OUTILS
On voit, par les anciennes règles monastiques que l’abbe
' Etfai sur Ui ar^ntiert émailUttrt de Limoges, par M. l'abbé Texior. Pmtirrs, i843- ' Bcf^ta S. Pachomii. art. 6G; reg. SS. Pauli cl Stephani, c. 33; reg. S. Isidori, c. 19 ; rcp. S. Fcreoli, c. 7; reg. Mogi»lri, c. 17. Conf. cl S. Baiîlii reg. c.
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nonimait un garrlien d'office des outils, lequel avait sous sa clef, dans une chambre à part, tous les instruments et outils nécessainîs aux religieux. Le matin, lorsqu’on allaitait travail, il les distribuait à chacun selon son be.soin, et tous les soirs on les lui rendait par compte et nettoyés, pour les renfermer dans In lieu qui leur était destiné; c’est ce que saint Benoit ordonne par ces paroles : « Eis singula consignel custodienria atque recolligenda. »
OKI'ICt.SLITÉ, TIUBUNAI., PH.KTORIVM.
Les religieux possédant les droits de haute, moyenne et basse justice, en qualité seigneurs’, ou par des privilèges que leur octroyaient les rois, un tribunal était établi dans les grands monastères, et, lorsqu'ils étaient voisins ou habitants d’une ville justiciable de l’abbé, comme Saint-Denis, par e.xemple, l’administration de la justice se faisait dans un châtelet contenant des salles d’audience, des greffes et prisons appartenant à l’abbaye et situés dans l’enceinte de la cité.
Construit, en général, dans les mona.stères, le tribunal était placé à peu de distance de la porte principale , quelquefois audessus d’elle, ou bien à l’entrée de l’église. Ainsi àCluny, il se trouvait dans la tour méridionale de la façade; à Saint-Benoît sur-Loire, il avait été établi dans les constructions supérieures de la porte fortifiée, placée sur l’enceinte. La vue de ce monas- , tère, publiée dans le Monasticon gallicannm, en donne la preuve’ par ce mol prœlorium , écrit au-dessus de l’entrée.
Enfin, comme nous l’avons dit, il piouvait être dans la pre mière cour, et à peu de distance de la grande porte de l’abbaye; on en voyait un exemple à Saint-Père de Chartres. Cette position des tribunaux auprès de l’entrée des monastères s’explique par la nécessité d’introduire dans l’enceinte des personnes
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étrangères, bailli de justice, a.vocats, procureurs, accusés et témoins.
Le tribunal était entretenu, ainsi que ses dépendances, par l’abbaye, et on lit dans plusieurs historiens, que les salles d’audience étaient décorées d’une manière remarquable; ainsi le P. .Aubert, historien de l’abbaye de Saint-Père de Chartres, cite le trh-bfl amiitoin de ce monastère. Il ajoute que les moines avaient droit de haute justice, non-seulement sur la ville et les faubourgs de Chartres, avec prison dans la ville, mais encore en plusieurs villages et bameau.v du pays charlrain, où ils avaient des maires, sergents, tabellions et lieux patibulaires. ^
PBISON, CARCER, BOdA , DECAXICVM l'F.h DECAS ICA.
Les religieu.\ devant obéissance absolue à l’abbé et aux autres supérieurs, les monastères avaient dans leur enceinte une ou |)lusieurs pri.sons destinées à renfermer les moines qui commettaient quelques délits contre la règle, ou contre l’autorité des chefs.
Ces prisons étaient de deux sortes : les unes, conformes aux anciennes règles et aux instructions données par le concile d .Aix-la-Chapelle ‘, étaient assez éclairées pour que le coupable pût y travailler, et môme être cliauHé pendant l’biver. ,Les autres, véritables cachots humides et obscurs, avaient été 'ordonnés par saint Fructueux et par de sévères réformateurs. Les statuts de l’ordre de Cluny disent que la prison doit être une pièce sans porte ni fenêtre et dans laquelle on ne peut entrer que par une échelle; l’ouverture était située au milieu de la voûte. • Carcer est talis in quem cum scala descenditur, nec ostenditur ostium , ncc fenestram habet. n (Diicange.) Le
‘ Conc. Aqui»gr. can. 4o. De canere monattico.
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coupable était attaché par des fers aux pieds. A Saint-Martin-dos- Cliamps, les prisons étaient souterraines et ténébreu.ses comme des tombeaux. A ilirsebau, la prison ne présentait que la surface nécessaire pour coucher un homme; on couvrait le sol de paille ou de jonc. Dom Mai tenne, dans son Voyage littéraire, dit que les prisons de Saint-Nicolas-aux-Bois, monastère bénédictin, font horreur à voir. (Eqy. Htlèr, t. 11, p. 48.) 11 en dit autant de celle de Sainte-Colombe, abbaye de Vienne en Dauphiné. (Cqy. liltér. t. I, p. 2 58.)
En général, le condamné ne restait qu’un temps limité dans sa prison, et souvent même on l’en faisait sortir le dimanche pour assister à la messe, loin de scs frères; mais on voyait aussi quelquefois des prisons perpétuelles qu’on nommait Vade in pace'.
L’église de Berne fait voir une prison située dans un de ses transsepLs. A Durham elle est placée à côté de la salle capitulaire et communique avec elle*.
Les cisterciens brisaient les vases qui avaient servi au religieux pendant sa pénitence et sou incarcération.
En dehors de l’enceinte des monastères, les religieux avaient aussi des prisons dans lesquelles ils faisaient renfermer leurs serfs et autres habitants des terres dépendantes de leur juridiction. La prison de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, existe encore sur les limites de fancienne abbaye; auprès était l’hôtel du bailli, chargé de connaître de tous les crimes ou délits commis dans l’étendue des propriétés du monastère. A Saint-Denis, à Chartres, à Saint-Omer, et dans toutes les villes sur lesquelles s’étendait la juridiction abbatiale, des prisons étaient établies et entretenues aux dépens des monastères.
' Guili. Bardini. Nùt. mi. parlamani. apud Baluz. p. loâo. ' Plan de Durham , dam !e ^foM^uticon angUcanan.
INSTHUCTIONS.
L'entretien des prisons était confié au vidante.
PII.ORI, écllELLE ET POTE.^0 UE JUSTICE, OIBET.
Des piloris et échelles de justice étaient constriiits^ux frais des maisons religieuses; il y a un pilori sur la vue de l'abbave de Saint-Gennain-des-Prés, dessinée au xvi* siècle et publiée par doin Bouiliart dans l’histoire de ce monastère : des poteaux et échelles de justice sont figurés sur les anciens plans de Sainte-Geneviève et de Saint-Martin-des-Champs, à Paris.
53G. Pilori dt* l abbaNP de Sftint-Gerniain'devPrp^
L'abbé Lebeuf décrit ainsi l'échelle qui existait de sou temps devant l’abbaye de Chelles. • F.lle est détachée de tout édifice, fort élevée et fort grande. Les échelons sont en forme de degré
’ Digitizeo v
d’escalier et ne sont point à jour. Au haut de celte échelle, il y a deux planches qui, au milieu et des deux côtés, sont échancrées. On lève la planche supérieure et on met dans l'échancrure, qui est au milieu de l’inférieure, la tête du criminel et les deu.x mains dans les auti'cs échancrures; on rabaisse ensuite la planche supérieure, en sorte qu’il se trouve la tête et les mains prises *. ■
I,es abhayes exerçant haute justice avaient aussi des lieux patibulaires, nommés martroys, sur lesquels s’élevait un gibet, composé ordinairement de plusieurs colonnes en bols ou en pierre, dont le sommet était réuni par des barres de fer, auxquelles on pendait les condamnés.
On lit ces mots dans les offices claustraux des moines de Saint-Oyan : «Item, les habitans de la paroche de Saint- Sauveur doivent bailler et amener le bois pour faire la haute justice en la ville de Saint-Oyan-de-Joiix, laquelle est à quatre colonnes et affrétée’. » Derrière les restes de l’abbaye de Jouarre est un lieu nommé encore aujourd’hui le Marlroy; le gibet de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés était situé auprès du Ghamp-de-Mars; on y allait par le Chemin de la Ju$tice.