HOLLANDE
Utrecht. — Le culte de sainte Agnès pénétra certainement de très bonne heure en Hollande, et il dut principalement se développer après la translation de ses reliques au xe siècle.
On raconte que ces reliques cachées en France par crainte des Normands, oubliées, puis retrouvées en 961 ou 962, furent, trois ans plus tard, en partie données par le comte Thibaut (Thiadboldus) à Baldric, lesaintévêqued’Utrecht1, frère de l’empereur Othon. Cette translation est entourée de beaucoup d’obscurité ; on en fait cependant ordinairement l’honneur à Baldric, comme en témoigne ce vieux quatrain :
Præsul Baldricus Traiectum magnificavit,
Funditus a Danis eversum quod reparavit;
Nobilis atque pius et omni stemmate dignus,
Per quem venerunt Pontius, Agna , Benignus.
On lit aussi dans un ancien martyrologe : « Apud Traiectum inferius translatio S. Agnetis virginis et martyris facta per Baldricum XV episcopum (964). »
Baldric plaça ces reliques ainsi que celles de saint Bénigne, évêque de Chartres, dans l’église cathédrale de Saint-Martin. Ce pieux trésor était si populaire que chaque année, le 21 janvier, on fêtait la Sainte- Agnès avec pompe et que les dons fournis alors s’appelaient en son honneur : Agnesii 2.
En 1421, Frédéric III de Blanckenhem, cinquante et unième évêque d’ Utrecht, fit une reconnaissance des reliques, « elevatio in ecclesia summa S. Martini » ; il les tira de l’antique arche de bois que l’on envoya au monastère de Zwoll et les déposa dans un riche reliquaire tout enveloppé d’argent3.