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C. ACTIONS GALVANIQUES

506. Précautions à prendre contre les actions galvaniques. — La carène des navires en acier est, comme on vient de le voir, très exposée à se percer sous l'influence des actions galvaniques. Nous ne reviendrons pas sur les sujets déjà traités, action des écailles de laminage, présence simultanée de fer, d'acier moulé, d'aciers spéciaux en contact avec Teau de mer ; mais il faut noter qu'il y a en outre certaines pièces de bronze qui se trouvent immergées dans l'eau de mer au voisinage de la coque. Par exemple, beaucoup de bâtiments en acier ont leurs hélices en bronze, les coussinets porte-gaïac des tubes desortie d^arbres sont en bronze, un certain nombre de navires ont leur arbre recouvert d'une chemise de cuivre, les robinets de prises d'eau sont en bronze, le presse-étoupes placé au passage de la mèche du gouvernail est également fait en bronze dans certaines Marines. L'action est sans doute bien diminuée quand on peut recouvrir les pièces de bronze de la même peinture que le bordé de carène, mais on l'évite encore mieux en fixant du zinc sur la coque ; le zinc s'use et le bordé moins électro-positif n'a pas à souffrir. On emploie ce préservatif d'une façon courante dans les Marines anglaise et américaine ; nous pourrions citer des bateaux par exemple où, les arbres sortant nus sans autre protection que la peinture, on a interposé un gros anneau de zinc appliqué contre le moyeu pour préserver l'arbre de l'action galvanique : on fait de môme pour la coque partout où il y a des accessoires en bronze.

En France^ on ne prend pas toujours des précautions de ce genre, mais il faut reconnaître que l'emploi des accessoires en bronze a été singulièrement réduit sur les navires récents, et il est à noter que les crépines d e

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prises d'eau sont en tôle d*acier zingué et que, si on ne met pas de zine auprès des manchons d'arbre porte-hélice, on dispose en cet endroit, comme il a été dit plus haut, un alliage à base de zinc qui joue le même rôle.

Cependant il est intéressant de remarquer qu'en France l'emploi du zinc en présence du cuivre et du fer ou de l'acier est l'objet de quelques préventions. Cela tient à ce qu'il y a plus de vingt ans, quand on a voulu prol%er par du zinc la cuirasse de l'ancien Magenta et de la Flandre^ l'action des trois métaux a donné les plus mauvais résultats, le fer du blindage s'est profondément corrodé. Aussi certaines personnes regardent-elles le remède qui consistée mettre du zinc comme extrêmement dangereux. L'expérience des Marines étrangères nous porte à ne pas partager cette manière de voir. Nous inclinons plutôt à penser que les bâtiments en question ont dû avoir leur cuirasse peinte au minium et que c'est là ce qui a entraîné la corrosion rapide qu'on a constatée. Les phénomènes seraient alors les mêmes que ceux relatés sur les torpilleurs de Toulon ; seulement, une fois le zinc rapidement disparu par suite de la formation d'oxychlorure, le fer aura été attaqué violemment, à la fois parce qu'il y avait des particules de plomb déposées sur lui. et parce qu'il se trouvait exposé sans protection à raction d'une énorme masse de cuivre. Il est probable qu'avec d'autres peintures les résultats n'auraient pas été aussi désastreux et cette expérience nous parait insuffisante pour condamner sans appel l'emploi du zinc comme préservatif lorsqu'il y a de l'acier et du cuivre en contact dans l'eau de mer.

Nous avons déjà indiqué qu'un navire en acier pouvait avoir grandement à souffrir du voisinage d'un autre bâtiment doublé en cuivre. Jamais un bâiiment en acier ne doit être amarré au même corps mort qu'un naAnre doublé en cuivre, ni à un corps mort voisin de celui-ci et tenu au fond par les mêmes ancres. Les chaînes établissent, dans ce cas, une communication métallique qui ferme la pile, et les parties de la carène dont la peinture a disparu sont rapidement attaquées,

A l'intérieur du navire, les parties exposées à être baignées par l'eau de la cale, étant tout aussi sujettes à se ronger que les parties de la coque immergées dans la mer, on doit, autant que possible, limiter l'emploi da bronze pour les accessoires et substituer à ce métal de l'acier moulé. Si on se sert de bronze, il faut le peindre et veiller soigneusement à l'entretien de la peinture.

En prenant ces précautions bien simples, on augmente beaucoup la durée des navires en acier, leur oubli entraîne une détérioration rapide.

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