SA
GELLINI (benvenuto), scultor Fiorentino, cbe sitroyava in Roma nel tempo del sacco di Roma, hà lasciato scritto d'essere slato quello, che tirô in quella nebbia deir assalto Farchibusata di cui fu ferito il Borbone, non corne à Borbone, ma corne a quello che di altezza superava gli altri. NoU m$s. di Sàpiane Àmirato U giovine iopra FUiorie Ficrentin$ di SeipianêÀtniraloil veechio. Vol. 8, p. 372 (1).
Suivant la préface qui est à la teste de la nouvelle édition du traité d'orfèvrerie du Cellini, cet artiste est mort en 1570« le 13 février. Il y a, dans cette préface, plusieurs traits qui peuvent servir à la vie de ce sculpteur.
Dans le temps que le Cellini travailloit aux ornements de la porte de Fontainebleau, le Primatice faisoit le voyage de Rome pour y faire mouler les plus belles statues antiques, et cela arrivoit aux environs de l'année 1543. Cellini, p. S39.
En 1544, le Cellini demande au Roi la permission d'aller en Italie, et pour l'obtenir plus facilement, il cite l'exemple du Primatice, auquel celte permission avoit été accordée. De la façon dont il s'exprime, on doit présumer qu'elle étoit de fraîche datte.
CERQUOZZI (MICHEL-ANGELO) dette batlaglie, excelloit à peindre des fruicts et des raisins; il a quelquefois peint des figures dans des tableaux dont les fonds étoient ornés de perspectives peintes parleSalucciouSalu2zi. Malvasia, p. 4^, p. 50 et 129. Ce que j'ay veu de tableaux de Michel-Ange des Batailles m'a plu infiniment. Je ne connois guère de peintre qui ait un pinceau aussy ferme, et dont la touche soit aussy scavante. Ce qu'il peint paroit de relief, et comme s'il étoit modelé, tant les touches y sont données à propos, et cela sans aucune sécheresse ; ses préparations sont excellent
(i) Il tenait probablement ce fût de Cellini lai-même^ qui le raconte de la même façon dans ses mémoirei .
les, son travail est léger et extrêmement varié. Je comparerois assez volontiers la manœuvre de son pinceau et son goût de couleur à ce que le Bourguignon a fait de plus beau. Ce que j'ay veu de Michel- Ange des Batailles qui m'a fait un si grand plaisir, et sur quoy j'ay fait ces remarques, est un tableau où il avoit représenté, pour son étude, des champignons dans diverses situations, et un panier remply d'oiseaux morts. M. l'abbé de Maroulle, à qui il appartenoit, en iaisoit un cas singulier, et son jugement étoit d'autant plus certain qu'il étoit excellent connoisseur et d'un goût exquis. 11 est né à Rome, le 2 février 1602, et est mort dans la même ville> le 6 avril 1660. Sa vie a été écrite par le Pascoli. Ses desseins sont fort rares et c'est grand dommage, car il avoit une plume aussi expressive pour le moins que son pinceau. Quant à ses tableaux ils ne sont plus si reclierchés, parce qu'ils ont beaucoup noirci.
CERRUTI (michel-angelo), peintre, né à Rome, en 1664; après avoir étudié pendant 15 ans auprès de Joseph Passeri, il passa en Lombardie, où il demeura pendant 10 ans, presque toujours à Turin, et il est ensuite revenu à Rome, où il continue à travailler avec succès. Mss. Pio, en 1717.
CERVELLI (federico), de Milan, s'étoit établi à Venise, où il vivoit en 1690. 11 y tenoit une école, et sa principale gloire est d'avoir servi de maître à Sébastien Ricci.
CESARl (alessandro), fameux graveur de pierres gravées et de médailles, étoit surnommé le Grec.
CESARl (gioseffo), d'Arpino. Dans les Mss. de Bethume, qui sont à la Bibliothèque du Roi, il y a une lettre originale du cardinal de Richelieu, écrite à la Reyne (Marie de Médicis), et dattée du camp de Morienne, vers le tems de la journée des
dupes. Le cardinal propose à la Reine Josépin pour peindre La seconde gallerie du Luxembourg, et assure Sa Majesté que ce peintre l'exécutera au même prix que le s' Rébens; c'est ainsi qu'il écrit le nom de ce célèbre artiste (1).
— Si le cavalier Josépin est mort à Rome en 1640, le 3 juillet, ainsi que l'a écrit le Baglione, il étoit plus vieux qu'il ne le fait, car il ne lui donne que 8% ans au jour de sa mort, tandis qu'il est constant par l'inscription, qui est autour de son portrait qu'a gravé de son vivant J. Matham, qu'il étoit né en 1568; par conséquent il avoit 88 ans lorsqu'il mourut; mais il paroissoit en effet beaucoup plus jeune, tant il jouissoit d'une belle vieillesse; il marchoit encore d'un pas aussi ferme que s'il n'eût eu que trente ans.
CËSI (CARLo]. U nacquit près deRieti dans un lieu nommé Antrodoco, en 1626, et étant passé à Rome, il n'en sortit que pour aller sur la Gn de sa vie flnir ses jours à Rieti, en 1686. Le Pascoli a écrit sa vie. Piètre de Gortouoe n'a guère eu de meilleur élève. 11 dessinoit purement, et ce qu'il a gravé en donne la preuve. On a de lui en gravure la galerie des Carraches au palais Farnèse, celle de Piètre de Cortonne au palais Pamphile de la place Navone, la coupole du Lanfranc à S. André délia Valle, et les peintures du même Lanfranc dans une chapelle de l'église de S. Augustin à Rome; tous morceaux où il règne de la correction, et où l'on peut tout au plus reprendre un manque de chaleur, ce qui cependant me paroit moins choquant que certaines licences auxquelles s'abandonnent des génies plus ardens, qui voulant mettre de l'esprit dans ce qu'ils dessinent ou qu'ils gravent d'après d'autres
(i } Cette lettre, retrouvée par M. de Laborde, a Atë publiée par lui dans le l*'^ volume de son ouvrage : La Renaissance des arts à la cour de France, p. 332. — Voyez Archives de fart français. 1, 93 à la note.
peintres, altèrent les manières et prêtent aui auteurs qu'ils copient dec idées qu'ils n'eurent jamais (1).
GESPÈDES et non Cespade (paul de), connu sous le nom de Raeioneroy qui est celui que portent en Espagne les prébendiers dans les églises cathédrales; et, en effet, Cespèdes étoit pourvu d'une prébende dans l'église catiiédrale de Cordoue sa patrie. Pacheco, dans son traité de peinture, a remarqué que cet artiste modeloit dans la plus grande perfection des figures en dre coloriée. Il avoil écrit en vers espagnols un cours de peinture. Pacbeco, qui avoit eu le Mss. entre les mains, en a rapporté plusieurs fragmens dans son ouvrage, et le Palomino qui a écrit une vie de Cespèdes rapporte son épitaphe, suivant laquelle il parolt que sa mort arriva en 1608. Le même auteur juge sur un portrait de Cespèdes qui lui étoit passé entre les mains, que ce peintre pouvoit être tgé pour lors de 70 ans. La manière de Michel-Ange, qui étoit pour lors en grand crédit, étoit celle qu'il suivoit. Pacheco a fait aussi observer que Cespèdes a modelé des figures en cire coloriée, et cela dans le tems qu'il demeuroit à Rome (p.29.)(2)-
CHALES, le sculpteur, reçu académicien en 1756, mort en 1765, né en septembre 1719; son nom est Simon.
Le peintre, actuellement professeur de perspective, élu en 1758, est né en aoust 1718, académicien en4753; le roi lui a accordé des lettres de noblesse en 1770.
CHAMPAGNE, ou plustost CHAMPAIGNE (Philippe de).
(1) Voir dans BarUch XXI, i01-l9, le catalogue de Tœuvre de Geslo.
(2) Voyez Bermudez. I, 316-29.
c Lemesmejour, 1S« août 1674, mourut à Paris Philippai « Champagne, natif de Bruxelles, qui s'estoit aequis um « grande réputation par son habileté dans l'art de la peinfl ture, mais qui s'est rendu encore plus recommandable par « sa piété. Il a toujours été fort attaché à ce monastère, où il ff atoit une fille religieuse, et dont il avoit épousé les inté» « fils, qu'il a soutenus en toute occasion, souvent mesme au fl préjudice des siens et de sa propre tranquillité. Comme il fl avoit beaucoup d*amour pour la justice et pour la térité, ff pourvu qu'il satisfît à ce que l'une et l'autre demandoient « de luy, il passoit aisément sur tout le reste. Il a donné à fl nostre maison plusieurs autres marques encore plus effoc- « tives de l'affection qu'il luy portoit, en luy faisant présent < de plusieurs tableaux de piété, et luy léguant six mille « livms d'aumône. Il est enterré à S*-Gervais, sa paroisse. » Nécrologe de Port Royal des Champs, p. 836. Voyez Pétibien, t. 8, Moréry et de Piles. Ces auteurs ont rapporté sa vie plus au long.
«<i^ Le fils de Philippe de Champagne se nommoit Claude, et étoit Agé de 3 ans mois en 163T, ainsi qu'on l'apprend d'une inscription mise au bas de son portrait, dessiné par son père. — Des deux filles de Champagne, l'une s'appeloit Françoiat^et rautieGatherine(l),GeUe<i née en 163T.*^ean Baptiste de Champagne avoit épousé Geneviève Janson. ^ Des inscriptions mises au bas de portraits de toutes ces personnes me donnent ces noms.
— S*il est dangereux de s'abandonner à un génie trop impétueux, et de ne représenter la nature qu'en suivant ses propre idées et sans la consulter, une imitation trop scmpu-
(i) C*e8t celle qui fut plus tard religieuse à Port-Iioya1« sous le nom de Caiherioe de Sainte-Suzanne ; on eonnatt le sublime portrait que Champaigne en a fait en 1062 et a offert en remerdement de sa guërison ; il est maintenant au Louvre.
leuse et trop servile de la nature n'est pas moins pernicieuse. Ciomme il est très rare de rencontrer toutes les beautés réunies dans un même sujet, il n'est aussy que trop ordinaire de la voir avec ses deffauts, et, si le peintre n'a pas l'habileté de les écarter, ou qu'il n'ait pas assez de génie pour j suppléer, ses ouvrages seront immanquablement dépourveus de ces grâces qui ont seules le pouvoir de plaire. On n'en a que trop d'exem* pies, et, si l'on peut reprocher quelque début à Philippe de Champagne, c'est précisément celuy là. Il peignoit agréablement et avec facilité, colorioit de bonne manière ; son dessein mesme estoit assez précis ; l'on ne pourroit guère mieui peindre une teste ; ses portraits estoient toujours fort ressemblants ; ilfaisoit aussy parfaitement bien le paysage. Mais d'un autre côté, esclave de l'objet qu'il traitoit, il le rendoit servilement, sans pouvoir en quelque taçon sortir de son sujet. Son génie, qui n'estoit pas assez rempU de feu, ne lui laissoit rien imaginer au*delà. Aussi, soit qu'il connût mieux que personnt la nature de ses forces, soit par un zèle de piété, car il m%^ noit une vie très religieuse, on ne luy a guère vu représenter que des sujets de dévotion, qui ne sont point si susceptibles de passions et de grands mouvemens que les autres sujets ti^* rés de l'histoire ou de la fable. Ce genre d'ouvrage et les pop* traits auxquels il s*éloit consacré, sa modestie, la droiture de ses moeurs, son désintéressement presque sans exemple, luy avoient fait de toutes les personnes vertueuses de son siècle autant d'amys, et il s'estoit toujours veu extrêmement oo» cupé. Son école devenue fort nombreuse, estoit composée, d'élèves qui avoient un respect aveugle pour leur maistre et qui, en cherchant à imiter sa manière de peindre, ne prenoient pas moins de soin à se rendre vertueux oomme luy; son atelier estoit tout à la fois une escole de peinture et une escole de sagesse.
Jean-Baptiste de Cbampaigne, son neveu, qu'il avoit bit venir de Bruxelles, pour luy tenir lieu de fils, après avoir
perdu le seul qu'il avoit, fut celuy de ses élèves qui se distingua davantage; il succéda aux talens de son oncle, et se rendit un digne héritier de sa bonne réputation. Il fut comme luy de l'Académie royale de peinture.
Jean Morin mérite aussy d'estre distingué parmy les élèves de Champaigne (1). Il étoil peintre et insensiblement il devint graveur, la nouvelle manière de graver qu'il imagina ayant esté bien reçeue. Elle est pittoresque, sans manquer du costé du flny, très propre à exprimer les différens degrés de teintes et tous les tons de la couleur, et qui se remarque surtout dans cette belle Viei^e qu'il a gravée d'après le Titien, et dans le portrait du cardinal Bentivoglio, peint par Van Dyck. Ces deux estampes ne seroient pas désavouées par les deux excellents peintres qui ont produit les premières idées. Elles laissent seulement à désirer que Jean Morin n'en ayt pas exécuté un plus grand nombre d'après d'aussy bons tableaux; mais, attaché comme il l'estoit à son maistre, il se faisoit une espèce de devoir de ne travailler que d'après luy, et, comme il estoit dans les mesmes principes de religion, il se voua comme lui aux sujets qui pouvoient inspirer de la piété, et à graver des portraits de gens illustres. 11 mourut fort jeune, laissant après luy Nicolas de Platte-Montagne, son neveu, à qui ilavoit appris à dessiner et à graver. Celuy-cy suivit la manière de graver de son oncle; mais il abandonna dans la suitte cette profession pour se donner entièrement à la peinture. Son père, Mathieu Van Plattenberg d'Anvers, qui, en s'établissant en France, se fit appeler de Platte-Montagne, y avoit acquis de la réputation. Il peignoit parfaitement bien le paysage, et surtout des marines. A l'imitation de Morin, son beau-frère, il se mit aussi à graver (2). L'on trouvera de lui, dans ce recueil.
(1) Son œuvre a été caUlogué par Robert Dumesnil, II, 33-79.
(2) L'œuvre des deux Montagne a été catalogué par H. Robert Dumesnil dans son tome V.
plusieurs paysages, dont il y en a surtout un d*aprës Fouquière, représentant un hyver, qui est tait avec une merveilleuse intelligence. Ce fut aussi l'exemple de Morin qui détermina J. Alix, autre disciple de Champaigne, à graver quelques morceaux d'après ce peintre, précisément dans la même manière que Moiin. L'on a joint ensemble tous les ouvrages de ces dilférens maistres; ils auroient infiniment perdu de leur prix en les séparant l'un de l'autre.
— Le centenier se convertissant à la veue des prodiges qui arrivent à la mort de Jésus-Christ, gravé à l'eau forte dans la manière de Jean Morin, d'après Philippe de Champaigne. — Il n'y a point de nom de graveur et peut estre est-elle de Morin ou d'Alix. Celte planche paroist estre demeurée imparfaite, y ayant quelques endroits qui sont finis au burin d'une autre main.
— Buste de J.-C. veu de face, gravé à l'eau forte par Jean Morin. Autre épreuve avec des changements, surtout dans les cheveux; l'on y a aussy supprimé la couronne de lumière qui estoit autour de la teste, mais ces changements n'ont point esté Taits par Morin.
— Les disciples ensevelissent le corps mort de J.-C., en présence de la S»« Vierge, gravé à l'eau forte par S. Bernard (1). — S. Bernard, qui a la manière de graver de Morin, seroit-il son disciple?
— La S** Vierge transportée dans le ciel par des anges, gravé à l'eau forte par Jean Morin, d'après un plafond peint par Ph. de Champaigne. MM. Montagne en ont la planche.
CHAMPAIGNE (jean-baptiste de), neveu de Philippe, mort à Paris, en 1681, le 28 octobre, âgé de 50 ans, suivant la liste des peintres de l'Académie, dressée par Reynez, et de 43 ans
(1) Robert Diimesnil, VI, n« 7 de l'œuvre de S. Bernard.
itliliYtmeDt à la notice, qu'a donnée H. Dandré Bardon de tM peintres françoia. J.-B. de Ghampaigne étoit né à Bruxelles; e'étoit un génie froid.
•«* La sainte Vierge retrourant Jésus^]hrist dans le Temple, j disputant avec les docteurs de la Loy, gravé à l'eau forte, aous la conduite de Bernard Picart, d'après le tableau de J««B« de Ghampaigne, qui est au mattre-autel des Cbartreux de Paris. Pour une perd'heure espagnole, où M. le Clerc a gstii quelques pièces*
GHANTBEAU. Voir si c'est lui qui eut querelle avec Godeftoj (1).
GHAPHON (MOOLAs) étoit de CMteaudun, et fut disciple de Youet. Il le quitta pour aller à Rome, où il fit un long séjour. 11 7 étoit en IMO, et n'en étoit point encore sorti en 1649, puisque ce fut dans cette année qu'il y publia la suite d'histoires de l'ancien Testament, peintes par Raphaël dans les Loges du Vatican. Il en avoit fait les desseins, et les planches, qui sont gravées de bon goût, furent très^bien reçues. 11 les fitparottresouslesauspicesdusieur Renard, qui étoit alors l'homme à qui les artistes s'adressoient le plus volontiers pour avoir de la protection. Je n'y trouve qu'une chose è redire, c'est trop de pesanteur : Raphaël est tout autrement léger dans ses figures. 11 est vrai que les élèves qu'il employa à peindre ces tableaux y mirent de leur manière et sortirent en cela du caractère de leur mattre. Mais cela n'empêche pas que Ghapron n'ait outré et que ses copies n'aient le défaut que je leur reproche. De la façon dont Félibien le place dans ses entretiens sur les vies des peintres, on doit présumer que sa mort arriva en 16S6. Il devoit avoir à peu près 60 ans.
(i) Voyei plus haut la note de rarticle Àutreau.
Outre les Loges du Vatican, Ton a de lui des bacbaoalesdans le goût de Vouet, qui sont gravées avec esprit et composées avec feu. Il s'est représenté dans la planche qui sert de frontispice à la Buile des Loges, assis près d'un piédestal sur lequel est placé le buste de Raphaël que couronne la Renommée, et ce morceau qui est de son invention est composé de très bonne manière.
— Nicolas Ghapron de Chasteaudun n'a pas été un dei moindres élèves de Youet* Ses tableaux étoient pcônts et dessinés dans la même manière ; mais comme il mourut jeune il ne luy fut pas possible d'entreprendre aucun ouvrage considérable. Âinsy on le connoit davantage par ses estampes que par ses tableaux. Ce qu'il grava, étant à Rome, d'après les peintures de Raphaël, dans les Loges du Vatican, est ce qui luy fait le plus d'honneur, et c'est peut-être ce qui a été gravé avec le plus de goût par les modernes d'après les ouvrages de cet excellent maistre. L'on y retrouve la fierté des exprès^ sions, la noblesse des caractères et l'élégance du dessein qui se font principalement admirer dans les originaux (1).
CHARDIN (jEAN-BAPTiSTE-smÉON) (2). Après avoir appris à dessiner pendant quelque temps chez M. Cazes, et avoir mesme remporté quelques médailles à l'Académie, M. Chardin, n'espérant pas de réussir, autant quMl l'auroit désiré, dans le talent de l'histoire, se détermina à suivre un genre
(1) Voyez le catalogue de son œuvre dans M. Robert Bumetnil, VI, 211-31, et les leures du Poussin pour les mentions qu*il fait de Chapron pendant son séjour à Rome.
(9) À la marge, Maneue a écrit la date de 1749.
•* Le Louvre possède le portrait de Chardin, peint au pastel par Latour; il vient de Tancienne Académie. Il est difficile de croire que Latôur n'ait pas flatté et surtout rajeuni son modèle en voyant son pastel à côté des deux portraits de Chardin par lui-même, faits seulement onte et quinse ans après ; "— ils sont datés tous deux, Tun do 1771, Tautra, comme aussi celui de sa femme, de 1775, -» Tun en bonnet et avec un pince nez, Tautre avec des lunettes et
particulier auquel il se forma, et voicy ce qui lui fit embrasser celui avec lequel on l'a vu entrer dans la carrière de la peinture. On lui avoit fait présent d'un lièvre; il le trouva beau et il bazarda de le peindre. Des amis» à qui il montra ce premier fruit de son pinceau, en conçurent le plus favorable augure et l'encouragèrent de leur mieux. La toile, qui luj étoit tombée sous la main et dont il s'étoit servi, n'étoit pas à beaucoup près couverte par la représentation de ce lièvre ; il put donc ajouter quelques ustensiles de cuisine, et son tableau devint une composition qui ne tarda pas à trouver mattre, mais ce fut à condition qu'il y auroit un pendant, et un canard fut donné pour sujet. Ces deux premiers tableaux furent suivis de plusieurs autres dans le même genre. On y trouvoit de la vérité, et une assez bonne intelligence, une fonte de couleur et uiie touche grasse. Cependant M. Chardin, n'imaginant pas qu'il y en eût assez pour lui mériter une place dans l'Académie royale, se fit recevoir mattre peintre, lorsque, prenant sa première femme, on exigea de lui qu'il prit aussi un estât. Mais bientost ses amis, augurant mieux de ses succès, l'engagèrent à se mettre sur les rangs, et lui promirent que ses démarches ne seroient point infructueuses. Ils ne se trompoient point. M. Chardin, ayant fait porter plusieurs de ses tableaux à l'Académie, toutes les voix se réunirent en sa faveur, et, en 1724, il fut reçu le même
un abat-jour sur les yeux, acquis en 1839, et en vente publique, celle de M. Bruzard, pour Tincroyable somme de 218 fr. Derrière celui de Lalour, on lit les meniions suivantes que nous reproduisons parce qu'elles sont données par Chardin lui-même :
a Jean-Baptiste-Simèon Chardin, ne à Paris, le 2 novembre 1699 : agréé et reçu académicien le même jour. 25 septembre 1728 ; conseiller le 28 septembre 1743; trésorier le 22 mars 1755; pensionnaire du Roy en 1752 ; logé aux galleries du Louvre en 1757 ; peint en 1760, par M. de la Tour, et donné à TAcadémie, par M. Chardin, au mois de juillet 1774; et enfin d'une autre écriture : de l'Académie royale des sciences, belles-leUres et arts de Rouen, en 1766.»
jour que de Bar» imitateur de la manière de Watteau et qui demeuToit alors chez M. de la Faille, fut pareillement admis, et, œ qui ne se voit guères, on se contenta pour ses deux morceaux de réception de deux de ces tableaux qu'il avoit présentés, parmi lesquels il y en avoit un, où estoit représentée une raye, qui étoit peint depuis plusieurs années, et dans un temps où il ne pensoit certainement point que ce morceau pût lui mériter quelque jour l'honneur qu'il receroit (1).
Il continuoit de s'occuper de pareils ouvrages, lorsqu'un incident lui fit faire un pas de plus dans la peinture. M. Aved, peintre de portraits, étoit son amy, comme il l'est encore, et ils se voyoient souvent. Un jour, une dame étoit venue trouver M. Aved pour avoir son portrait; elle le vouloit jusqu'aux genoux et elle ne prétendoit en donner que quatre cents livres. Elle sortoit sans avoir conclu son marché, car, quoyque M. Aved ne fut pas alors aussy employé qu'il l'a été depuis, cette offre lui paroissoit de beaucoup trop modique; M. Chardin, au contraire, insistoit pour qu'il ne laissât pas échapper cette occasion, et lui vouloit prouver que quatre cents livres étoient bonnes à gagner pour quelqu'un qui n'éloit encore qu'à demi connu. Ouy, lui dit M. Aved, si un portrait étoit aussy facile à faire qu'un cervelas. C'est que M. Chardin étoit pour lors occupé à peindre un tableau de devant de cheminée, dans lequel il en représentoit un dans un plat. Ce mot fit impression sur luy et, le prenant moins comme une raillerie que comme une vérité, il fit un retour sur son talent, et plus il l'examina, plus il se persuada qu'il n'en tireroit jamais un grand parti. Il craignit, et peut-être avec raison, que, ne peignant que des objets inanimés et peu intéressants, on ne se lassAt bientost de ses ouvrages, et que,
(1) Nous n*avoD8 pas besoin de rappeler que ce tableau est au Louvre.
toulant eisayer de peindre des animaux vivante, il ne demeurAt trop au-dessous de MM. Desportes et Oudry, deux concurrents redoutables, qui avoient d^à pris les devants et dont la réputation étoit établie.
Dès ce moment il prend la résolution de renoncer à son premier talent; il en falloit choisir un autre, et le bazard sembla encore le lui oftrir. Il eut occasion de peindre une teste de jeune homme qui fait des bulles de savon, et qu'on a en estampe; il l'avoit fait avec soin d'après nature^ et s'étoit attaché à lui donner un air naïf : il le fit voir ; on lui en dit du bien; les maîtres de l'art louèrent les efforts qu'il avoit faits pour arriver jusque là, et les envieux, en montrant de l'empressement pour ce nouveau genre, le déterminèrent à l'embrasser. Ce fut quelque temps après qu'il fit, pour le chevalier de la Roque, les deux cuisines qu'a gravées M. Gochin. Hais ce qui le mit tout à fait en réputation, ce fut le tableau de la gouvernante, qu'il croyoit avoir fait pour M. de JuUienne, qui avoit paru le désirer, mais qui, ayant été acquis par un banquier nommé Despuechs, a été achetté 1800 liv., par M. le prince de Lichteostein dans le tems de son ambassade en France. Chaque exposition de tableaux, qui s'est iaitte dans le salon du Louvre, a été marquée par de nouveaux applaudissements que le public s'est empressé de donner aux ouvrages que M. Chardin luy a offerts, et le roy a voulu avoir dans son cabinet deux de ses tableaux, le Benedicite et la Stère laborieuH (1). Les étrangers les ont recber^ chés peut-être encore avec plus d'empressement. M. le comte deTessinlui en a fait faire plusieurs, et actuellement il en fait un pour le prince royal de Suède, qui représente une mère
(i) Mariette avait laissé le nom du second en blanc. Ce sont évidemment les deux pendants du Louvre indiqués sur les inventaires comme provenant de Tancienne coUeoiion. Us ont été gravés par Lépicié.
OU gOUTernaante, qui fait réciter rSYangile à une petite fille, pour faire pendant avec un autre tableau qu'on a vu eipoaé au dernier sallon et qui a pour sujet un jeune élève dessinant, d'après le Mercure de M. Pigal. Les estampes, qu'on a gravées d'après les tableaux de M. Gbardin, n'ont pas fait une moindre fortune; elles sont devenues des estampes de mode» qui, avec celles de Teniers, de Yauvermans, de Lencret, ont achevé de porter le dernier coup aux estampes sérieuses des Le Brun, des Poussin, des Le Sueur et même des Coypels. Le gros public revoit avec plaisir des actions qui se passent journellement sous ses yeux dans son ménage , et leur donne sans bésister la préférence sur des sujets plus élevés, mais dont la connoissance demande une sorte d'étude. Je ne veux point examiner si cela va au détriment du goust; je me contenterai de remarquer qu'à le bien prendre, le talent de M. Chardin n'est qu'un renouvellement de celui des frères Le Nain. Comme eux, il fait choix des sujets les plus simples et les plus naïfs, et, pour parler avec vérité, son choix est encore mieux fait, 11 saisit très-bien les attitudes et les caractères et il ne manque pas d'expression. Voilà même, à ce que je crois, ce qui a le plus contribué jusque Ici à donner dé la vogue à ses tableaux et à leur mériter une place auprès des Téniersetdes autres peintres flamands, qui ont travaillé à peu près dans le même genre que luy, quelque distance qu'il y ait entre leurs ouvrages et les siens. Car, il faut en convenir, les tableaux de M. Chardin sentent trop la fatigue et la peinne. Sa touche est lourde et n'est point variée. Son pinceau n'a rien de facile; il exprime tout de la même manière, et avec une sorte d'indécision, qui rend son ouvrage trop froid. Sa couleur n'a pas en général assez de vérité, quoyqu'en général il y ait de Taccord (1). Faute d'être assez foncé
(1) Cette opinion de Mariette est singulière. Quelque cIkom que
dans le dessein et de pouvoir faire ses études et ses préparations sur le papier (1), M. Chardin est obligé d'avoir continuellement sous les yeux l'objet qu'il se propose d'imiter, depuis la première ébauche jusqu'à ce qu'il ait donné les derniers coups de pinceau, ce qui est bien long et capable de rebuter tout autre que lui. Aussi a-t-il toujours à la bouche que le travail lui coûte infiniment. Quand il voudroit le cacher, son ouvrage le déceleroit malgré lui.
CHARLES (CLAUDE) de Nancy, peintre ordinaire de Léopold, duc de Lorraine, hérault d'armes de Lorraine, et ancien directeur de l'Académie de peinture, établie à Nancy, mourut en cette ville, le 4 juin 1747, âgé de 87 ans. Il éloit élève de Gérard, peintre lorrain, connu dans la province par ses beaux ouvrages, et son élève, après avoir été longtemps en Italie, revint dans sa patrie à la fin du dernier siècle, s'y établit et y a fait quantité d'ouvrages. Les principales églises de Nancy en sont remplies. On dit qu'il dessinoit bien, qu'il avoit un bon coloris, et que ses ordonnances étoient riches. Entre ses disciples, on compte MM. Joseph Chamant, directeur de l'Académie à Florence, Girardet, Racle, Durand, Provençal, etc. — Mercure de France, aoust 1747, p. 183 (î).
CHARMETON (george), né à Lyon en 1619, mort en 1674.
les tableaux de Chardin puissent devoir au temps, et ce ne serait
Sas un défaut d^avoir travaillé pour gagner en vieillissant, ils ne evaient pas être alors le contraire de ce qu*ils sont aujourd'hui. Ne serait-ce pas plutôt que les meilleurs amateurs n*ont pas toujours les yeux et le jugement aussi justes pour leurs contemporains qu*ils les ont à propos des anciens maîtres.
(i) Cela expliaue très-bien la rareté des dessins de Chardin; M. Reiset possède cependant dans sa magnifique collection une Leçon de lecture, aux trois crayons et au pastel, qui est admirable ; elle est, du reste, traitée avec le plus grand fini. (N° 305 de son Catalogue.)
(i) Sur Claude Charles et ses élèves, voyez V Histoire de Nancy, par Tabbé Lionnois, poêsim.
CHARPENTIER (Etienne), graveur, élève de Baléchou.
CHARPENTIER (J.-P.)» graveur, né à Blois-
CHARPENTIER (rené), sculpteur ordinaire du roy et de l'Académie royale de peinture et sculpture, mort à Paris, le 15 may 1723, n'étant âgé que de 43 ans. II joignoit à beaucoup de talent dans son art, une grande probité et une piété singulière. Entre les ouvrages publics qu'il a faits dans Paris, on estime particulièrement ceux dont il a enrichi l'église de S. Roch sa paroisse, et surtout le tombeau du comte Rangoni, qui y est placé dans la chapelle de la Vierge (1). Il avoit été chargé de conduire tous les autres ouvrages de sculpture de cette église, et il y travailloil lorsqu'il mourut. Voyn te nm-' veau supplément du Mcrery. J'ay connu ce sculpteur, qui ne manquoit pas de génie ; mais je lui ay toujours trouvé une manière sèche. 11 a beaucoup travaillé sous M. Girardon, mais je ne scais trop s'il est son disciple. Je lui ay ouï dire que M. Girardon lui avoit lait travailler sur ses modèles au tombeau que le célèbre sculpteur s'est érigé dans l'égh'se de Saint- Landry. Ce fut encore lui dont M. Girardon se servit pour dessiner les figures de son cabinet, dont il a même gravé une partie (2). Il dessinoit en effet avec assez de facilité. Il aimoit passionément les ouvrages de Piètre Testa.
— Jésu&Ohrist expirant sur l'arbre de la croix ; le corps mort de Jésus-Christ descendu de la croix par ses disciples. Cette pièce et la précédente sont inventées et gravées par René Charpentier, sculpteur, disciple de François Girardon. — Je crois que les planches n'ont jamais été achevées et n'ont point paru.
CHATEAU (GUILLAUME) d'Orléans. Ceux qui embrassent
(i) Piganiol, H, 423.
(2) Voyez plus haut, pa^e 28, note 2.
des professions qui ont pour objet principal le desBein sont si persuadés de la néeessilé de voyager en Italie et de séjourner principalement à Rome, qu'il n'y en a presque point qui n'entreprennent ce voyage. Les françois surtout le regardent comme très utile, et ce que nous avons eu de plus illustres, parmy les graveurs, ont presque tous été à Rome pour y puiser dans la source cet excellent goût, que l'on acquiert plus aisément lorsque Ton est au milieu des belles choses. Per-> suadé de cette vérité importante, Chasteau entreprit fort jeune ce voyage de Rome. Entre plusieurs excellens artistes qu'il y trouva, il Gt choix de Frédéric Greuter, l'un des meilleurs graveurs d'Italie, dont il tftcha d'imiter la manière. Ce graveur dessinoit bien et sacriQoit même le plus souvent à cette partie la propreté de la touche. Gomme luy, Gbasteau négligea d'acquérir la liberté du burin, et s'attacha particulièrement au dessein. Gette méthode luy réussit, et il eut à graver plusieurs planches, pendant le séjour qu'il fit à Rome» qui luy firent honneur. Revenu en France, il continua de travailler sur les mêmes principes, et lorsque le roy entreprit de faire graver les tableaux de son cabinet, on luy en distribua plusieurs des plus considérables. H, Golbert fut si satis* lait de la manière dont il les avoit exécutés qu'il luy fit donner une gratification considérable. En effet, Gbasteau y avoit donné tous ses soins, et il eût été à souhaiter qu'une meilleure santé luy eût permis de travailler pour lors avec plus d'assiduité. 11 étoit dans la force de son âge, et en estât de recueillir le fruit des études de sa jeunesse, mais ses maladies ne lui laissoient que peu d'intervalles do repos. Heureusement il avoit fait de fort bons élèves, qui pouvoient le $ou« lager; le plus souvent ils luy préparoient le travail; il ne luy restoit que le soin de le conduire et d'y donner la dernière main. Benoist Farjat fut un de ses élèves; Gbasteau l'amena de Lyon à Paris à son retour d'Italie ; il luy apprit la graveure, et l'ayant mis en estât de faire le voyage d« Rome,
SéS
Noël Goypel Vy conduisit en qualité de pensionnaire du roy . Parjat goûta le séjour de Rome et il n'est plus revenu en France. L'on a joint ce qu'il a gravé de plus considérable à la suite des ouvrages de son maître, et pour rendre le volume plus raisonnable, l'on y a aussi ajouté à la fin le peu de pièces qui ont été gravées par François de Louvemont. Ce graveur promeKoit beaucoup; il avoit demeuré à Rome, et surtout à Napies où il a le plus travaillé; mais étant revenu en France, il abandonna bientost sa profession pour embras^ ser la vie religieuse.
— S^ Etienne lapidé par les Juifs, d'après le tableau d'An* nibal Carrache, du cabinet du Roy ; à cette épreuve il y a les armes de Colbert, qui ont depuis été effacées, le Roy ayant acquis la planche (1).
— Philippe de France, duc d'Orléans, frère unique du Roy, représenté à cheval, victorieux et précédé parla renommée, etc.; grande pièce dont le dessein a été donné par Noël Coypel, et qui a été gravée par Guillaume Château pour une thèse soutenue en 1678, par Adrien-Alexandre de Mannevillette. H. Simonneau y a eu plus de part que personne. Château étoit malade lorsqu'il entreprit cet ouvrage; il s'en déchargea sur Simonneau ; ainsi on peut regarder cette pièce comme son ouvrage propre.
GHATiLLON (louis db), né à Sainte-Menehould, en 1639, Ait envoyé jeune à Paris, dans l'intention d'en faire un orfèvre. On le fit entrer chez un mattre nommé Pezey, qui étoit ami de Petitot et qui peignoit lui-même en émail. Ce fut là que Ghatillon en prit les premières leçons. Mais s'étant mis à dessiner par Je conseil de Petitot, et s'étant introduit chez M. Le Brun, il devint sans le penser graveur, talent qu'il
(1) Gat. de la ealcographle, n« d4.
exerça pendant quelque temps, mais qu'il abandonna dans la suite pour se livrer entièrement à la peinture en émail, où il fit assez de progrès pour être regardé comme le meilleur artiste de ce genre qui fut alors en France. Gela lui fit avoir un logement aux galeries du Louvre (1), et l'exécution de tous les portraits du Roi en émail qui se donnoient enrichis de pierreries aux ambassadeurs. Il^avoit aussi été choisi pour être le dessinateur de l'Académie des sciences, et ce fut en cette qualité qu'il dessina et qu'il grava un nombre considérable de plantes qui« jointes à celles qu'avoient gravées autrefois Robert et Rosse, dévoient former un recueil qui auroit été le plus curieux dans cette espèce s'il eût été fini. Celles de Ghatillon sont assez spirituellement dessinées, mais les botanistes les trouvent maniérées, et en général je n'ai pas vu qu'ik en fissent beaucoup de cas. Les desseins en sont à la bibliothèque du Roi (2). De Ghatillon se faisoit estimer par la douceur de son caractère. On aimoit à le voir et à converser avec lui. Quoyque parvenu à un ftge où peu de gens arrivent sans être incommodes aux autres et à eux-mêmes, il étoit afiable et d'une humeur enjouée qui charmoit. Il avoit élevé une de ses nièces, d'une société des plus aimables, qui a épousé un des fils de M. Ânt« Coypel. De Ghatillon étoit Agé de 95 ans, lorsqu'il mourut en 1734.
GHÂUFOURIER (Jean) faisoit sa profession de dessiner des veues, et comme il scavoit assez bien la perspective, il les faisoit fidèlement; mais je ne dirai pas qu'il y mtt beaucoup de goût. Il s'étoit fait une manière qui étoit petite et mesquine
(i) Voyez son brevet de logement dans les Archivée de l'Art français^ I, 237.
(2) Sur ces dessins, voyez Archives de l'Art français^ 1, 281. Les dessins sont maintenant au Jardin des Plantes. Les gravures sont k la calcographie du Louvre (chapitre XI du nouveau catalogue).
et qui ne tiroit point à Veffet. Ce fut un malheur pour cet artiste d'avoir étudié dans sa jeunesse, d'après les ouvrages de Séb. Leclerc, et d'avoir cru qu'on ne pouvoit bien faire qu'en les imitant. Il dessina cependant le paysage beaucoup mieux que son modèle. Aussi, non-seulement il avoit fiait des études d'après nature, mais il avoit aussi copié des desseins de bons maîtres pous se former une bonne manière. Quelquefois il a colorié légèrement ses desseins de veuës en se servant de couleurs à l'eau, et j'en ay veu qui étoient proprement faites et qui avoient de l'agrément, n fut reçu à l'Académie Royale de peinture en 1735, et nommé adjoint à professeur de perspective. La protection de Mr. le duc d'Antin, alors surintendant des bâtiments, le conduisit à cette place, et bientôt à celle de dessinateur de l'Académie des belles-lettres, à laquelle il fut nommé après la mort de M. de Boullogne en 1733 (I). Mais, comme on s^aperçut qu'il n'étoit point là à sa place,'et qu'un dessinateur de paysages n'étoit point fait pour donner des médailles, M. de Maurepas, qui eut dans son département la direction de l'Académie des belles-lettres qu'avoit eue M. d'Antin, fit ôter la place de dessinateur de cette Académie à Chaufourier, et la fit donner à M. Bouchardon en 1736.
(1) Nous devons à Tobligeance de M. Niel, bibliothécaire dtt ministère de rintérieur, la connaissance d'un curieux volume exéculé par Chaufourier et conservé dans cette bibliothèque. C'est un recueil in-folio, relié aux armes du duc d'Antin, et composé de vues et de plans du cbftteau de Petit-Bourff, qui lui appartenait, comme on sait. Nous y remarquerons que dans une pièce se trouve accroché au mur VEliéur et Rebecca^ de Yéronëse , qui faisait partie du cabinet du roi et qui est maintenant au Louvre. Comme le duc d'Antin était garde de ce cabinet, — c'est lui qui a fait faire en 1709 et i7i0, par Jacques Bailly. rinventaire dont l'impression serait si désirable — il était tout simple, à cette épooue, au'ii mtt chez lui ce qui lui convenait. Un petit boudoir est plein ae petits tableaux ayant sans doute la même origine ; mais on ne les peut reconnaître, et c'est dommage, car ce seraient de nouveaux renseif^oements pour l'histoire de quelques morceaux de la collection.
Chaufourier se voyant peu occupé, prit son parti et ne tarda pas à se retirer à S^ Germain en Laye pour y vivre tranquillement. Il y est mort le 27 9>*« 1757, âgé de 83 ans. 11 y avoit épousé une fille du célèbre graveur G. Edelinck, et il étoit Parisien. J'ai appris de lui à dessiner. 11 a gravé quelques petites planches de veûes des environs de Paris, dans le goût de Leclerc ; mais, s'il n'avoit fait que cela, il ne mériterait guères d'être nommé.
CHAUYEAU (frahçois). S'il y a du mérite à bien exécuter en graveure les ouvrages des plus excellens maistres, et à en imiter parfaitement toutes les beautés, il y en a certainement davantage à travailler d'après ses propres desseins, puisqu'il faut alors posséder en même temps des talens diflérens, celuy de la graveure et celuy du dessein, et que la partie de l'invention, qui n'est pas moins nécessaire, demandant plus d'esprit que celle de l'exécution, qui ne consiste le plus souvent que dans la pratique, il est plus rare de rencontrer des génies qui y réussissent, et tels que Tavoit appris François Ghauveau, celuy dont l'on a rassemblé icy les ouvrages. 11 avoit appris le dessein dans sa jeunesse, sous Laurent de la Hire, un des meilleurs peintres qui fussent alors, dans l'intention d'embrasser la peinture; mais l'exemple de son maistre, qui gravoit à l'eau forte avec succès, luy ayant lait naistre l'envie de manier la pointe (c'est l'outil dont on se sert pour graver à l'eau forte], et y ayant trouvé de la facilité, insensiblement il se tourna du cAté de cette profession. Après avoir gravé quelques tableaux de son maislre, il hazarda de graver de ses desseins ; ce qui luy ayant réussy, il ne pensa plus à graver d'autres productions que les siennes, n avoit une imagination extrêmement féconde, il disposoit agréablement ses sujets, il les inventoit avec une facilité merveilleuse, il ne s'en tenoit pourtant presque jamais à ses premières idées, car après avoir jette sur une ardoise ou sur le papier ce que le
premier feu de son génie luy inspiroit, il refbçoit, il le reforrooit une infinité de fois jusqu'à ce qu'il l'eût réduit au point où il le souhaittoit. Dépouillé de toute prévention, ilaroit autant de peine à se satisfaire qu'il étoit propre à saisir les pensées de ceux qui le faisoient travailler : souvent même, en les exprimant teUes qu'on les luy avoit montrées, ily adjoutoit de luy-mème certaines circonstances poétiques qui les relevoient infiniment; de là vient qu'il réussissoit si bien dans les sujets romanesques, de sorte que ce qu'il a gravé dans ce genre n'est pas moins propre à exciter la curiosité de ceux qui les regardent et à les remplir d'idées magnifiques et extraordinaires, que la lecture mesme des romans dont elles font l'ornement, et l'on peut dire avec assurance qu'il y entre encore plus de poésie que de peinture. Ghauveau avoit un esprit assez cultivé pour un homme de sa profession, il étoit extrêmement laborieux, il ne s'est presque point fait de livre considérable de son temps où il n'y ait quelques planches de sa main, et il étoit encore fort occupé à dessiner pour d'autres graveurs, et même souvent pour des peintres qui luy demandoient secrètement des desseins de tableaux dont ils se faisoient honneur. Il étoit conseiller dans l'Académie royale de peinture et de sculpture lorsqu'il mourut en l'année 1676.
CHEDEL (QuimiN-PiERiiE], graveur, né à Gbàlons, mort à Paris, en 1762, âgé de 57 ans.
CHERON (éusàbeth-sophib). Une suite d'étude de testes» de pieds et de mains, extraites des plus beaux ouvrages de Raphaël, d'Urbin en trente-six planches, gravées par W^ Gheron, de la même grandeur que les tableaux originaux. — Il y en a du moins trois gravées par N. Henln, et avec cette marque N. H., l'autre est une teste qui peut être de M"« Chéron. Ges desseins, qui sont à H. Grozat, sont à la sanguine, et je les crois plustost dePolidor que de Raphaël.* M. de Piles
les apporta de Portugal avec beaucoup d'autres de même ëcole,
— M^^'' GhéroD, par Ghereau. Ce portrait a été gravé pour H. Le Hay, pour être mis à la teste des ouvrages de cette illustre personne; mais M. Le Hay étant mort et sa succession étant fort derrangée, il n'a pas encore paru (I).
GHERON (FBA9Ç0IS) est un des meilleurs graveurs en creux que nous ayons eu. n a gravé les médailles de Piètre de Gortonne, du Bemin et de plusieurs autres artistes, étant à Rome, dont je fois grand cas. Je crois qu'étant revenu en France, il y mourut, n étoit à Rome vers l'année 1670, et il y a demeuré du temps. J'écris ceci pour que la mémoire d'un si habile artiste ne se perde pas tout à fait.
GHERON (u)uis), de Paris, né en 1660, frère d'Élisabeth- Sopbie Gtaeron, a fait plusieurs choses dans sa jeunesse qui promettoient beaucoup; il avoit du génie; ce qu'il a gravé, entre autres la suitte de sujets tirés des Pseaumes de David, en est une preuve, mais il n'a jamais sçu peindre de bon goût de couleur; la religion reformée qu'il professoit l'obligea de sortir du royaume ; il se réfugia en Angleterre, en 1695, et s'établit à Londres, où je pense qu'il est mort de-
(1)«0d reconnoit aisément les femmes coquettes à la manière de s'habiller, au monde qu^elles reçoivent chez elles, à leurs domestiques, à leur façon de parler ; mais on les reconnoit aussi au nombre de copies qu'elles font faire de leurs portraits. Une de ces femmes s'étant fait peindre un jour par M"" Le Hay, elle fit faire cinq copies de son portrait. « Eh! mon Dieu, dit un cavalier, pourquoi cette femme fait-elle faire tant de portraits? — Quoniam multiplicaUB sunt iniquitates ejus^ dit affrëablement M^^' Le Hay. » Fure- Uriana, p. 348. — M. Jean FermeVhuis, régeot de TAcadëmie de médecine et honoraire de celle de peinture, a laissé d'elle un éloge assez rare, Paris, Foumier 1713, in-8; on recourra plus facilement à d'Argenviile (IV, 330), et à Piganiol, article Saint-Sulpice (YII, 340-3);
puis quelques années, environ Fan 1715. -— U est mort d'à* poplexie à Londres, en 1713.
ŒIÂRI (giuseppe), de Luques, mort à Rome, d'une attaque d'apoplexie, le 7 septembre 1727, âgé de 73 ans. Il a élé inhumé dans l'église de Sainte-Susanne. [GaxeiU du tnoU de septembre 1727.] — Le Ms. Pio dit effectivement qu'il étoit né en 1654, le 18 mars. Son portrait, chez M. Crozat, venant de la collection de Pio, dit de même.
CHODOWlECKl. — DCh^K Marque qui se trouve sur quelques petites planches qu'a gravées à Berlin le peintre D. Chodowiecki, et qui sont spirituellement faites. Ce sont des caprices (1).
CHRISTOPHE (JOSEPH), peintre, professeur en l'Académie royale de peinture, né à Verdun, fut receu académicien en 1702. Description de F Académie, p. 194. U est élève de Bon Boullogne; mort en 1748 ou 1750.
CIAMBERLÂNO (luga). Estampe de S. François recevant les stigmates d'après le Baroche. Franciscus Villamena nuper à se sculptam denuo scalpendam curavit, etc. Romae, etc.; anno sesquimillesimo nonagesimo nono. Luca Cianberlano fe. Même côté de gravé que l'original et môme inscription. II en faut conjecturer que Ciamberlan est disciple de Yillamena.
ClAMPANELU (mighele-angelo), fit un tableau pour l'en-
(1) Pour le catalogue de Fœovre gravé de Chodowiecki, voir Heineken, t. IV, et les indicatioDs qu'il donne, et aussi le catalogue postérieur de Jacobi : Chodowiecki's Werke oder Verzeichniss sammtlicber Kupferstiche, welche Ban. Chodowiecki verferligt. Verfasst, chronol. geordnet und herausg. Von Jacoby. Mit dem Bildniss. Berlin, 1814, in-8.
trée de la grande duchesse Christine de Lorraine à Florence, en 1588, et» comme il fut mis à la porte du palais, et vis à yîs de celui du Poccetti, il faut croire que le Giampanelli étoiten réputation de bien faire.
GIAMPELLI (agostino). Il devoit être, quand il mourut, bien plus âgé que ne le fait ici le P. Orlandi (le P. Orlandi le fait mourir vere 1640, âgé de 62 ans); car, suivant soa compte, il seroil né en 1578, et cependant, en 1588, il fut employé dans les décorations qui se firent h Florence pour l'entrée et les nopces de Christine de Lorraine, épouse du grand duc Ferdinand l*^ 11 fit un des tableaux qui entrèrent dans ces décorations; c'étoit, il est vrai, l'ouvrage d'un jeune bomme, mais ce ne pouvoit être celui d'un eniant de dix ans. n n'étoit pas encore sorti de l'école de Sanli Titi. La faute vient de ce que le P. Orlandi, de son propre mouvement, fixe Tannée de la mort de Giampelli à 1640. Le Baglione s'est contenté de marquer qu'il étoit âgé de 62 ans à sa mort; reportez-la dix ans plus tost que ne l'a fait le P. Orlandi, les choses se retrouveront dans l'ordre. Le Ciampelli né en 1568 et étant ftgé de 20 ans en 1588, il étoit en état de faire les ouvrages énoncés ci-dessus. Peut-être aussi le Baglione s'est mépris sur les années que le Ciampelli comptoit au jour de sondécès, et qu'au lieu de 62 ans, il faut lire 72.
CIARTRES.— F. L. D. Ciartres, c'est-à-dire François Langlois dit Ciartres, étoit un marchand d'estampes à Paris et n'a jamais gravé.— François Langlois, dit Ciartres, parce qu'il étoit natif de Chartres.
CIBO, Monaco deïï iêole d^Oro, appelé en françois le Monge des isles d'Or. Voyez ce qu'en rapporte du Verdier dans sa BMioihique, p. 884.
aCCHINI (tobia), aquilano. J*av yeu une estampe, d'après ce peintre* représentant un Christ mort, étendu sur les genoux de la S** Vierge, et je Juge, à sa manière, qu'il est disciple de Pompeo Aquilano, d'après lequel il y a eu plusieurs estampes gravées.
CI6NAR0LI (610 : battista) de Vérone, est disciple de Santo Prunato, peintre de Vérone, et il lui fait honneur, n est né en 1706, et il jouit d'une réputation méritée, n a du génie. Ses compositions tendent au grand et sont agréables. C'est une suite du goût qu'il a toujours eu pour la poésie. Ses tableaux sont recherchés. Quelqu'un m'a voulu persuader qu'ils ne brilloienl pas par la couleur. Il m'a fait un dessein d'une fuite en Egypte, qui a plu à tous ceux auxquels je l'ai fait voir. 11 a rassemblé tous les desseins qu'il avoil faits, et en a composé trois volumes qu'il a fait relier. Il est déterminé à n'en détacher aucun, et il s'est refusé à la proposition que je lui faisois faire de m'en céder encore au moins un ou deux, n faut s'en consoler. — 11 est mort à Vérone en 1770, le 1^ décembre. Vid. Longhi^ vit. de pitt. venez.
— GioBettin(l]Cignaroli (2), pittor veronese,chenelcorrente anno 1765 conta l'eta di cinquanta nove anni, nacque in Verona di Leonardo Cignaroli onesto negoziante e di Rosa Lugiati sua moglie. Sinoall' eta d'anni quindeciattese alli studi délie belle lettere, passando poi nellascuoladi Santo Prunato pittor veronese ad altendere alla piltura, non tralasciando pero d'erudirsi nelle scienze e nozioni universali. Nudriva un gusto non ordinario nella poesia, onde con sorpresa uni-
Ci) Battista, écrit Mariette entre parenthèses.
(^) Cet article, écrit sur les deux côiés d*une feuille de papier italien, en caraclëres trés-menus ei très-élégants, est de la main du Cignaroli lui-même, et a été envoyé par lui à Mariette, qui Ta mis dans son exemplaire du P. Orlandi.
Tersale s*udiva in quell* eia rispondere io vers! ad ogoi quesito, talcbe sino a Parigi ne fu fatta menzione in un libro intitolato le Pour e Contra (1). Esso, pero che andava ail' eccellenza délia pittura, si scanso a poco a poco del verseggiare, solo, oltre il disegno, occupandosi ne' studj di prospetliva, architettura, ne lasdando di sempre piu erudirsi l'animo su' ilibri.
L'opère di lui fatte sono in gran numéro, atteso che, nuUa altro gustando fuor délia pittura, sempre in essa s'impiega. Lasciando da parte le opère private da lui dipinte, si acceneranoo solamente le fatte per vari sovrani e personaggi di conto, indi quelle cbe sono esposte al pubblico in varie cilta, non facendo nemmeno menzione délie poste nelli territorj e chiese di campagna che non sono poche.
Le pitture dipinte a sovrani sono le seguente :
Parigi. Nelli gabinetti di Sua Maesta due quadretti con S. Luigi, e S. Adelaide ordinategli dalle defonta duchessa di Parma.
Madrid. La tavola ail' allar maggiore del tempio deUe Salesiane fatla per commission del re defonto.
Âltra tavola nelle regia capella di S. lldefonso commessa deUa Real Madré di S. M.
Altra tavola per il principe abate délia Mirandola.
Russia. Per S. M. l'Imperadore un Angelica e Medoro.
Pietro burgo. Per il baron di Strogonof una Tamar.
Mosca. Per il felt-marescial Rozomousky la favola d' Io.
Pietroburgo. Per il conte di Scaulorof N. Signora col bambino.
Yienna. Per S. H. il fù Imperator una Venere.
(i ) Il est facile de reconnaître le Pour et le Contre^ le journal in-i 2 de l'abbé Prévost. On trouve le passage, dont Cignaroli se souvient avec unt de plaisir, dans le tome III, 1734, in-li, p. 242-8.
Yersovia. Per S« M. il re présente due quadri, cioè Danae ed uoa Leda.
Torino. Per S. M. due quadri, N. Signora ed un San Giovanni.
Anhali-Dessau. Per il principe Leopoldo un quadro con una mendica.
Colonia. Per Teleltor deffonto un Davidde.
Fiandra. Per il duca d'Ârembergh una Susanna.
Panna. Per S. Âltezza il Real deffonto duca una figura dell* lanocenza.
Roma. Per il lu cardinal Yalenti N. Signora col bambino.
Milano. Per il conte di Pirmian due quadri, cioè la morte di Socrate ed il fine di Gatone; et in Salisburgo un quadro al fratello del sopradetto.
Naistad. Per il vescovo e principe M' Âllevain una Susanna ed una Maddalena.
Ungberia. Per il conte Estherasi due quadri.
Pressanon. Péril cardinal ed arcivescovodi ViennaMigbazzi la tavola d'altar con S. Giovanni Nepomuceno.
Gorizia. Per quel M' Arcivescovo d'Athènes una tavola d'altare.
Parigi. Per il cavalier d'Autroche una Danae.
Venezia. Sono suoi dipinti ne palazzi Corner, Pisani, Barbarigo, Pesaro.
Londra. Per il cavallier Le Crevé Ettore cbe si licenzia da Andromaca e per M. Udny una Susanna.
Oltre le sopradette moite altre opère sooo appresso cavallieri in varie citta d'italia, fuori cbe si tralasciano per noverar le dipinte o iD publico, in tavole d*altare, o in vaste tele, cbe sono le seguenti.
Iq Yeronna 14, Maotova 1, Yiadana 1, Casai Maggior 1, Chioggia 1» Yicenza 2, Yenezia 2, Brescia 3, Crema 2, Bergamo 15, Parma 3, una dei quali è la fuga in Egitto, di cui lo schizzo, molto pero vario dal dipinto, è in poter di un ca-
vallier francese (ly Piacenza 2, Pontremoli !♦ Pisa 1 , Trento 3, Modena 2, Ferrara 2, S. Benefletto nel Po 1 , Lonato 1 , Chiari 1 , Bovato 1, Possolengo 1.
Il carattcre o sia costumo del CignaroU è ingenuo, sciolto e unicamente propenso allo studio dell' arte sua, senza pero affeltar astrazione di mente. Ha egli rkusato di gire al servizio delli Sovrani, ove con larghe offerte piu volte è stato inyitato. In riguardo alla pittura egli si sforza di cercar Tottimo in ogni parte ad essa spettante, maravigliandosi di coloro, che ad una seccola attenendosi, Tarte non curano. neutre, corne dice, è segno di somma stoltezza il non conoscere le qualita cbe anno in se, benche diverse, la scuola romana, ▼eneta, lombarda e bolognese, etc., questo quanto, etc.
— Il a oublié de me dire qu'il avoit un frère sculpteur qui, dans la chapelle de S. Vincent Ferrier, dans Téglise de S. Dominique à Ferrare dont le tableau d'autel est du CignaroU, a fait une figure en marbre qui symétrise avec une autre qui est un ouvrage de Canoli, autre sculpteur de Vérone. PUiure di Ferrara^ p. 63.
CIOLI (vALERio]. Il fut employé comme sculpteur aux décorations pour l'entrée de la grande duchesse Christine de Lorraine à Florence, en 1588. Voyez la description imprimée de cette fête en 1589.
CIRO FERRI. M. Crozat avoit dans sa collection le portrait de Ciro Ferri dessiné ; il Ta voit eu du sieur Pio, et voici Tinscription qui y avoit été mise : Cirus Ferri, pictor el architectus ramanus natui anno 1628, obiit anno 1692. J'ai sa médaille faite par le Soldani avec cette légende : Cyrus Femis
(1) Mariette a ajouté entre parenthèses son propre nom, M. MarieUe.
pictor et archit. statis 46. 1680. U faut s'en tenir à la datte de la médaille. Elle se rapporte à celle qu*a suivie le Pascoli dans la vie qu'il nous a donnée du Ciro, dont la mort arriva le 13 septembre 1689. Voyez aussi Tabrégé de sa vie dans le t. 3 du recueil des portraits des peintres de la galerie de Florence. Le P. Orlandi commet la plus insigne bévue lorsqu'il lui met le burin à la main, et qu'il lui fait graver diverses pièces de son dessein et de c^lui d'autres mattres. Jamais le Cire ne mania la pointe ni le burin. U se contenta de faire des desseins pour l'usage des graveurs, et peut-être s'en occupa-l-il trop souvent; c'est un reproche qu'on a à lui faire.
— Adam rendant grâce à Dieu après la création ; J.-C. prêchant sur la montagne; transfiguration de J.-C; descente du S. Esprit; Christine, reyne de Suède, aux pieds de la Religion, laissant derrière elle la Suède affligée, et accompagnée de l'Erreur et de la Discorde, d'après Cyre Ferre. Ces vignettes ont été placées dans un livre intitulé : Alla sacra Real maesta di Christ. Reg. di Suezia libro po dell' opéra intitolata Difesa délia divina providenza contra inimici délia vera relligione, composta dal P. N. Max. Palavicino, Rom» 1679. — J'ay ces desseins originaux (1) sur lesquels ces belles pièces ont été gravées par Roullet. On ne peut rien de plus agréable ni de plus fini. Roullet a apporté le même soin à ces planches, et je crois que, quand il ne l'auroit pas voulu, les desseins l'y auroient obligé. Le Cyre les faisoit sans doute pour la reyne de Suède, et il y mettoit tout ce qu il scavoit faire. J'ay vu une première esquisse du sujet où il a représenté Christine aux pieds de la Religion. U n'auroit pas fait plus d'étude
(1) N« 387 du catalojrue de Mariette; vendus 145 livres. Les six feuilles sur lesquelles MarieUe avait disposé ses dix-ueuf desseins sont arrivées au Musée du Louvre. (N» 2440 à 244S de Tinventaire des dessins.)
«76 pour un tableau. C'est M. Ghubéré qui a cette esquisse.
CnTADlNI (cARLo) peignoit en petit, et s'y est fait une réputation. Il florissoit, suivant le Masini, 1. 1, p. 617, en 1650, et voici comment il s'explique sur le compte de cet artiste : Nel dipingere figure piccioh vien moUo commmicUo.
GLANY (JEAM de), ou de Glagny, ne s'étoit jamais exercé qu'au crayon, plustost encore d'un instinct naturel propre en luy et incliné à la portraiture que par art acquis; néanmoins il a conduit assez heureusement le Louvre de fond en comble, comme on le voit, combien que ceux qui sont versés en l'art y remarquent tout plein d'erreurs tant par dedans que par dehors, et, à la vérité, ces grandes pièces méritent bien de passer par les mains de ceux qui ont fait leurs apprentissages et coups d'essais en d'autres moindres, suivant le dire commun italien Guastando s'impara. C'est la remarque que fait Biaise de Yigenère dans ses notes sur les tableaux de Philostrate, p. 855, et il le nomme feu M. de Glany ; il en résulte que ce dernier ne vivoit plus lorsque Yigenère écrivoit. La seconde édition, ornée de planches , du Philostralp , est de 1614 ; mais il doit y en avoir une précédente. — La première édition a paru sans figures en 1578 ; Bibl. de La Croix du Maine (1).
— ^11 se nommoit Pierre Lescot, seigneur de Lisy et deClagny. Il éloit conseiller au parlement, abbé de N. D. de Clermont, et chanoine de N. D. de Paris, en 1554 (2). Il mourut le 10 janvier 1578, et est inhumé dans cette dernière église.
(i) Dans cette première édition ne se trouve pas le passage relatif à Pierre Lescot.
(2) Sauvai, dans le volume des preuves de son Histoire de Paris^ parle (p. 80) d'une pièce très-curieuse, tirée du répertoire des Chartes de Véglise de Paris^ qui est une permission faite par le chapitre à Révérend Père en Dieu, maître Pierre Lescot, seigneur de
Le roy François 1*', par commission du 4 août 1546, Tavoit choisi pour avoir la conduite du nouveau bâtiment du Louvre, dont led. s' de Clagny a voit donné les dessins, employ dans lequel il fut maintenu par Henry II après la mort de François !•', par des lettres du 15 avril 1547.
GLÂUDION. Gaude-François , neveu d'Adam le
sculpteur et son disciple, est né à Strasbourg, et se distingue dans la profession de sculpteur qu'il exerce. U y a des modèles en terre cuite de lui , qui sont tout à fait bien ; ses tours de figures sont agréables; ils ont de la souplesse et sont remplis de grftce. Il est resté à Rome dont le séjour lui platt, et où il n'est pas sans occupation. U est connu sous le nom de Claudion. — D est de retour en France cette année 1T71.
CLEEF (GUILLAUME de), frère de Henry et de Martin, peintres comme luy à Anvers; il leur survéquit et mourut iort vieux. Voyez l'article de Martin de Cleef. — W. C. L E. F. - 1. 5. 8. 6. Ces lettres se voyent au pied d'une estampe gravée au burin , aux Pays-Bas , laquelle représente la sainte Vierge assise, et jettant les yeux sur l'Enfant Jésus qui est sur ses genoux , et tient un oyseau attaché au bout d'un fil. On dit dans le pays que c'est un ouvrage de Guillaume de Cleef, et que ce sont les premières lettres de : WilUlmuê Clevensis invenii et feciL La datte se rapporte au temps que cet artiste viyoit. La Vierge est assise sous un portique, et l'on
Clagnî, conseiller et aumônier ordinaire do roi, abbé de Glermont et chanoine de Notre-Dame, d*étre reçu chanoine de ladite église avec sa barbe, par protestation que ladite permission qui s'en en suivra, soit sans aucunement innover, déroger ni préjudicier aux statuts, privilèges et coutumes de Féglise. Le mercredi douzième avril 1556. — Son èpilaphe dans Gueffier, Cuk de féglise de Parité 234-5.
voit dans le fond» au travers d'une porte et d'une fenêtre ou* verte, l'intérieur de sa chambre. Grandeur de l'estampe, 10«2'H.8o4'tr.
CLEEP (MARTIN de) ou de Glèves. J'ai quelques pitees gravées par les Wierix, d'après des dessins de ce mattre, et entr^autres une suite de huit morceaux qui représentent les différents états d'un champ que son propriétaire a converti d'une forest, dont il étoit planté dans son origine, en un champ de bled. Les compositions qui , dans leur simplicité , ont de l'agrément , sont dans le goût du vieux Breughel , et l'on y peut prendre une idée assez juste de la manière et de l'habileté de Martin de Glèves, qui, dans son temps, a joui d'une réputation. 11 est désigné sur ces estampes par cette marque (M. V. G. en monogramme). Martin, Henry et Nicolas étoient frères.
CLEF (joAs). G'est Josse de Glèves« Yasari en parle en ces termes : Gios de Glèves étoit un grand coloriste qui peignoit parfaitement bien les portraits. Il en fit plusieurs pour le roy de France. Yasari , t. 3, p. 368.
GLERION (JACQUES). Il y a plusieurs de ses ouvrages dans les jardins des maisons royales, et, lorsqu'il se fut retiré en Provence, il eut la maladresse de vouloir lutter avec le célèbre Puget , et à force d'intrigues, il emporta un ouvrage qui étoit destiné à ce grand homme, mais qui heureusement n'eut pas lieu.
GLÉRISSEAU (jagqces-louis), né à Paris en 1718» se destina à l'architecture, et ayant gagné le prix que propose chaque année à ses élèves l'Académie royale d'architecture, il mérita d'être envoyé à Rome en 1751, et d'y remplir une des places d'élèves que le roi y entretient. 11 y étudioit depuis
deux années avec fruit et avec distinction , lorsqu'une mal* heureuse affaire, qui n'avoit rien de déshonorant pour lui, mais dans laquelle il Qt paroître trop de vivacité, le brouilla avec M. Naloire , directeur de l'Académie de Rome, et le fit exclure de lad. Académie. Il y fut pourtant rétabli par la suite, après avoir essuyé une maladie qui le conduisit aux portes de la mort, et que le chagrin de se voir traiter ainsi lui causa. Il reprit alors ses études avec plus de ferveur que jamais, et, non couteut d'avoir dessiné dans Rome les antiquités que renferme cette grande ville , il se détermina à faire les mêmes recherches dans toutes les parties de l'Italie. Il alla à Naples, et il n'y eut pas un coin des environs qu'il ne fouillât. 11 se disposoit à passer en Sicile avec des Anglois qui avoient sur cela de grands desseins demeurés sans exécution. M. Adam^ architecte anglois, fut plus heureux. Ils partirent ensemble à% Venise au mois de juillet 1757, et se rendirent à Spalatro, sur les côtes de la Dalmalie, ville célèbre pour avoir servi de retraite à Dioclétien lorsqu'il eût abdiqué l'empire. Glérisseau y dessina avec autant de goût que de précision les restes du vaste palais que cet empereur y avoit fait construire , et , de retour à Venise , il présida aux gravures qui en furent faites par le Bartolozzi , le Santini , et d'autres artistes, et il mit M. Adam en état de publier son ouvrage, qui a paru à Londres en 1764. Celte entreprise terminée , il s'en présenta une autre qui n'auroit pas été moins intéressante. Des Anglois lui proposèrent de passer avec eux en Grèce, et d'y prendre les dessins des antiquités, dont on n'avoit pas encore donné de représentations, et peut-être la moisson eût été abondante. Ce projet échoua, et Clérisseau, après avoir beaucoup travaillé pour l'abbé Farsetti, qui lui demanda des projets de bâtiment , dont l'exécution étoit audessus des forces d'un particulier, à en juger par les dessins que Clérisseau m'en a fait voir, ce dernier se détermina à revenir en France; il prit son chemin par la Provence, et,
toujours avide d'antiquités, il dessina dans un grand détail, en 1767, les diflérents vestiges d'antiquités qui subsistent dans nos provinces méridionales. Son dessein , en faisant ce travail , est d'en foire part au public par le moyen de la gravure. Il avoit pareillement résolu, étant à Rome, de donner une nouvelle édition des antiquités qu'a publiées autrefois Desgodetz, et de la purger de nombre de fautes que cet architecte, à l'entendre, avoit commises dans ses mesures , ce que j'ai peine à croire, vu l'exactitude scrupuleuse dont se piquoit Desgodetz. Mais, quoiqu'il en soit, je crains fort que tous ces grands projets n'aboutissent à rien par la difûculté de trou* ver des graveurs , et par les dépenses énormes qu'entraînent avec elles des entreprises pareilles. Glérisseau est arrivé à Paris en 1768, et jusqu^à présent je ne le vois occupé qu'à faire pour l'Angleterre des dessins de ruines , qu'il compose de son invention , et qui lui sont très-bien payés : si j'avois quelque chose à y reprendre, ce seroit un peu trop de pesanteur. Du reste, ils sont faits avec intelligence. J'en ai deux qu'il m'a envoyés d'Italie, qui sont fort beaux ; les figures en sont dessinées par un Vénitien nommé Zucchi, actuellement en Angleterre. Il s'est présenté, en 1769, pour être admis dans l'Académie de peinture, en qualité de peintre d^architecture ; et, sur des morceaux peints à gouache qu'il a fait voir, il a été reçu sur le champ tout d'une voix. En 1771, il a passé en Angleterre, et c'est ce qu'il pouvoit faire de mieux. Il ne restera pas, comme à Paris, les bras croisés.
CLOUET (FRANÇOIS). Son nom étoit François Clouet et Janet son surnom. Sur la médaille que j'ai , il est nommé : lEHANNET CLOVET PICTOR FRANC. REGIS, et il faut s'en tenir là. M. le Maréchal de Vieilleville parlant de certaines médailles qu'il avoit répandues en Allemagne, et sur lesquelles il avoit fait mettre d'un côté le portrait de Henry 11 , et de l'autre celui de Catherine de Médicis , dit, et cela dans
rintention d'en faire connottre Texcellence : a La reyne s'y vit a si bien représentée, que le plus habile peintre de France <r ne l'eut sçu mieux pourtraire avec le pinceau, par la con- <x fession même de Jannet , le plus excellent ouvrier de ce a temps-là. » C'étoit en 1558, et cela montre combien étoit grande la réputation dont jouissoit Jannet à la cour de France. Je pense, au reste, que l'ouvrier, qui avoit fait ces médailles pour M. de VieiUeville, étoit Pierre Woeiriot, graveur et orfèvre lorrain , le même qui grava en 1564 le portrait du mènae maréchal. Ce qui me le persuade, c'est qu'elles ont été faites en Lorraine pour le gouverneur de Metz , et que j'ai toujours soupçonné Woeiriot de n'avoir pas fait sa principale profession de la gravure en taille douce, ainsi que beaucoup d'orfèvres de son temps, qui tous ont gravé et fait des médailles. Il falloil alors plus d'une profession pour faire subsister un artiste, surtout quand c'étoient des professions où l'ouvrier pouvoit être employé par toutes sortes de gens. Hém. de YieilIeviUe, tome IV, p. 125 (1).
GLOVIO (dom giclio). Voici son épitaphe rapportée par Ciaconius, tome IV des vies des papes et cardinaux, p. 545 : a D.O.M. — Vrbano VIII. pont. max. — Laudiivio Zaccbia « cardinal! titulari (id est Eudoxisc). — Domino Julio Clovio a de Croatia — Ex canonicis regularibus S. Pelri ad vincula a — Pictori eximio, principibus cbaro— Inquodiligentia in a minimis maxima — Conspiciia gratia , immortalis gloria « Yixit ad ultimam senectutem operando — Et Roma mor-
(i) Dans le premier volume de son ouvrage, la Renaissance des arts à la cour de France^ M. de Laborde a publié sur les trois Clouet les renseignements les plus nouveaux et les plus précieux. M. Salmon a retrouvé depuis une pièce où Janet figure avec sa femme, qui était la fille d'un orfèvre de Tours; nous avons le plaisir d'annoncer qu'elle sera publiée prochainement dans les Archives de l'Art français.
« tuiu in bac basilicA tumulatus. — Canonici ReguL olim ff socio suo P.P. i>, ce qui ne doit point s'entendre de la mort de Dorn Giulio ; ceci est une mémoire plutôt qu'une épitaphe, et la date marque le temps qu'elle a été posée ; il y avoit pour lors déjà longtemps que Dom Giulio étoit mort. Félibien le fait mourir en 1578, ftgé de 80 ans. T. I, p. 700. ^ Borghini le dit aussi , p. 533.
— On voit à Naples, dans le palais du roi, un livre de prières qui a appartenu à la maison Faroèse, et qui est enrichi d*un grand nombre de miniatures qui sont peut-être ce que Dom Clovio a fait de plus beau. Elles y sont répandues en grand nombre. On y lit à la fin cette inscription : Julius Clovius Macedo monumenta hœc Âlexandro Famesio cardinali domino suo faciebat. MDXLVl.
COCHIN (NICOLAS), deTroyesen Champagne, étoit fils d'un peintre sur verre, et il exerça luy même celte profession avant que d'embrasser celle de la graveure. Gomme il ne manquoit pas de génie , et qu'il dessinoit en petit avec assez de facilité, il se proposa d'imiter la manière d'Etienne de la Belle, sur les dessins duquel il a gravé quelques planches qui ne sont pas de ses moindres ouvrages. Ceux de son invention où il réussissoit le mieux étoient des campements, des sièges, des batailles et tout ce qui concerne les actions militaires ; il les accompagnoit de paysages qu'il gravoit avec beaucoup de propreté.
— Noël R. Gocbin François, établi à Venise, excelloit à dessiner et à peindre le paysage. J'ay quelques dessins de paysages de luy, que j'estime beaucoup. 11 vivoit dans le milieu du 17« siècle. — Le graveur du même nom et de la même famille, qui se nommoit aussi Noël ou Nicolas, et qui a gravé dans la manière de la Belle, est mort à Paris, où il étoit établi , on dit vers Tan 1648, Agé de 80 ans. L'abbé de Vill^ loin ne rappelle jamais que Nicolas , et l'on doit s'en tenir à
ta
son témoignage, n étoit son contemporain et son ami. Il éloit né à Troyes en Champagne.
— Noël Cochin, de Troyes, a gravé en 1660 pour le Puffendorir.
COCHIN (CH.-mcoLAS), le père , mort en 1754, Agé de 66 ans.
COCHIN (CHARtES-ncotAs], dessinateur et graveur, est né k Paris, en 1715, et a été instruit dans son art par son père, qui s'est lui-même fort distingué dans sa profession. Ses premiers ouvrages lui assurèrent de très-bonne heure une repu* tation qui s*est fort étendue, surtout depuis qu*il eut pris des liaisons avec plusieurs de nos beaux esprits qui ont pris à tâche de le célébrer. Il se Ht connotlre de Mad. la Marquise de Pompadour, qui, ayant résolu de faire faire à son frère M. le Marquis de Marigny, pour lors appelé simplement H. de Vandières, le voyage d'Italie, pour y prendre le goût des arts , et se mettre en état de remplir dignement la place de directeur des bâtiments du roi, qui lui étoit destinée, et voulant lui former une compagnie qui le servît utilement dans ce projet , jetta en particulier les yeux sur M. Cochin. Il accompagna donc M. de Vandières dans celte course, et revint avec lui en France en 1752, dans l'année même que mourut M. Coypel , auquel il succéda dans l'emploi de garde des dessins du cabinet du roi. Quatre années après, Lépicié, secrétaire de l'Académie royale de peinture, mourut encore, et Cocbin fut choisi pour remplir la place qu'il laissoit vacante, et qu'il étoit digne d'occuper, tant parce qu'il a le talent d'écrire, que parce qu'il a de la souplesse dans Tesprit , et, s'il faut le dire, du manège. Il s'y est soutenu et est parvenu à acquérir la confiance de M. do Marigny, qui , dans ce qui concerne l'Académie, ne fait rien que par son organe. Celte situation , qui est assurément très-flatteuse , lui a fait
sacrifier les talenls qu'il avoit pour la gravure ; et, depuis cette époque, il n'a presque plus manié la pointe ni le burin, il s'est contenté de dessiner et d'affecter dans ses dessins d'y mettre ce qu'on appelle do la grande manière. Mais il y a des gens qui regrettent celle qu'il s'étoit faite autrefois, et qui , pleine de gentillesse, paroissoit lui avoir été dictée par la nature seule. Je n'en puis dire davantage ; mais quand je considère le dessin, dans lequel il a représenté l'audience que le roi donna à l'ambassadeur de la Porte Ottomane dans la grande galerie de Versailles, et que je le compare à ces comportions allégoriques qu'il fait graver pour en enrichir la dernière édition de l'abrégé chronologique du président Hénault , il me semble que ma réflexion n'est pas hors de place. Il a donné, conjointement avec Le Bas, les gravures des tableaux des ports de mer de la France, qu'a peints M. Vemet, et il a arrêté sur le cuivre le trait de toutes les figures qui y entrent; c'est la seule part qu'il ait à ces planches parfaitement bien exécutées (1).
CODAZZO (nicolas-viviani), peintre d'architecture et de perspective, de l'Académie royale de peinture et sculpture de Paris, mort à Gennes, le 3 janvier 1693, ftgé de 46 ans. Gist en l'église de San Vitto. Communiqué par M. Bejnez.
ÇOEDYK , peintre hollandois, dont il y a deux tableaux dans le cabinet de M. Braemcamp, à Amsterdam , dont il est parlé avec le plus grand éloge , par l'auteur de la description de ce cabinet, l'un des plus considérables de la Hollande; ils sont composés et peints dans la manière de Gérard Dow, et
[Vt Pour Tœuvre gravé par et d'après Cochin fils, il a été détaillé avec le plus grand soin par Jombert dans un volume spécial, in-8, 1771, et, pour les gravures publiées depuis 1771, elles se trouvent dans le tome IV de Heineken.
Ton nous a^ure qu'ils vont de pair avec eux pour le terminé du pinceau. Il est assez surprenant qu'aucun de ceux qui ont écrit sur les peintres qui ont fleuri dans les Pays Bas, n'ait fait mention de celui-ci.
COELEMANS (JACQUES), d'Anvers, disciple de Vermeulen. 11 avoit dessein de passer en Italie ; mais il se fixa à Aix en . 1690, et y fut employé pendant quinze années par M. Boyer d'Âguilles, qui lui donna à graver les tableaux de son cabinet. C'est ce qu'il a fait de mieux et de plus considérable. Faute d'occupations, il devint sur la fin de sa vie un fort mauvais graveur, ainsi qu'il paroit dans une infinité de portraits qu'il fit alors. Il est mort à Aix , le 3 juin 1731, Agé de soixante à soixante-^dix ans.
COLDORÉ. Julien Fontenay, valet de chambre de Henry IV, et graveur de pierres fines, est nommé parmi ceux qui occupèrent les premiers logemens que ce prince avoit fait construire sous la grande galerie du Louvre, pour y mettre des artistes distingués dans leur profession. Les noms de ces artistes se trouvent dans l'arrêt d'établissement desdits logements. J'ai un pressentiment qu'il est le même que Coldoré; voyez ce que j'ai écrit sur ce sujet dans mon Traité des pierres gravées (1).
COLIGNON (FRANÇOIS) , né à Nancy, étoit h Augsbourg en 1631. J'ai une estampe, espèce de frise qu'il a gravée d'après une peinture de Malhias Kager, que j'estime avoir été peinte sur quelque muraille , et qui représente la reine de Saba visitant Salomon.
(1) Le n* 941, des pierres gravées de Crozat, est un portrait de Henri IV, grave par Coldorè sur une agathe.
COLINS (PEANÇOis-LOUis), de Bruxelles, est mort à Paris en 1760. Soa talent se réduisoit à faire des copies de tableaux flamands; mais il entendoit encore mieux à les nettoyer, et cela Ta voit fait choisir pour avoir l'entretien de ceux du Roi, conjointement avec la veuve Godefroy. Quelqu'expérimenté qu'il fut, il y avoil toujours beaucoup à risquer pour les tableaux qui passoieut sous sa main , car tout tableau nettoyé est un tableau gftlé; chose dont les marchands ne conviennent jamais, mais qui n'en est pas moins vraie. Il se piquoit aussi d'être grand connoisseur; il l'éloit, mais ce n'étoit guères qu'en tableaux flamands. M. de Yoyer et M. de Gaigoat lui avoient donné leur conâance,
COLLÂERT. Je croirois assez que Jean Collaert seroit Tatné d'Adrien , quoy que je n'aye d'autres preuves pour le croire que celle que je tire de l'estampe du rocher, d'âpre Lambert Lombard, que je trouve gravée par Jean dès l'année 1555, et je n'en vois aucune d'Adrien avec une datte si avancée; quoy qu'il en soit, Jean a changé deux ou trois fois de manière ; il a quelquefois affecté, je crois mesme dans ses commencements, à graver d'une graueure flne comme Wierix, et d'autre fois il a gravé d'une manière aussi ferme que son frère Adrien, mais en mesme temps plus roide, témoin les chasses de Stradan ; je dis ailles qui composent la 2« partie : généralement cependant Jean a suivy la manière de son frère Adrien, beaucoup plus habile que luy et plus curieux de ter* miner ses ouvrages. Adrien mesme a trauaillé beaucoup plus que Jean, et, des suiltes qu'ils ont grauées conjointement ensemble, il en a toujours fait plus de la moitié. Au reste, Adrien étoit gendre de Philippe Galle, pour lequel il a gravé quantité de choses, et il se peut faire mesme qu'il en fust le disciple. L'épilaphe suivante, où j'ay appris cette circonstance, est gravée sur une tombe dans l'église cathédrale d'An* vers , où je l'ay copiée à mon passage par cette ville :
Adriano CoUaeri seulpicri prœelaro et Justœ Galleœ Philippi f. illius conjugi 1617. Près de là est celle de leur père ou beaupère où Ton apprend rannée de sa mort et celle de sa naissance : Philippus Galïeœut mortuui anno I6i2 œtatis 75. i'ay remarqué qu'Adrien auoit laissé un fils nommé Jean , dont on voit encore quelques pièces marquées ainsy : Joannes Adriani CoUaeri fec. Mais il est si peu habile qu*il ne mérite pas qu'on en fasse mention. Voilà tout ce que j'ai pu apprendre jusques à présent sur le sujet de ces deux artistes, dont aucun auteur n'a encor parlé,, et qui méritent pourtant qu'on fasse mention deux, quand ce ne seroit qu'à cause de la quantité de pièces qui sont sorties de leurs mains, et qui sont travaillées avec un soin infini; s'ils avoient eu plus de goût ou qu'ils eussent travaillé au moins d'après de meilleurs mattres, leurs estampes seroient beaucoup plus recherchées des curieux et leur nom plus connu. L'on voit qu'Adrien surtout a cherché à imiter la manière des Sadelers, qui estoit pour lors une de celles qui estoil la plus estimée aux Pays- Bas. Peut-être aussi Jean Collaert est-il père d'Adrien, car je n'o^erois trop assurer qu'ils fussent frères. Quoy qu'il en soit, il faut que Jean soit mort ou ait discontinué de travailler vers Tannée 1581.
— HC (e/i monogramme). Cette marque (no24cfe la Tavola Y d'Orlandi), non plus que les deux lettres H C, qui se voyent sur quelques estampes gravées aux Pays-Bas, n'appartiennent point à Hans Liefrinck ; l'un et l'autre sont les monogrammes de Hans ou Jean Collaert.
COLLE (raffaellino dal). L'abbé Tili, dans son Studio* di Pittura , édition de 1708, p. 28, remarque que ce peintre n'est point né dans le Borgo San Sepulcro, ainsi que l'a écrit le Vasari , qui en cela s'est trompé, mais dans un village nommé Colle, situé dans le territoire de Citta Castello; c*e lieu n'est pas éloigné du chemin qui conduit à Borgo San Se-
pulcro , el o*est même distant de cette dernière ville que d'une heure de chemin. Le Vasari, né en Toscane , a bien voulu, par amour pour sa patrie, lui donner cet habile peintre, et Tabbé Titi, animé par un semblable motif, a cru devoir le revendiquer pour la sienne. On voit encore, à ce qu'il assure, des ouvrages considérables de peinture de cet exicellent artiste dans plusieurs églises et palais de Citta di Castello.
COLLET (JACQUES). Un jeune homme debout , armé à la romaine tenant d'une main un étendard , et de l'autre une bouclier, sur lequel est écrit : La poverta contenta, et le nom du graveur Jac. Collet f. La conformité de nom a fait attribuer ce titre de livre à J. Gallot par quelques curieux, mais mal à propos. Il est dans la manière de Jac. Piccini de Venise et apparemment de quelqu'un de ses élèves.
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