Gallia ch., II, p
Toulgoët-Treanna, Histoire de Vierzon.
Voy. ses reliques à Beaulieu, à l’article Sainte Félicité.
Labe, Conc., t. VIII, col. 5oq.
gence, pense qu’elles ne représentent pas le premier édifice, mais les constructions d’Everard qui les éleva, en 1017, sur les fondations de l’église carlovingienne. Pour trouver les traces de cette dernière, il faut peut-être considérer la crypte qui, d’ordinaire, forme la plus ancienne partie. Dans un bloc on découvrit trois tombes fermées par des dalles ; à quelle époque appartiennent ces sépultures? Cette crypte rappelle-t-elle l’antique église? Ce sont jusqu’ici des questions insolubles, puisque nous n’avons d’autre date certaine que la charte d’Everard qui laissa ces constructions inachevées. Nous tenons cependant à signaler, parmi les monuments du culte de saintes Félicité et Perpétue, cette église qui marque l’emplacement de leurs reliques aux vnie et ixe siècles et qui, sans doute, nous rappelle encore une partie du plan de l’ancienne église oü elles étaient déposées l.
M. de Toulgoët me mande qu’on a retrouvé dans ces fouilles un fragment de porphyre oriental poli qui a peut-être servi aux châsses des saintes reliques. Il y avait des urnes de porphyre aux Quattro-Santi à Rome.
A la fin du ixe siècle, ce vieux monastère, qui remontait à Charlemagne ou du moins à Louis le Pieux lorsqu’il régnait en Aquitaine (781-81 q)3, dut être abandonné. Les barques normandes qui remontaient le cours de nos fleuves à de si grandes distances ne laissaient aucune sécurité aux habitations isolées et dépourvues de remparts.
Les moines pillés (903), ruinés et sans asile se réfugièrent à Bourges, emportant probablement leurs précieuses reliques dont ils avaient abandonné les châsses à la rapacité des pirates. Ils furent recueillis par les chanoines de Bourges, qui obtinrent pour eux de Thibault le Tricheur, comte de Chartres, l’autorisation de s’établir dans le château de Vierzon (926).
Dans cette nouvelle résidence, les dons ne tardèrent pas à affluer de toutes parts et à rendre leur
1. Gauchery, Église et monastère de Dèvres, 1888. Tirage à part ( Mèm . de la Société des antiq. du Centre, XXV).
Documenta monastica, latin, 11819, p. 600.
Éverard, 1017 : « Doverensis monasterii destructioni condolens monasterium reædificare cœpit anno ioÔ7;castrum Virsionis incensum fuit testante chronographio Labbei curis edito; quæ restituendæ basilicœ senio fatiscentis commode sese obtulit occasio. p
2. Gallia ch., II, voy. col. 1 34 : « Charta translatione abbatia Doverensis in cellarn Virzionis. »
SAINTE PERPETUE.
position florissante1 2. L’abbaye primitive de Dèvres leur fut même restituée par Everard avec les travaux commencés, le burgum tout entier avec tous les droits seigneuriaux (1017) 3.
En 1025, une charte constate que le nouveau monastère de Vierzon était bâti et que les reliques de sainte Perpétue y étaient vénérées : « Sacrosanctæ basilicæ S. Pétri Virzionensis monasterii quæ est constructa in honore apostolorum principis ubi etiam sanctorum corpora quiescunt humata Bizenesi confessons et Perpetuæ martyris, ubi etiam Christianus abbas præesse dignoscitur...3 »
Il est possible que certaines parties de l’église et notamment le plan, les piliers flanqués de quatre demi-colonnes engagées, le déambulatoire et les absidioles rayonnant autour soient du xie siècle; on retrouve à Dèvres et dans d’autres églises de ce temps4 des traits qui les en rapprochent. Les parties inférieures de la tour, d’après la vue bénédictine, sont encore franchement romanes; mais, d’après ce document lui-même, d’après les ogives qu’il accuse clairement dans le haut du clocher et sur les façades latérales, on est obligé de conclure que presque tout l’édifice fut remanié plus tard.
L’histoire confirme ces appréciations en nous révélant la construction de l’église à la fin du xne siècle, au moment ou l’ogive commençait à paraître sur les arcs; elle nous apprend qu’elle reçut en 1193 des travaux considérables. Voici comment la chronique de Vierzon raconte ces travaux qu’elle appelle des fondations :
« En 1 ig3 fut fondée l’église Saint-Pierre de Vierzon, c’est-à-dire qu’elle fut érigée depuis les fondements. L’année précédente, Guillaume, seigneur de Vierzon, avait reçu des mains de Philippe-Auguste le ceinturon militaire, et en reconnaissance il avait adhéré à son parti contre Richard, roi d’Angleterre. Ce dernier, pour se venger, détruisit le château de Vierzon. » Il ne paraît pas que les travaux de l’église aient beau-