‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 146 sur 290 · B. APPAREILS SPÉCIAUX · texte numérisé non relu

B. APPAREILS SPÉCIAUX

359. Rôle des manches à vent et aspirateurs. — L'arrivée de l'air par les panneaux doit autant que possible être calculée pour suffire à la ventilation naturelle ou artificielle dans toutes les circonstances. Cependant, à bord, on cherche à utiliser le vent et la vitesse du navire pour faciliter l'introduction de l'air dans les fonds, on encore pour extraire l'air vicié.

Les conduits établis dans ce but, manches à vent et aspirateurs, îoueni, dans tous les cas, au moins le rôle d'orifice d'arrivée ou d'évacuation : c'est ainsi qu'on doit les envisager ; les panneaux ou les cheminées d'évacuation peuvent être diminués d'une section égale à celle de ces conduits supplémentaires, il est prudent de ne pas admettre une réduction plus grande. Il est sans doute très naturel et très logique de se servir du vent pour améliorer les conditions de la ventilation quand les circonstances le permettent; mais, tout en cherchant à pouvoir augmenter en cours de navigation le renouvellement de l'air, on ne doit pas perdre de vue que la ventilation doit être assurée dans tous les cas. Autrement l'établissi^ment de manches à veot ou d'aspirateurs serait plus nuisible qu'utile, les moyens dont nous allons parler étant incapables d'assurer par eux-mêmes, en toute circonstance, l'arrivée et l'évacuation d'une quantité d'air plus considérable que celle qui correspond à des orifices ordinaires de même section.

360. Manches à vent* — Les manches à vent [flg, 523) sont des conduits en tôle débouchant plus haut que les pavois sur le pont supérieur ou sur les ronfles et dont le rôle est d'envoyer de l'air frais dans les parties inférieures du bâtiment. Ces conduits sont fixes; ils sont surmontés d'un pavillon mobile P, muni d'une embouchure évasée, que l'on peut orienter à volonté. Cette embouchure se tourne du côté du vent ; le conduit fixe M descend dans les parties inférieures du bâtiment que l'on veut aérer; il est forcément cylindrique à sa partie supérieure qui forme le pivot du pavillon orientable; mais au-dessous il peut affecter toute autre forme si les localités l'exigent.

Les manchesont des dimensions et des proportions très variables. Quand

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ASPIRATEURS

elles deviennent trop lourdes pour être manœuvrées facilement, on est ame né à les munir à leur partie inférieure d'une couronne dentée que l'on actionne par l'intermédiaire d'une roue à manettes et d*un pignon.

On facilite quelquefois l'introduction de Tair dans les panneaux en y

Fig. 523

Fig. 524

Fig. 525

plaçant temporairement des manches à vent mobiles, conduits verticaux en toile qui s'ouvrent en forme d'entonnoir à leur partie supérieure.

361. AsplpateiiPS. — Pour dégager l'air vicié, on se sert quelquefois à* aspirateurs, sortes de giffards à air.

Dans l'aspirateur du type le plus répandu le vent, s'engoufîrant dans des conduits latéraux A distribués autour d*un pavillon fixe, entraîne une colonne ascensionnelle qui monte par la manche M'; cette colonne ascensionnelle débouche dans l'atmosphère par un pavillon mobile P' que Ton dirige sous le vent. L'aspirateur prend l'air dans des conduits où se rassemble l'air vicié et échauffé, sous les barrots des ponts par exemple. La fiff. 524 représente un aspirateur ordinaire ainsi constitué.

La fig. 525 montre un aspirateur du système de Brest. Cet appareil, plus simple que le précédent, se compose d'une série de couronnes en tôle concentriques convenablement inclinées sur la verticale. Les aspirateurs de ce type donnent d'excellents résultats.

Le type d'aspirateur en usage sur les navires de guerre allemands (fig. 52G) se rapproche un peu du précédent comme principe, mais en diffère par sa construction. Le pavillon est percé à sa partie supérieure de deux ouver-

CHAP. XXXII. TFNTILATION

tures 0 et E. L'ouverture 0 est tournée du côté par lequel arri?e le vent ;

celui-ci s'engouffre dans le pavillon et sort par Tentonnoir placé da côté opposé, en déterminant un courant ascendant dans le tuyau T. On peut régler Tintcnsité de Taspirateur non seulement en tournant la manche, mais aussi en sortant plus ou moins Tentonnoir E qui est monté à télescope. On voit sur cette figure les vis de serrage qui permettent de fixer Tentonnoir

dans une position déterminée.

Fig. 526

363. Ventilateurs. — Pour faire arriver ou pour expulser une quantité considérable d'air, on a recours, comme nous le savons, à la ventilation mécanique. On emploie alors des ventilateurs à force centrifuge mus par de petits moteurs à grande vitesse, soit à vapeur, soit électriques.

Les ventilateurs sont de dimensions et de débit très variables, suivant le rôle qu'ils ont à remplir. Leur fonctionnement est en général excellent. On a cependant éprouvé quelquefois des mécomptes quand, un seul ventilateur étant insuffisant pour la ventilation d'un local, on a été amené à en mettre deux comme cela peut être nécessaire pour certaines chambres de chauffe, où il faut fournir 100,000 mètres cubes d'air par heure et même davantage. Dans ce cas, il est difficile de régler exactement au même nombre de tours les ventilateurs lancés à trois ou quatre cents tours, et alors il se produit des appels d*air vicié par un des ventilateurs, ou des remous qui diminuent l'efficacité du courant gazeux. On évite cet inconvénient, en accouplant les deux appareils en question sur l'arbre d'une même machine. Les ventilateurs sont ainsi forcément réglés au même nombre de tours et fonctionnent dans les mêmes conditions sans qu'on ail à craindre l'inconvénient dont nous venons de parler.

G. VENTILATION DLN GKAND NAVIRE DE COMBAT

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