‹ Archives d'Anthropologie criminelleChapitre 95 sur 134 · PIEDS · texte numérisé non relu

PIEDS

(Région dorsale)

Emblèmes fantaisistes 6

(buste de femme ; cœur traversé ; 3 serpents ; poisson.)

Emblèmes-inscriptions, initiales, chiffres, etc 8

(3 Marche ou crève ; 3 court fainéant ; En avant ; marche.)

— 11 ressort de cet exposé quejes tatouages situés sur la/àc« sont rares et insignifiants, ils consistent surtout en points (47 sur 23), la plupart exécutés sur les joues. Une seule fois, a été rencontrée sur le front l'inscription « Pas de chance ». Dans un autre cas, les initiales « T. F. » furent observées.

— Tout en étant moins nombreux que ceux de la tête, les emblèmes du cou prennent, par leurs dimensions et par leur variété, une tout autre importance. Les fantaisistes occupent le premier rang (6 sur 40). Tous les tatouages du cou sont situés dans la région thyroïdienne.

— La poitrine est réservée aux grands dessins :

Navires, archange saint Michel, grand Christ^ lions, gorille armé, etc., voilà ce qu'on trouve; à relever aussi des bustes de femmes aimées, des petits noms, des poignards, des décorations, des (leurs, des mains entrelacées, des croix religieuses, etc., enfin le buste du général Boulanger et celui de M. Henri de Rochefort.

Indépendamment de 70 emblèmes classés parmi les fantaissiles, 9 ont été rangés parmi les professionnels, 46 parmi les patriotiques, etc., et 47 parmi les inscriptions. 11 nV a pas d'emblèmes erotiques.

La vanité ou la haine, tels sont les sentiments qui dominent dans les inscriptions.

— Parmi les tatouages exécutés sur le ventre^ ceux qui représentent des femmes arrivent en tète : 6 femmes sont en pied (dont 5 nues, debout ou couchées); 7 sont en buste. On remarque aussi 5 pensées,

3 lions, 2. croix d'honneur, 9 croix religieuses, etc., un lapin avec l'inscription : « Pour les dames ».

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La plupart de ces différents emblèmes siègent au-dessus de Tombilic, et c'est là qu'ont été dessinés les deux seuls sujets lubriques de cette région. Nos observations ne concordent donc pas

S20 CHARLES PERRIBA

avec celles de M. Lacassagne : on sait, en effet, que parmi les 1333 tatouages relevés par le maître sur 378 hommes appartenant, soit au â° bataillon d^\frique, soit à des pénitenciers militaires, les sujets lubriques et les inscriptions pornographiques étaient presque toujours tatoués au-dessous du nombril.

— Les tatouages situés sur la verge sont moins fréquents qu'on ne croit, mais ont bien l'importance qu'on a voulu leur donner.

Quel que soit l'emblème (botte, ancre, croix de cimetière, bague, médaillon ou étoile), un tatouage sur la verge est un signe de pédérastie.

Les cinq individus tatoués sur cette région avaient tous des goûts contre nature ; c'étaient des récidivistes : \ avait été condamné deux fois ; 2, quatre fois ; \ , cinq fois et le 5% sept fois.

— Des trois malandrins tatoués au niveau des épaules, l'un s'était fait dessiner des épaulettes ; l'autre une femme nue, emblème qui prenait, par sa position au-dessus du creux axillaire (en avant^, un caractère véritablement erotique, quand le bras s'écartait ou se rapprochait du corps. Le troisième portait au niveau de l'articulation une libellule.

— Les emblèmes du dos sont généralement fantaisistes (18 sur 31) et de grandes dimensions : navires, armes de Lyon, mosquée avec palmier, diables, âne en redingote, etc.

Il n'a été observé dans cette région qu'un tatouage erotique et qu'une inscription.

L'inscription faisait partie d'un emblème compris parmi les patriotiques.

Ici encore, les femmes occupent le premier rang.

Les tatouages sont à la fois plus originaux et mieux réussis.

La plupart ont été photographiés ou reproduits à l'encre de Chine.

Ils siègent tantôt sur l'omoplate, tantôt sur Tépine dorsale, tantôt sur la région lombaire, tantôt aussi sur toutes ces régions à la fois.

Les individus qui en étaient porteurs étaient tous des piliers de prison.

— On compte 246 emblèmes sur le bras. Plus de la moitié sont fantaisistes. Les emblèmes professionnels sont situés de préférence sur la face antérieure. Le contraire a lieu pour les emblèmes-inscriptions.

Quant aux autres emblèmes, ils sont en nombre à peu près égal, sur Tune ou l'autre face. En somme, les tatouages de la face postérieure remportent sur ceux de la face antérieure (134 pour 112).

Additionnons les chiffres et comparons. En tête, se trouve la femme, toujours la femme. C'est elle qui lient la corde; et parmi les 41 tatouages de femme exécutés ici, 9 représentent des femmes nues, 5 des danseuses, le reste est à Tavenant.

L'homme serre de très près la femme et arrive bon second. Militaires et marins sont les plus nombreux.

Et si on parcourt tous les degrés de l'échelle, on rencontre, en nombre de plus en plus restreint : fleurs et vases de fleurs, cœurs, étoiles, petits noms, initiales, inscriptions, lions, poissons, oiseaux, etc.

Sauf des décorations, il y a un peu de tout : bustes de la République, de Napoléon, de Garibaldi, saint-sacrement, croix religieuses, épées, haltères, tenailles, drapeaux, serpents, abeilles, raisins, etc., et jusqu'à une verge battant pavillon national et munie d'une voite afin de vigoureusement éperonner la vulve qu*elle guette.

— Des cœurs avec ou sans ancre, des fleui's ou vases de fleurs, des écussons avec drapeaux, des bustes, des inscriptions rappelant le passé, sont les emblèmes le plus généralement dessinés sur le coude.

— La région de Yavani-bras réunit à elle seule près de la moitié des tatouages. Les 2/3 sont situés sur la face antérieure.

521 appartiennent à la catégorie des fantaisistes ; 348 peuvent être rangés parmi les emblèmes-inscriptions, etc. ; 171 parmi les professionnels et militaires ; 87 parmi les patriotiques, politiques et religieux et 13 parmi les erotiques.

L'armée de terre, l'armée de mer et les professions les plus diverses y tiennent un rang honorable.

Dame Marianne, les deux Napoléon, le roi de Grèce, Rochefort, Garibaldi, madame Ganzio y ont leur buste.

Drapeaux, tombeaux, croix religieuses, croix d'honneur, les armes de Belfort, le Christ, la statue de la Liberté éclairant le monde, voilà ce qu'on trouve encore dans cette région.

Toutes les prostitutions sont également représentées. Cynisme et bestialité se donnent la main.

Et si on aborde le genre fantaisiste, on voit qu'après les femmes viennent les cœurs traversés ou non, les hommes, les animaux, les poissons, etc.

Ici, se distingue ud soleil; là, un ballon; ailleurs, la tour Eiffel, un homme ailé, une guillotine.

Et parmi les inscriptions, les plus curieuses sont : c Bibi enfant de l'amour ; Vive le pont d'arrêt ; j*ai plus de pitié pour les caves ; je suis mort ; ici gît, repose les danseurs ; Deibler le fou ; Mathilde, idole de mon âme, etc. »

— Bracelets, mains entrelacées, bustes et cœurs, se disputent la préséance sur le poignet (surtout à la partie postérieure). Drapeaux et décorations, ainsi qu'une tète de mort avec deux os en croix et rinscription : « justice unique » y trouvent aussi leur place.

Les initiales ne font pas défaut. Un seul tatouage obscène.

— A la main, ce sont surtout des points, des étoiles, des initiales, des fleurs, des ancres, des cœurs, des décorations, des drapeaux, etc., qu'on rencontre comme tatouages.

Les emblèmes-inscriptions y entrent dans la proportion de 2/3. A noter deux femmes nues en posture lascive. Peu ou pas de tatouages dans la région palmaire ; mais beaucoup entre le pouce et Tindex. Ici, ce sont les points qui dominent.

— Gomme il fallait s'y attendre, sur les doigts sont surtout tatoués des bagues, des initiales, des points.

Le médius est le plus favorisé.

— Sur les fesses, il n'y a que deux points de tatouage (un par individu). C'est une région fort sensible.

— Sur les cuisses, 18 tatouages ; un tiers siège à la partie postérieure. C'est sur la partie postérieure, où M. Lacassagne n'a jamais rencontré d'emblèmes, qu'avait été dessinée une Vénus Callipyge en folie d'amour.

— Rien de bien intéressant à dire sur les tatouages des genoux ; un seul, sur 37, déborde la rotule en haut et en bas, il figure la statue du Commerce.

— Sur \es jambes, les tatouages erotiques sont dans la proportion de \ sur 4 ; 8 fois sur 9, ils sont situés sur le mollet.

C'est sur le mollet et non sur le tibia qu'on compte le plus d'emblèmes (les deux tiers et plus). Entre autres, un « duel d'amour » d'un ensemble très expressif.

Cinq fois sur sept, les inscriptions de cette région sont des cris de colère.

— Les emblèmes du pied consistent surtout en inscriptions.

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Chez trois déienus, on lisait sur le dos de Tun des pieds: « marche ou crève »; et sur le dos de l'autre: « court fainéant ». Dans un cas,

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