‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 151 sur 290 · VENTILATION DES SOUTES A MUNITIONS · texte numérisé non relu

VENTILATION DES SOUTES A MUNITIONS

BOI* Ventilation des extrémités. — Aux extrémités, on s'est préoccupé d'assurer l'aération de tous les compartiments. Le détail des iustallations n'apprendrait rien de nouveau : la ventilation de ces locaux est élablie d'après le même principe que la ventilation du compartiment central. Les différents étages sont traversés par un courant d'air naturel énergique; l'air frais descend par les panneaux qui donnent accès dans le compartiment ; Tair vicié est appelé au dehors, à chaque étage, par des conduits communiquant à des tambours spéciaux formant cheminée d'appel. La réunion de ces divers conduits dans une même cheminée, où ils sont isolés les uns des autres par des cloisons en tôle mince, est avantageuse. En effet, quand les machines de pompage, les servo-moteurs, les différents appareils à vapeur fonctionnent, le conduit qui évacue l'air des compartiments correspondants est échauffé et cette chaleur améliore le tirage des compartiments voisins.

368« Ventilation des soutes à eliarbon. — Pour prévenir toute chance d'incendie, il est indispensable de donner issue aux gaz qui peuvent se dégager dans les soutes placées au voisinage immédiat des chambres de chauffe.

Sur le cuirassé représenté PI. Vil et VIIF, on a pris cette précaution pour toutes les soutes situées auprès des chaufferies. Un tuyautage spécial sert à évacuer les gaz développés par le combustible, l'échappement se fait par des tuyaux installés dans Tenveloppè de la cheminée.

Sur les avisos-torpilleurs du type Bombe, des soutes à charbon se trouvent placées au-dessus même des chambres de chauffe. On a pourvu ces soutes de petites cheminées de dégagement. Les cheminées débouchent sur mi des gaillards, elles sont recouvertes d'un capot et garnies à Tintétrois écrans en toile métallique, destinés à empêcher Tinflammaii9Wfacci dentelle des gaz qui pourrait être provoquée par une étincelle arrivant de l'extérieur. Ce dernier dispositif a été rendu réglementaire depuis le 1*"' février 1888 pour tous les navires en construction, ayant des soutes à charbon au-dessus des chaudières.

360* Ventilation des soutes à nuinitlons. — Parmi les lo-

|ux dont la ventilation doit être l'objet de soins particuliers, se placent au

|mier rang les soutes à munitions. — Il est arrivé sur certains bâtiments

[des gargousses ont été détériorées par suite de la haute température

Isoutes. A partir de 1888 on a pris, sur les bateaux neufs, des disposi-

Ps spéciales pour empêcher les élévations anormales de température des

lies à munitions. Parmi les mesures à prendre, l'une des premières

^àl d'assurer une ventilation convenable de ces soutes.

On isole d'ailleurs, autant que possible, les soutes à poudres des chaufferies, au moyen de soutes à charbon d'une épaisseur convenable. A défaut de soutes à charbon, on rend doubles les cloisons des soutes à poudres H 19

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con ligues à des chaufferies. On prend la même précauiion pour tous les points du bâtiment où les soutes à munitions sont dans le voisinage de compartiments pouvant contenir de Tair assez échauffé. Puis tout récemment on s'est fait peur du voisinage des soutes à charbon elles-mêmes : quand une soute à munitions sera juxtaposée à des soutes renfermanldu charbon ou des matières inflammables, on établira désormais, à riniérieur de la cloison simple en tôle, un écran en tôle mince, distant de 10 cenlimètres et recouvert d'un revêtement d*amiante de silicate-cotoo, ou de toute autre matière incombustible.

On dispose des conduits spéciaux, indépendants de la conduite générale de ventilation, pour assurer l'arrivée de Tair frais et le dégagement de l'air chaud dans chaque soute à munitions ainsi que dans Tintervalle compris entre les deux cloisons formant parois de la soute. On conçoit, en effet, que si on comptait sur les panneaux pour amener Tair neuf dans les soutes à munitions, la ventilation ne se ferait que par intermittence, à de très loogs intervalles, surtout dans les soutes qui contiennent des projectiles de moyen calibre, 10 et 14 centimètres à tir rapide, car pour prévenir les détériorations on doit éviter de pénétrer inutilement dans ces soutes. D'ailleurs, le plus souvent, les soutes se trouvent dans le voisinage de machines de pompage ou de locaux traversés par de gros tuyaux de vapeur; ce n'est donc l)as de l'air frais, mais de l'air échauffé, qu'on aspirerait dans les soutes si on se servait des panneaux de descente pour établir la ventilation. On doit donc installer des conduits spéciaux aussi bien pour l'arrivée de Tair frais que pour l'évacuation de l'air vicié.

De même que dans le cas des soutes à charbon, on prend les précautions nécessaires pour empêcher l'introduction de corps étrangers dans les conduits servant à l'aération des soutes aux poudres, et pour éviter, en cas d'incendie, la propagation de la flamme dans les mêmes conduits.

11 faut ajouter qu'on a la ressource d'installer des ventilateurs mus à bras, si la ventilation naturelle des soutes à munitions est insuffisante. C*est là un moyen extrême, beaucoup moins efficace que le refroidissement artificiel employé aujourd'hui sur différents navires.

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