CONVENTIONS AVEC LA VILLE
Liasse il
Entre autres pièces fort curieuses, cette liasse contient un document relatif à l'installation à Bourges de l'Ordre des Jésuites. Cet Ordre avait demandé l'autorisation de diriger à Bourges un collège, et le Conseil de Ville avait pris en assemblée du 12 juillet certaines résolutions à cet égard. Elles motivèrent, de la part du Provincial des Jésuites, une réponse dont je transcris copie. C'était en 1582. Cette lettre contient les engagements des Révérends Pères envers la Ville, au cas où ils seraient chargés de la mission qu'ils avaient sollicitée.
Cette lettre la voici :
(F" 76.) — « A Messieurs les Maire et Eschevins de la ville 3» de Bourges.
» Ayant resçu la délibération faicte par vous le i2* de ce » moys de juillet, sur ce qui vous avoict esté proposé tou- » chant le logis de nos pensionnaires, nous remercions » très-humblement la Ville de la bonne affection qu'il luy » plaict nous porter et de la libéralité qu'elle use à nostre » endroict, pour laquelle en partye recognoistre nous » avons adMsé que, suyvant le premier contract de la fon-
» dation de ce collège, par lequel nous sommes obligés » de loger les pensionnaires, après touttefoys que nous » serons logés.
» Nous sommes contents de loger les dicts pensionnaires, » dès à présent, au collège de Saincte-Marie ou en la mai- » son de feu Monsieur Vignet, de bonne mémoire, et bastir ï les classes au jardin de la dicte maison, nous retirant à » la Comtale et en la maison de feu Monsieur d'Abécourt, » et, pour le regard des Abcdaires, nous nous offrons d'en » prendre la charge pour ce que Messieurs de la Ville nous î deschargent d'un des troys philosophes que nous sommes » obligés d'entretenir par le dict contract de fondation, car » il y en a tout assez de deux pour tous les ans finir ung » cours et en commencer ung aultre, se parachevant le » cours en deux ans, comme il est nécessaire pour le » proffit des eschoUiers, mesme de ceux qui veulent estu- » dier aux loys, et que la Ville nous baille quatre mille » livres pour estre appliqués à l'usaige du collège de la » dicte Compagnie, laquelle somme de quatre mille livres » servira pour faire fonds et pour l'entretenance de ceux » qui enseigneront les dicts Abcdaires. Aussy qu'il plaise à » la dicte Ville faire bastir et entretenir les classes pour les » dicts Abcdaires en la place que nous fournirons, afïin que » à la Sainct-Remy on puisse commencer d'instruire les » petits enfants et continuer les lectures comme l'on a » faict ces années passées, moyennant la grâce de Dieu, » lequel très-humblement supplions vous donner conti- » nuel accroissement de ses fruicts, dons et grâces.
» Faict au collège de la Compagnie de Jésus, le 25"" de » juillet 1582.
» Signé : Claude Mathieu. »
Je retrouve quelques mesures prises pour la garde de la Ville, afin d'éviter les surprises fréquentes en ces temps de troubles : la composition d'un corps de soldats créé ad hoc; le clergé contribuera à cette garde et les écoliers turbulents seront désarmés.
1584. — La peste, à cette époque, éclate à nouveau, surtout dans la rue de Groisy. Des mesures urgentes et radicales sont immédiatement prises par la Municipalité.