CHAPITRE IX COUVERTURES
§ 1". — Disposition
Considérations générales. — Divers procédés sont employés pour former la couverture des édifices, et les dispositions adoptées varient avec la nature des matériaux dont on se sert pour ces ouvrages. La seule disposition commune est une pente dirigée vers les murs extérieurs de Tédifice, afin de faciliter l'écoulement des eaux et d'éviter leur filtration à l'intérieur, où elles auraient pour effet de détériorer des parties de construction plus fragiles, et conçues pour être à l'abri des intempéries. Mais cette pente elle-même varie avec la nature des couvertures. Nous allons donc examiner successivement les divers matériaux employés et les dispositions qui conviennent dans chaque cas.
Terres cuites. — Un des plus anciens systèmes de couverture est celui qui consiste dans l'emploi des tuiles en terre cuite. Les Grecs et les Romains s'en sont servis et leur ont appliqué une décoration appropriée. Ces terres cuites primitives étaient les unes plates, avec rebords saillants sur deux côtés, les autres creuses, de forme courbe ou angulaire. Les premières étaient juxtaposées par leurs côtés saillants, de façon à présenter leurs joints en lignes droites continues, dirigées suivant la plus grande pente du toit. Les secondes servaient à recouvrir ces joints et se plaçaient l'arête ou la convexité en dehors, selon qu'elles étaient de forme angulaire ou courbe. Les unes et les autres se recou-*
COLVERTURES
vraient réciproquement dans chaque rangée, et Ton avait de cette manière la disposition indiqu(^e dans la ligure 297 : la partie centrale représente le toit en élévation; la partie inférieure, une coupe parallèle aux lignes de joints horizontales; et la partie supérieure, une coupe parallèle aux lignes de joints dirigées suivant la pente.
La face antérieure de la tuile creuse, située à la base du toit, s'appuyait ordinairement sur une tuile plus grande et richement décorée, fixée sur la corniche, et appelée antéfixe. Nous en donnons deux exemples dans la figure 298. On en plaçait souvent
Fiu. 2ÎI7.
une à la rencontre des deux tuiles creuses du sommet du toit, dont Taréte était recouverte par une tuile plate à deux pentes.
La figure 297 montre une disposition différente : les antéfixes ont été supprimées, et la pente du toit se termine par un chéneau également en terre cuite portant, dans l'axe de chaque rangée de tuiles plates, une tête de lion, dont la gueule ouverte rejetiiit les eaux en dehors de la construction.
Un .système de couverture analogue à celui qui vient d'être déciit est encore en usage en Italie. On y trouve également, en certains cas, les tuiles creuses remplacées par des tuiles plates renversées {fiy. 299). Dans le Midi de la France, au contraire, on a remphicé les tuiles plates par des tuiles creuses, dont la concavité est tournée en dehors
{fig. 300).
DISPOSITION
Dans les deux cas, les tuiles sont posées sur un plancher jointif.
On se sert fréquemment, clans le Nord de la France, de
un
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Fio. 2î)9.
Fio. 300.
tuiles plates sans rebords saillants simplement juxtaposées, mais dont on fait chevaucher les joints dans le sens de la pente. D'ailleurs, chacune d'elles recouvre les deux tiers de la suivante, laissant ainsi une partie apparente très réduite, à laquelle on a donné le nom de pureau. Les ligures 301 et 302 montrent cette disposition, et Ton peut y voir que la
Fio. 301.
FiG. 302.
Fio. 303.
toiture exige dans toute son étendue trois épaisseurs de tuiles. Elle constitue une couverture parfaitement étanche, mais charge beaucoup la charpente.
Dans ces différents cas, les arêtes saillantes et rentrantes du toit sont exécutées en tuiles creuses, les unes convexes, et les autres concaves en dehors.
Deux variétés de tuiles plates sont représentées dans les
ARCHITBCTURB. 1<)
Gni:VERTlRES
ligures 302 el 3a3. CeIJos de la ligure 302 ne difTèrenl des préeédfriles (jue par hi Torme circulaire de leur extrémité inférieure, qui facilite récoulernent des eaux. Les autres ont le même avantage, à cause de leur forme carrée dont un angle est placé à la partie inférieure, la diagonale correspondante étant dirigée suivant la pente du toit. Mais elles ^\^ ont, en outre, celui d'une plus grande légèreté, à cause du faible ï'f*'- '^'>'*" recouvrement qu'elles exigent.
On leur substitue quelquefois une variêh'' basiée sur le même principe, mais dont les faces siout courbf*s. La llgtire 30t en représente un spécimen.
î^irltii, de nos joum^ on emploie très fréquemment une riiuvi'rtiirc' Iuîtiu'h' de tuiles dites à emboîtement y extrémeïin'tit avantageuse, aux points de vue de la légèreté, de récoulernent des eaux et de la fixité au plancher du comble, qui se réduit à de simjil(^3 lattes distribuées à laison de une par rangée horizontale de tuiles.
Xuus cil rejirudui*iiins deux variétés dans les figures 305 et-Uin, Lits nnHes saillantes sont recouverlesde tuiles creuses j^péciuh'S, ainsi i]w \f faîtage, qui porte souvent une crête décorée ï\ Joui,
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Fie. 306.
Hoches naturellea. — Lorsque la condition de durée importe plus que r idlr de légèreté, comme cela a lieu pour cert^uns moirnniçnls [nililics, on peut substituer aux couvertures iru lei'ii* luih' dr^ dalles de pierre, et ce système a été apidiqnr' par les aruïens, principalement à la toiture de leurs tenipb'?, Ih en disposaient les éléments à la façon des tenues cuites et leur donnaient des formes et des ornements semblables, \h oLten;iti*nt ainsi un caractère monumental
DISPOSITION
parfaitement en harmonie avec celui des édifices qu'il s'agissait de couvrir. Il suffira de reproduire ici, pour s'en rendre compte, un fragment de la toiture du temple de Némésis à
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Fio. 307.
Rhamnus (/?(/. 307). Elle était exécutée en marbre blanc, comme celle de presque tous les temples anciens.
De nos jours, ce genre de couverture est très rarement employé, sauf pour les terrasses ou pour certains édifices ou parties d'édifices yoûtésen pierre. Ainsi, la toiture du portique extérieur du dôme du Panthéon, à Paris, a été exécutée en dalles de pierre, dont les joints sont recouverts par des tuiles creuses également en pierre.
La figure 308 en représente un fragment. Cet exemple est beaucoup moins élégant que le précédent, mais la partie de l'édifice ainsi recouverte
Fio. 308.
ne comportait j>as une dt^roration plus riche ou plus fine, qui n'aurait pas été visible cie la base du monument.
Quand on se sert de dalles de pierre pour recouvrir les terrasses, on les pose suivant un même plan légèrement incliné, pour faciliter Técoulement des eaux et sans recouvrements qui gêneraient la circulation. Cette exécution, malgré l'emploi d'un ciment de bonne qualité pour les joints, expose l'ouvrage à des filtrat ions qui le dégradent prompt<'ment. On pourrait peut-être y remédier en pratiquant, de chacjue côté des joints dirigés suivant la pente, une petite entaille en rigole à bords arrondis, de façon à former bourrelet sur ces joints, et en laissant à chaque rangée de pierre une légère saillie sur la rangée inférieure. Lti circulation ne serait pas trop gênée; par ces modifications, et Teau ne séjournerait pas sur les joints.
Si la pierre ne peut être employée dans nos édifices ordinaires à cause de son poids et du prix de revient de ce genre de couverture, il n'en est pas de même de l'ardoise, autre roche naturelle, schisteuse, cest-à-dire susceptible d'être débitée en tahlelles minces et qui, par conséquent, peut être utilisée à la façon des tuiles plates eu terre cuite, mais avec l'avantage d'une grande légèreté. Cette roche, dont on trouve en France d'importants gisements à Angers et dans les Ardennes, est d'un usage très fréquent dans nos constructions.
Les ardoises provenant des carrières d'Angers sont plus minces et partant plus légères, mais aussi otTrent moins de durée que celles des Ardennes.
On emploie pour les ardoises les mêmes dispositifs que pour les tuiles plates ordinaires, dont elles ont souvent les formes. Le modèle français est de plus petites dimensions que le modèle anglais; son pureau est exactement le tiers de la tablette; celui du modèle anglais peut être un peu plus grand. Les figures 309, 310 et 311 indiquent plusieurs modes d'attache de ces ardoises, les unes clouées sur lattis presque jointif, les autres retenues sur lattis léger en bois ou en fer, à l'aide d'un fil de cuivre ou de fer galvanisé.
La partie inférieure des ardoises peut être taillée en demicercle, en losange, en ogive, etc., comme celle des tuiles
DISPOSITION
plates. On en trouve d'ailleurs de différentes couleurs, noires, grises ou violettes, qu'on peut employer isolément ou combinées.
Fio; aoo.
Fio. 310.
Fio. 311.
Les arêtes saillantes et rentrantes des toitures en ardoise sont souvent recouvertes en métal.
Feuilles métalliques. — Du reste, les feuilles métalliques servent, dans bien des cas, pour couvrir toute la surface du toit. Le cuivre est le métal le plus anciennement employé à cet usage. Les Homains s'en étaient servis sous la forme d'un de ses alliages, le bronze, pour la couverture de plusieurs édifices, notamment du Panthéon d'Agrippa. Les fragments qui restent de cet ouvrage sont des feuilles de grande surface et qui ont 0'",012 d'épaisseur.
De nos jours on est moins [irodigue de ce précieux métal. Il est laminé en feuilles très minces, qu'on fixe sur le plancher du comble au moyen de vis placées à la partie supérieure. Les plus employées ont environ l'",30 sur i™, 40 et des épaisseurs variables, qu'on désigne par des numéros. Chaque feuille recouvre celle qui vient immédiatement audessous et se relie latéralement aux feuilles adjacentes par un enroulement convenable des bords (pii forme bourrelet à l'extérieur et qui permet les mouvements de dilatation et de contraction du métal. Des agrafes placées à la partie inférieure et au-dessous de la feuille s'opposent au soulèvement. Les bourrelets formés par les enroulements sont disposés en lignes droites suivant la plus grande pente du toit et peuvent acquérir des saillies plus ou moins prononcées.
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Fio. 812.
Disposées à peu près de la même façon, mais d*une plus forte épaisseur, les tables de plomb servent également à la couverture. Elles s'adaptent surtout aux surfaces un peu tourmentées, sur lesquelles on les applique plus facilement que les feuilles des autres métaux, et aux surfaces d'une très
faible inclinaison.
Ces tables peuvent avoir environ 4 ou 5 mètres de longueur sur 4 ou 2 mètres de largeur, et leur épaisseur varie entre 0»,0022 et 0«,0043.
La figure 312 représente un fragment de toiture recouverte en plomb. En raison de sa densité et des épaisseurs qu'on est obligé do lui donner, ce métal ne s'emploie que dans certains édifices ou pour certaines parties d'édifice où tout autre genre de couverture ne pourrait servir avantageusement.
Moins coûteux et plus léger, le zinc, quoique d'apparition plus récente, est d'un usage si général que c'est celui qu'il importe le plus d'étudier. Comme le cuivre, on le trouve dans le commerce en feuilles de faibles épaisseurs désignées par des numéros. Elles peuvent s'employer de diverses manières, tantôt avec les dimensions sous lesquelles les livre le commerce, tantôt divisées en petits panneaux ou cannelées. Mais de ces dispositions, la première est à peu près la seule qu'on adopte aujourd'hui. On étend ces feuilles sur un voligeage jointif entre des tasseaux ayant pour section un trapèze isocèle et espacés d'axe en axe d'une quantité égale à la plus petite dimension des feuilles. Colles-ci se relèvent sur leurs bords latéraux pour s'appliquer contre les faces des tasseaux cloués sur le plancher et pourvus d'agrafes recourbées qui les retionnont. Los bords dos doux fouilles adjacentes et le tasseau sont recouverts d'une bande de zinc vissée sur ce der-
DISPOSITION
nier, comme on le voit sur le détail (fig, 313). Chaque feuille est d'ailleurs retenue, à sa partie supérieure, par d'autres agrafes fixées sur le voligeage et représentées sur la même figure. Le toit offre Taspect du fragment reproduit par la figure 314. Les arêtes saillantes sont formées par des nervures analogues à celles dirigées suivant la pente du toit ou plus importantes. Les arêtes rentrantes sont couvertes par des feuilles de zinc s'appliquant sur les deux pentes du toit en contact et formant canal pour l'écoulemenl des eaux.
Fio. 313.
M W ft M M b<L Fia. 314.
Enfin, un dernier système est celui qui utilise, pour les toitures, la tôle de fer, soit en feuilles planes, k la manière du zinc, soit en feuilles courbes ou ondulées. On les protège contre Toxydation, très rapide en nos climats, au moyen d un dépôt galvanique de zinc sur toutes les faces.
§ 2. — Proportions
L'inclinaison pratique des toits dépend du système de couverture adopté. Elle est seulement subordonnée à la condition dVmpécher les filtrations et, dans certains cas, de ne pas provoquer le glissement dos matériaux qui constituent la couverture. Mais même pour un système donné, cotte inclinaison est très variable et peut être augmentée ou diminuée selon qu'on a besoin de plus ou moins d'espace à l'intérieur
du comble ou d'un efTet décoratif particulier. On ne peut donc donner (jue des inclinaisons moyennes ou mt^me des limilf^s entre lesquelles il sera bon de s'enfermer en général.
Pour les tuiles creuses il faut tenir Tangle d'inclinaison sur rborizon au-dessous de '21^, atin d'éviter le glissement, et au-dessus de io*, si l'on ne veut pas avoir de filtrations. Les tuiles plates, étant rattachées au plancher du comble, peuvent avoir une inclinaison de 60°, ou même au-delà ; mais cet angle ne devra pas, en général, être inférieur à iO**, si l'on veut être à Tabri des filtrations.
Les ardoises permettent plus de latitude encore. Avec certains modèles, on peut descendre l'angle d'inclinaison jusqu'à 15°; mais les ardoises ordinaires exigent, au minimum, 20° pour l'élanchéité parfaite de la couverture. Toutefois, sous des angles si faibles elles donnent prise au soulèvement par le vent et ne permettent pas un écoulement assez rapide des eaux pluviales. Aussi on ne les incline pas à moins de 30°. Il n'y a, pour ainsi dire, pas de limite supérieure à assigner à cet angle, puisijue c'est sous de fortes inclinaisons que les ardoises donnent une couverture à la fois plus légère, plus propice à l'écoulement des eaux et moius exposée au soulèvement par le vent.
Avec le zinc on ne descend pas au-dessous de 25° pour les toitures ordinaires. Mais on peut parfaitement réduire cette inclinaison à quelques degrés seulement pour les terrasses recouvertes de cette manière, en ayant soin de souder les feuilles, afin d'éviter les filtrations. On peut d'ailleurs les employer comme revêtement de parois verticales.
Les mêmes observations s'appliciuent aux feuilles et tables des autres métaux utilisés dans la couverture de nos édifices.
5i 3. — Décoration
Considérations générales. — Dans nos climats, le toit est une partie essi^itielle et très importante de l'édifice. Visible sur une grande partie de sa hauteur, il exige, dans toute construction sainement conçue, une décoration qui marque nettement son rôle, qui s'harmonise avec l'architecture des
DÉCORATION 297
façades et qui forme un couronnement agréable à Tédifice tout entier. On conçoit facilement que l'ornementation dont il est susceptible ne comporte ni la finesse dans les délails, ni la perfection du travail que réclament les parties inférieures, et qui, à la hauteur oii ces détails sont placés, ne seraient pas appréciées. En revanche, on y accusera des ensembles et des masses dont la silhouette, plus ou moins découpée, pourra ajouter un charme très caractéristique à Taspect de l'édifice.
Les deux modes de décoration que nous avons déjà distingués dans plusieurs circonstances et à propos des autres parties des édifices, consisteront pour le cas qui nous occupe actuellement: l'un, à mettre en évidence le système de couverture qu'on aura adopté et h tirer un effet des combinaisons diverses des matériaux qui la composent; l'autre, à indiquer les formes générales de la toiture par l'application, sur ses arêtes et ses saillies, d'ornements plus ou moins riches, découjiés ou massifs. Souvent les deux modes seront combinés, et on pourra ainsi introduire une grande variété dans cette étude.
Application aux différents genres de toitures. — Le premier mode conviendra parfaitement aux toitures simples des édifices ordinaires où l'on veut cependant avoir une certaine recherche, et particulièrement aux couvertures en ardoises, où l'on pourra former des dessins analogues à ceux dont nous avons parlé pour le cairelage, au moyen des diflerentes nuances sous les([uelles se présen((Mit ces matériaux. Il s'impose dans les toitures métalliques, où l'on fera bien de chercher une division régulière pour rem[)lacement des tasseaux, côtes ou nervures, plus ou moins saillants (ju'exige la pose des feuilles. On pourra avoir des cotes principahîs accusant l'ensemble d'une rangée de feuilles ou correspondant aux pièces principales de la charpente et de petites côtes intermédiaires, si ces feuilles ont une trop grande largeur ou si ces pièces sont trop espacées. La distribution des côtes et des nervures semble faite expressément pour la couverture des coupoles, qui est toujours exécutée; en feuilles métalliiiues. Celles de la salle et des petits pavillons circulaires de l'Opéra
298 COUVERTIRES
de Paris, couvertes en bronze, en offrent des exemples très riches. Nous reproduisons ici la demi-toiture du dôme de
l'église de Saint-Pierre de Rome {fig. 315), conçue avec plus de simplicité et d'un goût plus pur. Des nervures principales, dont le profil est représenté à droite de la figure, sont recouvertes en bronze, et les fuseaux qui les séparent, en plomb, posé par bandes qu'accusent des nervures plus petites. Ces nervures, diminuées progressivement, viennent s'appuyer à la base de la lanterne, sur une nervure circulaire, qui couronne cette partie de la toiture.
La seconde manière de décorer les toits est la plus usitée et celle dont Tapplication est le plus générale.
S'il s'agit d'une couverture en tuiles, on indiquera le faî- Uxge par une rangée de tuiles spéciales surmontées d'un ornement à jour, et les arêtiers seront couverts par des tuiles creuses à emboîtements moulurés. Une toiture en ardoises sera surmontée d'un corps de moulures plus ou moins développé et orné, exécuté en métal massif ou découpé et auquel, dans ce dernier cas surtout, Ton donne le nom de crête. La figure 123, qui représente un fragment de la façade du Louvre de Pierre Lescot, donne de ce genre d'ornement un exemple d'une composition originale et délicate. Nous reproduisons dans la figure 316 un type plus simple et
DÉCORATION
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Fio. 316.
Fio. 317.
plus léger, qui convient à une toiture de moindre importance. Il est tiré du château de Meillant et est exécuté en plomb.
FiG. 318.
Si le toit présente une brisure, comme cela se voit pour les comblesdils à la MansanU l'arête horizontale ainsi formée
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est accusée par une forte moulure, ou membron^ plus ou
ruoins décorée selon le caractère de l'édifice que couronne ce toit. Le fragment reproduit par la figure 317 est un exemple de ce genre.
Quant aux arêtes saillantes inclinées, elles peuvent rester apparentes ou être recouvertes d'une moulure en métal, en général moins accusée et moins importante que celle du faîtage.
Ainsi, dans la figure 318, où nous n'avons malheureusement pu reproduire qu'un fragment de la toiture qui couvre la chapelle du château de Versailles, on voit le ressaut de la façade latérale formant dans le toit une arête saillante ainsi revêtue d'une simple bande en métal ornée de postes. Cette couverture est on ardoises, et les ornement.<, exécutés en plomb, étaient à l'origine revêtus de dorures qui devaient contribuer grandement a TefTet produit par ce beau couronnement.
Remarque. — Il est naturel de rattacher à la décoration des toits celle des appendices et des accessoires qui se voient si souvent à leur surfac(\ lucarnes, œils-de-bœuf, souches de cheminées. Nous avons déjà eu l'occasion de parler de ces diflërents membres dans les chapitres précédents. 11 nous suflira, pour compléter ce qui a été dit à ce sujet, de donner {fîg. 319) la face d'une souche de cheminée, emprunlée aux palais du Louvre, qui en ofï'rent de très beaux et très nombreux exemples. Celle-ci a été exécutée sous le règne de Louis XIV, et sa décoration est à la fois très riche et d'un beau caractère.
Fio. 319.