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Coordonnées de San-Salvador : 602’ lat. S., 1493’ long. E

4. On en voit encore des ruines à l’heure actuelle. Elles sont photographiées da les ouvrages cités de H. JoHNSTON, George Grenfell and the Congo, et M. BENTL Psonecering om the Conso.

Au surplus, la terre est très fertile et le pays serait riche, si le roi ne tenait ses sujets dans la pauvreté, afin de les dominer plus facilement,

Etat général du Congo. — Le royaume du Congo était autrefois très populeux. Le roi pouvait mettre quatre cent mille hommes sur le pied de guerre. [Ce chiffre est sujet à caution.] Aujourd’hui, le nombre s'est réduit à deux cent mille, par suite d’une peste cruelle qui a sévi, une guerre civile qui a ravagé le pays et surtout la chasse à l’homme, qui a permis aux Portugais d'alimenter d'esclaves les mines du Brésil.

Les Portugais, qui avaient autrefois établi une simple factorerie à Loanda, l'ont transformée peu à peu en fortin, ont étendu leur pouvoir dans le pays et, finalement, se sont emparés de tout l’Angola.

Le roi du Congo est électif, mais omnipotent. Sa volonté fait force de loi. Le dernier souverain s'appelait Don Alvarez !; après sa mort, son fils Don Garzia ? fut élu. Ses efforts ont tendu à rendre le pouvoir héréditaire dans sa famille. Son ambition a déchaîné une guerre civile, dont les Portugais ont profité habilement pour s’immiscer dans les affaires du pays. Ils reprochent, au chef régnant, d’être l’ami des Espagnols et des Hollandais, d’avoir admis chez lui, par haine des Portugais, les missionnaires Capucins qui sont des agents de l'Espagne. Le chef, par crainte des Portugais, manifesta une sourde hostilité contre les missionnaires.

Idolâtrie dans le royaume du Congo. — Elle est fort répandue pour divers motifs :

19 L'influence étonnante des sorciers et féticheurs. La masse place en eux une confiance exagérée et le chef et les notables en ont une peur extraordinaire. Leur action s'exerce dans les danses indécentes (hair dishonesii) auxquelles se livrent les indigènes et dans les épreuves du poison auxquels les sorciers ont recours pour trancher un différend ou découvrir un coupable. Ils s’imaginent que le poison ne produit pas son effet sur les innocents et n’atteint que les coupables. Ces féticheurs prétendent, en outre, par leurs incantations, « faire la pluie et le beau temps », amener la stérilité ou la fertilité du sol, etc. ;

29 Ils se vantent, enfin, d'opérer des guérisons par toute espèce de superstitions, d'herbes magiques, etc. Les malades, quand ils recouvrent la santé, s'imaginent en être redevables aux idoles et résistent d'autant plus à l'influence des missionnaires;

3° L’avarice, la négligence, l'exemple regrettable des prêtres portugais entravent singulièrement les progrès de la mission.

1, Alvaro VI, duc de Mbamba (} 22 février 1641). 2. Garcia IT o Kimbaku, marquis de Kiwa.

Etat de la religion catholique dans le royaume du Congo. —- La relation commence par un résumé succinct de l’historique de la conversion : introduction de la foi vers 1400, érection de l'évêché de San-Salvador sous Clément VIII, prétentions de la cour de Portugal à la nomination de l’évêque, suppression du titre d’évêque de San-Salvador remplacé par celui d’évêque d’Angola. [Cf. plus haut.]

La mission du Congo fut dévélue, en 1640, aux PP. Capucins sur les instances de Fra Francesco da Pamplona, qui jouissait d’un certain crédit à la cour d'Espagne. Mais les premiers missionnaires ne purent pénétrer dans le pays avant 1645, parce que les Portugais ne voulaient laisser passer que leurs nationaux et que les Hollandais avaient, à cette époque, occupé Saint-Paul de Loanda !.

[Suit alors une sorte de bordereau des principaux actes de la Propagande à lFégard des nouvelles missions.]

1643 : Départ de missionnaires sous la conduite de Fr. Bonaventura d'Alessano.

1644 : Les Capucins de la province de Valence s'offrent à partir pour le Congo. On diffère l'autorisation jusqu’à plus ample information au sujet des premiers missionnaires.

1645 : L'entreprise se présente sous un jour favorable. Autorisation est donnée au nonce d’Espagne de recruter des missionnaires pour le Congo. Des privilèges sont accordés au préfet et aux missionnaires; un bref est envoyé au roi Garzia.

1646 : Première relation faite par le préfet de la mission, Fra Bonaventura d’Alessano ?. Les missionnaires ont pénétré au Congo par l'embouchure du Zaïre; ils ont été bien accueillis par le chef de Pinda; le roi Don Garzia a succédé à son frère Don Alvarez; il y a pénurie de missionnaires. Les abus que rencontrent nos pionniers proviennent surtout de la polygamie et de l'esclavage; cependant, les baptêmes sont extrêmement nombreux.

La Propagande loua le zèle du préfet, accrut le nombre des missionnaïres, envoya des médailles, des chapelets, des reliques, etc., mais différa la nomination de l’évêque, pour ménager la cour de Portugal. Elle fit adresser un bref de remerciements au chef de Pinda, mais ne consentit pas à lui offrir une épée d’honneur, parce qu’il était en rébellion ouverte contre son suzerain.

1647 : Divers privilèges accordés aux missionnaires et au capitaine du vaisseau qui conduit les Capucins au Congo.

1. Saint-Paul tomba au pouvoir des Hollandais en 1641, le 24 août, et y demneura jusqu'au 15 août 1648.

2. Bonaventura d’Alessano partit pour la seconde fois en 1645. Païvo-Manso à publié le bref d’Innocent X le recommandant au roi du Congo, op. cit., pp. 186-87, 10 novembre 1645.

Nouvelle relation sur l’état de la mission. Le nombre des missionnaires devrait être porté à quarante et il faudrait trois évêques.

La Propagande désigne vingt-six missionnaires et propose Francesco Staibano de Naples comme évêque. Dans une autre séance, il est créé, in partibus, évêque de Constantine. Le bref de nomination date du 3 août 1648.

1649 : Insignifiant, sauf quelques négociations avec la cour d'Espagne. [Elles seront analysées dans les Acia.]

1650 : Le roi d’Espagne promet un passeport à Francesco Staibano.

Le 26 septembre, examen de la lettre du roi du Congo par laquelle il se déclarait fils soumis de l'Église et exprimait, au Souverain Pontife, sa reconnaissance pour l'envoi des missionnaires Capucins.

Fra Bonaventura da Sorrento est créé ambassadeur du roi auprès du Saint-Siège et procureur de la mission du Congo auprèsde la Propagandel.

Le P. Giacinto da Vetralla est nommé préfet de la mission. Il fut question de lui conférer des pouvoirs spéciaux en attendant l’arrivée du nouvel évêque, maïs l'affaire n’eut pas de suite.

1653 : La Propagande examine, le 6 mai, une requête de Fra Serañno da Cortona, missionnaire du Congo, sollicitant un décret qui « défendrait aux inquisiteurs, quels qu'ils soient, de molester les missionnaires de ces régions; mais, que si par hasard les membres du tribunal du Saint- Office avaient quelque grief contre eux, ils fussent obligés d’en aviser la Sacrée Congrégation et le Saint-Siège, avant de créer quelque ennui aux dits missionnaires ».

Fra Serafino présente des réclamations contre les faits et gestes du P. Michele da Merice, Jésuite, inquisiteur d’Angola.

La Propagande entre dans les vues de Fra Serafino et est d'avis d'empêcher toute poursuite contre un missionnaire apostolique, de la part du Saint-Office, avant d’en référer au Saint-Siège. Elle fait écrire au général des Jésuites pour aplanir le conflit entre Fra Serafino et le P, Merice.

La Propagande a, en même temps, examiné un autre conflit survenu entre le P. Giacinto da Vetralla, nommé préfet, et les missionnaires du Congo qui voulaient élever à cette dignité Fra Gennaro da Nola, désigné par Fra Bonaventura d’Alessano avant sa mort [1653].

Elle à maintenu Fra Giacinto en qualité de préfet du Congo, mais a nommé Fra Gennaro préfet de la mission de Mococo.

Sur requête de Fra Gennaro da Nola, la Propagande a décidé la création d’une mission dans le pays de la reine Singa, voisin du Congo. Elle désigne, à cet effet, huit missionnaires avec un vice-préfet, à nommer par le P. Giacinto da Vetralla.

1. C£. la lettre de Bonaventura d’Alessano du roi de Portugal, Jean IV, publiée par PAIVA-MANSO, op. cif., PP. 210-I1.

Elle s'efforce, en même temps, d’aplanir les difficultés entre Capucins et Jésuites. Ceux-c1 s'opposent, paraît-il, aux prédications de leurs collègues. |

Des contestations de juridiction se sont également élevées entre les prêtres portugais, titulaires des anciennes paroisses, et les missionnaires. La Propagande décide qu'aucun missionnaire ne pourra exercer aucune fonction ecclésiastique dans un rayon de cinq lieues autour d’une paroisse, sans l’autorisation expresse du titulaire. Au delà de cette limite, les missionnaires ont toute latitude.

Le 13 octobre 1653, elle désigne quatorze nouveaux religieux pour les missions de Mococo et Singa, avec Fra Antonio Romano comme préfet pour la durée du voyage !.

1654 : Le 5 janvier, on a lu, en pleine séance, la lettre du roi du Congo adressée à tous ses chefs subalternes en faveur des Capucins. On lui fait écrire un bref de remerciements. Le 24 octobre, la Propagande, après avoir entendu certaines explications du nonce d’Espagne, décide que les missionnaires du Congo prendront désormais la route du Portugal.

1655 : Le 3 octobre, on a lu la lettre de Fra Crisostomo da Genova annonçant la mort de beaucoup de missionnaires et demandant que les vides soient comblés.

1656 : Rien d’intéressant.

Etat actuel de la religion catholique au Congo. — Le roi est bien disposé envers la religion, le Saint-Siège et les missionnaires.

Les notables assistent volontiers aux réunions des confréries et entrainent, par la contagion de l'exemple, une foule d’indigènes avec eux. La masse se convertirait aisément si elle était instruite et bien endoctrinée,

L’évêque est mort depuis quinze ans et n’a pas été remplacé ?.

Les chanoines sont réduits à cinq : P. Simone del Medeiros, P. Stefano Castagna, P. Michele de Castro, P. Emmanuel Rodriguez et un autre.

Il y a bien cinq chanoines à Loanda et un à Massangano, mais ils ne veulent pas venir à San-Salvador, pour ne pas être soumis à ceux-ci, qui sont de race noire.

Ces chanoines sont fort ignorants et commettent des erreurs variées dans l'administration des sacrements; ils sont avares, exigent la dime et font payer très cher leur ministère; ils ne sont pas irréprochables au point de vue de la moralité; ils donnent de mauvais conseils au roi du Congo, qu’ils excitent contre les missionnaires; ils empêchent les mis-

ï. Bref d’Innocent X recommandant le P. Romano et ses collègues au roi Garcia, publié par P. M., op. cit., pp. 234-35, 22 novembre 1653.

2. L'évêque Simâo Mascaranhas mourut en 1642; Christovâo de Lisboa, désigné en 1651, mourut en 1652 avant son départ; Matheus de San-Francisco, désigné en 1655, ne fut jamais confirmé par le Saint-Siège.

sionnaires d’administrer les sacrements, alors qu'eux-mêmes négligent d’instruire le peuple.

En dehors de ces chanoines, on rencontre dans le royaume du Congo les PP. Jésuites introduits, il y a une trentaine d’années |, par le roi Don Pietro et chargés d’établir un collège à San-Salvador. Ils ont bientôt abandonné leur entreprise et ne sont plus que huit à Loanda, outre le P. Couto.

Ce P. Couto porte le titre de recteur et d’ambassadeur du Portugal. Il renseigne la cour sur tout ce qui se passe en ces parages®. Les Jésuites recevaient, autrefois, deux mille écus du Portugal, pour leurs frais d'existence; mais comme leurs terres et leurs esclaves leur rapportent plus de vingt-cinq mille écus par an, il est question de supprimer cette prébende.

Des Dominicains et des Franciscains avaient tenté de s'établir en ce pays, mais ils se retirèrent bientôt. Il y a également à Loanda cinq tertiaires de Saint-François.

Des soixante Capucins envoyés au Congo à différents moments, 4l n'en reste plus que vingt-six, disséminés en différents postes. Les autres ont été fauchés par le climat, les maladies tropicales, les privations.

Malgré cela, le progrès de la mission a été considérable, en égard aux faibles moyens dont elle disposait : le baptême, la pénitence, l'eucharistie, le mariage et l'extrême-onction sont administrés fréquemment. On célèbre l'office divin le dimanche et aux grandes fêtes; on a formé des congrégations d'hommes et de femmes, etc.

Obstacles que rencontre la for :

1° Ignorance profonde de ce peuple inapte à recevoir l'instruction, et, par conséquent, le recrutement des prêtres indigènes devient fort difficile. C'est cependant une condition primordiale de succès, va limpossibilité d’alimenter, sans cesse, la mission par des missionnaires européens;

2° Danses obscènes dont ce peuple est très friand. Les missionnaires avaient fini par obtenir leur suppression, mais les chanoïnes ont insisté pour qu'elles fussent exécutées en certaines circonstances;

30 L'immoralité fréquente à cause de la multiplicité des esclaves qui sont à la merci de leurs maîtres;

4° La polygamie et toutes les misères qui l'accompagnent;

1. Les Jésuites revinrent à San-Salvador en 1623 sous le roi Don Pedro Alfonso II.

2. Voir notamment une lettre de ce personnage (Antonio do Couto) au roi de Portugal sur les affaires du Congo dans PaAIVA-MANSo, op. cit., pp. 202-05,

juillet 1649.

5° L'influence des féticheurs, combattue vigoureusement par les missionnaires ;

6° Défiance manifestée par quelques chefs indigènes à l’égard de la foi, parce qu'ils craignent que l'introduction de la religion ne serve de prélude à la domination des blancs. Ils appréhendent spécialement les desseins ambitieux des Portugais;

79 Le roi et les chanoines de San-Salvador exigent rigoureusement la dîme, ce qui aliène la masse et l’éloigne de la religion;

89 Le roi interdit l'instruction de ses sujets, pour pouvoir les dominer plus aisément; 1l en résulte qu’il empêche le développement de l’agriculture, du commerce et de la civilisation ;

9° Il ne poursuit pas assez sévèrement les sorciers ou féticheurs;

109 Les notables mettent d’abord obstacle à la foi, en ne se convertissant pas, parce que le peuple suit leur exemple. Quant à ceux qui se convertissent, ils conservent leurs anciennes habitudes et continuent leurs rapines et déprédations;

119 Les chrétiens blancs ne se conduisent pas, loin de là, suivant les règles de la morale chrétienne. L'Europe envoie généralement au Congo les mdividus les plus indisciplinés et les plus déclassés; ils continuent là-bas leur vie débauchée au grand scandale des pauvres nègres convertis;

129 Les Portugais cherchent à pêcher en eau trouble, en maltraitant le roi et en l’accusant de se vendre aux Espagnols, parce qu’il a donné asile aux missionnaires Capucins;

130 Ils s’arrogent le droit de nommer l’évêque et les pasteurs du Congo et entrent ainsi en conflit avec le Saint-Siège, au détriment de la religion;

14° Ils prétendent n'envoyer en ces régions que des sujets portugais ou dévoués au Portugall. Ilen résulte que le roi du Congo considère les Capucins italiens comme dévoués à l'Espagne ou ne les reçoit pas avant qu'ils n’obtiennent l’autorisation nécessaire de la cour de Portugal;

15° L’Inquisition portugaise, en voulant s’immiscer dans les affaires de la mission, crée aussi de multiples embarras aux Capucins;

160 Mais les plus sérieux inconvénients proviennent des prêtres portugais établis dans l’Angola ou le royaume du Congo. D’abord, ils consentent à ce que le roi recoure à des moyens blâmables pour ieur fournir la dîme;

17° Quelques-uns d’entre eux retournent en Europe après s’être enrichis par des moyens douteux, par exemple la vente des esclaves;

180 Ils sont négligents dans l'exercice de leurs fonctions. Ils séjour-

1. Un décret royal du 20 septemkre 1651 accorde aux Capucins, bien qu'étrangers, le droit de résider au Congo, mais sous certaines conditions. ParvA-MANso, op. cit., PP. 231-32. |

nent dans les villes du littoral et ne veulent pas pénétrer dans l’intérieur du pays;

19° On leur reproche leur avarice, leur amour du lucre qu'ils portent jusque dans l'administration des sacrements de l’Église;

209 Ils se jalousent mutuellement, vivent en mésintelligence et suscitent des discordes jusqu’à la cour du roi;

21° Ils ignorent la langue du pays et sont obligés de se servir d’interprètes indigènes, qui sont souvent des menteurs, des perfides ou des traîtres;

22° Ils sont trop peu nombreux. Tout le fruit de leur apostolat peut se résumer en un mot : ils ont baptisé une foule qui demeure idolâtre, sans règle et sans discipline;

23° Les obstacles naturels ne sont pas négligeables : difficulté de voyager, fleuves peu navigables, routes à peine tracées, brousse remplie de bêtes féroces;

242 La mer elle-même fournit un obstacle, en ce que le voyage est extrêmement long. Les flottes qui descendent vers le cap de Bonne- Espérance vont directement de la côte occidentale d'Afrique vers l’extrémité sud, et aucun vaisseau ne se sépare du groupe avant d’atteindre 289 ou 20° de latitude sud. I] faut alors remonter jusqu’à l'embouchure du Zaïre. |

Quant au voyage par terre (par l’Abyssinie), il n’a Jamais été tenté et il paraît impossible. Ajoutez à cela le climat humide, malsain, les fièvres tropicales souvent mortelles et la privation de tout secours médical.

Mesures à prendre pour remédier à ces inconvénients :

19 Répandre l'instruction parmi les indigènes;

29 Leur enseigner la vertu de continence et combattre les abus qui résultent de l’immoralité (danses, concubinage, polygamie, oisiveté);

3° Lutter contre la domination des féticheurs;

4° Donner à ce peuple un LM ais plus doux, plus clément et moins rapace;

5° Lui inculquer le goût des es du commerce honnête, des études;

60 Exhorter le roï et les grands à lui donner le bon exemple;

7° Mettre un terme aux violences des grands, pour que le peuple puisse sans crainte s’adonner à l’agriculture et aux autres arts;

80 Les chrétiens blancs doivent pratiquer, sous ses yeux, la loi évangélique et s'abstenir de pratiquer l'esclavage;

og Les ecclésiastiques et le clergé doivent donner le bon exemple;

10° Ils ne doivent pas retourner en Europe après fortune faite, mais rester à leur poste;

110 [] faut restreindre au strict minimum l’action de l'Inquisition.

En ce qui concerne spécialement le roi, il doit se montrer doux, modéré

et moins avide des biens de ses sujets; s'opposer au crédit des féticheurs ; soutenir les missionnaires; être à l'abri des ambitions des Portugais ou autres Européens et recevoir, directement du Saint-Siège, évêque, missionnaires et clergé séculier. Les notables doivent s’abstenir de tyranniser la masse et de se livrer à tous leurs caprices.

Quant au clergé séculier : |

19 Il doit être réformé de fond en comble (immoralité, avarice, ignorance, négligence ou témérité dans l’administration des sacrements ;

20 I] a besoin d’un chef ferme et décidé à se faire obéir;

3° Les prêtres doivent résister à ceux qui usurpent le droit d'exiger les revenus ecclésiastiques;

4° Ils doivent jouir de revenus fixes, pour ne pas être à charge du peuple ;

5° Ils doivent être unis, s'entendre entre eux et n'avoir en vue que le bien de leurs ouailles;

6° Ils ont besoin de livres liturgiques, d'ornements d'église, d’autels et d'ustensiles pour la messe.

Les nécessités des missionnaires sont les suivantes :

19 Confirmer leur droit à établir la mission au Congo et dans l’Angola :

2° Renforcer leurs troupes, beaucoup d’entre eux étant déjà morts et les autres étant clairsemés, vu la grandeur du pays;

3° Leur donner un supérieur permanent, muni d'instructions précises et capable de les assister, de les réconforter;

4° Leur accorder un droit de passage complet, sans intervention des Portugais ou des Espagnols;

5° Les obliger à connaître la langue du pays, pour qu'ils ne demeurent pas à la merci des interprètes;

69 Leur envoyer des médecins et des produits pharmaceutiques.

Pouvoirs du préfet de la mission :

19 Il n’y aura qu'un seul préfet, sage et avisé; les autres seront des vice-préfets;

29 Préfet et vice-préfets devront délibérer avec leurs subalternes, les plus anciens et les plus sages, sur la méthode à suivre pour assurer le succès de la mission;

3° Le préfet donnera, à la Propagande, tous les renseignements au sujet des missionnaires s’embarquant pour l’Europe ;

69 Il visitera sa province, observera ses nécessités et donnera aux missionnaires des ordres clairs, précis et irrévocables;

7 Il distribuera ses subalternes dans les divers postes suivant les nécessités des lieux, des personnes, etc.;

8° Il obligera un missionnaire à rédiger, chaque année, au moins une relation, qui sera envoyée à Rome en bonne en due forme;

(es)

g° Il aura les pouvoirs les plus larges en matière urgente.

La relation contient encore les instructions à donner au roi du Congo, des recommandations au vicaire apostolique et au clergé séculier de ne pas gêner les missionnaires dans l'exercice de leurs fonctions, l’autorisation éventuelle d'étendre la mission aux royaumes voisins, etc.

{Cette longue notice date, fort probablement, de l’année 1657 !, époque où la Propagande paraît s'être décidée à soutenir l’effort et l'enthousiasme des missionnaires au Congo. C’est la période héroïque de la mission congolaise.

La présente relation a été adressée à la Propagande pour être lue et discutée en assemblée plénière des cardinaux. Elle a résumé et condensé plusieurs relations antérieures, dont quelques-unes ne nous sont point parvenues. Par contre, on retrouve, dans le texte, des passages entiers du rapport analysé plus haut (f® 55 et suiv.) et datant de 1653.

Il y a là tout un programme de mesures à prendre, de réformes à instaurer : on y prévoit l’administration interne de la mission, les relations du préfet avec la Propagande, avec la cour de Portugal, la politique à suivre vis-àvis des indigènes et de leurs chefs. Nul doute que, si ce programme avait été suivi, la mission aurait enregistré des succès durables.

Tous les feuillets du rapport portent des indications marginales, d'une main inconnue. Il y en a 20r en tout.]

Fos 146 et suiv. — Bref résumé de l’histoire des missions du Congo usqu'en 1648.

[Voir la relation précédente.]

Fo 150. — Relation écrite par Fra Serafino da Cortona, prédicateur, préfet de la mission du royaume de Singa ?.

Le royaume d’Angola renferme les postes suivants :

10 Angolla, port de mer *, ville des Portugais. Fra Serafino y a fondé un couvent avec une église, pour recevoir les religieux qui s'embarquent pour l'Europe et administrer les secours de la religion aux indigènes.

Il y a installé une confrérie du Rosaire et une congrégation pour l’éducation des jeunes gens;

20 À douze milles d’Angolla, au fleuve Benpo *, on a construit une église dédiée à saint Michel. Un prêtre devrait y résider pour venir en aide aux multitudes d'esclaves des Portugais;

3° Il faudrait un couvent et trois missionnaires à Massangano 5, à quarante lieues d’Angolla;

1. Postérieure à la fin mai 1657, où Fra Giacinto da Vetrallo partit pour Rome et certainement antérieure à l’année 1660, date de la mort de Fra Serafino da Cortona.

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