JEHAN £T HUSSON TUBAG , BRODEURS ET TAPISSIERS
Le dimanche xxiu* jour de juillet mil y"" xxxi» vénérable et discrète personne maistre Richard de Tournebeuf, chanoine de Chartres et doyen de Miily en Gastinois ( i ) , tant en son nom que coiiime soy faisant fort et portant fort en ceste partie de messieurs les doyen et cbappitre de Chartres» d'une pari, et honneste homme Jehan Tubac et Ilusson Tubac, son fils, marchans, demeurant à la ville de Paris d*autre part, lesquels ont convenu et faict le marché tel qu'il ensuit : C'est assayoir que les dits Jehan Tubae et Hussm, son fils, ont promis et promettent achever, parfaire et amender les ymaiges de Jbesus, saincte Âone» saiucte Ismérie» encommencez et imparfaitz» selon le patron sur se faict, qui luy ont esté monstré, si comme ilz disoient, et qu'ils ont tenus pour veu, et aussi corriger et arnender les ymaigiss de sainct Servais (2) et sainct Jehan rËyangeliste» ainsi qu'il sera requis pour le bien et honnesteté de la besongne, pour le pris vingt-
(1) Département âo. Seine-et-Oîse ; la commime d*Oncy, patrie
du peintre Lantara, dépend de ce canton.
(2) Dans la Marguente des Vertus, histoire en vers de la famille de Christ imprimée au seizième siècle, on trouve çes vers ;
Ismeria porta saint Servais, Coosin en oultre à Jésus-Christ,
huit livres tournois» et avecques ce faire et parfaire les jmaiges de Stolaoïis» père de aainele Anne et sainete Ismérie» qui est coûté pour trois ymaiges, de façon et estoffes d*or de Fleurence (1) et de fine eoye, avecques
ymaiges de saincte Elizabelb, Marie-Cléophe (2) et
(1) L'or de Florence, auirement nommé or de Chypre, comme on le dit quel(|ues lignes plus bas, est uo ûl de soie recouvert de fli d'or. Oa voit par là que noire pièce se rapporte à une tapisserie brodée. Qoelques eiemplet ralllrool à celte preave. — « Deax OOfSèt d*e8CorpioD8 semez, enlevez, bordez d*or de Chipre; » Ducange, t. I, p. 504. — « Pour fil d'or de Chipre, huit livres parisis; » CompUs de l'Argenterie publiés par M. Douëld'Arcq, p. 4.— « Uoe bourse, faite k l'aiguille, d'or de Chipre; » Ibidem^ p. 35; Cf. aussi p. 13S, 133, 140, 146-8, 298, 341, 393-4. — « Quatuor camisas dis eortina eom peeloralibos et gramîdis de opère Cypremi; » Daeange, t. II, p. 7S8. — « Unus diacopatos solus, de satino indo sivc persico, ad grosses flores lilii auri de Chiprâ seminalus et ad parvos aurifragos auri de Chiprâ, dupplicalus veleri taphctazo silvestris coloris;» F. Michel, Recherches sur les éloffadêsoiet l, U, Additions, p. 463.— « Quatre chappes de satin rouge semées do bisches d*or et d*orfroys d*or de Chypre à hystoires; m F. Michel, t* U, p. S81» note 2. — Vor et l argeni de Chypre coûtaient tu quatorzième siècle seize écus la livre; Comptes de CArg., p. 109, 295, 344.— L'mdustrie du til d'or esi originaire de rOrient et passa ensuite en Italie. On trouve aussi du ▼ieii or de Grèce ; Franc. Michel, p. 467^ 471. On en fit à Loe<]ues, mais U était fort inférieur, et générslement remploi en était intei^ dit par les statuts; Cf. le Livre de$ MélUri d*fitienne Boiiean, p. 193 et 385. Au commencement du quinzième siècle on en faisait à Gênes; Comptes de C Argent., préface, p. xxxi. On en fit à Florence au seizième; Cf. Paul Jlove, indiqué par F. Michel, tome II, p. 189, note 2. A la fin du seizième, celui de JMilan était lo plus fameux, et e>st même ià que Honri HT le prit pour Timporter en France, et Tirato. oui sous ses auspices établit à Paris, rue de la Tixeranderie, dans le grand bâtiment appelé la Maque, une fabrique de fil d'or, façon de Milan (Cf. une note de M. Ed. Fournier, Variétés historiques et tilléraireSf t. lU, 1855, p. 112-3), était Milanais. (A. de M.)
(2) Mario-Cleophas, sœur de la Vierge et femme de GléophUt est la mère de saint Jacques le Mineur, de saint Simon, de saint Jude, et d'un Joseph qui doit être le JoMp/i i#/ttf(« do notre pièce, Où Ton voit cités deuJt de ses frères»
Marid-Salomé (1), Evyo, Ëliud (2)» saiact Symon» Joseph le Juste et saioct Jacques le H yneur, selon le dit patron à luy baillé et qu'il a tenu pour leu» comme dît est, tous les dits ymaîges d*or mué tout à trevers (3)
et d'or qui sera de Florence» autrement nommé d'or de Gliippre» et aussi faire et parfaire les ymaiges de sainct Jacques le Grant et Sainct Jude, partie d*or mué et partie de bouture de bonne soye» et rehaussé d*or»avecquesles fleurons et diadesmes qui seront d'or tel que dessus, avec les fleurons et incarnations (4),
(1) Marîe-Salomé, femme de Zébédée, est la mère de saint Jae-
ques le Mineur ol de saint Jean l'Evangélisie.
(i) Eliud est un des ancêtres paternels que l'on donne à Jésus- Christ : u Achim aulem genuit Eliud. Eliud autem genuit Eleazar. Eleazar autem genuit Mathan. Maihan aulem genuit Jacob. Jacob autem ^enuïi Joseph Tîrnm Htriœ. i» Matth. cap. yen. IMS. Le Guide de la peinture, publié par MM. Paul Durand et Didron, dit qu'il doit être représenté comme un vieillard chauve avec une barbe arrondie (p. 129). Nous ne pouvons dire à quel personnage se rapporte le nom d'Evyn.
(3) Mué tcut à travers, de mutatus, ce qui peut équivaloir à de ror changeant. On rend changeantes lea étoffes de soie par rem> ploi sinjultané de fils d*une ou de plusieura couleurs dans la trame et d'une autre couleur dans la chaîne; pour obtenir le môme effet dans un til d'or, au lieu de former la spirale, qui en recouvre l'&me, avec un seul fil d'or, ou peut la former de plusieurs fils d*or tréa-fina et de couleurs différentes, dont la juxtaposition produit des teintes qui varient suivant la position de la personne qui regarde. On a du aussi de l'w nué. On trouve en effet dans les Recherches sur les éloffes de soie de M. Francisque-Michel la mention d'un surcot couvert « d'arbrisseaux brodés à ung pymart de broderie d'or nué sur chaque tige. » Le mot est imprimé nue, mais le aena de nudê ne peut être admia ici ; à quoi bon dire que la bro* derie reatera ce qu'elle est évidemment ; comme il n*y a dintérét à exprimer qu*une modification, il faut naturellement lire nuéj c*e8t-à-dire nuancé, denukifv, qui au figuré signifie être incertain, osciller. (A., de M.)
(4) C'est à dire les chairs représentées au naturel. La langue du blason a conservé dans ce sens le mot carnation.
el les noms des dits ymaîges au dessoulu d'iceulx selon le dil pttnm; de tous les quels ymaiges, en eomp-* tant Stolanus pour trois, ils doivent avoir et auront» de diaenn d'iceulx ymaiges, la somme de quarante
livres tournois, l'un portant Tautre, montant ensemble la somme de cinq eens vingt livres tournois» et aussi seront Farbre et le brancbaige contenu ou dit patron, d'or mué tel que dessus» pour le pris de quatre vingts livres tournois; et, pour tant que les dits Tubac demandèrent la somme de cent livres pour ledit arbre et brancbaige (1 ), cela a esté moienné en telle manière que le dit de Touroebeuf leur a baillé comptant la somme de dix livres» oultre les sommes dessus dites» avec la somme de cent solz tournois pour estre venuz à Chartres» et a promis le dit de Toumebœuf mettre entre les mains de vénérable et discrète personne monsieur maistre Jehan Dudrac^ doyen de Paris et cbanoinq de Paris, dedans le premier jour de septembre prochainement venant» la somme de cent dnq livres tournois d'une part, pour la façon et étophes du dit Stolanus» et vingt buict livres pour la perfection des dits autres ymaiges commencez, et après qu'ilz auront faict le dict Stolanus» et à chacune des dits ymaiges commences» ou durant le temps qu'ils les fe-
(1) FauV-il conclure de ceci que la tapisserie était disposée en fonns d*trbre généalogique, comme Tarbre )de Jessé pour lagé« aéalogie de la Vierge ?
ront» mon dit sieur le doyen de Paris leor délivrera
les deniers d*iceluy de Tournebeuf» et» ce faict» le dit de Tournebeuf envoira audit doyen autres deniers au pris que la besoDgne se ferji, affin qqe les dits Tubac ne tardent d'estre paîez en faisant les dites yroaiges» et ne seront les dits Tubac pressez ne contraîncts de faire et par£ûre les dits yœaiges et brancbaige plus tost que dedans deux ans prochainement venant, les quelz yniaiges et branchaige ils eavoiroat et rendront en la ville de Chartres à leurs propres coqstz et des* pens» au pris qu'iU les feront; toutes lesquelles sommes, pour la façon d'iceulx ymaiges et bran«cbaige et pour la perfection des autres ymaiges non parfaictz, se montent à la somme de vi^ xxvm livres tournois, en ce non comprins la somme de quinze livres tournois ce jourd'huy baillée aus dits de Tubaop comme dict est, dont, etc., quittant, etc., promettant, etc., obligeant, etc. Présens ad ce pour tesmoing vénérable et discrète personne maistre Jehan Favereau, chanoine de Chartres, et W Jehan de Salle, curé de Nogent le Phays (1), depieurant à Chartres. Faict et passé le dimenche xxm^ jour de juillet. Tan mil cinq cens trente etung.
(1) Nogent-Ie-Phaye, à une lieue et demie de Chartres.
dgo
GAIUMM DE SMIIT-REHY, BRODEUR.
Jeudi» VIII* jour de janvier 1533 (1534), Cardin deSaini Remyf brodeur» demourRoi à CbRrtres (1)» r IfRieté, convenu et Rccordé Rvecques TénéTRUes et discrètes personnes» niRistres JebRo Bourguyaesa et Noël Tison 9 cbflnoines de Chertres, roaistres et admi«*. nisUrateurs de 1 œuvre de Téglise de Chartres ad ce présens» et leur r promis fRire sur le veloux Urdc» ordonné pour couvrir la saincte chasse (2), la l)esoDgne de son mestier selon le devis qui ensuit : premièrenientj au devant de la couverture de la dite SRÎDcte chRSse y rutr ung ymRige de Notre DRme te* naat son enfant, et au desoubz de ses piedz sera ung croissant, et tout k Tentour dudit ymsige ung solël k réonSf et au dessus de la Notre Dame y aura une cou-
(1) Le 23 mars 1540, Cardin de Saint-R<^my, brodeur, prend à loyer la maison où pend pour enseigne le Coraetf assise en la rue de la Rôtisserie.
(2) En 1562, le roi ayant ordonné la vente des reliquaires, lei chanoinps, échevins et habitants de la ville firent d'extrêmes instances pour conserver du moins la sainte châsse. Le roi se rendit à leur prière, mais à condition qu'on rembourserait la valeur à laquelle serait estimé ce précieux reliquaire. On le pesa, et on trouva qu'il y avatl dessus environ 60 mares d*or et tO d'argent; moins heureux à la rèvolation de 89, les habitants de la ville de Chartres ne purent sauver celle châsse magnifique, qui fut portée à Paris et convertie en monnaie pour les besoins de i'fitat. (Catal. manusc. des reliques de N.-D. de Chartres.)
ronne de broderie, semée de periee qui luy seront
fournies, et, au dessus de la Notre Dame, y aura deux asges tenans la ehemise Notre Dame, et tout Tentour dudit veloux sera rempliz d'enticque, et, aux deux boutzde la dite chasse, deTenticque, en ensuivant les patrons par ledit Cardin monstrez à Messieurs de cbappitre. Le tout faict de lin or et fine soye, et le tout aussi bien faict comme l'arbre Jessé qui est sur la chappelle de veloux lanc {sk) ou la chapelle des Trespassés. Et aussi faùlt trois boutons de perles au hault de la dite chasse, et au dessoubz chacun bouton y aura une houppe d'or et de soye cramoisie, et Tenticque, qu'il fauldra pourfiUer de soye rouge, sera de soye cramoisie. Et aux coings y aura une frange d*or et de soye cramoisie» et une estouiTeze d'or et de soye, et au darrière, sur le doz d'asne de Testuy de ladite chasse, y aura quelques anticques et rainsseaulx dessous le veloux, de fin or et de fine soye cramoisie, pour le pris et somme de vingt deux escuz soleil^ qui luy seront paiez au fur qu'il besongnera, et la rendre faicte et parfaite dedans le jour de Karesme-prenant prochainement venant. Promettant obligeant.
Présens ad ce pour tesmoings M* Jehan Ponlain.
BSS
FEANÇOIS MAKCHANT, D ORLÉANS, SCULPTEUR, IBIAN BENAIDBAU, D*0RLÉAH8» AlCBTECTl.
Mardi» xii^ septembre V'xlu, vint et fut pré* sent miibtre Françùys Marchant, ymaigier» tailleur en marbre et pierre» demourant à Cbartres, lequel ooDgDut et confessa» etc.» avoir marchandé et prins à
faire, de bonne pierre de Tonnerre, de vénérables maiatres Jehan Naniier et Mathurin Forget» chanoines de Chartres, maistres et administrateurs de Teuvre et fabricque de Téglise de Chartres» ad ce présens, deux
histoires, avec le revestement d'un pîllier, pour mettre
au tour du cueur de Téglise Nostre Dame de Chartres; la première histoire sera de la purification nostre Dame, la seconde des Innocens (1), chacune de deux histoires portant cinq personnages, de la grandeur et haulteur de celles que a faict par cy devant, au dit tour de cueur» deHunct H* Jehan Soulas (2), et aussi bonnes ou meileures que icelles, tant au plain que à la taille » la dite seconde histoire semée de petitz
(1) On voit encore ces poupes autour dn chœur de Téglise N.»D. ; mais, dans celui de la Purification, la statue de la Vierge a été brisée, et on lui a maUdroitementsiibsliiué un personnage à la mine sévère.
(2) Voyez DocutnenU, suprà, i* IV, p. 194.
Innocents entiers et pur menbres» oultre les dits cinq
personnaiges, et au revestement du dit pillier sera l'histoire de la fuytte d'Egypte, qui sera de basse taille et à demye bosse comme celluy de la Nativité nostre Seigneur , suyrant en perfection et bonté de taille les deux histoires dessus ditesi et , pour ce faire , suyvra le calibre et ordonnance qui luy sera baillée par les dits maistres de Teuvre dedans Noël prochainement venant. Lesquelles deux histoires et reveste» ment de pillier le dit Marchant sera tenu rendre et asseoir prestes sur la place et forme des tabernacleSj sans pieres masticquées portans dommaiges aus dites histoires, ains saines et entières, le tout à ses propres coustz et despensy savoir est l'histoire de la Purifica-* tion dedans la my aoustz prochainement venant, et l'histoire de Innocens et revestement de pillier dedans la feste de Penthecoste prochainement après ensuyvaut, moiennant le pris et somme de quatorze vingts livres tournois que les dits maistres et administrateurs susdits ont promis paier au dit Marchantf c'est assa« voir, présentement la somme de un''' liv. tournois pour faire la provision des dites pierres de Tonnerre, im" livres tournois après l'assiette de la Purification, et le reste, qui est six \'mgU hvres tournois, après avoir assis l'histoire des Innocens et revestement de pillier, lequel Marchant a promis et sera tenu fournir de pierre de Tonnerre et du meileur ban de la carrière du dit Tonnerre^ et toutes autres choses requises à
idre, parfaire et isaeoir \m Aies Ualomt et r0f«ttoment de pUlier, promettant» etc.» obligeant» etc.» tous ses biens et spédaHeDient le bien et roestaierie de Bénardiëre» appartenant au dit Marchant, assis en la Parroisse de Guillonyilie près (le mot Neu»y manque dans le mss.) en Beaulse (1), renonçant... Présens id ee poor tesmoings : Nioolas Bemebon» du duehé d^Orléans, et Gilles le Cousturier, clerc» demeurant à Chartres.
SxtnU én firUable In vmiUti f dê ta Jloyoie Abbaye dê Hn
en VaUée de Chartres par Dom Bernard Àutferit 1072, cap, 126.
« En Tan 1543, les figures d^albaslre, qui sonl au grand autel a de Tabbayc de S* Père et celles du jubé qui sonl de pierre a de raiasse, furent achevées avec la maçonnerie. Jehan henar" « ifioii, maistre maçon d^Orléans , pour faire la maçonnerie, co- « lonaet, eoroiches de toat le griod aolel et do jebé qui est au « bas duchoear, ent la somme de cinq eeos livres; et PrmçaU « Ifareftaiid, naisire imaigîer à Orléans» pour faire les trois pièces < de relief, ou batses-taîUes, qui représentent les mistères de la a Passion de Jésus-Clirisi et font la contrelable du grand autel, et « pour les figures dp la vierge Marie qui tient de son bras gauche « son petit filz Jésus, celle de l'aposlre Pierre et celle de S' Paul « aposlre, le tout d'alhastre, et poar faire les tigures de la Vierge, « de S^ Pierre^ de S^ Paal« de S^ Benoitt et de S^ Chriatopble» de « pierre de raiasse, et loattee les l»asses^tailles on rellefo qal sont « an Jnbé» et les antres ornements dn grand antel et Jnbé» reçent
(I) Gaillonville est à égale distanee de Neuvy en Beaoee, qui est
dans rarrondissement de Chartres, et de Ncuvy en Dunois, qui est, comme GuiUonviUey à sept lieues de CbAlêauduo (Eoreet-Loir).
« U somme de doaie eens vingt cinqlifres pour entier payement. « Ces OQTrages sont si memillenz qae» si k présent (1072) ils « estoient à fsire, un ouTrier qni pooroit les bien faire en vondroit « «voir pins de qnatre mHle livres. 11 y a appartnce qne Tabbè « François de Brilhac avoît laissé quelques sommes d'argent pour ft faire ces ouvrages et que frère Christophe de la Chaussée y conte tribua aussy , d'autant que les armes de Tabbè François de Cl Brilhac et celles du frère Christophe de la Chaussée, qui sont « d'azur à trois losanges d'argent, au chef cousu de sable chargé a d'un lion léopardé d*argent, sont au grand antel ; et je crois que « la structure dudict grand autel fut faiete en mesme temps que « le monument de Fabbé François de Brilhac (t). Pour le jubé, il « y a apparanee que Tabbé Pierre de Brisay donna aussi quelque « argent pour achever cet œuvre merveilleux, parce que ses armes « y sont g^ravées en plusieurs endroits de la voûte, comme celles « de l'abbé François de Brilhac et celles de Christophe de la « Chaussée, lequel voulut que le maistre imaigier mist un Chris- « tophe au jubé comme estant son patron.
€ Ce furent les mesmes ouvriers, JeKan Benardeau et François « Marehand^ qui firent la chapelle de la Conception de la trés-pure «Vierge, et ce fat frère Christophe de la Chaussée , religieux, « prieur et sacristain de l'abbaye de Père, qui donna cet ou- « vrage et paya à Jehan Renardeau, pour la maçonnerie, co- « lonnes, corniches, friclie, arquitrave de pierre de Vernon et de « pierre de lyé et autres besoignes, excepté les images^ la somme « de trois cens cinquante livres, qui estoitle prix du marché passé « le 8 novembre 1548, et paya à François Marchand, pour quinze «i images et trois sibilles, touttes de pierre de niasse, et pour les « figures qni sont sur la eontretable de la chapelle, la somme de
(1) a Le 4 avril 1540 après Pasques, décéda à Jusiers p — Jusiéra- la -Rivière ou Juziers^la-vilie, à deuy lieues de Mantes « François de Brilhac, religieux profés et abbé de St Père. Son corps fut apporté en son abbaye et enterré à cosié de l'épistre du grand autel entre les deux pilliers, sans aiifrrs marquis que les armes de sa famille, qui sont d'azur à trois tleurs de lys d'argent. » (Note de D. Auberl.)
t Mt «test d*or aoUil* qui ne ¥1101601 en €• temps là qoe deux € eau râgt einq liYret» «b sorte qvo teut Toiivrago de eetie ebo- « poUe sToe les figures no eoostoU qno ôaq eons soiunte qninse « livres; et msintensat ce seroil on ouvrego de trois mille livres.»
Le registre do tsbellion de rsbbajo de S* Père manque pour rsnoèe 1540, et il est probsble que e est slors aue fat psssé le contrat pour It maçonnerie et la décoration do joDé ; car malgré nos
recherches nous n'avons pu le trouver ni dans les registres antérieurs ni dans ceux postérieurs. Il faut donc nous en tenir au récit de D. Auberl, que vieunenl d'ailleurs contiruier des quiltances de Benardean et Harehand, qui pronyent que pendant les années 1541 et I54t ils étaient encore ocenpés à l*œovre qu'ils avaient entreprise. Les dernières quittances de François Marchand sont du 13 soptouibro i:jt3, et établissent que la somme qui lui fut payée lut livres, dont 500 livres au compte de GhrUlOphede la Chaussée el 1,1^5 à celui de Pierre de Brizay.
Le dimanche, li' jour de novembre 15(2, lionncste personne François Marchand^ maistre ymager, à présent demeurant à Char- Ires, confesse avoir eu et reçeu, dès le 23*» jour de mars 1541, cinqoante livres tournois, le 10* jour de juiog, audict an, cinquante livres teumois, le 5* d*aoust« au dit an, cinquante livres tonmois, de vénérable et religieuse personne, frère Chiisiofle de la Chaussée, presblré et secretain de ladicte abbaye, sur et tent moins de plus grant somme à luy deue, à cause des œuvres d'ymaigorie qu'il a prins cl est tenu à faire en ladicte abbaye. El si a encores ledict Christophe |»rêsenlement baillé et paié auilicl Marchand, la somme de soixante et dix livres tournois, sur el tant moins de Tœuvre de son dict estât de ymager qu'il est tenu faire en ladicte abbaye M' Saint-Père. ^
Le samedi, Ih** jour de novembre 154t, François Marchand^ m^tre ymager, demonrant à Chartres, confesse avoir eu etreçea de Révérend Père en Dieu, M" M* Pierre de Brisay, abbé commandataire de ladicte abbaye, la somme de soixante dix livres tournois^ suret tant moins de plus grant somme, qui peult estre dene
âudîct Marchand à cause des œuvres d'ymagerie qu'il a prios à faire en ladicte abbaye.
Le jendiy 13* jour de septembre 1543, maistre Françaii Mar^ ehandf ymalger, demouniit à Orléans, confesse STOir en et reçan de religieuse personne frère Ghiistofle de la Ghanssée, presbtre, seeretain de ladiete aUmye, la somme de soixante dii livres tournois, fàisant le reste et parpaie de cinq cens livres tournois, |ioor les œuvres d'imas^erie que ledict Marchand avoit enlreprios de faire à ladicte abbaye.
Dudict jour. M*' François Marchand, ymsis^xer, demourant à Orléans, confesse avoir eu et reçeu de Révérend Père eu Dieu , M' M" Pierre de Brisay, abbé commandataire de ladicte abbaye, la somme de treize livres tournois, faisant le reste et parpaie de la somme de onze cens vingt cinq livres tournois, pour tontes et chacunes les œuvres d'ymagerie qu*il estoit tenu faire en ladicte abbaie.
Nous sommes plus heureux pour la chapelle delà Conceplion ; nous avons les deux contrats originaux, passés devant le tabellion Gouppery par Christophe de la Chaussée avec lehan Benardeau et François Marchand. Le premier est bien, ainsi que nous rapprend D. Aubert, du 8 novembre i5i3, et arrête à 350 livres la somme qui doit être payée pour la maçonnerie. Le second de ces mar* cbés est du 36 janvier i543 (1544, n. St.).
Le jeudy^ 8* jour de novembre i54S, Ténérable et discrète personne H* Christofle de la Chaussée, sécfétain conventuel, prieur
de Père eu Vallée de Charires, d'une part, et Jehan Bénardcau, maistre maçon, demourant à Orléans, d'autre part, lesquelles parties ont faict entre eulx les marché et choses cy-aprés décla> rés, c'est assavoir: que ledict delà Chaussée a baillé et baille audict Benardeau^ preneur, à faire et parfaire les œuvres de massonnerye de une chappelle, que ledict de la Chaussée veult faire édiffier de neuf en ladicte église ^du costé do cloistre (1), en la manière qui
(f ) Cette chapelle est connue avjourdliui sous le nom de chi-
ensuit : Et premlèreiiiflBt sm tena lediel Bmmrémi fklie nm chappelle entre les deux groz pilliers de It nef, qui anrt de longueur dix piedz ou environ et de largeur dix aulrcs picdz aussi euviron, qui se pourchassera au dedans de la nef et de Tallée du costé du cloislre. Item faire par le devant de ladicte chappelle deux piUiers aux deux coings, portans colonnes^ piédestal, bases el cappileaoUu lleai plos laire une antre eonlonne an pillier coroier dn eosiè de la tour» gamye comme dessus, dont les eonlonnes, pieddeslail, bases seront faicles de pierre de Teraon. Oultre faire an dessus desdieles eoulonnes, corniche, frise, arqaitrave, f rente»pisse (1). Plus vouUer ladicte chappelle de la longeur et largeur; le tout en eusuivaul le poriraicl, ou mieulx. Plus faire une cloison de pierre de Vernon sur le devant de ladicte chappelle el faire une huisserye, le tout en ensuyvant le portraict. Plus faire une muraille du eosié dndict doistre, dont sera faicis appartemens
polie de la Vierge : comme le chœur de la cathédrale de Chartres, elle a subi de Irislos iransformalions au siècle dernier. Là aussi on a détruit les vitraux pour placer une siaïue de la Vierge par Bridan; puis^ au commencemeni de ce siècle, lorsoue Ton rendit SainirPierre au culte, on déposa dans ce lien les oouze magnifiques émaux provenants du ch^tca i d*Anet et que chacun connaît au moins de répulalion. Il y a trois mois environ, M. le curé de Saint-Pierre a confié à M. Paul Durand la restauralion de cette chapelle. Notre habile archéologue voulut rcconsiituer Tœuvre des siècles passés; il fit creuser le sol pour retrouver l'ancien niveau qui était à plus de deux mètres de profondeur; il fit gratter les murs pour revoir les anciennes peintures; et, grâce à ces travaux savamment dirigés, on peut se faire aujourd'hui une idée non seulçment de la chapelle du seizième siècle, mais aussi de celle du treizième. — Gomme vestiges de la maçonnerie de Jehan Bénardeau , nous avons des restes de colonnes et de corniches, et surtout le.s deux tabernacles det deux bouts mentionnés dans notre marché. Deux peintures murales, situées à l'entrée de la chapelle, el dont l'une représente une Annonciation, sont contemporaines des imageries de Fr. Marchand. — Enfin, comme monuments du treizième siècle, nous citerons des restes de chapiteaux, les traces d*une peinture morale dont le fond est semé de perroquets, et surtout une tombe magnifique de Simon de Berou, bienfaiteur de l'abbaye, mort vers 12i0. (V. VAlhenmum français^ 4856, n* 33,
p. 475.) (ij Sans doute un fronton.
dudii costë, el au dcJans de ladictc chappelle. Et les deux boutz faire des iabernacles d'eaUcqoes 4 mestre ymaiges, garnyea de eonlonnes, corniches, arcquilraves, tant dessoubz que dessus, frontespisse, le tont et en ensnyrant le portraict. Item pins faire nne eontretable, gamye de ung aotel de pierre de Yemon, et deux eoulonnes, eomiches, arequîtrave, le tont ainsi cfne le portraict, ou mieulx. Toutes les œuvres de ladicle chappelle seront faictes de pierre, c'est assavoir tout le devant d'icelle sera faictde pierre de Vernon jusques à la baulleur de la corniche de ladicte cloison, et le reste de pierre de lyé. Et sera tenu ledict Bénardeau le tout faire et parfaire bien et deuement comme dessus, et selon ledict portraict ou mieulx : lequel portraict lesdietes parties ont prè* senlement signé. Ce présent accord et marché foict pour le prix et somme de troys cens cinquante livres tournois.
Forent présens noble et religieuse personne frère Christofle de la Chaussée, presbre religieux, sécretain de Tabbaye Monsieur Sainct Père en Tallée de Chartres d*une part, et François Marehantf maistre ymager, demeurant à Orléans, d'autre part; lesquelles parties congnurent et confessèrent avoir fttict et par ces prèrantes font entre elles les marchés el choses qui ensuyvent : c'est assavoir que ledict de la Chaussée a baillé à faire el parfaire audict Marchant les œuvres d'ymagerye qui -ensuyvent. Premièrement une contretable de cinq pieds de longueur et iroys piedz de haulteur ou environ, laquelle aura une ystoire de Notre-Dame qui est Ma puim^qui sera en fin albastre, savoir la Notre*Dame, le Dieu le Père, les louanges de la Yiei|;e; et aura la Notre-Dame deux pieds de haulteur ou environ, saillant de dedans nne nuée, ung croissant soubz ses piedz, le tout d'une pièce : plus Dieu le Père au dessus, estant à demy saillant d'une nuée, de pareille grandeur; avec ung escripleau où sera gravé : Tota pulcra^ et ladictc lettre remplie d'or, d'une autre pièce. Plus les louenges de la yierge, comme eUcia ut sol, pulcra ut lunOf porta eeU^ exsaUata eedruSf ptantado rose, virga Jesse fiontU, pUeus aquarum vhmitum, ortus conclusus, stetla maris, sicut MiumiiUersirinas^ turris
David cum propunaeuUi, speeuium iUiê tnaeuUi, forts ortorttm, civi-' tas Jki; chacuBe d« gnadeur compéumte, ainsi qae rhistoire le requiert, et chaeoD d*nne autre pièce, aiaot chacun son escripteau oft sera graté chacun son raison, et ladicte lettre remplye d*or, le tout reporté et mastiqué sur une ardoyse tout d*utie piéee de la grandeur susdicle : laquelle ardoyse sera d'cspesseur compeclanle, que portera le fons de ladicte contrelable; lequel fons sera csloffé ei faicl en coullcur d'azur semé de petites esloilles d'or. Le tout d'alcbastre enrichy d'or et d'azur, où le cas le requiert, nus aura en ladicte chappelle quinze tabernacles de troys piedz ou environ, où aura à chacun ymaige commode auxdictz tabernacles, telz qu*il plaira deYi8e[r] audlct de la Chaussée, bailleur, et tous les quinze imaiges de fine pierre de râlasse ; a? ee troys slbilles qui seront posées au dessus du froiicdcspico, qui eslau devant de ladicte chappelle, qui auront cliacune sybille iroys grans piedz de hauUeur, et de pareille pierre. Ce présent marché fait pour la somme de cent escuz d'or soleil, dont iedict de la Chaussée en a présentement baillé vingt cinq escnz d'or soleil andict Marchant^ et le reste de la somme lediet de la Chaussée sera tenu de la paler ittdict Marchant oomme lediet Manhant fera ladiele besoigne : laquelle œuvre dessus dicte lediel Manhant fera et sera tenu faire comme dessous, c'est assavoir la coutretablc dedans la mye aoust prochaiu venant, et le reste de Pasques prochain venant en ung an. Car ainsi etc., promettant etc., obligeant etc., renonçant etc. Prësens religieuses personnes frère Pierre Garson et Georges de Chaateantierry^ presbtres, religieus de ladicte abbaye, demourant tudlet lieu, tesmoinga.
(Registres des tabellions de Saint-Père, cote E, 1362.)
ROTB sua LBS BAS- RELIEFS DE FRANÇOIS MARCHAND, CONSIRViS ▲ SAIMT-DENIS.
Bana ta ^iéme édition du livret du Musée des monumsnts fnmçaïs^ publiée en renX, Ton trouve (p. 164) ce curieux passage retranché des éditions postérieures : « Les oolonnes ornées de chapiteaux et de piédestaux arabesques qui soutiennent les portes
(de la salle du 13« siècle; sont un présent des administrateurs du département d'Eure-et-Loir, qui, sur la demande que je leur en ai faite pour mon établissement, ont ordonné la démolition d'un portique de règlise Sainl»Përe à Chartres pour en mettre les dè-> tails à ma disposition. Ce portique avait été ajouttj on lttOO(l)à la conslruclion do cet édifice, bàli en tl70, par Ilikiuani, religieux bénédictin; il fui sculiUé, ainsi qu'il esl conslalè dans les archives de la bibliothèque de celle ville, par François Marchand, sculpteur, né à Orléans. Les bas-reliefs en pierres blanches de Vernon, qui ornaient le jubé de cette église et qui sont maintenant dans ce musée, sont aussi de la main de François Marchand. » Ainsi, sans le consenlemenl des administrateurs du département, Saint-Pére de Chartres aurait encore son jubé. Je pense que les deux, colonnes triomphales sont reslécs aux Beaux-Arts, et sont celles qui ont clé
droite. Les neuf bas- reliefs, représentant des sujets des Actes des
apôtres (cf. le livret de Lenoir, édition de 18i0, p. 213) sOnt nia'ntenantà Pabbaye de Saint-Denis, dans la seconde chajielle du bas cùléde i{auche,qui esl consacrée à saint Hippolylc. Ils y ont déjà Clé signalés par les Annales archéologiques, IV, 59-00, et par M. de Guilhermy, Monographie des UmUmuaf de SmnhDmiis, iS41y in-8% p. 16. Gr^cc aux facilités que nous avons eues de la bienveillance de M. Viollet Leduc, nous avons pu voir ces bas-reliefs d'assez prés pour les éludier convenablement, et pouvoir donner le résultat de r.el examen à la suite des pièces qu'on vient de lire sur ce jubé, et qui sout malheureusemeat muettes sur les bas-reliets enx«mémes.
Ils ont tous quatre-vingt-quatre céntimètres de hauteur sur un mètre vingt-huit de largeur. Nous allons les décrire dans Tordre
des Actes (les Apôlrcs.
I. Saint Pierre et saint Jean guérissant Timpotent. (Actes, chap. III, versets 1-7.) Au centre le groupe des deux saints et du cul-de-jalte; saint Pierre lui tient la main, et saint lean nose la sienne sur la léte du malheureux. Des deux côtés du fonoi une arcade faisant pendant de chaque côté; devant celle de gauche deux personnages causant ; j>lus en avant un homme debout, regardant les apôtres, et un autre cul-de-jaltc ; devant l'arcade droite, au fond, un vieillard et une jeune femme causant, et en avant un homme debout, les jambes croisées.
n. La mort d'Ananie. (Chap.V, v. 3-6.) Au fond, sur les degrés d'un temple rond d.ms le i^oûl de celui delà prédication de saint Paul par Raphaôl, saint Pierre, saint Paul et trois apôtres. Le groupe d'Ananias, expirant à terre, et du personnage à bottines squamées agenouillé à droite et reculant d'effroi, est entièrement emprunté
(1) Toutes les pièces qu'on a lues prouvent combien cette date est fausse.
employées dans la seconde
comme mouvemcQl a la composition de Raphaôl, bien conuue alors •n France par les tapisseries cl les gravures de Marc-Antoine et kort copies. A gaucbe deui hommes se peochent pour regarder ànanie, et plat ta fond deux hommes causent ensemble.
III. Saphire aux pieds de sairil Pierre. (Chap. V, versets 7-10.) Saint Pierre suivi de trois personnages occupe la gauche; à droite Sapliire, les seins découverts, agenouillée devant lui ; derrière elle deux femmes deboul; foad de temple et de colonnes. Surlefood de celui-ei, on a écrit ao canif, sans doote au eommencemealde ce siècle : Germain Pillon, sculpteur.
IV. Conversion de saint Paul sur le chemin de Damas. (Chap. IX. versets a-fO, X\II, 6-il,XXVI, 12-13.) C'est de beaucoup le moins bon de toute la suite. Dieu parait au milieu des nuées, dans le coin à droite ; le chêTal de sainl Paul est abatia an miliea da sajel; mais loute la compositloo est fort embroaillée et fort chargée; elle manque d^air et de lignes, cl même pour des chevaux en pierre, ceux-là ont des iéies par trop pensives» etle corps par trop soufflé et uni.
V. Délivrance de saint Pierre. (Chap. XII^ versets 6-10.) Au \ centre on ange, car on luidisUngoe encore des restes d*aUes, emmène saint Pierre déjà hors de la prison. A gauche deux personnages À longue robe, accoudés derrière une barrière, et peu reconnaissables par suite de la perte de leurs têtes. A droite deux soldats romains avec des hallebardes et un capitaine ou un magistrat.
VI. Conversion de SergiusPaulos. (Chap. XIH, versets 6-1 S.) La
droite n*existe piui ; mais on voit du premier coup que c*est là que derail se trouver la figure de saint Paul, puisque le reste de la composition, le proconsul assis au centre sur un siège élevé, Bariesu devenu aveugle et cherchant quelqu un pour le conduire, et rhomme qui le regarde avec étonnement, sont textuellenient empruntés à la composition de Raphaël, dans la suite des tapisseries; dans le fond à gauche, un homme, en montrant ses propres yeux, fait comprendre à nne femme que Baijesu vient de devenir aveugle.
Vil. Ce bas-relief me parait représenter un apôtre guérissant un possédé. En effet les j^rsonnages principaux sont un apôtre portant un livre de la main gaucbe et ayant le bras droit élevé, et à
ses pieds un homme à genoux, les bras tout à fait écartés. Trois flammes tombent au milieu du bas-relief, et Ton voit à gauche s'enfuir dans le ciel un monstre tout en flammes, même les bras et les jambes, et qui n'a d accusé que la tête. G est évidemment Tesprit malin chassé du corps du possédé. Dans les cinq apôtres qui sont à droite derrière Thomme au livre, Tun a une téte décharnée à la Bandinelli, et regarde les flammes ; Tiin, qui tourne le dos aux flammes, a les cheveux longs et la barbe carrée comme les têtes d'Albert Durer, et un troisième a une tête romaine à la Michel-Ange. Dans les quatre personnages qui sont à gauche du possédé, 1 un, qui a les ehOTOux en oonp de vent comme dans loo
lapisseries de RaphatU, rogarde l'homme au livre, cl deux autres, dont l'un a le bonnet juit, regardent le quatrième personnage, qui s*éloigne à gauche et comme avec dépit. Au milieu, entre les deux groupes, on voit très au fond deux soldats et un Romain dans riUitnde de rétoonement.
VIIL Noaa ne savons exactement ce qu'est cet autre sujet divisé en deux groupes. Dans le ciel un ange drapé et ailé montre les portes d'une ville à un personnage dont les mains disparues étaient jointes ou peut-être attachées, et qui semble poussé en avant par deux soldais dont Tun lui montre l'ange. Enfin de ce eôté Ton en voit un troisième assis à terre, sur laquelle il s'appuie du bras gauche^ et retournant la tétc dans un mouvement fier et élégant qui rappelle le ç^piU de Jules Romain. A gauche, audessous de l'ange, un homme qui s'arrête semble tendre aveccommisération ses mains vers l'homme gardé par les soldats. Après ce personnage on voil un homme, un vieillard, les bras croisés et son manteau sur la téte, et une lemme en bonnet juif. C'est sans doute un apôtre qui va au martyre, mais lequel? et la ville que lui montre l'ange est- elle la ville réelle où il doit périr, on oien la Jérusalem céleste dont l'ange lui promet l'entrée?
IX. Mort de saint Pierre et saint Paul. Au milieu saint Pierre attaché la téte en bas et flagellé de chaque côté par un bourreau» Ton presque nu et Tautre en cotte de mailles. A droite le proconsul, assis sur sa chaise élevée, préside au supplice ; à gauche saint Paul agenouillé et prêt à recevoir le coup, mais le bourreau debout à côlé de lui n'a plus de bras ni par suite d'épée. Au fond à gauche dansle ciel la date 1543 gravée en chiffres arabes et sans cartel ni entourage. Au-dessus même de cette date et d*un bouquet d*arbres, on Toit dans l'air une toute petite figure déjeune homme absolument nu qui semble descendre vers les martyrs. Malgré sa nudité, sa qualité tout humaine, puisque son sexe est visible, et dans sa main l'absence de palmes, je crois qu'en se reportant à ce moment de paganisme renaissant, et l'on ne voit ici de nimbe à aucun des aj^ôtres, il faut reconnaître dans ce jenne homme tout nu Fange qui vient recueillir l'&me des deux martyrs- Dans la chapelle ces sujets ne sont pas dans l'ordre que je leur ai donné; il y en a au-dessus de l'autel trois qui de gauche à droite sont le premier, le second et le quatrième de ma description. En face deTaotel ils forment deux rangées superposées ; celle d'en bas est composée de gauche à droite des huitième, cin<^iéme et sixième, et celle du haut des troisième, septième et neuvième.
La pierre désignée par dom Aubert comme de la pierre de raiasse, et n'ayant aucune trace de couleur, est très-blanche, trèstendre, se rayant à l'ongle et conservant toutes les traces du ciseau. Quant à rexécution, elle est très-rapide, même parfois incorrecte, maismalipré les réminiscences que j*ai signalées, pleine de liberté et de sentiment. Les parties de peu de relief sont d'une délicatesse extrême, quoique faites du premier coup. Dans les parties en ronde bosse les muscles sont très-accusés, ceux du talon surtout traités
avec sècherene, pour arriver à en aceoser la forme. Les doigts des mains et des pieds sont exagérés en longueur; ils ont autant de ma-
nirrc, avpc plus (IVpaissriir, que l*^s pxtrémilés de PUon, mais en fiomiiM' lo tnul acciiM^ la main d'un arli>le habile.
Leuoir indique coiniiie de Marcband un bas-relief provenaul de la cathédrale de Chartres (6* édition, p. 178, n<^4i0} ; nous ne savons ce qa*il est deyena.ll. de Buzonuière {Histoire arcMUeturale de ta ville dCOrUan$t l847,in-8*>; décrit sous le nom de Marchand (t. II, p. 305-8) une cheminée snilpièe d'une maison de la rue Pierre- Percée et qui esl mainienanl au mu>^'e d'Orléans. Nous l'avons vue et nous la Irouvoos d'une exécution trop grossière pour èlre attribuée à François Marchand, dont Tesécation a pu être lâchée, maniérée, sommaire, mais ne peut jamais avoir été lourde. On a imprimé les dates de 1500 et 1543 comme celles de sa naissance el de sa mort; mais on n'en sait rirn, » l jusqu'à re que soient puhliée.s de nouvelles itirees, il n'y a de vrai sur Fran(;ois Marchand que les dates cl les fuiu» résuiiaul des pièces que l'on vieul de lire.
A. DE M