‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 68 sur 343 · Ricci, p · texte numérisé non relu

Ricci, p

SAINTE CECILE

femmes à l’église et le dominicale sans lequel elles ne pouvaient approcher de l’offrande et de l’Eucharistie; ces saintes ramènent, en effet, sous nos yeux une des processions qui se formaient dansla basilique, au côté droit de l’autel, au moment de l’offertoire; on remarquera aussi que le diadème qu’elles ont sur la tête fait partie du costume, au lieu que la couronne qu’elles tiennent est l’offrande qu’elles vont déposer aux pieds du Sauveur, pour prix de leur virginité et de leur martyre.

Le dessin est rude, composé de touches trop larges pour qu’il puisse être fort correct ; néanmoins, dans leur ensemble, les figures de ces panathénées chrétiennes ne manquent pas de mérite ni d’élégance. Elles sont nimbées, portent toutes le même costume, leur nom écrit au-dessus d’elles ; elles foulent aux pieds des gazons fleuris et sont séparées les unes des autres par des palmiers chargés de fruits qui s’épanouissent sur le fond d’or1. Les traits, sous une même attitude, sont un peu variés ; nous ne pouvons malheureusement en conclure qu’une tradition permît aux mosaïstes de reproduire les vrais personnages. Ces traits que nous voudrions connaître étaient déjà, sans doute, effacés par l’oubli dans la mémoire des fidèles (pl. XIX).

Un médaillon en mosaïque, à la chapelle de [

l’archevêché, qui nous paraît de la même époque, donne une image de sainte Cécile, non sur fond d’or, mais sur fond bleu. La coiffure est un peu différente. Les cheveux, au lieu d’être serrés par le cercle du diadème, paraissent enfermés dans une résille ornée de perles ; le voile, attaché en arrière, retombe également sur les côtés1 (pl. XIX).

Il ne semble pas que sainte Cécile, honorée dès l’antiquité par les habitants de Ravenne, ait été oubliée plus tard dans ce pays. Il y avait au moyen âge, dans les environs, dans un lieu nommé la Cella , une église qui portait son nom, et dont le dernier recteur s’appelait Melchior Baccinetti; au xvie siècle, l’édifice était tombé dans une ruine si complète qu’on dut le démolir en i 57 1 3.

Ferrare. — La cathédrale de Ferrare possédait un os et une dent de Cécile3 ; à Santa-Maria-in- Vado, dans la même ville, il y avait de ses reliques et un autel élevé en son honneur4.

Faenza. — Un monastère de dominicaines conserva le nom de Sainte-Cécile jusqu’en 1 5 67, époque ou une image de la sainte Vierge, qu’on vénérait et qu’on crut miraculeusement préservée du feu, le fit appeler Santa-Maria-del-Fuoco5. Dans les temps modernes il fut abattu ou réduit à des usages domestiques6.

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