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ENDUITS

On nomme ainsi les couches de mortier de chaux, de ciment, de plâtre, etc., appliquées sur une surface de maçonnerie pour la lisser, la consolider ou la rendre imperméable. La nature du mortier varie selon le genre et la destination des ouvrages.

Lorsqu’on enduit par exemple des -bassins, citernes, aqueducs, fosses d’aisances, etc., on emploie un mortier différent de celui qu’on applique à l’intérieur des habitations. La manière d’enduire varie aussi selon le genre et la nature de la construction auxquels on a affaire. Quelle que soit la position des surfaces à enduire, la première condition à obtenir estune parfaite adhérence. S’il s’agit d’enduire une maçonnerie neuve hourdée en mortier de chaux, et si les parements sont assez rugueux pour présenter des aspérités suffisantes, l’enduiseur n’a qu’à brosser, asperger la maçonnerie, et appliquer son enduit. Tout au contraire, si on a une vieille construction, il faut la dégrader assez profondément, puis piquer à la pioche les matériaux, afin d’obtenir le plus d’aspérités possible. Ceci fait, on nettoie parfaitement les parements, en les frottant d’abord à sec, avec des balais très-durs, les lavant ensuite, avec beaucoup d’eau jusqu’à ce qu’ils ne contiennent plus ni terre ni poussière qui pourraient diminuer l’adhérence des mortiers.

La dégradation et le lavage des parements terminés, on pratique un rocaillage, puis on procède à la pose du mortier de la manière suivante : Si le parement est vertical, l’ouvrier jette dessus en la lançant de bas en haut et avec force chaque truellée de mortier qu’il prend dans l’auge. L’ouvrier en appliquant le mortier truellée par truellée, couvre d’une couche grossièrement dressée une partie du mur. Il doit éviter de jeter plusieurs truellces les unes sur les autres, ce qui les ferait détacheret rendrait extrêmement difficile l’adhérence de la nouvelle couche.

Les enduits en mortier de chaux sont surtout difficiles à appliquer sur des plans en dessous ou sur des intrados de voûtes.

Les enduits en plâtre se font en trois couches : le gobetage, le crépi, et l’enduit.

Le gobetage se fait avec un balai que l’on trempe dans du plâtre gâché clair, et que l’on secoue fortement pour en projeter le contenu sur le mur.

Le crépi consiste à faire gâcher serré du plâtre au panier et, lorsque le gobetage a fait corps, le maçon lance son crépi à la main et puis l’étend avec la truelle.

L ’ enduit emploie le plâtre passé au sas ou au tamis de crin ; on l'étend

TRAITE DES CONSTRUCTIONS RURALES

ensuite avec la truelle ; pour enlever les aspérités qui subsistent on se sert de la truelle brettée.

Les enduits sur cloisons, pans de bois, plafonds et lambris, se font de môme sur lattis, qu’ils soient jointifs ou à claire-voie.

Les enduits en mortier de ciment s’exécutent comme ceux en mortier de chaux ; seulement comme la prise du mortier de ciment est très-prompte, l’ouvrier doit opérer plus rapidement. L’enduit se fait d'une seule couche et on le dresse au fur et à mesure de la pose, non en lissant avec le dos de la truelle, mais en enlevant le mortier avec le champ de cet outil, pour régulariser l’épaisseur. Le mortier que ramasse ainsi la truelle se rejette successivement sur les parties molles de l’enduit jusqu’à ce qu’elles soient bien pleines et suffisamment dressées.

Les joints de raccordement et les soudures des parties d’enduit formées par les différentes gâchées doivent être faits avec soin, lors de la pose des mortiers. Ces joints doivent être taillés en biseaux très-allongés et hachés avec le tranchant de la truelle avant la prise du mortier, afin d’augmenter la surface de soudure, et en faciliter l’adhérence. Avant d’appliquer de nouveau du mortier sur ces joints biseautés, on doit les mouiller légèrement et avoir soin de les couvrir avec les premières truellées de la gâchée, afin que le mortier frais pénètre bien dans toutes les petites cavités, adhère fortement et produise une bonne soudure. Il y a deux sortes d’enduits, suivant qu’ils couvrent les matériaux ou qu’ils les laissent apparents.

Les enduits pleins ou à pierres couvertes sont aussi nommés crépis. Ils sont exécutés par couches continues que l’on applique sur les matériaux formant la construction et sur leurs joints. Ces enduits sont lissés ou fouettés.

Les enduits partiels , laissant voir les matériaux, sont nommés jointoiements. Ils s’appliquent dans les joints des pierres, moellons ou briques.

On commence par gratter à vif ces derniers : on les asperge pour humecter les matériaux, et on applique ensuite une couche de mortier plus gras que celui qui a été employé pour la maçonnerie.

Les jointoiements doivent, dans la plupart des cas, être faits en boudin saillant au moyen des tire-joints.

Les enduits doivent être faits en matériaux hydrauliques partout où l’on craint l’humidité. On emploie aujourd’hui beaucoup d’enduits hydrofuges pour la combattre.

Quand un mur est fortement endommagé ou qu’on est obligé de lui donner plus de largeur, on applique des couches très-épaisses d’enduit qu’on nomme renformis; ils servent souvent à cacher des malefaçons, et sont souvent peu solides, aussi doit-on éviter de les employer à l’extérieur.

EMPLOI ET MISE EN OEUVRE DES MATÉRIAUX

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