Architecture Monastique
Au huitième siècle, une transformation se préparait pour l’architecture monastique. Ce ne fut pas par une création immédiate et complète d’aborrl ; suivant la marche ordinaire, elle fut la conséquence d’une suite d’essais, qui constituent la période de transition entre le style latin, auquel se joignirent quelques formes byzantines, et l’architecture nouvelle qui tendait à se formuler dans les régions septentrionales de TEuropc.
On nomme roman, le troisième style de farchitccture des moines; il se développa en Europe vers la période carlovingienne, et s’y maintint jusqu’à la fin du xié siècle. Les provinces méridionales de l’Occident étaient alors , et depuis l’origine de la société monastique, sous l’influence du style adopté par Rome; il s’était répandu dans les régions moyennes,
' Les gravures qui accompagnent ces inslruclioos ont été ciéculécs, comme celles des précédents volâmes, sur les dessins de M. A. Lenoir.
INSTRl’CTIONS. fil.
INSTRUCTIONS, ainsi que nous l'avons démontré en terminant l'examen de cette première phase de l’art religieux. Tout l'Orient avait adopte l'architecture byzantine, et les précédentes études, en la suivant pas à pas dans tous scs développements, ont fait voir quelle resta toujours dans une voie qui lui est propre. Quelle serait alors la partie du monde chrétien qui donna naissance à l'architecture romane? Le Nord seul lui reste, et paraît avoir été son berceau. .Sans doute, ainsi qu’on le verra dans la suite, ou trouve parfois, dans ce style, des dispositions latines et néogrecques; mais ces faits, qu’on voit naître dans les régions en contact avec l’Est ou le Midi, se perdent, en s’éloignant, dans des nuances légères, qui laissent apparaître bientôt la source originelle de cet art. Dans .sa périotle de perfectionnement, il s’aida des progrès de la science, mais il n’en conserva pas moins une physionomie à part qu’on reconnaît au premier aspect. Ce qui le caractérise avant tout, c’est un affranchissement des proportions et des formes adoptées avant lui, liberté qui permit aux religieux artistes de tout créer, depuis l’ensemble jusqu’aux moindres détails, et d’imprimer sur les édifices le sentiment religieux dont ils étaient pénétrés. Cette impulsion créatrice qu’ils donnèrent à l’art catholique , le mettant en parfaite harmonie avec l’état social de la période dans laquelle il se développa, dut être la cause principale de sou succès.
Les édifices de style roman, multipliés à f infini dans les contrées septentrionales et moyennes de l'Europe, deviennent de plus en plus rares quand on s’approche du Midi ; ainsi l’Italie du nord n’en possède que peu d’exemples; les Etats de fEglisc moins encore ; le royaume des Deux-Siciles n’en vit paraître que lors des conquêtes des Normands et de la maison de Souabe. L’Espagne en présente peu. On trouve des
ARCHITECTURE MONASTlfüE.
traces légères de l’architecture romane dans les contrées orientales de l'Europe : nous avons recueilli une porte de ce style à Fatras ; le reste de la Grèce ne nous en a pas fourni d'exemple. Les nombreux pèlerinages et les croisades en Syrie y portèrent quelques éléments de cet art.
. OKATOinES ET CUAPEELES.