I. Voyez Sarcophages cV Arles
Rohault de Fleury, Evangiles, PI. LIV, LV, LVI.
Garrucci, PI. CDXXVI.
Au V® siècle André figure sur le sceau de bronze du Vatican (anap'Ac) entre saint Fierre et saint Jacques ; sa position derrière saint Fierre peut être pour lui ainsi souvent considérée comme une caractéristique ; il regarde vers le Sauveur, fait un geste d’observation de la droite et tient de la gauche un large livre ouvert et inscrit. Il n’a pas de nimbe, honneur réservé alors au Sauveur. Le manteau ne lui descend qu’aux genoux, et paraît frangé.
L’image en mosaïque de Catabarbara à Rome est contemporaine (Fl. 1). Farmi les apôtres je crois le reconnaître dans le personnage placé derrière saint Fierre, qui fait de la droite un geste d’allocution, qui relève de la gauche les plis d’un large
manteau en tenant un rouleau ; le manteau est brodé d’un L.
A S.-Agata-in-Suburra, également du v® siècle, il a le même costume mais il tient le rouleau des deux mains. (PI. Vil.)
Les apôtres sont peints en mosaïques sur la coupole du baptistère de Ravenne, au v® siècle. Saint André est désigné par son nom. Ses vêtements sont plus amples que dans les mosaïques romaines. Son manteau flotte au vent et il en relève les plis abondants pour porter une couronne gemmée (PI. X). Il est représenté aussi au baptistère des Ariens, mais sans désignation.
Un des médaillons de mosaïque qui ornent la chapelle de l’archevêché, le représente en buste dans un médaillon et le désigne au-dessus par l’inscription de son nom ANDREAS. C’est la première image qui nous le montre avec une chevelure abondante et en désordre.
Un médaillon sur l’intrados d’un arc de Saint- Vital nous donne un exemple iconographique poulie VI® siècle. Les cheveux sont touffus, mais mieux rangés et séparés par une raie centrale. (PL VIII.)
Il nous faut descendre au viii® ou ix® siècle pour trouver des scènes historiques. Notre beau Grégoire deNazianze de la bibliothèque Nationale (grec 510, f. 3 a"’) porte la première peinture qui nous le montre attaché à la croix; il y est couvert d’un colobium blanc sur lequel descendent des claves rouges. Le fond d’azur qui jette un épais brouillard sur le paysage laisse lire ATIOC ANAPEAC. Un seul personnage l’assiste et semble s’entretenir avec lui. (PL XLVIII.)
La scène est historique mais encore maintenue dans l’idéal. Voici le sacramentaire de Metz qui nous ouvre un spectacle plus réel ; une foule nombreuse se presse autour du martyr qui vénère la croix ; la vie circule au milieu des acteurs de ce drame ([ui se parlent, gesticulent, expriment avec véhémence les passions qui les agitent, drame qui s’achève par le crucifiement du martyr. Sur la croix saint André n’a plus les vêtements que les Grecs lui laissèrent, il n’a qu’un linge d’or noué autour des reins.
N’oublions pas la belle page du ménologe du V'atican oii saint André crucifié, habillé, converse avec Egée; une sérénité admirable semble écarter toute pensée de douleur. (PI. XLVll.)
En descendant les siècles, le tropaire d’Autun de la fin du X® s’offre à nous comme un type remarquable. Nous y voyons pour la première fois la croix disposée en X. On a dit que cette forme ne se manifestait qu’au xiv® siècle, cette page prouverait le contraire si le peintre n’avait ajouté entre les branches de l’X une tige verticale qui donne à l’instrument du supplice l’apparence du chrisme qu’il avait sans doute en vue ; le chrisme, si fréquent dans l’antiquité, n’a jamais complètement déserté les monuments chrétiens, et il est difficile de ne pas le reconnaître en cette circonstance.
Le graduel de Prüm, enluminé tout à fait à la même époque, nous offre le crucifiement ordinaire, la croix droite et les deux assistants, sorte de réminiscence de la passion divine. On remarquera la pointe dont la croix est pourvue dans le bas, ce qui l’assimile aux croix processionnelles. (PL XLIX.)
Les scènes historiques ne firent pas oublier la première manière des images ; à la chapelle Saint- Zenon de Rome nous voyons encore saint André dans le costume apostolique, avec la différence de perfection qui sépare les mosaïstes du v® de ceux du IX® siècle. Ici ont disparu les pénombres, le modelé, la correction du dessin, pour faire place à des figures barbares, serties de traits rouges ou noirs.
Les portes de bronze de Saint-Palil nous ont fourni les deux types sur leurs panneaux, le type classique et le type historique. Dans le premier saint André est debout avec le manteau, la tunique, et, caractéristique nouvelle, la croix dans la main gauche. Le second représente le crucifiement, mais la croix, par une singularité de l’artiste, n’est qu’un arbre bifurqué dès la naissance de la souche sur laquelle les deux pieds du saint sont cloués l’un près de l’autre et ses mains sont étendues vers les touffes de feuilles qui couronnent les deux tiges secondaires écartées comme les branches d’un X. C’est peut-être inspiré par la tradition montrant le saint cloué sur un olivier*. (PL V.)
Aux portes de Ravello, saint André tient aussi une croix hastée, mais il est assis sur un trône ; il est désigné par son nom. (PL XII.)