‹ Archives de la ville de Bourges avant 1790Chapitre 43 sur 147 · TE DEUM · texte numérisé non relu

TE DEUM

c Sur ce, le Doyen» ayant commencé le Te Deum laudamus,

> qui fust continué par les dignitaires, chanoines et vicaires

> avec les orgues, il mena mon dict seigneur jusques devant 1 le grand autel, où il fit sa prière à Dieu, adora le précieux

> Corps de Nostre-Seigneur, qui y reposoit, et après alla » baiser la croix qu'iceluy doyen lui présenta et en laquelle

> est enchâssée une pièce du boys de la vraye Croix du Sau-

> veur ou Rédempteur du monde ; la mesme et semblable » déclaration de bonne voIonté»et ofiBces envers l'Egli^ et 9 conservation des privilléges fust réitérée par mon dict » seigneur avec une singulière dévotion et ardente dé— • monstration de zèle, d'amour, d'affection envers Dieu et » envers son Esglise, et, de là, reconduict par le Doyen et » accompaigné jusques à la mesme porte.

FEU d'artifice, ETC., OFFERT PAR LA VILLE

1» Soudain commencèrent à despartir les compaignies

» pour reconduire mon dict seigneur jusques à son logis,

» où, estant arrivé, fust salué par les soldats de la Ville

» d'une troisième scopeterie, cslant trouvé le soupper prest;

» après luy fust donné le plaisir de feu artificiel, préparé

9 près son dict logis, comme nous avons dict, sortirent six

» géants habillés en moresque de taffetas et renfermés à

» demy dans chascun une montagne contrefaicte d'osiers et

> mousse. Les six géants tournoyant, morguant contre » Juppiter, qui estoictau plus hault du candélabre et jettant » de l'eau par seringues cachées dans les dictes montagnes

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> jusques à ce que Juppiter, indigné, élançant son fouLdre, » brusia tout l'artifice sans qu'il demeurast rien, y ayant • une infinité de fusées qui jouèrent assez brusquement.

1 Cy fust fin la nuict aux triomphes, mais non pas aux » joies et allégresses du peuple, qui se sont fortifiées et

augmentées de beaucoup, comme elles font encore tous » les jours pour le bon traictement de mon dict seigneur,

> qui monstre l'affection qu'il a de faire vivre ses subjects » en bonne paix, sous l'obéyssanee du Roy, son frère.

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