‹ Archéologie religieuse du diocèse de Montréal, 1850 [microforme]Chapitre 20 sur 22 · CONTINUATION DES PAGES 8 ET · texte numérisé non relu

CONTINUATION DES PAGES 8 ET

NOTICE HISTORIQUE

Le 4 février 1743, Mer. de Pontbriand, évêque de Québec, donna le premier décret qui autorise la formation d’une nc'velle desserte dans la paroisse de St. François de Sales

de Pile Jésus. Elle comprenait les habitans de la côte St. François d’Assise et une partie de ceux de la côte sud de PIle. (1)

Le décret de Mor. de Pontbriand, publié sur les lieux le 24 fév. 1743, fut aussitôt mis à exécution. La position choisie pour élever l'église était gracieuse et pittoresque. C’est l'extrémité de la côte dite des Ecores. Là, la rivière de POtiawa, sortie de son lit resserré et de ses bruyants rapides, devient caline et tranquille, comme pour se reposer après un passage difficile. Son bassin s’élargit et prend des proportions grandioses en approchant du St. Laurent auquel elle va mêler ses eaux. Les rives en s’abaïissant sont devenues moins sauvages. Ce sont des prairies riantes, de jolis bosquets, des champs fertiles qui donnent à tout le tableau de la variété et de la grâce....Aussi donne-t-on le nom de la Zivière-des-Prairies à cette partie de P Ottawa comprise entre le lac des Deux-Montagnes et le lieu où elle se jette dans le St. Laurent. (2)

La première construction que les habitans élevèrent fut un presbytère en pierre qui subsiste encore, et dont le haut servit de chapelle provisoire. En quatre mois Pédifice fut achevé, et dans les premiers jours de novembre, M. Semelle,

(1) Mgr. Bourget, évêque de Montréal, a de nouveau érigé canoniquement cette paroisse par décret du 25 nov: 1841, ne la qualifiant que de Aission jusqu'à la sortie de son décret.—{(J. V.)

(2) Le R. P. de Charlevoix dit, Vol. 3e page 140, de son Histoire de la Nouvelle France: “ Le canal qui sépare l'Ile de Montréal de l'Ile Jésus “ porte le nom de Rivière des Prairies, parce qu'elle coule au milieu de “ fort belles prairies.”

Ce n'est pourtant pas là Ia cause de ce nom, si l'on consulte la Relation jésuite de 1639-40, publiée à Paris en 1641. Le R. P. Barthélemy Vimont, auteur de cette relation, y dit relativement à la P'rière des Prairies :—

“ Quand on arriue au premier sault qui se rencontre dans le grand fleuue Sainct Laurens, que nous appelons le Sault Suinct Louis, on trouue vn “ aultre fleuue nominé la Riuitre des Prairies.

“ Ce fleuue se nomme ainsi pour ce quv'n certain François nommé des “ Prairies ayant charge de conduire vne barque au Sault $S. Louis, quand “il vint à cet affour ou rencontre de ces deux fleuues au lieu de tirer du ‘costé du Sud, ou est le Sault S. Louis, il tira au Nord vers cet autre fleuue “ qui n'auoit point encore de nom François, et qui depuys ce temps-là fust ‘appelé la Xiuière des Prairies /—(J, V.)

LA

st

—— (ns, (5 ss

oO 1°

te St.

ud de

lieux Jsition esque.

rivière ayants eposer prend aurent \issant rairies onnent i dontie de s et le

vèrent lont le fice fut emelle,

quement Mission

re de la le Jésus ilieu de

Relation rthélemy les Prai-

d fleuue rouue van

mmé des 8, quand tirer du re fleuue s-là fust

Lt RE nn a aheess,

Gen)

prêtre français, put y célébrer la Ste. Messe. Cet édifice de 40 pieds de long sur 28 de large, a été allongé de 20 pieds en 1805, pour y placer une salle pour les habitants.

Dès Pannée suivante, 1744, les habitants de la Paroisse, dont le bon esprit, le zèle et l’activité ont toujours formé le caractère, se mirent à Pœuvre pour bâtir église. [ls commencèrent cette jolie construction en pierre que Pon voit encore aujourd’hui. Elle a 110 pieds de long sur 40. Des circonstances imprévues retardèrent les travaux, et ce ne fut que quatre ans après qu’ils purent voir leur œuvre achevée,

Cette paroisse s’est toujours distinguée par le bon esprit qui anime ses habitants, leur soumission à leurs pasteurs, leur amour et leur attachement pour la foi, leur zèle pour l'éducation et leur générosité. On aime à retrouver encore en eux cette probité antique cet cette bonne foi qui ne sont guère le caractère de nos sociétés modernes. Les actes do la nomination des syndics pour la bâtisse de l’église et les contrats de ceux-ci avec les ouvriers, seront toujours de curieux monuments de cette simplicité patriarchale et de cette confiance absolue qui semblent ne pas pouvoir permettre l'ombre d’un soupçon d'artifice ou de fraude.

L’église de St. Vincent fut une des premières à se revêtir d’ornements riches en sculpture, Un des habitants de la paroisse, habile menuisier, s'était senti du goût pour les arts, et sans autre guide que cet attrait et quelques vieux livres, il s'était porté à la décoration et à Pembellissement des églises : ce fut là le germe des premières écoles de sculpture du pays.

L'Association de la Propagation de la Foi, les œuvres de charité, la Société de Tempérance ont toujours été des œuvres chères aux habitants de cette paroisse, et y ont obtenu les plus heureux résultats.

Nous devons mentionner son zèle pour léducation. Depuis près de 40 ans, les écoles y ont toujours été dans une très-grande prospérité et on en compte aujourd’hui cinq très-bien tenues.

feu Mais établissement le plus glorieux à cette paroisse ct Réc qui y attire chaque jour un grand nombre d'étrangers, c’est de

le magnifique couvent des dames du Sacré Cœur. I est dû en grande partie à la générosité et à Pactivité de M. E.X. Romuald Mercier pendant huit ans curé de cette Paroisse, et mort à Montréal en 1849, chanoine de la Cathé-

drale et Archidiacre. vion En 1845, il donna à ces dames une terre de 62 arpents de c dans le village même des Ecores, et c’est sur le point cul- relis minant de ce côteau qu’il fit bâtir aussitôt un bel et vaste | dont édifice en pierre, de 120 pieds de long sur 40 de large ens avec deux avant-corps de 30 pieds de saillie, qui a coûté | L plus de £4,000. faut De cette position élevée, on domine au loin tout le riche | quel et riant bassin au milieu duquel coule l’Ottawa avant de se | sère rendre au St. Laurent. | tout Dans ce pieux asile de la vertu, de la science et des DAS beaux arts, plus de cent jeunes personnes reçoivent une | ee? brillante éducation, telle qu'elle convient à la position dis- 16 tinguée qu’elles sont destinées à occuper dans la société, ee Cet établissement grandit toujours sous les mains habiles pleir qui le dirigent, et il est appelé à jouer un grand rôle dans dh. avenir du pays.

Madame Batilde, première supérieure de ce couvent, se montra en même temps son bon goût et son zèle pour ses la cc tendres enfants, en préparant pour leurs jeux de riches bosquets et de gracicux jardins; et joignant Putile à Pa- : gréable, elle sut par son industrie fertiliser ce sol aride. ee Ce pensionnat n’empêche pas ces dames de s’occuper des Du pauvres. Elles ont formé, surtout dans l'intérêt de la pa- js roisse et des familles qui ont peu de ressource, des classes : d'Externes qui réunissent déjà plus de cent enfans. AU La postérité apprendra avec plaisir ies noms des princi- che paux bienfaiteurs de cette célèbre maison. Nous devons +

’ e a | 14 À Ac signaler surtout l’évêque de Montréal, Mer. de Charbonnel, x

Jan hrs CEE (Ego Cote À Dr (haurquai a) D

ose ne to + . panne gate

se Ci cest | est > M.

Pathé-

ents

cul- "aste are Jûté

nn vd

feu M. F.X. R. Mercier, M. J. J. Vinet, curé du Sault-au- Récollet, madame de St. Ours, M. J. E. Mills, anc. à maire de Montréal, M. Paschal Lachapelle, père, ete.

LÉGENDE pk 1761—-69,

Avant de quitter cette paroisse, pourquoi ne mentionne rions-nous pas un fait remarquable qui s’y passa il y a près de cent ans? Il fera connaître comment, chez un peuple religieux, les traditions populaires, au milieu du merveilleux dont elles aiment à s’entourer, conservent et perpétuent les enseignements de la plus haute morale.

“ 5)ans ces harmonies de la religion et de la nature, il faut voir, dit Chateaubriand, des relations touchantes entre quelques scènes naturelles, quelques dogmes sacrés et la misère de nos cœurs. Il faudrait nous plaindre, si, voulant tout soumettre aux règles de la raison, nous condamnions avec rigueur ces croyances qui aident au peuple à supporter les chagrins de la vie, et qui lui enseignent une morale que les meilleures lois ne lui apprendront jamais. Il est bon, il est beau, quoiqu’on en dise, que toutes nos actions soient pleines de Dieu, et que nous soyons sans cesse envirannés de ses miracles.” {Génie du Christ.)

Voici le fait.

Le 9 mars 1761, un français du nom de St. Paul, commit un crime horrible dans la maison de Charles Bellenger, de la côte Saint-François.

Après avoir enlevé tout l'argent, il donna crucllement la mort à Bellenger, à sa femme et à deux enfans. Puis, pour mieux couvrir son crime et ensevelir sous les ruines jusqu'à sa dernière trace, il mit le feu à la maison.

La providence se chargea de révéler son forfait. Le grenier qui était rempli de blé s’affaissa de bonne heure sous Paction des flammes, et les cadavres recouverts par le blé échappèrent à la destruction. Ils servirent à constater le crime. Les soupçons tomhèrent sur St.-Paul, qu'on

avait vu dans ces parages. Saisi par la justice, il finit bientôt par tout avouer, et il raconta lui-même les horribles détails de ce drame sanglant,

Condamné à la potence, il fut exécuté dans la ville de Montréal, mais la sentence portait que son cadavre serait encerclé et suspendu jusqu’à sa totale destruction sur Îles lieux mêmes—théâtres du forfait. Ce ne fut qu’un an après, qu'un habitant, fatigué de ce hideux spectacle, détacha ces restes décharnés, et les ensevelit près de à, sous un monceau de pierres.

C’est ce fait mémorable dont le souvenir est encore vivant dans le pays, que l’on raconte aujourd'hui, avec des circonstances qui tiennent du merveilleux et qui reposent sur la tradition populaire.

On raconte qu’un nommé Valiquet, de la côte St. Elzéar, étant un jour excité par la boisson, donna en passant un coup de fouet au pendu, et Ini dit par dérision, ou par fanfaronadc: Je Pinvite à venir souper avec moi. Il allait en effet prendre part à une fè.e, Il'arrive et se met à table avec les convives. Au milieu du repas—quelle est la surprise et l’épouvante générale !... On voit entrer un inconnu, d’une figure horrible, et Valiquet a reconnu le pendu. Celui-ci s’avance et lui dit :— 7% m'as invité à souper avec toi...me voëlà.

Toute assemblée fut saisie d’effroi et personne n’osa proférer une parole. Le mort ajouta :—4Je finvite à mon tour à venir me voir demain au soir, ne manque pas. Puis, il disparut.

Cet ordre fut pour Valiquet un coup de foudre ; mais dans la crainte de plus grands malheurs, il n’osa pas y manquer. Après avoir pris conseil des hommes les plus sages du quartier, il fut décidé qu'il se présentcrait devant le pendu, en tenant dans ses bras un enfant encore innocent et qu’il ne devait pas quitter, quelque chose qu’on pût lui dire. Il part donc et à peine arrivé sur les lieux, le mort lui crie de mettre à terre Penfant qu’il tient. Valiquet

PDO LEE

finit ribles

le de serait r les près, a ces mon-

ivant y Cirt sur

e St.

pas- 1, Où , Il met le est T un au le À sou-

À proà tour is, il

mais mansages nt le ocent it lui

mort liquet

Page 1