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EMPLOI DES ARCADES

Superposition des arcades. — Les cirques romains nous offrent souvent des exemples d'une disposition particulière, qui consiste à superposer les arcades en plusieurs rangées à la façon des ordres. Dans ces monuments, les deux systèmes

Fio. 121.

sont m^me, en général, employés simultanément, comme au théâtre de Marcellus, à Rome (fig, 121). Le rez-de-chaussée est formé par une série d'arcades combinées avec un ordre dorique, et Tétage supérieur présente une série d'arcades cor-

ARCADES

lespondant aux premières et combinées avec un ordre ionique.

C'est le plus souvent sous cette forme que se présentent dans notre architecture les arcades superposées. Cependant on les emploie aussi indépendamment des ordres. C'est en

Fio. 122.

particulier le cas des ponts, aqueducs et viaducs qui sont, selon la hauteur du canal ou de la voie, formés d'une ou de plusieurs rangées d'arcades. La figure 122 représente une disposition de ce genre, qui est empruntée à l'aqueduc romain appelé pont du Card.

§ l•^ — Soubassement

Bat, caractère, dispositions générales. — [.orsqu'un (édifice comprend plusieurs étages, dont Tun est plus important ou dont plusieurs forment un ensemble, qui doit dominer, l'étage ou les étages inférieurs remplissent vis-à-vis de lui la fonction d'un piédestal ou d'un socle, et l'étage supérieur, celle d'un couronnement. Les parties inférieures, qui servent de piédestal, constituent le soubassement de l'édifice. De même que le piédestal des colonnes, avec lequel il a, comme on le voit, la plus grande analogie, le soubassement se compose d'une base, d*une partie plane, et d'une corniche. I^a base est un empattement qui répartit la charge sur une [ilus grande surface du sol, et donne ainsi plus d'assiette f\ la construction ; la partie plane correspondant au dé, est verticale, quelquefois inclinée pour en augmenter la solidité ; enfin, la corniche est plus ou moins riche, ou, selon les cas, se réduit h un simple bandeau, et sert à protéger contre la pluie les parties inférieures, en même temps qu'à martjuer la séparation entre ces parties et l'étage qui s'élève au dessus.

Lorsque l'édifice ne comporte qu'un rez-de-chaussée, le soubassement se réduit très souvent à un socle peu élevé formé d'un empattement à face plane verticale ou inclinée, dont la saillie sur le mur est raccordée à celui-ci par un plan incliné ou par quelques moulures simples, ou dont la partie supérieure, s'il a plus d'importance, est couronnée par un bandeau.

Quelle que soit la hauteur du soubassement, on conçoit,

d'après le rôle qui lui est assigné dans la construction, qu*il doit porter l'empreinte de la solidité, et que ses formes, ses proportions et sa décoration doivent contribuera en marquer fortement l'expression. Les profils y seront donc fermes, accentués ; les parties planes, autant que possible, massives; si elles sont percées de jours, on en réduira le nombre et les dimensions à ce qui sera strictement indispensable. Dans les parties où Ton admettra les ornements, ceux-ci seront traités avec sobriété et fermeté, et leurs formes et leurs mouvements seront simples et vigoureusement accusés.

Si les étages supérieurs et l'édifice entier comportent une décoration ayant le même caractère, il faudra Taccuser davantage dans le soubassement. Au contraire, si l'arcbitecture de la façade est traitée avec finesse, on devra insister d'autant moins sur Texpression de l'idée de force dans les parties inférieures, se borner à en marquer la fonction par quelques faibles saillies et des profils traités dans le même esprit que les étages supérieurs.

D'une façon générale, si, d'une part, on est tenu d'exagérer en art l'expression des idées qu'on veut représenter, afin que les sens en soient fortement et du premier abord impressionnés, d'autre part, on devra tempérer ses efforts dans ce sens, par la nécessité d'accorder deux idées différentes et de donner à l'ensemble de l'édifice le caractère d'unité et d'barmonie sans lequel toute œuvre est incomplète.

Dans les divers exemples qui vont suivre on pourra se rendre compte que l'artiste, pour chacun des cas choisis, s'est préoccupé d'appliquer ces principes.

Divers genres de soubassement. — Lorsqu'un soubassement de quelque importance n'a cependant pas une assez gran<le hauteur pour enjl)rasser un étage entier, il affecte la forme d'un simple [)iédeslal, que nous avons analysée plus haut. C'est le cas, par exemple, du soubassement d'une des ailes du Louvre faisant face à la Seine, et qui est représenté dans la figure 123. Sa partie plane est en talus, ce qui lui donne et ce qui accuse une très grande solidité. Cette forme, applicable seulement aux parties situées au-dessous du niveau du rez-de-chaussée, permet de réduire la saillie du

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