FAÇADES
Ce qu'on lit à Tégard des façades de nos églises monastiques et de leur décoration n est pas moins conforme aux précieux restes qui se voient encore à Rome, et avec lesquels nous avons pu donner une idée approximative des premières constructions des moines architectes.
Etienne d'Orléans, évêque de Tournay au xii* siècle^ s'exprime ainsi à l'égard de l'église abbatiale de Saint-Pîeire^t- Saint-Paul à Paris, fondée vers 5o8 par Clovis sur la montagne Sainte-Geneviève, édifice qui fut détruit en 867 par les Normands: «Elle était, dit-il, de construction royale, décorée au dedans et au dehors de mosaïques, comme les mines en offrent
la preuve ^ » Ces mosaïques placées au-dehors ne pouvaient
être qu'une imitation de celles de Rome que nous venons de faire connaître.
Le métal fut employé dans le nord, comme en Italie, pour la couverture des basiliques. Clotaire rétablissant l'église de Saint- Martin, à Tours, la fit couvrir en étain^. Celle que Félix, évêque de Nantes, éleva à saint Pierre et saint Paul, était couverte de même métal ^, et, suivant le récit de l'auteur delà vie de saint Doctrovée, premier abbé de Saint- Vincent, depuis Saint-Grermain-des-Prés à Paris , « les toits de cette abbatiale, formés de lames de bronze doré , produisaient des éclats de lumière qui éblouissaient les yeux lorsque les rayons du soleil venaient à les frapper, ce qui avait fait nommer cet édifice le palais doré de Germain. » Enfin, à l'égard des vitraux et des clôtures qui les
' Etienne d'Orléans, évoque de Tournay, Recueil des historiens de France, t. VII, p. 7a. * Grégoire de Tours, liv. IV, p. 69.
^ Foriunat. lib. III, S a.
maintenaient dans les fenêtres, Grégoire de Tours, Fortunat, saint Ouen dans la Vie de saint Eloi , nous font connaître l'analogie que présentaient nos églises avec celles du midi de TEurope.