ZARA
qui figure dans les armoiries municipales représente ce saint patron. On a retrouvé dernièrement la crypte qui faisait partie de son sanctuaire primitif.
Nous avons des informations très anciennes sur cette église. Un testament de 908 contient un legs pour restaurer l’église et le couvent de Saint-Chrysogone. Du fait qu’elle avait déjà besoin de réparations résulte la preuve d’une ancienneté déjà grande. En 986, l’édifice tombant de vétusté fut reconstruit par Madius, recteur de Zara et gouverneur de la Dalmatie, qui réorganisa la congrégation sous un moine bénédictin qu’il avait fait venir du Mont-Cassin. La nouvelle église était remarquable par ses dimensions et sa magnificence, elle resplendissait de marbres et de matériaux précieux.
Cette église n’est pas encore celle que nous possédons aujourd’hui et qui ne date que de 1175. A cette époque l’archevêque Lampridius la reconstruisit intégralement: nous le savons par une inscription qu’on lisait autrefois dans l’abside et que nous transcrivons plus loin. On a mis en question l’époque de l’édifice actuel, en prétendant que son style accuse une main plus tardive; cependant il est encore tout à fait roman et nous rappelle les beaux exemples de Pise ou la cathédrale deTraü1 qui date de la fin du xiie siècle et des premières années du xme. Dans l’inscription figure comme bienfaitrice le nom de Stana ou Anastasia, fille de Pietro, comte de Zara, dont le nom intervient dans un document de 1134; il se fit connaître aussi comme comte vénitien de Zara par le zèle qu’il déploya pour faire ériger le siège de Zara en archevêché3.
On raconte3 qu’après la prise de Zara, Dandolo avait emporté à Venise les reliques de saint Chrysogone qui furent déposées dans l’église des SS. Gervasio-e-Protasio ; maison croit qu’elles furent restituées à Zara. On ne les signale plus à Venise, tandis qu’on vénère à Zara, au Dôme, dans des reliquaires d’or et d’argent, son bras, ses deux pieds et d’autres ossements, on y conserve l’arche ornée de belles peintures oü son corps était enfermé; et à Saint-Chrysogone, le pommeau de son