ACCESSOIRES DU PETIT DRAIN
ment doit, dans tous les cas, permettre l'installalion la plus simple du tuyau (âge.
Les petits drains du Masséna et du Hoche ont les diamètres que nous avons indiqués plus haut. Sur le croiseur le Cécille le pelit drain a 120 millimètres de diamètre, sur le Coetlogon 100 millimètres.
408. Installation du petit drain. — Le collecteur d'alimentation est établi au-dessus du vaigre [voir C. PI. X). Dans celte position, il est très facilement accessible, ce qui n'aurait pas lieu s'il était placé dans le double fond ; or, il est indispensable de pouvoir contrôler en tout temps tous les tuyaux qui sont en communication direcle et permanente avec la mer et qui peuvent être une cause d'introduction d'eau à Tintérieur du navire. D'ailleurs, au-dessus du vaigre, le petit collecteur se trouve mieux protégé au cas où la coque se trouverait avariée, et comme il est peu encombrant son installation ne présente pas de difQcultés sérieuses.
Dans ces conditions la construction et la tenue de ce tuyau tage n'offrent rien de particulier ; il faut seulement prendre au passage à travers les cloisons étanches les précautions précédemment décrites (p. 251).
400. Accessoires du petit drain. -— On a l'babitude de sectionner le petit collecteur en trois tronçons au moyen de robinets d'arrêt ; mais cette subdivision a beaucoup moins d'importance que celle du collecteur d'épuisement.
Dans le cas où une avarie grave du navire entraînerait la rupture du tuyautage des fonds, il est essentiel de pouvoir fermer le collecteur d'aspiration à la cale. Si le grand drain est rompu dans un compartiment envahi par l'eau ; il se trouve en communication avec la mer, son rôle est interverti ; on doit alors le fermer sous peine de voir ce collecteur d'épuisement se transformer en un énorme collecteur de prise d'eau, ce qui peut avoir do sérieux inconvénients, par exemple au cas où le drain serait avarié par ailleurs dans un compartiment non crevé. En le sectionnant, ce danger n'est pas à craindre et on peut se servir des tronçons intacts pour l'épuisement.
Pour le collecteur de prise d'eau, il en est tout autrement : si le petit drain est rompu dans un compartiment crevé, il y fait prise d'eau sans inconvénient ; si l'avarie se trouve dans un compartiment en bon état, ce n'est qu'une avarie légère qu'on réparera par une simple rousture. Le tronçonnement du petit drain n'est donc nullement indispensable au point de vue de la sécurité, il a surfout l'intérêt de faciliter l'enlèvement d'une portion de ce collecteur pour procéder à une réparation.
Il n'est pas indispensable non plus de disposer des renvois de mouvement pour manœuvrer, d'un entrepont supérieur, les prises d'eau à la mer ; ce sont seulement les prises d'eau pratiquées sur certains branchements du collecteur d'aspiration, telles que celles destinées h noyer les soutes à poudres, qui doivent être munies de transmissions pour la manœuvre à dis-
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tance ; car, si le feu prend h bord, il faut pouvoir noyer les soutes sans venir dans le foyer de l'incendie. Ajoutons cependant qu'on met généralement des renvois de mouvement sur les prises d'eau du petit drain à la mer,
410. \'oinenclature des pompes aspirant au petit drain* — Nous avons dit qu'on greffait sur le petit drain les aspirations des pompes de service et des pompes auxiliaires. Sur le Hockey par exemple, le petit collecteur reçoit les aspirations des appareils suivants :
7 pompes aspirantes et foulantes, système Letestu (pompes de lavage, pompes de corneaux, pompe du lavabo des chauffeurs);
2 pompes à bras à triple efTet, système Thirion ;
2 pompes à vapeur de service, système Thirion ;
Enfin, les pompes à incendie portatives peuvent aspirer dans le collecteur de prise d'eau au moyen de tuyaux aboutissant à diverses bornes placées aux différents étages.
On remarquera que, dans cette nomenclature, on ne trouve pas mentionnés les petits chevaux alimentaires qui servent à envoyer au besoin de Teau de mer dans les chaudières. Il convient de faire aspirer ces pompes directement à la mer et non sur le collecteur. Le service d'alimentation des chaudières est, en effet, de la première importance et ne doit pas étrp à la merci d'une avarie quelconque dans un long tuyautage. C'est dans le même ordre d'idées que la vapeur destinée à ces petits chevaux doit être prise directement sur les chaudières et non sur le tuyautage général de vapeur. Cette disposition présente d'ailleurs un avantage très précieux; elle perft met, comme nous le verrons dans un instant, de faire servir le petit collec-
P teur à répuisement tout aussi bien qu'au remplissage de certains compar-
1^^ timents, sans cependant que le service d'alimentation des chaudières cesse
5 pour cela d'être assuré.
f^ Sur les grands navires, au lieu de donner à chaque petit cheval une prise
d'eau spéciale, on diminue le nombre des ouvertures à percer dans la coque, en établissant un collecteur spécial pour l'ensemble de ces petits chevaux. Quelquefois les petits chevaux, tout en ayant ainsi une ou plusieurs prises d'eau indépendantes, sont installés de manière à pouvoir égalementapirer au petit collecteur; cela nous parât t une complication inutile. Quoi qu'il en soit, tous les tuyaux d'aspiration des pompes diverses établies sur le collecteur d'alimentation doivent être munis de robinets de piedf afin qu'une avarie dans l'un de ces tuyaux n'empêche pas le collecteur de desservir les autres appareils en obligeant à fermer les communications avec la mer. Il est d'ailleurs inutile que ces robinets se manœuvrent du pont blindé.
41 !• Service de noyage. — Nous avons vu qu'en second lieu le petit collecteur permettait de noyer les soutes h poudres et de remplir les compartiments du water-ballast.
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SERVICE D*éPUISEMENT PAR LE PETIT DRAIN 341
Les robinets de prise d'eau des soutes à munitions doivent, pour les raisons que nous avons exposées, se manœuvrer du pont principal ; les tiges de commande de ces robinets sont munies d'indicateurs d'ouverture. Les branchements qui aboutissent à ces soutes sont, en outre, pourvus d'une soupape automotrice ; celte soupape permet de remplir le compartiment en ouvrant la prise d'eau, mais isole la soute dès que la prise d'eau est fermée. 11 convient également de disposer sur le tuyau et contre la soute même, en dehors du robinet de prise d'eau, un robinet d* exercice permettant de s'assurer du fonctionnement du robinet de prise d'eau sans noyer la soute. Ce robinet se manœuvre directement sans aucune transmission. On doit, après chaque exercice, s'assurer soigneusement qu'il a été remis à la position d'ouverture ; car dans le cas où on le laisserait fermé par inadvertance, on ne pourrait plus noyer la soute dans un incendie.
Il est inutile de faire manœuvrer d'un pont supérieur les robinets qui permettent d'envoyer de l'eau dans les water-ballasts ou dans certains corn* parlimenls vides en abord.
Nous avons vu qu'on devait s'arranger pour pouvoir envoyer de l'eau dans quelques-uns des comj)artiments vides en abord des grands cuirassés et des grands croiseurs, afin de redresser le navire au combat. Il suffît de réserver cette faculté pour quelques-uns de ces compartiments, ceux qui avoisinent le maître couple, par exemple ; il ne servirait à rien de prendi*e cette précaution pour toutes ces cellules et cela compliquerait inutilement le tuyautage. Cette installation ne saurait, bien entendu, dispenser de mettre des water-ballasls.
41 2. Service d'épuisement par le petit drain (ivater^ ballasts^ soutes à munitions^ compartiments centraux du double-fond). — En fermant les prises d'eau du petit collecteur à la mer, ce qui n'a pas d'inconvénient si, comme nous l'avons supposé, on fait aspirer les petits chevaux alimentaires directement à la mer, on transforme le petit collecteur en un tuyau qui permet d'épuiser les compartiments communiquant avec lui par des branchements, notamment les water-ballasts et les soutes à munitions. Pour permettre au petit collecteur de remplir convenablement ce dernier ofGce, on a soin de faire déboucher très bas la conduite commune d'arrivée et de sortie d'eau et de disposer des crépines autour de la bouche du tuyau.
L'emploi du petit drain comme moyen d'épuisement du water-ballast est général aujourd'hui ; il n'en est pas de même de la vidange des soutes à munitions au cas où on a été obligé de les noyer par suite d'incendie à bord, quelquefois en effet on les vide dans les compartiments centraux au moyen de vannes ou de robinets.
L'assèchement des compartiments centraux du double fond situés de part et d'autre de la carlingue centrale se fait également en se servant du
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petit drain. On a vu que chacun de ces compartiments était pourvu d'un tuyau plongeur vertical n {fig. 527), prenant Teau au point le plus bas de la cellule et aboutissant à un robinet à raccord R placé sur le vaigre; le petit drain qui passe à côté porte un raccord placé en regard de ce robinet. En temps ordinaire, ces raccords sont bouchés par des tapes à vis. Quand on veut épuiser une cellule donnée, on dévisse les tapes et on^îeat visser une manche en cuir sur le robinet à raccord R et sur le robinet à raccord correspondant du petit drain, et les pompes attelées sur eelui-ci peuvent alors aspirer dans la cellule en question. Cette manche est représentée en traits ponctués sur la f,g, 527.
On a quelquefois mis le collecteur de prise d*eau à la mer en communication permanente avec les cellules du double fond par des branchements pris sur ce tuyau et munis de robinets ou de soupapes. A moins qu'il ne s'agisse d'une cellule appartenant au v^ater-ballast, nous préférons la disposition précédente avec raccords bouchés par des tapes à vis qui suppriment toute chance de remplissage par fausse manœuvre.
On peut, pour le même motif, employer en toute sécurité une disposition du même genre pour le remplissage éventuel de certains compartiments d'en abord au moyen du petit collecteur.
Notons euGn qu'on a préconisé l'emploi d'un collecteur spécial d'assé^ chement de la cale distinct du petit drain ; cela permettrait d'utiliser les pompes de cale d'un compartiment pour en assécher un autre tandis qu'actuellement l'action de ces pompes est isolée, quand il s'agit d'aspirer à la cale; mais cette disposition présenterait quelques difficultés pratiques, car il serait difficile d'empêcher les dangers de mise en communication d'un compartiment étanche avec un autre par fausse manœuvre, danger qui, du moment que les tapes à vis sont en place, ne peut exisler avec la disposition précédemment décrite, disposition qui est relative non à l'assèchement de la cale, mais à l'épuisement de certaines cellules au mo3fen du petit drain.
D, SERVICE D'INCENDIE. COLLECTEUR D'INCENDIiS
413. Rôle du collecteur d^eau sous pression. — En dehors du collecteur de prise d'eau à la mer, il y a toujours à bord un collecteur d'incendie ou conduite d'eau sous pression qui règne sur une très grande partie de la longueur du navire et dans lequel refoulent diverses pompes à bras et à vapeur.
Muni de robinets à raccords pour manches en cuir répartis dans les divers compartiments et dans les différents entrepont^, ce collecteur permet d'utiliser les diverses pompes du bord pour le service d'incendie dans une région
CONSTRUCTION, DIMENSIONS ET INSTALLATIONS DU COLLECTEUR d'iNCENDIE 343
quelconque du navire. Etant maintenu constamment plein d'ean sous pression, il donne la possibilité d'attaquer et même d'éteindre un commencement d'incendie avant qu'on ait pu procéder à Tamorçage et à la mise en acfion des appareils à bras et à vapeur.
414. Construction, dimensions et installation du collecteur d^incendle. — Le collecteur d'incendie (I, PI. X eXfig. 527 et 528) consiste en un tuyau de cuivre dont le diamètre intérieur est généralement de 120 millimètres; sur certains navires il va jusqu'à 140 millimètres et ne descend pas au-dessous de 80.
Il est établi au-dessous du pont protecteur. De cette façon il est placé à l'abri des projectiles et peut ainsi être utilisé en cas d'incendie pendant le combat; il est en même temps suffisamment éloigné des fonds du navire pour qu'on n'ait pas à craindre qu'un incendie dans la cale le rende inaccessible. Sur les transports et les navires non protégés, on le met en général en dessous du pont des gaillards.
Dans tous les cas, des branchements verticaux partant du collecteur vont desservir les différents étages. Ils portent tous des robinets à raccord à chacun des étages qu'ils traversent. A la naissance de chacun des branchements verticaux un robinet placé sous le pont blindé et indépendant de ce pont permet de supprimer le branchement en cas d'avarie. Quand le collecteur ne peut pas être établi dans l'axe, on greffe également sur lui des branchements transversaux permettant de desservir les deux bords. Il y a un raccord pour manche sur le collecteur ou sur ses branchements dans chacun des compartiments. Les régions que le collecteur doit desservir avant tout sont : le magasin général, la cambuse et la cale à vin où se trouvent à la fois du bois de chauffage, dps barriques pleines et d*autres vides plus ou moins imprégnées d'eau-de-vie, les étagères à filin et les coquerons divers.
Toutes les fois que le collecteur règne au-dessous d'un pont blindé, on évite de le suspendre à ce pont ou au pare-éclats. Autant que possible, on le fait filer le long des cloisons longitudinales du faux pont. Le collecteur d'eau sous pression est ainsi beaucoup moins exposé à se trouver rompu par suite des déformations du pont protecteur et en même temps la circulation dans le faux pont se trouve dégagée. Pour les mêmes motifs on place les branchements transversaux contre les cloisons transversales ou à défaut entre barrots. Enfin pour mettre les divers tuyaux à l'abri des déformations éventuelles du pont blinda, on les tient à une distance de 20 centimètres environ soit des barrots, soit du bordé du pont, ou de celui du pare-éclats s* il y en a un, en les supportant simplement par des étriers qui permettent au pont de s'affaisser sans fatiguer les tuyaux ou les rompre.
Au passage du collecteur d'incendie à travers des cloisons étanches, on prend les mêmes précautions qu*au passage du petit drain.