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LES HOTELS PRIVÉS

Les hôtels privés sont les plus intéressants monuments de la Renaissance en Italie, ceux qu'elle a traités avec le plus d'originalité. Bien qu'on leur donne couramment le nom de palais^ ils ne dépassent pas en étendue les hôtels urbains des seigneurs du moyen âge. Ils se développent autour d'une cour carrée ou rectangulaire, sur laquelle s'ouvrent leurs fenêtres, au-dessus d'une rangée d'arcades.

La façade extérieure, au début de la Renaissance, est encore peu ouverte et peu ornée. A cette époque, le palais conserve son aspect défensif; ses fenêtres inférieures sont étroites, haut placées et peu nombreuses; ses murs sont souvent couronnés de créneaux. A mesure que les guerres civiles s'apaisent, les façades s'égayent. Le rez-de-chaussée demeure sévère, peu percé et simplement orné de bossages (i); mais le

(i) Saillies constituées en laissant brut le parement des pierres dont on taille simplement les arêtes.

LES STYLES

premier étage reçoit un grand luxe d'ornements, que les étages supérieurs répe-

Flofence.— Le Palais Pitti.

Œuvre de Brunelleschi (1440). Baies étroites, amorties par plein cintre. Décoration de bossages.

tent avec plus de sobriété : les fenêtres, larges et hautes, sont souvent divisées par une colonne et couronnées par deux arcs en plein cintre inscrits sous un plus grand. Entre les fenêtres, des colonnes ou des pilastres engagés relient les longues moulures horizontales qui marquent la division des étages. La corniche surplombe si fort qu'elle masque la vue du toit, très peu élevé d'ailleurs, et donne l'impression que l'édifice est couvert d'une terrasse.

Le nombre des étages est généralement de deux. Sur le rez-de-chaussée est prise la galerie qui entoure la cour intérieure; quelquefois le premier étage offre la même disposition et l'aspect de cette façade intérieure contraste par sa légèreté et sa grâce avec la sévérité de la façade extérieure.

Des appartements, il faut retenir ce caractère, qu'ils sont disposés davantage pour l'apparat des réceptions et des visites que pour la commodité de la vie

courante. Les cuisines, les cabinets sont dissimulés et très à l'étroit; les latrines n'existent pas ; lorsque les constructeurs français prendront exemple sur les italiens pour édifier leurs châteaux au xvii« siècle, ils transporteront chez nous ce non-sens qui ne provient pas, comme on le croit généralement, des traditions gothiques.

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