PEINTRE DU DUC DE BERRY, GRAND ONCLE DE CHARLES VII
(!•' février 1434)
^Charles, par la grâce de Dieu, roy de France, à tous ceulx qui ces présentes leclres verront salut. Comme feu nostrc très chier et très amé oncle le duc de Berry, que Dieux absoille, eusten son vivant acquis de feu maistre Guy de Dampmartin, ou autrement, ung h08lcl assis en nos ire ville de Bourges, devant l'église de Nostre-Daine de l'Alfichault, d'une part, et de l'autre part eu une rue devant l'ostel Jehan Harpin, lequel bostel ycellui feu nostre oncle donna dès lors à Xrislofle de La Mer, son trésorier, et deppuis pour cerlaius graul reste dargent en quoy luy esloil ledit de La lier tenu et obligié, retourna et misl en sa main ledit hoslel, lequel nostre dit feu oncle bailla depuis à ung bien pain Ire, nommé Fol, natif du pals d'Alemaigne, qui est alé de vie à trespassement saus hoir de son corps ne autre qui se soit mouslré ni porté son héritier, par quoy ycelluy hoslel nous est advenu et escheu comme bien vacant. Ce non obslant uog nommé Andry le Roy, que l'en dit avoir espousèe la femme dudit Pol, a longuement tenu et occupé ledit bostel et depuis, après ce que sadile femme a esté trespassée, pour vouloir attribuer à luy ledit hoslel se tira devers le sire de Sainte Severe, en son vivant mareschal de France, et, moyennant la somme de cent escuz d'or ou environ, ou autre petite somme qu'il lui donna, comme l'en dit, traicta et appointa avecques. ledit ma-
reschal qu'i nous requeroit que lui donnissions ledit hostel, lequel, comme non adverty de ce que dit est, ne de la valeur dudit hostel, luy eussions donné, lequel depuis le transporta audit Andry par le moyen que dessuz, comme l'en dit, et à ce tiltre, ou aultre non vallable, en a ycellui Andry tousjours joy et encore joyst, et pour ce que nagaires avons eslè advisiez de ce que dit est, et que ladiete maison est une des plus grans et plus spacieuse et notable de nostre dite ville de Bourges, et peut bien valoir de deux à trois mil eacuz d'or ou environ à vendre à une foiz, et qu'elle seroit bien séant et propre pour logier l'un des seigneurs de nostre sang et lignage, savoir faisons que, eu regart aux choses dessusdictes, qui ne voulons par te les voyes estre déçeu , considérons la proximité de ligoaige dont nous actient nostre très cher et très amé cousin le duc de Bourbon, les grans, notables et recommendables services qu'il nous fait chascun jour en sa personne, icellui hostel, avec ses appartenances et appendances, lui avons donné et donnons de grâce espècial par ces présentes, comme à nous appartenant tant par les moyens dessus dietz, comme par autres causes ou moyens quelconques qu'i nous puisse appartenir, pour soy y logier et en joïr et user par nostre dit cousin, ses hoirs et ayans cause perpétuellement comme de leur propre chose. Si donnons en mandemeni par ces mesmes présentes à noz amez et feaulx gens de noz comptes, les generaulx conseilliez sur le fait et gouvernement de toutes nos finances, à nostre bailly de Berry et autres noz justiciers et officiers présens et à venir ou à leurs lieuxtenens et à chacun d'eulx, si comme à lui apparlendra, que, en faisant nostre dit cousin et les siens joïr et user de nostre dit don comme de leur propre chose, à icellui baillent et délivrent ou facent bailler et délivrer la possession et saisine dudit hostel et appartenances, et l'en souffrent joïr et user paisiblement sanz lui donner ne souffrir estre donné aucun empeschementau contraire; car ainsi nous plaist et voulons estre fait, non obstans quelconques autres dons que par inadvertance en pourrions avoir failx, ordonnances par nous faictes de rien aliéner aucune chose de nostre patrimoine et quelconques lectres subreplices impélrées ou & impétrer au contraire. En lesmoing de ce avons fait meclre
noslre scel à ces présentes. Donné à Bourges, le premier jour de février Tin de grâce mil OCCC trente trois, et de noslre règne leXIl».
Sur te repli : Par le roy : Cuauoaut. On Ut au dot: L'ostel de Andry Le Roy, à Bourges — AAÀ — viii* lxiiii.