‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 44 sur 419 · Id., VI, p · texte numérisé non relu

Id., VI, p

ETATS PONTIFICAUX. — RAVENNE

Au xiv* siècle, on peut attribuer la décoration du chœur à l’école de Giotto.

Une date qu’on lit sur une des colonnes laisse penser que le surélèvement du sol et de grands travaux eurent lieu dans l’église au xve siècle.

Dans le portique qui précédait l’église, on passait alors les actes solennels 1 devant témoins.

Description. — Elevée au sud-ouest de la ville, à peu de distance derrière le Dôme, Sainte-Agathe est une basilique à trois nefs séparées par deux rangées de dix colonnes variées; on y voit des fûts de marbre gris antique, grec, cipollino, de granit, etc., des chapiteaux de diverses époques, les uns romains, les autres byzantins, d’autres encore du xve siècle.

L’ambon, que nous avons rétabli au milieu de l’église, est creusé dans un tronçon de colonne antique cannelée, que les ouvriers du vi* siècle ont retournée et dont ils ont transformé les cannelures en petites arcades2. Nous l’avons remis au centre de l’église comme il devrait être.

A l’une des extrémités est posée l’urne funéraire des archevêques Sergius et Agnellus, sur laquelle on lit une inscription métrique3. L’autre nef a pour autel un marbre du vie siècle avec trois croix surmontant des globes; il est possible que ce soit un panneau des anciens chancels.

Nous avons, dans notre perspective, restauré ce chancel en relevant le chœur comme dans beaucoup d’églises de Ravenne.

J'ai remarqué, en visitant cette église, qu’un ancien arc, près de l’entrée, appartenant à la construction primitive, avait son imposte inférieure de 2m,5o aux impostes des arcades actuelles, ce qui marque un égal exhaussement du sol. Or cet exhaussement n’a pas été obtenu par l’enterrement des bases ni par la démolition des murs, mais par une reprise en sous-œuvre qui a laissé subsister l’attique de la grande nef. On y voit, à l’extérieur, une suite de larges arcades qui paraissent antiques; ce travail, vraiment prodigieux, serait incroyable si nous ne le constations à Saint-Jean- Evangéliste, à Saint-Pierre-Majeur et sans doute à

1. Fantuzzi, An. 1161, I, p. 272. An. 1 1 3 5. Actum sub Porticu Eccl. S. Agathce Majoris. V, p. 196.

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