‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 315 sur 419 · Releve des FF. Sigismond et Athanase · texte numérisé non relu

Releve des FF. Sigismond et Athanase

spiration antique ne domine cependant pas dans la plupart des traits de cette affreuse scène qui présente de l’incohérence et de la confusion. Elle ne se passe pas dans l’amphithéâtre, mais devant un paysage idéal à fond d’or (pl. XII).

Dans le calendrier gréco-slave, on retrouve les figures de Perpétue et de Félicité au ier février et au 14 mars.

SAINTE FÉLICITÉ

Saint Augustin réunit dans la même glorification les deux martyres de Carthage, Perpétue et Félicité; cette union que le grand docteur célèbre et qui fut scellée par le sang qu’elles répandirent dans l’amphithéâtre survécut pour leur culte et leurs reliques. La vue de ces deux jeunes femmes qui souffrent ensemble est un des spectacles les plus glorieux pour le christianisme; on a dit qu’il n’avait pas aboli l’esclavage, il a fait plus et mieux, il a effacé les distinctions sociales et nous en montre ici un grand témoignage. Des deux saintes l’une est noble, l’autre esclave, séparation tellement profonde dans l’antiquité qu’on n’imaginait rien qui pût la combler et voici que l’Église prend d’une main également respectueuse les ossements nobles et les ossements serviles, les cache dans l’or de la même confession et attire sur les reliques confondues les mêmes vénérations. Voici que, dans les mosaïques de Ravenne, elles sont rapprochées comme deux sœurs et que l’esclave et la

grande dame brillent sous les mêmes pierreries et les draps d’or de leurs tuniques princières. Je ne sais rien de plus grand. Nous aurons plusieurs fois dans le cours de ces études sur les saints liturgiques à constater ces amitiés que j’appellerai posthumes, s’il est permis de s’exprimer ainsi et s’il y avait rien de postnume pour eux. Corneille et Cyprien, Pierre et Marcellin, Jean et Paul, etc., nous offrent des unions vraiment immortelles, mais je ne sais s’il y eut jamais de lien commun plus étroit entre deux mémoires. Il en résulte pour nous une certaine difficulté d’étudier séparément des monuments qui se confondent toujours et qui se servent de mutuelle authentique.

Nous avons trouvé assez souvent des églises sous le vocable seul de sainte Félicité, mais nous ne les inscrivons qu’avec réserve, tellement sa compagne est nécessaire pour qu’on la reconnaisse. Perpétue est la caractéristique de sainte Félicité.

CARTHAGE

Dans l’article précédent, consacré à la mémoire de sainte Perpétue, nous avons exposé les raisons qui autorisent à croire que la basilique découverte parle Père Delattre à Damous-el-Karita était celle ou sainte Perpétue et sainte Félicité avaient été ensevelies après leur martyre. Nous ne les répéterons pas, nous rappellerons que ce vaste édifice n’appartenait pas moins à sainte Félicité, et que les motifs qui nous l’ont fait inscrire parmi les monuments de sainte Perpétue sont les mêmes pour en faire honneur à sa compagne (pl. I).

Il y a ici à citer encore des inscriptions que le savant religieux a retrouvées en grand nombre à Carthage, portant le nom de Félicitas, qui accusent d’une façon claire le zèle des femmes à s’en parer, et la vénération qui l’entourait dès l’antiquité. Nous avons gravé, d’après les estampes et les relevés du Père Delattre, plusieurs de ces marbres et nous en citerons quelques autres aussi d’après lui.

Voici un petit marbre carré, recueilli près des anciens ports de Carthage (pl. X, XI et XVI):

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