 16, 1h ; — là, il s'agit de Tyr, par laquelle sont signifiés ceux qui sont dans les connaissances du vrai et du bien, et
dans le sens abstrait ces connaissances elles-mêmes, N° 1201 ; le tin lin en broderie signifie le vrai scientifique, car le fin lin est le vrai d'origine céleste, N" 5319, 9469; et la broderie est le scientifique; c'est aussi pour cela qu'il est dit « d'Egypte, » parce que l'Égypte signifie le scientifique, N" H 64, 1186, 1462, 2588, 4749, 4964, 4966, 5700, 5702, 6004 , 60J 5, 6125, 6651 , 6679, 6683, 6692, 6750, 7779 f., 9391 ; et aussi « de Syrie » et « de Scbéba, » parce que la Syrie signifie les connaissances du vrai et du bien,N0' 1232,1234, 3051, 3249, 3064, 3680/4112, pareillement Schéba, NM 1171, 3240; les connaissances du vrai et du bien sont les scientifiques de l'Église; quiconque jouit de la faculté de penser intellectuellement et de peser les choses, peut voir que dans ce passage ce n'est ni la broderie, ni le fin lin, ni l'hyacinthe, ni la pourpre, qui sont entendus, mais que par ces objets sont signifiées des choses qui sont dignes de la Parole, ainsi des spirituels qui appartiennent au Ciel et à l'Église. Dans le Même : « Ils des- » cendront de dessus leurs trônes, tous les princes de la mer, et ils » jetteront leurs manteaux, et de leurs vêtements de broderie ils se » dépouilleront, de terreurs ils se vêtiront. » — XXVI. 16;— là aussi il s'agit de Tyr, les princes de la mer sont les principaux scientifiques, qui sont appelés dogmes ; que les princes soient les choses principales, on le voit, N°' 1482, 2089, 5044; et la mer le scientifique en général, N°* 28, 2850 ; les manteaux sont les vrais externes; la broderie, ce sont les vrais scientifiques qui sont aussi externes; que les vêtements soient les vrais, on le voit, N" 2576, 4545, 4763, 5248, 5319,5954,6914', 6917, 6918, 9093, 9158, 921 2, 9216. Dans le Même : « Je te vêtis de broderie, et je te » chaussai de taisson, je te ceignis de fin lin, et je te couvris de » soie ; ainsi tu fus par63 d'or et d'argent, et tes vêtements/' étaient ) » fin lin, soie et broderie ; mais tu as pris tes vêtements de bro- » derie, et tu en as couvert les images avec lesquelles tu as com- » mis scortation. » — XVI. 10, 13, 18; — là, il s'agit de Jérusalem par laquelle l'Église est signifiée; les vêtements de broderie sont les vrais scientifiques; en couvrir les images avec lesquelles elle a commis scortation, c'est confirmer les faux ; car commettre scortalion, c'est pervertir les vrais par des applications aux faux ou aux maux ; qui ne voit que dans ce passage par fin lin, soie et bro~
derie il n'est entendu ni fin lin, ni soie, ni broderie, car il s'agit de Jérusalem? mais ce qui y est entendu, le Monde Chrétien ne le cherche point, parce qu'il place les célestes et les spirituels de la Parole dans son sens littéral, et les choses intérieures de la Parole, il les appelle mystiques, et ne s'en inquiète nullement. Dans le Même : « Un aigle grand, grand d'ailes, long d'envergure, plein de plumes, en fait çon de broderie. » — XVII. 3 ;— là, il s'agit de la maison d'Israël, par laquelle est signifiée l'Église spirituelle, qui est appelée aigle d'après la 'perception, N°« 3901,8764 ; en façon de broderie, c'est son scientifique. Dans David : « Toute glorieuse (est) la ï\\\v. » du Roi au dedans, de tissus d'or (est) son vêtement, en broderie »> elle est amenée au Roi. » — Ps. XLV. 14, 15, — la fille du Roi, c'est l'affection du vrai ; la broderie est le scientifique du vrai. Dans le Livre des Juges : « Ils partagent le butin, butin de couleurs à » Sisera, butin de couleurs de broderie, couleur de broderies, » aux cous du butin. » — V. 30; — c'est le cantique de Déborah et de Barak; la broderie y signifie le scientifique qui appartient à l'homme naturel.
9689. Et tu feras pour la couverture cinq colonnes de Schiltim, signifie le soutien du médium unissant autant qu'il suffit par le bien du mérite qui appartient au Divin Humain du Seigneur : on le voit par la signification de la couverture, pour l'entrée de la Tente, en ce qu'elle est le médium unissant le second ciel ou ciel moyen avec le premier ou dernier ciel, N° 9680 ; par la signification de cinq, en ce que c'est quelque partie ou quelque chose, N° /|638, et aussi autant qu'il suffît; par la signification des colonnes, en ce qu'elles sont le soutien, N° 9674 ; et par la signification du bois de Schittim, en ce que c'est le bien du mérite qui appartient au Seigneur seul, N°* 9472, 9486, ainsi à son Divin Humain, car le mérite appartient au Divin Humain, N° 9486.
9690. Et tu les couvriras d'or, signifie le représentatif, savoir, du bien : on le voit par la signification de couvrir d'or et de faire en or, en ce que c'est le représentatif du bien, N° 9510.
9691. Et leurs crochets en or, signifie les modes de conjonction par le bien : comme ci-dessus, N° 9676.
9692. Et tu leur fondras cinq bases d'airain, signifie la puissance d'après le bien externe: on le voit parla signification
des bases, en ce qu'elles sont la puissance qui soutient, N° 9643 ; et par la signification de l'airain, en ce que c'est le bien naturel ou le bien externe, N0' 425, 1551.
Continuation sur la Première Terre dans le Ciel Astral.
9093. Après que j'eus été transporté à travers ce Grand Anime, je parvins enfin à un lieu où je m'arrêtai ; et alors il m'apparut d'en haut des Esprits avec lesquels il me fut donné de parler ; à leur langage, et à leur manière particulière d'apercevoir les choses et de les exposer, je vis clairement qu'ils étaient d'une autre Terre, car ils différaient entièrement des Esprits du Monde de notre Soleil : . eux aussi de leur coté apercevaient à mon langage que j'étais de loin.
• 9694. Après que nous eûmes parlé quelque temps de diverses choses, je leur demandai quel Dieu ils adoraient; ils répondirent qu'ils adoraient un Ange, qui leur apparaît comme un homme Divin, car il resplendit de lumière ; et que cet Ange les instruit, et fait qu'ils perçoivent ce qu'ils doivent faire. Ils me direut, en outre, que le Très-Grand Dieu est dans le Soleil du Ciel angélique, et qu'il se montre à leur Ange, mais non à eux ; et qu'il est trop grand pour qu'ils osent L'adorer.
9695. L'Ange qu'ils adoraient était d'une Société angélique, à laquelle il avait été donné par le Seigneur de les gouverner, et de leur enseigner le chemin du juste et du droit; c'est pour cela que la lumière leur vient d'une certaine flamme, qui apparaît comme un petit flambeau, assez ignée et jaune *cela provient de ce qu'ils n'adorent point le Seigneur; ainsi la lumière leur vient, non pas du Soleil du Ciel angélique, mais d'une Société angélique ; car une Société angélique, quand le Seigneur le permet, peut préseuterune telle lumière aux Esprits qui sont dans une sphère inférieure.
9696. Du reste, ils étaient modestes, un peu simples, mais néan-
moins ils pensaient assez bien. D'après la lumière chez eux je pus conclure quel était leur intellectuel, car l'entendement est selon la réception de la lumière qui est dans les Cicux, puisque c'est le Divin Vrai procédant du Seigneur comme Soleil, qui y luit, et donne aux Anges non-seulement de voir, mais aussi de comprendre.
9(597. Je les interrogeai sur le Soleil de leur Monde, qui éclaire leur Terre ; ils répondirent que le Soleil y apparaît enflammé; et quand je représentai la grandeur du Soleil de notre Terre, ils dirent que le leur est plus petit ; en effet, le Soleil qu'ils ont est à nos yeux une Étoile, et j'ai appris par les Anges que c'était une Étoile d'entre les plus petites : ces Esprits me dirent encore que de leur Terre on voit aussi le Ciel astral.
9(598. Je fus instruit que les Habitants et les Esprits de celte Terre représentent, dans le Très-Grand Homme, quelque chose dans la Rate, ce dont je fus confirmé par un influx dans la Rate, pendant qu'ils conversaient avec moi.
9699. Ensuite la vue me fut ouverte, de manière que je pusse regarder un peu sur leur Terre elle-même ; et j'y vis plusieurs prairies et des forêts avec des arbres couverts de feuilles ; puis des brebis garnies de laine.
9700. La continuation sur la Première Terre vue dans le Ciel Astral est à la fin du Chapitre suivant.
EXODE
Doctrine de la Charité et de la Foi.
9701. Maintenant, il sera parlé- île l'homme Interne et de l'homme Externe.
9702. Ceux qui n'ont qu'une idée commune de l'homme Interne et de l'homme Externe, croient que l'homme Interne est celui qui pense et qui veut, et l'homme Externe celui qui parle et qui fait, puisque penser et vouloir est l'interne, et que parler et faire d'après le penser et le vouloir est l'externe.
9703. Toutefois il faut qu'on sache que non-seulement l'homme Interne pense et veut , mais aussi l'homme Externe ; néanmoins autrement quand ils sont conjoints, et autrement quand ils sont séparés.
970A. Quand l'homme pense avec intelligence et veut avec sagesse, il pense et veut par l'Interne ; mais quand l'homme pense sans intelligence et veut sans sagesse, il ne pense pas et ne veut pas par l'Interne. Conséquemment, quand l'homme pense bien du Seigneur et des choses qui appartiennent au Seigneur, et bien du prochain et des choses qui appartiennent au prochain, et qu'il leur veut du bien, il pense et veut par l'Interne : mais quand l'homme en pense mal et leur veut du mal, il ne i*nse pas et ne veut pas par l'Interne. Bien penser vient de la foi du vrai, et bien vouloir vient de l'amour du bien ; mais mal penser vient de la foi du faux, et mal vouloir vient de l'amour du mal.
9705. En un mot, autant l'homme est dans l'amour envers le
Seigneur et dans l'amour à l'égard du prochain, autant il est dans l'homme Interne, et pense et veut d'après cet homme, et aussi parle et fait d'après cet homme : mais autant l'homme est dans l'amour de soi et dans l'amour du monde, autant il est dans l'homme Externe, comme aussi, autant qu'il l'ose, il parle et fait d'après cet homme.
9706. Cela vient de ce que l'homme a été créé à l'image du Ciel et à l'image du monde, l'homme Interne à l'image du ciel et l'homme Externe à l'image du monde ; c'est pour cela que penser et vouloir par l'Interne, c'est penser et vouloir d'après le ciel, c'est-à-dire, par le ciel d'après le Seigneur ; et que penser et vouloir par l'Externe, c'est penser et vouloir d'après le monde, c'est-à-dire, par le monde d'après soi-même.
9707. Il a été ainsi pourvu et ordonné par le Seigneur, afin qu'autant l'homme pense et veut d'après le Ciel, c'est-à-dire, par le Ciel d'après le Seigneur, autant son homme Interne soit ouvert ; l'ouverture est vers le Ciel jusqu'au Seigneur Lui-Méme ; par conséquent, vice versà, autant l'homme pense et veut d'après le monde, c'est-à-dire, par le monde d'après lui-même, autant l'homme Interne se ferme et l'homme Externe s'ouvre ; l'ouverture est vers te monde et vers lui -môme.
9708. Pour que l'homme Externe soit remis dans l'ordre, il faut qu'il soit subordonné à l'homme Interne, et il est subordonné alors qu'il obéit ; autant cela se fait, autant l'homme Externe aussi devient sage. C'est ce qui est entendu quand on dit que le Vieil homme doit mourir avec ses convoitises, pour que l'homme devienne une nouvelle Créature.
9709. Ceux chez qui l'homme Interne est fermé ne savent pas ce que c'est que l'homme Interne, ils ne croient pas non plus qu'il y ait un ciel et une vie éternelle ; et, ce qui est étonnant, ils s'imaginent néanmoius qu'ils pensent avec plus de sagesse que les autres, car ils s'aiment et aiment les choses qui leur appartiennent et ils les adorent. 11 en est autrement de ceux chez qui l'homme Interne a été ouvert vers le ciel jusqu'au Seigneur ; en effet, ceux-ci sont dans la lumière du ciel, par conséquent dans l'illumination par le Seigneur : ceux-là au contraire ne sont pas dans la lumière du ciel, mais ils sont dans la lumière du monde, par conséquent dans
l'illumination par eux-mêmes ; ceux qui sont éclairés par euxmêmes, et non par le Seigneur, voient le faux comme vrai et !e mal comme bien.