‹ Archives de la ville de Bourges avant 1790 (volume 3)Chapitre 53 sur 97 · TE DEUM · texte numérisé non relu

TE DEUM

« Sur ce, le Doyen, ayant commencé le Te Deiim laudamus, » qui fust continué par les dignitaires, chanoines et vicaires » avec les orgues, il mena mon dict seigneur jusques devant » le grand autel, où il fit sa prière à Dieu, adora le précieux » Corps de Noslre-Seigneur, qui y reposoit, et après alla » baiser la croix qu'iceluy doyen lui présenta et en laquelle » est enchâssée une pièce du boys de la vraye Croix du Sau- » veur ou Rédempteur du monde ; la mesme et semblable » déclaration de bonne volonté et offices envers l'Eglise et » conservation des privilléges fust réitérée par mon dict » seigneur avec une singulière dévotion et ardente dé- » monstration de zèle, d'amour, d'affection envers Dieu et » envers son Esglise, et, de là, reconduict par le Doyen et » accompaigné jusques à la mesme porte.

FEU d'artifice, ETC., OFFERT PAR LA VILLE

» Soudain commencèrent à despartir les compaignies

» pour reconduire mon dict seigneur jusques à son logis,

» où, estant arrivé, fust salué par les soldats de la Ville

» d'une troisième scopeterie, cslauL trouvé le soupperprest;

» après luy fust donné le plaisir de feu artificiel, préparé

» près son dict logis, comme nous avons dict, sortirent six

» géants habillés en moresque de taffetas et renfermés à

» demy dans chascun une montagne contrefaicte d'osiers et

» mousse. Les six géants tournoyant, morguant contre

» Juppiter, qui estoictau plus hault du candélabre et jcttant

» de l'eau par seringues cachées dans les dictes montagnes

» jusques à ce que Juppiter, indigné, élançant son fouidre, » brusia tout l'artifice sans qu'il demeurast rien, y ayant f) une infinité de fusées qui jouèrent assez brusquement.

» Cy fust fin la nuict aux triomphes, mais non pas aux » joies et allégresses du peuple, qui se sont fortifiées et » augmentées de beaucoup, comme elles font encore tous j> les jours pour le bon traictement de mon dict seigneur, » qui monstre l'affection qu'il a de faire vivre ses subjects » en bonne paix, sous l'obéyssance du Roy, son frère.

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