HORIN ET SA FEMME, ETC
et bannie & perpétuité du ressort du parlement; bannit Ch, Horio fils pour neuf ans; la femme Morîn hors de cour. (A. I.)
Simon Morin était natif d'Aumale; il avait été autrefois commis de M. Charron, commis de l'extraordinaire des guerres. C'était un homme sans lettres et d'une ignorance grossière, qui, s'étant voulu mettre de la spiritualité, tomba dans de grandes erreurs. 11 ne se contenta pas de les débiter en cachette à diverses personnes qui le regardaient comme un fou ; il les renferma en partie dans un livre qu'il fit imprimer en cachette, en 1647, in-8*, sous le titre de Pmttei de Morin, dédiées au Roi. C'est un tissu de rêveries et d'ignorance qui renferme les principales erreurs condamnées depuis dans les quiéltstes, si ce n'est qu'il les pousse encore plus loin qu'aucun n'a fait; (far iL^nseigoe formellement que les plus grands péchés ne font pas' perdre la gr&ce, et qu'ils servent au contraire à abattre l'orgueil humain. Il entend de ces sortes de désordres les paroles de saint Paul que l'on entend ordinairement des tentations. U dit qu'en tonte secte et nation Dieu a des élus vrais, membres de l'Église,
Que, parmi les moyens de se dépouiller de toute propriété et présomption, un directeur peut interdire à son pénitent l'assistance à la messe et aux jours de fête la communion, et lui ordonner la communion sans cOnfessîon, défendre ce qui est commandé et commander ce qui est^défendu.
Que Dieu permît que saint Pierre le nilt pour punir sa présomption; que son dessein de mourir pour Jésus-Cbrist n'était point vertu pat^^e, ni sa négation vice destructeur de la vertu; qu'il nia des lèvres et uon du cceur,
11 nie que le péché de saint Pierre ait été péché jL mort.
Il dit que saint Paol avait été non-seulement en l'infirmité de sa chair, mais môme qu'il devait y èlre et s'y soumettre, et qu'il avait succombé aux tentations de la chair.
Que la fréquente communion n'est utile qu'aux commentants, parce que Jésus-Christ se trouva mieux sous le pain des croix que sous le lait du pain.
Qu'on pourrait manger avant la communion, non-seulemeot pour cause d'infirmité, mais par l'avis du directeur, pour se mortifier.
Que toute chute précédée de crainte et suivie de déplaisir n'est
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pas péché, mais aa témoignage lie notre impaissaoce qai doil
servir à nous hamilier.
C'est à peu près k quoi se réduit la théorie de ce fanatique, qui est sans aucuns priocipes.
11 fit imprimer, avec ces pensées, divers caûtîques dont le s^le est pitoyable.
11 fat quelque temps en prison et rel&ché comme an visionoaire jusqu'en 1661 ; alors, Desmarels Saint-Sorlin, qui avait été en grand! liaison avec lui el fait semblant, à ce qu'il avoue lui-même dans SCS écrits, de le reconnaître pour le Fils de l'homme ressuscité, le dénonça et se rendit son accusateur. Il dit sur ce sujet, daossa déposition, qu'il connut Morin par le moyen d'une nommée Mwguérite l<anglois, autrement Malherbe, qui disait être sorcière et mariée au diable, et d'une autre, mademoiselle de la Chapelle; qu'elle lui dit que l'esprit de Jésus-Christ était incorporé daos Simon Morin pour son second avènement en terre, qu'il était le Fils de l'homme à qui Dieu avait donn^ tout jugement sur la lerre; qu'il vit ensuite Uorin, et que, entre autres erreurs qu'il apprit de sa bouche, il marque qu'il disait qu'il ne fallait plus penser à la mort de Jésus-Christ, que l'impeccable est en ceux qui sont divins et parfaits, que toutes sortes d'ceuvres sont indifférentes; qu'enSo, en 1662, au mois de février, il lui donna une déclaration qu'il se soumettait à lui et qu'il le reconnaissait pour le Fils de l'bomiDC qui étïiit eu lui.
On fit à cette occasion le procès à Morin, et enfin il fut con* damné à être brûlé vif, ce qui fut exécuté au mois de mars 4663. On dit qu'il eut quelques disciples qui furent aux galères, et feu M. de Meure disait en avoir vu un à Marseille, qui croyait que Morin était ressuscité; mais ceux qui ont connu M. de Heure savent qu'il n'y avait pas grand fond à faire sur les histoires qu'il racontait quand elles tendaient au libertinage, car il représtolail cet homme comme Irës-sérieusemeot convaincu de la résurrection de Morin. Gel homme mourut assez constamment, et on disait alors que les juges avaient été bien rigoureux, el qu'il aurait suffi de le mettre aux Petites-Maisons; ceux-ci se défendirent snr le grand nombre d'impiétés qu'il avait reconnues pour Être ses opinions et qu'il soutenait, non pas à la vérité avec esprit, mais de sang-li«i<l et avec une grande opini&treté'. (B. I.)
i. La conduite InUmc de DesmareU et la r^gnatlon de HorJD émurent llid^
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GUILLAUME PKTIT. IBl