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Fir.. 276.

272 EfiCALIERS, CHEMINÉES ET REVÊTEMENT DES SOLS

crainte de rupture, et on croise les joints comme le montre la figure 275. On pourrait également remplacer les murs ou les massifs par un arc dont les reins porteraient un remplissage sur lequel reposeraient les marches {fig. 276).

On protège latéralement les perrons construits entre les murs, lorsqu'ils ont une certaine hauteur, par des balustrades rampantes auxquelles ces derniers servent de socle à la façon des limons.

Perrons à marches perpendiculaires à la façade. — Une

autre disposition très fréquemment employée permet de supprimer Tun des murs d'échiffre du perron, en se servant, comme appui, pour l'une des extrémités des marches, du soubassement de Tédifice. L'autre extrémité repose alors à la manière indiquée dans les cas précédents, sur un mur extérieur, limité aux marches f/ïV/. 277), ou les dépassant pour porter une balustrade en pierre {fîg, 278). Si Ton n'a pas besoin d'un grand effet décoratif, on emploie la disposition de la figure 277 : une seule rampe avec palier d'arrivée.

Fio. 277.

Fio. 278.

Mais il faudra presque toujoui-s avoir deux rampes symétriques, s'il s'agit d'une façade principale. La figure 278 représente un perron établi de cette manière.

Un semblable perron pourra parfaitement être construit à la façon des escaliers suspendus. Il suffira que la première marche soit assez fortement encastrée dans le massif de

ÉSCALIEKS

fondation pour résister à la poussée de la voûte formant le dessous de l'escalier et du palier d'arrivée, dont Teffet tend à provoquer un glissement horizontal des parties inférieures sur la base d'appui. Cette disposition est représentée par la figure 279.

Dans les trois exemples précédents, on a accusé la première marche en lui donnant un plus fort giron et en la faisant dépasser le mur d'échilTre ou la ligne extérieure des autres marches pour former un arrondi appelé volute,

La forme courbe s'applique aux perrons de cette catégorie comme à ceux de la première. 11

est à remarquer que, quand on l'adopte, dans l'un et l'autre cas, le rayon de courbure de chaque marche augmente de la base au sommet de l'escalier, et souvent en ce dernier point il devient infini: la marche d'arrivée a son arête droite.

Grands perrons. — Dans nos édifices d'habitation, les perrons n'embrassent, en général, que la largeur d'une porte, à moins que la marche supérieure ne prenne un développement plus grand et forme terrasse au niveau du rez-dechaussée. Il n'en est pas ainsi dans les édifices publics, où ils s'étendent souvent sur toute la façade. La disposition la plus ordinaire et celle qui produit le plus grand effet est en môme temps la plus simple. Les marches sont établies sur plan rectangulaire avec retours, à pans ou à arrondis plus ou moins prononcés dans les angles ; quelquefois aussi sur plans de formes plus compliquées, qui consistent, en général, à remplacer les deux angles antérieurs du rectangle primitif par des angles rentrants et saillants, euxmêmes arrondis ou à pans, suivant les cas. Nous ne donnons pas d'exemples de ces formes, mais on les conçoit facilement, et d'ailleurs les meilleures sont les plus simples, sauf dans certains édifices d'un caractère particulier, qui appelle la fantaisie.

Le perron de la façade de TOpéra de Paris appartient à cette première catégorie. Il embrasse tout le développement du motif principal, et les angles sont remplacés par des arrondis.

I,es Anciens avaient employé pour leurs temples, lorsque ceux-ci étaient élevés sur un soubassement, des perrons construits entre mu!*s parallèles. Les façades de Téglise de la Madeleine, à Paris, en offrent un bel exemple.

Enlin, on combine quelquefois les dispositions parallèles et perpendiculaires à la façade pour certains grands perrons conduisant à un rez-de-cbaussée élevé. Nous citerons comme exemple celui de la nouvelle façade du Palais de Justice de Paris, œuvre de M. Duc. il atteint des proportions colossales; mais peut-être pas assex monumentales. Cette complication de formes fatigue un peu le regard du spectateur et ne lui donne pas l'impression de la grandeur majestueuse que réclame un édifice de cette nature. Elle ne s'harmonise pas avec rarchitecture du reste de la façade, qui est d'un fort beau style et qu'on voit, avec d'autant plus de regret, encombrée par une partie accessoire de composition moins simple.

Escaliers extérieurs. — Pour certaines habitations rurales dont rarchitecture réclame un caractère de gaîté et de pittoresque qui serait ailleurs déplacé, il est très admissible d'établir extérieurement de véritables escaliers qui, dans les cas ordinaires, seraient construits à Tintérieur. Ils sont le plus souvent formés d'une seule rampe droite appuyée au mur de façade; quelquefois aussi la partie inférieure se retourne de façon à présenter parallèlement à la façade la première marche. Les deux rampes sont raccordées, dans ce dernier cas, [)ar un quartier tournant ou séparées par un palier carré, et la rampe parallèle à la façade ne comprend que quelques marches.

Les habitations du moyen âge offrent des exemples fréquents de semblables dispositions.

Escaliers intérieurs. — Conçus comme les perrons dans un but essentiellement utilitaire, les escaliers intérieurs concourent comme eux à la décoration de Tédifice dans

CHEMINÉES 275

lequel ils sont établis. Ils participent de son caractère de grandeur ou de simplicité, de richesse ou de sobriété, et le choix de leurs formes d'ensemble, autant que la fixation de leurs dimensions, fait dans chaque cas particulier Tobjet d'une étude très sérieuse. Les grands escaliers intérieurs, quelles que soient leurs formes et leurs proportions, ne servent, e-n général, qu'à établir la communication entre le rez-de-chaussée et le premier étage, qui prend alors une grande importance. D'autres escaliers plus restreints en surface et moins décorés conduisent aux étages supérieurs, que leur origine soit d'ailleurs au rez-de-chaussée ou au premier étage.

Pour les premiers, il convient d'adopter les rampes droites, qui sont plus commodes, plus simples et d'un aspect plus monumental. Pour les escaliers secondaires, dont on doit diminuer le plus possible la surface de cage, on admet les quartiers tournants à un et à deux centres. Mais, dans nos édifices d'habitation, ces deux genres d'escaliers ne sont pas toujours employés simultanément. Ils donnent, en général, accès à tous les étages, même quand on en a plusieurs pour un seul bâtiment, et l'obligation où l'on est dans la plupart des cas de laisser la plus grande surface pour les pièces habitées fait adopter, pour les escaliers, les dispositions qui en exigent le moins. Aussi les formes et les dimensions des cages sont très variables et se déterminent pour chaque édifice d'après les besoins particuliers auxquels il s'agit de satisfaire.

§ 2. — Cheminées

Disposition. — La cheminée la plus simple consiste en deux montants verticaux, ou jambages, AB, CD {fig, 280), adossés à la face intérieure de l'un des murs de la salle à chauffer et au-dessus desquels se pose une pierre horizontale BD appelée manteau.

La portion du sol comprise entre les deux jambages se nomme dire, et la paroi verticale qui forme le fond de la cheminée, contre-cœur. Au-dessus du manteau et adossé au mur s'élève le conduit de fumée, dit coffre ou hotte , selon que

rr

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ses faces sont verticales ou inclinées vers le sommet, de façon à rétrécir l'orifice supérieur. Enfin, en avant des jambages,

si le sol est formé par un parquet en menuiserie, on réserve un espace rectangulaire en matériaux incombustibles destiné à isoler le bois, et qui prend le nom de foyer.

Cette disposition, qui se prête, comme nous le verrons tout à Theure, à une décoration très monumentale, a été employée par les architectes du moyen âge et de la Renaissance, et on Tadopte encore de nos jours pour les grandes salles où Ton a besoin d'un puissant effet décoratif.

Mais diverses modifications y ont été apportées dans un but d'économie, soit pour obtenir plus de chaleur avec moins de combustible, soit pour diminuer la saillie de ces ouvrages à l'intérieur des salles. Pour la première raison, on a réduit l'àtre et le contre-cœur, en augmentant l'épaisseur des jambages et en abaissant la face inférieure du manteau et, afin de conserver, à Textérieur, assez de légèreté, on a raccordé par des pans coupés verticaux et obliques, appelés rètréciSy l'ouverture primitive à l'ouverture réduite. La seconde raison a engagé les constructeurs à prendre une partie de la profondeur de la cheminée dans Tépaisseiir du mur toutes les fois que celle-ci est suffisante et que le mur n'est pas mitoyen. On est aipsi arrivé à la disposition représentée dans

Fio. 280.

Fie. 281.

CHEMINÉES

la figure 281 et usitée dans la plupart de nos édifices d'habitation.

Décoration. — Comme on le voit, il y a deux genres principaux de cheminées : les unes sont adossées au mur et surmontées d'un coffre, les autres sont engagées dans le mur dont le parement ne présente pas de saillie au-dessus du manteau.

La décoration de la cheminée proprement dite offre quelque analogie avec celle d'une baie, puisque les deux formes se ressemblent. Toutefois, le premier de ces ouvrages étant exécuté à l'intérieur, il convient de le traiter avec finesse, et comme il n'est destiné à porter que son propre poids, il ne serait pas rationnel d'y accuser une grande résistance. Il faut donc écarter toute décoration ayant pour principe les lignes d'appareil très apparentes. Mais on pourra parfaitement adopter celle qui consiste à accuser les deux montants et la plate-bande séparément, à la façon des ordres, ou dans leur ensemble, à la façon des chambranles. Cette analogie avec les baies a même fait donner le nom de cham^ branle de cheminée à l'encadrement qui en orne l'ouverture.

D'après ce qui vient d'être dit, il y aura deux modes de décoration très rationnels. Le plus simple consistera en un véritable chambranle à moulures comme celui des portes et des fenêtres. Il est représenté dans la figure 282, où il est surmonté directement par la tablette moulurée. Le second

Fio. 282.

FiG. 283.

mode a pour principe une plate-bande indiquant le manteau, supportée par des pilastres ou des consoles accusant les jambages. Il se prête à plusieurs variétés très usitées dans nos habitations ordinaires et qui ont reçu des noms

particuliers, dont il sera bon de se souvenir à cause de leur emploi fréquent dans le langage de la construction. La figure 284 représente le chambranle capucine; il est formé de deux pilastres trapus supportant une sorte dVntablement réduit à la frise et surmonté de la tablette en guise de corniche. Dans la figure 283, on peut voir un type plus riche, où Tentahlement formant le manteau est en saillie assez prononcée sur les pilastres, diminués en hauteur et surmontés, pour le soutenir, de petites consoles ou modillons. On lui a donné le nom de chambranle à modillons. Loi*sque les jambages présentent des pans coupés à 45°, décorés de pilastres sur lesquels repose une tablette de forme capricieuse, analogue à celle de la ligure 284, et (lu'accompagne un cadre également de forme courbe à la partie supérieure, on a la cheminée Pompadoitr. On appelle souvent cheminée

Fio. 284.

Fm. 285.

Louis XV un type très voisin du précédent et où la décoralion des pans coupés est un peu plus ferme : dans la figure 285 que nous donnons comme exemple, elle est constituée par une sorte de console de forme assez tourmentée. Enfin, il existe une variété de chambranle à modillons dans laquelle ces ornements sont devenus plus importants et supportent le manteau à l'exclusion des pilastres : on la désigne sous le nom de cheminée à conaoles {fig, 28G).

On trouve ces différents modèles exécutés en marbre dans le commerce, chacun d'eux com[)ortant plusieurs variétés et présentant divers caractères de simplicité ou de richesse (|u'on adapte à celui de l'édifice ou de la pièce où Ton veut établir une cheminée.

Mais ces types ne conviennent guère qu'aux habitations ordi-

CHEMINÉES

naires et, dès qu'on veut avoir une décoration harmonique de la salle, on fait exécuter des chambranles sur dessins spéciaux. La plus grande variété peut être introduite dans ces compositions. Les colonnes, les cariatides, les pilastres et les consoles y sont tour à tour employés. La figure 287 donne un exemple de cheminée décorée de petites colonnes ioniques supportant un entablement complet avec ressaut au-dessus de chacune d'elles.

Fio. 286.

Fb. 287.

Du reste, lorsque la cheminée admet ce genre de décoration, elle appartient généralement à une salle de grandes dimensions, où Ton a été préoccupé d'obtenir tout l'effet désirable beaucoup plus que de ménager la place. Aussi, dans ce cas, la cheminée est prescjue toujours adossée et surmontée d'un coffre dont la décoration doit se rattacher à la sienne.

Le mode le plus simple consiste à accuser les faces du coffre par des encadrements à moulures, plus ou moins riches et accentués, selon le caractère que doit revêtir l'ensemble de la pièce. Toutefois, les faces latérales étant très peu étendues par rapport à la face principale, c'est celle-ci qui réclame la décoration la plus riche. Les encadrements qu'on y exécute affectent des formes diverses, dont le principe est le rectangle, l'arcade, le cercle, l'ellipse, etc. ; ils entourent le plus souvent une glace, une peinture, ou tout autre panneau décoratif. A la partie supérieure, le coffre est couronné par la corniche de la salle, qui se retourne sur ses faces, ou par une corniche indépendante, selon son importance relative.

CHEMmÉES 281

Si la cheminée atteint de plus grandes dimensions, les encadrements sont eux-mêmes très souvent entourés de pilastres, de colonnes ou de cariatides qui supportent un entablement complet. II nous suffira, pour donner une idée de la décoration des coffres et des cheminées monumentales, de citer les deux exemples représentés par les figures 288 et 289 et empruntés au palais du Louvre.

Il arrive souvent qu'on veuille donner de l'importance à une cheminée engagée dans le mur et, par conséquent, se réduisant à son chambranle. On conserve alors le motif de décoration dont l'objet a disparu, et on exécute sur le parement du mur, avec une faible saillie, des encadrements ou des pilastres autour d'une glace ou d'un panneau, pour simuler le coffre.

Mais ces différents exemples ne peuvent guère donner que des indications. La décoration des cheminées est liée à celle des parois des salles auxciuelles elles s'appuient, et c'est dans une étude d'ensemble qu'on peut seulement la concevoir.

§ 3. — Revêtement des sols

Disposition. — Dans les constructions les plus primitives, ou constituant de simples abris, on se contente souvent de niveler et de durcir par un pilonnage convenable le sol que couvre la construction et celui qui l'entoure. Mais, en général, on a à exécuter sur cette surface un sol artificiel, ou aire^ formé par une couche de maçonnerie posée horizontalement, qui peut être, suivant les cas, destiné à recevoir un revêtement ou à demeurer apparent.

Les Anciens apportaient un grand soin à l'exécution des aires composées de moellons, recouverts de béton portant lui-même une légère couche de matériaux pulvérisés et agglutinés par de la chaux.

De nos jours, les aires sont exécutées de diverses manières, selon le degré de résistance qu'elles doivent offrir. Celle qui portent le pavé de nos chaussées et de toute surface servant à la circulation des voitures sont formées par une couche de

Fio. 289.

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