‹ Architecture monastique (volume 2)Chapitre 130 sur 193 · DISPENSAIRE · texte numérisé non relu

DISPENSAIRE

La position excentrique de la maison des médecins, construite du même côté que les écoles extérieures et la maison des hôtes, permet de croire qu'ils donnaient aussi des soins aux malades étrangers au monastère. Une grande salle construite isolément à peu de distance, et séparée par un mur ou une haie, semble confirmer dans cette opinion. Cette vaste construction ne forme qu'une seule pièce; des poêles occupent chacun des quatre angles; six tables et autant de bancs sont disposés autour, de manière à recevoir beaucoup de monde ;

on y lit ces mots : Fleotornatis hic gustandum vel potionariis. On venait donc chercher là des soins passagers et sans doute gratuits, comme cela se fait aujourd'hui dans les dispensaires; on y pratiquait la saignée et on y distribuait des potions. Ce qui semble autoriser encore à croire à l'admission des étrangers dans cette salle, c'est l'inscription qu'on lit dans la cuisine particulière de l'infirmerie du monastère : Coquina eorundem (fralrum infirmoram ) et sanguinem minuentium. Si une place était réservée dans la cuisine des frères malades pour y pratiquer la saignée, la grande salle voisine de la maison des médecins ne servait probablement qu'aux malades du dehors.

Un officier monastique avait le titre de saigneur ou tireur de sang, minutor.

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