‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 64 sur 290 · VIS DU CREUSOT · texte numérisé non relu

VIS DU CREUSOT

24 1 . Boulons et rivets pour plaques d'éperon. — Les plaques de l'avant qui constituent l'éperon portent Tune contre l'autre par une face plane située dans Taxe du navire. Les plaques des deux bords sont réunies par des boulons à tête noyée, placés perpendiculairement au diamétral. Les tètes et les écrous de ces boulons sont coniques et arasés après mise en place (Jig. 377). Ils traversent quelquefois des dés encastrés par moitié dans les plaques, de manière à empéclier le glissement de celles-ci. Tune par rapport à l'autre, au moment où Ton se servirait de l'éperon. Près du bord extérieur, on ajoute une rangée de rivets pour éviter tout bâillement.

Fig. 377

24». Vis pour la tenue des plaques minées de flânes et des plaques de toiu*elles et d*abrls.

— Pour l'attache des plaques minces des blindages de flancs, de tourelles, de blockhaus, etc., on a employé jusqu'à ces derniers temps des vis du Creusât, La seule différence entre ces vis et les boulons prisonniers consiste dans le remplacement de Técrou par une tète plate faisant corps avec le boulon. Pour les tourelles et les blockhaus, on fait la tête de la vis très plate de manière à réduire autant que possible la saillie à l'intérieur de ces abris où l'encombrement est toujours considérable.

La fifj. 378 représente la disposition employée anciennement pour les vis des tourelles, lorsqu'il y avait encore un matelas interposé entre la plaque

Fig. 378

et le platelage. L'étanche était fait par une garniture de toron en chanvre, enroulé en hélice autour de la partie élégie.

La fig. 379 montre le dispositif actuellement en usage depuis la suppression du matelas. La partie élégie se prolonge jusque sous la tote de la vis

de manière à être aussi longue que possible. Elle est entourée d'un bout de tube en acier, fait en deux morceaux brasés et de diamètre égal à Texlérieur du filet.

Dans le type de vis employé sur le Dupuy-de-Làme {fîg, 379), pour assurer Tétanchéité à Tendroit où le tube sort du plalelage, on a interposé entre le dessous de la coupelle et le double bordé sous cuirasse une cravate en chanvre / enduite de céruse. Sur le Chanztj on a procédé autrement : on a pratiqué deux petites fraisures en sens inverse dans la coupelle et le platelage, et, dans la rainure ainsi obtenue, on a interposé une collerette en gutla-percha qui s'écrase par l'effet du serrage des boulons. Il est toujours nécessaire de prendre des précautions analogues pour obtenir Félan. chéité; le mieux est d'employer le procédé dont on s'est servi pour le Bupuy-de-Lôme, qui est simple et peu coûteux et a donné toute satisfaction.

Fig. 379

4^43. PpisonniePS. — Dans beaucoup d'endroits la présence de tètes en saillie à l'intérieur est une source de dangers, aussi bien pour le fonctionnement des mécanismes que pour le personnel. Le choc d'un projectile contre la plaque peut causer la rupture des têtes ou des écrous qui sont projetés à Tinlérieur avec les coupelles et les rondelles. On prévient les accidents de cette nature en disposant autour de chacune des tètes des calottes en tôle emboutie de 5 à 6 millimètres vissées sur le platelage» mais les têtes n'en donnent pas moins lieu à un certain surcroît de poids et d'encombrement.

Pour obvier à ces inconvénients, on a, depuis quelques années, employé* pour la tenue des plaques des tourelles, des abris et des réduits, de simples prisonniers p {fig, 380), tenus par un taraudage dans le double bordé. Des vis de capitonnage c sont disposées dans le platelage autour du logement du prisonnier de manière à obtenir un bon accostage des tôles. Dans ce cas, le capitonnage des tôles de platelage est d'ailleurs fait d'une façon générale en employant des vis au lieu de rivets, de manière à éviler toute chance de projection : on s'oppose au dévissage des prisonniers et des vis en matant leur contour suivant la surface intérieure du platelage.

Si on compare les deux systèmes au point de vue de la tenue, les prisonniers fatiguent certainement beaucoup plus que les vis ou les boulons. La résistance de ceux-ci n'entre réellement en jeu, ainsi qu'on l'a vu plus haut, que pour maintenir le blindage contre le platelage dans le mouvement de rappel de la cuirasse après un choc ; la fatigue se trouve alors atté-

Page 1