‹ ArchiloqueChapitre 46 sur 258 · Euseb.. Praep. evang., V · texte numérisé non relu

Euseb.. Praep. evang., V

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Pythie, Télésiclès reçut la réponse qu'il sollicitait, et que provoquait pour ainsi dire le choix même de sa personne. Quelles furent alors les destinées de la colonie et de son chef? On ne sait; mais, une vingtaine d'années plus tard, aux environs de la XXIIIe olympiade (688), le fils de Télésiclès, à son tour, réduit à la pauvreté, quittait Paros et se dirigeait, lui aussi, vers l'île lointaine.

Avant de suivre Archiloque dans ses aventures thasiennes, rattachons tout de suite à l'histoire de Télésiclès ce que Critias nous apprend de la mère du poète. C'était, nous dit-il, une esclave nommée Enipo1. La plupart des historiens ont accepté ce témoignage. Mais, depuis Welcker 2, une opinion différente s'est fait jour, que M. Sittl a résolument adoptée 3, et que vient de soutenir encore M. Jurenka dans une étude récente 4. Cette opinion consiste à voir dans le nom d'Enipo un symbole : de même que l'esclave ïambe personnifie dans l'Hymne à Déméter les plaisanteries populaires en usage dans le culte de cette déesse, Archiloque aurait désigné sa muse batailleuse sous le nom caractéristique d'Enipo (Ivîtctsiv). Ainsi une plaisanterie, une parodie, imaginée sans doute dans quelque poème humoristique, aurait donné le change à toute la postérité. On a déjà répondu à cette hypothèse, que le nom d'Enipas se trouvait dans une inscription grecque sans aucune signification allégorique'; on a fait valoir surtout

1. Cf. ci-dessus, p. 1:2, n. 2, le texte entier de Critias. ■l. Welcker. Klcme Schriflen, t. I, p. 6.

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