Gallia christ., VI, p
2. Lettre de M. l’abbé Goiffon, archiviste du Gard, 3i mai 1888.
3. Eglise Sainte-Perpétue, à Nîmes, travaux d’art exécutés pour ce monument par Joseph Félon, 1861 (f° pièce L7K 5688).
J’ai demandé à M. Feuchères fils s’il avait quelques don-
sida la cérémonie. On y voit aujourd’hui une statue de sainte Perpétue et, à côté d’elle, la vache de son martyre; un vitrail porte aussi sa figure. Dans les deux images elle tient une palme.
Paris. — La Bibliothèque nationale , dans son admirable manuscrit du duc de Bedford (f 1435), nous offre une série de miniatures qui constituent une des meilleures illustrations de la vie de notre sainte (fonds latin, 17294, f°42g). L’histoire débute je ne sais pourquoi par la décapitation de deux saintes et, ce qui est plus singulier ici, de deux vierges avec ces mots dans le texte : « NN. Perpetue et Felicitatis virginum et martyrum... « Je sais qu’à Reggio en Calabre des martyres du nom de Perpétue et Félicité souffrirent ensemble, mais l’enlumineur du duc de Bedford ne devait pas les connaître et fit peut-être ici une double faute contre l’histoire et l’iconographie par le désir de voir à ses héroïnes le privilège des vierges. Il nous montre ensuite plusieurs personnes à genoux devant un juge, probablement intercédant en faveur des futurs martyrs. Nous voici dans la maison de Perpétue où il nous introduit devant toute la famille que le texte prend soin d’énumérer; après avoir parlé de « Saturus, Saturninus duos fratres, Revocatus et Félicitas soror eius»,il nomme et représente la demeure: « Perpétua quæ erat nobili genere habebat patrem et matrem et duos fratres et filium ad mamillam. » Le plus jeune de ses frères, Dinocrate, n’existait plus.
La famille ainsi réunie semble parler de ses inquiétudes et des périls qui s’approchent. La miniature suivante nous montre en effet les confesseurs traduits devant le juge, probablement Satur, Perpétue et Félicité ; un soldat en cuirasse les pousse en avant; dans le fond s’élève une idole d’or sur une colonne.
Ils ont résisté aux menaces. Perpétue va-t-elle conserver la même force devant les supplications de son père? Celui-ci paraît à l’entrée de la prison, c’est sa première visite; le peintre lui met cette légende sur les lèvres: « Hoc fecisti, flia » . La seconde scène avec Perpétue nous la fait voir dans sa prison.
nées dans ses papiers relatives à l’ancien édifice; mais il n’a rien trouvé.
Exposé relatif à la cure de Sainte-Perpétue, Nîmes, 1824, in-8\
FRANCE
Nous assistons alors à ses visions, qui sont exprimées dans deux miniatures. Dans le premier tableau est l’échelle que gravit Satur et au pied le dragon : « Erat sub ipsa scala draco cubans miræ magnitudinis, qui ascendentibus insidias parabat. » Le second tableau des divisions est relatif à Dinocrate. Perpétue est au lit, de sa bouche sort cette légende: « Et DinocratcmvideoÇ?).» L’enfant est dans le jardin céleste, accompagné de personnes en robes blanches.
Une miniature dont les actes ne nous donnent pas l’explication représente un homme le cou sur un billot et sur le point d’ètre décapité ; une autre montre Perpétue à une fenêtre : au-dessous, trois hommes sous un portique.
La onzième miniature fait voir la sainte en prison, injicitur in carcerem , peut-être la prison militaire, celle qui précéda le supplice, et son père la guettant éploré avec les femmes de sa famille.
Le dernier sujet est consacré à l’amphithéâtre, où les saints agenouillés, les mains attachées au dos, attendent les bêtes féroces qui se précipitent (pl. IX).
Nous n’avons pas à offrir pour Paris d’édifices fort anciens; nous en citerons cependant un du xvne siècle qui nous renvoie peut-être l’écho d’une vieille tradition. Une communauté de Sainte-Perpétue existait rue Neuve-Sainte-Geneviève, faubourg Saint-Marcel; elle avait été commencée par les soins et le zèle de Mlle Grivot (1688) en la rue Neuve-Saint-Etienne, où l’on recevait des pensionnaires tant filles que femmes, en attendant la fin de leurs affaires. En 1701, par suite du développement de l’œuvre, on fut obligé d’annexer la maison de la communauté des Prêtres infirmes1. On y fêtait