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CHAPITRE VII

Sur ces 2,3U emblèmes (dont 80 exécutés pour masquer un ancien tatouage et 5 pour cacher des cicatrices), les uns étaient de date récente (le manque de souplesse de la peau en témoignait) ; les autres n'étaient pas tous d'une grande netteté.

Parmi ces derniers, 99 avaient perdu leur lustre ou avaient pâli, 12 étaient en voie de s'eflfacer et 8 avaient été en partie détruits par suite d'accidents ou par un procédé quelconque de détatouage.

Sur les 99 qui avaient changé de couleur, 40 avaient été exécutés avec de la poudre de charbon, 27 avec du vermillon, 23 avec de Tencre de Chine (mauvaise), 5 avec de l'encre bleue, 2 avec de la suie et 2 avec du noir de fumée.

Sur les 12 qui étaient sur le point de disparaître, 6 avaient été faits au charbon, 5 au charbon et au vermillon et 1 à l'encre bleue.

C'est l'encre de Chine qui dure le plus longtemps ; le vermillon s'eflface vite; le charbon disparaît plus facilement encore.

Sur les 8 en partie détruits, 2 l'avaient été à la suite d'un coup de mine qui entraîna, dans un cas, l'amputation de l'avant-bras.

Quant aux 6 restants, 4 avaient été soumis à l'action d'acides divers (oxalique ou chlorhydrique), et deux avaient été retatoués pour obtenir leur disparition : l'un avec du lait de femme, et l'autre avec une solution de sel marin.

11 ne peut être fourni aucun renseignement sur le nombre d'emblèmes enlevés par un procédé quelconque de détatouage. On distingue cependant, ici ou là, des cicatrices plus ou moins apparentes, consécutives à une opération de ce genre.

Parmi les procédés de détatouage, un des meilleurs et des plus inoiïensifs est certainement celui de M. le D' Variot (1). Il est à recom-

(1) M. Variot verse sur la peau à détatouer une solution concentrée de tannin ; puis, à l'aide d un jeu d'aiguilles, il fait des piqûres serrées sur toute la surface du tatouage. L'opération terminée, les parties piquées sont frottées, doucement, avec un crayon de nitrate d'argent, jusqu'à, ce qu'elles se détachent en noir foncé par la formation d'un tannate. Au bout de quelques jours, une croûte noire est le résultat de la cautérisation. Et, quand l'eschare tombe, emportant

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mander a ceux que les tatouages gênent dans Pexercice de leur métier.

Dans certains cas même, il conviendrait d'imposer Topération de détatouage. La création dans les prisons d'un service spécial pour le détatouage des condamnés (\) serait une excellente mesure.

Le détatouage n'entraverait en rien les recherches de la justice (au point de vue de l'identité des chevaux de retour). On sait en effet que l'opération entraîne toujours la production d'une cicatrice qui est un caractère aussi indéniable que le tatouage lui-même.

Pour que la cicatrice devienne bien apparente, il suffit de fric tionner la région où elle est située.

Si maintenant on se place au point de vue de Tart, on constate que le tatouage amuse plus souvent qu'il ne plaît. La forme manque généralement et la ligne est presque toujours indécise.

Il en est cependant qui ont beaucoup de galbe et de brio. On en jugera du reste en jetant les yeux sur la collection ci-contre.

La plupart des emblèmes marquants (92) ont été relevés.

Les uns sont de grandeur naturelle; les autres ont été réduits d'un cinquième environ.

Le clichage a rapetissé de moitié chacune de nos planches.

A cette collection, huit photographies ont été annexées.

Ce n'est pas sans peine qu'elles ont été obtenues. Le bleu mord difficilement sur les plaques sensibles. Il a fallu toute l'habileté de notre ami A. Robert, pour reproduire aussi nettement l'image des tatouages observés.

aÎDsi le tatouage, se montre une cicatrice superficielle, rougeâtre, qui se décolore lentement et finit par devenir très peu apparente.

Si le tatouage est de grande dimension, on doit procéder par cautérisations successives ne dépassant pas, chacune, la grandeur d'une pièce de cinq francs.

{i) En prison, les meilleurs clients du dessinateur en tatouages sont non seulement les naïfs, faciles à duper, mais aussi les récidivistes, surtout les tatoués.

Sans doute, la plupart de ces derniers n'ignorent pas les avantages que la justice peut retirer de ces révélations involontaires et regrettent le plus souvent d'être tatoués; mais, disent-ils, «un de plus, un de moins, qu'importe! nous sommes marqués » et ils ajoutent en tendant le bras au tatoueur : « tiens, vieux, pique-moi un autre dessin sur la peau, cela ne compromet pas davantage et fait passer le temps. »

Kt voilà comment, sur les 2,314 tatouages observés, plus d'un quart a été exécuté dans diverses prisons.

DU TATOUAGE CHEZ LlLS CRIMINELS

Disons, en terminant, que le directeur de la maison centrale, Texcellent M. Brandi, a facilité tout particulièrement nos recherches

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et que gardions et détenus ont toujours pris plaisir à nous obliger. A chacun en particulier et à tous en général, nos remerciements.

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