FRANCE. - PARIS
d’une salle rectangulaire que précède un petit vestibule plus étroit et moins élevé. Presque entièrement détruit par le baron des Adrets, il ne fut dans la suite qu’imparfaitement réparé. Depuis longtemps il est fermé au culte et ne sert plus guère que de bûcher et de grenier à foin.
Paris. — Sainte-Agnès et Saint-Eustaclie. — (i 200) Érection d’une chapelle Sainte-Agnès désignée (1214) comme « nouvelle ». — Fondations diverses aux xiii® et xive siècles. — (i3oo) Hôpital. — ( 1 532) Fondation d’une nouvelle et plus vaste église. — (1624) Construction du chœur. — - ( 1 6 3 3) Achèvement. — (1754) Nouvelle façade. — Reliques.
A la place qu’occupe aujourd’hui Saint-Eustache s’élevait, au commencement du xiii® siècle, une petite église ou oratoire dédié à sainte Agnès1. L’abbé Lebœuf dit qu’elle avait été bâtie vers 1 200 et sans qu’on sache par qui. Cependant une légende en faisait honneur à un bourgeois, nommé Jean Alais, qui l’aurait construite par repentir d’un impôt usurier qu'il prélevait sur le poisson des Halles; en mourant, il voulut être enterré près de cette chapelle, à l’endroit ou tombait le ruisseau des Halles. On y mit une longue pierre, qui se voit encore, ajoute du Breul, et qui sert de pont aux passants en temps de pluie; de là le nom de Pont-Alais qui lui fut donné.
En tout cas, on ne saurait douter que l’église ne date du commencement du xiii6 siècle, car, dans une charte de 1214, elle est qualifiée de nova cappella Sancte Agnetis 2. Comme elle était située sur le territoire de Saint-Germain-l’Auxerrois, elle dépendait de ce chapitre, ce qui fut cause de beaucoup de conflits, notamment au sujet des oblations que faisaient les fidèles à sainte Agnès.
Le premier document où apparaît le nom de Saint-Eustache est une charte de 1223. Faut-il croire, comme l’abbé Lebœuf, que cette nouvelle désignation indique une reconstruction, ou que l’introduction dans l’église de quelques reliques apportées de Saint-Denis ait fait modifier le vocable? Je préfère cette dernière hypothèse, en con-
1. Le P. Shearman a le premier attiré notre attention sur ce vocable.
La plupart des documents que nous rapportons sont tirés du savant article de Le Roux de Lincy et Caillat, L'église Saint-Eustache, i85o.