‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 232 sur 419 · Topog., V, b · texte numérisé non relu

Topog., V, b

ORIENT

Nous pouvons citer, pour le xe siècle, le ménologe auquel nous empruntons l’image de sainte Lucie. Siméon, l’auteur de cette peinture, a supposé la vierge non égorgée, comme nous la voyons ordinairement représentée, mais décapitée. Elle porte une tunique rouge enrichie de poignets brodés, elle a les pieds nus. Le bourreau a le costume le plus riche, tunique ornée de rosaces comme les costumes consulaires, manteau flottant, chausses ornées de losanges, des chaussettes bleues, une épée qu’il remet dans un fourreau rouge. A droite, on aperçoit le bûcher dont les flammes ont été vaincues par la vierge. Le fond est d’or comme partout dans le manuscrit h Cette miniature est

placée à la fête du i3 décembre (pl. XXIY).

Le manuel d’iconographie des Slaves représente sainte Lucie jeune, coiffée d’une toque, les cheveux épars sur les épaules1.

Saint Méthode (f 846), qui n’avait pas oublié sur le siège de Constantinople les souvenirs de sa patrie, a chanté les louanges de la vierge syracusaine 2.

M. Beaugrand, qui a recherché les monuments de Sainte-Lucie dans le monde entier, nous signale des sanctuaires au Chili, au Vénézuela, dans l’île de Ceylan, etc. La cathédrale de Colombo est sous le vocable de notre vierge.

RÉSUMÉ

De la Sicile, de Syracuse qui fut son berceau, le culte de sainte Lucie prend un rapide essor et est introduit de bonne heure à Rome; dès le pape Symmaque (f 5 14), il y possédait une diaconie, et Grégoire le Grand, pour le recommander plus solennellement aux fidèles, fait à cette vierge le suprême honneur d’inscrire son nom dans le canon de la Messe.

Parfois les souvenirs païens eux-mêmes servent à le propager et, dans les pays où Lucine était invoquée pour les maladies d’yeux, l’héroïne de Syracuse vient offrir, avec la similitude du nom, la même confiance.

L’action puissante de Charlemagne agit ici

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