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PEINTURE

La peinture de bâtiment est destinée à conserver ou décorer certaines parties de la construction, soit des surfaces de maçonnerie, de bois, fer, etc.

On emploie à cet effet des substances mucilagineuses qui en durcissant à l’air préservent des influences atmosphériques les' matériaux sur lesquels, elles sont appliquées.

La peinture est une des dernières opérations pratiquées dans un bâtiment, elle sert à l’achever et à le compléter ; malheureusement dans les constructions rurales, on néglige trop son emploi ; cependant au point de vue de la salubrité, de la propreté et de la conservation, il est indispensable de badigeonner les murs et peindre les menuiseries, tant intérieures qu’extérieures.

Deux raisons sont cause que, dans les campagnes, on ne fait pas de la peinture; la première c’est que son prix de revient est assez élevé et une économie mal entendue fait qu’on s’en prive, la seconde c’est que si l’entrepreneur de peinture n’est pas consciencieux on dépense beaucoup pour obtenir un mince résultat ; nous conseillons donc à ceux qui construisent de faire eux-mêmes leurs préparations afin de ne pas être trompés. Aussi nous ne craindrons pas d’entrer dans d’assez longs détails â ce sujet afin que nos lecteurs puissent eux-mêmes être leur propre peintre s’ils le désirent.

Des substances employées. — Les matières colorantes employées généralement dans la peinture de bâtiments sont des composés métalliques réduits en poudre, puis mis en pâtes par des substances plus ou moins liquides qu les font adhérer aux parois sur lesquelles on les applique. Suivant la composition des mélanges, la peinture prend différents noms ; on la désigne sous le nom de peinture à l’eau, à la colle , à la détrempe, à l'huile, à la cire, au

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vernis, au vinaigre , au lait, au sable, grès, etc. ; mais avant d’appliquer ces modes de peintures il faut préparer les surfaces.

Préparations i>es surfaces. — Pour obtenir de la peinture solide, il faut avant toute application sur les murs faire différentes opérations, qui sont: l'cpoussetage, l’égraina-ge, le grattage, le mastiquage, lerebouchage, l'enduit, cl le ponçage. Il n’est pas nécessaire de pratiquer toutes ces opérations, mais suivant les cas, on fait l’une ou l'autre séparément ou simultanément, et toutes si les travaux sont très-soignés.

Epoussetage. — Après s’ètre assuré que les murs sont bien dressés et bien unis, c’est-à-dire après avoir reconnu qu’ils n’ont pas de trace d’aspérités, on doit les épousseter pour enlever la poussière, les toiles d’araignée, etc. C’est cette opération qu’on nomme époussetage.

On procède ensuite à l'égrainage qui consiste à frotter au papier de verre les enduits en plâtre neufs pour en lisser la surface et la rendre plus propre à recevoir la peinture; on se contente bien souvent avec un instrument appelé grattoir de ràcler les enduits, c’est ce qu’on nomme grattage. Avec le même instrument on détruit les vieilles peintures à la colle ou à l’huile après avoir brûlé celles-ci. On pratique cette dernière opération à l'aide d’un réchaud garni de charbon incandescent qui chauffe les peintures jusqu’au moment où elles se boursouflent. On a remplacé aujourd’hui le réchaud par des lampes à l’esprit de vin, mais comme le prix de l’alcool tend toujours à augmenter il est plus économique d’employer le réchaud à charbon. Les opérations que nous venons d’indiquer étant faites, on donne une couche d’impression, c’est-à-dire qu'on revêt la surface d’une couche très-maigre composée d’essence, d’huile et de céruse, après quoi on procède au mastiquage, c'est-à-dire que souvent on enduit les murs avec une couche de mastic qu’on étale avec un large couteau. Quand le mastic a suffisamment durci, on rebouche les trous ; enfin on procède au ponçage. Cette opération, qui peut se pratiquer à plusieurs reprises, consiste à frotter avec la pierre ponce des blancs d’apprêt ou des fonds d’impression, pour les adoucir et les rendre unis, en faisant disparaître les grains de couleur, les poils et trous laissés ou occasionnés par la brosse. Quelquefois on humecte la pierre ponce avec de l'essence ou de l’esprit de vin pour poncer les fonds à l’huile, les adoucir et les rendre unis; mais on n’exécute guère ce travail que sur les teintes dures que l'on doit couvrir d’or.

De toutes les opérations que nous venons de décrire, on n’utilise dans les constructions rurales que l’époussetage, l’égrainage et quelquefois les enduits ou mastiquages.

Le mastic est fait avec du blanc de Meudon, ou de la craie qu’on triture à la colle ou à l’huile suivant le mode de peinture adopté ; pour la peinture

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à l'huile soignée, le mastic est fait avec de l’huile et du blanc de céruse, qui ne jaunit pas comme le blanc de Meudon.

Quand les menuiseries sont recouvertes de minces couches de peintures, au lieu de les brûler, on se contente de les lessiver, soit à l’eau de potasse (1)' soit avec une forte lessive obtenue en faisant bouillir des cendres avec de l’eau.

Préparation des couleurs. — Toutes les couleurs se trouvent dans le commerce de la droguerie, soit en poudres soit liquides, ou plutôt à l’état de pâte.

Celles qui sont en poudre ont généralement subi une première opération.

Pour s’en servir il faut les réduire à l’état de pâte liquide en les broyant sur le marbre à l’aide d’une molette, et en les arrosant avec de l’eau ou avec de l'huile, suivant que le broyage a été fait avec l’un de ces liquides ou avec l’autre.

Une fois les couleurs broyées, on les met dans un pot de grès vernissé, ou mieux dans un camion (sorte de pot en fer-blanc muni d’une anse) et pour les liquéfier au point de pouvoir les étaler au pinceau, on ajoute de l’huile. Ce mélange s’opère à l’aide d’une brosse que l’on fait tourner rapidement en roulant le manche entre les mains.

Composition des couleurs. — Le mélange des couleurs demande beaucoup de savoir pour obtenir des résultats frais et brillants. L’assemblage bizarre de certaines couleurs que l’on rencontre fréquemment dans les constructions provient de l’absence de goût, de l’ignorance de ceux qui commandent les travaux de peinture.

Nous ne pouvons entrer ici dans trop d’explications, car il faudrait faire un cours d’esthétique et enseigner la théorie de la couleur et de la lumière pour donner à nos lecteurs un aperçu sur la matière ; aussi nous n’essayerons même pas d’effleurer ce grave sujet ; nous nous bornerons à donner quelques règles générales et à indiquer les principaux mélanges, laissant le surplus de la tâche, au goût de chacun.

Parmi les couleurs, on distingue les couleurs simples et les couleurs composées; les premières sont : le blanc, le jaune, le rouge, le bleu, et le noir ; avec celles-ci on compose les nuances les plu-s variées, puisque avec du bleu, du jaune et du blanc, on peut faire dix-huit cents tons différents de vert, dont la gamme non interrompue part du vert le plus tendre pour

(I) L’eau de potasse ou eau seconde s’obtient en faisant dissoudre i kilogrammes de potasse dans 5 litres d’eau chaude, on ajoute au mélange quand il est refroidi environ 12 litres d’eau ; on ne doit employer pour lessiver que des vieilles brosses, car l’eau seconde brûle la soie des pinceaux.

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aboutir successivement et sans différence appréciable au vert le plus intense, à un vert noir, au vert bouteille.

Les couleurs composées résultent du mélange des couleurs simples.

Blanc. — On obtient le blanc avec plusieurs matières, la céruse, le blanc de zinc, de plomb, le blanc d’Espagne, etc.

Jaune. — Les terres d’Italie, les ocres, la gomme-gutte fournissent le jaune.

Rouge. — Les matières qui le fournissent sont fort nombreuses, le sulfure de mercure donne le vermillon, ou le cinabre, le rouge de Mars, de Prusse, etc.

Certaines ocres donnent aussi cette couleur.

Bleu. — Les bleus sont fort nombreux ; ce sont : le bleu de Prusse, d’outre-mer, le bleu minéral, le bleu céleste, le cobalt, etc.

Noir. — On obtient le noir par la carbonisation des os, noir d'os; par le charbon du sarment de la vigne, noir de vigne, etc.

Nous voudrions bien pour les couleurs composées indiquer la proportion des mélanges, mais suivant les tons qu’on veut obtenir, les données sont tellement différentes que crainte d’induire en erreur, nous indiquerons dans bien des cas simplement les mélanges ; mais il est clair que si l’on veut obtenir des tons intenses on devra charger avec la base foncée ou employer au contraire la base claire si le peintre veut obtenir des tons pâles.

Vert. — Les verts, comme nous venons de le dire, sont fort nombreux ; on les obtient par le mélange des bleus et des jaunes, mais il existe dans le commerce des verts tout fabriqués, tels que le vert de Scheele, le vert d'eau, de mer, le vert de pré ( arséniate de cuivre, substance fort dangereuse), etc.

Brun. — La terre de Cassel, de Cologne, le bistre, la terre d'ombre, etc. Suivant les bruns qu’on veut obtenir on ajoute différentes couleurs, et on a de cette façon des bruns rouge, vert, marron, chocolat, etc.

Gris. — Blanc et noir, bleu de Prusse, mélangés dans toutes sortes de proportions.

Jaunes. — Ceux-ci sont fort nombreux, ils s’obtiennent : le jaune d’or avec du blanc et du jaune de chrôme, ou bien, avec du jaune minéral et du vermillon ; 1 q jaune citron, avec très-peu de bleu de Prusse et du jaune de chrôme ; le soufre, avec du bleu de Prusse et du jaune minéral et du blanc; le serin, par du jaune minéral pur ; le jonquille, avec cinq parties de blanc, une partie de jaune de chrôme; le jaune paille, avec quarante parties de blanc et une partie de jaune de chrôme; le chamois, blanc trente parties, jaune de chrôme une partie, vermillon une partie ; le chamois foncé, blanc dix parties, terre de Sienne une partie; le jaune ton de pierre,

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blanc quinze parties, ocre jaune une partie; nankin, blanc quarante parties, rouge de Prusse une partie, ocre jaune une demi-partie.

Cramoisi. — Carmin et vermillon.

Lilas. — Blanc, laque carmin, bleu de Prusse.

* Amaranthe. — Bleu, rouge, laque carmin, blanc.

11 existe encore beaucoup d’autres nuances, mais comme elles sont moins en usage dans les constructions rurales il cause de leur prix élevé nous n’en parlerons pas.

Peintures a l’eau. — Les peintures à l’eau sont : le lait de chaux et le badigeon.

Le lait de chaux s’obtient par l’immersion de chaux grasse dans de l’eau, on délaie ensuite cette chaux éteinte dans une plus grande quantité d’eau, on laisse reposer le mélange quelques heures ; puis avec une brosse emmanchée au bout d’un bâton, on blanchit les murs intérieurs et extérieurs.

Le badigeon est un lait de chaux avec addition de pierre tendre réduite en poudre ; si l’on désire une teinte très-chaude, on ajoute de l’ocre jaune. Le badigeon s’emploie aux mêmes usages que le lait de chaux.

Pour enlever la crudité à ces sortes de peinture, on fait dissoudre du noir de fiimée dans du vinaigre, et, on l’additionne au lait de chaux ou au badigeon. Généralement, on donne plusieurs couches de ces peintures, mais au moins deux ; dans ce cas, la première est passée verticalement et la seconde horizontalement. Pour augmenter l’adhérence du lait de chaux et du badigeon, on fait dissoudre un kilogramme d’alun pour vingt-cinq litres de couleur.

Peinture en détrempe ou a la colle. — La peinture en détrempe, dite aussi à la colle, consiste dans l’emploi de couleurs broyées seulement à l’eau et détrempées dans de la colle de Flandre ou de peau.

La colle de Flandre ou la colle forte, se fabrique au moyen de la gélatine et de l'eau, on fait dissoudre 60 grammes de cette substance par litre d’eau.

On obtient la colle de peau, en faisant bouillir quelques heures dans de l’eau des rognures de peaux d’animaux. Après quatre à cinq heures d’ébullition et le refroidissement du liquide, on obtient une pâte gélatineuse d’une grande consistance. Cette colle, qui est très-économique, peut se conserver plusieurs mois si on la tient renfermée dans une cave ou dans un lieu frais ; la chaleur au contraire au bout de quelques jours la décompose, et, ainsi employée, non-seulement elle ne vaut rien, mais encore elle répand une odeur infecte.

Pour se servir des colles, on les délaie avec de l’eau chaude et on détrempe la couleur, de manière à ce qu’elle fde au pinceau. L’eau collée doit être employée dans une certaine proportion avec la couleur, parce qu’un excès de

colle fonce la couleur et fait écailler la peinture; si au contraire le mélange n’est pas assez chargé en colle, la peinture ne tient pas.

On emploie la peinture à la colle à une chaleur modérée, car trop chaude elle ne couvrirait pas les surfaces et froide elle ne prendrait pas également.

Quand on donne plusieurs couches, la première peut être plus chargée en colle que les autres, mais on doit avoir soin de n’appliquer la deuxième couche, qu’autant que la première est parfaitement sèche.

Le blanc de craie forme la base de la peinture à la colle, on ajoute à celui-ci les matières colorantes pour obtenir les tons qu’on désire.

On n’utilise guère la peinture en détrempe que pour les plafonds, corniches, et les parties de mur situées au-dessus de la portée de l’homme, car les soubassements, stylobates, plinthes, menuiseries, etc., doivent toujours ctre peints à l'huile.

Peinture a l’iiuile. — Dans cette peinture, les couleurs sont broyées à

l’huile ; ce mode de peindre est le plus solide de tous ; on emploie des huiles

végétales telles que l'huile de noix, de lin, d’œillette, qu’on mélange avec de l’essence de térébenthine pour les rendre plus liquides et de l’oxyde de plomb (litharge) pour les rendre plus siccatives; on emploie aussi dans ce but des poudres appelées siccatifs.

La base de la peinture à l’huile est le blanc de céruse et surtout le blanc de zinc.

Malheureusement le blanc de céruse est très-falsifié, il est mélangé le plus souvent avec du blanc d’Espagne ou de Meudon, ce qui en diminue considérablement la valeur. Il est des caractères auxquels on peut reconnaître cette falsification. Après l’analyse chimique qui est le moyen le plus sûr, on reconnaît qu’une céruse a été sophistiquée :

1° Quand mouillée elle ne happe pas l’eau comme le blanc d’Espagne ;

2° Quand humectée d’eau, elle ne change pas de couleur, comme les blancs de craie qui deviennent gris ;

3" A son poids, car elle est plus lourde que la craie.

Enfin quand la peinture n’est pas faite avec de la céruse pure, quelques mois après son application, les tons blancs, gris, ou nuances pâles poussent au noir assez rapidement; mais ce moyen ne permet que de constater tardivement la fraude; il vaut donc mieux avoir recours aux moyens précédents ; du reste avec un peu d’habitude, on peut reconnaître dans les peintures la présence de la craie, car avant leur durcissement complet, si on les frotte avec le doigt, on détache comme un ruban celles qui ne sont pas faites à la céruse pure.

Peinture d’impression. — Avant de coucher les bois, fers, etc., qu’on veut peindre, on leur donne en général ce qu’on nomme une couche d' impression >

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La matière employée pour la peinture d’impression est le brun Van-Dyck, le minium ou oxyde de plomb pour le fer ; pour la menuiserie et les bois, c’est de l’huile dans laquelle on met très-peu de couleur.

On doit donner au bois trois couches, c’est-à-dire, une d 'impression, une couche de couverte et une de lissage.

Pour donner aux peintures à l’huile du glacé, du brillant, on les vernit. Les vernis sont fort nombreux comme qualité ; ils sont blanc, brun pâle ou foncé ; on les trouve tous dans le commerce.

Quand on veut conserver au bois sa couleur naturelle et montrer le dessin de scs libres, quand on veut en un mot laisser le bois apparent, on commence par l’enduire d’une couche d’huile, et lorsque celle-ci est bien sèche, on vernit par-dessus.

Pour lui donner plus de couleur, on mélange quelquefois à l'huile, mais en très-petite quantité des terres colorantes, pour le sapin une pointe de terre de Sienne, pour les bois rouges de l’ocre rouge, pour les bois foncés de la terre de Casscl ou de Cologne. Quelquefois avant de coucher les bois à l’huile on les passe avec les terres que nous venons d’énumérer dissoutes préalablement dans l’essence ; c’est ce qu’on nomme un glacis. Quand celui-ci est sec, on donne la couche à l’huile.

Peinture au goudron. — Dans quelques localités, pour préserver le fer, la maçonnerie et surtout le bois, principalement pour les chalets, on emploie du goudron végétal (voir page 113 la description de cette substance), mais nous devons ajouter qu’on n’utilise guère cette peinture que pour des bâtiments temporaires, pour des appentis et hangars, docks et entrepôts, car la couleur foncée presque noire de cette peinture la fait rejeter pour des bâtiments plus importants.

Peinture mixte. — Sous ce nom, on exécute une peinture économique, qui consiste à donner une couche d’impression à la détrempe, puis une couche ou deux à l’huile. Ce mode de peindre, qui n’est bon que pour l’intérieur, fait de très-beaux plafonds ou revêtements de murs. Il donne une économie sensible sur la peinture faite exclusivement à l’huile.

Peinture en décor ou a la cire. — Cette peinture est employée pour imiter le bois, marbre, etc. ; elle consiste à détremper à chaud les couleurs au moyen d’une dissolution de cire dans de l’essence de térébenthine. Cette peinture sèche très-rapidement puisque par un temps chaud et sec, oit peut la vernir une heure après l'avoir couchée.

Peinture a l’encaustique. — On utilise pour les carreaux et parquets une sorte de peinture à l’encaustique. Voici comment on procède. Après les avoir lavés et nettoyés, on passe les parquets et carreaux avec une dissolution de couleur à l’eau, à l’huile ou à l'essence; quand cette couleur est sèche on

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applique la couche de cire ou encaustique. Pour obtenir celle-ci, on fait fondre à chaud, à un feu doux, dans dix litres d’eau, 1 kilogramme de cire jaune et 125 grammes de savon. Quand la dissolution est faite on agite le mélange en l’additionnant avec 60 grammes de tartre ou de bicarbonate de potasse. Cette mixtion refroidie, on l’étale sur le parquet avec un balai de crin, dès qu’elle est séchée on peut frotter avec une brosse à cirer, et passer le chiffon de drap pour terminer l’opération et donner le dernier poli ou brillant.

Peinture au vernis. — Au lieu de détremper les couleurs à l’eau ou à l’huile, on le fait avec du vernis. Cette peinture est fort peu usitée aujourd’hui; elle ne sert que pour des usages très-limités. On emploie les vernis à l’esprit de vin ou à l’huile,

Peinture au vinaigre. — On n’emploie ce genre de peinture que pour les soubassements de couleur, qu’on fait dans les pièces peintes à la détrempe. On délaye du noir de fumée, de l’ocre ou autres terres colorantes dans du vinaigre, puis on ajoute de l’eau et l’on couche.

Pour les plaques de cheminée, poêles, fourneaux en fonte, on délaye de la plombagine dans du vinaigre, on passe cette mixtion, et, quand elle est sèche, on frotte avec une brosse à soie assez courte pour faire briller.

Peinture au lait. — Cette peinture a été inventée au commencement du siècle par Cadet de Taux. Nous donnons d'après lui son mode de fabrication (t). « Pour la peinture destinée à être employée à l’intérieur, on éteint 200 grammes de chaux en la plongeant dans l’eau et la retirant de suite ; on l’expose à l’air pour qu’elle s’y effleurisse et se réduise en poudre; on la met alors dans un vase dans lequel on verse assez de lait pour faire une bouillie claire; on introduit alors 125 grammes d’huile d'œillette (ou de lin ou de noix), en la versant peu b peu et en remuant avec une spatule en bois ; on ajoute du lait (la quantité totale est de 2 litres) et 2,500 grammes de blanc de craie en poudre. On délaye le tout avec soin. »

On peut aussi employer cette peinture à l’extérieur. Dans ce cas, aux proportions ci-dessus, on ajoute 60 grammes en plus de chaux, 60 grammes de poix de Bourgogne et autant d’huile; on fait fondre la poix dans l'huile à l’aide d’une douce chaleur, après quoi on la mêle avec le lait de chaux.

Cadet de Vaux nous informe en outre que le lait doit être écrémé, qu'il peut être caillé et même tourné, mais non aigri.

Pour colorer cette peinture, on ajoute des ocres, des noirs et autres poudres broyées à l’eau.

(I) Mémoire sur la peinture au lait, par Cadet de Vaux, une broch. in-8° de 8 pages, an IX. Paris.

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Peinture au sable ou au grès. — On applique cette peinture aux charpentes exposées aux intempéries de l'air. Voici son mode d’application. On passe une première couche de peinture à l’huile, qu’on saupoudre avec du sable fin et d’un grain bien égal. La première couche sèche, on couche une deuxième et une troisième fois, suivant l’épaisseur qu’on veut donner cet enduit. Nous devons dire aussi qu’après chaque couche, on doit balayer avec une brosse rude, tout le sable qui n’adhère pas à la peinture.

Au lieu de sable, on peut employer du grès tamisé dans un crible bien 'fin.

Les revêtements de cette peinture sont très-durs, et protègent fort bien les bois contre les fâcheuses influences des variations atmosphériques. Nous recommandons cette peinture, surtout pour les bois blancs.

Peinture au sérum du sang. — Cette peinture s’applique à l’intérieur comme à l’extérieur des constructions; elle donne une belle couleur de pierre et elle résiste assez bien aux influences atmosphériques. Pour fabriquer cette peinture, on délaye de la chaux en poudre dans le sérum du sang, jusqu’à ce que le mélange soit assez consistant pour s’attacher au pinceau. Le sérum se corrompant très-promptement, on ne doit préparer que peu de peinture à la fois et l’employer immédiatement. On obtient le sérum du sang en mettant celui-ci dans un endroit frais, où on le laisse reposer trois ou quatre jours, après lesquels on décante le sérum pour le séparer des caillots de sang, on le filtre ensuite à travers un linge fin. Le sérum pur est presque incolore.

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